Rapport de l’OMS sur la pollution de l’air

L’OMS (organisation mondiale de la santé), un organisme de l’ONU, a publié un rapport sur la pollution de l’air. La motivation de cela, ce n’est bien entendu nullement la défense de la Nature. D’ailleurs, tout est vu uniquement sur la base du prisme coûts et dépenses.

La presse qui en a fait l’écho est d’ailleurs totalement dans cet esprit. Sciences et Avenir résume cette approche de manière très synthétique :

Selon les calculs de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 3 millions de personnes meurent tous les ans des effets de la pollution de l’air. En 2015, près de 19 milliards d’euros ont été consacrés à des soins de santé lié à la qualité de l’air et 1,2 milliard de journées de travail ont été perdues.

En clair, la pollution commence à coûter cher et cela devient un problème. C’est comme pour le réchauffement climatique : il n’y aucun raisonnement qualitatif, uniquement quantitatif.

On est là chez les gestionnaires du désastre, qui accompagnent l’économie… Le rapport n’est, d’ailleurs, disponible qu’en anglais. Un exemple de plus, de la part de l’ONU, de la dimension non démocratique, empêchant l’accès de tous et toutes aux informations.

De manière plus intéressante, il existe un programme en ligne pour constater la pollution de l’air. Voici quelques exemples de à quoi cela ressemble, commençons par la légende.

Quand il y a des points, il y a des unités d’enregistrement de la pollution (en tout il y en a 3000, ce qui est très peu), sinon il s’agit d’estimation. La pollution est indiquée du vert au rouge, avec quelques intermédiaires.

Voici ce que cela donne pour la France. Cette uniformité n’est pas crédible, étant donné que certaines zones sont bien plus industrielles que d’autres… Une expression géographique est la « diagonale du vide », traversant le pays du nord au sud, avec un est industrialisé, un ouest qui l’est moins. Cela ne se lit pas du tout ici…

Que cela soit une catastrophe en Europe de l’Est, on le sait, mais la carte montre bien la situation dramatique de l’Italie. Ce pays est-il pourtant bien plus industrialisé que la France ? Le « triangle de fer » du nord de l’Italie pollue-t-il réellement bien plus que la partie est de la France?

De manière intéressante, et dramatique ici encore, la situation de l’Afrique surprendra certainement beaucoup de monde. Ce qui se passe en Inde et en Chine est par contre malheureusement connu.

Voici ce que cela donne à l’échelle du monde. La situation du Brésil montre que la catastrophe devient mondiale… On remarquera que, comme pour la France, la situation des Etats-Unis est tout de même très étrange. Autant il y a beaucoup de Nature, autant on ne peut pas faire croire qu’on est pratiquement partout dans le « vert ». La pollution semble s’arrêter à la frontière mexico-américaine, tel le nuage de Tchernobyl s’arrêtant à la frontière française à l’époque…

Voici, pour finir, quelques chiffres donnés par l’OMS, dont on remarquera la grande capacité d’autosatisfaction dans l’explication donnée.

Un nouveau modèle de qualité de l’air mis au point par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) confirme que 92% de la population mondiale vit dans des lieux où les niveaux de qualité de l’air ne respectent pas les limites fixées par l’OMS. (…)

Quelque 3 millions de décès par an sont liés à l’exposition à la pollution de l’air extérieur. La pollution de l’air intérieur peut s’avérer tout aussi mortelle. En 2012, selon les estimations, 6,5 millions de décès (soit 11,6% des décès dans le monde) étaient associés à la pollution de l’air extérieur et à la pollution de l’air intérieur.

Près de 90% des décès liés à la pollution de l’air surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, et près de 2 décès sur 3 surviennent dans les Régions OMS de l’Asie du Sud-Est et du Pacifique occidental.

Les maladies non transmissibles sont à l’origine de 94% des décès, notamment les maladies cardiovasculaires, les accidents vasculaires cérébraux, la broncho-pneumopathie chronique obstructive et le cancer du poumon. La pollution de l’air augmente également le risque d’infection respiratoire aiguë.

«La pollution de l’air continue de peser lourdement sur la santé des populations les plus vulnérables, à savoir les femmes, les enfants et les personnes âgées», déclare le Dr Bustreo. «Pour être en bonne santé, il faut respirer un air pur, du premier au dernier souffle» ajoute-t-elle.

On compte parmi les principales sources de pollution de l’air, les modes de transport inefficaces, les combustibles ménagers, la combustion des déchets, les centrales électriques alimentées au charbon et les activités industrielles. Toutefois, l’activité humaine ne constitue pas la seule source de pollution de l’air. Par exemple, les tempêtes de sable, en particulier dans les régions situées à proximité d’un désert, peuvent avoir une influence sur la qualité de l’air.

Le modèle a soigneusement calibré les données provenant de stations au sol et de satellites en vue de maximiser la fiabilité. L’exposition à la pollution de l’air dans les pays a été analysée par rapport à la population et aux niveaux de pollution de l’air, à une résolution de grille d’environ 10 km sur 10 km.

«Ce nouveau modèle constitue une étape majeure en ce qui concerne la production d’estimations encore plus sûres sur la charge mondiale considérable de plus de 6 millions de décès – 1 décès sur 9 dans le monde – dus à l’exposition à la pollution de l’air intérieur et à la pollution de l’air extérieur», déclare le Dr Maria Neira, Directrice, Département Santé publique, déterminants sociaux et environnementaux de la santé, OMS. «De plus en plus de villes surveillent désormais la pollution de l’air, les données satellites sont plus complètes et des progrès sont accomplis dans la précision des estimations sanitaires correspondantes», ajoute le Dr Neira.

Les cartes interactives fournissent des informations sur l’exposition, par pondération en fonction de la population, aux matières particulaires d’un diamètre aérodynamique inférieur à 2,5 micromètres (PM2,5) pour tous les pays. La carte indique également les données émanant des stations de surveillance pour les mesures des PM10 et PM2,5 dans environ 3000 villes.

«Une action rapide pour faire face à la pollution atmosphérique est nécessaire d’urgence», ajoute le Dr Neira. «Il existe des solutions, notamment des systèmes de transports plus viables, la gestion des déchets solides, l’utilisation de poêles et de combustibles propres pour les ménages ainsi que les énergies renouvelables et la réduction des émissions industrielles», souligne-t-elle.

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