L’Eglise, la sépulture des défunts et la crémation

De nos jours, la crémation est de plus en plus utilisée après un décès, un tiers environ des gens choisissant cela plutôt qu’un enterrement classique.

Dans ce dernier cas, le corps met plusieurs années à se désagréger, plus d’ailleurs désormais qu’auparavant, en raison des nombreux éléments chimiques industriels ingurgités.

La crémation n’est pas l’idéal, du point de vue vegan, car outre le gâchis d’énergie pour la crémation, celle-ci détruit également les éléments chimiques qui nous composent et qu’on devrait rendre à la planète.

Les nutriments présents permettent de multiplier les bactéries, microbes et champignons, qui vont liquéfier les organes, amenant la production de gaz, alors que les insectes mangent la chair et les os , qui contiennent des protéines, se désagrègent.

La vie est rendue à la vie et le meilleur enterrement, c’est celui qui ramène à la terre, bien entendu sans fleurs, car on les préfère vivantes. Ce type d’enterrement existe déjà de par le monde, même s’il est rare.

L’Eglise est tout à fait consciente de cette problématique, de ce qui est pour elle le risque de compréhension du rapport à la Nature.

Elle tend à deux choses : tout d’abord, de s’opposer à la crémation, au moins symboliquement. Ensuite, de “sacraliser” le corps humain, au nom de l’éternité de l’âme et de la prétendue résurrection à la fin des temps.

La congrégation pour la doctrine de la foi vient donc de rendre public une “Instruction Ad resurgendum cum Christo sur la sépulture des défunts et la conservation des cendres en cas d’incinération”.

En apparence, seule la crémation est visée, mais en réalité c’est également l’enterrement de type “retour à la terre, à la nature”. Voici ce qu’on lit par exemple :

Pour éviter tout malentendu de type panthéiste, naturaliste ou nihiliste, la dispersion des cendres dans l’air, sur terre, dans l’eau ou de toute autre manière, n’est pas permise ; il en est de même de la conservation des cendres issues de l’incinération dans des souvenirs, des bijoux ou d’autres objets. En effet, les raisons hygiéniques, sociales ou économiques qui peuvent motiver le choix de l’incinération ne s’appliquent pas à ces procédés.

C’est ici clairement l’athéisme, la défense de mère Nature qui est visée. Un autre passage de “l’instruction” souligne cette dimension :

En ensevelissant les corps des fidèles, l’Église confirme la foi en la résurrection de la chair et veut mettre l’accent sur la grande dignité du corps humain, en tant que partie intégrante de la personne, dont le corps partage l’histoire.

Elle ne peut donc tolérer des attitudes et des rites impliquant des conceptions erronées de la mort, considérée soit comme l’anéantissement définitif de la personne, soit comme un moment de sa fusion avec la Mère-nature ou avec l’univers, soit comme une étape dans le processus de réincarnation, ou encore comme la libération définitive de la “prison” du corps.

Bien sûr pour l’Eglise, la défense de mère Nature relève du polythéisme, en tout cas c’est ce qu’elle prétend, afin de se prétendre l’ultime réflexion possible du rapport à l’existence.

La crémation est ainsi autorisée, à condition que les cendres terminent dans un endroit consacré religieusement. Ce n’est pas la crémation qui la dérange vraiment, car l’âme serait éternelle et donc pas concernée.

Ce qui la dérange, c’est la mort en-dehors de Dieu, c’est-à-dire placée directement dans son rapport à la Nature. Tendanciellement, disperser des cendres dans la Nature se rapproche dangereusement de la question athée, du retour à la Nature…

Pour l’anecdote enfin, cette “instruction” vient d’être rendue public. Voici pourtant ce qu’on lit au bas de celle-ci :

Donné à Rome, au siège de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le 15 août 2016, Solennité de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie.

Cela ne doit rien au hasard. Cette date est d’une grande importance symbolique, car l’Eglise met de plus en plus en avant la vierge Marie, pour contrer la conception de Mère Nature.

Voici comment le pape Pie XII, en 1950, donne la définition “technique” de cette date religieuse :

“Nous affirmons, nous déclarons et nous définissons comme un dogme divinement révélé que l’Immaculée Mère de Dieu, Marie toujours Vierge, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, a été élevée en corps et en âme à la gloire céleste.”

L’âme est éternelle, nous ne serions pas notre corps : voilà le leitmotiv anti-Nature de l’Eglise.

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