L’argent de la drogue en France

L’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice vient de publier un rapport à la demande  de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives.

Il concerne l’argent de la drogue et une petite synthèse est téléchargeable ici.

Il n’est pas bien difficile de deviner que le thème présenté d’une manière « brute » peut tout à fait servir les partisans de la dépénalisation du cannabis, qui n’hésiteront pas à dire qu’il faut « contrôler », « maîtriser » ce marché.

L’un des auteurs est d’ailleurs Christian Ben Lakhdar, maître de conférences en économie à l’Université de Lille 2 et partisan de la dépénalisation. Ce n’est pas le cas, pour ce que nous avons pu comprendre, d’au moins d’un des deux autres auteurs.

Dans tous les cas, un tel dossier fournissant des informations sans arrière-plan, comme des statistiques, c’est une pièce de plus dans le puzzle de l’interventionnisme étatique en faveur de l’ultra-libéralisme.

Sur le plan des informations qu’on trouve dans le rapport, voici déjà la quantité d’argent concerné, pour 2010 : entre 1,5 à 3,2 milliards d’euros, avec un peu moins de la moitié qui concerne le cannabis.

De manière intéressante, voici comment est présentée la pyramide de la vente de cannabis, rassemblant un nombre effarant de personnes…. Environ 236 000 personnes, en comptant toutes les personnes liées de près ou de loin!

On ne nous fera pas croire que l’Etat ne connaît pas les mille personnes qui,  à la tête d’un réseau, gagnent plus de 30 000 euros par mois… C’est là qu’on reconnaît comment le crime sait s’insérer dans la société, au moyen de l’argent.

Ces mille personnes reçoivent 421 millions d’euros par an, et cela passerait inaperçu? C’est tout simplement ridicule.

Pour la cocaïne, c’est encore pire : cela donne 33 têtes de réseaux recevant 500 millions d’euros…

Un milliard d’euros se baladerait comme cela en France, sans se faire remarquer?

C’est là qu’on voit que, finalement, tant que sur le plan de l’ordre public les choses gérables, tant que les pauvres s’entre-tuent et se défoncent, l’État ne compte aucunement intervenir. En fait, il y a une capitulation complète devant les mafias, considérés comme une soupape de sécurité, pratiquant la corruption de l’autre.

Quand on voit les sommes, on peut deviner à quel point il y a à certains niveaux des imbrications importantes entre l’État et les mafias. Cela ne manquera pas non plus si un capitalisme légal du cannabis émerge.

Dans tous les cas, la situation est très grave… et empire !

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