Maltraitance : le crime reste impuni

C’est une chronique sordide, mais qu’il est nécessaire malheureusement de reprendre régulièrement, afin de souligner une chose simple : rien n’a changé dans le panorama juridique français concernant les animaux.

On connaît le discours des partisans du “bien-être animal” : l’animal serait reconnu comme un “être sensible” par le droit, donc un progrès est inévitable, etc.

Or, que voit-on ? Que le meurtre, la torture, même dans les cas où c’est interdit, ne sont pas condamnés.

Hier avait lieu un procès dans l’Aisne : une personne a tué son chien à coups de marteaux, pour soi-disant arrêter la souffrance provoquée par son eczéma.

Verdict : six mois… avec sursis, ainsi que 500 euros de dommages et intérêts pour préjudice moral à chacune des neuf associations de défense des animaux qui s’étaient portées parties civiles.

Autre procès, il y a deux jours, à Caen. Un homme laisse mourir de faim et de soif un poney,  au milieu de détritus, immobilisé par un fil.

Voici son explication :

“Je ne sais pas ce qui m’a pris. Je ne me l’explique pas moi-même. J’allais la voir tous les jours, mais un jour il a plu, ça m’a découragé et je ne suis pas allé la voir puis un jour repoussant l’autre… J’avais ensuite peur d’aller la voir et de la découvrir comme les gendarmes l’ont retrouvée. Je dormais mal à cette idée.”

“Il est mort dans des souffrances atroces !”, a expliqué le parquet.

Verdict :  deux mois de prison… avec sursis, ainsi que 100 euros pour défaut de puce électronique sur le poney, 150 euros pour privation de soins, 1 800 euros à verser à la Fondation d’assistance aux animaux.

Autre procès, à Nantes, hier. “Deux chiens très affaiblis, attachés, sans eau ni nourriture. Un autre blessé. Des cadavres de lapins, chats, poules et coqs. Trois chiots à l’agonie…”

Verdict : 6 mois de prison… avec sursis, interdiction de détenir un animal pendant cinq ans,  3 400 euros à verser à des associations.

Autre procès, à la fin du mois dernier, dans le Morbihan : celui de “l’élevage de l’horreur”, dixit les services vétérinaires.

“Malnutrition, retard de croissance, bâtiments inadaptés, environnements souillés, les 200 vaches laitières, génisses, taurillons et autres animaux vivaient dans une très grande souffrance, privé d’eau, de fourrage, vivant entourés d’excréments, et souvent couverts de blessures et d’infections.”

Le verdict :

48 bêtes avaient été placées, et le parquet avait réclamé la confiscation du reste du troupeau« pour les mettre à l’abri ».

Le tribunal a maintenu la confiscation des 48 animaux, mais l’éleveur peut conserver le reste de son cheptel. Sa société est condamnée à verser 11 176 € à l’association protectrice des animaux, et devra s’acquitter de plusieurs amendes pour un montant total de 4 850 €.

Il y a deux jours, procès  à Marmande de l’asphyxie de 24 chiens ayant eu lien en 2014, lors d’un transport de la SPA de Tarbes à Paris (nous présentions ce drame ici).

L’entreprise de transport est condamnée à 7 500 euros d’amende, dont 2 500 avec sursis, pour « transport d’animaux à but lucratif sans agrément et sans autorisation ».

Le chauffeur du véhicule est condamné à deux mois de prison avec sursis, la SPA n’a rien.

L’information explique donc que l’amende est donnée en raison de l’absence d’autorisation, sans plus…

Et comme on le voit avec les exemples cités plus hauts, seules les amendes sont données, et encore existent-elles en raison surtout d’associations.

Cela montre bien que rien n’a changé, que les partisans du “bien-être animal” mentent, que les associations se fourvoient dans une posture juridique utile mais qui devient une fin en soi, une obsession, bloquant l’émergence d’une conscience générale du problème.

Il faut être à la hauteur de notre époque, à la hauteur morale, en confrontation avec l’exploitation animale !

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