Oser dire non à l’alcool pour les fêtes de fin d’année

Avec les fêtes de fin d’année, le spectre de l’alcool refait surface, se présentant comme incontournable. Refuser un verre d’alcool est très difficile socialement, surtout quand c’est présenté de manière « festive ».

Et pourtant, savoir refuser est une nécessité impérative, un acte militant, une contribution à un monde meilleur.

L’Aisne nouvelle a publié un article où l’on a le témoignage de gens de l’association Alcool Ecoute joie et santé, qui propose un accueil anonyme le mardi de 14 à 16 heures à Chauny et de 16 à 18 heures à Tergnier.

On y lit ce rappel, toujours très important :

Le sevrage est un long chemin de croix. Et en cette période de fin d’année, propice aux repas de fêtes alcoolisées, la rechute n’est pas rare.

Yves se fait le porte-drapeau des malades alcooliques vulnérables, et en proie à l’hésitation : « Noël peut être une période compliquée. Il y a toujours des moments où l’on peut craquer. Moi j’ai déjà rechuté juste à cause d’un apéritif. S’ils se sentent mal, il faut qu’ils nous appellent, ou qu’ils viennent nous voir ».

Refuser de boire une verre d’alcool à l’occasion du réveillon, c’est peut-être la personne à côté de soi qui aimerait refuser mais qui n’ose pas, c’est aider à faciliter le refus, c’est refuser que l’alcool soit banalisé.

Refuser un verre d’alcool, c’est préserver la dignité des personnes alcooliques, qui ne sont pas des gens faibles ou anormaux, mais des gens tombés dans le piège de la dépendance, dans l’engrenage de la souffrance produite par des choses pourtant vendues légalement et disposant d’une large reconnaissance sociale.

L’enfer est dans les détails et rien n’est pire que de relativiser, comme d’ailleurs de ne penser qu’à soi. Refuser l’alcool n’est pas qu’un acte individuel : sa signification sociale est très grande.

Il y a d’ailleurs dans notre pays des gens se reconnaissant dans la démarche straight edge, mais considérant que c’est un choix qui les regarde. La simple question du réveillon montre que cela n’a pas de sens : refuser l’alcool polarise systématiquement aux moments des moments considérés comme festifs où l’alcool est forcément présent par « tradition ».

L’alcool n’est pas qu’une question individuelle, c’est aussi une question sociale et d’ailleurs les questions sociales concernent précisément la vie des gens, leur manière d’agir, de pouvoir être heureux.

L’alcool est-il nécessaire ? Est-on obligé de consommer une telle chose pour se lâcher, pour être à l’aise, pour être soi-même ? C’est cela la question de fond et la réponse de toutes les personnes reconnaissant la Nature ne peut qu’être un « non » catégorique !

Et on connaît l’argument comme quoi refuser l’alcool serait une démarche religieuse. C’est tout le contraire en réalité : les religions veulent tout contrôler dans le sens où les gens devraient obéir aux principes religieux, croire en tout, sans raisonner.

Refuser l’alcool dans la reconnaissance de la Nature, c’est au contraire affirmer qu’on doit toujours être soi-même, être capable de raisonner, être en mesure d’apprécier la vie de manière naturelle, sans forcer les choses de manière totalement volontariste, ce qui n’aboutit qu’à des catastrophes.

Des catastrophes d’autant plus terribles, comme pour la dépendance à l’alcool, que cela s’inscrit dans la durée et s’installe de manière insidieuse. Le temps qu’on s’en aperçoive, on est déjà piégé !

Refuser l’alcool est ainsi un refus pour soi de tout risque d’engrenage ainsi que de toute négation de la raison, et en même temps une affirmation d’une vie sociale naturelle possible.

C’est un acte de rupture et avec les fêtes de fin d’année, il faut d’autant plus saisir tous ces aspects, pour être à la hauteur de cette rupture qui provoque soutiens et étonnements, moqueries et questionnements.

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