Le monopole de la « Française du cannabis »

La proposition de loi sur le cannabis propose l’établissement d’une « Française du cannabis ». Voilà comment la chose est formulée.

« Article 7

Il est créé un monopole de production et de distribution du cannabis et des produits du cannabis, la Française du cannabis, auquel l’État donne pour mission de lutter contre le trafic de stupéfiants et de protéger la santé et la sécurité publique.

Le cannabis n’est pas une marchandise ordinaire. C’est une drogue psycho-active qui suscite une dépendance et une tolérance susceptibles de provoquer des abus dangereux pour les consommateurs et pour les tiers. La politique de l’État vise donc à instaurer une éthique de la modération grâce à des mesures de contrôle adaptées à sa dangerosité.

Le monopole a pour objet d’encadrer et de contrôler strictement sa consommation, son commerce et sa production sur le territoire métropolitain et dans les départements et territoires d’outre-mer. »

Cela signifie ici non pas que l’État autorise à certains niveaux une drogue, mais qu’il devient lui-même dealer. Dealer au sens strict du terme, par ailleurs, parce que l’État ne produirait pas lui-même.

Il achèterait une production qu’il supervise et qu’il prétend vouloir…. écologique. Les bobos veulent du business, et un business qui renforce leur approche d’une écologie réduite à une consommation « propre ».

« Article 8

Le monopole délimite les régions et définit les parcelles où la culture du cannabis est autorisée. Seules les personnes agréées par le monopole ont le droit de se livrer à cette culture. Le monopole fournit les graines aux planteurs qui doivent lui livrer la totalité de leur récolte. Il conclut avec chaque planteur un contrat de culture qui définit les conditions d’exploitation de sa parcelle et autorise ses agents à y pénétrer afin de contrôler le nombre de plants cultivés ainsi que la production livrée.

La culture du cannabis à la lumière artificielle est interdite en dehors de celle qui a pour objet la production de cannabis thérapeutique en laboratoire. L’utilisation de pesticides ou d’engrais chimiques est proscrite.

De façon générale la production de cannabis doit être écologique et respectueuse de l’environnement. »

Cela veut dire, forcément, que l’État décide de la production, de la quantité de cannabis produite. Voici le passage concerné, où l’on remarque la pseudo tentative de présenter tout cela comme une expérimentation, comme quoi on pourrait retourner en arrière le cas échéant !

Oui, on le pourra, mais pas sans révolution…

« Dans un délai de cinq ans à compter de la date d’entrée en vigueur de la présente loi, un rapport d’évaluation de la politique de légalisation contrôlée du cannabis et des produits du cannabis est adressé par le Gouvernement au Parlement. Le rapport précise en particulier les quantités produites et distribuées chaque année ainsi que l’évolution du nombre de consommateurs modérés et excessifs au cours des cinq années d’activité.

Il propose, le cas échéant, la fin de l’expérimentation de cette politique ou, si elle mérite d’être poursuivie, les adaptations nécessaires de la présente loi. »

Dans ce cadre, c’est aussi l’État qui décide quels coffeeshops (le terme n’est pas employé) peut ouvrir et les prix ne seront pas libres.

Seulement voilà : nous sommes dans un capitalisme toujours plus libéral, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de très grandes entreprises. Or, si celles-ci peuvent décider du prix qu’elles veulent de par leur poids, l’État français va buter ici sur deux obstacles.

D’abord, dans le cadre de la libre-concurrence, les prix fixes sont impossibles. Ensuite, l’idée même de monopole étatique se heurte de front aux directives européennes.

En clair, à terme le marché du cannabis sera inéluctablement libéralisé, tout comme la Poste l’a été.

L’idée même d’imposer des prix aux coffeeshops est de toute manière impossible dans les dispositions légales du capitalisme, car les coffeeshops étant formellement indépendant juridiquement, on ne peut pas lui imposer de prix par une entité extérieure.

Pareillement, il est expliqué qu’une partie du prix de vente, hors cannabis thérapeutique, ira à la sécurité sociale.

Là aussi, c’est impossible, car nous ne sommes plus en 1944-1945 avec le conseil national de la résistance instaurant la sécurité sociale. On est au contraire en pleine liquidation de celle-ci. Par conséquent, inévitablement ce dispositif servant uniquement à faire accepter la légalisation du cannabis disparaîtra à terme.

Cette proposition de loi n’est rien d’autre qu’un hold up politique visant à faire passer, coûte que coûte, la légalisation du cannabis.

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