Béruriers Noirs – Les bûcherons

Les Béruriers Noirs sont un groupe punk très connu en France, de par le succès qu’ils ont eu. Voici les paroles d’une chanson de 1983, qui témoigne d’une réflexion accompagnée d’une dénonciation concernant la forêt et les abattoirs.

La chanson, d’esprit expérimental et datant du tout début des « bérus », alors qu’ils fréquentaient les squatts autonomes, cherche à exprimer la « continuité » de l’esprit du massacre, la logique de la destruction.

 

Les bûcherons sont entrés dans la forêt
Les bûcherons sont de plus en plus laids
Avec leurs barbes longues de 4 mètres
Et leurs haches qui fendent les chênes
Leurs chaussures écrasent les plantes
Et dans les arbres détruits ils dansent
A grands coups de tronçonneuse
Ils atrophient la nature pieuse

Ils marchent sur la forêt
Il sont de plus en plus laids

Mais il est arrivé qu’un jour il n’y avait plus d’arbres
Tout n’était que tristesse et désordre
Les bûcherons ont beaucoup souffert ce jour-là
Il n’y avait plus rien à abattre
Dans un village perdu près des marais noirs
Les bûcherons sont entrés
Avec leurs bottes aux pieds et le matériel usé

Ils marchent sur la forêt
Il sont de plus en plus laids

Dans ce village perdu il y avait un abattoir
Les bûcherons ont prêté leurs mains, leur force, leur courage
Pour abattre les boeufs, les veaux et les porcs,
Pour en faire de la viande
C’est ainsi que les bûcherons reprirent courage,
En tronçonnant les bêtes…

Ils marchent sur la forêt
Il sont de plus en plus laids

Il est arrivé qu’un jour dans ce village perdu
Il n’y avait plus de bêtes pour faire de la viande
Les bûcherons ont beaucoup souffert ce jour-là
Ils sont partis voir les gens de ce village éloigné
Avec leurs bottes aux pieds et le matériel usé

Ils marchent sur la forêt
Il sont de plus en plus laids
Même pas de coups de sabre
N’arrêteront leur marche

Les bûcherons sont entrés dans la chambre de ma mère
Dans la chambre de mon frère
Ils hachèrent mon père jusqu’à l’aube
Puis ils partirent vers une autre forêt
Et si un jour vous rencontrez un bûcheron
Rappellez-vous qu’ils ont massacré mes enfants,
Qu’ils sont assoiffés de sang
Qu’ils cachent derrière leurs barbes de futurs horribles carnages,
Futurs horribles carnages, futurs horribles carnages

Ils marchent sur la forêt
Il sont de plus en plus laids
Même pas les coups de sabre
N’arrêteront leur marche

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