Encore un “appel citoyen” en faveur de la légalisation du cannabis…

Voici le texte d’une pétition, lancé par l’association ECHO (Expertise Citoyenne HOrizontale) et relayé par le quotidien Le Monde comme tribune (Drogues : « L’échec d’une politique publique fondée quasi exclusivement sur la répression »).

Il s’agit bien entendu d’un appel de plus à ce qui consiste immanquablement à un appel à banaliser le cannabis et ce qui est d’autant plus grave c’est que parmi les signataires, on trouve de grandes figures institutionnelles…

On retrouve notamment :

– Françoise Sivignon, présidente de Médecins du Monde,

– Christine Lazerges,  Présidente de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH),

– Bernard Kouchner, ancien Ministre de la Santé et des Affaires Étrangères,

– Jean-Pierre Havrin, contrôleur général honoraire de la police nationale française,

– Alain Brillet, ancien Commandant de police ; Ex-responsable du Syndicat des cadres de la sécurité intérieure,

– Michel Kazatchine, ancien directeur du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme ; actuel Envoyé Spécial de l’ONU pour le VIH/SIDA pour l’Europe de l’Est et l’Asie Centrale; Membre de la Commission Mondiale sur les Politiques de Drogues,

– Roselyne Bachelot, ancienne Ministre de la Santé et désormais animatrice télévision/radio,

– Arnaud Robinet, député Maire de Reims – Les Républicains,

– Marylise Lebranchu, ancienne Garde des sceaux et Député du Finistère – PS,

– Michel Henry, Journaliste indépendant et auteur du livre « Drogues, pourquoi la légalisation est inévitable”,

– Eric Piolle, maire de Grenoble – EELV,

– Daniel Vaillant, ancien Ministre de l’Intérieur ; Député de Paris – PS.

Et encore ne sont pas mentionnés ici les nombreux chercheurs au CNRS, responsables dans les hôpitaux, élus et responsables politiques, à quoi s’ajoutent les principales figures partisanes de la légalisation, comme par exemple Christian Tharel, président des “Collectifs d’Information et de Recherche Cannabique”…

On l’aura compris : on est ici au royaume des hypocrites. C’est un signe de plus de la capitulation devant l’esprit libéral-libertaire niant toute possibilité de bonheur naturel sur Terre.

Et c’est masqué encore une fois derrière une pseudo préoccupation pour la santé, comme en témoigne le logo mis en avant par l’association pour son appel.

Voici le texte de l’appel.

POLITIQUES PUBLIQUES DES DROGUES,
LES CITOYENS LANCENT LE DEBAT
Pétition pour ouvrir un débat national sur la législation des drogues en France

Les politiques publiques en matière de drogues font aujourd’hui l’objet d’intenses débats et de profondes remises en question. Les citoyens se réapproprient le sujet et demandent des comptes en matière de libertés individuelles, de justice sociale, de lutte contre le trafic et d’efficacité de l’action gouvernementale.

Des Etats-Unis au Canada, de l’Islande au Mexique, en passant par l’Uruguay, sans oublier le Portugal, l’Allemagne, le Danemark et la Suisse, nombreux sont les pays à avoir entamé des réformes majeures.

Ces réformes sont le résultat d’une prise de conscience : celle de l’échec d’une politique fondée quasi-exclusivement sur la répression. Il est dorénavant établi qu’en dépit des moyens considérables mobilisés pour y parvenir, la vision d’un monde sans drogues, promue depuis plus de cinquante ans, a eu des conséquences dramatiques sans pour autant atteindre ses objectifs.

La France reste à l’écart de ce mouvement malgré un bilan qui ne cesse de s’aggraver.

Notre pays possède entre autre, les taux de consommation les plus élevés d’Europe pour l’usage du cannabis chez les 15-34 ans ; près de 90 % de l’action policière liée aux stupéfiants concerne l’interpellation pour usage simple (sans trafic) de cannabis ; et le “coût social” des drogues pour les finances publiques est évalué à environ 1 % du PIB national. Ce constat est grave : que faut-il attendre de plus pour réagir ?

Le vent semble néanmoins tourner. Un sondage IPSOS rendu public le 10 octobre 2016 révèle que 52 % des français sont favorables à l’ouverture d’un débat sur la question des drogues lors de la prochaine campagne présidentielle.

Plus significatif encore, 84 % considèrent que la législation actuelle est inefficace.

Cette évolution reflète la prise de conscience qu’une société sans drogues n’existe pas, mais qu’il appartient aux États modernes de protéger les citoyens des éventuels dommages causés par celles-ci.

Le contexte actuel semble propice et les citoyens réceptifs. En collaborant avec la société civile et en s’éloignant de positions partisanes manichéennes, nos élus ont ici un rôle central à jouer.

Il est donc temps que la France s’engage à son tour dans un véritable débat national sur le bien-fondé des politiques menées depuis bientôt 50 ans avec l’adoption de la loi du 31 décembre 1970, principal fondement de l’arsenal juridique national sur les drogues.

Seules des assises publiques nationales permettront de sortir de l’impasse.

Acteurs des secteurs associatifs et médicaux, avocats, universitaires, magistrats, journalistes, policiers, élus locaux et nationaux, entrepreneurs et citoyens de tous bords politiques, nous appelons au rassemblement le plus large possible autour de la démarche ECHO pour débattre de nouvelles politiques publiques en matière de drogues.

Chacun peut, dès maintenant, soutenir cet appel.

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