Les femmes face à la toxicomanie

L’observatoire français des drogues et des toxicomanies a publié un très intéressant document intitulé “Usages de drogues et conséquences : quelles spécificités féminines ?”.

Il s’agit d’un dossier sur la consommation de drogues et l’alcool par les femmes et cela souligne bien sûr l’approche très différente par rapport aux hommes.

Il n’y a en effet pas ce côté viriliste propre aux hommes dans leur rapport à l’alcool et aux drogues, qui les amène à se tourner plus aisément vers cela, avec un sens de la démesure.

Voici une petite présentation de la situation, qui mérite indéniablement l’attention pour bien comprendre comment combattre les drogues.

Les hommes et les femmes sont-ils autant consommateurs de substances psychoactives ?

La réponse à cette question globale est assurément négative.

En France, comme partout ailleurs, les hommes consomment plus de drogues licites ou illicites et ce d’autant plus qu’il s’agit d’un usage intensif en quantité et en fréquence.

Ce constat général demande néanmoins à être nuancé car, parmi les récentes évolutions observées, celle d’un rapprochement progressif des niveaux de consommation masculins et féminins est souvent soulignée.

Longtemps moins concernées par les usages de drogues, les femmes auraient tendance à adopter des comportements plus proches de ceux des hommes et donc à consommer davantage. (…).

Les situations sont très contrastées selon les produits et les catégories d’âge.

Pour le tabac, les niveaux d’usage se sont depuis 20 ans grandement rapprochés chez les adultes, la part fumeurs baissant et celle des fumeuses augmentant.

Quant aux jeunes de 17 ans, les niveaux de tabagisme sont actuellement équivalents entre filles et garçons.

L’analyse souligne également le taux relativement élevé de femmes enceintes qui continuent à fumer durant leur grossesse : elles sont un quart dans ce cas.

Enfin, si une prépondérance masculine est constatée dans l’épidémiologie des cancers du poumon, le taux de décès des hommes est désormais orienté à la baisse alors que celui des femmes a doublé en 20 ans.

Concernant l’alcool, la prédominance masculine demeure très marquée, même si elle l’est moins qu’il y a dix ans.

Chez les adultes, trois fois plus d’hommes que de femmes consomment une boisson alcoolisée au moins dix fois par mois ; il y a aussi 3 fois plus d’hommes déclarant avoir bu au moins cinq verres en une même occasion (indicateur d’Alcoolisation ponctuelle importante, API).

L’écart entre les sexes est encore plus élevé chez les jeunes de 17 ans puisque 3,7 plus de garçons que de filles sont concernés par ce comportement. Un tiers des femmes enceintes disent avoir bu au moins une fois au cours de leur grossesse et 3 % déclarent bore toutes les semaines malgré le risque de syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF).

Le cannabis est également un produit plus « masculin » et ce d’autant plus que la fréquence de consommation augmente.

Si à 17 ans, 46 % des filles et 50 % des garçons ont goûté au produit, ce qui traduit un niveau de diffusion peu différencié selon le sexe, on dénombre toujours deux fois plus d’usagers réguliers (10 fois par mois) que d’usagères chez ces mêmes adolescents.

Même s’ils se réduisent, les écarts selon le sexe sont un peu plus importants chez les adultes.

Concernant les produits illicites (héroïne, cocaïne, MDMA/ecstasy, LSD), beaucoup plus rarement consommés, deux à quatre fois plus d’hommes que de femmes les expérimentent.

Mais, à 17 ans, l’écart entre les sexes est bien moindre, voire inexistant, pour certains produits comme la cocaïne ou l’héroïne.

Un seul cas de surconsommation féminine qui concerne tous les âges, peut être observé. Il s’agit des médicaments psychotropes.

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