Emmanuel Macron veut développer le “tourisme cynégétique”

Emmanuel Macron n’est pas que très content de “manger l’agneau des Pyrénées“, il a également été très heureux d’aller saluer la Fédération Nationale des Chasseurs, qui lors de son assemblée a invité les candidats à la présidentielle pour qu’ils présentent leur point de vue sur la chasse.

“On aime les animaux, on aime tellement les animaux, qu’on les chasse. Cela va ensemble” a-t-il pu entendre, en l’acceptant.

D’ailleurs, Emmanuel Macron est d’accord : “la chasse, c’est un mode de vie”, qui relève de “l’identité française”.

“Valeurs et traditions” vont rester, même s’il doit y avoir “l’entrée dans la modernité”, a-t-il expliqué.

“Je n’ai pas d’heure! Je n’ai pas de montre” a-t-il répondu quand on lui a demandé s’il pouvait rester un peu après son discours.

“Vous vous faites balader depuis quinze ans” au sujet de la directive oiseaux, a-t-il affirmé, soutenant les chasseurs demandant à tuer plus d’oiseaux.

Lui, par contre, promet de remettre 200 millions d’euros par an aux éleveurs et aux chasseurs en raison de leur rôle positif pour l’environnement.

Et il compte sur les chasseurs pour qu’ils participent systématiquement aux institutions ayant un rapport avec l’environnement.

Quant au “bien-être animal”, ce n’est pas une priorité, et “il faut laisser les gens respirer”.

Autre point important : Emmanuel Macron s’est prononcé en faveur de la réouverture des chasses présidentielles. C’est là un symbole d’une grande importance !

On connaît bien ce principe rassemblant l’élite de l’économie et de l’Etat, qui a donné à Valéry Giscard d’Estaing des souvenirs merveilleux.

Ces chasses étaient un secret bien gardé, permettant de former un esprit de corps au plus haut niveau, dans une ambiance grand-bourgeoise de luxe.

Nicolas Sarkozy avait stoppé celle-ci en 2010 et leur retour avait déjà été annoncé par le passé, même si en fait elles ont continué de manière non officielle.

Emmanuel Macron veut donc leur retour. Mais cela va bien plus loin que cela, en fait : il veut développer le tourisme de la chasse.

Certains médias ont noté qu’il voulait la réouverture des “chasses présidentielles”, mais cette affirmation s’insère en réalité dans un plan plus vaste…

Nous retranscrivons ici ses propos :

“Enfin, je souhaite associer encore davantage la chasse à l’économie de nos territoires. Parce que là, comme on préserve la ruralité…

Mais quand on veut associer encore davantage la chasse à l’économie, il faut en reconnaître et en développer tous les atouts.

Le tourisme cynégétique est un formidable atout. Il est encore trop peu exploité aujourd’hui.

Et au-delà de la pratique de ce qui est portée, on doit le valoriser. Et c’est un élément de valorisation, que j’assume totalement.

J’ai eu l’occasion de le dire aussi d’ailleurs quand on a parlé des chasses présidentielles.

J’avais l’impression de commettre une espèce de forfaiture terrible en disant que j’étais favorable à leur réouverture, encadrée, transparente.

Les gens me disaient : “c’est absolument affreux”.

Il ne faut pas être honteux. Si on décide de porter cette valeur, il faut la reconnaître comme un élément d’attractivité.

C’est quelque chose qui fascine à l’étranger, c’est quelque chose qui fascine partout, ça représente la culture française, c’est un point d’ancrage.

Donc partout sur nos territoires, je suis favorable à ce qu’on développe cette forme de tourisme.

La France, c’est la première destination touristique mondiale. Les chasseurs du monde entier ignorent encore trop souvent qu’il est possible dans notre pays d’y chasser, qu’il y a des chasses formidables, et que c’est un élément de notre attractivité touristique.”

C’est là un parti pris tout à fait clair et juste après Emmanuel Macron parle de développer la “viande de gibier”.

Emmanuel Macron continue donc son éloge du terroir et des traditions, tout en prônant le libéralisme libertaire général sur le plan des moeurs et de l’économie.
C’est logique : le libéralisme va de pair avec la loi du plus fort. Le conservatisme sera ainsi encore plus débridé, encore moins critiquable, car chacun fait ce qu’il veut, surtout le splus riches !