“Nombreux records pulvérisés en 2016 dans le domaine du climat, avec des conséquences planétaires”

L’Organisation météorologique mondiale (OMM) est l’organisme des Nations Unies pour ce qui concerne le temps, le climat et l’eau.

Elle a rendu public un document intitulé “Nombreux records pulvérisés en 2016 dans le domaine du climat, avec des conséquences planétaires”, constatant l’inexorable progression du réchauffement climatique.

Le ton y est catastrophiste, et ce dès la présentation du document :

“Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), l’année 2016 restera dans les annales: température moyenne record, banquise exceptionnellement réduite et poursuite inexorable de la hausse du niveau de la mer et du réchauffement des océans.

Début 2017, les conditions météorologiques et climatiques extrêmes étaient toujours d’actualité.”

Voici justement la progression en termes de température, tout d’abord en termes généraux, puis avec une carte du monde indiquant les différences de température selon les endroits.

Avec la COP21, on nous avait promis monts et merveilles, mais on peut voir que désormais ce qui compte c’est la concurrence internationale, face à Trump, Poutine ou Merkel… L’écologie a été hier inexistante lors du débat télévisé pour les présidentielles!

Alors que le communiqué de l’Organisation météorologique mondiale constate les sécheresses, les records de chaleur, la fonte de la banquise, le niveau de la mer qui monte, la production de CO2 anthropique qui ne cesse pas du tout…

«Ce compte rendu confirme que l’année 2016 est la plus chaude qui ait jamais été enregistrée: la hausse de la température par rapport à l’époque préindustrielle atteint, chose remarquable, 1,1 °C, soit 0,06 °C de plus que le record précédent établi en 2015.

Cette augmentation de la température moyenne s’inscrit dans la logique des autres changements intervenant dans le système climatique», a souligné le Secrétaire général de l’OMM, Petteri Taalas.

«Moyennées à l’échelle du globe, les températures de surface de la mer ont été elles aussi les plus élevées jamais constatées, la hausse du niveau moyen de la mer s’est poursuivie et l’étendue de la banquise arctique a été bien inférieure à la normale la majeure partie de l’année».

«Les concentrations de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère ne cessent de battre de nouveaux records, ce qui atteste de plus en plus clairement de l’influence des activités humaines sur le système climatique».

«L’augmentation constante de la puissance de calcul des ordinateurs et le fait que nous disposions de données climatologiques portant sur de longues périodes nous permettent aujourd’hui de mettre clairement en évidence le rapport de cause à effet entre le changement climatique anthropique et un large éventail de phénomènes extrêmes à fort impact, en particulier les vagues de chaleur».

Selon le compte rendu, la température moyenne de chacune des 16 années postérieures à 2000 a dépassé d’au moins 0,4 °C la normale de la période 1961-1990, qui sert de référence à l’OMM pour la surveillance du changement climatique.

Les températures mondiales continuent de s’inscrire dans un réchauffement général dont le rythme oscille entre 0,1 et 0,2 °C par décennie.

Le puissant Niño de 2015/16 a accentué le réchauffement en 2016 en venant s’ajouter à l’influence exercée sur le long terme par le changement climatique provoqué par les émissions de gaz à effet de serre. Les années marquées par un épisode El Niño de forte intensité, par exemple 1973, 1983 et 1998, accusent généralement un réchauffement supplémentaire de 0,1 à 0,2 °C, et 2016 ne fait pas exception à la règle.

Le niveau moyen de la mer, durant l’épisode El Niño, a accusé une très forte hausse qui affichait au début de l’année 2016 des valeurs record, et l’étendue des glaces de mer à l’échelle du globe était inférieure de plus de 4 millions de km2 à la normale en novembre, ce qui constitue une anomalie sans précédent pour ce mois.

Les températures océaniques très élevées ont favorisé un fort blanchissement des coraux, et des cas de mortalité ont été signalés à maints endroits dans les mers tropicales, où les répercussions sur les chaînes alimentaires et les écosystèmes marins, de même que sur les activités de pêche, sont importantes.

La teneur de l’atmosphère en dioxyde de carbone a atteint la barre symbolique des 400 parties par million (ppm) en 2015 – dernière année pour laquelle l’OMM dispose de statistiques mondiales – et ne redescendra pas en dessous de ce seuil pour les nombreuses générations à venir en raison de la longue durée de vie du CO2.

Parmi les phénomènes extrêmes les plus notoires survenus en 2016 on mentionnera les graves sécheresses qui ont plongé des millions de personnes dans l’insécurité alimentaire en Afrique orientale et australe et en Amérique centrale.

Première tempête de catégorie 4 à balayer Haïti depuis 1963, l’ouragan Matthew a durement éprouvé la population de ce pays et causé aussi d’importantes pertes économiques aux États-Unis d’Amérique. Enfin, l’est et le sud de l’Asie ont été touchés par de fortes pluies et des inondations de grande ampleur.

Cela fait plus de 20 ans que l’OMM publie des comptes rendus annuels sur le climat, qui sont présentés à la Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et qui viennent compléter les rapports d’évaluation établis tous les six à sept ans par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

La déclaration sur l’état du climat mondial en 2016 sera présentée aux États Membres de l’Organisation des Nations Unies ainsi qu’à la communauté des climatologues lors d’une réunion de haut niveau sur le changement climatique et le programme de développement durable qui se tiendra à New York le 23 mars, à l’occasion de la Journée météorologique mondiale, sous les auspices du Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Peter Thomson.

«L’entrée en vigueur, le 4 novembre 2016, de l’Accord de Paris sur le climat au titre de la CCNUCC fera date dans l’histoire. Il est primordial que cet accord se traduise concrètement dans les faits pour que la communauté internationale puisse faire face au changement climatique en réduisant les émissions de gaz à effet de serre, en favorisant la résilience au changement climatique et en intégrant les mesures d’adaptation dans les politiques nationales d’aide au développement», a fait valoir M. Talaas.

«Nous devons investir sans relâche dans la recherche sur le climat et les programmes d’observation pour éviter que notre savoir scientifique reste à la traîne face au rythme rapide des bouleversements climatiques», a-t-il ajouté.

Phénomènes extrêmes toujours d’actualité en 2017

Des études nouvellement publiées, qui ne sont pas prises en compte dans le compte rendu de l’OMM sur le climat, donnent à penser que le réchauffement des océans pourrait être encore plus prononcé qu’on ne le croyait.

Les données provisoires dont on dispose révèlent que le rythme d’accroissement des concentrations atmosphériques de CO2 n’a aucunement ralenti.

«Alors même que le puissant Niño de 2016 s’est dissipé, nous assistons aujourd’hui à d’autres bouleversements dans le monde que nous sommes bien en peine d’élucider: nous touchons ici aux limites de notre savoir scientifique concernant le climat et nous avançons maintenant en territoire inconnu», a souligné le directeur du Programme mondial de recherche sur le climat, David Carlson.

Au moins trois fois à ce jour cet hiver, l’Arctique a connu l’équivalent polaire d’une vague de chaleur, de violentes tempêtes sur l’Atlantique ayant favorisé un afflux d’air chaud et humide.

Autrement dit, même au cœur de l’hiver arctique et de la période d’embâcle, il y a eu des jours où l’on était proche du point de fusion. La banquise antarctique a atteint elle aussi un minimum record, contrairement à la tendance constatée ces dernières années.

D’après les conclusions des chercheurs, les changements observés dans l’Arctique et la fonte de la banquise entraînent, à plus grande échelle, une modification des régimes de circulation océanique et atmosphérique, ce qui se répercute sur les conditions météorologiques dans d’autres régions du monde par le biais des ondes du courant-jet, ce courant d’air rapide qui contribue à réguler les températures.

Ainsi, des régions comme le Canada et une grande partie des États-Unis ont été gratifiées d’une météo inhabituellement clémente alors que d’autres, dans la péninsule arabique et en Afrique du Nord par exemple, ont enregistré début 2017 des températures anormalement basses.

Les États-Unis d’Amérique ont pulvérisé – ou égalé – à eux seuls 11 743 records de chaleur en février, d’après les données de l’Administration américaine pour les océans et l’atmosphère (NOAA).

En Australie, une chaleur extrême a persisté en janvier et février en Nouvelle-Galles du Sud, dans le sud du Queensland, en Australie-Méridionale et dans le nord de l’État de Victoria, où des records de chaleur ont été battus à maints endroits.

Températures mondiales

La chaleur de 2016 a été observée presque partout dans le monde. Les températures ont dépassé la normale de la période 1961‑1990 sur l’immense majorité des terres émergées, une zone de l’Amérique du Sud centrée sur l’Argentine et certaines régions du sud-ouest de l’Australie constituant les seules exceptions notoires.

Des températures annuelles moyennes supérieures de 3 °C ou plus à la normale de référence ont été constatées à divers endroits sous les hautes latitudes, notamment sur le littoral russe, en Alaska et dans l’extrême nord-ouest du Canada ainsi que sur les îles de la mer de Barents et de la mer de Norvège.

Sous les hautes latitudes arctiques, l’aéroport de Svalbard (Norvège) a affiché en 2016 une température moyenne de -0,1 °C, soit 6,5 °C de plus que la normale de la période 1961‑1990 et 1,6 °C de plus que le record précédent.

En dehors de l’Arctique, la chaleur de 2016 était plus remarquable par la constance avec laquelle elle s’est manifestée à travers le monde que par des valeurs extrêmes localisées.

Océans

La température de surface de la mer, moyennée à l’échelle du globe sur l’année 2016, a été la plus élevée jamais constatée. C’est lors des premiers mois de l’année que les anomalies ont été les plus prononcées.

Le contenu thermique des océans occupait en 2016 le deuxième rang des plus élevés, derrière 2015. Il a affiché des valeurs record dans l’hémisphère Nord, contrairement à l’hémisphère Sud où il était en baisse.

Le niveau moyen de la mer s’est élevé de 20 cm depuis le début du XXème siècle, essentiellement du fait de l’expansion thermique des océans et de la fonte des glaciers et des calottes glaciaires.

Il a accusé une très forte hausse lors de l’épisode El Niño 2015/16, environ 15 millimètres entre novembre 2014 et février 2016, soit une nouvelle valeur record nettement supérieure au rythme annuel de 3 à 3,5 mm constaté après 1993. De février à août, avec le déclin de l’influence du phénomène El Niño, le niveau de la mer est demeuré relativement stable. Les données de fin d’année n’étaient pas disponibles au moment de la rédaction de la déclaration.

Étendue de la banquise arctique

Le maximum saisonnier – 14,52 millions de km2 –, atteint le 24 mars, est le plus faible qui ait été observé par satellite depuis 1979. À l’automne, l’embâcle a été exceptionnellement lent, et la banquise s’est même contractée pendant quelques jours vers la mi-novembre.

Précipitations

En début d’année, une grave sécheresse sévissait en Afrique australe où, pour la deuxième année consécutive, les précipitations de la saison des pluies estivale (octobre 2015 – avril 2016) étaient un peu partout inférieures de 20 à 60 % à la normale.

Le Programme alimentaire mondial a estimé que le nombre de personnes nécessitant une aide d’urgence se chiffrerait à 18,2 millions début 2017.

Selon des données provisoires, 2016 est l’année la plus sèche qu’ait connue le bassin de l’Amazone, et une sécheresse importante a touché aussi le nord-est du Brésil. L’épisode El Niño a causé des déficits pluviométriques dans d’autres régions du nord de l’Amérique du Sud ainsi qu’en Amérique centrale.

En Chine, les inondations de 2016 dans le bassin du Yang-Tsé-Kiang ont été les plus graves que le pays ait connues depuis 1999, des crues record ayant été enregistrées pour certains affluents. Moyennées à l’échelle du pays, les précipitations en 2016 ont battu tous les records – 730 mm, soit 16 % de plus que la normale.

Vagues de chaleur

En Afrique australe, l’année a commencé par une intense canicule pendant la première semaine de janvier. Le 7 du mois, le mercure a atteint 42,7 °C à Pretoria et 38,9 °C à Johannesburg, soit au moins 3 °C de plus que les précédents records de chaleur absolus pour ces deux sites.

Une vague de chaleur extrême s’est aussi abattue sur le sud et le sud-est de l’Asie en avril et mai, avant l’arrivée de la mousson d’été. Le sud-est a été particulièrement touché en avril: le 28, un record de chaleur national – 44,6 °C – a été établi à Mae Hong Son, en Thaïlande, et la température de 51,0 °C relevée le 19 mai à Phalodi, en Inde, est la plus élevée jamais enregistrée dans ce pays.

Des températures record ou quasi record ont été observées au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. La plus haute – 54,0 °C – a été enregistrée à Mitribah (Koweït) le 21 juillet, ce qui représente, à condition qu’il soit validé, un record de chaleur absolu pour l’Asie.

Des valeurs de 53,9 °C et 53,0 °C (record national) ont été relevées le 22 juillet respectivement à Bassora (Iraq) et Delhoran (République islamique d’Iran), et des températures très élevées ont été aussi signalées au Maroc, en Tunisie, en Libye et aux Émirats arabes unis.

Une vague de chaleur tardive a touché de nombreuses régions d’Europe centrale et occidentale pendant la première quinzaine de septembre. À Cordoue, dans le sud de l’Espagne, le mercure a affiché 45,4 °C le 6 septembre.

Pour les personnes maîtrisant l’anglais, un pdf de 28 pages a été produit concernant 2016 par l’Organisation météorologique mondiale.

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