La situation causée par l’huile de palme

Le parlement européen s’est lancé dans une grande critique de l’huile de palme, mais au moyen… d’une résolution non contraignante.

Voici la partie intéressante, qui reconnaît les dégâts de l’huile de palme, c’est un excellent panorama de la situation causée par  cette huile.

Mais donc, l’Union Européenne constate sans être capable de prendre des décisions profondes et strictes… car c’est une question de vision du monde et de volonté réelle de tout changer, ou pas !

D.  considérant que la déforestation mondiale résulte de nombreux facteurs, parmi lesquels la production de biens agricoles tels que le soja, le bœuf, le maïs et l’huile de palme;

E.  considérant que le défrichement illégal aux fins de l’agriculture commerciale est responsable de près de la moitié (49 %) de l’ensemble des activités de déforestation tropicale qui ont eu lieu récemment et que ces activités sont dictées par la demande étrangère de biens agricoles comme l’huile de palme, le bœuf, le soja et les produits du bois; que, selon les estimations, la conversion illégale de forêts tropicales aux fins de l’agriculture commerciale produirait 1,47 gigatonne de CO2 chaque année, ce qui équivaut à 25 % des émissions annuelles de l’Union dues aux combustibles fossiles(3);

F.  considérant que les incendies de friches qui ont eu lieu en 2015 en Indonésie et à Bornéo sont les plus graves incendies observés depuis près de deux décennies et qu’ils sont dus aux changements climatiques mondiaux, au changement d’affectation des sols et à la déforestation;

que les conditions de sécheresse extrême observées dans les régions en question pourraient devenir plus courantes à l’avenir si des mesures concertées ne sont pas prises pour prévenir les incendies;

G.  considérant que les incendies de friches qui ont eu lieu en Indonésie et à Bornéo ont exposé 69 millions de personnes à une pollution de l’air nocive pour la santé et sont responsables de milliers de décès prématurés;

H.  considérant que les incendies indonésiens résultent généralement du défrichement des terres réalisé en vue d’étendre les plantations de palmiers à huile ou pour d’autres utilisations agricoles;

que 52 % des incendies indonésiens se sont déroulés, en 2015, dans des tourbières riches en carbone, ce qui a fait du pays l’un des principaux responsables du réchauffement planétaire au monde;

I.  considérant qu’il est difficile, au vu de l’absence de plans des concessions d’huile de palme et de registres fonciers publics dans de nombreux pays producteurs, de déterminer la responsabilité des incendies de forêts;

J.  considérant que l’Union européenne s’est engagée, dans le cadre de la déclaration de New York sur les forêts, à appuyer l’objectif du secteur privé d’éliminer la déforestation associée à la production des produits agricoles tels que l’huile de palme, le soja, le papier et la viande de bœuf au plus tard en 2020, reconnaissant que de nombreuses entreprises ont des objectifs encore plus ambitieux;

K.  considérant qu’en 2008, l’Union européenne s’est engagée à réduire la déforestation d’au moins 50 % d’ici 2020 et à stopper la diminution de la couverture forestière de la planète d’ici 2030;

L.  considérant que les précieux écosystèmes tropicaux, qui ne couvrent que 7 % de la surface de la Terre, sont soumis à la pression croissante de la déforestation;

que la monoculture de l’huile de palme est responsable d’énormes incendies de forêt, de l’assèchement de rivières, de l’érosion de terres, de l’assèchement de tourbières, de la pollution de cours d’eau et d’une perte générale de biodiversité, qui entraînent à leur tour la perte de nombreux services écosystémiques, ce qui a de grandes répercussions sur le climat, la conservation des ressources naturelles et la préservation de l’environnement mondial pour les générations actuelles et à venir;

M.  considérant que la consommation d’huile de palme et de ses produits transformés dérivés joue un rôle majeur en ce qui concerne l’impact de la consommation de l’Union sur la déforestation mondiale;

N.  considérant que la demande d’huiles végétales en général tend à croître, tandis que la demande d’huile de palme devrait, d’après les estimations, doubler d’ici 2050;

que, depuis les années 70 à aujourd’hui, l’Indonésie et la Malaisie ont concentré 90 % de l’augmentation de la production d’huile de palme;

que la culture du palmier à huile progresse aussi dans d’autres États asiatiques ainsi qu’en Afrique et en Amérique latine, où l’on assiste constamment à la création de nouvelles plantations et à l’extension des plantations existantes, ce qui portera encore préjudice à l’environnement;

constate toutefois que le remplacement de l’huile de palme par d’autres huiles végétales nécessiterait la culture de surfaces plus vastes;

O.  considérant que l’utilisation massive d’huile de palme s’explique principalement par le faible coût de ce produit qui, lui-même, s’explique par l’augmentation du nombre de plantations de palmiers à huile dans les zones déboisées;

que l’utilisation de l’huile de palme dans l’industrie alimentaire s’inscrit dans un modèle de production et de consommation de masse et non durable, qui va à l’encontre de l’utilisation et de la promotion des circuits courts et des ingrédients et des produits biologiques et de haute qualité;

P.  considérant que l’huile de palme est de plus en plus utilisée comme biocarburant et dans les aliments transformés, 50 % des produits emballés contenant actuellement de l’huile de palme;

Q.  considérant que les entreprises qui font commerce d’huile de palme ne démontrent pas que l’huile de palme de leur chaîne de production n’est pas liée à la déforestation, à l’assèchement de tourbières ou à la pollution environnementale ni qu’elle a été produite dans le respect des droits fondamentaux et de normes sociales appropriées;

R.  considérant que la Commission est tenue, en vertu du septième programme d’action pour l’environnement, d’évaluer les incidences environnementales, dans un contexte mondial, de la consommation de produits alimentaires et non alimentaires dans l’Union et, si nécessaire, d’élaborer des propositions politiques afin de donner suite aux conclusions de ces évaluations et d’envisager d’élaborer un plan d’action de l’Union sur la déforestation et la dégradation des forêts;

S.  considérant les études prévues par la Commission sur la déforestation et sur l’huile de palme;

T.  considérant que la valeur des émissions totales de gaz à effet de serre résultant du changement d’affectation des sols lié à l’huile de palme n’est pas connue;

qu’il est nécessaire de renforcer les évaluations scientifiques à cet égard;

U.  considérant que les pays producteurs ne disposent pas de chiffres fiables sur les superficies consacrées à la culture, autorisée ou non, de palmiers à huile, et que cet obstacle nuit dès le départ aux mesures prises pour certifier la durabilité de cette culture;

V.  considérant qu’en 2014, le secteur de l’énergie était responsable de 60 % des importations d’huile de palme de l’Union, puisque 46 % de l’huile de palme importée a été consommée dans le secteur des transports (soit 6 fois plus qu’en 2010) et 15 % pour la production d’électricité et de chaleur;

W.  considérant que, selon les estimations, 1 million d’hectares de terres seront converties au niveau mondial pour la culture d’huile de palme destinée aux biocarburants d’ici 2020, dont 0,57 million d’hectares de forêts primaires d’Asie du Sud-Est;

X.  considérant que le changement total d’affectation des sols causé par le mandat sur les biocarburants de l’Union européenne à l’horizon 2020 concerne 8,8 millions d’hectares de terres, dont 2,1 millions d’hectares de terres en Asie du Sud-Est qui sont converties sous l’effet de l’expansion des plantations d’huile de palme, la moitié au détriment des forêts tropicales et des tourbières;

Y.  considérant que la déforestation des forêts tropicales humides détruit les habitats naturels de plus de la moitié des espèces animales et de plus de deux tiers des espèces végétales de la planète et menace leur survie;

que les forêts tropicales humides abritent certaines des espèces les plus rares et souvent endémiques, qui figurent sur la liste rouge des espèces en danger critique d’extinction, de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), à savoir des espèces dont, d’après des observations, des estimations, des déductions ou des soupçons, la population a diminué de plus de 80 % au cours des dix dernières années ou sur trois générations;

que les consommateurs de l’Union devraient être mieux informés des efforts déployés pour protéger ces espèces animales et végétales;

Z.  considérant que de nombreuses enquêtes révèlent des violations généralisées des droits fondamentaux dans le cadre de l’établissement et de la gestion de plantations de palmiers à huile dans de nombreux pays, notamment des expulsions forcées, des violences armées, le recours au travail des enfants, des cas de servitude pour dette ou de discrimination à l’encontre des communautés autochtones; (…)

4.  observe que 73 % de la déforestation mondiale résulte du défrichement de terres réalisé pour la production de matières premières agricoles, et que 40 % de la déforestation mondiale est imputable au passage à des plantations en monoculture de palmiers à huile à grande échelle;

5.  observe que l’exploitation de l’huile de palme n’est pas la seule cause de déforestation, mais que le développement de l’exploitation forestière illégale et les pressions démographiques sont également responsables de cette situation; (…)

9.  constate qu’un peu moins d’un quart (en valeur) de tous les produits agricoles de base issus de la déforestation illégale et négociés à l’échelle internationale sont destinés à l’Union européenne, dont, au total, 27 % du soja, 18 % de l’huile de palme, 15 % du bœuf et 31 % des cuirs; (…)

11.  rappelle que la Malaisie et l’Indonésie sont les principaux producteurs d’huile de palme, ces pays assurant environ 85 à 90 % de la production mondiale, et accueille avec satisfaction l’extension de la forêt primaire en Malaisie depuis 1990 mais reste préoccupé par la déforestation en Indonésie, qui progresse actuellement à un rythme de 0,5 % de perte totale tous les cinq ans;

12.  rappelle que l’Indonésie est récemment devenue le troisième plus gros émetteur mondial de CO2 et qu’elle souffre d’une réduction de sa biodiversité, plusieurs espèces animales sauvages se trouvant menacées d’une extinction imminente;

13.  rappelle que l’huile de palme représente environ 40 % des échanges mondiaux des huiles végétales et que l’Union en est le deuxième plus grand importateur mondial avec environ 7 millions de tonnes par an; (…)

16.  observe également que le tourteau de palmiste est employé pour l’alimentation animale dans l’Union, et notamment pour l’engraissement des bovins laitiers et des bovins à viande;

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