Aisne : un bébé renard a besoin de soutien

Voici encore un exemple de la capacité de la presse régionale – quand elle n’est pas au service de l’idéologie dominante – à constater ce qui se passe réellement, à pointer des doigts des questions essentielles.

Car cette mésaventure contée par le Courrier Picard – un animal sauvage trouvé, mais aucune structure n’existe et l’Etat veut le tuer – se produit quotidiennement, par de très nombreuses personnes.

Combien? Nul ne le sait, c’est cela qui est fou. Et tout dépend ici d’une poignée de gens combatifs, qui ne lâchent pas, dans les refuges, d’individus (comme ici) qui font un choix et qui l’assument, sans abandonner l’être en détresse!

Aisne : elles se mobilisent pour sauver un bébé renard de l’euthanasie [c’est un abus de langage extrêmement courant : en réalité, il ne s’agit nullement d’une “euthanasie”, mais d’une mise à mort]

Dans le sud de l’Aisne, l’animal, espèce nuisible, devait être euthanasié. Deux jeunes femmes se sont mobilisées.

Lucie et Magali (ce sont des prénoms d’emprunt, les jeunes femmes craignent de voir les demandes d’aide se multiplier et de plus recueillir des animaux sauvages est illégal et amendable) travaillent toutes les deux dans le secteur des animaux domestiques.

Elles ne s’attendaient pas à se trouver devant tant de difficultés quand elles ont accepté de s’occuper d’un petit animal sauvage trouvé sur les bords de la route. «  La petite bête a été trouvée pendant la nuit de lundi à mardi 18 avril sur une route près d’Essises.

Elle ressemblait à un chiot. C’est en regardant sur internet que nous avons compris que c’était un renardeau. la couleur noire et le bout de queue blanc sont caractéristiques  », raconte Lucie. Biberons de lait pour animaux, bouillotte, Lucie et Magali vont s’occuper de la petite bête toute la journée puis la nuit pour la maintenir en vie.
Mais que faire d’un bébé renard ?

Lucie et Magali vont entamer un marathon téléphonique.

Pas moins de dix interlocuteurs.

Tout d’abord auprès d’une connaissance, garde forestier. Il les renvoie vers la fédération du centre de sauvegarde sauvage.

Mais là, un répondeur est au bout du fil. Elles appellent ensuite la communauté de communes de Château-Thierry qui les renvoie vers la sous-préfecture puis vers les services vétérinaires et la Direction départementale de protection des populations (DDPP).

Cette fois-ci, on leur demande leurs coordonnées, on leur signifie que le renard est classé espèce nuisible, qu’il faut l’euthanasier et qu’on les recontactera. «  Nous nous sommes attachées à cette petite renarde, nous ne pouvions accepter cette fin  »

Alors les deux jeunes femmes vont contacter la fondation « 30 millions d’amis » et puis aussi Picardie Nature et la presse pour essayer de sauver la petite bête.

Une course contre la montre : le lieutenant de louveterie du secteur a été mandaté par la préfecture. l’homme assermenté appelle : il passera jeudi à 19 heures prendre en charge l’animal.

Effectivement, à l’heure dite le lieutenant de louveterie, un corps fondé en 812 par Charlemagne, sonne à la porte.

Des tractations commencent. Peur de la réaction des associations ou du public, l’homme promet : le petit renard sera emmené à Hirson au centre de sauvegarde de la faune sauvage et des oiseaux.

Il emmène la petite renarde. Vendredi, Magali a le responsable du centre au téléphone. Il confirme avoir réceptionné la petite renarde.

Est-elle sauvée ou est-ce simplement un sursis ?

De notre côté, nos appels au centre se sont, pour l’instant, heurtés à un répondeur.

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