Aucun compromis avec McDonald’s, burger “veggie” ou pas

Dans la culture rasta, la société moderne est qualifiée de Babylone ; c’est bien sûr une référence chrétienne au fait que dans la Bible, Babylone est le symbole de l’oppression, d’un mode de vie incorrect.

L’allégorie de Babylone a pu être utilisé ici et là, et si la portée religieuse est sans intérêt, ce qui compte à l’arrière-plan, c’est la valorisation de la question de la vie quotidienne.

Ce qui est décisif, c’est la manière de vivre dans sa nature quotidienne.

Non pas que révolutionner sa vie quotidienne suffise. Être anarcho-punk ne change clairement pas le monde. Ni même le fait d’être vegan, en fait. Mais être vegan,  c’est une condition sine qua non pour aller à l’assaut de cette société et la changer.

Tout relativisme est alors une faille.

Pourquoi dire cela ? Car McDonald’s a sorti un burger végétarien, qui va être testé plus d’un mois en France (du 10 octobre au 27 novembre 2017).

Le « grand veggie » sera composé d’une galette végétarienne composée d’un mélange de salsifi, carotte, emmental et céréales, avec en garniture, de la salade, du chou rouge et blanc et une sauce au pesto rouge, avec deux pains parsemés de graines de courge, de sésame et de pavot.

Le tout “made in France”, McDonald’s insistant particulièrement sur ce côté “terroir”.

Il existe aussi ailleurs un burger végétalien, le McSpice, avec comme base un « steak » de haricots rouges, de carottes, de poivrons verts et d’oignons rouges. Il est présent en Norvège depuis peu, et a ou existe encore en Afrique du Sud, en Arabie Saoudite et en Belgique ; une version avec fromage est aussi disponible. Il y a également en Inde un McVeggie, avec un steak de légumes (petits pois, carottes, haricots, oignons, patates et riz).

Peu importe, car ce qu’il est nécessaire de réaffirmer ici, c’est qu’il n’y a rien de végan. Le véganisme n’est pas le végétalisme. Même si la nourriture est vendue à part, Mc Donald’s reste un monstre de l’exploitation animale, le symbole d’une consommation ignoble, d’un mode de vie infâme.

McDonald’s est une machine de guerre, c’est le capitalisme tourné vers l’exploitation animale de très grande consommation, avec un perpétuel souci d’agrandissement, de modernisation.

Avec, aussi, une très grande attention portée à ce que tout reste niais, aseptisé, stupide.

Il ne s’agit pas ici de faire de l’anti-américanisme primaire et forcément stupide, ni d’ouvrir un débat sur la possibilité ou non de manger végétalien dans un restaurant qui ne l’est pas. On sait bien à quel point il n’est pas forcément aisé de se confronter au réel avec toute la rage nécessaire et il ne s’agit pas de jeter la pierre à des gens tentant d’organiser leur vie quotidienne.

Des discussions sont possibles et nécessaires, bien entendu ; le sujet est complexe et demande de la finesse. Pour Mc Donald’s, par contre, aucun débat n’est possible. McDonald’s est un ennemi.

C’est un ennemi prioritaire. Au même titre que les kebabs ou les fast-foods « bien de chez nous », d’ailleurs, car l’aspect essentiel n’est nullement l’origine nationale, mais le fait qu’il s’agisse d’une consommation de masse, à vocation « plaisante » et relativement peu onéreuse.

L’accessibilité d’une telle consommation, voilà la réelle ennemi, et non pas une pseudo « végéphobie » qui est vraiment une fantasme de gens cherchant à tout prix à refuser l’esprit de confrontation et de lutte.

Être vegan signifie lutter, signifie la rupture. Ce que proposent en ce moment L214, l’association 269, les petits boutiquiers et autres épiciers, les magasins bios, n’est qu’un moyen d’intégrer, de saboter, de dévier vers le symbolique et la consommation.

Alors que la question qui compte, c’est celle de la production à l’échelle du monde.

Croit-on vraiment changer le monde en portant de manière immorale des cadavres d’animaux dans les bras, en montrant des vidéos sordides, en passant une nuit devant un abattoir ?

Tout cela est bon pour la bonne conscience, et encore, mais cela ne modifie en rien la réalité. Ce n’est pas une contribution à la bataille pour la libération, une libération qui passe par la confrontation avec les tyrans.

McDonald’s est un tel tyran.

McDonald’s est une entreprise de très grande envergure tentant de faire passer l’exploitation animale la plus poussée pour un acquis démocratique ; chez McDonald’s, on peut venir comme on veut, il y a un côté plaisant et familial : tout cela n’est qu’un masque infâme, un éloge de la niaiserie la plus violente, la plus criminelle même.

Au 21e siècle, tout le monde sait ce que représente McDonald’s, à savoir la continuation d’un mode de vue superficiel, anéantissant l’Amazonie, élargissant l’exploitation animale, avec des conditions de travail très difficiles pour un salaire misérable, tout cela au service du bon plaisir individuel totalement aliéné et d’une entreprise richissime.

Les nouveaux burgers végétarien ou végétalien sont ainsi une insulte au véganisme. Ils témoignent d’une offensive pour corrompre les gens ayant une conscience, ils prétendent être ce qu’ils ne sont pas, car McDonald’s est un lieu qui est une insulte à la conscience, à la Nature, à la culture, à ce que devrait être chaque être humain portant la moralité.

Par conséquent, les burgers végétariens ou végétaliens de McDonald’s doivent être dénoncés comme l’exemple de l’hypocrisie de la part de l’exploitation animale, comme exemple aussi de corruption par la manipulation de la fibre individuelle des personnes ayant conscience de ce qui se passe.

Quiconque a un peu de conscience et va au McDonald’s se laisse corrompre. Ce n’est pas un compromis anodin, mais un doigt dans l’engrenage qui amène sa totale intégration et son inévitable capitulation.

Jamais on ne soulignera assez que la bataille n’est pas seulement pour que les gens deviennent vegans, mais également qu’ils le restent. Les gens en France n’ont malheureusement pas encore connu, à l’opposé de pays comme la Suède, l’Allemagne, l’Autriche, etc., de vague qui a échoué et qui sert de bilan.

Car entre une base culturelle insuffisante et l’offensive de l’industrie de l’exploitation animale, des revues féminines et du bio, il ne va pas rester grand-chose de la vague vegan actuelle. La corruption individuelle est inévitable ; le véganisme n’est pas populaire, il n’est pas ouvrier, il n’est pas ancré dans la vie quotidienne, il est surtout un lifestyle à la mode, larmoyant et branché en même temps, glauque et élitiste à la fois, purement symbolique et sans volonté de rupture.

De rupture dans la vie quotidienne. C’est peut-être ici la preuve qu’il n’est pas possible de porter le véganisme sans la dimension straight edge. C’est sans doute la preuve que sans assumer une mentalité stricte, disciplinée, refusant toute échappatoire, on succombe.

Car la corruption, dans « Babylone » est partout ; elle s’immisce dans la moindre interstice, elle creuse et fait tomber même les meilleurs.

Pourtant, la bataille ne s’arrête jamais, il doit continuer jusqu’à la victoire. Il faut faire tomber Babylone et pour cela il faut une morale inébranlable, des principes indiscutables, un projet collectif rationnel, une conscience de l’enjeu qui n’est pas moins que la bataille pour la planète.

Articles pouvant vous intéresser