L’Écocirque Joseph Bouglione

Puisque nous parlons de la lutte contre la présence des animaux dans le cirque, voici un court extrait des propos d’André-Joseph Bouglione. Ils sont tirés d’une interview (payante) du Figaro publiée il y a deux jours, à l’occasion de la publication par cet ancien dresseur d’un ouvrage intitulé  « Contre l’exploitation animale », aux éditions Tchou.

Il est aisé de voir une dimension visionnaire dans ce qui est dit. Mais, également, une part d’illusion : les propos sur les trafics devraient amener normalement directement une large enquête de la police et de la gendarmerie… Or, cela ne sera bien entendu pas le cas.

LE FIGARO. – Pourquoi avez-vous décidé de supprimer les animaux de vos spectacles ?

André-Jospeh BOUGLIONE. – Il s’agit d’une décision réfléchie prise en accord avec ma femme, Sandrine. J’appartiens à la sixième génération d’une famille de cirque, mes quatre enfants à la septième. Depuis l’âge de 20 ans, j’étais dompteur de fauves et faisais un numéro avec ma femme. J’en ai aujourd’hui 44.

Au départ, nous n’étions pas conscients du mal que l’on pouvait faire à ces animaux. Ils appartiennent à un écosystème fabuleux que nous n’avons pas le droit d’abîmer. Arrachés à leur milieu naturel, ces animaux n’assurent plus la fonction qu’ils doivent jouer, et on assiste à des déséquilibres entre les espèces et à la disparition de certaines d’entre elles.

Actuellement, des tigres, des lions et des éléphants sont en voie d’extinction à l’état sauvage. Comment peut-on justifier aux yeux de l’opinion publique de faire les guignols avec ces animaux sauvages, les exploiter commercialement sans se sentir coupables ?

La Terre est comme une merveilleuse bibliothèque dont on est en train de brûler les livres par notre insouciance. C’est pour cela qu’on a décidé d’arrêter notre numéro et de faire un cirque sans animaux. Nous avons placé nos fauves dans un refuge où ils finiront leur vie paisiblement.

Et dans les autres cirques, comment cela se passe-t-il ?

De nombreux cirques, notamment les plus petits, utilisent les spectacles avec animaux comme une façade. Ils réalisent plein de trafics autour d’eux en faisant des reproductions à l’état de captivité, non pas au bénéfice de leur activité principale, mais pour les louer lors d’événements privés.

D’autres cirques revendent des lionceaux, par exemple, 1 500 à 2 000 euros l’unité, à des gens qui n’ont pas de certificat de capacité de cirque comme des dealers de drogue.

Ces derniers veulent s’imposer dans leur milieu. Ces animaux meurent souvent avant l’âge adulte. Une situation qui perdure depuis près de cinquante ans, mais que la profession ne veut pas voir en face.

(…)

Que proposez-vous à la place comme spectacle ?

Nous finalisons un projet de cirque écologique. Il s’appellera l’Écocirque Joseph Bouglione, en souvenir de mon grand-père. Tout a été repensé pour consommer le moins d’énergie fossile possible. D’habitude, le transport se fait par camions avec un impact écologique désastreux, sans oublier les frais d’entretien des véhicules et la gêne provoquée sur les routes. Nous allons acheminer tout le matériel par conteneurs, soit par le train soit par voie fluviale.

Nous autoproduirons de l’électricité pour faire un beau spectacle grâce à l’achat d’une centrale électrique et des panneaux photovoltaïques. Pour des raisons de sécurité, nous aurons également un groupe électrogène qui ne rejettera aucun gaz à effet de serre.

De quoi se composera votre spectacle ?

Nous innoverons avec un écovillage autour du cirque où seront présents une centaine d’exposants. Ils proposeront des produits bio, vegan, mais aussi des massages. L’entrée sera libre et pour tout public.

Il faut retrouver le sens du mot « populaire ». Le cirque traditionnel est élitiste. À l’intérieur du chapiteau, il y aura des numéros d’acrobates, de trapèzes volants, de clowns, des musiciens en live. Les costumes seront fabriqués sans produit issu de matières animales. Un pourcentage significatif des recettes partira dans la protection animale. Nous travaillerons avec la réserve de Sariska, dans le Rajasthan, en Inde, où la population des tigres est en train d’augmenter.

Pour plus d’informations, voici le facebook de l’Écocirque Joseph Bouglione.

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