Malheur aux renégats !

L’un des grands problèmes du véganisme comme mouvement au sens le plus large, c’est qu’il n’existe que très rarement de continuité et que, par conséquent, il n’y a pas de bilan, d’évaluation de ce qui a été fait.

A cela s’ajoute deux faits : tout d’abord, il y a des capitulations, des effondrements, avec une tentative de nier une histoire faite, tout comme il y a des tentatives d’appropriation, comme on peut le voir ces dernières années avec des associations tombant du ciel et prétendant que le véganisme n’aurait pas existé avant elles.

Rappelons le encore une fois : le véganisme existe depuis les début des années 1990…

Pour avancer, il faut donc savoir résister à cette entreprise de déstructuration, de négation des acquis formant la tradition révolutionnaire.

En sachant, toujours, mettre de côté les opportunistes et les renégats. Car être à la hauteur demande de la constance, un engagement strict.

Les personnes ayant forcé en première ligne le McDonald’s parisien lors d’une Veggie Pride sont-elles encore véganes ? Très franchement, rien de moins certain… Quant à AVA qui mène une action si belle en Picardie, rappelons qu’il y a eu une tentative de fait quelques années auparavant par l’association Droits des animaux.

Qui n’en a pas conservé de mémoire à ce sujet, s’évaporant d’ailleurs du jour au lendemain (à part pour la fondation de l’épicerie Un monde vegan à Paris) après avoir siphonné tous les activistes…

Est-ce normal ? Absolument pas. L’engagement doit être complet, c’est la Cause qui compte. Les temps sont ceux de la bataille pour la planète, le reste est secondaire !

Et donc, l’un des points les plus essentiels, que nous n’avons pas cessé de souligner, c’est la question de la bataille pour rester vegan. Personne n’en parle et c’est un vrai problème, car il est absurde de penser qu’il y a toujours plus de vegan par une addition mécanique.

En réalité, il y a une progression mais un vrai effondrement derrière. Voilà pourquoi il faut être strict : oui à l’ouverture d’esprit pour les discussions, non à toute remise en cause des principes sur lesquels il faut être intransigeant.

Cela est bien entendu impossible avec des gens refusant d’affronter les normes sociales, soit en raison d’une attitude de hipster, soit en raison d’un individualisme ne visant qu’à faire carrière dans cette société.

On peut devenir vegan en étant richement installé dans la société, toutefois on ne peut pas le rester… Quant aux petits-bourgeois urbanisés et suivant la mode, ils tanguent, ils oscillent, perpétuellement…

L’article que vient de publier Slate.fr, “Au secours, je remange de la viande!”, qui vaut vraiment le coup d’être lu de par son contenu nauséabond, n’est donc pas que racoleur : il témoigne d’un problème de fond, qui va immanquablement plomber la cause ces prochains mois, ces prochaines années.

A savoir qu’il y a suffisamment d’éléments de fond pour faire contre-poids et transformer une cause en son contraire. Avec de la mauvaise foi, avec un manque de culture. Voici par exemple ce que dit l’article entre autres :

«J’ai toujours eu une grande conscience de la maltraitance des animaux, c’était ma bataille. Sauf que mon corps ne l’a pas supporté.» Après huit années de véganisme, Sara [ 25 ans, censée être vegan depuis 2008] a fini par craquer. Non par plaisir, mais par nécessité. Elle a donc repris ses anciennes habitudes, et ce soir elle a même prévu de manger une bonne entrecôte.

Sauf qu’à un autre moment, on apprend :

«Un jour, au repas de Noël, les parents d’une amie avaient préparé du poulet. J’ai donc dû faire une concession et j’en ai mangé. Je n’ai pas voulu créer de scandales», confesse Sara.

On pourrair dire ici que « le ver était dans le fruit » – sauf que cette expression n’est pas végane, et donc pas acceptable.

Il faut ici être d’une moralité de fer… Contrairement aux antispécistes qui prétendent former quelque chose de nouveau, en niant l’ALF et en présentant des failles à tous les niveaux (comme ici en parlant du “QI d’une huître”), la principale étant de ne pas assumer l’amour des animaux.

C’est un bon exemple d’ailleurs des doublement insupportables fachos et bobos qui empêchent d’avancer en général et en particulier pour le véganisme. Pour en revenir à l’article de Slate, celui-ci bombarde également les poncifs :

« Pour moi, ce type d’alimentation n’a pas fonctionné. Mais si j’avais pu, j’aurais continué ma bataille».

« On ne voient les effets néfastes du véganisme qu’après. Et lorsque l’on fait les comptes, les patients voient bien que ça a foiré»

« Quand on est vegan et invitée à un dîner, on devient la paria, la chiante, la fille qui ne mange que des graines »

Etc. etc. : comme déjà dit, l’article vaut le détour, de par sa nature totalement propagandiste, avec un véganisme présenté comme « impossible ».

Rien ne sert de critiquer Slate, cependant, il vaut mieux critiquer le mode de vie de gens imbriqués dans les couches aisées de la société et incapables de fermeté. Mieux vaut viser un véganisme populaire et mépriser des gens cherchant à se faire valoir pour un temps, pour trahir ensuite.

Et donc oui il faut dénoncer les renégats, oui il faut ostraciser, oui il faut dénoncer ceux et celles qui trahissent trahissent la Cause, attaquent les animaux en donnant des arguments à l’ennemi.

C’est inacceptable, intolérable. Et il faut dénoncer d’autant plus fort les pseudos radicaux d’hier.

Ce qui amène aussi un paradoxe : il faut être plus strict avec les vegans qu’avec les non-vegans, en raison de ce qu’ils représentent.

Et ne nous voilons pas la face : combien des vegans actuels vont vraiment le rester ? Le sont-ils vraiment authentiquement pour la plupart ?

Il n’y a aucune raison d’y croire. La base est tellement individuelle, coupée d’une perspective de changement total, de bataille pour la planète, que jamais il n’y aura la force de tenir.

Alors autant se préparer à la contre-attaque ! Préparons une nouvelle phase du véganisme, où il faudra savoir démolir ceux qui ont menti, ceux qui ont trompé, ceux qui ont failli.

Le 21e siècle va être celui d’un changement total!  Le véganisme ne peut exister que dans l’affrontement avec le système, dans l’esprit de la culture vegan straight edge, pour la libération animale et la défense de notre mère la Terre !

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