Natacha Harry démissionne de la SPA

[L’article contient des photos d’animaux à adopter actuellement et ensemble.]

Les journalistes ne font pas leur travail et les animaux sont un prétexte pour de « bons sentiments » dénués de profondeur et d’engagement. Tel est encore l’enseignement de la démission de Natacha Harry, au-delà par ailleurs de ce scandale de plus à la SPA de Paris.

En effet, il y a beaucoup de SPA en France, mais la SPA de Paris n’en centralise qu’une partie. Ce qui n’empêche pas les médias de parler de la SPA en général de manière systématique. Preuve que les journalistes n’enquêtent pas, se moquent de la vérité, trop pressés de faire croire qu’il y aurait une SPA en général s’occupant des animaux.

L’arrêté de la cour de cassation fait en octobre 1981 accorde à toute association le droit de s’appeler SPA, à condition de préciser l’endroit, la « SPA » tout court étant celle de Paris. Un article du Monde de 2015 relate d’ailleurs la bataille judiciaire de Natacha Harry pour torpiller la dénomination « SPA » des autres, notamment ceux de la confédération, c’est-à-dire la SPA dite de Lyon regroupant de très nombreuses SPA locales – 260 -, ne s’appelant pas forcément d’ailleurs SPA.

Natacha Harry qui démissionne d’ailleurs parce qu’elle est lasse. La pauvre ! Elle a été nommée présidente sans avoir été membre de la SPA, elle a tout décidé, et maintenant elle est lassée des critiques à son encontre.

Elle quitte le navire, purement et simplement. Voici ses propres propos sur le site de la SPA (de Paris) :

« J’ai pris la décision de remettre ma démission au prochain Conseil d’administration qui se tiendra le 16 juillet prochain. Je fais ce choix d’abord pour protéger l’association des violentes attaques dont je fais l’objet.

Une poignée de personnes mène en effet depuis quelques semaines une campagne insensée à mon encontre qui est de nature à fragiliser la SPA. Il est responsable, je crois, que je me mette en retrait de cette maison où je me suis investie bénévolement avec ardeur et conviction depuis juin 2013.

La seconde raison est plus personnelle. Je suis lasse de ces attaques ignobles et mensongères et je veux désormais m’en préserver. »

Et elle conclut par ces propos totalement honteux :

« Salariés, bénévoles, adhérents, donateurs, testateurs, vous pouvez être sereins quant à l’avenir car, contrairement à ce que certains aimeraient faire croire, la SPA va bien. »

Aucune mise en perspective des animaux, mais par contre la mise en valeur d’une structure comme fin en soi. Avec une attention toute particulière aux donateurs et testateurs, c’est-à-dire les gens croyant donner leur argent aux animaux, mais finançant en fait des organismes ne servant que partiellement ceux-ci.

Plus sérieusement, voici comment Le Journal du Dimanche présente la situation terrible :

En mars 2017, dans un troisième rapport, la Cour des comptes a épinglé « une gestion fragilisée par une forte instabilité des ressources humaines », « la défaillance des contrôles internes » ou encore « un retard dommageable » dans la rénovation des refuges et dispensaires.

Elle a aussi regretté les honoraires « excessifs » et « disproportionnés » de l’administratrice judiciaire désignée sur les exercices 2011 à 2013.

La mandataire, qui a empoché à la SPA 1,1 million d’euros sur trois ans, avait par ailleurs été condamnée à rembourser 230.000 euros au Racing club de France et 50.000 euros à la Fédération française des sports de glace pour avoir surévalué sa rémunération. Pour Joël Pain, la SPA aurait dû contester ces honoraires.

Depuis fin mars, l’association est contrôlée par l’Agence française anticorruption (AFA). Une enquête de la brigade de répression de la délinquance économique (BRDE) est encore en cours.

Et, le 25 juin, l’ancien trésorier, Thierry Courrault, comparaîtra devant le tribunal correctionnel de Paris pour avoir perçu 12.000 euros de faux frais kilométriques.

Tout cela ne pourra qu’attrister les amis des animaux. Et encore une fois, il est ici important de souligner un fait capital : la progression du véganisme en France n’a pas eu d’impact sur le soutien aux refuges.

Cela montre bien que le véganisme actuel n’est bien souvent qu’une façade, un prétexte, une utilisation des animaux, une farce sentimentale abstraite coupée de toute réalité. Un véganisme authentique va forcément de paire avec un engagement concret, au quotidien, pour les animaux.

Ce n’est pas une abstraction où l’on utilise les animaux pour fuir la réalité.

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