Quelques réflexions sur des conseils au sujet de l’adoption d’un animal

A l’occasion des fêtes, des animaux vont encore être vendus comme des marchandises, pour être abandonnés par la suite. Voici donc quelques réflexions au sujet de conseils que l’on peut donner à une personne végane décidant de s’engager dans cet acte juste et nécessaire.

Quand on souhaite adopter un animal, il faut se préparer bien à l’avance. L’adoption d’un animal doit bien être réfléchie et programmée depuis longtemps à l’avance, car l’animal stressé, et sûrement traumatisé par son abandon, doit être accueilli dans les meilleurs conditions et dans une ambiance calme.

Les deux éléments à prendre en compte ici sont donc
a)l’état d’esprit;
b)l’organisation matérielle

Au niveau de l’état d’esprit, il faut être très conscient de son niveau de responsabilité.

Lorsqu’une personne non végane adopte, elle le fait le plus souvent pour son divertissement, son amusement. Cette personne attendra que l’animal soit à sa disposition, et n’accordera pas au bien-être de celui-ci une valeur en soi.

A l’opposé, l’état d’esprit de la personne végane pratiquant l’adoption doit être totalement tourné vers l’animal et son bien-être.

Pour faire une comparaison pratique, adopter un animal est tout autant exigeant que de s’occuper d’un bébé. Cela réclame une discipline, une hygiène de vie, un engagement. Cela n’est pas possible sans l’état d’esprit adéquat.

Concrètement, cela signifie par exemple que si vous devez nécessairement avoir à disposition une boîte de transport et les numéros de plusieurs vétérinaires pour le cas où. Ce qui signifie avoir également prévu les moyens financiers de le faire. Rappelons que les frais de vétérinaires peuvent très vite monter, et en tant que personnes véganes, il est hors de question de se poser des questions à ce niveau.

Il faut également évidemment avoir une bonne connaissance des différents symptômes des principales maladies pouvant frapper l’animal. Il existe une littérature sur les maladies des animaux, mais le plus souvent on trouve sur internet des sites consacrés à tel ou tel animal « de compagnie. »

C’est ainsi qu’on peut apprendre par exemple que les copeaux de bois sont très mauvais pour les rongeurs, en raison des troubles respiratoires qu’ils provoquent.

On peut également poser des questions sur des forums spécialisés, avec des réponses assez rapides et précises. Mais dans tous les cas le moindre doute nécessite non pas l’attente, mais une visite chez le vétérinaire; il faut bien se rappeler que sur ce type de forums, la démarche des participants est éloignée du véganisme.

Dans tous les cas, l’état d’esprit doit être tourné vers la sécurité et la protection de l’animal. Hors de question, par exemple, d’aller chez le vétérinaire en plein hiver en transportant un hamster (venant du désert, donc) dans une boîte de transport qui ne serait pas entouré d’une protection adéquate pour stopper le froid.

Dans la même idée, il va de soi, qu’en allant chez le vétérinaire, il faut éviter d’utiliser les transports en commun avec en t-shirt « fuck the police »…

Il faut penser au moindre détail, à la moindre « emmerde » susceptible d’arriver. Il ne faut pas laisser un biberon quasiment vide avant de faire une course « qui ne durera pas »: cette prise de risque serait irresponsable.

Voilà pourquoi la question de l’intendance est importante. Il faut penser à tout, y compris aux situations les plus improbables. Cela est vrai par exemple pour les rongeurs, qui par définition rongent, et sont particulièrement débrouillards, surtout les rats.

Il faut ainsi tout faire pour que la vie de l’animal ne soit pas menacée lors des sorties. Les cages doivent également être appropriées, et fournir le maximum d’espace et de jeux. Dans tous les cas, l’intérêt de l’animal prime: il faut éviter les gadgets inutiles et commerciaux qui ne sont là que pour plaire aux humains.

Et pour cela il faut avoir une bonne connaissance du mode de vie de l’animal qu’on adopte. Il est terrible de voir qu’en France personne ne sait que les hamsters viennent du Proche-Orient et les cochons d’Inde d’Amérique latine: c’est une belle preuve de leur statut de marchandise.

La personne végane doit se rappeler ce contexte, et avoir une attitude la plus exemplaire possible. Bien entendu, personne n’est parfait, toutefois la dignité de l’animal ne doit jamais être perdue de vue.

Il faut bien penser à cela, car l’animal va un jour mourir. Il faut avoir prévu les moyens de l’enterrer dans un jardin privé, ou bien l’amener à un centre de crémation. Il doit y avoir une claire distinction avec la pratique barbare d’abandonner le corps chez le vétérinaire (où son corps peut être récupéré et utilisé pour les graisses animales!), ou bien de le jeter aux ordures!

L’état d’esprit et l’intendance, voilà ce à quoi il faut faire attention! Et voici une série de points à bien prendre en compte:

1. La motivation et l’engagement. Il faut avoir bien en tête qu’il s’agit de ne jamais se démotiver, y compris face à la maladie possible et à la mort de l’animal. Ne pas oublier que notre compagnon à poils (ou à plumes ou à écailles) ressent nos émotions, notre stress et notre soutien envers lui. Et qu’il aura besoin de nous dans la maladie, ou bien tout au contraire, vouloir qu’on le laisse tranquille.

2. Le sens des responsabilités. L’animal ne doit être confronté à aucun risque, à aucune possibilité d’être blessé, tué, ni même de manquer de quelque chose (nourriture, eau, litière propre, socialisation avec d’autres animaux de son espèce – sauf principalement le hamster qui vit de manière solitaire).

3. Intendance. Que du neuf et le meilleur. L’animal doit profiter d’un habitat et de jeux neufs, par dignité mais surtout par souci d’hygiène. Il doit disposer d’un espace le moins restreint possible, de possibilités de jeux. On notera ici qu’il faut éviter tant que possible d’acheter aux animaleries, ces esclavagistes, en profitant par exemple des grandes centrales sur internet (Zooplus et Wanimo notamment).

4. Le vétérinaire. Les numéros de téléphone et les horaires de vétérinaires, si possible spécialisés dans telle ou telle espèce, doivent absolument être connus de la personne adoptante (ainsi que des proches au cas où). Dans le moindre doute sur la santé pour l’animal, il faut au moins se renseigner préablement en téléphonant au vétérinaire et par la suite prendre rendez-vous, arriver bien à l’heure en y allant le plus prudemment possible.

5. Le temps. Adopter des animaux (traumatisés notamment) nécessite du temps et de la patience. C’est une révolution en soi dans un monde où tout est course et consommation brutale.

Cela demande une grande attention et de la maturité, afin que toute décision soit faite avec la meilleure sagesse, la meilleure éthique possible, pour le bien-être et la dignité de l’animal adopté

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