Ecomiam.com: cauchemar moderne et ancien à la fois de l’agrobusiness à l’assaut de l’économie

Nous l’avons dit à plusieurs reprises sur LTD: la situation des animaux ne vient pas seulement de l’oppression, elle se fonde surtout sur l’exploitation. Voici un exemple avec quelque chose de nouveau qui va malheureusement s’élargir et qui témoigne bien que nous ne devons pas regarder en arrière, mais envisager un autre futur.

Car voici en effet un phénomène nouveau, en passe de se généraliser: les camions frigorifiques itinérants.

Le principe de la vente itinérante existe encore pour certains secteurs économiques (la quincaillerie par exemple, mais également il n’y a pas si longtemps par exemple pour la distribution d’aliments du Vietnam pour les gens originaires du Vietnam dispersés en France).

Mais là l’idée est de généraliser cette pratique pour les cadavres, en s’appuyant sur l’idée d’être « en relation direct avec les producteurs » et d’ainsi rassurer les consommateurs.

En gros, l’idée est de combiner la modernité capitaliste barbare et l’idéologie du terroir et de la production locale. Un cauchemar.

Et l’entreprise qui se lance prévoit un énorme succès pour ses surgelés d’animaux assassinés. Le chiffre d’affaires de 2009 a été de 1,8 millions d’euros, et ce qui est prévu est édifiant: 18 millions d’euros en 2010, 45 millions d’euros en 2011 et 55 millions d’euros en 2012!

Il faut dire que ce programme de vente de cadavres profite d’une industrie puissante: Tilly-Sabco. Tilly-Sabco c’est la production de mort de 45 000 tonnes de poulets surgelés entiers et 6 000 tonnes de saucisses de poulets, principalement pour l’exportation (Moyen-Orient et Dom-Tom) avec d’ailleurs une aide de 20,52 millions d’euros par la Politique Agricole Commune…

Son PDG, Daniel Sauvaget, qui en détient 60 % du capital depuis le 1er août 2008, a décidé d’agir en France également, et a lancé Ecomiam.com.

Les camions remplis de surgelés de cadavres passeront ainsi deux fois par mois dans les villes de plus de 100.000 habitants, et une fois par mois dans les villes plus petites. Le mot d’ordre est « Du producteur au congélateur » et sera réalisé dans 180 villes en France d’ici la fin de cette année.

L’objectif: distribuer de la mort, mais de la mort en masse. Car la mort rapporte et on peut donc intensifier la production, pour abaisser les prix, et vendre plus en écrasant la concurrence. A titre indicatif, voici le prix des êtres vivants concernés: « 10 poulets de 1,2 kg (4 portions par poulet) = 26,90 TTC. » L’entreprise ne vend en effet que des lots, et on trouve également « 4,32 kilos pour le bœuf (bifteck haché) à 5,90 euros le kilo » et « 6 kilos en porc (côtes de porc et rôti) à 4,48 euros le kilo. »

Voici un nouvel aspect de la société française qui se précise, et qui montre bien que la libération animale va de pair avec la libération de la Terre: au lieu que les villes se fondent dans les campagnes, le capitalisme transforme les campagnes en monstrueuses annexes de villes de plus en plus invivables.

Et dans tous les cas si l’on veut une société différente, sans exploitation, impossible de ne pas voir l’ampleur que prend l’industrie de l’exploitation animale dans notre société.

Une industrie de l’exploitation animale qui prend tellement d’importance d’ailleurs que l’ANIA – l’Association Nationale des Industries alimentaires – a quitté le syndicat patronal, le MEDEF.

Le communiqué de départ est très clair quant aux ambitions de l’agro-business:

L’ANIA ne se retrouve plus dans l’organisation actuelle, héritée de l’immédiat après guerre.

Par cette décision, l’ANIA réaffirme également la spécificité du secteur agroalimentaire, qui n’est pas suffisamment prise en compte par le MEDEF. A mi-chemin entre industrie et agriculture, le secteur agroalimentaire rencontre des problématiques tout à fait particulières.

Il est pourtant un acteur économique et social majeur, qui doit être reconnu en tant que tel. Première industrie française en termes de chiffre d’affaires (162,9 milliards d’euros en 2008), l’agroalimentaire est également le second employeur industriel français (412. 500 salariés) et participe à la balance commerciale de la France, avec un solide positif de 6,6 milliards d’euros.

En clair les temps ont changé et l’agro-business a une telle importance qu’elle veut plus de pouvoir. Cette dimension, chaque personne voulant la libération animale doit la comprendre! La protection animale n’a aucun sens ni aucune chance d’arriver à quoi que ce soit; la libération animale est la seule option possible car révolutionnaire! Nous devons stopper ce cauchemar!

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