Quand les citadins américains élèvent des poules

Voici un article tiré d’un grand quotidien, expliquant comment sous prétexte d’autosuffisance, on en revient à New York l’exploitation la plus basique des animaux, avec des poulaillers. Une initiative d’ailleurs organisée, par Just Food, et qui montre bien que sans réorganiser la société de fond en comble, les animaux seront toujours victimes du profit ou de la quête basique pour la survie.

Pecky, Hattie et Lena sont bruyantes et ne sentent pas la rose, mais pour Greg Anderson, résident à Brooklyn, ce sont des compagnes irremplaçables. Elles pondent des œufs tous les jours et, en ces temps de crise, il n’y a pas de petites économies. Greg a rejoint il y a un an le club fermé des éleveurs de gallinacés en ville. Les poules sont illégales dans beaucoup de métropoles américaines, mais pas à New York, au contraire des coqs. Trop bruyants de bon matin, ils seraient responsables de surpopulation volaillère et de risques sanitaires.

«En Alabama, où je vivais quand j’étais petit, ma grand-mère avait des poules. Alors, avec la crise, on s’est dit avec ma femme : pourquoi pas un poulailler ? Surtout qu’on fait déjà pousser des légumes.» Les Anderson partagent un jardin communautaire avec dix autres personnes, qui n’ont pas été difficiles à convaincre, malgré des préjugés initiaux. «On leur donne des œufs régulièrement, ça aide», précise Greg.

Le New-Yorkais ne regrette pas son choix, même si ses «ladys», comme il les appelle, lui demandent du temps. Sa facture au supermarché est allégée. Bien sûr, il faut manger des œufs tous les jours, mais une fois qu’on a essayé un «vrai», on ne goûte plus aux autres, assure-t-il. Greg a reçu son poulailler gratuitement d’une association de «promotion de l’autosuffisance et de lutte pour la légalisation des poules en ville». Ses huit volatiles lui ont été offerts par un autre éleveur. «Mes poules ne sont pas très chères à entretenir», ajoute-t-il, le regard attendri.

 

Comme Greg, les Américains sont de plus en plus nombreux à choisir la voie de l’autosuffisance. Owen Taylor, en charge du City Chicken Projet chez JustFood, auteur d’un guide intitulé Les Poules à New York City, se réjouit de l’engouement croissant pour l’animal. «L’an dernier, on a eu sept commandes de poulaillers à New York. Les gens réalisent que c’est avantageux non seulement d’un point de vue économique, mais aussi écologique. En plus, la poule, c’est très drôle, comme bête», dit-il.

Protection animale oblige, beaucoup d’éleveurs sont contre la consommation des volailles, mais, pour Maria McKan, l’intérêt d’avoir vingt poules dans son jardin à New York est précisément de pouvoir en faire de bons bouillons lorsqu’elles pondent moins. Cette année, la mère de famille va acheter des poules «à rôtir». «C’est bien meilleur que les poules pondeuses», dit-elle en découpant une salade verte pour leur déjeuner.



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