La diffusion de la zoophilie sera-t-elle interdite en France?

Étant pour la libération animale, nous ne sommes pas pour le « libéralisme » concernant le rapport que les humains doivent avoir avec les animaux.

Nous ne sommes pas seulement « contre » un rapport d’oppression et d’exploitation, nous sommes également en lutte pour des rapports nouveaux, positifs.

Voilà pourquoi nous sommes évidemment catégoriquement contre la zoophilie. Le rapport entre les différentes espèces animales d’un côté et l’humanité de l’autre doit se fonder sur des principes stricts, une approche hautement morale.

Nous ne pouvons donc qu’être favorable à la proposition de loi visant à interdire la zoophilie. La zoophilie en France est en effet interdite en tant que pratique, mais rien n’interdit la diffusion d’images et de vidéos zoophiles.

Des députés ont donc demandé l’interdiction de la zoophilie dans les revues, dans les DVD ainsi que sur internet. Il s’agit des députés suivants : Lionnel Luca (UMP), Jean-Luc Pérat (PS), Patrice Debray (UMP), François Calvet (UMP), Yvan Lachaud (NC), Philippe Vitel (UMP), Jean Roatta (UMP), Michel Sordi (UMP), François Sauvadet (NC), Roland Courteau (PS).

Voici un texte type envoyé dans ce cadre:

M. xxxx attire l’attention de Mme la ministre d’État, garde des sceaux, ministre de la justice et des libertés, sur la diffusion libre de documents à caractère zoophile. Depuis 2004, l’article 521-1 du code pénal a été complété, afin que le fait, publiquement ou non, d’exercer des sévices de nature sexuelle sur un animal soit puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende.

Cependant, si cette mesure a permis d’obtenir quelques condamnations, elle a également montré ses limites en ne punissant que les auteurs des actes, et non ceux assurant leur présentation et leur diffusion via Internet ou la vente de DVD et de revues consacrés à la zoophilie.

Cette situation n’est pas acceptable vis-à-vis de la protection des animaux et nécessite que les dispositions prises en 2004 soient complétées afin de réprimer également la promotion, la présentation et la diffusion d’actes zoophiles illégaux. Il lui demande donc les mesures qu’elle envisage de prendre dans ce sens.

Évidemment, cette interdiction est un minimum de type réformiste : pour supprimer la zoophilie de manière authentique, il faudra autre chose, il faudra que les valeurs de la libération animale soient dominantes, tant moralement que matériellement.

Et si nous critiquons le « libéralisme » c’est justement parce que les rares réactions à cette initiative sont très nettes : la « sexualité » ne concernerait que l’individu, qui aurait le « droit » de faire ce qu’il veut !

Une conception « libérale » typique d’une société en décadence, où sont célébrés les rapports de domination, d’exploitation, les rapports de force, et ce jusqu’à des manières raffinées comme le sadisme et le masochisme.

Y compris donc aux dépens des animaux, et cela n’est pas étonnant : les animaux sont les plus opprimés des opprimés.

Leur souffrance est le reflet des valeurs de l’humanité, qui s’impose des souffrances à elle-même et également à tout ce qui est vivant.

Mais de cela, les attitudes libérales s’en moquent bien, au nom de la « liberté » – la « liberté » d’être barbare, opposé à la culture, à la civilisation.

Voici un extrait d’une défense de la zoophilie d’une personne qui se veut « libérée », non zoophile mais considérant grosso modo que la liberté (de l’humain!) est à ce prix :

Si vous surfez beaucoup sur internet, vous êtes souvent amené à voir quelque chose sur le sujet ou une démonstration live. Preuve que comme la chanteuse américaine, la zoophilie est un thème qui intéresse beaucoup de monde peu prêt à le reconnaître.

J’imagine que vous avez eu une mine dégoûtée en voyant ce que le web contient de plus zoophile, ce que je peux comprendre, j’aurais fait pareil. Mais après ? Est-ce pour cela que vous irez voir des zoophiles, un petit chat dans une main et un enfant dans l’autre, pour l’insulter, le juger et le faire arrêter au nom de sa dignité humaine ?

Ce que nous a appris la révolution sexuelle, c’est qu’une sexualité épanouie est la seule condition imprescriptible au bonheur. Vous pouvez avoir un bon boulot, une belle femme ou la voiture de vos rêves, si vous n’êtes pas épanoui dans votre sexualité, tout le reste peut paraître superflu.

La question de la zoophilie n’est donc pas mineure, même si elle est accessoire. Et une société qui en vient à interdire des pratiques sexuelles au nom de la dignité humaine, je ne sais pas pour vous, mais moi ça m’inquiète.

Les libéraux sont vite inquiets qu’on empiète sur leur droit d’exploiter.

Notre réponse à nous est très claire : oui les zoophiles sont nos ennemis, comme toutes les personnes (et ce sont le plus souvent des hommes) qui ne vivent que par la domination, l’oppression.

Oui c’est au nom d’un petit chat et d’un enfant de l’autre qu’il est moralement juste de condamner les zoophiles, au nom de l’humanité, au nom des animaux!

La zoophilie est une pratique barbare, célébrée par des barbares, et sa nature est la même que la pédophilie ou le viol : c’est une pratique de domination, de brutalité sordide.

Ceux qui défendent la zoophilie au nom de la liberté ne font que célébrer leur culte de la domination, tout en prétendant faire l’apologie de la sexualité.

Mais la sexualité humaine la plus épanouie est évidemment celle entre êtres humains unis dans un amour clair et sans arrière-pensées aucune. C’est cela justement le sens de la philosophie straight edge!

Par contre, il n’est pas étonnant qu’une personne ayant fait du sexe un business, comme Brigitte Lahaie, ait une position « libérale » justement:

Pourquoi l’interdire ? Après tout, l’animal n’a pas la conscience (sic).

En fait, l’animal nous renvoie à notre côté animal (re-sic); copuler avec lui, c’est en quelque sorte copuler avec le diable, et c’est bien pour cela que les religions sont si sévères avec ces pratiques.

(…) Il me semble que ces pratiques doivent être condamnées lorsque l’animal est utilisé comme un simple objet, lorsqu’on abuse de lui sans tenir compte de son éventuelle souffrance. Pour avoir déclaré qu’il me semblait moins cruel de flirter avec son chien que de l’abandonner attaché à un arbre au mois d’août, je me suis frottée à des réactions virulentes.

Je ne cautionne pas ces pratiques, mais, soyons sérieux, elles révèlent plus souvent une détresse qu’une cruauté envers l’animal.

Brigitte Lahaie

Dictionnaire émancipé de sexualité

Il faut briser la chaîne de l’oppression, et pour cela il faut refuser par principe toute oppression… sauf celle, temporaire, des oppresseurs, pour que leur culture disparaisse… à tout jamais!

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