Bachelot n’est pas opposée à “la pub sur l’alcool sur le Net”

La loi Évin va être réformée: bientôt sur internet on aura droit à de la publicité pour l’alcool. La raison en est évidente: Bachelot a cédé devant ce qu’on appelle le lobby de l’alcool. Et bien entendu Bachelot se cache derrière le caractère international d’Internet, comme si une publicité pour l’alcool sur les sites français étaient impossibles à interdire!

En clair: la santé éventuellement parce qu’il faut bien avoir la forme pour aller bosser, mais les profits d’abord.

INTERVIEW – Le projet de loi de la ministre contre la vente d’alcool aux mineurs est implacable. Mais celle-ci connaît les rouages de ‘Assemblée. Elle sait que son texte sera amendé. Pour «Le Figaro», elle prend les devants et reconnaît qu’elle ne s’opposera pas à une réforme de la loi Évin.

La publicité en faveur de l’alcool pourrait donc bientôt voir le jour sur Internet. Malgré la très forte hostilité des associations de prévention, la ministre accepte que, au vu de l’évolution des nouvelles technologies, Internet accueille les publicités des alcooliers. Elle veut imposer des garde-fous pour que les sites dédiés aux jeunes soient préservés.

LE FIGARO. – Faut-il autoriser la publicité pour l’alcool sur Internet?

Roselyne BACHELOT. – Je tiens d’abord à rappeler que ma politique de lutte contre les addictions entend notamment préserver les jeunes contre les méfaits de l’alcool par des mesures d’information, de prévention, de prise en charge et d’interdiction. Ceci dit, la loi Évin que j’ai votée n’a pas pris en compte Internet, car ce média n’était, à l’époque, pas aussi développé qu’aujourd’hui. Or, de récentes décisions de justice ont relancé le débat de la publicité sur Internet. Au point que les producteurs français s’inquiètent de la grande incertitude juridique qui entoure la vente d’alcool en ligne. Dans le même temps, les sites de vente à l’étranger, eux, prospèrent sans obstacles. Il faut donc moderniser la loi Évin, au vu de l’évolution des nouvelles technologies. C’est pourquoi je ne m’opposerai pas, lors de l’examen de la loi hôpital, patients, santé, territoire au Parlement, à un amendement parlementaire qui actualise la loi Évin en autorisant la publicité sur Internet. Mais à la condition de prévoir des garde-fous.

Lesquels?

Je pose mes conditions à toute modification. D’abord, les techniques intrusives comme les spams ou les pop-up, des publicités qui surgissent de manière spontanée sur le Web devront être prohibées. Ensuite, la promotion de l’alcool devra être assortie de messages sanitaires parfaitement visibles, adaptés à Internet, et respecter la neutralité imposée par la loi Évin. Enfin, les sites dédiés à la jeunesse, au sport et aux activités physiques devront être absolument exclus du champ d’application de la loi. Il faudra aussi adapter des dispositions de contrôle parental.

Les associations de médecins se sont mobilisées contre «une libéralisation excessive de la publicité sur Internet». Selon elles, les jeunes ne se contentent pas de consulter les sites qui leur sont dédiés mais naviguent partout, notamment sur Google, MSN ou Yahoo!

Je tiens à rassurer les associations: je suis très attachée à la loi Évin et je serai extrêmement vigilante sur l’application de cette réforme. Je serai à leurs côtés pour combattre toute dérive. Nous installerons un comité de suivi qui veillera au respect de la loi et s’assurera de l’absence de tout contournement. En tant que ministre de la Santé, je me dois en effet de protéger les plus vulnérables, notamment les jeunes, contre les méfaits de l’alcool. C’est la raison pour laquelle nous avons développé les actions de prévention en milieu étudiant et mis en place les consultations pour jeunes consommateurs. L’interdiction de vente d’alcool aux mineurs et celle des « open bars », inclus dans mon projet de loi, ne sont ainsi qu’un des aspects de cette politique.

Pourquoi ne pas avoir retenu un régime beaucoup plus strict?

D’un point de vue juridique, l’application de leur proposition semble difficile et comporte même des risques d’effets pervers notamment l’hébergement de certains sites à l’étranger. Avec les conditions de principe que j’ai posées, je pense aboutir à un compromis acceptable et équilibré entre la liberté du commerce à l’heure d’Internet et les impératifs non négociables de santé publique.

http://www.lefigaro.fr

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