Autriche : la répression continue

Le 30 septembre la police autrichienne a effectué une nouvelle descente chez l’un des 10 ex-prisonniers, ainsi que chez un simple adhérent de VGT (Verein gegen Tierfabriken : Association contre les usines d’animaux).

Et le système judiciaire autrichien vient de confirmer, par une décision de la Cour Suprême, la légalité de la mise en détention provisoire des 10 militants, et le bien-fondé du soupçon de former une organisation criminelle au sens de l’article 278a du code pénal. Voir le message de Martin Balluch reproduit ci-dessous, où il est expliqué que la Cour suprême affirme:

- que les échanges de courriels sur des listes de discussion fermées fournissent l’infrastructure de l’organisation criminelle,

- qu’encrypter des messages électroniques et utiliser des téléphones anonymes indique une intention criminelle,

- que menacer une entreprise par une campagne légale, même de façon polie, alors que des délits ont été commis lors d’autres campagnes contre d’autres entreprises, constitue déjà un recours au chantage,

- que le fait qu’une entreprise cesse de vendre de la fourrure après avoir été démarchée par des groupes de droits des animaux est le signe d’une activité criminelle, car aucune entreprise n’aurait pris une telle décision sans se sentir l’objet d’une intimidation criminelle, c’est-à-dire sans avoir été terrorisée.


Message de Martin Balluch

Traduction d’un message posté par Martin Balluch sur la liste internationale Freedom _for_Austrian_Activists Cyw yahoogroups.com

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Une autre opération policière vient d’avoir lieu en Autriche. Elle a frappé une personne qui n’a participé qu’à quatre manifestations dans sa vie, et dont l’activité militante se limite à soutenir l’association VGT par des dons. Cette personne a été interrogée par la police et intimidée ; sa maison a été fouillée, ses ordinateurs (fixe et portable) saisis.

Les militants emprisonnés avaient déposé un recours en appel auprès de la Cour suprême. Celle-ci a rendu son verdict : elle juge que la détention provisoire était justifiée. La Cour déclare que, d’après les éléments de preuve réunis, il est clair qu’il existe une vaste organisation criminelle active, et que les personnes qui étaient en détention provisoire doivent être soupçonnées d’en faire partie. La Cour suprême dit explicitement :

- que les échanges de courriels sur des listes de discussion fermées fournissent l’infrastructure de l’organisation criminelle,

- qu’encrypter des messages électroniques et utiliser des téléphones anonymes indique une intention criminelle,

- que menacer une entreprise par une campagne légale, même de façon polie, alors que des délits ont été commis lors d’autres campagnes contre d’autres entreprises, constitue déjà un recours au chantage,

- que le fait qu’une entreprise cesse de vendre de la fourrure après avoir été démarchée par des groupes de droits des animaux est le signe d’une activité criminelle, car aucune entreprise n’aurait pris une telle décision sans se sentir l’objet d’une intimidation criminelle, c’est-à-dire sans avoir été terrorisée.

Certains juristes considèrent qu’après cette décision de la Cour suprême, il est impossible qu’une personne mise en examen au titre de l’article 278a du code pénal puisse jamais être déclarée non coupable. On peut supposer que ce verdict représente la décision finale ; il signifie qu’il y a en Autriche UNE SEULE ET UNIQUE VASTE ORGANISATION CRIMINELLE, RESPONSABLE DE TOUTE ACTION DÉLICTUEUSE susceptible d’être liée à la question animale.

Avez-vous jamais entendu des propos plus grotesques ? Et c’est au nom de cela qu’actuellement 27 ( !) personnes sont sous la menace de condamnations à des peines de prison pouvant aller jusqu’à 5 ans !

Si elles étaient déclarées coupables, les entreprises pourraient engager des poursuites contre elles pour les dommages subis et l’association VGT pourrait être dissoute.

+ Publié lundi sur le site de VGT :

Tierschutzcausa : DNA-Tests belegen Unschuld

Les tests ADN prouvent l’innocence des militants

Il n’y a aucune correspondance entre les échantillons d’ADN prélevés sur les militants animalistes prisonniers et ceux trouvés sur les lieux des délits.

Après les arrestations des 10 militants pour les animaux en mai de cette année, la police avait prélevé des échantillons d’ADN sur chacun d’eux, contre leur gré et en utilisant la violence dans biens des cas – rendant ainsi ces opérations illégales. Les résultats des prélèvements ont été comparés avec les échantillons d’ADN trouvés sur les lieux où ont été commis des délits apparemment motivés par la protection des animaux.

Ni le ministère public, ni la police n’ont rendu publics ces résultats mais dès à présent, après avoir eu accès à de nouveaux dossiers de l’accusation, la défense est en mesure de les révéler : pas de correspondance !

Qu’il s’agisse de l’ADN relevé sur des timbres utilisés pour du courrier revendiquant la responsabilité d’actes criminels, sur des pneus perforés, sur des billes de peintures ou sur du matériel utilisé pour briser des vitres, aucun ne correspond à celui des 10 militants maintenus en détention provisoire cet été.

Ainsi c’est officiel : après presque 2 années de surveillance intensive, 23 perquisitions et de nombreux tests ADN, il n’existe aucune preuve permettant de relier les 10 militants à des actes illégaux.

- aucun d’eux n’a été surpris en train de commettre une délit,
- aucun d’eux n’a projeté d’acte délictueux,
- aucun d’eux n’a organisé d’acte criminel,
- aucun d’eux n’a chez lui du matériel pouvant être relié à un délit,
- l’ADN d’aucun d’eux ne correspond aux échantillons prélevés sur les scènes de crime.

A la lumière de ce qui précède, les enquêtes devraient prendre une direction différente, ou bien cesser. La police et le Ministère public sont obligés de présenter tout élément disculpatoire mais au lieu de cela, ils continuent de travailler sur des suspicions non soutenables. Malheureusement, dans le cas présent, rien ne semble normal. C’est une affaire politique, de sorte que l’absence de preuves n’est perçue que comme un obstacle à surmonter pour atteindre le but visé : affaiblir et discréditer les associations de protection animale.

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