“What is French for a vegan ?”

Tirant à un peu plus de 350 000 exemplaires et fondé en 1821, The Guardian est un important quotidien anglais, de sensibilité libérale de gauche.

Nous reproduisons ici un de ses articles très intéressant et au sujet du procès du « couple végétalien », qui vient de se faire condamner à 5 ans de prison.

L’article, « what is French for a vegan ? », rappelle à quel point la France est un pays totalement arriéré culturellement… et cela montre bien quelle perspective on doit avoir ici pour faire avancer les choses : un véganisme sans compromis, assumant la nature et donc à l’opposé de la pensée dominante pour qui les êtres humains devraient, dans une folle illusion, se « rendre comme maîtres et possesseurs de la nature. »

Cet article sera déjà très utile aux vegans en France, pour répondre aux pseudos critiques parlant de démarche sectaire, loufoque, etc. Même si évidemment l’esprit chauvin français se précipitera dans le rejet des délires « anglo-saxons »…

Quel est le mot français pour un végétalien ?

Le procès du couple végétalien France dont le bébé est mort souligne à quel point il est difficile de ne pas manger de viande là-bas

Le procès en France de deux parents végétaliens accusé de « négligence ou privation de nourriture » après la mort de leur fille, un bébé, a soulevé des ré actions énergiques de ceux qui des deux côtés de la Manche considèrent que leurs choix alimentaires sont remis en question.

Le fait que Sergine and Joel Le Moaligou n’ont nourri leur enfant qu’au lait maternel durant les courts 11 mois de sa vie, et tenté de soigner sa bronchite avec du chou et des cataplasmes d’argile, font suggérer que leurs capacités parentales sont plus à blâmer que leurs habitudes alimentaires.

Mais les preuves présentées à la cour ont créé un lien direct entre la mort du bébé Louise et le régime alimentaire de ses parents.

L’enfant avait un poids inférieur à la normale et souffrait de graves carences en vitamine, la rendant à être susceptible d’avoir une infection des bronches qui l’a tuée – des carences possiblement liées au régime alimentaire de la mère, selon l’avocat général.

Même sans l’opprobre qu’un cas comme celui-ci provoque, il n’est pas facile d’être végétarien en France, pays du steack-frites, du foie gras et autres mets massivement carnivores.

Les études montrent que quatre millions de Britanniques seraient végétariens, d’autres affirmant cependant que 10% de la population « évitent la viande. » En France, les végétariens sont estimés à un million de personnes.

Une étude non scientifique sur Facebook révèle que la société vegan basée en Grande-Bretagne a 60 798 fans, alors que l’Association Végétarienne Française en a 1518 et la page végétarienne et végétalienne en a 1173 (en comparaison, la page française « Giffler une végétarienne avec une escalope » a 168 294 fans [Le lien, NDLR]).

S’il est difficile d’être un végétarien français, il est presque impossible d’être un végétalien.

Les Le Moaligou ont été forcé d’éduquer à la maison leur fille aînée Elodie, qui a 13 ans maintenant.

En France, les cantines scolaires fonctionnent largement sur le principe selon lequel les enfants doivent manger tout ce qu’il y a dans leur assiette.

Dans son blog, Rosa Jackson se rappelle comment un membre de l’équipe de l’école lui a expliqué, lorque son fils Sam est devenu végétarien : Le végétarisme n’est pas un régime alimentaire reconnu en France. Nous devrons mettre tout sur son assiette, même s’il ne le mange pas. »

Un commentaire sur le blog se rappelle lui comment un chef en Normandie a ainsi insisté dans le fait que selon lui l’omelette qu’il avait servi était végétarienne, même si elle était nappée de « seulement une sauce au foie gras. »

A lire cet article, on comprend très bien le caractère totalement vain de démarches comme la Veggie Pride (« la marche de la fierté végéta*ienne ») ou celles visant à faire du véganisme une démarche universitaire, institutionnelle, neutre, apolitique, etc.

Car le véganisme se heurte à toute l’idéologie française, en bloc. Cet article en est une preuve parmi bien d’autres, dont la plus grande est que le véganisme est incroyablement faible en France comparé aux autres pays.

Cela a bien une raison. Si le véganisme existe de manière structurée dans des pays aussi « différents » dans leur histoire que la Suède et l’Italie, c’est bien qu’il y a quelque chose !

Et ce quelque chose, c’est ce refus complet de reconnaître la Nature, c’est cette idéologie barbare pour qui parler de Gaïa serait du mysticisme, et pour qui l’amour des animaux est une faiblesse condamnable.