En hôpital psychiatrique pour avoir saboté un abattoir ?!

La ville de Lons-le-Saunier, à un peu plus de 100 kilomètres de Lyon dans le Jura, est une petite ville où résident un peu plus de 12 000 personnes. Un « fait divers » s’y est déroulé, qui nous intéresse particulièrement.

Ce qui se cache en effet derrière cela de quoi faire froid dans le dos pour le véganisme en France…

Voici donc les deux informations au sujet d’une action de sabotage, tirées du journal Le Progrès. Elles datent du 26 et du 28 mars 2011.

Un Lyonnais végétarien a arrêté l’abattoir de Lons

Ce n’est pas la première fois qu’il est interpellé

D’après ses explications, il est végétarien et condamne l’abattage d’animaux, qu’il ne peut concevoir.

Placé en garde en vue, l’homme, un Lyonnais de 36 ans, est en attente d’une expertise psychiatrique qui dira s’il est pénalement responsable ou non de ses actes. Il a été arrêté jeudi par la police aux abords de l’abattoir de Lons-le-Saunier, pieds nus ; il est poursuivi pour avoir coupé les câbles électriques du bâtiment avec une cisaille. Le fonctionnement de l’abattoir a été interrompu faute d’électricité et le préjudice est en cours d’estimation.

Ce n’est pas une première : des faits similaires s’étaient produits le 18 mars et le même individu a déjà été condamné pour les mêmes actes, sur le même site, à plusieurs reprises, il y a quelques années.

Voici la seconde information :

L’homme qui a arrêté l’abattoir de Lons interné

À plusieurs reprises, dont la dernière en date remonte à jeudi, il avait coupé, avec une cisaille, les câbles électriques de l’abattoir de Lons-le-Saunier, stoppant son fonctionnement et causant un lourd préjudice (qui n’a pas encore été estimé).

L’homme interpellé par les policiers lédoniens, un Lyonnais de 36 ans qui se trouvait pieds nus, a expliqué qu’il était végétarien et qu’il ne comprenait pas qu’on abatte des animaux.

Déjà connu des services de police pour avoir été condamné pour les mêmes faits il y a plusieurs années et avoir déjà coupé l’électricité de l’abattoir le 18 mars dernier, il a été placé en garde à vue, qui a été prolongée vendredi pour qu’il subisse une expertise psychiatrique.

Le spécialiste l’ayant déclaré pénalement irresponsable de ses actes, il a été transporté à l’hôpital psychiatrique du Vinatier, à Lyon.

Il est évident que la personne qui a mené cette action souffre de problèmes – non pas pour son action elle-même (qui relève de la « politique », de la « morale », etc.), mais pour le fait de se retrouver à plusieurs reprises sur le même site, pour systématiquement mener la même action, amenant les mêmes problèmes, etc.

Faut-il dire alors que les problèmes de cette personne relèvent de la folie ? De notre point de vue, certainement pas. Cette personne est perturbée, mais elle n’est pas folle, et par contre ce qui est certain c’est ce qui l’attend à l’hôpital psychiatrique, à savoir des gens considérant que son acte est fou, que lui est fou.

Cette personne n’est pas folle, car c’est sa sensibilité qui a amené sa raison à vouloir stopper le meurtre. Voilà qui, de notre point de vue, est d’une logique implacable, voilà qui est parfaitement cohérent.

Naturellement, cette personne n’est pas réaliste, elle est perturbée sans nul doute par les meurtres en masse d’animaux et son jugement s’en voit altéré au plus haut point. Jusqu’à se retrouver dans cette situation relativement étrange, à passer pour une personne illuminée oeuvrant de manière bornée, pour apporter un « message. »

Ceci étant, la « psychiatrisation » de cette personne est quelque chose de très grave.

Car rappelons qu’en France, être considéré comme « irresponsable » annule la responsabilité pénale. Sauf qu’à l’hôpital psychiatrique, on accueillera pas cette personnes les bras ouverts, saluant sa démarche « morale » tout en lui expliquant qu’il faut être plus constructif.

La dé-responsabilisation pénale pourrait aider cette personne, par rapport au fait d’éviter la prison. Mais en réalité cela se retourne totalement contre lui, parce que cela fait de lui – aux yeux de la société – une personne « folle » qu’il faut soigner, rééduquer.

La dimension « politique », « morale », « sociale » etc. de son acte lui échappe en effet par cette dé-responsabilisation pénale. Il se retrouve seul face à la société elle-même, qui va lui expliquer qu’elle doit revenir dans le droit chemin.

Il ne pourra pas se défendre, exprimer son point de vue, défendre son opinion. Il est enlevé à la société, aussi invisible que les abattoirs.

On peut même dire que cette personne est un otage. Toute personne assumant le véganisme sait à quel point la pression sociale est énorme. Rien que le procès du « couple végétalien » dont nous parlions il y a quelques jours le rappelle.

Est-ce à dire qu’il faille mettre « de l’eau dans son vin », rejeter ce genre de personnes comme « folles », « irresponsables », etc. ? Est-ce à dire qu’il faille faire de l’universitaire, du propre, du bourgeois, du responsable, des « propositions sociétales », du pacifique, du citoyen, de l’apaisé, etc. ?

La réponse est non, bien sûr. Il vaut mieux « avoir tort » avec une personne végétarienne troublée qui sabote un abattoir, que préférer « avoir raison » avec des personnes ravies de la société cultivant le profit, pour qui les animaux sont une sorte de hobby prétexte à rechercher une bonne conscience chrétienne.

C’est une question de dignité et de réalisme. L’acte de ce « Lyonnais végétarien » n’est pas fou, il est émouvant !

Ceci étant, et comme il faut bien évaluer la question, comprenons son acte et ses limites. Sans vouloir en rien préjuger sur cette personne (qui par la force des choses ne peut plus donner son opinion), notons tout de même ici que l’acte en lui-même témoigne d’une vision unilatérale.

Attaquer de manière répétée un même abattoir montre que c’est cet abattoir qui est considéré comme le lieu de la mort d’êtres vivants – sous-entendu ils ne sont pas vivants pour être tués par nous, humains.

Mais alors logiquement, si la personne en question avait saisi également le lieu où doivent vivre les animaux (la nature), alors il aurait dépassé sa vision unilatérale et atteint une pensée cohérente (selon nous): la défense de notre mère la Terre, Gaïa comme lieu de vie des êtres vivants.

Car, finalement, cette personne a été unilatérale, tout comme est unilatérale la démarche des personnes critiquant la situation des animaux, mais ne s’intéressant pas aux animaux, et encore moins à la nature.

Cette personne n’a fait que prendre qu’au pied de la lettre une pensée morale, mais bornée, ne s’intéressant qu’à un aspect de la question animale. L’autre aspect a été oublié: le fait que nous-mêmes soyons des animaux, voulant également vivre de manière heureuse en Gaïa.

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