Robin se retire du Grenelle des Ondes

L’association Robin des Toits mène un travail important sur un sujet nouveau où évidemment les industriels pratiquent le black out: la communication sans fil. Profitant des avancées technologiques, les grandes sociétés généralisent son utilisation (3G, GSM, UMTS, Wi-Fi, WiMAX…) et bien entenu il ne faut pas compter sur elles pour en mesurer les risques.

Voici deux communiqués de Robin des Toits: le premier au sujet des TGV qui vont disposer du réseau GSM, le second au sujet du Grenelle des ondes (l’ancien nom est plus parlant: « Grenelle des antennes-relais »).

Lettre ouverte de Robin des Toits au président de Synérail SNCF – 15/04/2011

Objet : Réseau GSM-RAIL 280 rue du 8 Mai 1945

Monsieur le Président,

En réponse à l’inquiétude soulevée par des usagers de la SNCF, et depuis le lien mis en ligne sur le site Synerail, l’association nationale Robin des Toits a pris connaissance de votre projet de faisceau GSM le long des voies TGV.

Contrairement aux affirmations d’innocuité sanitaire présentées dans la plaquette de Réseau Ferré de France (RFF), nous nous permettons de lancer l’alerte sur le danger auquel ce projet expose le public. Si louable soit-elle, l’intention d’équiper les trains de réseau GSM nous semble particulièrement sujette à questionnements.

Les valeurs auxquelles vous proposez d’exposer le public (1V/m en moyenne, jusqu’à près de 3V/m), correspondent au même risque que si vous soumettiez leur corps entier au rayonnement maximal d’un iphone en communication, lequel a un effet thermique au-delà de 6 minutes d’exposition, mais sur 3H de trajet, à une vitesse de 300km/h, par pointes considérables lorsqu’on se rapproche de l’antenne.

De plus, vous ignorez le champ auquel le public s’expose naturellement dans les transports en commun à cause des rayonnements des téléphones : parfois plus de 10V/m dans un métro en sous-sol et en mouvement! (Mesures Robin des Toits). De plus, AUCUNE étude n’a été effectuée sur l’impact sur l’effet Doppler des micro-ondes, qui sans nul doute résultera en exposition en un cocktail d’interférences aux conséquences imprévisibles tant sur la santé que sur les technologies.

Vous allez immanquablement perturber durablement l’environnement CEM autour des antennes : maisons, hôpitaux, appareils de précision – les vôtres compris (GPS, radios, onduleurs, appareils de sécurité, thyristors et autres équipements électrotechniques à bord du train notamment) ; de tels seuils d’émissions mettent en danger la santé et la sécurité de tous ceux qui vont vivre ou passer près de ces antennes.

Quant à l’impact sur la santé, nombre de gens rapportent être atteints de syndromes qui les rendent sensibles à des niveaux d’ondes pulsées comprises entre 600MHz et 6GHz, qui comprennent donc les ondes de la téléphonie mobile, dès deux minutes d’exposition à un niveau supérieur à 0,6V/m. Vous êtes-vous préparé à l’éventualité d’avoir à faire face à leur mécontentement, quand ceux-ci se seront rendus compte que de tels niveaux d’exposition leur interdisent purement et simplement de prendre le train?

Nier l’impact évident de la prolifération d’une nouvelle pollution mal comprise et mal maîtrisée ne vous permettra pas de gagner la confiance du public, encore moins en vous appuyant sur la très contestée expertise de l’AFFSET et du Ministère de la Santé , dont les scandales auxquels ils sont liés dans l’affaire, entre autres, du Mediator, démontrent leur attachement à la protection de l’industrie et prouvent qu’ils ne s’engagent pas clairement en faveur d’une nécessaire protection du public.

Demandez-vous si vous servez les intérêts du public ou ceux des vendeurs de matériel téléphonique, dont les intérêts sont financiers, et de très court terme, qui vont vous encourager à installer leur matériel, quitte à ce que vous ne puissiez pas vous en servir par la suite.

Pour l’association nationale Robin des Toits
Emilie Paniagua – Ingénieur Génie Physique, Optoélectronique


Voir également :

Mises en cause de l’expertise officielle sur les dangers de la téléphonie mobile

SYNERAIL_2011_04_15.pdf (127.37 Ko)

Voici le second communiqué:

Robin se retire du Grenelle des Ondes (mais pas du COMOP)

Communiqué de presse – 28/03/2011

Déni de risque, reniement de la loi, le Grenelle des Ondes est dévoyé ; Robin des Toits se retire.

Depuis Mai 2009, Robin des Toits a été invité à participer au processus dit « Grenelle des Ondes » visant à faire dialoguer l’Etat, les opérateurs et les associations.

Robin des Toits s’est investi dans ce processus, participant aux réunions et différents groupes de travail, examinant les documents fournis, formulant des propositions techniques, concrètes et réalisables.

Malheureusement, mis à part la mise en place d’une expérimentation de l’abaissement des seuils d’exposition – COMOP (encore cette expérience est-elle fortement malmenée par les opérateurs qui sont réticents à l’engager), aucun des chantiers n’a concrètement débouché.

La lettre d’alerte sur le blocage du processus en date du 1er Décembre 2010, commune à plusieurs associations, comme les propositions concrètes de Robin des Toits, n’ont pas reçu de réponse.

Il est apparu que l’organisation d’un « dialogue » servait uniquement aux pouvoirs publics de prétexte à ne pas intervenir (« le dialogue est en cours dans le cadre du Grenelle des ondes »), alors que le rapprochement des points de vue entre les opérateurs et les associations a nécessairement ses limites : les opérateurs sont par nature hostiles à tout ce qui peut brider leur activité, et les associations ne peuvent pas souscrire à des évolutions qui mettent en danger la Santé Publique sans information des citoyens.

La concertation, et notamment la dernière réunion du 23 Mars, n’a été que la formalisation d’un discours d’impuissance et d’inaction.
Sur l’abaissement du seuil à 0,6 V/m, comme pour la commercialisation de forfaits « uniquement SMS », ou d’appareils à oreillette intégrée, on ne « peut pas », ne « veut pas », n’ « a pas envie », il n’y a pas de clientèle.

Quant à l’électrosensibilité, on verra plus tard.
Sur la communication, un autosatisfecit général de l’inaudible et incomplète campagne de communication réalisée mi-décembre 2010 par l’INPES.

Et en prime, le reniement inacceptable de la Loi n° 2010-788 du 12/07/2010 :

« Art. L. 5231-3. – Toute publicité, quel qu’en soit le moyen ou le support, ayant pour but direct de promouvoir la vente, la mise à disposition, l’utilisation ou l’usage d’un téléphone mobile par des enfants de moins de quatorze ans est interdite.

« Art. L. 5231-4. – La distribution à titre onéreux ou gratuit d’objets contenant un équipement radioélectrique dont l’usage est spécifiquement dédié aux enfants de moins de six ans peut être interdite par arrêté du ministre chargé de la santé, afin de limiter l’exposition excessive des enfants. »

« Art. L. 511-5. – Dans les écoles maternelles, les écoles élémentaires et les collèges, l’utilisation durant toute activité d’enseignement et dans les lieux prévus par le règlement intérieur, par un élève, d’un téléphone mobile est interdite. »

qui ne serait, soi-disant, même plus applicable au regard des obligations communautaires. C’est un prétexte pour renier les engagements du Grenelle, et comment croire que le Conseil d’Etat ne s’en soit pas rendu compte ?

Il est inconcevable pour Robin des Toits que le Gouvernement revienne sur une Loi protégeant la Santé Publique qu’il a lui-même fait voter.

L’Etat doit prendre ses responsabilités. Il se refuse à le faire, dans l’unique souci de ne pas froisser les opérateurs.

Robin des Toits ne veut pas cautionner un processus de reniement qui sert de prétexte à l’inaction.
A l’exception du COMOP (expérimentation de l’abaissement du seuil), Robin des Toits se retire, à regret mais avec détermination, du dispositif du Grenelle des Ondes, et reprend sa stratégie sur le terrain comme sur le plan judiciaire.

3 Pièces jointes:

– Lettre ouverte à Jean-François GIRARD, Président du Groupe de
Suivi Radiofréquences, Santé, Environnement
– Lettre ouverte à Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, Ministre de l’Ecologie,
du Développement durable, des TRansports et du Logement
– Lettre ouverte à Xavier BERTRAND, Ministre du Travail, de l’Emploi
et de la Santé

JF_GIRARD_2011_03_28.pdf (124.05 Ko)
N_KOSCIUSKO_MORIZET_2011_03_28.pdf (124.74 Ko)
X_BERTRAND_2011_03_28.pdf (124.17 Ko)

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