Le muguet ce 1er mai : ni vegan, ni écolo !

Les températures très douces, voire chaudes, qui ont marqué la France ces derniers jours, ont amené le printemps à s’exprimer de manière rapide.

Une des conséquences a été l’éclosion du muguet. Ce qui ne fait pas l’affaire des maraîchers, qui cultivent ce muguet afin qu’il soit vendu pour le 1er mai.

Cette tradition du 1er mai date du début du mouvement ouvrier organisé à grande échelle, au début du 20ème siècle, comme symbole du 1er mai, journée internationale des travailleurs. Par la suite, Pétain a tenté de récupérer cette « tradition », qui a continué après la seconde guerre mondiale.

Jusqu’à récemment d’ailleurs, la vente du muguet était une activité essentielle au Parti Communiste français, en termes de financement. Les commerces ont fait se terminer cette « tradition » au moins en partie. La loi dit théoriquement que :

Cependant, cette vente effectuée par des personnes non munies des autorisations nécessaires fait l’objet, de la part des autorités locales, d’une tolérance admise à titre exceptionnel conformément à une longue tradition.

Mais en pratique cela ne veut rien dire : la chambre syndicale des Fleuristes d’Ile de France avait gagné dans sa plainte contre le Parti Communiste français, au nom du fait que « L’article R. 644-3 du code pénal interdit la vente sur la voie publique sans autorisation. »

En tout cas donc, s’il y a quelques ventes « spontanées », elles n’auront pratiquement pas lieu cette année, car le muguet a déjà éclos, depuis en gros le 20 avril. La Nature n’obéit pas aux injonctions commerciales.

Reste que les industriels ne comptent pas rester passifs et disposent des moyens bien plus grands que les personnes avec des jardins.

Afin donc que le muguet soit en fleurs pour le 1er mai, avec 4-5 clochettes, ils ont utilisé notamment deux choses.

La première, c’est la mise sur les châssis (des sortes de mini-serres en forme de boîte avec un couvercle transparent) de « blanc d’Espagne », en gros de la craie liquide de couleur blanche afin que la lumière se réverbère au maximum.

Sauf que ce blanc d’Espagne a une seconde composante… du lait de vache. Le lait de vache est riche en caséine. Il s’agit d’une protéine qui maintient notamment le lait sous forme liquide. Ici il permet à la craie de devenir peinture.

Le terme de « caséine » vient du latin « caseus », qui signifie « fromage. » Car pour transformer le lait en fromage, il faut agir sur cette protéine, afin que le lait caille.

Pour cela est utilisée la présure obtenue avec le suc gastrique du quatrième estomac de veaux, de chevreaux ou agneaux non sevrés (selon le type de lait).

Une belle preuve ici qu’aucun compromis ne doit être fait avec le végétarisme : les gens qui mangent du fromage sont responsables de la mort d’enfants d’animaux torturés non seulement en les arrachant à leurs mères, mais également physiquement par une absence de sevrage.

C’est la mort de ces bébés animaux qui permet aux végétariens de consommer du lait (destiné justement aux bébés animaux en question).

Aussi fou que cela puisse apparaître, le muguet du 1er mai est donc produit en partie au moyen de l’exploitation animale…

Mais ce n’est pas tout. Les maraîchers ont loué des camions frigorifiques pour récolter, amenant les brins de muguet dans des chambres froides et les mettre dans l’eau. Une folle consommation d’énergie, tout cela pour une démarche totalement dénaturée !

Une belle preuve du caractère de notre société : même le muguet, symbole de changement social, est happée par l’appât du gain, dans une exploitation malsaine de la nature, et au moyen de l’exploitation animale, le tout en contribuant au réchauffement climatique !

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