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    Document : la vénerie sous terre

Refuser franchement le cannabis

« La légalisation du cannabis, enjeu inattendu de la primaire à gauche » dit l’Express : c’est faux et nos articles ont l’utilité de tracer le parcours de la grande opération qui a lieu depuis plusieurs mois en faveur de cette légalisation.

Car l’affaire est entendue : le cannabis va devenir l’un des grands thèmes « mobilisateurs » à gauche. C’est une catastrophe, parce que cela signifie qu’il ne s’agit plus du tout de changer le monde, mais au mieux de le gérer.

Et c’est vrai pour cinq des sept candidats à la primaire à gauche, à quoi s’ajoute Jean-Luc Mélenchon, ainsi qu’Emmanuel Macron si jamais on le classe à gauche.

On le savait déjà, toutefois, que la gauche était devenue une sorte de gestionnaire social du capitalisme, mais la question du cannabis fait que là les choses sont vraiment visibles : quand on capitule devant la drogue, alors cela veut dire qu’on est prêt à tout accepter, qu’on a plus aucun idéal.

Il appartient aux gens qui ont une conscience sociale de réagir, et de sortir d’un piège.

En effet, il ne s’agit plus ici d’être sympathique individuellement, tolérant ou libéral et de dire qu’une personne qui fume par-ci par-là, après tout cela n’est pas grave. La question va bien plus loin, elle concerne la définition même de ce que peut être une vie heureuse, une vie sans dépendance.

Car le cannabis signifie à la fois la dépendance et la fuite vers un paradis artificiel. Et l’enfer est pavé de bonnes intentions : sous prétexte de dire qu’après tout, fumer du cannabis ne cause pas de préjudice à autrui, que ce n’est pas si toxique, on rentre dans l’engrenage d’accepter le cannabis en tant que tel.

Pourtant, il est évident qu’il faut bien mettre une limite. Et au moins la question de la légalisation du cannabis a le mérité d’apporter de la clarté en ce domaine.

Il faut arrêter la tolérance et le fait d’imaginer qu’on serait un rabat-joie si on se dénonce le cannabis, au lieu de se contenter de se mettre à l’écart. Il faut de l’intervention ! Il faut de la dénonciation !

Cela ne veut pas dire qu’il faille faire cela n’importe comment, mais c’est impératif ! Sans cela, non seulement le cannabis va être légalisé, mais en plus la principale forme d’opposition à cela va consister en les religieux et les conservateurs.

Étant donné que le nombre de personnes qui consomme du cannabis en France est très important, on a ici un thème vraiment essentiel du débat public.

Les gens vont en parler, les gens vont en débattre, il va y avoir beaucoup de discussions et il faut que les gens conscients s’arment d’arguments et d’éléments culturels pour dire non au cannabis, pour refuser sa reconnaissance légale.

L’humanité a besoin d’avoir la tête claire, libre de drogues, en étant joyeuse en profitant de la vie, dans la reconnaissance de la Nature. Pourquoi fuir une réalité qui pourrait être tout à fait différente ?

Comme si d’ailleurs fuir était possible ! La drogue, toute drogue y compris le cannabis, ne signifie rien d’autre que l’auto-destruction, la mise en parenthèse de ses propres exigences.

L’ivresse du cannabis est un abrutissement, un écrasement de sa propre personnalité.

Alors qu’il faut épanouir sa personnalité, ce qui passe déjà par le respect de soi !

Et cela veut dire refuser franchement le cannabis.

Un chien enterré vivant à Turquant

On se souvient de l’affaire du chien retrouvé enterré vivant, l’année dernière à Carrières-sur-Seine.

Le coupable ayant par la suite été retrouvé, le verdict avait été le suivant lors du procès : 8 mois d’emprisonnement avec sursis, 1 000 euros à sept organisations de défense des animaux (voir Dénouement heureux à un crime odieux à Carrières-sur-Seine et Le sens du verdict de l’affaire de la chienne enterrée de Carrières-sur-Seine).

On a désormais une affaire similaire à Turquant, petit village près de Saumur et d’Angers. Un pauvre chien a été retrouvé, sous cinq centimètres de terre, avec encore au-dessus deux tôles sur lesquelles étaient posées trois grosses bûches!

Il n’a malheureusement pas survécu. Voici le texte d’une pétition présentant les faits et appelant à une “peine maximum”, des “dommages et intérêts”.

Quel sens cela a, lorsqu’on voit l’affaire précédente de Carrières-sur-Seine, nous ne le savons pas trop : il faut être réaliste et ne pas semer des illusions sur ce qu’il est possible de faire dans le cadre des institutions, sur ce qu’il n’est pas possible de faire sans révolution permettant la libération animale!

Justice pour Aslan: enterré vivant

Dimanche 11 décembre matin vers 7h, quelle fut la surprise d’un habitant de Turquant promenant son chien en entendant un jappement de détresse d’un chien dans un terrain à proximité de la rue des Ducs d’Anjou. Après un instant pour localiser le bruit, celui ci compris vite ce qu’il se passait.

Une fois le maire arrivé en renfort sur les lieux après l’appel de cet habitant, le sauvetage a pu commencer. L’habitant pour sauver ce chien à du retire 3 grosses bûches d’arbre posées sur 2 tôles.

En dessous de cette tombe, de la terre fraîchement remuée, qui un fois creusée a fait apparaître un Epagneul Breton en mauvais état général, enterré vivant.

“Quand je l’ai sorti j’avais l’impression qu’il ne respirait plus, je l’ai prit contre moi et je l’ai stimulé. Il a pu reprendre un souffle”.

Entre temps l’association Droits de Vivre prévenu par le villageois avait prévenu le vétérinaire de garde de Saumur. Le chien a été emmené dans un état comateux par cette personne chez le vétérinaire en urgence.

Le chien a reçu les premiers soins, été mis sous perfusion, puis sur une plaque chauffante car il était en hypothermie et en état de déshydratation avancée.

Le pronostic vital étant engagé. Au vue de son état général, l’association en collaboration avec la vétérinaire a décidées de pratiquer une euthanasie sur le chien (que l’on a appelé Aslan) après 2 jours et demi de soins afin d’abréger les souffrances de celui-ci.

Aslan est donc parti pour son dernier voyage mardi soir en compagnie des membres Saumurois de l’association.

L’association Droits de Vivre à déposée une plainte pour acte de cruauté envers un animal au nom d’Aslan. Des dommages et intérêts seront demandés pour payer les frais vétérinaire.

L’association ce porte partie civile dans cette affaire accompagnée par une autre association : l’association Stéphane Lamart. Aslan n’étant pas identifié, peut-être le propriétaire pensait-il échapper à d’éventuelles poursuites.

Une peine maximum et exemplaire sera demandée pour rendre justice à Aslan. Cette pétition à été lancée afin d’apporter son soutient aux associations pour régler cette triste affaire.

“La GPA, une liberté fondamentale”

Nous vivons une époque où ce qui compte, ce n’est pas la rationalité, mais une prétention à agrandir une sorte de pseudo “liberté” ou de pseudo “morale” qui ne repose sur rien, rien à part le libéralisme libertaire.

La tribune dont nous parlions hier, publiée dans Libération, relève de cette approche, avec comme d’habitude une figure institutionnelle, un juriste professeur reconnu, intervenant pour “améliorer” la société.

Le fait que les animaux soient défendus n’est en réalité qu’un prétexte pour que le libéralisme-libertaire puisse se donner un masque progressiste. En réalité, les animaux sont l’otage d’une logique juridique libérale.

Celle que nous publions ici relève du même fonctionnement : encore un juriste, encore dans Libération, encore pour “améliorer” la société, en réalité pour renforcer la démarche libérale-libertaire, en l’occurrence ici les “mères porteuses”.

Être mère porteuse serait, selon cette tribune, une activité économique devant s’ajouter aux autres, c’est une “liberté”…

La GPA, une liberté fondamentale

Par Daniel Borrillo, Juriste et maître de conférence à l’université de Paris-Ouest-Nanterre

Si elle devenait un service public remboursé par la Sécurité sociale, et donc contrôlé, la gestation pour autrui constituerait une forme d’émancipation des femmes. Et instaurerait une égalité des filiations.

Un étrange et inquiétant consensus s’est installé dans l’ensemble des forces politiques et institutionnelles françaises contre la gestation pour autrui (GPA).

De l’extrême gauche à l’extrême droite, en passant par le Sénat, le Comité d’éthique ou l’Ordre des médecins, tout le monde s’accorde pour condamner cette nouvelle forme de reproduction. Marchandisation des corps, atteinte à la généalogie de l’enfant, exploitation des femmes, néo-esclavagisme…

La violence de ces arguments entre en correspondance avec le droit français, l’un des plus répressifs au monde.

Outre la sanction civile, comportant la nullité du contrat de GPA, celle-ci constitue une atteinte pénale à la filiation. En effet, attribuer la maternité d’un enfant à une femme qui n’en a pas accouché est puni de trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. Il a fallu une condamnation de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) en 2014 pour que la France permette la transcription de l’acte de naissance des enfants nés par GPA à l’étranger.

Malgré la volonté du gouvernement de régulariser cette situation, la Cour de cassation s’est acharnée, au nom de l’ordre public et contre l’intérêt de l’enfant, à refuser l’inscription des enfants issus d’une GPA aux Etats-Unis, les privant ainsi de nationalité, de filiation, de droits successoraux et d’allocations sociales.

Après un long combat judiciaire, ces enfants pourront finalement trouver une identité mais uniquement par rapport à la lignée paternelle. Le droit français continue ainsi à faire payer aux enfants la «faute» de leurs parents. La situation est d’autant plus surprenante que la GPA s’inscrit dans la continuité de l’IVG à plusieurs titres.

D’abord, comme manifestation de la liberté reproductive et de la libre disposition de soi. Si «mon corps m’appartient» pour interrompre une grossesse, pourquoi cesserait-il de m’appartenir pour le fait contraire ? C’est-à-dire, aider à faire venir un enfant au monde…

Aussi, comme pour l’IVG autrefois, la légalisation de la GPA serait de nature à limiter les pratiques clandestines. La GPA peut être altruiste, comme au Royaume-Uni depuis 1985, ou conçue comme un service rémunéré.

Souvent les mères porteuses se représentent leurs prestations comme celles d’une nourrice. Il me semble capital de souligner cet aspect de la question car, comme le note l’anthropologue féministe Paola Tabet, pour la première fois, une femme peut être rétribuée pour une tâche qu’elle accomplit gratuitement depuis toujours.

En ce sens, loin de constituer une exploitation, la GPA serait une forme d’émancipation des femmes, non seulement par la désacralisation de la maternité qu’elle opère, mais aussi et surtout par la mise en lumière du travail procréatif, historiquement occulté.

A cet égard, la GPA peut prendre la forme contractuelle ou celle du service public. Comme dans tout contrat, l’intervention du droit permettant d’empêcher les abus et les déséquilibres financiers entre les parties me semble indispensable. De surcroît, dans les pays ayant opté pour cette forme de régulation, l’intervention d’un juge est systématiquement requise.

Selon le politologue Bertrand Guillarme, afin d’éviter la marchandisation, il faudrait organiser la GPA comme un service public remboursé par la Sécurité sociale : des travailleurs – mères porteuses, médecins – seraient employés de manière salariée par une agence nationale de la procréation.

Outre les droits des parents, la GPA doit également être pensée en fonction de l’intérêt de l’enfant in concreto. Intérêt qui prend la forme du droit à l’égalité par rapport aux enfants nés de manière «naturelle», du droit au respect à la diversité des filiations (classique, monoparentale, homoparentale, naturelle ou par techniques procréatives…) et du droit au respect de la vie privée qui exige que chacun puisse établir les détails de son identité d’être humain, ce qui inclut sa filiation, comme ne cesse de le rappeler la CEDH.

Pour sortir de l’impasse dans laquelle se trouve la France, il faut inscrire la GPA dans les principes généraux du droit relatifs à la liberté procréative, à la libre disposition de soi et à l’égalité des filiations.

Incendie volontaire à la “ferme des mille veaux”

La presse s’est faite l’écho d’une action illégale contre la “ferme des mille veaux”. Voici un extrait du Figaro informant quant à cela. Notons au passage que les insultes qui auraient été écrites ne sont pas acceptables.

Un arrière-plan est ici sans doute à connaître : il y a un peu plus d’une semaine, l’Etat avait modifié la loi, faisant en sorte que l’étude d’impact sur l’environnement ne soit plus obligatoire jusqu’à 800 animaux, et non plus 400, permettant ainsi  à la “ferme des mille veaux” d’atteindre ce nombre d’animaux.

Un bâtiment de la ferme dite “des 1000 veaux”, un centre d’engraissement bovin du sud de la Creuse vivement contesté par certains défenseurs des animaux, a été la cible ce matin d’un “incendie criminel”, a-t-on appris auprès de la préfecture du département.

Signalé vers 05h00, l’incendie a en partie détruit un bâtiment de 1500 m2 renfermant notamment de la paille et du matériel électrique et photovoltaïque, situé à l’écart des installations abritant les veaux de ce centre de Saint-Martial-le-Vieux, a indiqué la préfecture de la Creuse, confirmant une information de France Bleu. (…)

Sur le mur du bâtiment incendié étaient inscrits “Jean Rozé enculés” et “Ségolène SS”, tandis qu’au sol étaient peints les mots “non aux camps de concentration”, a précisé la préfecture.

Rats, pigeons, lapins… dans les villes

Voici une tribune publiée hier dans Libération, qui en apparence est formidable, puisqu’elle défend des animaux victimes de politiques urbaines.

Hélas! Nous en reparlerons dans un article, mais l’auteur agit en bon “antispéciste” : il prétend qu’il y aurait une “actualité” afin de répéter des thèses juridiques formant son leitmotiv depuis quelques années.

Le juste combat moral, les multiples références culturelles et le verbiage juridique d’un agrégé forment ici un tout pseudo-cohérent, dont la thèse finale est que les rats, les pigeons et les lapins seraient rejetés comme des envahisseurs, tels les immigrés.

C’est la fameuse thèse du “spécisme”, qui serait parallèle au racisme, en tant qu’oppression, etc.

Rats, pigeons, lapins… Ces animaux dont les villes ne veulent plus

Par Philippe Reigné, agrégé des facultés de droit, professeur du Conservatoire national des arts et métiers (Cnam)

On s’acharne contre ces bêtes, ni domestiques ni sauvages. Mais pourquoi l’espace urbain serait-il réservé aux êtres humains ?

Le 28 septembre, le Conseil de Paris a adopté le vœu qu’«un groupe de travail sur le sujet des animaux en ville soit créé», considérant, notamment, «le souci de notre municipalité pour la condition animale et les actions qu’elle a déjà engagées en ce sens».

Il est cependant difficile, avec la meilleure volonté du monde, de classer, parmi «les actions déjà engagées», les plans de dératisation que, régulièrement, les services municipaux mettent en œuvre afin de lutter contre la «prolifération» des rongeurs dans Paris…

Le plan d’action en cours, lancé le 8 décembre, a été rendu public par un communiqué officiel, annonçant la fermeture de plusieurs squares et invitant à signaler la présence de rats au service parisien de santé environnementale.

Pour la première fois, ce me semble, ces mesures suscitent la polémique ; leur pertinence est contestée par Jean-Paul Richier, psychiatre et praticien hospitalier; une pétition a même été lancée sur l’initiative de Jo Benchetrit, psychologue clinicienne, demandant l’arrêt immédiat des opérations de dératisation, aussi bien à Paris qu’à Marseille et recueillant plus de 20.000 signatures.

Cette polémique n’est pas seulement due à la maladresse du docteur Georges Salines, chef des services parisiens de santé environnementale, qui, interrogé par Le Parisien, affirme : «Les rats sont une menace sanitaire réelle. Il n’y a pas de risque de maladie ou de peste… Que les Parisiens se rassurent.»

Se rendant sans doute compte du caractère contradictoire de ses propos, le docteur Salines ajoute que «ce sont des problèmes de propreté ainsi qu’un réel désagrément visuel et psychologique», formulant une opinion purement subjective étrangère à ses fonctions et à sa qualité de médecin. En réalité, l’acharnement parisien contre les rats, commun à de nombreuses autres municipalités, tient à ce que ceux-ci sont des animaux liminaires.

Nous devons à Sue Donaldson et à Will Kymlicka, connus, l’une pour ses études sur les droits des animaux, l’autre pour ses travaux sur le multiculturalisme, d’avoir remis en cause la distinction binaire entre les animaux domestiques et les animaux sauvages en définissant une troisième catégorie, celle des animaux liminaires.

Dans Zoopolis, dont la traduction française vient de paraître aux éditions Alma, les deux philosophes observent qu’il existe «une grande variété d’espèces non domestiques qui se sont adaptées aux espaces habités par les humains», soit que ces animaux trouvent quelque avantage à vivre parmi nous (nourriture, abri, protection contre les prédateurs, etc.), soit que nous ayons occupé, encerclé ou détruit leur habitat naturel.

Prisonniers de la distinction que nous avons établie entre les animaux domestiques et les animaux sauvages, nous considérons que les animaux sauvages doivent vivre dans la nature sauvage et traitons les animaux liminaires comme des intrus.

«Comme ils ne font pas partie de notre société, nous sommes persuadés de pouvoir éliminer en toute impunité ces prétendus nuisibles par des méthodes semblables à celles du nettoyage ethnique», accusent Donaldson et Kymlicka, dans des pages où le traité de philosophie politique qu’est Zoopolisse sublime en un remarquable plaidoyer.

Les rats ne sont d’ailleurs pas les seuls animaux à subir la violence aveugle des services municipaux; les lapins qui avaient fait garenne sur le terre-plein central aménagé devant le Palais des congrès de Paris ont disparu depuis plusieurs années déjà; leurs congénères, établis à quelques centaines de mètres de là, sur le rond-point de la place du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny, ont connu le même sort. Plus récemment, est venu le tour des lapins ayant élu domicile devant la façade nord de l’Hôtel des Invalides, à quelques pas du tombeau de l’Empereur.

Le docteur Salines rappelle aussi aux lecteurs du Parisien «qu’il ne faut pas donner de nourriture aux pigeons, qui partagent les mêmes terrains de jeu que les rats», illustrant involontairement les travaux du sociologue américain Colin Jerolmack.

Celui-ci, dans un article intitulé «Comment les pigeons sont devenus des rats», montre que la dégradation progressive de l’image des pigeons au cours du XXe siècle aux Etats-Unis et en Angleterre est la conséquence de la redéfinition progressive de l’espace urbain en un domaine réservé aux êtres humains ; encore perçus comme des oiseaux innocents au XIXe siècle, les pigeons finissent par recevoir, dans les années 1960, la qualification de «rats avec des ailes», soulignant leur prétendue saleté au-delà de toute menace de maladie.

Les risques sanitaires, les «problèmes de propreté» et les «désagréments psychologiques», invoqués par le chef du service parisien de santé environnementale, sont autant de mauvais prétextes à l’exclusion des rats, avec ou sans ailes, des parcs et des jardins parisiens, «terrains» de jeu que quelques fonctionnaires municipaux prétendent limiter aux êtres humains que nous sommes.

Le temple de Karni-Mata à Deshnok (Rajasthan) abrite plus de vingt mille rats, manifestations des conteurs et poètes ramenés à la vie sous cette forme par Karni, mystique du XIVe siècle, avec la permission de Yama, dieu de la mort.

La nourriture et les boissons goûtées par les rats sont «bénies» ; aussi les fidèles trempent-ils leurs doigts dans les bols de lait donnés aux rats, avant de les lécher en signe de communion divine. De mémoire humaine, la ville de Deshnok n’a pourtant jamais connu d’épidémie dont le temple de Karni-Mata aurait été le foyer…

Les auteurs de Zoopolis relèvent que les animaux liminaires «n’ont pas la possibilité (en tant qu’individus) de retourner vivre dans la nature sauvage, ils font donc partie de nos sociétés et nous ne pouvons pas légitimement les en exclure». Il est en effet absurde de penser que les lapins des Invalides, par exemple, pourraient, si l’envie leur en prenait, traverser Paris et rejoindre les garennes du Bois de Boulogne ou du Bois de Vincennes qui, peut-être, abritaient leurs ancêtres.

Donaldson et Kymlicka remarquent en outre que les animaux liminaires «sont confrontés à des dynamiques d’exclusion et d’occultation similaires à celles qui affectent les résidents humains». Les uns et les autres sont généralement sommés de choisir entre être «dedans ou dehors», entre le statut de citoyen et celui d’étranger pour les humains, entre la domestication et l’expulsion, voire l’abattage, pour les animaux.

Les clôtures anti-migrants installées par la Hongrie à ses frontières serbe et croate en 2015 font ainsi écho aux barrières à lapins, d’une longueur totale de 3.000 kilomètres, que l’Australie fit élever sur son territoire au début du XXe siècle, afin de protéger, avant tout, les intérêts économiques de ses éleveurs et agriculteurs, établis, pour la plupart, sur des terres confisquées aux aborigènes.

Les lointains descendants des lapins européens introduits sur le continent australien par les colons britanniques, il y a plus d’un siècle et demi, sont d’ailleurs toujours considérés comme des envahisseurs. L’espèce, pour les animaux liminaires, joue donc un rôle semblable à celui de la race, pour les humains immigrés ; elle délégitime la succession des générations sur un même sol.

La Mairie de Paris fait des efforts considérables (et louables) afin d’améliorer l’accueil des migrants humains; elle s’emploie, au contraire, à refouler ou à exterminer les animaux liminaires que son territoire abrite. Un jumelage ou un pacte d’amitié entre Paris et Deshnok permettrait-il de mettre un terme à cette politique incohérente, au bénéfice des animaux liminaires ?

Il est permis de le penser, alors, de surcroît, que les abords du temple de Karni-Mata accueillent… de très nombreux pigeons ! Un jumelage entre Paris et Deshnok, décidément, s’impose.

Bo Diddley : Pollution

Ce n’est pas la meilleure chanson de l’incroyable Bo Diddley, une très grande figure du blues, à l’origine d’un “diddley beat” dont les influences vont de Queen à Kraftwerk…

Et les paroles ont leur limites. Mais c’est une chanson qui témoigne d’une préoccupation essentielle il y a déjà plus de 45 années…

(Take a look, take a look, up to the sky)
(Pretty soon, pretty soon, we all going to die)
(Regarde, regarde, vers le ciel)
(Très bientôt, très bientôt,  nous allons tous mourir)

Pollution (pollution)

Now jet planes line up in the sky
Pretty soon we all going to die
Some of you people don’t understand
About throwing your garbage in the street and use your can
Maintenant il y a des jets qui s’alignent dans le ciel
Très bientôt nous allons tous mourir
Certains d’entre vous, les gens, ne comprennent pas
Quant au fait de jeter ses ordures et d’utiliser ses toilettes

Pollution (pollution)

Some of you people don’t understand
(There’s something about you?)
About throwing your garbage in the street and use your can
(We all going to[?])
Certains d’entre vous, les gens, ne comprennent pas
(Il y a quelque chose à ton sujet?)
Quant au fait de jeter ses ordures et d’utiliser ses toilettes
(Nous allons tous?)

Pollution (pollution)

Pollution in the home (pollution)
Pollution in the streets (pollution)
Pollution everywhere (pollution)
Going to get you and me (pollution)
La pollution à la maison (la pollution)
La pollution dans les rues (la pollution)
La pollution partout (la pollution)
Qui va finir par avoir toi et moi (la pollution)

Pollution (pollution)
(We got to stop pollution)
Say it chump, watch that paper bag
(We got to stop pollution)
Put a top on that garbage can baby
(We got to stop pollution)
La pollution (la pollution)
(Nous devons stopper la pollution)
Eh l’ami fais attention à ce sac en papier
(Nous devons stopper la pollution)
Mets un couvercle sur cette poubelle bébé
(Nous devons stopper la pollution)

The wind is blowing awfully hard
(We got to stop pollution)
Watch that cigarette pack baby
(We got to stop pollution)
Le vent souffle horriblement fort
(Nous devons stopper la pollution)
Fais attention à ce paquet de cigarettes bébé
(Nous devons stopper la pollution)

Me and you baby
(We got ta stop pollution)
We got to keep America clean honey
(We got to stop pollution)
You and me…
(We got to stop pollution)
Toi et moi bébé
(Nous devons stopper la pollution)
Nous devons garder l’Amérique propre mon sucre
(Nous devons stopper la pollution)
Toi et moi…
(Nous devons stopper la pollution)

Genève : deux initiatives populaires cantonales anti-vivisection

«Le système de financement de la recherche est tel qu’un scientifique qui veut travailler sur autre chose que des souris ne le peut pas» constate la Ligue suisse contre la vivisection, qui lance une initiative à ce niveau à Genève.

L’approche est très intéressante dans la mesure où elle part d’une étude très détaillée de la situation. En voici le principe :

Genève – Lancement de deux initiatives populaires cantonales

Une meilleure recherche médicale et un réel contrôle de l’expérimentation animale, sans coût supplémentaire pour les contribuables ?

C’est ce que proposent les deux initiatives lancées par la LSCV le 20 décembre 2016 dans le canton de Genève.

La première initiative, constitutionnelle, intitulée « Pour une meilleure recherche médicale », vise à contraindre l’Etat à soutenir financièrement le développement de nouvelles méthodes de recherche sans animaux, par l’ajout de l’article 197A dans la constitution genevoise.

Les fonds publics alloués à ces méthodes devront être au moins aussi importants que ceux alloués à l’expérimentation animale.

Actuellement, les contribuables genevois financent chaque année, à hauteur de plusieurs dizaines de millions, la détention des animaux et les recherches in vivo menées par l’Université, contre seulement quelques centaines de milliers de francs pour les méthodes de remplacement.

Malgré le peu de moyens qui leur sont alloués, ces méthodes sont en plein essor et démontrent leur efficacité dans un grand nombre de recherches. Alors on peut rêver à ce qu’il serait possible de faire si ce n’était plus quelques centaines de milliers de francs mais des dizaines de millions qui leur étaient consacrées !

Le manque d’efficacité de ces multiples études menées sur des cohortes d’animaux en sera plus flagrant encore. Peut-être qu’à ce moment, la majorité de la population prendra conscience que l’avenir de la recherche n’est pas le modèle animal, mais la modélisation de l’organisme humain, qu’elle soit informatique ou in vitro.

La mise en œuvre de l’art. 197A Cst sera sans coût pour la collectivité car le soutien aux nouvelles méthodes de recherche sera assuré par les financements publics déjà alloués à la recherche.

La seconde initiative, législative, intitulée « Pour un meilleur contrôle de l’expérimentation animale » vise à donner de nouvelles prérogatives à l’actuelle commission sur l’expérimentation animale et à renforcer son indépendance vis-à-vis de l’autorité.

Pour quelles raisons ces commissions cantonales fonctionnent-elles aussi mal ? Parce que les cantons rivalisent d’ingéniosité pour les rendre inefficaces. En y plaçant majoritairement des représentants des milieux de la recherche.

Mais aussi en y faisant nommer des représentants d’organisations de protection des animaux mous ou désintéressés par le sujet. Et parmi les refuges SPA, il n’y a que l’embarras du choix.

La première disposition prévue dans cette nouvelle loi, vise à contraindre le Conseil d’Etat à faire nommer dans la commission des représentants de protection des animaux issus d’organisations actives dans le domaine de l’expérimentation animale, et ouvrir une possibilité de recours en cas de violation de cette disposition.

La loi permettra également à chacun des membres de la commission de contrôler en tout temps et sans préavis les expériences, de recourir contre une autorisation abusive délivrée par l’autorité, ainsi qu’à solliciter des experts pour l’évaluation d’un projet.

La proposition de loi reprend les dispositions de l’actuel règlement M 3 50.02 du 23 juin 2011.
La mise en œuvre des deux nouvelles dispositions ajoutées (droit de recours et possibilité de solliciter une expertise) sera sans coût pour la collectivité car à la charge du membre de la commission qui décide d’y faire appel.

Nous avons 4 mois pour récolter 10’000 signatures pour chacune des deux initiatives, afin de pouvoir les déposer en avril prochain.

Merci de signer les listes de signatures et de nous les retourner dès que possible. Vous pouvez également nous commander d’autres listes. Nous vous les enverrons dans les meilleurs délais. Vous pouvez également participer à la récolte de signatures sur la voie publique. Contactez-nous pour vous joindre à un groupe existant.

»» Liste de signatures à télécharger

Faites connaître ces initiatives autour de vous ! Si nous réussissons à obtenir ces 10’000 signatures, les initiatives seront par la suite soumises à une votation populaire. Et en ce cas, tout est possible !

attention : Seul-e-s les électrices et électeurs de nationalité suisse ayant leur droit de vote sur le canton de Genève peuvent signer ces initiatives cantonales

Infos plus détaillées sur www.recherche-sans-animaux.ch

Est-il juste de se fonder sur la “démocratie locale” et non pas sur le principe d’une campagne à l’échelle nationale, au nom d’un mot d’ordre universel ?

On peut en discuter, mais force est de constater que les affiches parlent d’un “contrôle” de l’expérimentation animale, et non de son abolition ou de son “dépassement” scientifique.

Une tribune “Prendre le parti des animaux” contre le véganisme

Voici une tribune publiée dans Libération, qui est très importante. Son auteur, Dominique Lestel qui est enseignant en philosophie contemporaine à l’Ecole normale supérieure, est en effet également l’auteur en 2011 d’une “Apologie du carnivore”.

Si sa tribune est intitulée “Prendre le parti des animaux”, c’est que son objectif est très clair : soutenir le réformisme de la protection animale “ni droite ni gauche” contre l’idée d’un changement complet, d’une révolution de gauche ayant le véganisme en son coeur.

Il s’agit ici de nier que l’exploitation animale est liée au capitalisme, que seule une révolution à l’échelle du monde peut changer réellement les choses, en unifiant l’humanité dans la paix et le véganisme universel, la reconnaissance et la protection de la Nature, le combat contre le réchauffement climatique…

Dans quelques décennies, l’émergence des partis animalistes sera considérée comme un moment clé du XXIe siècle. Alternative à l’opposition droite – gauche, ils sont l’occasion de transformer radicalement la société.

Prendre le parti des animaux
Créé en mars 2016, officiellement lancé le 14 novembre, le «Parti animaliste» va en faire ricaner plus d’un de façon ridicule. Ce parti veut améliorer la condition de tous les animaux dans toutes les situations dans lesquelles ils se trouvent – les animaux de compagnie comme les animaux marins, les animaux de boucherie comme les animaux de laboratoire.

Il veut abolir les animaux de divertissement et réguler sévèrement la chasse. Le droit animal n’est pas oublié, ni la place de l’animal dans l’éducation. Ce Parti animaliste français n’est ni un cas isolé ni une aberration. Il s’inscrit dans un mouvement international plus large.

Le premier parti pour les animaux apparaît au Pays-Bas en 2002. On en compte aujourd’hui dans neuf pays européens, ainsi qu’aux Etats-Unis, en Australie et en Turquie. Il ne s’agit pas d’organisations folkloriques. Le parti animal néerlandais réunit plusieurs élus au niveau local, national et européen. Le parti animaliste portugais, un député national, et le parti australien, un sénateur.

De tels regroupements ne sont pas seulement parfaitement légitimes ; leur création porte la marque d’un changement majeur de paradigme dans le paysage politique contemporain. Leur but n’est plus seulement de défendre l’animal de façon individuelle ou à travers des associations civiles, mais de faire de la condition animale une préoccupation politique majeure à traiter comme telle.

Il ne s’agit plus seulement de faire venir les animaux en politique (c’est-à-dire de les penser en fonction de catégories politiques) mais bien de transformer la politique elle-même pour donner une voix, non aux animaux eux-mêmes mais à ceux qui s’en soucient et qui deviennent de plus en plus nombreux à vouloir s’exprimer. En d’autres termes, ce n’est pas le Parti animaliste qui est bizarre, c’est plutôt le fait que les autres attachent encore si peu d’importance au statut de l’animal dans nos sociétés qui pose un problème d’appréciation.

Ce parti n’est pas explicitement vegan, même si une grande partie de ses membres doit sans doute l’être. Il propose seulement de réduire la consommation de viande et de promouvoir une alimentation plus végétale, une tendance nécessaire même pour un carnivore éthique.

On ne saurait sous-estimer les effets positifs de la posture vegan, malgré ses problèmes intrinsèques, mais un parti purement vegan n’a aucun avenir.

Une organisation dévolue aux intérêts de l’animal peut néanmoins laisser sceptique : n’y a-t-il pas des problèmes plus urgents à résoudre que de se soucier des animaux ? On peut déjà répondre, de façon pragmatique, que le seul moyen d’avoir un secrétariat à l’Animal est d’avoir un parti qui draine des voix qu’il est possible de monnayer.

Mais on peut aussi être plus ambitieux et passer du souci pour l’animal à la volonté de transformer radicalement la société en fonction d’un autre rapport à l’animalité en reconnaissant pleinement la consubstantialité de l’humain avec les autres espèces et en faisant de ce constat un socle pour réorganiser l’espace public en conséquence. Dans cette perspective, les partis animalistes constituent une vraie alternative à l’opposition droite-gauche qui régit encore (et bien mal) notre vie politique actuelle.

Dans un roman fameux (qui a d’ailleurs obtenu le prix Goncourt en 1956), les Racines du ciel, Romain Gary explique que notre liberté dépend de celle des éléphants d’Afrique, et que c’est la raison pour laquelle il faut les protéger à tout prix.
Pouvons-nous vraiment rester humains sans les animaux ? Jusqu’où les partis animalistes sont-ils prêts à aller ? Sont-ils prêts à aborder la question taboue par excellence, celle de la surpopulation humaine qui en est arrivée au point de menacer toutes les autres espèces par son nombre même comme le suggérait Paul Shepard dès 1978 ? Ce qui est en question, on le voit, est en fin de compte loin d’être dérisoire.

Ces partis animalistes concrétisent pour la première fois de façon claire le fait qu’un nouveau pôle attracteur émerge dans le champ politique : celui de l’espèce et de la cohabitation des espèces les unes avec les autres.

La philosophe éco-féministe australienne Val Plumwood remarque en 1993 que la théorie féministe s’est occupée de la race, de la classe et du genre mais qu’elle a un peu oublié une quatrième catégorie d’analyse, que Plumwood elle-même jugeait centrale : celle de la nature. Je dirais moi-même que c’est celle de l’espèce qui est plutôt en jeu et qui devient en elle-même un problème politique majeur. La question de l’espèce renvoie aux espèces animales, mais aussi à toutes celles avec lesquelles elles doivent cohabiter.

On le voit déjà avec les tendances transhumanistes qui veulent modifier ce qu’est l’humain en évacuant totalement l’animalité de leur programme ; la pollution généralisée qui ne se contente pas de salir les environnements mais qui pollue l’espèce humaine comme on peut s’en rendre compte avec l’explosion des maladies auto-immunes et la multiplication inquiétante des allergies et des intolérances alimentaires ; la préservation des espèces ; les débats autour des OGM – et la multiplication des robots qui sont des agents qui ne sont pas d’espèces et auxquels certains songent déjà à attribuer des droits.

Les partis animalistes laissent encore de nombreux points en suspens. Par exemple celui de savoir en quoi ils diffèrent des partis écologistes traditionnels avec lesquels ils entrent directement en concurrence.

On peut se gausser de ces nouveaux partis animalistes mais dans quelques décennies, leur création sera sans doute considérée comme un moment politique important du XXIe siècle. Ce ne sont sans doute pas des partis qui seront au pouvoir dans un avenir proche, quoique les récents succès du Parti pirate en Islande rendent plutôt optimiste. Ce qui est sûr, en revanche, c’est que ces partis sont appelés très rapidement à modifier substantiellement ce que signifie être au pouvoir.

Cannabis au Canada : les mesures pour “minimiser les dangers”

Le Canada a rendu public un “cadre pour la légalisation et la réglementation du cannabis au Canada”, en tant que “rapport final du Groupe de travail sur la légalisation et la réglementation du cannabis”.

C’est un document très long, dont voici un passage nous concernant, puisque de nombreuses personnalités politiques, dans notre pays, se sont prononcées en faveur de la légalisation.

Il s’agit des mesures de sécurité visant à encadrer un produit censé être inoffensif… Et on s’aperçoit ici qu’il va y avoir toute une réglementation permettant d’épauler la naissance de ce nouveau marché du cannabis.

On est ici dans un processus très complexe, mêlant drogues et capitalisme, avec un objectif très clair : bien encadrer dès le départ, pour empêcher par la suite tout recul concernant la légalisation…

Afin de minimiser les dangers, le Groupe de travail recommande au gouvernement fédéral ce qui suit :

Établir un âge minimum national à 18 ans pour l’achat, en reconnaissant le droit des provinces et des territoires de l’harmoniser avec leur âge minimum pour l’achat d’alcool
Appliquer des restrictions exhaustives à la publicité et la promotion du cannabis et de marchandises connexes par quelque moyen que ce soit, y compris par parrainage, par endossement et par valorisation de la marque, comme pour les restrictions sur la promotion des produits de tabac
Permettre une promotion limitée dans des endroits qui sont accessibles aux adultes, semblable aux restrictions sous la Loi sur le tabac
Exiger un emballage simple pour les produits de cannabis qui permet les renseignements suivants sur les emballages : le nom de la compagnie, le nom de la souche, le prix, les teneurs en delta-9-tétrahydrocannabinol (THC) et en cannabidiol (CBD), et les avertissements ainsi que d’autres exigences en matière d’étiquetage
Imposer des sanctions strictes sur les promotions fausses ou trompeuses, ainsi que les promotions qui encouragent la consommation excessive, lorsque la promotion est permise
Exiger que toutes les allégations thérapeutiques faites dans la publicité soient conformes à la loi applicable
Fournir des ressources et permettre la détection et l’application en cas de violations des restrictions en matière de publicité et de marketing, y compris par l’entremise de médias traditionnels et sociaux
Interdire tout produit jugé attrayant pour les enfants, y compris les produits qui ressemblent ou qui imitent des aliments familiers, dont l’emballage ressemble à celui de bonbons ou qui sont de couleur vive ou avec des personnages de dessins animés ou d’autres dessins ou images qui attireraient les enfants
Exiger un emballage opaque, refermable, à l’épreuve des enfants ou protège-enfants, en vue de limiter l’accès des enfants à tout produit à base de cannabis
De plus, en ce qui concerne les produits comestibles :Mettre en œuvre l’emballage avec une portion individuelle standardisée, avec un symbole universel de THC
Fixer une quantité maximale de THC par portion et par produit
Interdire les produits mélangés, par exemple les boissons alcoolisées infusées au cannabis ou les produits à base de cannabis avec du tabac, de la nicotine ou de la caféine
Exiger un étiquetage approprié sur les produits à base de cannabis, incluant ce qui suit :Étiquette avec un texte de mise en garde (p. ex. « TENIR HORS DE LA PORTÉE DES ENFANTS »)
Degrés de THC et de CBD
Pour les produits comestibles, les exigences en matière d’étiquetage qui s’appliquent aux produits alimentaires et aux boissons
Créer un cadre législatif souple qui pourrait être adapté à de nouvelles preuves sur des types de produits particuliers, sur l’utilisation d’additifs ou d’édulcorants ou sur la précision de limites de THC ou d’autres composantes
Assurer la surveillance réglementaire des concentrés de cannabis afin de réduire au minimum les risques associés à la production illicite
Élaborer des stratégies pour encourager la consommation de cannabis moins puissant, y compris un régime de prix et fiscal fondé sur la puissance pour décourager l’achat de produits très puissants
Exiger que tous les produits de cannabis comprennent des étiquettes identifiant les teneurs en THC et en CBD
Permettre un cadre législatif souple qui pourrait s’adapter aux nouveaux éléments de preuve afin de fixer des règles pour les limites de THC ou d’autres composants
Élaborer et mettre en œuvre des stratégies factuelles d’éducation du public pour informer les Canadiens sur les risques liés à la consommation problématique et pour fournir une orientation sur la consommation à risque plus faible
Effectuer l’analyse économique nécessaire en vue d’établir une approche fiscale et de prix qui établit un équilibre entre la protection de la santé et le but de réduire le marché illicite
Collaborer avec les gouvernements provinciaux et territoriaux pour déterminer un régime fiscal qui inclut la répartition équitable des recettes
Créer un système souple qui peut adapter les approches fiscales et de prix aux changements qui surviennent dans le marché
S’engager à utiliser certaines recettes provenant du cannabis comme source de financement pour l’administration, l’éducation, la recherche et l’application de la loi
Concevoir un régime fiscal fondé sur la puissance du THC pour décourager l’achat de produits très puissants
Mettre en œuvre dès que possible une campagne d’information du public fondée sur des données probantes, visant l’ensemble de la population, mais qui met l’accent sur les jeunes, les parents et les populations vulnérables
Coordonner les messages avec les partenaires provinciaux et territoriaux
Adapter les messages éducatifs en fonction de l’évolution des éléments de preuve et de la compréhension des risques pour la santé, en travaillant avec les partenaires provinciaux et territoriaux
Faciliter et surveiller les activités continues de recherche sur le cannabis et l’affaiblissement des facultés, en tenant compte des incidences sur les politiques en matière de santé et de sécurité au travail
Travailler avec les organismes fédéraux, provinciaux et territoriaux existants pour mieux comprendre les problèmes potentiels de santé et de sécurité au travail liés à l’affaiblissement des facultés par le cannabis
Collaborer avec les provinces, les territoires, les employeurs et les représentants syndicaux pour faciliter l’élaboration de politiques sur facultés affaiblies au travail

L’Etat vient à la rescousse de la Financière Turenne Lafayette

Nous avions parlé récemment de Monique Piffaut, une multi-millionnaire décédée : un article sérieux de la presse avait donné l’information erronée comme quoi elle allait laisser 400 millions d’euros à une association de protection des animaux, à condition qu’on s’occupe de son chien (voir Les 400 millions de Monique Piffaut n’iront pas aux animaux).

On reparle beaucoup d’elle, car en effet on s’est aperçu qu’étaient truqués les comptes de son entreprise, la Financière Turenne Lafayette (William Saurin, Garbit, PetitJean, Soulié, La Lampaulaise de salaisons, Montagne noire, les jambons Madrange et Le Foué, le traiteur Ecochard, etc.).

Naturellement, c’est ridicule : on ne s’aperçoit pas du jour au lendemain qu’il manque… 350 millions dans les caisses !

Mais comme on le sait, le capitalisme sait se préserver et là nulle faillite, nulles arrestations ! Bien au contraire, l’État intervient, à la rescousse de l’exploitation animale…

Voici le communiqué officiel, qui on le notera, ne mentionne pas les 70 millions d’euros fournis illico presto à la Financière Turenne Lafayette…

STEPHANE LE FOLL
MINISTRE DE L’AGRICULTURE, DE L’AGROALIMENTAIRE ET DE LA FORET
PORTE-PAROLE DU GOUVERNEMENT

MICHEL SAPIN
Ministre de l’Economie et des Finances

CHRISTOPHE SIRUGUE
SECRETAIRE D’ETAT CHARGE DE L’INDUSTRIE

Le groupe Financière Turenne Lafayette, acteur majeur du marché français de la salaisonnerie, des plats traiteurs et de la conserverie (Madrange, William Saurin, Garbit…) a informé les services de l’Etat de la découverte de pratiques de présentation trompeuse de ses comptes.

Des audits sont en cours pour clarifier au plus vite la situation exacte du groupe et déterminer l’ampleur et le détail des difficultés économiques et des pratiques constatées. La justice a été saisie du dossier pour mener les investigations nécessaires, et déterminer les responsabilités et les causes de ces pratiques.

Face à cette situation, qui représente un risque pour la pérennité du groupe et afin de s’assurer de pouvoir préserver les 3 000 emplois directs et les 1 500 emplois intérimaires et prestataires, l’Etat prendra ses responsabilités pour accompagner la nouvelle direction et les salariés, et se mobilisera, aux côtés des clients, des fournisseurs, des banques et des partenaires historiques du groupe pour soutenir l’entreprise dans cette période.

Les services du ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, du ministre de l’Economie et des Finances et du secrétaire d’Etat à l’Industrie seront pleinement mobilisés dans les prochaines semaines pour accompagner la nouvelle direction du groupe.

Des réunions avec les clients, les fournisseurs et les banques seront organisées à brève échéance. Une rencontre avec les organisations syndicales sera également organisée dans les prochains jours.

Tout cela est un exemple tout à fait caractéristique. L’impunité est ici totale : une enquête sur le long terme qui attend l’audit de l’entreprise, alors qu’on se doute bien que ce n’est pas simplement la propriétaire de la holding qui a faussé les comptes…

Comptes faussés, « depuis plusieurs années », sans qu’on sache donc par qui, comment, etc. : c’est ridicule.

Quant aux 70 millions, officiellement ils sont prêtés, mais l’État n’en verra plus la couleur, évidemment…

Actions de l’ALF à Castres et dans le sud

L’ALF a revendiqué deux actions dans le sud de la France.

Voici le communiqué de la première action :

Dans la nuit du 6 décembre des membres de l’ALF ont vandalisés une boucherie à Castres dans le sud de la France: colle dans la serrures, vitrine  brisée, coup de cutter dans le store et inscriptions ‘viande=meurtre’  ‘assassins’.

Tant qu’ils continueront à tuer impunément on sera là. A.L.F France

Voici un extrait de La Dépêche à ce sujet, qui utilise un ton mélodramatique avec un éloge du pauvre petit commerçant qui aurait tellement préféré mieux payer ses employés…

C’est un mélange de colère et d’incompréhension que ressentent Cécile et Christophe Foy les propriétaires d’une boucherie charcuterie située à l’espace Sidobre dans le quartier du Martinet à Castres. (…)

Les dégradations ne laissaient planer aucun doute : elles étaient bien dirigées contre la boucherie. Les vandales ont écrit en capitales et à l’aide d’un feutre noir «Assassins» sur la porte et «Viande = meurtre» sur la vitrine.

S’agit-il de l’œuvre d’activistes végétalien ? Ou simplement d’individus ivres ? (…)

« On n’est un commerce comme les autres. On paye nos charges. On s’efforce de faire un travail de qualité dans la pure tradition de la boucherie. On travaille dans les règles de l’art. (…)

On ne peut pas empêcher les boucheries d’exister», ajoute Cécile Foy qui aurait préféré donner une prime de fin d’année à ses salariés plutôt que de devoir payer la franchise de son assurance afin de réparer les dégâts.

En tout cas, la gérante a déposé plainte au commissariat hier matin. «Les policiers ont été très réactifs et très attentifs», précise la commerçante qui espère que les auteurs de ce vandalisme curieusement connoté pourront être identifiés.

Voici, sans date mais rendu public au même moment, des photos d’une action contre une palombière dans le sud de la France.

Statement : “Tread the path”

La chanson “Tread the path” – “prends le chemin” – reflète l’esprit straight edge, mais de manière assez particulière, car la personne ayant monté le projet de “Statement” était straight edge avant de connaître le concept, tout en appartenant initialement à la mouvance anarcho-punk se tournant en partie vers les droits des animaux.

Statement participa ainsi, avec le groupe de musique punk américain “Vegan Reich”, à populariser la démarche vegan straight edge considérée comme un ensemble de valeurs indissociablement liées. Suivra par la suite le groupe de musique “Earth Crisis”, parallèlement bien entendu à toute une scène militante, activiste, combattant pour la libération animale.

Rappelons que nous sommes ici en 1990…

You’re so lame to depend on shit.
Do you not believe in yourself, doesn’t that fit?
You let yourself be controlled.
You’re in the fast lane going nowhere.
Tu es si faible pour dépendre de la merde.
Tu ne crois pas en toi, est-ce que cela ne te va pas ?
Tu te laisses contrôlé.
Tu es sur l’autoroute qui mène nulle part.

Sure life’s a bum, it doesn’t end there.
There are ways out, not through drugs.
You gotta believe in yourself, understand yourself.
Tread the path. Stay straight.
La vie est moche, mais cela ne s’arrête pas là.
Il y a des voies pour s’en sortir, pas par les drogues.
Tu as à croire en toi, à te comprendre.
Prends le chemin. Sois straight.

It’s not an easy life, we need a straight minds
– From police hassle, to right wing naziscum.
Be prepared, be straight.
See the enemy, not flying elephants.
Ce n’est pas une vie facile, nous avons besoin d’esprits clairs
– depuis les harcèlements policiers jusqu’aux ordures nazies de l’extrême-droite.
Sois préparé, sois straight.
Vois l’ennemi, pas des éléphants roses.

Le Colorado comme eldorado libéral libertaire du marché du cannabis

C’est encore une fois du libéralisme libertaire dans sa version la plus brutale que nous fournit le quotidien Libération avec un article signé de quelqu’un profitant encore une fois de son prestige institutionnel pour vanter le cannabis.

Il s’agit cette fois de Pierre-Yves Geoffard, professeur à l’Ecole d’économie de Paris, directeur d’études à l’EHESS (les « hautes études » en sciences sociales).

Quant au titre, il est d’une clarté digne d’Emmanuel Macron :

« Le cannabis pour relancer la croissance »

L’article affirme pouvoir présenter un argument « massue » : on aurait enfin un exemple concret des effets économiques du marché du cannabis avec l’État américain du Colorado.

« Lorsque le cannabis est illégal, de telles analyses [sur la légalisation du marché du cannabis] ne peuvent s’appuyer que sur des extrapolations, intrinsèquement périlleuses, d’estimations par ailleurs contestables puisque portant sur des activités clandestines ; mais le cannabis étant devenu légal au Colorado, il est possible d’observer l’activité économique réellement générée par ce produit dans un territoire où vivent plus de 5 millions d’habitants. (…)

En ce qui concerne l’activité directe, le volume total des ventes est d’un milliard de dollars en 2015, pour près de 13 000 emplois créés dans l’agriculture, le commerce, ou l’activité de transformation, la marijuana étant vendue non seulement sous forme d’herbe à fumer mais aussi en huile, en cookies, etc.

Il faut noter que la production est presqu’exclusivement indoor, dans des bâtiments où un éclairage artificiel permet de simuler le rythme des saisons et de produire régulièrement tout au long de l’année ; un tel mode de production est plus intensif en capital, et surtout en énergie, qu’une production en plein air, plus intensive en travail.

Une activité directe importante est également d’ordre bureaucratique, la loi imposant de nombreuses contraintes, notamment en termes de traçage du produit et de normes sanitaires, depuis la production jusqu’au consommateur final.

Au-delà de ces 13 000 emplois, près de 3 000 emplois indirects ont été créés dans des entreprises qui fournissent des services aux producteurs et distributeurs de cannabis : sécurité, construction et ventes immobilières, conseils juridiques, etc.

Enfin, à travers l’intégration de ce nouveau secteur à un modèle «input-output» de l’économie du Colorado, l’étude a chiffré à 2 500 le nombre d’emplois indirects, induits par la consommation des employés et des actionnaires de l’industrie du cannabis, désormais entièrement intégrés à l’économie légale.

Un élément important à prendre en compte est que les échanges restent interdits d’un Etat à l’autre, même entre deux Etats limitrophes ayant chacun légalisé le cannabis. Une grande partie de l’activité induite par l’économie du cannabis reste donc, par construction, localisée au Colorado. Au total, la légalisation a créé plus de 18 000 emplois directs ou indirects.

Les auteurs notent que la transition du marché noir au marché légal continuera pendant quelques années, nourrissant ainsi une forte croissance du marché au moins jusqu’à 2020. L’ensemble des recettes fiscales est, quant à lui, estimé à 120 millions de dollars, 30 % de moins que pour les cigarettes mais trois fois plus que les taxes sur l’alcool.

La transposition à l’échelle de la France n’est pas immédiate, tant les modes de culture et de distribution que les taxes seront différentes.

Mais rapportée à la population française, il s’agirait de 200 000 emplois, non subventionnés, et de près de 1,5 milliard de recettes fiscales.

Alors que les arguments sécuritaires et sanitaires plaident eux aussi contre la prohibition, la France peut-elle se priver d’une telle source de richesse, d’emplois, et de croissance ? »

On remarquera que le troisième paragraphe en partant de la fin utilise directement le futur et même pas le conditionnel : ces gens sont certains de la légalisation.

La question finale de l’article relève à ce titre de la pure rhétorique. Cet article est un simple placement de produit : du cannabis pour Libération dont le libéralisme libertaire est le fond de commerce, pour l’auteur qui pourrait ainsi gagner des places dans les institutions comme « spécialiste ».

Un passage important à ce titre est l’éloge de la production indoor permettant des cadences plus grandes, plus d’investissements de capital, etc. C’est avec cela qu’on peut progresser dans les institutions : en faisant l’éloge du capitalisme à tous les niveaux, jusque pour les drogues !

Oser dire non à l’alcool pour les fêtes de fin d’année

Avec les fêtes de fin d’année, le spectre de l’alcool refait surface, se présentant comme incontournable. Refuser un verre d’alcool est très difficile socialement, surtout quand c’est présenté de manière « festive ».

Et pourtant, savoir refuser est une nécessité impérative, un acte militant, une contribution à un monde meilleur.

L’Aisne nouvelle a publié un article où l’on a le témoignage de gens de l’association Alcool Ecoute joie et santé, qui propose un accueil anonyme le mardi de 14 à 16 heures à Chauny et de 16 à 18 heures à Tergnier.

On y lit ce rappel, toujours très important :

Le sevrage est un long chemin de croix. Et en cette période de fin d’année, propice aux repas de fêtes alcoolisées, la rechute n’est pas rare.

Yves se fait le porte-drapeau des malades alcooliques vulnérables, et en proie à l’hésitation : « Noël peut être une période compliquée. Il y a toujours des moments où l’on peut craquer. Moi j’ai déjà rechuté juste à cause d’un apéritif. S’ils se sentent mal, il faut qu’ils nous appellent, ou qu’ils viennent nous voir ».

Refuser de boire une verre d’alcool à l’occasion du réveillon, c’est peut-être la personne à côté de soi qui aimerait refuser mais qui n’ose pas, c’est aider à faciliter le refus, c’est refuser que l’alcool soit banalisé.

Refuser un verre d’alcool, c’est préserver la dignité des personnes alcooliques, qui ne sont pas des gens faibles ou anormaux, mais des gens tombés dans le piège de la dépendance, dans l’engrenage de la souffrance produite par des choses pourtant vendues légalement et disposant d’une large reconnaissance sociale.

L’enfer est dans les détails et rien n’est pire que de relativiser, comme d’ailleurs de ne penser qu’à soi. Refuser l’alcool n’est pas qu’un acte individuel : sa signification sociale est très grande.

Il y a d’ailleurs dans notre pays des gens se reconnaissant dans la démarche straight edge, mais considérant que c’est un choix qui les regarde. La simple question du réveillon montre que cela n’a pas de sens : refuser l’alcool polarise systématiquement aux moments des moments considérés comme festifs où l’alcool est forcément présent par « tradition ».

L’alcool n’est pas qu’une question individuelle, c’est aussi une question sociale et d’ailleurs les questions sociales concernent précisément la vie des gens, leur manière d’agir, de pouvoir être heureux.

L’alcool est-il nécessaire ? Est-on obligé de consommer une telle chose pour se lâcher, pour être à l’aise, pour être soi-même ? C’est cela la question de fond et la réponse de toutes les personnes reconnaissant la Nature ne peut qu’être un « non » catégorique !

Et on connaît l’argument comme quoi refuser l’alcool serait une démarche religieuse. C’est tout le contraire en réalité : les religions veulent tout contrôler dans le sens où les gens devraient obéir aux principes religieux, croire en tout, sans raisonner.

Refuser l’alcool dans la reconnaissance de la Nature, c’est au contraire affirmer qu’on doit toujours être soi-même, être capable de raisonner, être en mesure d’apprécier la vie de manière naturelle, sans forcer les choses de manière totalement volontariste, ce qui n’aboutit qu’à des catastrophes.

Des catastrophes d’autant plus terribles, comme pour la dépendance à l’alcool, que cela s’inscrit dans la durée et s’installe de manière insidieuse. Le temps qu’on s’en aperçoive, on est déjà piégé !

Refuser l’alcool est ainsi un refus pour soi de tout risque d’engrenage ainsi que de toute négation de la raison, et en même temps une affirmation d’une vie sociale naturelle possible.

C’est un acte de rupture et avec les fêtes de fin d’année, il faut d’autant plus saisir tous ces aspects, pour être à la hauteur de cette rupture qui provoque soutiens et étonnements, moqueries et questionnements.

Statement : “The true path”

Ce qui est marquant dans l’approche “hardline” de 1990, c’est qu’elle part du principe que l’antagonisme avec l’exploitation animale est complet, qu’aucune négociation ne peut avoir lieu.

C’est une question de morale, mais également de réalisme puisque, à l’arrière-plan, il est considéré qu’il y a tout un système d’exploitation, de différentes oppressions liées à celui-ci, etc.

Il y a ici quelque chose de saisissant : le véganisme est considéré comme incontournable… en 1990, mais aujourd’hui encore, alors que c’est tellement facile, il y a des gens pour “faire des manières” !

You know what’s right, you’re not that dumb.
You understand cos it feels the same.
Inflicted on us or an animal, they scream too –
pain is pain.
Tu sais ce qui est juste, tu n’es pas si idiot.
Tu le comprends parce que c’est la même sensation.
Infligé à nous ou sur un animal, ils crient également –
la douleur est la douleur.

In the laboratory or the slaughterhouse,
they go through pain for human gain.
The blood is on your hands, you’re not clean
If you eat meat, milk, eggs or cheese.
Dans les laboratoires ou les abattoirs,
ils passent par la douleur pour le gain humain.
Le sang est sur tes mains, tu n’es pas clean
si tu manges de la viande, du lait, des œufs ou du fromage.

In the field the hunt takes place,
all dressed up and ready to kill.
Conservation is what they say.
One day well hang them, well get our way.
Dans le champ la chasse tient lieu
tous bien habillés et prêts à tuer.
La conservation est ce qu’ils prétendent.
Un jour nous les pendrons, nous trouverons notre voie.

I’ve been beaten by abusers of animals
and I’m not gonna sit back
and take it like passive shit with stubborn egos.
Animals don’t care how we save them,
would you?
J’ai été battu par des gens maltraitant les animaux
et je ne vais pas m’asseoir tranquillement
et le prendre comme des merdes passives avec des égos têtus.
Les animaux ne se préoccupent pas de comment on les sauve,
tu t’en préoccuperais, toi ?

La consommation de cannabis chez les chauffeurs de bus et de cars

Nous parlions il y a quelques jours du problème que pose la consommation de cannabis dans les métiers du bâtiment.

Il y a un autre secteur professionnel où il est très répandu, et qui ne nécessite pas d’étude pour être connu, il s’agit de celui des chauffeurs de bus et de cars.

C’est quelque chose de très important, de par bien sûr les risques que cela cause… Rappelons que sur la route le cannabis est responsable d’au moins un accident mortel sur huit !

L’aspect récréatif du cannabis a tellement été mis en avant, ses aspects nocifs tellement occultés (la fameuse « drogue douce »), que nombreux sont ceux qui ne voient pas le problème d’en consommer, y compris avant de prendre le volant, voir même au volant.

Évidemment c’est aussi le cas dans le cadre professionnel, d’autant plus dans des métiers où la pénibilité et la dimension répétitive sont grandes.

Ce que l’on peut remarquer d’après ces quelques articles de presse, c’est qu’il s’agit ici principalement de bus de ramassage scolaire, qui, bien entendu, attirent une grande attention de la part de l’opinion publique.

Mais si les accidents graves surviennent davantage hors zone urbaine, la situation n’est pas différente, si ce n’est pire en terme de consommation, pour les bus classiques en ville.

La consommation est bien entendu également élevée chez les chauffeurs routiers, ces forçats aux cadences toujours plus grandes ces dernières années, avec le capitalisme « sauvage » des pays d’Europe de l’est.

La route, c’est un métier répétitif, usant, où l’on se retrouve seul, seul avec ses pensées, à gamberger… Où il faut tenir, maîtriser ses nerfs… pour une vie sociale et familiale en confettis…

Le danger est ici grand pour le consommateur mais aussi pour qui croisera sa route, véhiculé, à pied, ou en vélo. Et le cocktail est ici d’autant plus explosif qu’il combine deux facteurs individualisants, qui coupe du reste de la société, que sont la drogue et le fait d’être au volant.

Car c’est un souci que de travailler seul, de manière isolée. On sait aussi comment les hommes se croient toujours les rois du volant, pensent toujours maîtriser, donc y compris avec le cannabis…

 

Il y a ici toute une culture à refaire !

Statement : “Beneath blood”

“Beneath blood” signifie en quelque sorte “sous le sang”, “sous le signe du sang”, le sang étant considéré comme étalé, comme l’arrière-plan d’une vie quotidienne marquée de l’exploitation animale.

On a ici très exactement le reflet de la morale “hardline” apparaissant au tout début des années 1990. L’idée est simple à comprendre : seule une infime minorité de gens a conscience de l’exploitation animale et assume le véganisme.

L’exploitation animale est banalisée, entièrement dominante, il n’existe aucune opposition concrète sur le plan culturel.

C’était, bien entendu, avant que n’émerge une sorte de réformisme proposant d’aménager ce qui, justement aux yeux des vegans straight edge qui apparaissent alors, est inacceptable, moralement à combattre de la manière la plus significative.

Le véganisme n’est pas ici une “tendance”, ou bien une “mode” que l’on peut suivre à différents degrés. C’est une identité, allant de pair avec une mentalité de confrontation, d’engagement individuel total dans ce qui est considéré comme une bataille révolutionnaire.

Since time began animals have been enslaved
by fascist bigots of the master race.
Murdered, slaughtered, for many means.
Left rotting, dying, infected by disease.
Depuis le temps que les animaux ont été mis en esclavage
par des bigots fascistes de la race supérieure.
Assassinés, abattus, pour de nombreux buts.
Abandonné pourrissants, mourant, infectés par la maladie.

“They have no souls” say people of the cloth,
religious hypocrites forgiven of their sins.
But you who shouts there is no God
what is your reason for your barbaric behavior?
“Ils n’ont pas d’âmes” disent les gens du clergé,
hypocrites religieux oublieux de leurs péchés.
Mais toi qui crie qu’il n’y a pas de Dieu
Quelle est la raison pour ton comportement barbare?

From the dog in the stocks,
to the pig in the slaughterhouse,
to the calf deprived of its mother.
To the end of the hunted animal life…
Depuis les chiens dans les magasins,
jusqu’au cochon dans l’abattoir,
au veau privé de sa mère.
A la fin de la vie animale chassée…

Jean-Luc Bennhamias et la légalisation du cannabis et des drogues

Ancien « écolo » des Verts passé au MODEM, Jean-Luc Bennhamias est désormais président du Front démocrate et co-président de l’Union des Démocrates et Ecologistes (UDE).

On se doute que cela ne représente rien à part un réseau d’élus, mais en tout cas celui lui permet de se présenter aux « primaires » organisées par le Parti socialiste.

Et on peut déjà deviner qu’il va se présenter comme le partisan le plus clair de la légalisation du cannabis.

Non pas la dépénalisation, “cache-sexe” de la légalisation employé par les hypocrites, mais la légalisation en tant que tel. A part l’interdiction aux mineurs, le cannabis deviendra par conséquent une marchandise comme une autre.

C’est ce qu’il prônait déjà dans la seconde partie des années 1990, où d’ailleurs en tant que secrétaire national des Verts il a eu des soucis avec la justice, qui n’appréciait pas à l’époque la mise en avant de la légalisation du cannabis, en l’occurrence lors des journées d’été des Verts…

Mais il ne faudrait pas croire que cela s’arrête au cannabis. Le libéralisme libertaire ne connaît par définition pas de limites…

Voici ce que disait par exemple il y a quelques mois Gilles Saulière, Secrétaire National du Front Démocrate dans sa tribune « Dépénaliser le cannabis ou mieux, libéraliser et encadrer l’usage et le marché des drogues » :

« Question à 2€ :

– Qu’est-ce qui est interdit à peu près partout dans le monde du vingt et unième siècle ? Les drogues.

– Quelle est aujourd’hui, au vingt et unième siècle, la source principale de richesse du petit et du grand banditisme un peu partout dans le monde ? Les drogues.

– Pourquoi ? Parce que, l’usage des drogues est aussi vieux que le monde, parce que la recherche et l’usage de substances ou de pratiques ayant pour but d’oublier momentanément un peu de la dureté du monde et au contraire de favoriser le plaisir, est aussi ancienne que le monde.

Et que, pour cette raison, interdire ne signifie pas, supprimer, éradiquer comme on peut éradiquer une maladie (et encore), mais signifie simplement en extraire l’usage de la vie légale, ouverte, aux yeux de tous, fermer les yeux, avoir bonne conscience, transformer tout consommateur en délinquant tout en lui ouvrant grandes les portes de l’industrie du crime, de son opacité mortelle et de son absence totale de tout sens moral. (…)

Quant on relit un peu l’histoire de tout cela, on s’aperçoit que jusqu’au vingtième siècle globalement, seules quelques religions, toujours promptes à interpréter leurs propres textes de façon restrictive et quelques monarques et autres dictateurs « éclairés » (que j’aime cette notion surréaliste…), interdirent à tour de bras, qui l’alcool, les drogues, le tabac, etc. pour prétendument protéger leurs ouailles par définition inaptes à contenir leurs excès et à maîtriser leur propre vie, n’est-ce pas ! »

C’est, d’une certaine manière, le contraire exact de ce que nous disons ! On a ici la légende que les drogues seraient naturelles, auraient toujours existé, relèvent d’un choix personnel…

Que rejeter les drogues serait un principe dictatorial brimant l’individu dans les possibilités de sa vie, etc. etc.

Notons également qu’une autre personne se présentant très vraisemblablement aux « primaires » est le socialiste Vincent Peillon, lui aussi favorable au cannabis.

Pas étonnant quand on voit cette anecdote donnée par le Nouvel Observateur, qui permet de figurer le personnage :

Bachelier à 16 ans, Vincent Peillon a commencé sa carrière professionnelle en travaillant pour la compagnie des wagons-lits sur la ligne Paris-Copenhague. Une expérience qu’il a mis à profit pour se lancer dans les affaires, explique “le Monde”.

Le jeune homme importe d’abord en contrebande du saumon fumé, de l’alcool et des cigarettes, avant de fonder une entreprise de vente import-export, avec pour slogan : “Du saumon norvégien pour tous”.

C’est le prototype même du petit capitaliste comme on peut le détester… Et, ministre de l’Éducation en 2012, il a expliqué la chose suivante concernant le cannabis :

« Je suis très étonné parfois du côté un peu retardataire de la France sur un sujet qui, pour moi, est d’ampleur. On peut lutter par les moyens de la répression, je suis absolument pour, mais en même temps je vois que les résultats ne sont pas très efficaces. »

Cela promet pour les « primaires » et cela montre que malgré que François Hollande ne se présente pas, la tendance à la légalisation du cannabis continue sa marche…

“Le cannabis, ce nouveau fléau du bâtiment”

Les partisans du cannabis ont su faire en sorte que l’aspect récréatif soit le seul pris en compte. Le cannabis serait une sorte de passe-temps, l’équivalent d’une bière, d’une cigarette, etc.

Or, son inscription dans la vie quotidienne signifie également son intégration dans le temps de travail. Europe 1 a mené un vrai travail d’enquête, donnant comme titre à l’article : “Le cannabis, ce nouveau fléau du bâtiment”.

Ce sont les entreprises du bâtiment qui sont en panique :

La consommation de cannabis est un véritable casse-tête pour les chefs d’entreprises du bâtiment. Ils se disent démunis face à une consommation dont les conséquences peuvent être dramatiques.

Pendant des années le secteur du bâtiment s’est battu contre l’alcoolisme sur les chantiers. Aujourd’hui il lutte aussi contre le cannabis.

Le sujet reste très tabou, alors que s’ouvre la deuxième journée nationale de la prévention des conduites addictives en milieu professionnel.Pourtant les risques sont très importants.

Par exemple, après un accident et la mort d’un ouvrier sur un chantier de la région Rhône-Alpes, une enquête a révélé que deux ouvriers, un conducteur de grue et celui chargé d’accrocher une dalle de 300 kilos qui est tombée du haut de la grue, avaient fumé du cannabis.

Il y a en effet deux soucis : quelqu’un qui a fumé ne se repère pas forcément, comparé à quelqu’un de saoul. Ensuite, pour les métiers pénibles comportant des dangers soudains, c’est naturellement très problématique.

Et, comme on peut s’en douter, les gens qui font des métiers pénibles plongent d’autant plus facilement dans les drogues et l’alcool.

La dernière étude sur cannabis et bâtiment remonte à 2010. Selon cette enquête de l’institut national de la prévention, 13% des salariés du bâtiment consomment quotidiennement du cannabis.

C’est quasiment deux fois plus que le reste des actifs.

La fédération des travaux publics du Languedoc-Roussillon a également mené une enquête locale et les résultats sont “effarants”.

“On s’est rendu compte que quasiment deux salariés sur dix consomment des stupéfiants”, constate Olivier Giorgiucci, le président de la fédération.

“C’est dramatique, car on a des chauffeurs de poids lourd, des chauffeurs de grosses pelles. Ce sont des gens qui manipulent des objets qui sont dangereux.”

En cas d’accident grave, retrait de permis, prison et perte d’emploi peuvent survenir. “L’employeur peut se retrouver totalement complice s’il n’a rien fait dans son entreprise pour mettre en place des systèmes de prévention”, ajoute Olivier Giorgiucci.

Bon, évidemment, les patrons sont surtout inquiets pour leur mise en cause juridique, surtout que les dépistages passent par un prélèvement salivaire nécessitant un médecin ou une infirmière.

Reste qu’on se doute qu’en général, une personne ayant fumé du cannabis sera dans un état second et que la banalisation du cannabis, surtout qu’elle n’est pas forcément aisée à voir, va produire des situations de dangers très importants.

L’individualisme du libéralisme libertaire sépare l’individu du reste de la société : le fumeur du joint va avec l’image d’une personne “fumant son spliff” sur son canapé.

Sauf que justement, l’individu n’est pas séparé de la société et le cannabis est quelque chose d’anti-naturel, un moyen de fuir la réalité : il est donc présent tout au long du quotidien, comme l’alcool.

Le cannabis va donc inévitablement de pair avec des comportements anti-sociaux, mais aussi avec des actes du quotidien pouvant avoir des conséquences dramatiques pour soi… et pour les autres !

Statement : “prepare for battle”

Nous en sommes en 1990 et l’anglais Patrick Poole, qui a 22 ans, lance le projet de groupe de musique “Statement”. C’est également lui qui se voit souvent attribuer l’origine de l’expression “vegan straight edge”.

Le mini-album sort alors sur le label “Hardline” de la mouvance du même nom, avec la couverture du vinyl en papier recyclé. Le symbole du groupe est résolument provocateur et aura un succès très clair dans la mouvance vegan straight edge naissant alors, témoignant de la ligne “engagée”.

Le titre de l’album est également très clair : “prepare for battle”, “prépare-toi à la bataille”.

On remarquera cependant également le dos du vinyl, soulignant l’arrière-plan propre au mouvement anglais en faveur des animaux à l’époque, à savoir l’opposition décidée à la chasse.

Voici une photo de Patrick Poole, à l’époque et aujourd’hui.

Voici les paroles de la chanson éponyme, “prepare for battle”.

Pacifism views once held
no longer suit.
The World is a violent place,
oppressors everywhere –
from governments to racist nazishits,
to murdering animal abusers.
Les vues du pacifisme autrement soutenues
ne correspondent plus.
Le monde est un endroit violent,
les oppresseurs partout –
depuis les gouvernements jusqu’aux conneries racistes des nazis,
jusqu’aux gens maltraitant les animaux, les assassinant.

Fuck, I’m not gonna stand still
while innocents are being smashed.
I will use my hands or a weapon
to defend myself or animals.
I won’t be pushed by hunters in the field.
Merde, je ne vais pas rester silencieux
alors que des innocents sont brisés.
Je vais utiliser mes mains ou une arme
pour défendre moi-même ou les animaux.
Je ne vais pas être repoussé par les chasseurs dans les champs.

Pacifism views once held no longer suit.
For when I see the huntsmen fall,
for when I see the naziscum tumble,
for then I know to inflict pain
on the these oppressors of the innocents.
Death.
Les vues du pacifisme autrement soutenues
ne correspondent plus.
Pour quand je vois les chasseurs tomber,
pour quand je vois les ordures nazies renversées,
pour ce que je sais d’infliger la douleur
à ces oppresseurs des innocents.
La mort.

Le nucléaire en Europe actuellement

Sortir du nucléaire a publié une carte intéressante présentant la situation du nucléaire aujourd’hui en Europe.

On notera cependant que la Pologne et la Biélorussie comptent s’ouvrir au nucléaire.

Voici la présentation concernant certains pays.

France

58 réacteurs nucléaires produisent 77 % de la consommation d’électricité. 9 réacteurs arrêtés, 1 en construction.

La France demeure le pays le plus nucléarisé au monde par rapport au nombre d’habitants, mais les résultats financiers et technologiques désastreux d’EDF et AREVA ex-fleurons de l’industrie nucléaire française laissent à prévoir un abandon progressif et souhaitable de l’atome.

Le parc nucléaire français est dans un état préoccupant, avec une moyenne d’âge de 32 ans par réacteur en fonctionnement, il est plongé en 2016 dans un scandale industriel impliquant l’utilisation de pièces défectueuses dans de nombreuses installations.

Allemagne

8 réacteurs nucléaires en fonctionnement produisent 14 % de la consommation électrique.

Programme nucléaire stoppé dans les années 1990 ; puis décision de sortie du nucléaire adoptée en 2000, remise en cause en 2010, puis de nouveau votée en 2011. Le dernier réacteur allemand devrait être arrêté d’ici 2022.

Contrairement aux idées reçues, les fermetures de réacteurs n’ont pas provoqué de blackout, et n’empêchent pas les Allemands de rester exportateurs nets d’électricité.

Le secteur des énergies renouvelables allemand emploie plus de 350 000 personnes et subvient en 2015 à 32 % des consommations électriques. Si la programmation du mix énergétique est respectée, leur part pourrait représenter 50 % des consommations d’électricité en 2030 et 80% d’ici 2050.

La fermeture des réacteurs à la suite de Fukushima n’a pas entrainé d’ouverture de nouvelles mines de charbon, mais une continuité de son utilisation dans le mix énergétique. La croissance des énergies renouvelables permet progressivement de réduire cette dépendance aux énergies fossiles.

Royaume-Uni

19 réacteurs en fonctionnement produisent 15% de l’électricité consommée. À la suite d’un très long feuilleton mouvementé, la Grande Bretagne s’est engagée en 2016 à construire deux nouveux réacteurs EPR à Hinkley Point pour un cout prévisionnel astronomique (21 milliards d’euros) déjà décrié par certains comme “l’objet le plus cher du monde”.

Son prix pourrait encore augmenter côté anglais avec le référendum du Brexit et la dévaluation de la Livre Sterling consécutive.

C’est EDF qui construira les réacteurs, aux côtés du chinois CGNC, et tout laisse à penser qu’elle n’aura pas les capacités techniques et financières pour le mener à bien dans les temps.

Le prix garanti à EDF pour le rachat de l’électricité produite par ces EPR est déjà bien supérieur aux prix du marché: les clients anglais apprécieront !

Belgique

6 réacteurs nucléaires en service produisent 55 % de la consommation d’électricité.

Un moratoire sur le programme a été adopté en 1988.
Un accord gouvernemental entre les écologistes et la gauche avait prévu une sortie du nucléaire en 2025.

Une première phase de cette sortie devait commencer dès 2015 mais jusqu’ici rien n’a été fait alors que des réacteurs des centrales de Doel et Tihange fonctionnent encore avec des milliers de fissures dans leurs cuves (allant jusqu’à 18 centimètres !)

Italie

Deux référendums en 1987 et 2011 contre le nucléaire. 4 centrales mises en fonctionnement avant le premier référendum ont été arrêtées entre 1987 et 1990.

Autriche

Programme nucléaire stoppé par référendum en 1978 alors qu’une première centrale était construite et prête à démarrer. Le recours au nucléaire est interdit dans la constitution autrichienne.

Suède

Un référendum en 1980 avait obligé le gouvernement à adopter un programme de sortie du nucléaire d’ici 2010. Deux réacteurs ont été fermés en 1999 et 2002. Puis cela a été remis en cause et la sortie a été abandonnée en février 2009…

Suisse

5 réacteurs nucléaires produisent 38 % de l’électricité consommée.
La Suisse dispose de 5 réacteurs vieillissants et parmi les plus anciens au monde (Beznau I est en service depuis 1969 !) et ne présentant aucune garantie face au risque sismique.

La Suisse ne compte cependant pas les remplacer et propose fin novembre 2016 un référendum à propos de la sortie du nucléaire du pays qui s’accomplirait d’ici 2029.

Les 400 millions de Monique Piffaut n’iront pas aux animaux

C’était une bonne nouvelle que la revue économique “Challenges” a diffusé hier : une femme richissime avait légué sa fortune à une fondation pour animaux…

Avec une condition particulière : s’occuper de Gaétan, “troisième du nom”, son chien, un caniche nain.

Il s’agit de Monique Piffaut, présidente et unique actionnaire de la holding Financière Turenne Lafayette, dont le chiffre d’affaires chaque année est de 1 milliard d’euros.

Monique Piffaut étant la 166e fortune de France, possédant d’ailleurs de nombreux immeubles à Paris, cela voulait dire qu’environ 400 millions d’euros iraient à une fondation pour animaux !

Le paradoxe qu’on aurait pu avoir alors, c’est que ce groupe,  qui a 21 sites industriels, c’est notamment William Saurin, Madrange, Garbit… Bref tout sauf du végétalien.

“Challenges” remarque d’ailleurs :

Symbole de sa stratégie d’acquisition d’une taille critique pour répondre aux besoins de la grande distribution, en 2010, elle avait injecté plus de 20 millions d’euros dans une usine de fabrication de jambons de 20.000 mètres carrés à Goussainville (Val-d’Oise).

La plus grande d’Europe!

Une fabrique dernier cri permettant de « sortir » des millions de tranches de jambons sous blister à la chaîne, s’apparentant plus à l’usine de Tricatel dans l’Aile ou la Cuisse, qu’à un haut lieu de la charcuterie traditionnelle.

La propriétaire de la plus grande usine à “jambons” d’Europe aurait laissé sa fortune aux animaux…

Seulement voilà, ce genre de choses n’existe que dans les films américains.

FranceTVinfos et d’autres médias ont répercuté la correction :

Sauf que Monique Piffaut n’a jamais évoqué cette idée. Ni auprès de ses proches, ni devant ses 3 200 collaborateurs.

Son souhait était en fait de léguer son patrimoine à une fondation de protection de l’enfance, qui est en cours de constitution.

“Celle-ci sera dirigée par des personnalités du monde économique reconnues pour leur expertise et par des personnes de confiance, proches de Madame Piffaut, qui ont contribué à ses côtés au développement du Groupe, indique le communiqué de la holding. Leur mission est de poursuivre son œuvre par le biais de cette fondation.”

La holding est d’ailleurs furieuse de cette publicité “négative”, comme si il était inconcevable que ce soit une fondation pour animaux qui reçoive les millions…

Mais on l’a compris, chez les richissimes on reste dans l’entre-soi, puisque ce sont des “personnalités du monde économique” qui pourront pratiquer leur charity-business en restant dans les clous de l’idéologie dominante !

Il y avait pourtant un fond réel derrière cette erreur. LCI a découvert pourquoi le rédacteur de l’article de Challenges s’est trompé :

Pour le savoir, nous avons contacté le journaliste de Challenges à l’origine de l’article, partagé et repris en masse. Très humblement, il reconnaît d’emblée : “Je plaide coupable, l’erreur vient de moi.”

Et détaille pour LCI : “Spécialisé dans l’agro-alimentaire, il se trouve que je connaissais cette dame. A une époque, on échangeait par téléphone et on déjeunait quelques fois ensemble. Un jour, je lui ai posé la question de son héritage.

Quand elle ne serait plus là, à qui donnerait-elle sa fortune ? Elle m’a alors répondu qu’elle pensait léguer son héritage à une fondation qui s’occupe des animaux.

Elle parlait beaucoup de son chien Gaëtan, qu’elle avait toujours avec elle. Vendredi, quand j’ai reçu le communiqué de presse de la marque et que j’ai lu que son héritage serait transmis à ‘une fondation’, sans autre précision, j’ai fait le raccourci à tort.”

C’est un bon exemple. Les bons sentiments ne suffisent pas dans un monde encadré selon des valeurs bien déterminées. On ne contourne pas l’exploitation animale : on peut la refuser, mais on ne peut la contourner.

Les dessins de Gerd Arntz

Puisque nous parlions hier du style “grand bourgeois” avec l’éloge par Le Monde du sado-masochisme et du foie gras, il est intéressant de s’intéresser à l’artiste Gerd Arntz.

Ce graphiste allemand a publié de nombreuses gravures, ainsi que des dessins, caricaturant notamment le troisième Reich.

La linogravure “Le troisième Reich” est l’une des plus célèbres. On remarquera que sur l’image suivante la “pyramide” est droite, alors que normalement elle est un peu penchée, annonçant sa chute.

Mais ce qui nous intéresse ici de manière plus particulière est que Gerd Arntz a justement souligné l’importance des moeurs décadentes propres à “l’élite” dans les années 1930.

Critiquer l’éloge du sado-masochisme par Le Monde devrait être une évidence pour toute personne progressiste, mais aujourd’hui cela ne semble pas aller de soi : il est considéré que chacun fait ce qu’il veut, qu’après tout le sado-masochisme n’est pas un problème s’il est consenti…

C’est là nier la possibilité de vivre heureux dans l’égalité, de manière naturelle, mais c’est également nier le besoin de “dépassement” de gens aliénés par l’argent et le pouvoir…

L’image suivante montre bien cela. Le rapport sado-masochiste est placéeaux côtés de quelqu’un qui découpe et brûle son argent… On voit très bien comment est montré l’ennui, le vide d’une vie, et la tentative de compenser !

L’image suivante oppose deux mondes, avec deux styles de vie différents, dans l’atmosphère des années 1930. Le peuple uni, à droite, l’élite vivant dans le luxe et la décadence, à gauche…

La démarche de Gerd Arntz est ouvertement moraliste.

Le dessin suivant montre par exemple trois femmes : la grande bourgeoise en bas à gauche, la prostituée un peu au-dessus d’elle, et tout à droite la figure de la mère, qui est avec ses enfants, qui pleure ceux qui vont mourir à la guerre…

Les dessins de Gerd Arntz s’inscrivent dans une démarche d’utopie qui n’a guère de valeur aujourd’hui pour des gens pétris d’esprit libéral-libertaire.

Mais rien n’oppose, finalement, le libéral-libertaire à l’ultra-conservateur, tous se satisfaisant d’une économie “qui marche” et où tout est stable, en même temps que chacun fait “ce qu’il veut”…

Le Monde : foie gras et style sado-maso

Le Monde a publié deux articles qui montrent tout à fait en quoi le style de vie “grand bourgeois” est très exactement aux antipodes de ce que nous voulons.

Les articles en question, qui font l’éloge du sado-masochisme et du foie gras, ont été publiés dans “M, le magazine du Monde” qui, comme nous le précise wikipedia, “est tourné vers l’industrie du luxe et du haut de gamme”.

Le premier, par ailleurs sélectionné pour la “matinale” du Monde, s’intitule pas moins que “Bondage et sado-masochisme, comment débuter tout doux“.

On l’aura compris, il ne s’agit pas d’un article sur le sado-masochisme, mais pour le sado-masochisme. L’introduction de l’article le précise si on ne l’aurait pas compris…

Comment aborder le fantasme du BDSM (bondage, domination, sado-masochisme) quand on débute complètement ? Quand on voudrait du hard, mais soft ? En laissant tomber tout le folklore, nous dit la chroniqueuse de La Matinale, Maïa Mazaurette.

Car, l’article l’affirme sans nuances, le sado-masochisme est une demande “normale” et largement partagée…

En 2011, un tiers des Françaises fantasmaient sur le fait d’être dominées, et un cinquième des hommes. Un quart des femmes voulaient être menottées ou ligotées, et 15 % des hommes (Harris Interactive/Marianne).

En 2014, les deux tiers des Québécoises et plus de la moitié de leurs chums fantasmaient sur le fait d’être sexuellement dominés, le bondage intéressait presque la moitié des répondants, un quart des femmes et 43 % des hommes auraient volontiers fouetté leur partenaire. (Sur un sujet aussi sensible, les chiffres sont toujours à prendre avec des pincettes – à tétons.)

C’est là l’acceptation la plus directe des rapports hiérarchiques dans cette société, ainsi que la tentative permanente de trouver un moyen de dépasser de manière mystique la “monotonie” d’une vie en réalité entièrement vide.

C’est bien la peine de critiquer Daech si c’est pour diffuser le même type de philosophie de l’extrême de la domination comme porte de sortie vers un monde qui aurait du “sens”…

Comment ne pas voir la dimension pathétique de la phrase suivante?

Une cuillère en bois qui a servi pour punir ne touillera plus jamais une soupe de poireaux sans vous rappeler vos ébats érotiques.

Voilà où mène de refuser la Nature : on se précipite dans des valeurs mystiques censées amener quelque chose de “plus fort”.

C’est également ce qu’on retrouve dans un autre article du magazine du Monde, “Foie gras, l’exception culturelle française“.

On est ici dans la mystique d’une “gastronomie” du “terroir” et l’auteur est très frustré que son foie gras mystique soit produit en masse et vendu au bas peuple…

“A l’exception des périodes de crise (2008-2009), toujours nuisibles aux produits festifs, et une baisse passagère en 2012-2013, la production et la consommation de foie gras restent stables avec une tendance à la hausse.

En quinze ans, cette dernière a progressé en France de près de 25 % en volume (selon Kantar WorldPanel), traduisant ainsi l’engouement croissant pour ce mets incontournable des fêtes de fin d’année, selon 76 % d’entre nous (657 grammes achetés par an et par ménage). (…)

L’industrie agroalimentaire a pollué ce marché lucratif avec ses méthodes habituelles : production intensive, élevage en cages, mécanisation à outrance et distribution de masse. (…)

Le foie gras est une affaire franco-française et rien n’y fera. N’en déplaise aux héritiers d’un vieux puritanisme anglo-saxon qui ont considéré la nourriture d’abord sous l’angle de la quantité et du productivisme, puis de l’hygiénisme et du marketing et à présent celui du moralisme et de l’animalisme, en rangeant toujours le plaisir gastronomique dans l’armoire à péchés.

Comment leur expliquer l’émotion suscitée par la tranche de foie gras baptisé à l’armagnac, allongée sur le pain grillé, et habillée seulement de quelques cristaux de sel de Guérande ? Comment leur raconter les délices de l’escalope de foie gras cru, vivement poêlée, déglacée au vinaigre balsamique et accompagnée de figues rôties ?

Comment leur faire partager le bonheur du tournedos Rossini, rendez-vous d’amour entre la tendreté du filet de bœuf et le moelleux de l’abat de canard sous l’œil de la truffe noire ? Tâche difficile, voire mission impossible. C’est ce qu’on appelle une différence culturelle.”

L’élite veut son style et son style consiste à se démarquer, à trouver une “transcendance”. Un tableau d’art contemporain derrière un ordinateur Mac, avec du foie gras et du Christian Dior, et le sado-masochisme pour aider à trouver un sens à sa vie…