• Etude sur le potentiel planétaire de l’aquaculture

« 4 pattes pour une famille » sur Gulli

« 4 pattes pour une famille » est une émission  sur Gulli, passée dimanche dernier. Il est toujours difficile d’avoir un avis tranché quand il s’agit d’adoptions, car celles-ci sont toujours une bonne chose.

Cependant, cela ne peut aller de pair qu’avec le soutien aux refuges et la non mise au premier plan des êtres humains. Or, forcément, qui dit télévision et émission dit promotion, faire-valoir, jeu sur les émotions…

Inévitablement, l’émission a eu une dimension niaise, avec un chantage aux émotions, avec les enfants et les animaux…

Voici la présentation officielle de l’émission et on notera la présence de la vétérinaire Laetitia Barlerin, extrêmement présent dans les médias et le monde de l’édition.

On notera aussi le ton : des célébrités « acceptent » de venir aider…

À l’occasion de la 1ère Journée Nationale des Droits des Animaux en France, 4 pattes pour une famille débarque en exclusivité sur Gulli.

Avec Elodie Gossuin aux commandes, 3 célébrités ont accepté de venir en aide à des animaux se trouvant dans une situation de détresse.

Julien Courbet, Joan Faggianelli et Jarry seront les parrains de ces petites boules de poils dont la vie ne tient qu’à un fil. Grâce à leur soutien, elles vont enfin connaître le bonheur au sein d’une nouvelle famille d’accueil.

Au cours de cette émission, Elodie Gossuin part à la rencontre de 3 familles qui, afin de faire une surprise à leurs enfants, ont décidé de faire appel à Gulli pour adopter un chien dans un refuge.

Grâce à une équipe de 3 spécialistes menée par la vétérinaire de renom Laetitia Barlerin, ces animaux vont se voir offrir une seconde chance : soins, toilettage, éducation, conseils pratiques… les animaux vont être remis sur pattes pour rejoindre leur famille, impatiente de les accueillir !

Kara, Gulli et Baka, ces 3 boules de poils stars de l’émission, vont enfin pouvoir trouver un second souffle et être comblées d’amour !

En route dans la  » 4 pattes Mobile  » d’Elodie pour découvrir les histoires de ces animaux dont le destin va enfin changer.

4 pattes pour une famille, une émission exceptionnelle avec des rires, des conseils pratiques, beaucoup d’émotions et surtout… de belles histoires d’amour !

Il y a ici une manipulation des émotions dans une perspective de divertissement. C’est un chantage émotionnel. Voici une interview tirée de Presse Océan, pour avoir une perspective plus concrète encore.

Ce qui est frappant, c’est qu’Elodie Gossuin avoue elle-même qu’elle ne sait pas s’il y aura d’autres émissions.

C’est très clairement, donc, une opération de promotion, éventuellement un appel d’air pour une émission à succès.

Il n’y aucune mise en perspective, aucun sens des responsabilités…

Taxi Driver et sa vision des bas-fonds la nuit

Le film « Taxi Driver » est un film de Martin Scorsese, sorti en 1976, qui a comme particularité d’être très dérangeant. Palme d’or du Festival de Cannes, il présente la vie de Travis Bickle (joué par Robert de Niro), un conducteur de taxi roulant la nuit à New York.

Révolté par le crime régnant dans les bas-fonds, tout en cherchant un sens à sa vie, il dresse un panorama apocalyptique d’une vie quotidienne contaminée par des choses ignobles et tente d’arracher une jeune fille de 12 ans à la prostitution.

Le film est très célèbre et en France le film « La haine » reprend directement l’un des passages, celui où devant le miroir un protagoniste s’entraîne à réagir violemment (« C’est à moi que tu parles? Non mais c’est à moi que tu parles? »).

Mais il y a un autre passage tout aussi célèbre, où le conducteur de taxi roule et regarde les gens dans les bas-fonds. Voici les paroles, la traduction et l’extrait du film, avec son atmosphère étouffante.

Les paroles :

All the animals come out at night – whores, skunk pussies, buggers, queens, fairies, dopers, junkies, sick, venal.

Someday a real rain will come and wash all this scum off the streets.

La traduction :

Il y a toute une faune qui sort la nuit : putes, chattes en chaleur, enculés, folles, pédés, pourvoyeurs, camés, le vice, la vénalité.

Un jour viendra où une vraie pluie lavera les rues de toute cette racaille.

L’extrait :

Lorsque Earth Crisis sort sa première demo en 1993, ce passage est directement repris dans l’introduction de la chanson « Firestorm », qui appelle à reprendre de manière violente la rue face aux mafias, par une « tempête de feu ».

Vu en France alors, cela pouvait sembler très lointain et typiquement américain, avec comme on le sait les gangs occupant de vrais territoires, gangrenant la société, etc.

Mais la France n’a pas échappé à l’américanisation de la société, non pas au sens culturel, mais au sens de l’effondrement des acquis sociaux et le règne toujours plus grand de la débrouille qui s’ensuit.

Peut-on changer les choses si des pans entiers de la société échappent aux choix sociaux, culturels ou politiques ? Qu’on pense à l’Italie où la mafia a bloqué le sud dans son développement et dont les crimes contaminent toujours plus le reste du pays, depuis que dans les années 1960 la mafia est devenue une structure moderne, une vraie place-forte financière.

Un ouvrage vient d’ailleurs de sortir :  «l’Empire de l’or rouge : Enquête mondiale sur la tomate d’industrie», de Jean-Baptiste Malet.

On y apprend comment la mafia contrôle l’industrie de la tomate, important massivement des tomates (y compris non franîches) pour remaquiller le tout en produits « made in Italy », pour un chiffre d’affaires annuels de plus de 15 milliards d’euros…

On peut bien sûr romancer les bas-fonds et s’imaginer que les gens vivant dans la marginalité liée au crime sont « libres », parce qu’ils sont amoraux. Mais la morale n’est pas réductible à un choix individuel, elle est une valeur indiscutable, universelle.

Ce serait une erreur de croire qu’on peut changer le monde sans se confronter à des comportements criminels, à l’éloge de la vénalité, de la débrouille individuelle, du mépris des autres…

Bien sûr, cela veut dire défendre une utopie et non pas sombrer dans une aventure existentielle comme le protagoniste de Taxi Driver.

Mais que se passe-t-il si on n’est pas à la hauteur? Eh bien les fachos arrivent comme des « justiciers »…

Des oeufs de pigeons au milieu de seringues…

Cette photo témoigne de la folie que représentent des villes dénaturées, où l’humanité se perd en elle-même, prisonnière d’une démarche à la fois anthropocentriste d’un côté, anti-Nature de l’autre.

La possibilité d’être heureux, de s’épanouir de manière naturelle, tout cela apparaît comme vain, impossible. Les drogues apparaissent comme une solution et la présence d’oeufs au milieu de seringues vient rappeler que l’humanité ne vit pas séparée de la Nature. Son malheur tient justement à ce qu’elle s’imagine séparée de la Nature.

La photographie a été prise à Vancouver au Canada, dans une chambre désaffectée d’un hôtel. Les pauvres pigeons qui s’y sont installés sont confrontés à l’autodestruction humaine.

Le quartier concerné, le Downtown Eastside, est très connu pour la consommation de drogues dures. La région de la Colombie-Britannique est d’ailleurs confrontée à des overdoses très importantes, notamment en raison d’un opiacé appelé « fentanyl ».

C’est cette drogue qui a tué le chanteur Prince, elle est  100 fois plus fort que la morphine, 40 fois plus que l’héroïne.

En Colombie-Britannique, rien qu’en 2016, les ambulances ont été appelées plus de deux fois par heure en raison d’overdoses, 914 personnes sont mortes d’une overdose.

C’est une véritable catastrophe. Et comment ne pas voir que cette fuite dans les paradis artificiels est strictement parallèle à la guerre à la Nature?

L’émerveillement devant les oeufs des pigeons n’a-t-il pas bien plus de sens que la fascination morbide pour des seringues et leur contenu?

Hackage d’un site et sabotage de miradors

L’ALF a hacké le site alban-international.com,  qui relève d’un programme Bretagne Filières 35, présent notamment en Algérie avec comme objectif de multiplier par trois le nombre de vaches, de doubler leur production de lait, etc.

Des miradors de chasseurs ont été sabotés, comme en témoignent ces photos, sans indication de lieu ni précision quant à la date.

Emmanuel Macron et son « Make our planet great again »

Nous l’avions mentionné hier : Emmanuel Macron s’est empressé, après le discours de Donald Trump annonçant la sortie des accords de Paris signés à la fin de la COP21, de faire une petite vidéo en français et en anglais.

On peut l’y voir notamment utiliser le slogan « Make our planet great again », soit « rendons notre planète grande de nouveau ». C’est bien entendu une allusion au slogan de Donald Trump «  Make America great again ».

Emmanuel Macron a également publié ce slogan sur instagram, ayant reçu 56 275 « J’aime » et sur tweeter, il y a pratiquement 200 000 « retweets » et plus de 300 000 « likes ».

C’est bien évidemment une opération de communication, visant à satisfaire l’ego français, ce fameux chauvinisme français qui se flatte que la France serait « à part » dans sa manière de vivre, son raffinement, etc.

C’est le fameux sentiment de supériorité français, qui exige que tout le monde apprécie les Français et les adulent, pendant qu’eux regarderaient les autres pays avec un mépris feutré.

On est ici dans une vanité totale et voici le discours d’Emmanuel Macron à la suite de la décision de Donald Trump, car demain, il faudra démasquer toute cette vaste hypocrisie.

La COP21 a été un échec, Emmanuel Macron ment quand il prétend défendre la planète, il faut avoir un regard objectif et exigeant, conscient de l’ampleur du désastre et de la radicalité nécessaire pour changer le monde.

Elysée – Jeudi 1er juin 2017

Mes chers compatriotes,

J’ai souhaité m’exprimer devant vous, quelques heures à peine après la déclaration du Président des Etats-Unis d’Amérique, parce que l’heure est grave.

Je prends note de la décision du Président américain de se désengager de l’Accord de Paris sur le climat. Je respecte cette décision souveraine. Mais je la regrette. Je considère qu’il commet là une erreur pour les intérêts de son pays et de son peuple et une faute pour l’avenir de notre planète.

Je viens à l’instant d’échanger avec le Président TRUMP et j’ai eu l’occasion de lui en faire part.

Le changement climatique est l’un des grands défis de notre temps. Ce qui paraissait encore pouvoir être discuté il y quelques années, s’impose désormais à nous tous, avec une grande évidence. La biodiversité est menacée, le dérèglement climatique affame plusieurs continents, dévaste certaines régions, chasse des habitants de leur patrie. En France même, nous observons chaque année les conséquences de ce dérèglement.

Si nous ne faisons rien, nos enfants connaitront un monde fait de migrations, de guerres, de pénuries, de disparitions d’archipels et de villes côtières, causées par ces évolutions. Cela a déjà commencé.

Ce n’est pas l’avenir que nous voulons pour nous. Ce n’est pas l’avenir que nous voulons pour nos enfants. Ce n’est pas l’avenir que nous voulons pour le monde.

La vocation de la France est de mener ces combats qui impliquent l’Humanité tout entière. C’est pourquoi la France s’est placée à l’avant-garde de la lutte contre le changement climatique. Elle s’est engagée résolument dans toutes les négociations internationales. En décembre 2015, la France a réussi ce tour de force de faire signer 195 pays, de leur faire signer un engagement commun, l’Accord de Paris pour le climat.

Alors, oui, je vous le dis ce soir avec beaucoup de force : Nous ne renégocierons pas un accord moins ambitieux. En aucun cas.

La France ce soir appelle l’ensemble des pays signataires à demeurer dans le cadre de l’Accord de Paris, à rester à la hauteur des responsabilités qui sont les nôtres et à ne rien céder.

Je veux ce soir dire aux Etats-Unis : La France croit en vous. Le monde croit en vous. Je sais que vous êtes une très grande Nation. Que les Etats-Unis ont été fondés pour faire triompher la liberté, la vérité, la raison, partout contre l’ignorance et l’obscurité. Mais ne vous trompez pas. Sur le climat, il n’y a pas de plan B. Car, il n’y a pas de planète B.

Alors, oui, nous continuerons.

A tous les scientifiques, ingénieurs, entrepreneurs, citoyens engagés, que la décision du Président des Etats-Unis a déçus, je veux dire ceci : Vous trouverez dans la France une seconde patrie. Je vous lance un appel : Venez travailler ici, avec nous, travailler sur des solutions concrètes pour le climat.

Ce soir, les Etats-Unis ont tourné le dos au monde. Mais la France ne tournera pas le dos aux Américains. Je vous assure, mes chers compatriotes et vous qui m’écoutez où que vous soyez dans le monde, la France n’abandonnera pas le combat.

Bien entendu, nous aurions préféré livrer cette bataille aux côtés des Etats-Unis d’Amérique. Car, ce sont nos alliés et ils resteront nos alliés, en matière de lutte contre le terrorisme, sur nombre de sujets de défense, de sécurité, sur nombre de sujets industriels et économiques. Mais il en est ainsi.

La porte n’est pas fermée, elle ne le sera jamais à cette Nation à laquelle nous devons tant. Mais nous sommes encore nombreux à conserver notre détermination.

La France jouera donc son rôle dans le monde car c’est ce qui est attendu d’elle. Dès ce soir, avec l’Allemagne et l’Italie, nous avons tenu à réaffirmer notre engagement pour l’Accord de Paris.

Je me suis entretenu, il y a quelques instants, avec la Chancelière d’Allemagne, nous prendrons ensemble, dans les prochains jours, des initiatives fortes allant en ce sens. Samedi, je verrai le Premier ministre indien à Paris et m’entretiendrai sur ce sujet avec lui. Dans les prochains jours, je parlerai aux principaux décideurs pour m’assurer de leur engagement.

Enfin, la France proposera un plan d’action concret, afin d’accroître son attractivité pour les chercheurs et les entreprises de la transition écologique et prendra des initiatives concrètes, notamment en Europe et en Afrique sur ce sujet. J’ai demandé au Gouvernement d’y travailler activement et le réunirai à cet effet la semaine prochaine.

Nous ne tiendrons pas seulement nos engagements passés. Dès ce soir, la France se doit d’être plus ambitieuse encore pour l’avenir, pour notre avenir.

Vive la République ! Vive la France !

Donald Trump déclare la guerre à la Nature

Donald Trump a tenu un discours hier où il a été tout fier de dénoncer les accords de la COP 21, les « accords de Paris ».

C’est ni plus ni moins qu’un acte de guerre : les États-Unis représentent 19 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, ce qui fait qu’on devine aisément les conséquences…

Ne nous voilons pas la face : le temps commence à être compté.

La défense de la Nature et des animaux n’a aucun sens si les destructions deviennent exponentielles.

Emmanuel Macron a bien pu répondre dès hier soir par un petite vidéo où il affirmait même « Make our planet great again » («Rendons sa grandeur a notre planète»), par opposition au « Make America great again », ce ne sont que des mots car les faits sont là.

La consommation de « viande » explose à l’échelle mondiale, la déforestation continue avec son ampleur terrifiante, le refus de la Nature reste général par une humanité anthropocentriste, et voilà que la première puissance économique du monde a placé à sa tête un fou furieux niant le réchauffement climatique.

Le Figaro donne une anecdote en disant long à ce sujet :

La scène se déroule le 8 février 2016 à Manchester, dans le New Hampshire… dans un autre siècle.

Deux mois plus tôt, le président des États-Unis, Barack Obama, venait de parapher l’accord de Paris sur le climat, et Donald Trump n’était encore qu’un électron libre à la popularité grandissante.

Dans le Palais des congrès surchauffé où se pressent 5000 à 6000 inconditionnels, le trublion new-yorkais fait une apparition tardive.

Les congères et le blizzard ont contrarié son arrivée par la route. Faisant mine d’épousseter son costume bleu nuit impeccable, Trump se gausse: «Alors il est où le réchauffement climatique dont “ils” parlent tant? On en aurait bien besoin, là maintenant!»

2016 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée et en 2017, Donald Trump fusille publiquement un accord au sujet du réchauffement climatique, devant toute la presse mondiale.

Et en fait rien n’a changé, puisqu’il s’agit de la défense d’un mode de vie, ainsi que d’intérêts économiques. La Croix note cette continuité :

1992. À Rio, les négociations sont lancées en vue d’un accord mondial sur le climat qui passe par la réduction des émissions de gaz à effet de serre. « Le mode de vie américain ne se négocie pas. Point final », déclare George H. Bush.

1997. Pour Washington, les pays en développement doivent assumer une part du fardeau. Le traité de Kyoto, signé par le vice-président démocrate Al Gore, est du coup rejeté par le Sénat. Le protocole de Kyoto entrera en vigueur en 2005 sans les États-Unis.

2007. À Bali, alors que la délégation américaine est huée, un « plan d’action » fixe l’objectif d’un accord mondial en 2009. Mais la COP de Copenhague, cette année-là, est un échec.

2015. Les États-Unis de Barack Obama jouent un rôle moteur dans l’adoption de l’accord de Paris, qui allie principes contraignants et « contributions » nationales sur la base du volontariat.

2017. Le 1er juin, après avoir fait de la sortie de l’accord de Paris un argument de sa campagne électorale, Donald Trump rend publique sa décision.

Le Parisien souligne l’importance des intérêts économiques dans la décision de Donald Trump :

La puissante US Chamber of Commerce, plus grande fédération patronale du monde, arguait que la mise en place de l’accord coûterait plus de 3.000 milliards de dollars à l’économie américaine d’ici à 2040.

L’organisation politique conservatrice Americans for Prosperity, financée par les frères milliardaires Koch, à la tête d’un empire industriel et chimique, soutenait aussi le retrait, tout comme des dizaines de groupes conservateurs, qui eux-mêmes financent largement les campagnes des républicains.

Il faut lutter! Il ne faut pas que des nations se mettent en avant, il ne faut pas que des individus se mettent en avant, il faut la Nature avant tout!

Concluons donc sur l’image du dernier numéro de la revue d’Earth first ! aux Etats-Unis.

Donald Trump s’y fait symboliquement attaquer par des animaux. Le tuyau est une allusion aux autorisations faites par le président américain de construire un oléoduc géant appelé Keystone XL, reliant les champs de sable bitumineux de la province canadienne de l’Alberta au golfe du Mexique, ainsi que l’olédoc Dakota Access du Dakota du Nord à l’Illinois.

Encore une tribune du Monde appelant à la dépénalisation du cannabis

Le Monde a de nouveau publié une tribune s’exprimant en faveur de la légalisation du cannabis. Son auteur est Yann Bisiou, maître de conférences en droit privé et sciences criminelles, à l’Université Paul Valéry – Montpellier III.

Son CV nous donne des précisions sur quelques unes de ses activités qu’il vaut le coup de mentionner ici : membre du Conseil Scientifique de l’Office Européen des Drogues et des Toxicomanie (OEDT – Commission Européenne depuis juillet 2002), membre du Conseil Scientifique de la Mission interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie (1999-2002), expert juridique auprès de la Commission d’enquête indépendante sur les drogues du Ministère de l’intérieur britannique (1999-2000), expert juridique auprès de l’Union Européenne pour différents programmes de recherches sur la toxicomanie (1996, 1999, 2000), expert associé, conseiller juridique auprès du Programme des Nations-Unies pour le Contrôle International des Drogues (PNUCID), à Vientiane, R.D.P. du Laos (1995-1996)…

Toute cette expertise pour, finalement, appeler à capituler et à considérer que puisque le cannabis va désormais amener une « contravention », alors il faut aller jusqu’au bout de la logique et procéder à la dépénalisation…

TRIBUNE.

Contravention pour usage de cannabis : une fausse bonne idée

Le nouveau ministre de l’intérieur vient de confirmer l’intention du gouvernement de transformer l’usage de cannabis en simple contravention d’ici 3 à 4 mois.

Pour un gouvernement soucieux de maîtriser sa communication, le fait que l’annonce vienne du ministre de l’intérieur et non de la ministre de la santé ou du ministre de la justice est révélateur. L’usage de stupéfiants n’est ni une question de santé publique, ni une question de libertés individuelles ; c’est devenu un problème d’ordre public, une incivilité.

En cela, le gouvernement rompt avec les principes qui justifient depuis l’origine la pénalisation de l’usage des stupéfiants en France. La loi du 31 décembre 1970 avait admis la sanction pénale des usagers pour renforcer l’incitation au soin.

Créer une contravention pour sanctionner sans soigner n’a aucun sens. Soit l’usage de cannabis est un problème de santé publique et la réponse doit être sanitaire, ce qu’une contravention ne permet pas, soit ce n’est pas un problème de santé publique et dans ce cas pourquoi ne pas légaliser l’usage de cannabis comme le font de plus en plus de pays ?

Pas une surprise

Pour autant cette annonce ne constitue pas une surprise. Elle confirme la tendance à aborder la problématique de l’usage de cannabis sous l’angle de « la lutte contre les nuisances publiques ». L’usage est considéré comme un danger potentiel pour la société qui justifie des sanctions en dehors de toute préoccupation de santé.

C’est déjà le cas de l’infraction de dépistage positif au volant qui n’offre aucune alternative sanitaire spécifique et sanctionne l’usager indépendamment de tout risque réel pour autrui (art. L235-1 du Code de la route).

C’est aussi le sens de la décision du Conseil d’État autorisant, le 5 décembre 2016, les tests salivaires en entreprise par un supérieur hiérarchique au nom de l’obligation générale de sécurité de l’employeur. C’est encore la volonté exprimée par Valérie Pécresse de développer le dépistage salivaire dans les lycées en Ile-de-France (Le Monde du 14 janvier 2016), ou la décision de Robert Ménard de mettre ces tests à disposition des parents dans les maisons de quartier à Béziers (Midi Libre web, 25 février 2017).

En théorie, l’usage est un délit puni d’une peine maximum d’un an d’emprisonnement et de 3 750 € d’amende. En réalité depuis plusieurs années, l’amende est la principale réponse à l’usage simple de cannabis et son montant est en moyenne de 450 €. Cette contraventionnalisation de facto n’a rien apporté, ni aux usagers, ni à la société. L’usage n’a cessé de progresser et les usagers d’être interpellés.

Faciliter la répression

La mesure annoncée par le ministre de l’intérieur n’a d’autre finalité que de faciliter la répression en rendant la procédure plus expéditive.

Elle ne réglera pas la question du trafic et de la délinquance associée. L’amende, plus systématique, va peser sur les usagers les plus précaires et les plus jeunes, ceux qui sont interpellés lors de contrôles d’identités sur la voie publique.

Enfin, elle risque de renforcer une pratique policière condamnée par la Cour de cassation qui consiste à poursuivre les usagers pour « détention de stupéfiants », un délit punit de 10 ans d’emprisonnement (Cour de cassation, 22 février 2017, n° 16-82412).

Parce que les pouvoirs d’enquête sont plus étendus pour un délit que pour une contravention et que tout usager « détient » le cannabis avant de le consommer, la qualification pourra, en effet, varier en fonction des besoins de la procédure.

Au contraire, à l’image de ce qui se met en place au Canada avec les deux projets de loi sur la dépénalisation du cannabis et la prévention de la conduite sous influence des drogues (Projets C45 et C46, 13 avril 2017), c’est à une société plus inclusive pour les usagers de cannabis qu’il faut œuvrer.

C’est le sens de la réduction des risques que Marisol Touraine a voulu conforter dans la loi Santé du 26 janvier 2016 et c’est dans cette voie que le gouvernement devrait s’engager.

Il faut faire l’effort de définir les comportements réellement susceptibles de causer un risque à autrui, prendre en compte la question de l’usage de cannabis, dans la société, au lycée ou dans l’entreprise, pour en réduire les effets les plus néfastes et non persévérer dans une prohibition qui a échoué.

Le tabac se maintient en France et touche davantage les plus pauvres

C’est aujourd’hui la journée mondiale sans tabac et à cette occasion, Santé publique France, qui relève des institutions, a publié hier une étude intitulée « Cigarette électronique, tentatives d’arrêt et arrêt du tabac : un suivi à 6 mois ».

L’article, à vocation scientifique, est payant, ce qui est un manque flagrant d’accès démocratique. Mais comme Le Monde en parle, on a un petit aperçu très instructif :

Fumer est de plus en plus un signe d’appartenance sociale.

Entre 2010 et 2016, le pourcentage de fumeurs quotidiens a continué d’augmenter chez les Français à faibles revenus, passant de 35,2 % à 37,5 % de cette catégorie sociale.

A l’inverse, chez les Français à haut niveau de revenus, cette proportion est passée de 23,5 % à 20,9 % en six ans. (…)

Pour expliquer cette augmentation de la consommation de tabac parmi les catégories sociales les plus défavorisées, l’agence sanitaire avance, pêle-mêle, « l’utilisation de la cigarette pour gérer le stress, la difficulté à se projeter dans l’avenir, la méfiance à l’égard des messages de prévention, le déni du risque, une dépendance nicotinique plus importante, une norme sociale en faveur du tabagisme ou des événements difficiles pendant l’enfance ». (…)

Après une baisse entre 2000 et 2005, puis une hausse entre 2005 et 2010, le Baromètre montre par ailleurs une stabilité globale des chiffres de consommation de tabac.

En 2016, 28,7 % des Français fumaient quotidiennement, contre 29,1 % en 2010.

En ajoutant les 5,8 % de fumeurs occasionnels, la France compte un peu plus d’un tiers de fumeurs (34,5 %).

Un pourcentage élevé qui la place parmi les pires pays occidentaux.

L’Allemagne, l’Espagne, la Belgique et les Pays-Bas affichent un quart de fumeurs, l’Italie et la Grande-Bretagne un cinquième, et les Etats-Unis et l’Australie, seulement 15 %.

Quand on fait partie des 10 % des Français qui « profitent de la vie », c’est-à-dire du capitalisme, on a les moyens de se préoccuper de sa santé, on a un certain niveau d’accès aux informations, aux choses de qualité.

Quand on en fait pas partie, les choses sont bien plus difficiles… Au 19e siècle l’ouvrier était maigre et le bourgeois gros, au 21e siècle c’est le contraire.

Les gens des catégories populaires sont piégés culturellement ; ils sombrent dans le pessimisme, et cela veut dire Marine Le Pen et la cigarette, l’impossibilité d’entrevoir une utopie et le refus de croire en la valeur de la culture, qui selon eux est un truc de riches, ou quelque chose qui ne marchera pas.

Comme en plus en France, on rejette la Nature, il y a le déni et le culte de l’individualisme, du « cela me regarde », du relativisme avec le « après tout qu’est-ce qu’on en sait », etc.

Ce qui est alors d’autant plus grave, c’est qu’en France, il y a des gens qui se disent de gauche mais ne voient même pas que la question de la santé publique est essentielle. C’est là aussi la conséquence d’une lecture des choses par un prisme entièrement individuel…

Comme si les addictions étaient un problème « personnel » et non pas un problème de société. Les gens qui tombent dans les addictions ne le choisissent pas : ils sont victimes d’une situation que la société permet, au lieu de faire en sorte qu’elle ne se produise pas.

Il faut, pour éviter les addictions, avoir un certain niveau d’éducation et de culture, avoir également les moyens de faire différemment. Cela signifie être soi-même, être naturel, mais la société permet-elle d’être naturel ? Absolument pas, puisque ce qui compte c’est l’apparence, l’ego, la superficialité, le luxe.

L’effondrement de la barrière de corail

La grande barrière de corail est une sorte de vaste entité vivante de 2300 kilomètres de long, le réchauffement climatique provoque sa mort en raison de l’augmentation de la température de l’eau. En effet, les algues meurent et cela est visible par le blanchissement des coraux, une fois les organismes vivants étant morts.

Le gouvernement australien a fourni hier des données, qui ont largement été diffusé par le suite par les médias.

29 % des coraux de la grande barrière de corail sont morts en 2016. C’est une catastrophe générale.

Et pour expliquer toutefois la mentalité relative à cette information, citons Russell Reichelt, qui dirige l’autorité administrative du parc marin de la grande barrière de corail :

« Nous sommes très inquiets de ce que cela signifie pour la grande barrière de corail elle-même et ce que cela veut dire pour les communautés et les industries en dépendant. »

Difficile de faire plus anthropocentriste, alors que qui plus est le panorama sera le même à la fin de 2017, comme c’est déjà prévu :

« La quantité de coraux qui ont péri lors du blanchissement de 2016 est en hausse par rapport à notre estimation initiale et, actuellement, bien que les rapports soient en cours de finalisation, nous nous attendons à voir un recul supplémentaire de la couverture corallienne à la fin 2017. »

Pourtant, il est flagrant que l’activité humaine a un impact : dans la localité touristique de Port Douglas, 70 % des coraux sont morts, alors que la situation est très grave dans les régions touristiques de Cairns et Townsille.

Voici d’ailleurs un exemple de photographie anthropocentriste mise en avant par l’autorité du parc marin, au nom des « femmes dans la science » : cette esthétique est d’une niaiserie insupportable par rapport à la gravité de ce qui se déroule.

Comment l’humanité dans cinquante ans regardera-t-elle nos générations actuelles, si ce n’est comme des arriérés, des primitifs ?

D’ailleurs, et cela aussi aurait dû permettre une remise en cause de l’anthropocentrisme, en 2015 un « Reef 2050 plan » avait été mis en place. L’UNESCO avait menacé de placer la grande barrière de corail comme un héritage menacé et un plan de sauvegarde a été mis en place.

Mais ce plan n’a plus aucun sens alors qu’en deux ans, 50 % du corail vient de mourir…

D’ailleurs, en 2010 nous parlions des agressions en série contre la grande barrière de corail ; en 2011, nous parlions du fait qu’à l’horizon 2030 60% des coraux de la grande barrière mourraient à ce rythme là…

La catastrophe s’accélère.

C’est, peut-être, là un tournant dans l’histoire de l’humanité. La passivité devant la destruction de la Nature, le refus de voir à un autre niveau que son petit moi, la soumission aux valeurs de compétition et de concurrence, tout cela provoque une série de réactions en chaîne sans commune mesure.

La crise écologiste est inévitable et il s’agit de savoir si, à l’avenir, il y aura bien une partie de l’humanité impulsant une logique entièrement différente, assumant comme principe : la Terre d’abord !

« La Nature, cette force suprême, continue son oeuvre créatrice et réparatrice… »

Puisque nous parlions de Diderot hier, plongeons une nouvelle fois dans le passé.

Nous sommes à l’été 1897 et dans la revue « L’État Naturel et la part du prolétaire dans la civilisation », le militant « naturien » Émile Gravelle publie un long article, dont voici la fin.

Il s’agit d’une tentative de voir différemment le rapport entre l’humanité et la Nature…

La prostitution n’existe pas à l’Etat Naturel

La femme ayant, de même que l’homme, la jouissance complète des biens de la terre, possède donc la même indépendance matérielle et n’obéit qu’ à ses impulsions.

Sitôt nubile, elle subit la loi toute naturelle d’attraction, et si elle se livre à l’homme, ce n’est que sous la poussée des désirs qui incitent à l’acte de génération.

La cause principale de la prostitution dans les pays civilisés, c’est-à-dire en progrès, c’est la misère, le dénuement absolu des choses impérieusement nécessaires comme la nourriture et l’abri.

Elle se produit parfois aussi, mais le cas est moins fréquent, par convoitise des choses de luxe créées artificiellement, telles que toilettes, parures, dignités sociales (!), dont la valeur fictive consiste en leur rareté ( ce qui implique que ne pouvant être mises à la disposition de tous, elles détermineront toujours le sentiment de l’envie).

Toujours hypocrite et menteuse, la Société civilisée (bizarre réunion d’associés, les uns gavés, les autres indigents), la Société, ne voulant point se reconnaître coupable envers la catégorie des prostituées par misère, leur impute des penchants à la luxure, et, complaisamment, les a dénommées : folles de leurs corps ou filles de joie.

Filles de joie, les malheureuses ! Allez leur demander quelles sont les joies du trafic qu’elles opèrent, elles vous répondront que la première est de ne plus sentir la faim.

Mais à l’état naturel, la misère n’existant pas, la prostitution ne peut avoir lieu de ce chef. On a cité dans les relations de voyages aux pays non-civilisés l’exemple de femmes indigènes se livrant aux visiteurs pour la possession d’objets inconnus : rubans, bijoux, colliers de verroterie.

Si cela est exact, c’est la meilleure démonstration de l’influence corruptrice de l’artificiel, et ces femmes ne se fussent pas prostituées pour l’acquisition de choses naturelles, en ayant suffisamment et gratuitement à leur disposition.

L’Humanité recherche le bonheur c’est-à-dire l’Harmonie.

L’être humain si parfaitement constitué et si bien satisfait dans ses besoins par la prodigalité de la terre exempt de soucis matériels, n’a d’aspirations que vers la joie.

Et il peut la désirer avec l’assurance de la posséder et de la ressentir constamment s’il ne s’écarte du milieu favorable ou la Nature l’a placé.

Il peut maintenant constater ce qu’il lui en coûte d’avoir voulu corriger l’oeuvre de sa Productrice et par le seul déboisement du sol, d’avoir compromis l’ordre établi par de longs siècles de formation.

Ayant déréglé le régime de l’air et des eaux, il revoit le chaos initial, l’eau se mélange de nouveau à la terre par l’inondation fréquente et l’éboulement des montagnes ; son être, son corps, déplacé de sa situation normale, quoiqu’encore animé de fluide vital, se décompose, et sa chair tuméfiée et suintante expulse, reconstituées, les substances minérales originelles.

Mais le mal n’est pas irréparable, car la Nature, cette force suprême, continue son oeuvre créatrice et réparatrice ; et la terre reprendrait vite son merveilleux si l’homme voulait bien reconnaître sa présomption et cesser de contrarier l’allure régulière de sa production.

L’Harmonie pour l’Humanité réside en la Nature.

Elle apparaît partout cette harmonie ; dans la division des continents et des mers, dans la disposition topographique du sol, dans les hautes montagnes dont les glaciers, ces réservoirs naturels, alimentent d’eau en été les plus grands fleuves ; dans les collines et les vallons donnant côte à côte et dans la même région des productions différentes ; dans les arbres géants qui sont la protection de l’abondance du sol et êtres qui en jouissent.

Elle apparaît dans la diversité des formes, des couleurs, des parfums et des sons et dans la disposition des organes de notre corps qui nous permettent de les percevoir.

Elle est bien la condition de la vie humaine. Que dans la faune et la flore, le fort dévore ou écrase le faible, qu’importe, si le résultat est au bénéfice de l’homme.

Ce n’est pas l’instant de faire du sentiment, à l’égard des plantes et des animaux ; ayons-en d’abord pour nous-mêmes. Qu’il suffise de constater que nous, êtres privilégiés, n’avons nullement besoin de dévorer notre semblable pour vivre et qu’il est possible d’atteindre un résultat heureux : la suppression de nos souffrances.

« Nous suivons le pur instinct de la nature »

Le véganisme ne doit pas être le point d’arrivée, mais le point de départ ; la misanthropie n’a aucun sens et ne fait qu’utiliser les animaux pour développer un discours pessimiste et fataliste, une protestation vaine et symbolique.

Il faut au contraire partir du fait que l’humanité est bonne, qu’il faut donc l’aider à bien s’orienter. Voici justement un extrait du grand classique de Diderot, le Supplément au voyage de Bougainville.

Les méfaits des valeurs erronées de la civilisation sont dénoncés par Diderot à travers la bouche d’un vieux Tahitien…

Il s’agit de vivre suivant la Nature, de ne pas courir derrière des absurdités ; le Tahitien rejette ceux qui veulent le corrompre lui et les siens : « Va dans ta contrée t’agiter, te tourmenter tant que tu voudras ; laisse-nous reposer : ne nous entête ni de tes besoins factices, ni de tes vertus chimériques »…

« Au départ deBougainville, lorsque les habitants accouraient en foule sur le rivage, s’attachaient à ses vêtements, serraient ses camarades entre leurs bras, etpleuraient, ce vieillard s’avança d’un air sévère, et dit :

« Pleurez, malheureux Taïtiens ! pleurez ; mais que ce soit de l’arrivée, etnon du départ de ces hommes ambitieux et méchants : un jour, vous lesconnaîtrez mieux.

Un jour, ils reviendront, le morceau de bois que vous voyezattaché à la ceinture de celui-ci, dans une main, et le fer qui pend au côté decelui-là, dans l’autre, vous enchaîner, vous égorger, ou vous assujettir à leurs extravagances et à leurs vices ; un jour vous servirez sous eux, aussi corrompus, aussi vils, aussi malheureux qu’eux.

Mais je me console ; je touche à la fin de ma carrière ; et la calamité que je vous annonce, je ne laverrai point.

Taïtiens ! mes amis ! vous auriez un moyen d’échapper à un funeste avenir ; mais j’aimerais mieux mourir que de vous en donner leconseil. Qu’ils s’éloignent, et qu’ils vivent. »

Puis s’adressant à Bougainville, il ajouta : « Et toi, chef des brigands quit’obéissent, écarte promptement ton vaisseau de notre rive : nous sommesinnocents, nous sommes heureux ; et tu ne peux que nuire à notre bonheur.

Nous suivons le pur instinct de la nature ; et tu as tenté d’effacer de nos âmes son caractère. Ici tout est à tous ; et tu nous as prêché je ne sais quelle distinction du tien et du mien.

Nos filles et nos femmes nous sont communes ; tu as partagé ce privilège avec nous ; et tu es venu allumer en elles desfureurs inconnues.

Elles sont devenues folles dans tes bras ; tu es devenu féroce entre les leurs. Elles ont commencé à se haïr ; vous vous êtes égorgéspour elles ; et elles nous sont revenues teintes de votre sang. Nous sommeslibres ; et voilà que tu as enfoui dans notre terre le titre de notre futur esclavage.

Tu n’es ni un dieu, ni un démon : qui es-tu donc, pour faire desesclaves ? Orou ! toi qui entends la langue de ces hommes-Là, dis-nous àtous, comme tu me l’as dit à moi, ce qu’ils ont écrit sur cette lame de métal : Ce pays est à nous.

Ce pays est à toi ! et pourquoi ? parce que tu y as mis lepied ? Si un Taïtien débarquait un jour sur vos côtes, et qu’il gravât sur une devos pierres ou sur l’écorce d’un de vos arbres : Ce pays appartient auxhabitants de Taïti, qu’en penserais-tu ?

Tu es le plus fort ! Et qu’est-ce que cela fait ? Lorsqu’on t’a enlevé une des méprisables bagatelles dont tonbâtiment est rempli, tu t’es récrié, tu t’es vengé ; et dans le même instant tu asprojeté au fond de ton cœur le vol de toute une contrée !

Tu n’es pas esclave : tu souffrirais la mort plutôt que de l’être, et tu veux nous asservir ! Tu croisdonc que le Taïtien ne sait pas défendre sa liberté et mourir ?

Celui dont tuveux t’emparer comme de la brute, le Taïtien est ton frère. Vous êtes deuxenfants de la nature ; quel droit as-tu sur lui qu’il n’ait pas sur toi ?

Tu es venu ; nous sommes-nous jetés sur ta personne ? avons-nous pillé tonvaisseau ? t’avons-nous saisi et exposé aux flèches de nos ennemis ? t’avons-nous associé dans nos champs au travail de nos animaux ? Nous avons respecté notre image en toi.

Laisse-nous nos mœurs, elles sont plus sages et plus honnêtes que les tiennes. Nous ne voulons point troquer ce que tu appelles notre ignorance contre tes inutiles lumières. Tout ce qui nous est nécessaire et bon, nous le possédons.

Sommes-nous dignes de mépris parce que nous n’avons pas su nous faire des besoins superflus ? Lorsque nous avons faim, nous avons de quoi manger ; lorsque nous avons froid, nous avons de quoi nous vêtir. Tu es entré dans nos cabanes, qu’y manque-t-il, à ton avis ?

Poursuis jusqu’où tu voudras ce que tu appelles commodités de la vie ; mais permets à des êtres sensés de s’arrêter, lorsqu’ils n’auraient à obtenir, de la continuité de leurs pénibles efforts, que des biens imaginaires.

Si tu nous persuades de franchir l’étroite limite du besoin, quand finirons-nous de travailler ? Quand jouirons-nous ? Nous avons rendu la somme de nos fatigues annuelles et journalières, la moindre qu’il était possible, parce que rien ne nous paraît préférable au repos.

Va dans ta contrée t’agiter, te tourmenter tant que tu voudras ; laisse-nous reposer : ne nous entête ni de tes besoins factices, ni de tes vertus chimériques.

Regarde ces hommes ; vois comme ils sont droits, sains et robustes Regarde ces femmes ; vois comme elles sont droites, saines, fraîches et belles.

Prends cet arc, c’est le mien ; appelle à ton aide un, deux, trois, quatre de tes camarades, et tâchez de le tendre. Je le tends moi seul ; je laboure la terre ; je grimpe la montagne ; je perce la forêt ; je parcours une lieue de la plaine en moins d’une heure.

Tes jeunes compagnons ont eu peine à me suivre, et j’ai quatre-vingt-dix ans passés. Malheur à cette île ! malheur aux Taïtiens présents, et à tous les Taïtiens à venir, du jour où tu nous as visités !

Nous ne connaissions qu’une maladie, celle à laquelle l’homme, l’animal et la plante ont été condamnés, la vieillesse, et tu nous en as apporté une autre ; tu as infecté notre sang. »

Interview d’une personne végane dans une famille qui ne l’est pas

Comment être vegan dans une famille qui ne l’est pas ?

Si auparavant la question ne se posait que rarement de par l’isolement du véganisme, désormais c’est une pratique suffisamment répandue pour qu’il y ait des situations très différentes et parfois compliquées.

Il y a ici matière à réflexion et voici quelques questions posées à Joël, qui est dans cette situation. N’hésitez pas non plus à nous faire part de vos témoignages.

1. Joël, tu es marié et ton couple a des enfants, mais tu es le seul à être vegan dans ta famille. L’étais-tu avant ou bien l’es-tu devenu alors que tu étais en couple ?

Je suis devenu vegan début 2015, donc relativement récemment, après avoir visionné le film Earthlings (Terriens). Bien entendu, c’est aussi l’aboutissement d’une longue réflexion qui remonte loin.

J’avais déjà été végétarien il y a une vingtaine d’années, puis j’ai abandonné après une petite anémie, faute de manger équilibré.

Il faut dire qu’à l’époque les aliments VG étaient quasi introuvables, à part les céréales et les légumineuses qui mettent trois quarts d’heure à cuire… [nous sommes en désaccord complet avec ce propos – LTD]

Mais cela m’a aidé lorsque je suis devenu vegan car j’étais familiarisé avec l’alimentation végétale.

Mon épouse est omnivore et nos deux enfants les plus âgés ont été élevés dans cette habitude alimentaire. Le petit troisième est éduqué de façon « mixte » mais à dominante carnivore, puisque je suis très minoritaire à la maison.

2. Comment se déroulent les repas ? Vis-tu pour ainsi dire à part, ou bien partages-tu les repas, le réfrigérateur, etc ?

Nous mangeons ensemble et partageons le réfrigérateur. En général, je consomme séparément ma nourriture, mais il arrive que je cuisine végétal pour tout le monde et nous mangeons alors tous la même chose.

Ce qui achoppe parfois, ce sont les divergences de vues concernant les équilibres alimentaires.

Pour les omnivores, la viande, les œufs et le poisson sont au centre des apports de protéines, de fer et autres nutriments indispensables. Ce qui fait que les végétaux sont relégués au rôle secondaire d’« accompagnement ».

En revanche, pour les végétaliens, ces apports sont le résultat d’un ensemble d’aliments, combinés ou pas. De ce fait, la structure d’un repas peut différer sensiblement.

C’est pourquoi une sorte d’incompréhension est susceptible de s’installer quelquefois. C’est aussi pourquoi le « simili-carné » peut être une bonne aide soit pour ceux qui ont du mal à se défaire de la viande, soit pour ceux qui souhaitent rester intégré dans leur environnement familial (c’est mon cas) ou professionnel.

3. As-tu l’impression de vivre un compromis inévitable, ou bien espères-tu que les choses vont changer sur ce plan ?

Les deux. A moins de claquer la porte du domicile, je ne vois pas comment je pourrais faire autrement. C’est donc un compromis, auquel d’ailleurs ma famille se plie de bonne grâce.

J’espère aussi que les mentalités vont évoluer. Mais j’ai observé que la gourmandise joue un rôle particulièrement important dans la consommation carnée. « C’est bon, alors pourquoi je m’en priverais »…

Des études ont également montré le caractère addictif de la viande et de certains laitages, notamment le fromage. Par ailleurs, cette nourriture est beaucoup plus accessible à la fois financièrement et pratiquement : vous trouverez du jambon, du pâté ou des boîtes de thon bas de gamme dans n’importe quelle supérette.

Bien sûr, la nourriture végétale basique (céréales, légumineuses, etc.) est peu onéreuse, mais les recettes végétales plus élaborées le sont encore trop, faute de subventions de ces filières et faute de grosse production.

4. Sur le plan de l’éducation, as-tu une démarche particulière ? Comment expliques-tu ton approche différente aux enfants, notamment dans le rapport aux animaux?

Les enfants sont en général sensibles à la souffrance animale.

Mais ici intervient la fameuse « dissonance cognitive », c’est-à-dire le déni consistant à dissocier, dans son esprit, la viande de l’être vivant duquel elle provient.

La publicité est d’ailleurs le summum de la dissonance cognitive triomphante, avec ses poulets plumés qui dansent joyeusement et ses vaches qui ne demandent qu’à donner leur bon lait aux humains plutôt que de le garder égoïstement pour leur veau…

Et les enfants se trouvent être l’une des cibles privilégiées de la pub !

Mon aînée de 13 ans a toujours refusé de manger du lapin, mais cela ne la dérange pas de manger du veau ou de l’agneau. J’ai beau souligner que le veau ou l’agneau sont aussi « mignons » que le lapin, rien ne semble la convaincre que la côtelette ou le gigot dont elle se régale sont prélevés sur des bébés que, vivants, elle adorerait caresser…

Cette réaction est classique. Il en va de même pour une majorité de consommateurs de viande ; on nage en plein irrationnel !

Je procède donc par petites piques provocatrices. S’il y a du jambon à leur menu : « − Vous savez qu’on arrache les testicules des porcelets mâles ? Qu’on leur coupe la queue et qu’on leur lime les dents, et tout ça sans anesthésie ? − Ah bon… Bon ben, on parle d’autre chose !… »

Parfois, je leur suggère de goûter à la viande de chat, de chien… ou d’être humain ; il paraît que c’est très bon !

J’y vais à l’usure, même si la plupart du temps je me heurte au mur du déni. Un jour, peut-être, au hasard d’une vidéo sur internet ou d’une rencontre, ils réaliseront l’énorme supercherie. Je le souhaite de tout mon cœur. Alors, ce que je leur aurai seriné trouvera un écho en eux.

5. Quel est le genre de situation qui te semble difficile à vivre, où il te faut prendre sur toi ?

L’une des situations les plus difficiles à vivre, ce sont les odeurs. Surtout celle de la viande grillée. C’est incroyable comme on perd certaines habitudes.

Aujourd’hui, je ne peux dissocier cette odeur de celle d’un être sensible meurtri et brûlé − ce qu’elle est, précisément !

J’imagine que les parfums des barbecues cannibales devaient en faire saliver plus d’un. De même les festins de chiens en Chine ou en Corée.

Or seule notre culture, c’est-à-dire nos habitudes, nous empêche de nous régaler de ces viandes-là, qui sont taboues en Occident.

De la même façon, seule notre culture nous a appris et nous a autorisés à jouir des odeurs de la chair cuite des cochons, des vaches, des poulets…

6. Quel est inversement le genre de situation où, au contraire, il te semble que tu fais à ta manière vraiment inverser les choses ?

Cette question rejoint la no 4 : ma seule satisfaction est l’espérance qu’un jour mes paroles et mon exemple (en toute humilité !) rencontreront un écho chez mes enfants devenus adultes, voire chez mon épouse.

Pour l’instant, rien n’indique de tels changements…

7. Que dirais-tu aux gens qui considèrent que, au-delà de la complexité de la situation individuelle, ta démarche relève d’une certaine relativisation du véganisme?

Je leur laisse imaginer ce que représente le fait de cuisiner et de manger différemment au quotidien lorsqu’on est très minoritaire et que le temps est compté.

Si je vivais seul, je ne mangerais certainement pas de « steaks » ni de « saucisses » en simili-carné.

Mais je trouve néanmoins pratique de disposer d’aliments 100 % végétaux qui peuvent être consommés en même temps que d’autres qui sont carnés. Socialement, c’est très important.

Comme je l’ai mentionné, il m’arrive fréquemment de préparer des plats complets à base de céréales, légumineuses, etc., qui n’évoquent pas la viande, ni par le goût ni par l’aspect, et je m’efforce qu’ils soient suffisamment goûteux (malheureusement, je ne suis pas un cordon bleu !).

J’explique à ma petite famille que c’est un plat complet, qu’il n’y a pas besoin de manger de viande ou de poisson avec ça. Mais je ne peux pas imposer cela à tous les repas, ne serait-ce que parce que ma femme aussi cuisine…

Je trouve illusoire d’imaginer que l’appétence pour le goût carné puisse disparaître du jour au lendemain, y compris chez certains vegans.

Je refuse donc aux « gardiens du Temple » le droit de juger qui est « vraiment » vegan et qui ne l’est pas.

Si l’on y réfléchit bien, il se présente deux sortes de vegans : ceux qui le sont depuis leur naissance (encore peu nombreux) et ceux qui le sont devenus (largement majoritaires). Ceux qui sont nés dans une famille vegan ont reçu de leurs parents des habitudes alimentaires au même titre que les carnivores ; ils n’ont donc aucun motif d’autosatisfaction.

Ceux qui sont devenus vegans ont par définition été omnivores auparavant, et savent donc combien il est difficile, dans notre société, de faire des choix alternatifs.

La capacité à ouvrir les yeux est avant tout liée à la compassion qu’on ressent. Or tout est fait pour faire oublier au consommateur la provenance de la chair animale, du lait et des œufs, et la manière dont ils sont produits. Bien entendu, les choses avancent.

La venue au véganisme peut être subite comme progressive, il n’y a pas de règle. Pour ma part, j’y suis venu du jour au lendemain, par simple souci de cohérence.

Mais je comprends aussi que beaucoup de gens prennent leur temps, y compris parce qu’ils ne veulent pas voir la réalité en face. Comme vous, je suis indigné, révolté par la société carniste. Que pouvons-nous y faire, à part essayer de les convaincre, faire appel à leur compassion et donner l’exemple ?

La police française capitule devant le cannabis

L’annonce comme quoi la possession de cannabis allait amener désormais une simple contravention a eu un écho énorme.

Personne n’est dupe! Voici ce que dit RTL :

Une simple contravention pour le cannabis, un pas vers la légalisation ?

La Tribune joue avec le nom du mouvement d’Emmanuel Macron :

En marche vers la dépénalisation du cannabis

La conclusion est la suivante :

Si le gouvernement et son ministère de l’intérieur tiennent leurs promesses et mettent en place ce système de contravention pour l’usage du cannabis, on s’oriente donc bien vers une dépénalisation du cannabis. En attendant que le débat soit lancé sur la légalisation ?

La Croix donne la parole à Philippe Capon, secrétaire général du syndicat Unsa-Police, qui appuie la proposition.

C’est la capitulation devant le cannabis, complète. La police prétend défendre la population : ici, on voit bien que ses valeurs consistent simplement à défendre l’ordre social tel qu’il existe…

Voici ce qu’il répond à la question suivante : « Une contravention permettra-t-elle de mieux lutter contre l’usage de cannabis ? ».

Nous sommes favorables à la mise en place d’amendes pour lutter contre la consommation de petites quantités de drogues, car le système actuel est en réalité complètement hypocrite. Les policiers réalisent chaque année 130 000 procédures pour usage de cannabis, mais 2 000 seulement aboutissent à des poursuites. Les 128 000 autres se terminent par un simple rappel à la loi.

Concrètement, cela signifie que nous devons interpeller le consommateur, le conduire en garde à vue, rédiger des procès-verbaux, faire procéder à une visite médicale, avoir l’intervention d’un avocat…

La procédure pénale française étant très lourde, les avocats passent plus de temps à chercher des erreurs de forme, plutôt que des éléments de fond, pour faire tomber nos procédures. Au final, la personne est, au mieux, convoquée par le juge pour un rappel à loi. Le plus souvent, ça se termine par un simple courrier.

Les policiers en ont donc assez de perdre leur temps comme ça. Actuellement, les officiers de police judiciaire ont jusqu’à 150 ou 200 dossiers chacun : si on peut les soulager des procédures pour usage de cannabis, ce sera un progrès.

Quant aux 2 000 procédures qui aboutissent, elles visent en réalité des personnes que l’on a déjà interpellées deux, trois, quatre fois, ou pour lesquelles on a une suspicion de trafic. Celles-là nécessitent que l’on enquête et elles finissent par être jugées. C’est une bonne chose et cela continuera : de ce que l’on sait, l’amende ne devrait être réservée qu’aux primo-consommateurs.

L’avantage, c’est que dresser un PV électronique est extrêmement simple pour la police : comme pour les contraventions routières, on entre dans un boîtier les coordonnées de la personne, puis l’administration fiscale prend le relais pour obtenir le règlement. Si la personne ne paie pas, il y a des majorations. On ne sait pas encore exactement comment cela fonctionnera pour le cannabis, mais si c’est ce modèle qui est mis en place, on s’en félicite.

Reste la question du montant de l’amende. Si c’est une contravention de 3eclasse, ce sera 68 €. Certains trouveront que c’est faible, mais n’est-ce pas mieux que rien ? C’est inutile de fixer des montants exorbitants dont les gens ne pourront pas s’acquitter : on retournerait alors vers des procédures longues.

Certains diront par ailleurs qu’il faut maintenir le système répressif en l’état. Mais encore une fois, c’est un échec. Les trafics ne cessent d’augmenter. Avec les procédures, on fait du chiffre, de l’affichage, mais on ne fait progresser ni la sécurité ni la lutte contre les trafics. Essayons donc ce nouveau système qui permettra de sanctionner immédiatement les personnes et de libérer du temps pour les officiers de police judiciaire qui ont mieux à faire.

Au lieu de raisonner en termes de société, de valeurs, on a ici un raisonnement pragmatique de fonctionnaire, d’administration répressive au service du capitalisme et de sa vie quotidienne.

C’est la faillite totale devant le cannabis. Seule une initiative réellement progressiste peut bloquer l’émergence générale de ce fléau qu’est le cannabis!

Vers la dépénalisation du cannabis

C’est un thème que nous avons abordé de manière récurrente ces derniers temps : la légalisation du cannabis. Nous avons présenté celle-ci comme malheureusement inéluctable de par l’hégémonie complète du libéralisme.

Le refus d’une vie naturelle, la tolérance devant n’importe quelle forme d’expression individuelle, la « tolérance » consistant en le relativisme et la négation des valeurs en général… Tout cela fait que le cannabis est de plus en plus ancré dans les moeurs et la culture.

Il ne manque plus que la légalisation, vers laquelle on va avec un premier pas : la dépénalisation.

Hier, le ministre de l’intérieur Gérard Collomba a annoncé sur BFMTV et RMC une mesure qui va être prise dans les 3-4 mois prochains :

« Ce que dit Emmanuel Macron, c’est qu’on peut dresser une contravention tout de suite.

Parce que le problème aujourd’hui, c’est que quelqu’un est arrêté pour un trafic de stups et il ne se passe rien, deux jours après il revient dans son quartier et il refait le même trafic. »

Il ne faut pas être dupe : c’est un pas vers la légalisation. Le quotidien Libération l’a tout à fait compris :

Comme le mentionne l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), «la dépénalisation peut être définie comme le processus tendant à réduire l’application de sanctions pénales à l’égard d’un comportement déterminé, cette réduction pouvant aboutir à leur suppression pure et simple».

La contraventionnalisation est donc bel et bien une mesure s’inscrivant dans un processus de dépénalisation.

On est loin cependant de la légalisation du cannabis promue notamment par Benoît Hamon qui, selon lui, permettrait de «tarir l’économie souterraine et les violences».

Timide, la mesure proposée par Collomb et Macron devrait néanmoins être dénoncée comme laxiste par ses détracteurs.

Il est évident qu’Emmanuel Macron compte à terme légaliser le cannabis. C’est un libéral authentique, il sait qu’il peut jouer sur deux tableaux : d’abord, cela fera des rentrées économiques pour l’Etat par les taxes.

Ensuite, il peut se donner une image positive envers une gauche et une jeunesse totalement contaminée par l’individualisme et la fuite vers les paradis artificiels.

Le refus de la Nature est tel en France que la possibilité d’une vie heureuse est niée, au profit d’une quête de toute-puissance de l’égo, des choix personnels, de l’individu considéré comme entièrement séparé de tout à part de lui-même.

Le cannabis serait un choix personnel, une manière comme une autre de consommer quelque chose amenant des sensations.

C’est le déni complet de la réalité et c’est pourquoi il faut batailler contre le cannabis. Sa reconnaissance serait le triomphe total pour une longue période de la logique de l’individualisme le plus complet, du culte de l’individu-roi, méprisant la réalité et ne l’évaluant que par rapport à ses propres envies, ses propres choix.

Le cannabis, c’est le symbole même du repli sur soi, de la négation de la réalité pour plonger dans l’artificialité. C’est la destruction de l’esprit, la tentative d’éteindre son rapport au monde réel.

Le cannabis est un piège, comme tout ce qui rend dépendant. Il doit être refusé, il doit être combattu, il doit être vaincu.

« On aime nos animaux, on fait tout pour eux »

Si hier nous parlions de Libération qui a publié un article indirectement en faveur des delphinariums, cette fois c’est hier Le Monde qui s’y est collé.

Sous couvert de diffusion d’informations, c’est encore une fois un soutien indirect à la parole des delphinariums qui est orchestré.

Voici ainsi ce qu’on peut lire dans l’article « La fronde des delphinariums, menacés de disparition » :

« Cet arrêté attaque les animaux au lieu de les protéger. Les bassins vont devenir une prison, et les soigneurs des matons », abonde Jon Kershaw, le directeur zoologique de Marineland, le seul à détenir des épaulards, en plus de ses onze grands dauphins.

Comment éviter leur accouplement ? Les parcs marins ne le savent pas encore. Hors de question de les castrer, car l’anesthésie générale serait trop risquée. Restent la contraception et la constitution de groupes séparés de mâles et de femelles, « ce qui n’est pas raisonnable pour leur vie sociale », juge-t-il. (…)

« A l’origine, l’arrêté était de très haut niveau, et nous permettait d’améliorer notre image. Jusqu’à ce que Ségolène Royal décide, seule, de tout remettre en cause avec l’interdiction de la reproduction. Là, ce n’est plus acceptable », s’insurge Jon Kershaw.

Pour Marineland, la survie s’avère des plus précaires du fait de sa spécialisation dans les cétacés.

Mais les parcs font également face à des critiques toujours plus vives. Alors, les soigneurs expliquent leur travail, dans des termes choisis.

Ils ne « dressent » pas les animaux pour des « spectacles », mais « renforcent » leurs « pensionnaires » lors de « présentations ».

« On utilise une sensation agréable pour guider l’animal et lui apprendre à renouveler le comportement que l’on attend », explique Candice, 31 ans, l’une des dix soigneuses de Planète sauvage, vêtue de sa combinaison noire.

Si le dauphin a réussi l’un des 150 à 200 comportements enseignés, un coup de sifflet indique que le soigneur est satisfait.

Arrive ensuite la récompense : du poisson, des glaçons, des jouets ou des caresses, « selon ce qu’ils aiment ».

Mais quoi qu’il arrive, assure-t-elle, l’animal a toujours sa ration de harengs, de merlans ou de sardines : « On ne les affame pas, il n’y a pas de contrainte. Les dauphins qui ne veulent pas s’entraîner, on les laisse tranquilles. »

La jeune femme vit son métier comme une « passion » : « On aime nos animaux, on fait tout pour eux. »

Même quand ils cherchent à faire semblant, les partisans de l’exploitation animale n’y arrivent pas. On le voit bien : ils raisonnent en termes d’image à préserver, de chantage sur les conditions de vie des animaux emprisonnés, alors qu’eux-même en sont la cause…

Il y a ici tout un discours classique, où le dresseur, l’éleveur, le propriétaire s’imagine être en relation privilégiée avec ses victimes. Le rapport inégal est invisible pour lui, car il lui semble naturel, de par sa position dominante.

Les rapports naturels sont totalement éliminés de la conscience du dresseur, de l’éleveur, du propriétaire, qui ne raisonnent que par rapport à sa propre conscience, son propre ego, ses propres choix.

Ce qu’il peut faire lui semble rationnel, il n’y aucune réflexion sur la base de ses choix, sur le sens de ses choix, sur la réalité elle-même.

Les animaux sont les premières victimes d’une logique générale où l’on raisonne en termes de choix cartésien, de possibilité « mathématique » d’agir.

Prisonniers d’un raisonnement absude, le dresseur, l’éleveur, le propriétaire s’imagine que rien d’autre n’est possible et que lui-même est « sincérement » impliqué.

La dresseuse qui prétend aimer les animaux emprisonnés et tout faire pour eux, dans le cadre d’une « passion », est tout à fait typique de cette approche.

« Ces animaux ne savent pas qu’il y a un ailleurs »

Libération a envoyé quelqu’un spécialement à Antibes faire un reportage sur Marineland. Cela donne un éloge du lieu, avec comme titre Marineland : «Ça fait mal car on aime nos animaux».

Quelle honte!

En voici un extrait, dont la dernière phrase est tout à fait significative de la négation typiquement française de la Nature.

Ces critiques, virulentes sur les réseaux sociaux, sont difficiles à digérer pour les soigneurs.

«Ça fait mal car on aime nos animaux. Quand on boit un verre dehors, on ne dit pas qu’on travaille à Marineland», confie l’une d’eux.

«Je comprends que ça puisse faire mal au cœur de voir des dauphins dans les bassins.

Mais, non, on ne brûle pas les yeux des otaries avec le chlore, on ne se cache pas pour faire des soins», rétablit Katia.

Quant au transfert des animaux de l’aquarium à la mer : «Les hommes font partie de leur vie.

Si on relâche les dauphins, il faut nettoyer leur disque dur.

Cette population est domestique, elle ne peut pas revenir à ce qu’elle n’a jamais été», répond [le directeur animalier de Marineland] Jon Kershaw estimant que tout est question «d’état d’esprit» : «Le problème, c’est l’anthropomorphisme dont on est en partie responsable.

Les anticaptivité parlent de prison.

Mais ces animaux ne savent pas qu’il y a un ailleurs.»

Dans la conception cartésienne, ce qui compte c’est ce qu’il y a dans l’esprit.

La réalité physique, les cinq sens, tout cela ne compte pas.

L’appartenance à une espèce, avec ses caractères acquis, tout cela ne compte pas.

Ce qui compte, c’est l’esprit, et d’ailleurs les animaux n’en auraient pas.

Voilà pourquoi le directeur animalier de Marineland peut prétendre, en s’appuyant sur une telle logique aberrante, que « ces animaux ne savent pas qu’il y a un ailleurs ».

Bien entendu qu’ils le savent, tout comme le hamster le sait, courant sur sa roue pour disperser l’énergie de ce pour quoi il était fait.

C’est la notion même de Nature que le directeur animalier de Marineland cherche en fait à nier.

Tout comme ceux qui ne raisonnent qu’en termes d’esprit, il nie la réalité, les choses acquises, pour tout fonder sur le « choix », analysant les choses selon les « envies ».

C’est le point de vue individualiste tout ce qu’il y a de plus traditionnel, qui aboutit à la négation de pans entiers de la réalité, au refus d’assumer les faits, à l’abstraction niant la complexité du développement de la Nature et de ses différents « niveaux ».

Car les dauphins n’existent pas sans l’océan, tel a été le développement de l’océan, de la Nature.

Les dauphins dans l’océan représentent un « niveau » et l’humanité ne peut pas « légiférer » sur la réalité comme il l’entend.

Le directeur animalier de Marineland, quant à lui, prétend décider, choisir. Il prétend savoir, réduisant les dauphins au degré de robots, incapables d’avoir un autre statut sur le plan de l’existence que celui de prisonniers.

Bénin : l’exploitation des lapins se modernise

L’Afrique est un continent de l’avenir : son développement est inévitable et la manière dont cela va se dérouler va être décisif pour la planète.

Dans les années 1960, un peu moins de 300 millions d’êtres humains y vivaient, plus de 600 millions dans les années 1990, et désormais il y en a plus 1,2 milliard.

D’ici trente ans, ce nombre doublera. Avec toutes les nécessités qu’on imagine sur le plan des infrastructures, de l’alimentation, etc.

C’est une des raisons pour lesquelles le véganisme comme utopie doit être présenté clairement et comme concept systématique et révolutionnaire.

Car, comme nous le soulignons régulièrement, l’exploitation animale est en croissance exponentielle à l’échelle planétaire ; le véganisme des pays occidentaux n’est qu’un sous-produit naturel de cette évolution.

Voici un exemple de ce qui se passe au Bénin, présenté par Afriqueinside.com, dans un article intitulé « Bénin : l’élevage du lapin sur la voie de la professionnalisation » :

« Dans une étude effectuée par le laboratoire de recherches en Biologie, au Bénin, la production annuelle de viande de lapin est passée de 4 tonnes en 1993 à 240 tonnes en 2005.

En 1987 le Bénin ne comptait que 214 élevages cunicoles possédant chacun en moyenne 17 sujets.

Et pour améliorer les performances au fil des années, la Stratégie Nationale de Développement de la Cuniculture au Bénin validée au travers de cet atelier  se décline en quatre axes stratégiques et objectifs spécifiques.

Le premier axe concerne l’accroissement de la productivité de la profitabilité et de la production de lapin.

L’amélioration de la compétitivité et de l’accès au marché de la viande de lapin local, le développement de la chaîne de valeur viande de lapin et la création d’un environnement favorable pour le développement de la filière en sont les autres axes stratégiques définis par le document-programme.

Quatre objectifs sont dédiés à ces axes stratégiques de la SNDC 2018-2022. L’objectif premier est d’augmenter la production à 6.930 tonnes  de viandes de lapins en 2022.

L’accès au marché local est envisagé à hauteur de 90% et 1% sur le marché sous-régional correspond en effet au deuxième axe stratégique.

La SNDC se veut également renforcer la gouvernance de la chaine de valeur viande et l’attractivité de la filière cunicole. « 

On apprend également que :

« Pour favoriser la filière cunicole, l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) soutient la professionnalisation de la filière. »

C’est un exemple significatif. Et sans émergence d’une vraie vague de contestation générale de l’exploitation animale, on va devoir ces trente prochaines années se contenter d’accumuler ce genre d’informations.

L’exploitation animale se systématise, se modernise. Les pays se développant reprennent directement les schémas dominants, en pire sans doute d’ailleurs. En l’absence de modèle culturel alternatif, révolutionnaire, les formes de consommation les plus affreuses prédominent sans aucune opposition.

C’est une catastrophe généralisée qui se produira si cela arrive. L’Afrique est ici un enjeu majeur. C’est notamment là que se joue la question de l’avenir ou non de la libération animale, d’un rapport pacifié avec la Nature.

Si l’Afrique bascule dans la même logique qui se déroule actuellement en Asie, notamment en Chine mais aussi en Inde, l’exploitation animale va atteindre un stade bien plus grand, une capacité bien plus puissante qu’actuellement.

Nous ne sommes pas en train de dépasser le cauchemar de l’exploitation animale, comme le font croire de nombreuses associations en France. A l’échelle mondiale, nous nous y précipitons.

xDestroy Babylonx – Destroy Babylon

Voici une chanson « classique » de la culture vegan straight edge. xDestroy Babylonx signe ici en 2008 une chanson éponyme qui tente de synthétiser la profondeur de l’engagement total qu’implique l’approche vegan straight edge.

Il n’y aura pas de compromis, pas de corruption : l’engagement dans la bataille est complet et implique chaque fibre de son être.

La bataille pour la Nature grandit chaque jour et la tempête de la libération animale est inévitable. Toutes les infâmies seront balayées!

The French Revolution — what was it based on?
The landless against the landlord.
What was it for? Land.
How did they get it? Bloodshed.
La révolution française – quel était son fondement ?
Les sans-terres contre les propriétaires terriens.
Quel était son but ? La terre.
Comment l’ont-ils obtenu ? Par l’effusion de sang.

Was no love lost; was no compromise; was no negotiation.
Pas d’amour dispersé, pas de compromis, pas de négociation.

I’m telling you, you don’t know what a revolution is.
‘Cause when you find out what it is,
you’ll get back in the alley; you’ll get out of the way.
Je vous le dit, vous ne savez pas ce qu’est une révolution.
Parce que quand vous comprenez ce que c’est,
vous vous rangez, vous vous effacez.

The Russian Revolution — what was it based on?
Land. The landless against the landlord.
La révolution russe – quel était son fondement ?
Les sans-terres contre les propriétaires terriens.

How did they bring it about? Bloodshed.
Comment l’ont-ils réalisé ? Par l’effusion de sang.

You haven’t got a revolution that doesn’t involve bloodshed.
And you’re afraid to bleed.
Vous n’avez pas de révolution qui n’implique pas l’effusion de sang.
Et vous avez peur de saigner (Discours de Malcolm X)

War.
Fuck your compromise
with a half life of indulgence
Fuck your shaking hands
dripping blood and disgrace
La guerre.
Allez-vous faire foutre avec votre compromis
avec une demi-vie de complaisance
Allez-vous faire foutre avec votre serrage de mains
d’où coulent le sang et la disgrâce

Peace is the inspiration of my struggle
Though war is the only state of mind I know
La paix est l’inspiration de ma lutte
Bien que la guerre soit le seul état d’esprit que je connaisse

Every image of exploitation
Every image of exploitation is my war
Toute image d’exploitation
Toute image d’exploitation est ma guerre

I want to step onto a higher level of consciousness
and declare open war
against those who still rape Mother Nature
Je veux faire un saut à un plus haut niveau de conscience
et déclare une guerre ouverte
contre ceux qui continuent de violer Mère Nature

Use your third eye and do believe
those towers of filth can be destroyed one more time.
Utilise ton troisième œil et croit vraiment
ces tours d’ordures peuvent être détruites une fois de plus.

Read and educate yourself, embrace arms
as talk has failed us to bring their liberation.
Lis et éduque toi, saisis les armes
comme la discussion a échoué a amené leur libération.

This is what we used to scream out loud
Now you believe in violence
Well I do too,
yours is against Nature
Mine is against you
C’est ce que nous avons crié fort
Maintenant tu crois en la violence
Eh bien moi aussi,
la tienne est contre la Nature
La mienne est contre toi

Direct action is the only weapon we have
to accomplish our goals.
L’action directe est la seule arme que nous avons
pour accomplir nos objectifs.

I still swear allegiance to self, human, Earth and animal liberation
That’s why I want to destroy
That’s why I want to destroy Babylon
Destroy Babylon, now.
Je jure toujours allégeance à la libération de moi-même, la libération humaine, la libération de la Terre, la libération animales
C’est pourquoi je veux détruire
C’est pourquoi je veux détruire Babylone
Détruire Babylone, maintenant.

156 macaques abattus à La Pinède des singes de Labenne

Voici une information terrible, preuve encore une fois de la réalité criminelle de la situation.

Cela se passe dans les Landes et voici l’arrière-plan présenté par Sud-Ouest :

Depuis 2011, après avoir vu la population de singes tripler en quelques années, la Pinède des singes, attraction touristique convoitée de la Côte sud des Landes où l’on pouvait se balader entre les pins en observant les Macaques, faisait l’objet d’inspections suite à des divagations signalées, des évasions et la morsure d’une visiteuse qui avait porté plainte.

L’équipement, inadapté selon les autorités, avait été pointé du doigt. Il aurait pu être à l’origine de comportements agressifs chez les animaux, les conditions climatiques de Labenne ne correspondant pas aux 16 degrés minimums nécessaires au bien-être de l’espèce.

Le souci de protection des personnes et le bien-être animal avaient motivé l’arrêté de suspension d’activité de janvier 2016.

Le bien-être animal a bon dos, puisque hier 115 macaques ont été abattus…

La raison est ici expliqué par Sud-Ouest encore, qui en donnant les faits indique bien comment la gendarmerie et la Direction Générale de la Santé ont oeuvré à empêcher toute protestation démocratique…

Plus de 160 singes sont en train d’être euthanasiés, sur décision de la préfecture.

Ils sont en effet porteurs d’une forme d’herpès dangereux pour l’homme [mais pas pour les macaques eux-mêmes – LTD], avec des « risques neurologiques graves en cas de morsure ». La gendarmerie bloque les accès au site depuis 7h.

La mairie de Labenne, qui a appris cette décision des services de l’État jeudi soir via « Sud Ouest », a eu ces précisions auprès de la sous-préfecture de Dax, ce vendredi matin.

« Il ne s’agit pas d’une suite du redressement judiciaire. Les singes ne sont pas euthanasiés pour des raisons économiques mais sanitaires, après des tests réalisés par l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire). » (Lionel Couture, le directeur général des services de la commune de Labenne.)

Cela n’a pas empêché une partie de la population, qui ne disposait pas de l’ensemble des informations jusqu’alors, d’être émue par la situation : « On a reçu une dizaine de courriels et une vingtaine de coups de téléphone nous demandant de faire quelque chose. Certains ont proposé de prendre des singes chez eux. »

L’agent d’accueil de la mairie a même été agressée verbalement. « Une manifestation a failli avoir lieu mais on a réussi à l’empêcher », précise enfin le DGS.

« Certaines formes d’herpès peuvent effectivement être très dangereuses pour l’hommeen cas de morsure », explique Emmanuel Le Grelle, directeur de la Vallée des singes, dans la Vienne, une des références zoologique du pays.

Impossible pour le moment de savoir comment ces macaques de Java ont contracté le virus : « Ce n’est pas une espèce particulièrement fragile. Mais les conditions d’hébergement, et même les conditions de détention, étaient exécrables. Les singes étaient dans des conteneurs non chauffés par exemple. C’était indigne. »

C’était indigne, mais le meurtre en masse serait, quant à lui, quelque chose de digne ? Surtout que le massacre est annoncé par certains médias pour hier, sans être confirmé : on cache, on masque, on maquille le crime.

C’est donc la faillite morale sur toute la ligne.

Une entreprise capitaliste a réalité une tentative de faire des bénéfices qui a échoué, l’Etat n’a rien surveillé, et qui doit supporter le contre-coup de l’exploitation et du laxisme en ce qui concerne le droit : les plus faibles.

C’est une faillite morale et administrative et l’Etat peut bien après jouer le « sauveur » en se mettant en scène comme le grand défenseur de la population!

Quand on commet une erreur on la répare. Les macaques auraient dû recevoir un environnement sécurisé qui aurait coûté très cher, mais qui à l’opposé du meurtre en masse aurait préservé la conscience morale, la dignité d’êtres vivants utilisés de manière criminelle par l’exploitation animale.

C’est une preuve que les « réformes » sont impossibles et qu’il faut tout changer. Que cela se produise alors que Nicolas Hulot vient d’être nommé ministre est également significatif : il n’est que l’accompagnateur d’un système anthropocentriste niant la vie.

Aider concrètement les refuges

Voici un appel publié dans Nice matin, présentant ce qu’il est notamment possible de faire pour aider les refuges.

Vous voulez donner un coup de main aux refuges pour animaux? Voici comment faire

SPONSORISÉ PAR FONDATION ASSISTANCE AUX ANIMAUX

Vous aimez les animaux et vous souhaitez vous rendre utile ? Plusieurs solutions s’offrent à vous pour aider les refuges pour animaux.

Dans chaque refuge de la région, c’est toujours le même constat. On se rend très vite compte qu’ils sont pleins.

Des dizaines d’animaux abandonnés qui attendent derrière les grilles de leur box qu’un regard s’arrête sur eux et les emmène vers une nouvelle vie.

Bien sûr, il y a le personnel et les bénévoles qui se relaient pour les sortir et leur offrir caresses et balades. Mais ils ne sont jamais assez.

Voici donc plusieurs façons de venir en aide à la Fondation Assistance aux Animaux (FAA) de Brignoles, Carros et Toulon.

1 – DEVENIR BÉNÉVOLE
Pas besoin de supers compétences! Il suffit juste d’avoir du temps et d’aimer les animaux.

Les refuges vous ouvriront toujours leurs portes si vous souhaitez vous investir auprès d’eux !

Comment faire? Vous pouvez consacrer une journée, une demi-journée par semaine ou plus selon vos disponibilités, pour sortir les chiens du refuge ou jouer avec les chats.

Et si vous possédez des compétences particulières dans l’éducation canine ou dans les soins pour les animaux, votre aide sera précieuse et la bienvenue dans les refuges.

2 – FAIRE DES DONS: MATÉRIELS OU FINANCIERS
De nombreux refuges ont le statut d’association ou de fondation et survivent grâce aux dons financiers des particuliers ou des entreprises.

Il est possible de faire des dons directement au refuge Assistance aux Animaux de votre région, ou directement au siège de la Fondation.

A quoi ça sert ? Financer les structures des refuges et leur capacité à accueillir les animaux, leur proposer des soins vétérinaires, de la nourriture…

La Fondation étant reconnue d’utilité publique, les dons vous donnent droit à 66% de réduction fiscale sur les sommes versées et ce jusqu’à 20% du revenu imposable.

Vous pouvez également déduire votre don de l’Impôt sur la Fortune ou l’impôt sur les sociétés selon les limites légales.

Couvertures, friandises, caisses de transport, accessoires et jouets…

Les refuges ont également besoin de dons matériels qui permettent d’améliorer le quotidien des animaux hébergés mais aussi d’aider les personnes démunies qui auraient des difficultés ponctuelles à assumer leurs animaux.

3 – PARTICIPER ET RELAYER DES ÉVÉNEMENTS EN FAVEUR DE L’ADOPTION

Si vous aimez les animaux et internet, vous êtes notre homme/femme !

N’hésitez pas à relayer sur les réseaux sociaux les campagnes en faveur de l’adoption, des collectes de fonds ou encore des messages de sensibilisation contre l’abandon et la maltraitance animale.

Pour aider les animaux et éveiller les consciences, rien de tel que d’être l’ambassadeur d’initiatives en faveur de l’adoption.

Vous pouvez aussi rejoindre la page Facebook de la Fondation Assistance aux Animaux, qui relate les nombreuses actions menées.

4 – LÉGUER UNE PARTIE DE VOS BIENS
On y pense pas souvent… mais vous pouvez décider de léguer toute ou partie de vos biens à des fondations comme la Fondation Assistance aux Animaux aux Animaux après votre décès, pour continuer votre engagement auprès de la cause animale.

Les legs sont totalement exonérés des droits de succession, et peuvent permettent de créer de nouvelles structure, où d’améliorer les structures existantes!

5 – ET BIEN SÛR, ADOPTER !
En adoptant un animal de compagnie abandonné dans un refuge, vous sauvez 2 vies: celle de votre nouveau compagnon et celle du futur animal qui pourra être recueilli dans le refuge à sa place.

Pour plus d’informations : www.fondationassistanceauxanimaux.org

Nicolas Hulot, ministre d’État de la Transition écologique et solidaire

En acceptant d’aller dans le gouvernement organisé par le nouveau président Emmanuel Macron, Nicolas Hulot a tourné plusieurs pages.

Celle de sa vie personne, déjà, puisqu’il a refusé à de nombreuses reprises d’être ministre, disant non à Jacques Chirac, puis Nicolas Sarkozy et François Hollande.

Désormais ministre d’État de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot a fait le grand saut.

Il a rompu avec une attitude « apolitique » dont une expression est notamment la Fondation Nicolas-Hulot pour la nature et l’homme.

Même si, bien sûr, il n’a jamais été loin de la politique, puisque à partir de 2012 et pour plus de trois ans, il a été « envoyé spécial pour la protection de la planète », acceptant la proposition de François Hollande.

Un an auparavant, il avait d’ailleurs perdu la primaire présidentielle écologiste face à Eva Joly.

Mais le parcours du présentateur des émissions télévisées Ushuaïa et Ushuaïa nature n’est que très secondaire (on peut lire ici un large résumé de sa vie avant d’être animateur).

Ce qui compte, c’est ce qu’il représente : l’écologie sous forme de la préoccupation. C’est pour cela qu’il est apprécié en France, dans la mesure où il n’engage à rien, propose seulement d’améliorer, de ne pas dénoncer, de suivre une transition écologique considérée comme tout à fait logique sur le plan de la raison.

C’est d’ailleurs le même discours de L214 au sujet du véganisme. C’est apolitique, sans aucune grille d’analyse sociale, culturelle, économique, etc. C’est bon enfant, entièrement soumis aux institutions, sans esprit de rupture, etc.

Le message de Nicolas Hulot sur les réseaux sociaux reflète cet esprit.

En ce sens, Nicolas Hulot tourne une seconde page, celle de l’écologie sans la Nature. Il va montrer que les préoccupation environnementales sont totalement insuffisantes, qu’elles sont vaines.

Soit en effet on reconnaît que la planète est un ensemble vivant, et on rejette l’anthropocentrisme, interdisant les comportements erronés…

Soit on ne le fait pas et on essaie d’accompagner le monde actuel, pour le forcer à « gérer » de manière plus efficace.

Le souci étant alors bien sûr que la crise écologiste ne se laisse pas « gérer ». Elle exige une transformation complète des mentalités humaines, des pratiques.

Or, cela va de pair avec la reconnaissance de la Nature et l’arrêt des attitudes égoïstes, égocentriques, individualistes, nationalistes.

Cela veut dire raisonner à l’échelle planétaire, en plaçant l’humanité au service de la Nature, en acceptant le principe d’un bonheur naturel.

Ce n’est pas du tout la ligne d’Emmanuel Macron, rien que par exemple avec la procréation médicalement assistée (PMA). Le gouvernement veut la légaliser, ce qui accorderait le principe du « droit à l’enfant ».

C’est un très bon exemple de négation de la Nature, au nom de la toute-puissance du « choix » individuel.

De plus, les couples gays – ou même des individus – pourraient alors demander la légalisation de la gestation par autrui (GPA), au nom de l’égalité des droits.

Au cours de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron a d’ailleurs affirmé qu’il était nécessaire de reconnaître la filiation à l’état civil français des enfants issus de la GPA nés à l’étranger.

Tout en disant qu’il n’était pas pour la légalisation de la GPA… Quelle hypocrisie !

Et là est le fond du problème de l’écologie en France : la question de la Nature est primordiale, mais le cartésianisme est partout, et empêche l’émergence d’une révolte contre l’individualisme, le sentiment de toute-puissance du « choix ».

Nicolas Hulot, en s’imaginant pouvoir changer les choses sans remise en cause de cette situation, échouera donc inévitablement et cela sera une leçon à tirer !

Faire des putois une espèce protégée

La Société française pour l’étude et la protection des mammifères a réalisé une grande enquête sur la situation des putois en France.

Constatant le déclin de leur population, elle appelle à ce que l’espèce soit protégée et a réalisé un grand dossier, qui vient d’être remis au ministère de l’environnement.

On peut le lire ici au format pdf en cliquant sur l’image.

Nous invitons à le lire, d’autant plus qu’il présente la situation par région, permettant ainsi de diffuser cet aspect localement, afin de mobiliser!

Le Putois d’Europe (Mustela putorius Linnaeus, 1758) est un petit carnivore indigène en France.

Ses effectifs ont fortement chuté au cours du XXe siècle, dans le pays comme ailleurs en Europe.

Parmi les nombreuses causes identifiées, les principales semblent être les pratiques d’élimination directe et la perte d’habitat.

Bien que suscitant des inquiétudes, l’état de conservation de l’espèce en France était peu documenté jusqu’alors.

Pour pallier ce déficit, nous avons interrogé les personnes et organismes ressources identifiés dans les différentes régions et réalisé une revue bibliographique. Il en ressort le constat d’une situation très défavorable pour l’espèce.

Bien que le Putois paraisse relativement commun dans certains secteurs, son état de conservation apparaît mauvais au niveau national.

Les menaces que nous avons pu détailler sont croissantes, principalement l’élimination volontaire ou involontaire, la perte d’habitat et de ressource alimentaire, la pollution, les pathologies et l’appauvrissement génétique.

Dans la continuité de la mauvaise réputation dont les petits carnivores ont fait l’objet par le passé, le Putois est encore classé « nuisible » au niveau national (nouvelle dénomination : « susceptible d’occasionner des dégâts ») et peut être piégé à ce titre.

Les connaissances sur l’espèce font pourtant apparaître que ce classement n’est aucunement justifié, ni sur le plan écologique, ni en termes de dommages aux activités humaines.

Considérant la fragilité des populations de putois, considérant les menaces croissantes sur la conservation de l’espèce qui dépassent largement le piégeage, considérant enfin que l’espèce est protégée réglementairement dans plusieurs pays voisins où la situation est similaire, la SFEPM demande le retrait du Putois de la liste des « nuisibles » (« susceptible d’occasionner des dégâts ») et son inscription sur la liste des « mammifères protégés » en France.

Marie Sara, l’ex-cavalière torera candidate pour Emmanuel Macron

Emmanuel Macron parle beaucoup d’être progressiste, mais nous avons déjà souligné à plusieurs reprises que sur le plan des idées, il est un passéiste outrancier (voir Emmanuel Macron : « je continuerai à manger l’agneau des Pyrénées » ainsi que Emmanuel Macron et l’éleveur « qui pleure quand un animal meurt »  et Emmanuel Macron veut développer le « tourisme cynégétique »).

Cela est tellement vrai que dans le Gard, son parti politique « La République en marche » présente une candidate à la députation qui n’est autre qu’une ancienne torera, Marie Sara.

Elle a été « rejoneadora », c‘est à dire cavalière torera.

Le scénario est cauchemardesque jusqu’au bout puisque l’actuel député sortant est l’avocat Gilbert Collard, élu en 2012 du Rassemblement Bleu Marine.

C’est donc bobo contre facho, car Marie Sara ne représente en rien le terroir… Elle vient de la banlieue parisienne, son grand-père étant le réalisateur Jean-Luc Godard, sa mère une actrice de la comédie française et son père un metteur en scène très important, elle a été mariée au tennisman Henri Leconte ainsi qu’à un publicitaire patron d’Europacorp, etc.

C’est tellement bobo que Gala ne tarit pas d’éloge à son sujet :

« Cette gracieuse blonde de 52 ans a un destin décidé­ment hors du commun. Dès son plus jeune âge, elle rêvait de deve­nir torero, un métier encore largement réservé aux hommes.

Mais à force de persévérance, elle devenue l’une des meilleures « toreras ». Agile et intrépide, elle s’est illustrée comme une des rares femmes toreros à cheval en France, et a gagné de splendides combats au coeur des arènes, parfois au péril de sa vie. »

Midi libre a tout de suite compris la dimension tactique du choix de Marie Sara dans le Gard. Il s’agit de surfer sur l’idéologie du terroir : Emmanuel Macron « a sorti piques et banderilles », elle compte défendre « les cultures locales ».

Marie Sara a bien entendu, dans sa carrière, eut le soutien du fameux Simon Casas, avec qui elle est associée aujourd’hui dans l’organisation de corridas, à Mont-de-Marsan par exemple.

Rappelons que Simon Casas a développé de manière très approfondie la « justification philosophique » de la corrida (voir Simon Casas, un faux humanisme de faux prophète).

Simon Casas est d’ailleurs le directeur artistique des arènes de Madrid, depuis 2011, et depuis septembre dernier le directeur de
Las Ventas, les principales arènes de Madrid.

Marie Sara défend cette même conception mystique, comme on peut le voir dans ce petit extrait qui vaut vraiment le détour quand on s’intéresse à la question.

On notera au passage qu’elle n’est pas la seule torera à cheval qui est candidate. Marie-Pierre Callet l’est également, dans les Bouches-du-Rhône, pour Les Républicains…

Maire Piette Callet a la même explication « mystique », comme le raconte Objectif Gard :

C’est à Arles au début des années 80, que Marie-Pierre Callet assiste à sa première corrida accompagnée de son époux, déjà mordu de tauromachie. « Je suis partie avant la fin. Je hurlais, c’était horrible. »

Mais elle a persisté, n’ayant qu’une obsession : « comprendre pourquoi des milliers et des milliers de gens venaient voir ce spectacle. »

Assise dans l’arène, elle a enlevé ses œillères pour mieux observer.

« J’ai alors découvert la force du taureau, sa puissance, son élégance. J’ai aussi compris que l’on vénérait le taureau, que sa vie était ainsi faite : vivre en toute quiétude et puis mourir digne dans une arène. »

Pour en revenir à Marie Sara, qui a donc tué au moins mille taureaux, et qui pratique également encore l’élevage de taureaux, en Camargue, la nouvelle a bien entendu choqué.

Des gens ont alors lancé une pétittion, déjà signée par pratiquement 40 000 personnes. Nous n’appelons pas à la signer : cela ne sert à rien de se battre contre des moulins à vent.

Cela n’a pas de sens de pratiquer un idéalisme outrancier et de croire à une « évolution des consciences » alors que les faits disent le contraire…

Il faut du contenu, batailler pour le contenu, et ne pas s’attendre à ce qu’une société qui laisse des êtres humains vivre comme SDF pratique la compassion généralisée envers les animaux…

Voici le texte de la pétition.

Contre l’investiture de Marie Sara (Rép. En Marche) dans la 2ème circonscription du Gard

Le jeudi 11 mai 2017, le mouvement La République En Marche a publié la liste des candidats investis pour les élections législatives des 11 et 18 juin 2017.

Parmi eux, se présente dans la 2ème circonscription du Gard, madame Marie Sara, 52 ans, ancienne torera, éleveuse de taureaux et qui dirige actuellement les arènes de Saintes-Maries-de-la-Mer (Bouches du Rhône).

A l’heure où 4 français sur 5 déclarent que la cause animale est un enjeu important (enquête réalisée par l’Ifop pour le collectif AnimalPolitique en mars 2017), un autre sondage Ifop commandé en mars 2017 cette fois par l’Alliance Anticorrida montre que 75% des habitants des 10 départements français où les corridas sont organisées (dont le Gard), sont opposés à la tauromachie avec mise à mort (http://www.anticorrida.org/actions/sondage-departements-taurins-alliance-anti-corrida-2017.php).

Aujourd’hui, et plus que jamais, la cause animale doit se placer au coeur des enjeux politiques. L’investiture de Marie Sara se présente donc en contradiction avec l’évolution des consciences. Cela montre aussi qu’au sein du mouvement En Marche, ces considérations sont loin d’avoir été prises en compte.

Par cette pétition, nous demandons donc le remplacement de Marie Sara, en vue des législatives 2017 dans la 2ème circonscription du Gard pour le mouvement la République En Marche.

Cette pétition sera remise à:

Présidente
Catherine Barbaroux (Présidente de la République En Marche)

Président de la République Française
Emmanuel Macron

Chargée des relations presse
Sibeth NDiaye

Secrétaire général
Richard Ferrand

Il n’y a pas d’illusion à se faire sur les gens qui sont réactionnaires… Il faut changer le monde, tout simplement!