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L’illusion de la fermeture de Fessenheim

Sortir du nucléaire informe de la situation quant à l’annonce de la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, pointant les limites existantes dans celle-ci.

L’illusion de la fermeture de Fessenheim : EDF garde la main sur la politique énergétique… avec la complaisance du gouvernement !

Le Réseau “Sortir du nucléaire“ dénonce fermement l’inaction du gouvernement et de François Hollande, qui, pendant cinq ans, a laissé EDF dicter le sort de Fessenheim et de la politique énergétique française. Derrière l’enfumage du gouvernement, EDF s’enfonce encore plus dans l’impasse nucléaire.
EDF a imposé un deal inacceptable

La décision adoptée hier par le Conseil d’Administration d’EDF entérine l’inversion totale de la logique de la loi de transition énergétique : avec la complaisance du gouvernement, EDF a transformé le plafonnement de la puissance nucléaire installée à ne pas dépasser, instauré par la Loi de Transition Energétique, en plancher sous lequel ne pas descendre !

Comme il fallait s’y attendre, pour fermer la centrale de Fessenheim, vieille et dangereuse, il faudra attendre la mise en service du réacteur défectueux de l’EPR de Flamanville, équipé d’une cuve qui ne devrait surtout pas être homologuée par l’ASN, qui y perdrait sa crédibilité.

Pire encore, cette fermeture pourrait être remise en question si elle ne s’avérait plus nécessaire pour rester en-dessous des 63,2 GW de puissance nucléaire installée.

Ainsi, si d’autres réacteurs venaient à être arrêtés pour raison de sûreté (comme Paluel 2, gravement endommagé par la chute d’un générateur de vapeur), la centrale alsacienne pourrait continuer à fonctionner malgré son âge avancé, ses pannes à répétition et les risques qu’elle fait peser sur les populations.

Une décision qui fait fi de la réalité objective de cette centrale
EDF continue en effet à faire abstraction des défauts de la centrale qui, bien plus qu’une promesse électorale à laquelle plus personne ne croit, justifient sa fermeture immédiate.

Située en zone sismique, inondable et dotée d’enceintes de confinement trop petites qui ne pourraient pas contenir la radioactivité en cas d’accident, cette centrale est vulnérable au vieillissement et certains équipements, comme les cuves et les enceintes de confinement, ne pourront pas être remplacés ni réparés.

EDF oublie-t-elle également que le réacteur n°2, à l’arrêt depuis juin 2016, est toujours interdit de redémarrage en raison d’un générateur de vapeur suspect ?

Et que le réacteur n°1 ne pourra continuer à fonctionner qu’en mode dégradé ?

Avec cette décision à l’image de sa gestion du parc nucléaire, EDF ne fait que reculer pour mieux sauter, entravant une transition aussi urgente qu’inéluctable.

Une politique énergétique entre les mains d’EDF
Les déclarations enthousiastes de Ségolène Royal ne doivent tromper personne.

Avec cette décision, EDF garde la main non seulement sur Fessenheim, mais sur la politique énergétique française, dans la droite ligne de la PPE indigente proposée par le gouvernement. En l’absence de fermetures planifiées de centrales, celle-ci ne permet pas de réduction de la part du nucléaire,

Faute d’une vision cohérente de la politique énergétique et au vu de l’acharnement d’EDF, le sort de Fessenheim et la réduction de la part du nucléaire reposent donc sur d’éventuels arrêts par épuisement de réacteurs et sur la capacité à s’interposer d’une Autorité de sûreté nucléaire dotée de peu de moyens et soumise à des pressions considérables. Pendant ce temps, les centrales vieillissent, le risque d’accidents majeurs ne peut qu’augmenter, et la transition énergétique prend du retard !

Fessenheim doit fermer immédiatement car c’est la sécurité des populations qui l’impose (7,5 millions d’habitants vivent dans un rayon de 100 km).

L’État doit cesser de se subordonner aux choix idéologiques d’EDF et du lobby nucléaire !

La situation causée par l’huile de palme

Le parlement européen s’est lancé dans une grande critique de l’huile de palme, mais au moyen… d’une résolution non contraignante.

Voici la partie intéressante, qui reconnaît les dégâts de l’huile de palme, c’est un excellent panorama de la situation causée par  cette huile.

Mais donc, l’Union Européenne constate sans être capable de prendre des décisions profondes et strictes… car c’est une question de vision du monde et de volonté réelle de tout changer, ou pas !

D.  considérant que la déforestation mondiale résulte de nombreux facteurs, parmi lesquels la production de biens agricoles tels que le soja, le bœuf, le maïs et l’huile de palme;

E.  considérant que le défrichement illégal aux fins de l’agriculture commerciale est responsable de près de la moitié (49 %) de l’ensemble des activités de déforestation tropicale qui ont eu lieu récemment et que ces activités sont dictées par la demande étrangère de biens agricoles comme l’huile de palme, le bœuf, le soja et les produits du bois; que, selon les estimations, la conversion illégale de forêts tropicales aux fins de l’agriculture commerciale produirait 1,47 gigatonne de CO2 chaque année, ce qui équivaut à 25 % des émissions annuelles de l’Union dues aux combustibles fossiles(3);

F.  considérant que les incendies de friches qui ont eu lieu en 2015 en Indonésie et à Bornéo sont les plus graves incendies observés depuis près de deux décennies et qu’ils sont dus aux changements climatiques mondiaux, au changement d’affectation des sols et à la déforestation;

que les conditions de sécheresse extrême observées dans les régions en question pourraient devenir plus courantes à l’avenir si des mesures concertées ne sont pas prises pour prévenir les incendies;

G.  considérant que les incendies de friches qui ont eu lieu en Indonésie et à Bornéo ont exposé 69 millions de personnes à une pollution de l’air nocive pour la santé et sont responsables de milliers de décès prématurés;

H.  considérant que les incendies indonésiens résultent généralement du défrichement des terres réalisé en vue d’étendre les plantations de palmiers à huile ou pour d’autres utilisations agricoles;

que 52 % des incendies indonésiens se sont déroulés, en 2015, dans des tourbières riches en carbone, ce qui a fait du pays l’un des principaux responsables du réchauffement planétaire au monde;

I.  considérant qu’il est difficile, au vu de l’absence de plans des concessions d’huile de palme et de registres fonciers publics dans de nombreux pays producteurs, de déterminer la responsabilité des incendies de forêts;

J.  considérant que l’Union européenne s’est engagée, dans le cadre de la déclaration de New York sur les forêts, à appuyer l’objectif du secteur privé d’éliminer la déforestation associée à la production des produits agricoles tels que l’huile de palme, le soja, le papier et la viande de bœuf au plus tard en 2020, reconnaissant que de nombreuses entreprises ont des objectifs encore plus ambitieux;

K.  considérant qu’en 2008, l’Union européenne s’est engagée à réduire la déforestation d’au moins 50 % d’ici 2020 et à stopper la diminution de la couverture forestière de la planète d’ici 2030;

L.  considérant que les précieux écosystèmes tropicaux, qui ne couvrent que 7 % de la surface de la Terre, sont soumis à la pression croissante de la déforestation;

que la monoculture de l’huile de palme est responsable d’énormes incendies de forêt, de l’assèchement de rivières, de l’érosion de terres, de l’assèchement de tourbières, de la pollution de cours d’eau et d’une perte générale de biodiversité, qui entraînent à leur tour la perte de nombreux services écosystémiques, ce qui a de grandes répercussions sur le climat, la conservation des ressources naturelles et la préservation de l’environnement mondial pour les générations actuelles et à venir;

M.  considérant que la consommation d’huile de palme et de ses produits transformés dérivés joue un rôle majeur en ce qui concerne l’impact de la consommation de l’Union sur la déforestation mondiale;

N.  considérant que la demande d’huiles végétales en général tend à croître, tandis que la demande d’huile de palme devrait, d’après les estimations, doubler d’ici 2050;

que, depuis les années 70 à aujourd’hui, l’Indonésie et la Malaisie ont concentré 90 % de l’augmentation de la production d’huile de palme;

que la culture du palmier à huile progresse aussi dans d’autres États asiatiques ainsi qu’en Afrique et en Amérique latine, où l’on assiste constamment à la création de nouvelles plantations et à l’extension des plantations existantes, ce qui portera encore préjudice à l’environnement;

constate toutefois que le remplacement de l’huile de palme par d’autres huiles végétales nécessiterait la culture de surfaces plus vastes;

O.  considérant que l’utilisation massive d’huile de palme s’explique principalement par le faible coût de ce produit qui, lui-même, s’explique par l’augmentation du nombre de plantations de palmiers à huile dans les zones déboisées;

que l’utilisation de l’huile de palme dans l’industrie alimentaire s’inscrit dans un modèle de production et de consommation de masse et non durable, qui va à l’encontre de l’utilisation et de la promotion des circuits courts et des ingrédients et des produits biologiques et de haute qualité;

P.  considérant que l’huile de palme est de plus en plus utilisée comme biocarburant et dans les aliments transformés, 50 % des produits emballés contenant actuellement de l’huile de palme;

Q.  considérant que les entreprises qui font commerce d’huile de palme ne démontrent pas que l’huile de palme de leur chaîne de production n’est pas liée à la déforestation, à l’assèchement de tourbières ou à la pollution environnementale ni qu’elle a été produite dans le respect des droits fondamentaux et de normes sociales appropriées;

R.  considérant que la Commission est tenue, en vertu du septième programme d’action pour l’environnement, d’évaluer les incidences environnementales, dans un contexte mondial, de la consommation de produits alimentaires et non alimentaires dans l’Union et, si nécessaire, d’élaborer des propositions politiques afin de donner suite aux conclusions de ces évaluations et d’envisager d’élaborer un plan d’action de l’Union sur la déforestation et la dégradation des forêts;

S.  considérant les études prévues par la Commission sur la déforestation et sur l’huile de palme;

T.  considérant que la valeur des émissions totales de gaz à effet de serre résultant du changement d’affectation des sols lié à l’huile de palme n’est pas connue;

qu’il est nécessaire de renforcer les évaluations scientifiques à cet égard;

U.  considérant que les pays producteurs ne disposent pas de chiffres fiables sur les superficies consacrées à la culture, autorisée ou non, de palmiers à huile, et que cet obstacle nuit dès le départ aux mesures prises pour certifier la durabilité de cette culture;

V.  considérant qu’en 2014, le secteur de l’énergie était responsable de 60 % des importations d’huile de palme de l’Union, puisque 46 % de l’huile de palme importée a été consommée dans le secteur des transports (soit 6 fois plus qu’en 2010) et 15 % pour la production d’électricité et de chaleur;

W.  considérant que, selon les estimations, 1 million d’hectares de terres seront converties au niveau mondial pour la culture d’huile de palme destinée aux biocarburants d’ici 2020, dont 0,57 million d’hectares de forêts primaires d’Asie du Sud-Est;

X.  considérant que le changement total d’affectation des sols causé par le mandat sur les biocarburants de l’Union européenne à l’horizon 2020 concerne 8,8 millions d’hectares de terres, dont 2,1 millions d’hectares de terres en Asie du Sud-Est qui sont converties sous l’effet de l’expansion des plantations d’huile de palme, la moitié au détriment des forêts tropicales et des tourbières;

Y.  considérant que la déforestation des forêts tropicales humides détruit les habitats naturels de plus de la moitié des espèces animales et de plus de deux tiers des espèces végétales de la planète et menace leur survie;

que les forêts tropicales humides abritent certaines des espèces les plus rares et souvent endémiques, qui figurent sur la liste rouge des espèces en danger critique d’extinction, de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), à savoir des espèces dont, d’après des observations, des estimations, des déductions ou des soupçons, la population a diminué de plus de 80 % au cours des dix dernières années ou sur trois générations;

que les consommateurs de l’Union devraient être mieux informés des efforts déployés pour protéger ces espèces animales et végétales;

Z.  considérant que de nombreuses enquêtes révèlent des violations généralisées des droits fondamentaux dans le cadre de l’établissement et de la gestion de plantations de palmiers à huile dans de nombreux pays, notamment des expulsions forcées, des violences armées, le recours au travail des enfants, des cas de servitude pour dette ou de discrimination à l’encontre des communautés autochtones; (…)

4.  observe que 73 % de la déforestation mondiale résulte du défrichement de terres réalisé pour la production de matières premières agricoles, et que 40 % de la déforestation mondiale est imputable au passage à des plantations en monoculture de palmiers à huile à grande échelle;

5.  observe que l’exploitation de l’huile de palme n’est pas la seule cause de déforestation, mais que le développement de l’exploitation forestière illégale et les pressions démographiques sont également responsables de cette situation; (…)

9.  constate qu’un peu moins d’un quart (en valeur) de tous les produits agricoles de base issus de la déforestation illégale et négociés à l’échelle internationale sont destinés à l’Union européenne, dont, au total, 27 % du soja, 18 % de l’huile de palme, 15 % du bœuf et 31 % des cuirs; (…)

11.  rappelle que la Malaisie et l’Indonésie sont les principaux producteurs d’huile de palme, ces pays assurant environ 85 à 90 % de la production mondiale, et accueille avec satisfaction l’extension de la forêt primaire en Malaisie depuis 1990 mais reste préoccupé par la déforestation en Indonésie, qui progresse actuellement à un rythme de 0,5 % de perte totale tous les cinq ans;

12.  rappelle que l’Indonésie est récemment devenue le troisième plus gros émetteur mondial de CO2 et qu’elle souffre d’une réduction de sa biodiversité, plusieurs espèces animales sauvages se trouvant menacées d’une extinction imminente;

13.  rappelle que l’huile de palme représente environ 40 % des échanges mondiaux des huiles végétales et que l’Union en est le deuxième plus grand importateur mondial avec environ 7 millions de tonnes par an; (…)

16.  observe également que le tourteau de palmiste est employé pour l’alimentation animale dans l’Union, et notamment pour l’engraissement des bovins laitiers et des bovins à viande;

Graines de cannabis et matériel de production personnelle…

Le cannabis est en train de s’implanter en France de manière massive. Tout récemment, une émission de M6, Dossier tabou, a largement présenté par exemple les moyens de le produire soi-même.

Voici par exemple des packs que google propose même directement, en mode shopping…

Tout cela passe par le fait que les graines de cannabis n’ont pas le droit d’être plantées, mais on a le droit de les avoir, tant qu’il n’y a pas la preuve de les utiliser…

Voici la très subtile présentation d’une entreprise, LaMota, à ce sujet : elle vend des graines, dit qu’on n’a pas le droit de les faire germer, pour en même temps expliquer comment faire!

Est-il légal d’acheter des graines de cannabis?

L’achat des graines de cannabis est légal en Espagne, Irlande, Angleterre, Ecosse, Pays-Bas, Belgique, Suisse, Autriche, Pologne, Russie, Italie, Canada, Japon, etc. La possession de graines de cannabis en Espagne ne constitue pas un délit (Convention de Vienne de 1961).

La culture du cannabis peut faire l’objet de sanctions administratives et pénales (Art. 25.1 de la Loi Organique relative à la protection de la sécurité citoyenne et Art. 368 du Code Pénal). La législation varie selon le pays. Vous devez vous informer des lois locales avant d’acheter. Il est illégal de faire germer les graines dans tous les pays. LaMota vend des graines à la condition qu’elles ne soient pas germées.

Comment faire germer mes graines?

Souvenez-vous que la seule possibilité de germination légale sera le jour où les législations changeront et que la culture de cannabis à usage personnel sera légalisée.

Dans ce cas, pour optimiser les résultats de votre germination, nous vous conseillons de procéder ainsi:

Humidifiez un Jiffy-7 et introduisez la graine à une profondeur de 0,5 cm.

Entretenez une lumière constante. Vous pouvez utiliser un tube fluorescent compact de 100W ou une lampe sodium de 400W, pendant 18 heures à 25ºC.

Notez que nous envoyons les graines à la condition qu’elles ne soient pas utilisées par des tiers en contravention avec la législation, lamota.org ne prétend inciter personne à agir contre la loi. Nous voulons souligner explicitement que les personnes qui achettent nos graines se rendent responsables de ses futurs actes.

Voici un autre exemple d’hypocrisie, avec un magasin qui vient d’ouvrir à Tarbes, « Histoire de graines« . Officiellement, les graines sont vendues… pour en faire collection!

D’autres produits, relevant du folklore du cannabis, sont également vendus, pour prétendre être un marchand comme un autre…

Voici une présentation par La Dépêche.

Une nouvelle graine commerciale a germé au 72, rue Georges-Lassalle. Un jeune Tarbais, Julien Arbes, vient de «semer» une boutique «stupéfiante», spécialisée dans les graines, plus particulièrement de cannabis, mais pas seulement.

Il a ouvert son commerce en franchise sous l’enseigne Histoire de graines, qui existe déjà à Montélimar, capitale du nougat mais visiblement aussi de la graine… de cannabis.

On peut ainsi y trouver des graines «de collection, d’origine française ou espagnole, à ne pas faire germer dans l’Union européenne», précise le jeune commerçant, mais aussi de multiples produits déclinés à base de chanvre : des variétés de fleurs séchées à consommer en infusion pour se relaxer, de la farine, des graines «riches en vitamines» à consommer, par exemple, avec des salades, de l’huile végétale, de la purée d’amandes, des suppositoires, du pollen, du stick à lèvres, du chewing-gum, des huiles essentielles…

Bref, tous les amoureux de la plante aux effets stupéfiants pourront trouver leur bonheur sur n’importe quelle étagère.

Histoire de graines propose également produits de lait d’ânesse (baume après rasage, crème hydratante anti-âge), des semences potagères bio de la ferme de Sainte-Marthe et des crunchs à base de chocolat blanc, de riz soufflé et de thé japonais avec au choix des fruits rouges, de la noix de coco, des cacahuètes ou des graines de chanvre. Seuls les tee-shirts vendus ne sont pas fabriqués avec du chanvre. «Mais cela ne saurait tarder», assure Julien Arbes.

Graines de cannabis et matériel de production personnelle, vendus massivement, de manière décentralisée… tout en prétendant n’avoir aucun rapport avec la consommation de cannabis.

Toute cette hypocrisie montre que l’Etat a totalement capitulé devant le cannabis. C’est une manière de mettre devant le fait accompli.

Le refuge Volée de piafs rouvre et demande du soutien

Nous avions relayé l’appel au soutien du refuge Volée de piafs, obligé de fermer ses portes : il a désormais réouvert, mais seulement temporairement, en attendant un soutien en assurant la pérennité.

Voici leur communiqué.

Reprise des accueils à partir du 26 mars 2017

Le Conseil d’Administration de Volée de piafs s’est réuni aujourd’hui et a voté la reprise des accueils d’animaux à partir du 26 mars 2017.

Les subventions accordées par la Région Bretagne, le département du Morbihan, la DREAL de Bretagne, notre député Philippe Noguès, ainsi que le très fort soutien de votre part, le public, nous permettent de reprendre notre mission, au moins pour 2017.

En effet, comme nous l’avons expliqué précédemment [voir ci-dessous], la Région et le département nous ont accordé des aides d’urgence qui ne sont pas renouvelables, le financement des centres de soins n’entrant pas dans leurs attributions.

Ces subventions vont nous permettre d’embaucher le personnel nécessaire, mais nous ne savons pas si ce personnel pourra être conservé en 2018 si nous n’avons pas de subventions. Notre grande crainte est de nous retrouver dans un an au point de départ.

Nous sommes reconnaissants à nos collectivités, qu’elles le sachent, pour l’effort consenti cette année, mais inquiets pour l’avenir.

Grâce à la solidarité du grand public, nous avons gagné 166 nouveaux adhérents et 103 donateurs, sans compter les 648 participants à la cagnotte Leetchi. Grâce à votre élan, des dizaines (des centaines ?) de courriers sont arrivés dans les boites de nos collectivités et ont enfin suscité un intérêt de leur part.

Bienvenue à nos nouveaux membres ! Nous espérons que vous continuerez à nous soutenir et à nous accompagner durant ces prochaines années. Plus nos adhérents et nos donateurs sont nombreux, moins nous sommes dépendants des aides publiques.

Les dons, adhésions et contributions à la cagnotte Leetchi représentent 44500 € !

Un immense merci à vous tous, à Gaëlle pour la cagnotte et à ceux qui en ont eu l’idée également, merci pour vos pétitions, vos messages glissés dans les enveloppes d’adhésion et que nous conservons pour les relire les jours de chagrin, merci aux associations amies pour leur soutien amical et financier : la SPA, C’est Assez, L 214, la LPO 35 et le sanctuaire des hérissons, aux Fondations Brigitte Bardot et 30 Millions d’Amis qui ont spontanément proposé leur aide (déjà accordée dans le passé) et que nous solliciterons à nouveau.

Merci aux particuliers qui ont accepté de garder les animaux en détresse et de s’en occuper durant ces dernières semaines. Merci aux vétérinaires qui ont pris les animaux en charge et en particulier aux nôtres qui sont formidables.

Voici le second document, expliquant le caractère temporaire des aides reçues.

Compte-rendu de l’assemblée génerale – Mars 2017

Lors de cette journée, nous avions annoncé l’arrêt des accueils et les difficultés, principalement financières, auxquelles nous étions confrontées. Depuis, les pouvoirs publics nous ont reçus.

Le mercredi 15 mars dernier, une table ronde était organisée à la Sous-préfecture de Lorient avec les représentants des diverses collectivités territoriales et des représentants de nos administrations de tutelle.

Autour de la table présidée par M P-E Portheret, secrétaire général de la préfecture, étaient présents deux représentants de la Région, une représentante du Conseil Départemental, un représentant de Lorient Agglo, notre interlocuteur principal auprès de la DREAL de Bretagne, deux représentants de la DDPP, notre administration de tutelle et Madame Patricia Kerjouan, Maire de notre commune.

Concernant le soutien de ces collectivités en 2017, le département du Morbihan a voté pour Volée de piafs une aide d’urgencede 12000 €, La direction régional de l’environnement (DREAL) nous soutient à la même hauteur (c’était déjà le cas en 2016) et le Conseil Régional Bretagne doit faire voter lundi 21 mars une subvention de 15000 €.

Par ailleurs, ce dernier nous accorde son aide pour la création d’un emploi associatif (soutien financier réparti sur 3 ans pour la création d’un CDI).

Nous les remercions très sincèrement pour cet effort.
Notre communauté d’agglo affirme avoir voté un accord de principe pour nous soutenir …

Quant à notre commune, Languidic, nous savons qu’elle nous aide déjà dans la mesure de ses possibilités et en particulier en nous mettant à disposition depuis deux ans un grand emplacement au camping municipal durant les mois d’été, ce qui nous permet d’accueillir de très nombreux bénévoles et stagiaires.

Conclusion pour 2017 : grâce à vos dons, vos adhésions, grâce à votre générosité sur Leetchi et les aides qui viennent de nous être accordées par ces collectivités, l’année en cours est sauvée.

Malheureusement, pour les années suivantes, les choses se gâtent.

Comme nous l’avons dit et maintes fois écrit, notre principal souci est la pérennité du centre et en particulier celle des postes salariés que nous avons à présent les moyens de créer et sans lesquels nous ne pouvons poursuivre notre mission.

Lors de la réunion du 15 mars, les personnes présentes nous ont réaffirmé que le financement des centres de soins n’est pas de la compétence de la Région, ni du département et qu’il n’existe aucune ligne budgétaire à ce titre. Les aides accordées cette année ne le sont que de manière exceptionnelle afin de sauver le centre de soins. Il semble que le financement des centres soit du ressort de l’Etat, sauf que ce dernier s’y refuse depuis toujours.

Notre contrôleuse de la Direction départementale de la protection des population (DDPP), qui nous suit depuis 10 ans, a fait remarquer à l’assistance, texte de loi à l’appui, qu’il est strictement interdit à tout particulier de détenir un animal sauvage fût-il blessé ou en détresse et qu’il doit obligatoirement l’acheminer vers un centre de soins agréé. Encore faut-il qu’un tel centre existe et comment fait-il s’il n’est du ressort de personne de le financer ?

Les centres de soins sont reconnus par l’Etat, leur réglementation est très stricte, ils sont contrôlés par des organismes d’Etat (DDPP et ONCFS) mais il n’existe aucune ligne budgétaire nulle part pour eux. Ils ne doivent donc compter que sur vous, le public, sur les Fondations et le mécénat d’entreprise quand il y en a.  Les représentants présents du Département et de la Région se sont engagés à interpeller eux-mêmes Ségolène Royal à ce sujet.

Nous avons donc peu de choses auxquelles nous raccrocher pour 2018 et les années suivantes. Devons-nous embaucher le personnel envisagé au risque de devoir licencier tout le monde dans un an ? Devons-nous reprendre notre activité et nous retrouver dans la même situation l’année prochaine ?

Avouons que nous sommes ressortis de cette réunion le moral en berne.

Notre CA va se réunir très prochainement afin de faire le point et de décider ce qu’il convient de faire à présent.

Dans quelques jours nous vous communiquerons le bilan de ces 45 jours de solidarité et de générosité dons vous avez fait preuve [il s’agit du document publié plus haut].

En attendant ce sont les animaux qui trinquent, qui restent sur le bord de la route ou sont euthanasiés par les vétérinaires.

Que faire, que dire, si ce n’est notre désarroi.

Pif gadget relance les « pifises »

C’est une démonstration de plus d’un esprit anthropocentriste lamentable et, qui plus est, c’est une véritable preuve aussi d’esprit obtus, arriéré et désirant le rester.

Pif gadget relance en effet les « pifises » et s’en vante…

Il est terrible qu’en 2017, on puisse encore proposer un « gadget vivant ».

Les enfants se voient enseigner à devenir des maîtres de la vie en étant capables de « donner la vie »…

Alors qu’en réalité, on est ici dans une démarche d’exploitation complète, de réduction de la vie à celle d’objet et de marchandise.

En l’occurrence, il s’agit de larves d’un crustacé, l’artemia salina. Elles sont particulièrement résistantes, tant dans le temps qu’aux conditions extrêmes.

Mises dans l’eau, elles reprennent leur croissance, pouvant parvenir à une taille d’un ou deux centimètres.

Pif gadget les a qualifiés de « pifises », prétendant qu’il s’agit de créatures préhistoriques. C’est encore le cas avec le nouveau Pif gadget qui vient de sortir.

Pif gadget les avait déjà proposés comme « gadget » en avril 1970, vendant alors pas moins d’un million d’exemplaires !

Le chiffre sera atteint de nouveau en septembre 1971 avec des « pois sauteurs du Mexique »… Qui étaient en réalité des oeufs de papillon.

En 2004, Pif gadget avait de nouveau proposé les « pifises », le journal de Mickey faisant la même chose en 1996 et en 2002.

Et, donc, rien n’a changé, malgré pourtant la prise de conscience écologiste. En 2017, on est encore dans la même démarche : celle de la domination, dans la prétention de la « maîtrise » de la Nature…

Le nouveau numéro de Pif gadget n’hésite pas d’ailleurs à présenter une critique de la réalité digne de celle des années 1930, dénonçant la malbouffe de manière particulièrement significative…

Ce qui est logique : quand on ne va pas dans le bon sens, on va dans le mauvais…

Tout cela est très révélateur sur les tendances de fond dans la société française actuellement : l’esprit de retour en arrière, de régression… C’est la volonté de « tranquillité » à tout prix, de négation de toute prise de responsabilité…

« Expérimentation animale, à qui profite le crime ? »

« Expérimentation animale, à qui profite le crime ? » : tel est le titre d’un article, qui a en fait la forme d’une tribune, publié dans La Croix.

Son auteure est Anne-Laure Boch, neurochirurgienne, praticienne hospitalière et docteur en philosophie.

Ce n’est pas un article contre la vivisection, mais c’est un article qui constate que la vivisection est, en pratique, déconnectée en bonne partie de toute rationalité à prétention scientifique.

C’est une tradition, un moyen de se faire valoir, sans forcément de réelle utilité.

Eh bien oui, c’est vrai, mais si elle allait au bout de son raisonnement, elle comprendrait que l’expérimentation animale est plus qu’une méthode : c’est une idéologie…

Une idéologie dont les incohérences ne sont pas des erreurs, mais des fautes liées à sa substance même, anthropocentriste et criminelle.

L’expérimentation animale pose problème. Les défenseurs des animaux dénoncent sa cruauté et la barbarie de ceux qui la pratiquent. Pourtant, l’immense majorité des chercheurs ne sont pas des sadiques. Beaucoup aiment les animaux.

Ils souffrent de les faire souffrir, de les sacrifier. Cette souffrance morale croît à mesure qu’on monte dans l’échelle des espèces.

Les expériences sont déjà pénibles quand elles sont faites sur des rats et des souris ; avec les animaux de compagnie (lapins, chiens, chats…), elles deviennent odieuses ; et insupportables avec les singes, qui nous ressemblent tant.

Mais l’expérimentation animale est présentée aux médecins et biologistes comme nécessaire. Elle fait partie intégrante de la recherche en sciences de la vie. Il faut donc en passer par là.

C’est-à-dire prendre sur soi, serrer les dents, se faire violence, « se blinder ».

Contraints à des actions qui heurtent leur sensibilité, voire leur conscience morale, la plupart des chercheurs élaborent une stratégie classique en matière de discordance affective : ils se persuadent que les travaux sur les animaux sont essentiels pour vaincre les maladies humaines. Forcés d’infliger des souffrances aux bêtes, ils invoquent les souffrances qu’ils évitent aux hommes.

Pour tenir le coup, ils pensent aux vies prétendument sauvées grâce à leurs recherches. Au nom de cette raison supérieure, ils font taire leur sensibilité accusée d’être sensiblerie.

Si la caricature de la sensibilité est bien la sensiblerie, la caricature de la raison est l’argumentation spécieuse. Trop souvent, la raison profonde d’accepter de telles pratiques est de faire progresser notre carrière – notamment pendant notre jeunesse, dévolue aux « manips » sanglantes.

Ces manips permettent d’obtenir des diplômes, de monter en grade, d’être titularisé.

C’est pour cette raison prosaïque que nous nous les imposons à nous-mêmes autant que nous les imposons à nos innocentes victimes animales.

Combattant nos répugnances, nous cédons aux pressions du système qui nous fait miroiter master, doctorat et habilitation à diriger les recherches.

L’expérimentation animale, qui exige d’être durs avec nous-mêmes, nous apparaît comme un rite initiatique pour devenir un vrai chercheur.

Nous avons si bien appris qu’il n’y a pas de progrès sans effort, que nous nous convainquons que l’effort entraîne nécessairement le progrès.

Malheureusement, ce n’est pas parce qu’un protocole de recherche est douloureux pour l’animal (physiquement) et pour le chercheur (psychologiquement) qu’il est véritablement utile pour la communauté.

Faut-il pour autant renoncer à l’expérimentation animale ? Sans doute pas.

Mais le bilan doit être fait avec rigueur : les expériences sur les animaux sont trop nombreuses au regard des enseignements qui en sont tirés.

Si on se donnait la peine de pousser la réflexion théorique, d’envisager d’autres options, et surtout si on refusait de se laisser fasciner par la difficulté des expériences (difficulté morale, qui est souvent le masque de la facilité intellectuelle), on économiserait beaucoup de souffrances, animales et humaines.

Serait-ce trop demander que chacun, au moment d’entreprendre son protocole de recherche, se pose honnêtement la question : est-ce que cette expérience sert vraiment la santé humaine, ou seulement mon intérêt personnel ?

Les caractéristiques des pigeons

Les pigeons, réunis aux tourterelles, forment ensemble une nombreuse tribu d’espèces dont le placement systématique, dans la série des oiseaux, a beaucoup embarrassé les naturalistes.

Linné en a fait un genre de ses passereaux, passeres ; Brisson, Pennant, Temminck et Latham, les isolent dans un ordre particulier, tandis que Cuvier et d’autres auteurs en font une division des gallinacés.

Les caractères génériques de ces oiseaux sont :

bec faible, grêle, droit, comprimé latéralement, couvert à sa base d’une membrane voûtée sur chacun de ses côtés, étroite en devant;

mandibule supérieure plus ou moins renflée vers le bout, crochue, ou seulement inclinée à sa pointe; narines oblongues, ouvertes vers le milieu du bec, placées clans un cartilage formant une protubérance membraneuse, plus ou moins épisse, plus ou moins molle; langue pointue et entière;

pieds marcheurs, courts, rouges dans la plupart, à ongles simples; quatre doigts, trois devant, un derrière;

les antérieurs rarement réunis à leur origine par une petite membrane, presque toujours totalement libres ;

ailes allongées et pointues, ou arrondies et médiocres; corps charnu et savoureux;

nourriture consistant en fruits, grains et semences qu’ils avalent sans les briser avec le bec, nid fait sans art sur des branches d’arbres ou dans des trous; monogamie.

Comme les passereaux, les pigeons sont monogames, c’est-à-dire qu une femelle suffit à un mâle. Ils restent ensemble pendant toute la saison des amours, et travaillent en commun à la construction d’un nid; tous deux partagent les soins de l’intubation, et de l’éducation de leurs petits.

Ceux-ci sont longtemps nourris dans le nid avant d’en sortir; ils naissent aveugles et incapables de choisir leur nourriture que le mâle et la femelle leur apportent tour à tour ; enfin ils ne se hasardent à quitter le berceau qui les a vus naître, que lors-qu’ils sont entièrement couverts de plumes.

Les gallinacés, au contraire, sont polygames, et le mâle, dans plusieurs espèces, peut servir à un grand nombre de femelles. Celles-ci s’occupent seules â préparer le nid pour leur nouvelle famille; elles pondent un grand nombre d’oeufs, les couvent, et font éclore leurs petits sans que le mâle ait l’air d’y prendre le moindre intérêt.

Dès que les petits sont éclos, as voient, marchent, quittent le lieu de leur naissance, savent reconnaître et prendru leur nourriture sans le secours de leurs pareils.

Outre cela, les gallinacés ont le doigt postérieur articulé sur le tarse beaucoup au-dessus des doigts antérieurs, ce qui leur ôte la faculté de saisir un juchoir avec solidité, et les condamne à rester sur la surface du terrain sans jamais se percher, comme font les passereaux et les colombes.

Tous ces caractères sont plus que suffisants pour séparer les pigeons des gallinacés; mais nous allons trouver des raisons pour les ôter aussi de la classe des passereaux.

Lorsque ces derniers boivent, ils prennent de l’eau dans la mandibule inférieure de leur bec, et la font couler dans leur gorge en élevant rapidement la tète presque verticalement; tous font plus de deux oeufs; ils placent simplement dans le bec de leurs petits la nourriture qu’ils leur apportent; enfin ils n’ont pas la faculté d’enfler leur gorge.

Les pigeons, au contraire, plongent leur bec dans l’eau quand ils boivent, et aspirent d’un seul trait toute la quantité de liquide dont ils ont besoin ; ils ne font jamais que deux oeufs; ils nourrissent leurs pigeonneaux en leur versant dans la gorge, d’une manière particulière, des aliments préparés dans leur estomac; ils savent aspirer un plus ou moins grand volume d’air, et le retenir dans leur oesophage autant de temps qu’ils le veulent.

Tout ceci prouve une organisation intérieure tout-à-fait différente, outré que la singularité de leurs caresses, la nature de leur plumage et leur défaut de chant, les éloignent davantage encore de cette classe d’oiseaux.

Il résulte de ceci que les pigeons doivent faire, comme le pensent Temminck, Levaillant, et d’autres naturalistes, un ordre à part, que l’on pourrait cependant intercaler entre les passereaux et les gallinacés, faute de pouvoir lui trouver une autre place.

On connait quelques pigeons qui, en état de liberté, se nourrissent de baies et même, d’insectes ; mais généralement ils sont granivores, et tous ceux réduits à l’état de domesticité vivent de graines. Ces aliments subissent dans leur oesophage, ou jabot, une première macération qui les rend plus faciles à digérer quand ils sont descendus dans l’estomac, ou gésier.

Ce gésier est revêtu de muscles très épais, très forts, et garni en dedans d’une membrane veloutée et coriace ; il exerce sur les aliments une forte action mécanique.

Les pigeons, comme presque tous les oiseaux, avalent une certaine quantité de petites pierres, qui, mêlées avec les graines déjà ramollies dans le jabot, se trouvent en trituration avec elles, et achèvent par leur dureté de les réduire en une pâte alimentaire.

Tous les oiseaux ont les poumons simples, entiers, attachés fixement aux côtes et à l’épine du dos, et non enveloppés dans la plèvre; ils sont percés de trous qui permettent à l’air de se répandre dans toutes les parties du corps, même dans les cavités des os, mais principalement dans de grands sacs placés dans la poitrine et le bas-ventre, par le moyen desquels ils peuvent s’enfler considérablement, ce qui facilite leur vol et produit ce grand volume de voix qui nous étonne quelque fois.

Les pigeons ont cette faculté singulière à un point beaucoup plus étonnant encore ; ils savent aspirer et retenir dans leur jabot un volume d’air si considérable que, dans quelques variétés, leur gorge, ainsi enflée, est souvent aussi grosse que tout le reste de leur corps.

(Les Pigeons de volière et de colombier, ou Histoire naturelle des pigeons domestiques, Boitard, Pierre, 1824)

Active slaughter – Labour lied, Barry died

Nous parlions récemment du groupe de musique anglais Active slaughter, à l’origine de compilations de soutien au mouvement de la libération animale.

En plus de leur chanson Smash HLS, celle écrite sur Barry Horne est un classique du genre, juste après son décès, au début des années 2000.

Barry was giving 18 years by a government full of shit
The judge said he’s a danger to us all, you are the danger you worthless prick
Barry un gouvernement plein de merde lui a donné 18 ans
Le juge a dit qu’il était un danger pour nous tous, c’est toi le danger tête de noeud

Laying in the prison cell, thinking what to do next
He can’t give up, he won’t give up. You know he’s gonna do his best.
He’s gonna expose the lies, expose the fraud of labours pre election pledge.
Placé en prison, se demandant désormais quoi faire
Il ne peut pas abandonner, il n’abandonnera pas. On sait qu’il fera de son mieux.
Il va montrer les mensonges, prouver la trahison de la promesse pré-electorale des socialistes.

They said they would hold a royal commission,
on this barbaric evil worthless vivisection.
Did they keep their pledge? did they fuck.
So Barry was gonna try his luck.
Ils ont dit qu’ils tiendraient une commission royale
au sujet de ce mal barbare et sans intérêt qu’est la vivisection.
Ont-ils tenu leur promesse? Pas un instant
Alors Barry a tenté de faire différent.

Labour lied, Barry died
He’s still with us and by our side.
We won’t give up, we won’t give in.
In the end we shall win
Les socialistes ont menti, Barry est mort.
Il est toujours avec nous à nos côtés
Nous n’abandonnerons pas plus que nous ne capitulerons
A la fin nous vaincrons.

A hunger strike for 35 days & the government agreed to talk.
A light was seen, but then it went out.
Typical of labour to talk not walk
Hunger strike back on, this time for 46 days
again he got nowhere, just more issues to be raised
Une grève de la faim de 35 jours & le gouvernement accepta de discuter.
On voyait une lumière, mais elle a disparu.
Typique des socialistes de parler mais de ne rien faire

La grève de la faim reprit, cette fois pour 46 jours

He knows he’s got our support and praise
Another hunger strike followed this,
this time he won’t be treated like piss.
A strike until the end this time is best
to force labour to hounour their pre election pledge
Encore une fois pour rien, juste quelques thèmes mis en avant de plus
Il sait qu’il a notre soutien et nos encouragements
Une nouvelle grève de la faim s’ensuivit
Cette fois on le ne traitera pas comme de la merde.
Une grève jusqu’à la fin cette fois c’est le meilleur
pour forcer les socialistes à honorer leur promesse électorale.

Another 60 Days went on but nothing got done
apart from the ALF around the land liberating and having their fun
The media kicked him down, went in for the kill
said he was bluffing, wouldn’t go through with it.
Encore 60 jours mais rien n’est fait
si ce n’est l’ALF partout dans le pays qui libère et ne cesse d’agir à sa guise
Les médias l’ont rabaissé, s’y mirent pour qu’il meurt
dirent qu’il bluffait, qu’il n’irait pas au bout.

I hope they sold a few papers and got their thrill
In the end Barry died in prison
Now there’s going to be complete anarchism.
We won’t forget Barry Horne
WE WILL LIBERATE WE HAVE SWORN
J’espère qu’ils ont vendu quelques journaux et ont eu leur plaisir
A la fin Barry est mort en prison.
Maintenant cela sera désormais l’anarchisme complet.
Nous n’oublierons pas Barry Horne.
Nous LIBERERONS, NOUS L’AVONS PROMIS.

Emmanuel Macron et l’éleveur « qui pleure quand un animal meurt »

La FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) a invité les candidats aux présidentielles à un grand oral, à l’occasion du dernier jour de son congrès.

Cette invitation au moment du congrès signifie qu’il faut aller se soumettre et, d’ailleurs, il fallait être présent en personne. Jean-Luc Mélenchon voulait envoyer un représentant, il a été éconduit, Benoît Hamon ne s’est pas déplacé.

C’est que la FNSEA, c’est le symbole du conservatisme et des grandes entreprises ; être présent à son congrès quand on veut se donner une image de gauche n’est pas faisable…

Emmanuel Macron, lui, y est allé de bon coeur, saluant l’ancien président mort tout récemment, avant de se lancer dans un éloge de la compétitivité, dans un décor assez hallucinant de kitscherie…

Et, dans le prolongement de ce qu’il a dit au WWF (Emmanuel Macron : » je continuerai à manger l’agneau des Pyrénées ») et au congrès des chasseurs (Emmanuel Macron veut développer le « tourisme cynégétique »), il a maintenu son courant ultra-libéral sur le plan de l’économie et des moeurs, ultra-réactionnaire sur le plandes valeurs.

Ses propos au sujet du bien-être animal ont été littéralement abjects, se basant qui plus est sur l’image d’Epinal du petit élevage, de taille raisonnable, avec l’éleveur connaissant ses animaux, veillant même l’animal malade la nuit…

Une telle vision du terroir est digne des années 1930.

Nous avons retranscrits ses propos, qui valent le détour, d’autant plus qu’il aborde la question des oeufs, confirmant l’interprétation que nous avons fait de sa mesure au sujet des oeufs issus de poules en cages.

« – Il y avait cette question qui vient de la salle.

Que pensez-vous des attaques des différentes associations sur le bien-être animal, comment pensez-vous valoriser notre agriculture dans de telles conditions, nos produits, le travail ?

– Ben, là dessus, j’ai répondu d’ailleurs à une organisation environnementaliste qui m’interrogeait sur ce sujet.

Moi, j’ai jamais connu un éleveur qui était heureux avec des animaux malades. Faut me le présenter.

C’est comme l’idée qu’un employeur serait forcément quelqu’un qui adore licencier des gens.

[mettant sa main vers sa tête pour indiquer que ce serait « fou »] C’est parfois les représentations qu’on a dans le débat public.

Si quelqu’un est malheureux lorsqu’il y a un problème de bien-être animal, c’est l’éleveur le premier.

Et l’éleveur, ce qu’il veut, c’est justement pouvoir élever ses animaux dans les meilleures conditions, parce que c’est lui qui se relève la nuit, c’est lui pleure quand un animal meurt.

[faisant un signe de dénégation avec l’index] C’est pas les gens qui sont dans des associations ou dans des bureaux.

Donc aujourd’hui… [applaudissements du public]

Donc aujourd’hui, le problème c’est quand c’est un éleveur n’est pas en situation d’améliorer les choses pour ses bêtes et pour lui-même.

Et donc c’est pour cela que moi je veux faire ce plan d’investissement agricole qui permet, quand on a un projet, qu’on veut l’améliorer…

Moi j’étais il n’y a pas longtemps dans la région, chez monsieur Nédelec, qui passe justement, qui a un élevage de cinquante vaches, qui passe à une production bio.

Il a pu installer, parce que il a eu des aides de la région, pour accompagner ses bêtes, des capteurs qui permettent de mieux accompagner la bête quand elle veule [Emmanuel Macron se trompe et veut en fait dire quand elle vêle], etc., et d’éviter des souffrances.

Eh bien, ça, je suis désolé de vous le dire, c’est de l’investissement, c’est pour bon pour l’élevage [brouhaha dans la salle, le modérateur fait « chut chut » au public], c’est bon pour le professionnel et c’est bon pour tout le monde.

C’est pour ça que ce plan d’investissement d’avenir, il permet de résoudre le problème de la condition animale, mais en même temps, il permet d’améliorer le fonctionnement.

Après, on a un problème dans les abattoirs, mais c’est la transformation, ce n’est pas l’élevage.

Et là dans les abattoirs, pardon de vous le dire, mais les premières victimes, ce sont celles et ceux qui y travaillent, hein.

Et la raison on la connaît bien. Donc là aussi y a un plan de modernisation à faire.

– [Christiane Lambert, président de la FNSEA, prend la parole] Toutefois, monsieur Macron, vous nous avez donné l’impression de surfer un petit peu sur la vague welfariste, lorsque vous avez dit qu’il fallait que vous alliez interdire en 2025 tous les œufs provenant de poules en cage.

Nous sommes dans une région où 70 % des poules sont élevées en cages, modernisées agrandies, mais quand même 70 %.

Les bâtiments qui ont été rénovés il y a cinq ans, qui ont encore dix quinze ans d’amortissement, comment allez-vous faire d’un coup – claquement de doigt tweet – pour résoudre ce problème de l’agriculture française [applaudissements, bravos].

– Je vais vous dire deux choses. La première, c’est que 2025, ce n’est ni un tweet ni un claquement de doigt. C’est quand même un objectif.

La deuxième, c’est que je n’ai jamais dit que je la prendrai moi ou que je l’interdirai. J’ai dit que je me fixerai cet objectif. Et il est atteignable.

La troisième chose, si vous m’avez écouté précisément, madame la présidente [brouhahas, le modérateur fait « chut chut chut »], c’est que j’ai parlé de la GMS [grandes et moyennes surfaces]. J’ai parlé de la GMS.

Or une large majorité des œufs qui sont produits dans la région et vendus, ils le sont pour les industries agro-alimentaires et la transformation.

J’ai pas une seule seconde dit, en l’espèce, qu’il fallait revenir sur les normes actuelles.

La dernière chose, c’est que, justement, et quand j’ai rencontré les professionnels au salon de l’agriculture, je leur ai dit, je pense qu’il faut pour la grande distribution – ce qui est une part minoritaire de la vente des œufs, comme vous le savez aujourd’hui qui sont produits – pour la grande distribution, il faut se fixer cet objectif à dix ans, parce que de toutes façons, sinon nous aurons à le subir.

Moi, je vous fiche mon billet, on peut se faire plaisir, je peux vous dire le contraire, mais dans trois, dans quatre ans, dans cinq ans, vous aurez des associations de plus en plus, des associations de consommateurs et autres, qui vous diront [tapant dans ses mains] « moi je veux de la meilleure qualité ».

On l’a eu sur le poulet, on l’a sur tout, donc il faut se fixer cet objectif à dix ans en disant : on va l’accompagner.

Ce n’est pas surfer sur une vague. C’est se dire : on peut quand même avoir un objectif décennal. Ce n’est pas une loi qui l’interdira demain, ce n’est pas une nouvelle norme, mais on dit il faut accompagner cette transformation, uniquement pour ce qui est vendu en GMS, et ça passe aussi par ce plan d’investissement.

On l’a calé avec la profession, il faut cinq cent millions d’euros d’investissement pour, dans les cinq six années à venir, moderniser. Ils seront accompagnés par le plan d’investissement que je porte.

– Vous avez évolué, c’est bien… Mais merci d’avoir précisé

– J’ai dit des choses précises. »

La répression des fraudes constate des problèmes avec les aliments diététiques pour animaux

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes a rendu public le résultat d’une enquête sur la « conformité des aliments diététiques pour animaux ».

Ces aliments sont bien plus chers que les autres et le prix se justifie, normalement, par leurs propriétés particulières. Ils sont destinés à des animaux ayant des besoins particuliers : éviter les calculs urinaires, être appétents et moins gras, haute digestibilité en cas d’insuffisance rénale, etc.

Ce sont donc des aliments d’une importance extrême pour certains animaux. La répression des fraudes constate pourtant de nombreux problèmes suite aux analyses faites : voici son rapport.

Mais ne soyons bien entendu pas dupe : la répression des fraudes excuse la non application de la réglementation, car nos pauvres industriels n’agissent que « par méconnaissance des textes »…

La DGCCRF a enquêté sur la conformité des aliments diététiques destinés aux animaux de compagnie et aux animaux de rente.

Les contrôles ont porté sur le respect de la réglementation en matière d’étiquetage des aliments composés. L’attention a également porté sur la présence d’additifs pouvant avoir des effets négatifs sur la santé de l’animal.

Les enquêtes menées ont révélé un taux d’anomalie de 19 %.

Les manquements constatés portent sur la loyauté de l’étiquetage ainsi que sur la justification des objectifs nutritionnels particuliers revendiqués.

Par ailleurs, les enquêteurs ont relevé un déficit de connaissance de la réglementation de la part des professionnels du secteur.

Dans le cadre de cette enquête, 227 actions de contrôle ont été réalisées dans les usines et ateliers de production d’aliments pour animaux et auprès des grossistes, enseignes spécialisées et non spécialisées de la grande distribution, cabinets vétérinaires et sites de vente en ligne.

91 opérateurs ont été contrôlés.

De nombreux manquements relatifs à la conformité des étiquetages

Les aliments diététiques ciblent par exemple des animaux souffrant de certaines pathologies spécifiques et ayant, de ce fait, des besoins nutritionnels particuliers.

Dans le cadre des contrôles, les enquêteurs ont constaté des omissions relatives à l’utilisation du terme « diététique » et à l’indication d’un objectif nutritionnel particulier.

Ces manquements s’expliquent par :

Une réglementation mal maîtrisée de la part de petits opérateurs, en particulier lorsqu’ils ont la responsabilité de l’étiquetage.

Une sous-traitance de la production auprès de certains fournisseurs d’aliments diététiques qui ne sont parfois pas enregistrés en tant qu’opérateurs.

Une vigilance insuffisante lors de la commercialisation de produits importés : une entreprise, qui importe des aliments complémentaires en provenance d’Allemagne, a par exemple omis plusieurs mentions obligatoires lors de l’étiquetage des produits en langue française.

Des changements réglementaires (datant de 2014) qui n’ont pas été suffisamment pris en compte lors des étiquetages, de nombreux types d’aliments diététiques ayant en effet été créés ou modifiés depuis 2014.

Des dénominations galvaudées

Sur des sites de vente en ligne, certaines gammes apparaissent sous l’appellation « veterinary diets » mais ne sont pas des aliments diététiques.

Dans certains cabinets vétérinaires, les aliments diététiques sont indument nommés « aliments thérapeutiques ».

Cette appellation, utilisée par opposition aux « aliments physiologiques », n’est pas conforme à la réglementation, le terme « thérapeutique » renvoyant à une action médicamenteuse.

Des allégations valorisantes qui ne sont pas toujours vérifiées

Pour pouvoir revendiquer une allégation, l’entreprise mettant sur le marché un aliment composé doit incorporer dans son produit les additifs prévus par la réglementation ou disposer d’un dossier de preuves permettant de démontrer la véracité de l’allégation.

L’enquête de la DGCCRF révèle que les documents détenus sont souvent insuffisants pour prouver de manière satisfaisante l’allégation et donc, pour conclure à l’efficacité du produit concerné.

Ainsi, un professionnel ayant fait mention de l’action de la vitamine E pour renforcer l’immunité des chiens a par exemple dû retirer cette mention des étiquetages car les documents communiqués n’ont pas permis de démontrer l’allégation avancée.

Par ailleurs, les contrôles ont mis en évidence que certains opérateurs avaient mis en avant certaines allégations dans un but purement commercial car ils avaient constaté un véritable intérêt de la clientèle pour le sujet.

La DGCCRF a donc enjoint ces opérateurs de supprimer les mentions des étiquetages.

Des prélèvements qui révèlent des compositions dangereuses
Les services de la DGCCRF ont analysé certains produits pour vérifier la véracité des mentions d’étiquetage, par exemple, la composition des produits.

Ces analyses ayant mis en évidence 32 non-conformités sur 40 produits prélevés, la DGCCRF a demandé le retrait de certains lots et a initié des enquêtes complémentaires.

Il a, par exemple, été constaté un fort surdosage en vitamine A dans un produit ou encore des anomalies sur le dosage en sucres totaux et chlorures sur une poudre orale pour veaux, poulains, agneaux et chevreaux.

L’enquête de la DGCCRF démontre que la réglementation n’est pas pleinement appliquée par les professionnels par méconnaissance des textes.

Cible
91 opérateurs
227 actions de contrôle
314 aliments diététiques

Résultats
40 prélèvements dont 32 non-conformes
29 avertissements
13 injonctions
Taux d’anomalie de 19%

S’il y a cinquante ans…

Nous sommes en 1984 et Ronnie Lee, le fondateur de l’ALF, répond à une interview donnée par les ALF Supporters Group (une présentation et des pdf sont disponibles ici).

Voici sa réponse à la question suivante : « Comment voyez-vous les organisations en faveur des droits des animaux qui sont plus traditionnelles ? ».

Ce qui est très intéressant, ce n’est pas simplement sa critique plus ou moins acerbe de l’inaction ou du caractère vain d’organisations qu’il critique. Ce n’est pas spécialement original.

Par contre, il fait une réflexion approfondie sur le fait qu’il aurait fallu faire cela bien plutôt, que l’exploitation animale prend une telle proportion que les interventions sont peut-être trop en retard historiquement.

C’est extrêmement intéressant, car il faut bien avoir en tête ici que l’ALF, à ce moment là, mène en Angleterre plusieurs actions par semaines, dont de très régulières libérations d’animaux de laboratoires, jusqu’à 60 000 par an.

L’ALF est, qui plus est, un front, c’est-à-dire l’union la plus générale pour l’action de libération concrète d’animaux ; tous ses membres sont issus de la protection animale décidant d’intervenir, afin de peser sur le cours des choses.

C’est, si l’on veut, un réformisme ultra-actif et d’interposition sur un mode révolutionnaire et c’est cela que la réponse met d’une certaine manière en exergue : la question animale, finalement, de par son ampleur historique, n’est-elle pas en fait liée à la nécessité de révolution ?

Voici donc la réponse de Ronnie Lee au sujet de ce qu’il pense des organisations « traditionnelles ».

« Cela dépend. Les organisations les plus radicales sont sympathisantes et même si elles ne font rien d’illégal, elle publient les rapports de nos activités dans leurs périodiques et s’expriment en soutien à ce que nous faisons.

D’autres organisations sont équitablement neutres et quelques autres sont contre nous, bien qu’il y a eu un déplacement de soutien en notre faveur.

Les associations qui condamnaient l’ALF il y a quatre-cinq ans ne nous condamnent plus. Elles ne vont sans doute pas publiquement célébrer l’ALF, mais elles ont cessé de nous condamner.

Je pense qu’elles ont vu que l’action directe a eu un effet très positif, donc elles n’ont plus vraiment de raisons de nous condamner.

Il y a certainement de la place pour les organisations traditionnelles des droits des animaux et les choses qu’elles font. Je pense qu’il est très important de distribuer des tracts et d’éduquer le public et je suis certain que presque tous ou tous les activistes de l’ALF défendraient également cela.

De par le passé, les associations traditionnelles ont joué le jeu des institutions et de ceux qui maltraitent les animaux en canalisant l’énergie des gens dans des méthodes de campagnes qui n’étaient pas efficaces.

Quelqu’un serait très en colère au sujet de la cruauté de la vivisection et écrirait à l’association anti-vivisection. L’association répondrait en disant que la vivisection pourrait connaître une fin en écrivant aux politiciens et en faisant faire des pétitions.

Cela n’avait tout simplement pas de succès et donc l’énergie et le temps des gens étaient gâchés.

Je pense que si l’action directe avait commencé il y a cinquante ans, la situation pour les animaux serait bien mieux, parce que la vraiment mauvaise exploitation technologique des animaux a grandi la dernière moitié de ce siècle – c’est-à-dire la vivisection et les élevages intensifs.

Parce que les méthodes de l’opposition n’ont pas été suffisamment efficaces, la maltraitance animale a grandi et c’est désormais quelque chose de bien plus difficile à détruire.

Je crois que les ressources du mouvement sont mal équilibrées. Les associations traditionnelles ont des centaines de milliers, peut-être des millions de livres [la monnaie anglaise] et si cet argent pouvait être dévié dans l’action directe, ce serait incroyable ce qui pourrait arriver, bien que bien entendu il ne s’agit pas simplement d’argent.

Les gens donnent désormais davantage d’argent à l’ALF après qu’ils aient vu ce qui a été fait et obtenu, cependant c’est un long et très lent processus. »

Si en 1984, Ronnie Lee voyait déjà un changement massif les cinquante dernières années, que devrait-on dire en 2017 ! Surtout que l’exploitation animale explose à l’échelle mondiale…

Mais la réponse est peut-être dans la question : avant, on ne pouvait pas encore arracher sa conscience à la réalité de l’exploitation animale. Aujourd’hui on le peut !

A condition de ne pas choisir un retour en arrière, comme avec Marine Le Pen, les zadistes, etc., mais de choisir le camp de l’utopie et de l’universalisme par la révolution !

Augmentation de la consommation de « viande » en 2016 en France

Se confronter aux données économiques de l’exploitation animale est très important : cela permet de constater les faits. Et de faire la part des choses.

Sommes-nous en décalage avec la réalité lorsque nous disons que l’exploitation animale est en croissance exponentielle à l’échelle mondiale, que rien n’est possible sans révolution ? Ou bien le réformisme des « droits des animaux », y compris à prétention végane, n’est-il que la caution « morale » de l’exploitation animale ?

Parlons cette fois de la France, puisque le réformisme prétend qu’il s’y passe des choses à grande échelle, il y aurait un basculement.

Ce n’est pas du tout ce que disent les données du ministre de l’agriculture, qui viennent de tomber. Voici comment Le Figaro les résume :

La consommation française de viande a légèrement augmenté de 0,9% en 2016, tirée par la volaille, mais la consommation de viande à domicile par les ménages a régressé, selon les services statistiques du ministère de l’Agriculture.
En 2016, la consommation apparente de viande, c’est à dire mise à disposition sur le marché intérieur, a augmenté de 0,9% par rapport à 2015, un hausse quasi comparable à celle de 2015 (+1%) après une période de baisse, indique le bulletin d’Agreste.
La situation est toutefois contrastée selon les types de viande: alors que la consommation de viande de boucherie, qui représente 68% de la consommation totale de viande est en légère baisse sur un an (-0,6%), celle de volaille de chair progresserait (+4%), après s’être stabilisée en 2015.
Il n’y a pas de baisse de consommation de la « viande » en France (rappelons qu’il manque, de notre point de vue, les chiffres pour les autres animaux, notamment les poissons et les crustacés).
Et pour cause l’exploitation animale est un système économique. Il n’y a pas de « spécisme », mais une réalité économique, comme le paradoxe que les chiffres montrent.
En effet, les chiffres qui constatent l’augmentation de la consommation de viande en France disent, en même temps, que les ménages achètent moins de viande…
Voici un tableau de données.
Comment expliquer cela ? Tout simplement, par la consommation hors foyers. Cette consommation que, précisément, le réformisme de l’exploitation animale « oublie ».
Historiquement, pour les végans, McDonald’s a toujours été un ennemi, au même titre que Nestlé ou toutes les autres grandes compagnies de l’exploitation animale.
Pour le réformisme de l’exploitation animale, ces grandes compagnies ne comptent pas, tout dépendrait du « consommateur ».
C’est un point de vue de bobo et d’universitaires de centre-ville, d’entrepreneur plus ou moins hipster.
Voici d’ailleurs un autre tableau de données très intéressant, rappelant une vérité élémentaire. Le but de la production de « viande » est le profit. Il n’y a pas de spécisme.
Et on peut voir qu’effectivement, les prix d’un certain de type production augmentent, pour compenser la baisse des ventes… C’est une logique implacable.
Mais c’est une logique implacable seulement quand c’est possible. Les deux tableaux suivants présentent d’un côté la consommation de l’autre l’évolution des prix.
En raison de la concurrence, il est très difficile d’augmenter les prix de manière générale…
Et quelle sera la conséquence inévitable ? L’augmentation des cadences, le renforcement de l’exploitation animale, afin de vendre plus et moins cher !
Ne négligeons pas le fait que le marché est également « insensé », au sens où il y a des tendances dépendant des « goûts » du consommateur.
Voici ce que cela donne pour les différentes « viandes », et la tendance générale est dans tous les cas à la hausse…
Pour conclure, ce n’est pas parce que les ménages achètent moins de « viande » qu’il n’y a pas pour autant une hausse générale de la consommation de « viande ».
Il y avait, en 2009, 1141 McDonald’s en France. En 2015 il y en avait 1380, ce qui fait  deux millions de repas par jour…

« Direct Action Animal Rights », « Direct Action – Arkangel »

Voici en mp3 la mythique compilation de musique punk « Direct Action – Arkangel ». Elle a été produite en 2005 par le groupe de musique anglais Active Slaughter, particulièrement engagé dans la cause et jamais avare d’initiatives.

C’est d’ailleurs la suite directe d’une autre compilation, datant de 2001, intitulée « Direct Action Animal Rights », que nous proposons également en mp3.

La compilation de 2001 a été réalisée en soutien à SHAC – la campagne contre les laboratoires Huntingdon Life Sciences -, ainsi qu’à la Hunt Saboteurs Association, une structure de sabotage de la chasse.

La compilation de 2005 a été quant à elle réalisée en soutien à l’Animal Liberation Front Supporters Group (Groupes de soutien de l’ALF), SHAC, le Vegan Prisoner Support Group (Groupe de soutien aux prisonniers vegans), la revue Arkangel, la Hunt Saboteurs Association, la campagne SPEAK contre la vivisection dans les universités d’Oxford et de Cambridge.

Les bénéfices des deux compilations, sorties à respectivement 600 et 1000 exemplaires, allaient naturellement entièrement à ces structures de libération animale.

Il s’agit d’initiatives engagées, les chansons sont toutes d’orientation militantes, au sens bien entendu d’un militantisme qui n’est pas celui d’une participation aux institutions…

On est ici dans le mouvement pour la libération animale, au sens strict. L’iconographie, les photos et les explications dans les livrets des Cds étaient bien entendu aussi très claires à ce sujet.

« Direct Action Animal Rights » – l’album en mp3

« Direct Action – Arkangel » – l’album en mp3

« Leur objectif d’une société sans drogues est irréalisable »

Le Huffington post a publié une tribune intitulée « Comment la régulation du cannabis permettrait des politiques en matière de drogues plus efficaces ».

Elle est signée par plusieurs personnes. Tout d’abord, Paul Volcker, membre de la Commission globale de politique en matière de drogues et ancien président de la Réserve fédérale américain.

Quelle est donc cette commission ? Il s’agit d’un think tank international en faveur de la fin de la répression contre les drogues, fondé en 2011.

Y participent l’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, le milliardaire anglais Richard Branson, d’anciens présidents de Pologne, du Nigeria, du Mexique,  etc.

C’est un mélange de hautes figures de la politique et de l’économie, comme d’ailleurs les deux autres signataires. Il s’agit en effet tout d’abord de Maria Cattaui, membre de la Commission globale de politique en matière de drogues et ancienne Secrétaire générale de la Chambre de commerce internationale.

Ensuite, du fameux Pierre Bergé, Président de la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent et Président de la Fondation Jardin Majorelle.

On l’a compris : on est ici dans le libéralisme libertaire, l’appel à capituler devant les drogues. La tribune est explicitement sur cette position :

« Pourquoi les pouvoirs publics échouent-ils aussi lourdement à faire baisser la consommation et la production de stupéfiants et ce malgré des investissements colossaux dans la répression?

Ils échouent car leur mission est erronée, leur objectif d’une société sans drogues est irréalisable, et ils refusent de le reconnaitre. »

Cette phrase symbolise parfaitement l’hypocrisie du businessman qui nie l’utopie afin de justifier son sinistre commerce.

Il serait dans la nature humaine de prendre des drogues, pas de ne pas en prendre, et par conséquent y avoir accès serait un « droit ».

La tribune est là aussi explicite sur cet acte qui nuit à quelqu’un qui l’aurait « choisi », la société n’ayant donc pas à s’en mêler…

« Or en plus d’être un échec mondial, la guerre aux drogues, dont la France est l’une des championnes en Europe, nécessite un investissement financier important, dont les retours sont des catastrophes sanitaires, financières et sociales.

Pire encore, les politiques publiques transforment sciemment de jeunes individus pleins de promesses en délinquants. Soumis au système judiciaire, ces individus voient leur perspective d’une vie équilibrée et productive soudainement menacée pour un acte non-violent, qui ne nuit potentiellement qu’à eux-mêmes.

La guerre aux drogues a également comme résultats une imposante surpopulation carcérale, la propagation de maladies infectieuses, et la marginalisation économique et sociale de pans entiers de la population. »

Il y a trop de gens en prison ? Ce n’est pas la faute au capitalisme qui donne naissance au crime, mais à une définition trop élargie du crime…

Citons ici la fin de la tribune, qui résume parfaitement tout ce honteux cynisme.

« Il est temps maintenant de mettre en œuvre des politiques publiques basées sur la place réelle qu’occupent les drogues dans notre société, et qui cherchent à en réduire les méfaits plutôt qu’à les éradiquer, ce qui est une chimère.

Si l’économie, la société et les individus tirent de surcroît des avantages et des bienfaits notables de la réglementation, il serait absurde de ne pas en étudier la mise en œuvre.

Les acteurs économiques de la France, un des moteurs de l’économie européenne et mondiale, doivent réclamer une réforme des politiques en matière de drogues pour mettre fin à un demi-siècle de mesures inefficaces et coûteuses, et refaire de la France un champion de l’innovation en matière de politiques publiques.

La Commission globale de politique en matière de drogues, constituée de 24 membres dont 10 anciens chefs d’état ou de gouvernement et un ancien secrétaire-général des Nations-Unies, vise à ouvrir, au niveau international, un débat éclairé et scientifique sur des moyens humains et efficaces de réduire les préjudices causés par les drogues aux personnes et aux sociétés. »

La légalisation du cannabis est bien un choix : celui de l’individualisme, du cynisme, du commerce.

Critique d’un rapport sur le degré de mortalité des abeilles causée par les pesticides

Comme on le sait, la situation est de plus en plus terrible pour les abeilles ; la pollution des pesticides provoque une mortalité très importante.

Nous n’avons naturellement aucune sympathie pour les apiculteurs, néanmoins ils ont produit un document intéressant, révélateur d’ailleurs de quelque chose qui va plus contre leur sens qu’en leur faveur.

En effet, le ministère de l’Agriculture a réalisé une étude sur la mortalité des abeilles, qui justement est vigoureusement critiquée par l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf) quant aux méthodes et aux résultats.

Or, la démarche de l’apiculture s’appuie sur la même vision de la Nature que ceux qui balancent des pesticides en veux-tu en voilà.

L’apiculture et l’agriculture telle qu’elle existe aujourd’hui part du principe qu’il faut forcer la Nature, la violenter. Les apiculteurs critiquent les résultats d’une agriculture dont eux-mêmes font partie.

Il est absurde de leur part de voir la réalité et de ne pas voir qu’ils en font eux-même partie!

Voici le communiqué de presse de l’UNAF, qui produit également un document de neuf pages explicitant leur point de vue.

Surveillance officielle des mortalités des abeilles : une étude approfondie de l’Union Nationale de l’Apiculture Française révèle un dispositif entaché de graves dysfonctionnements

Selon un bilan national officiel paru dans une revue spécialisée et signé du référent-expert national « Apiculture » rattaché au ministère de l’Agriculture, la première cause des mortalités déclarées d’abeilles serait pathologique, la deuxième étant les mauvaises pratiques apicoles.

D’après cette synthèse, dans seulement 6.6% des cas, la mortalité est à relier aux pesticides.

Par communiqués de presse, certaines associations et promoteurs de pesticides se sont fondé sur ce bilan pour abonder la thèse selon laquelle les abeilles périssent des maladies et pratiques apicoles et très rarement des pesticides.

Interpellée par ces résultats, l’UNAF a exercé son droit d’accès aux documents administratifs en demandant à disposer d’une partie des documents ayant servi de base à ce bilan.

Les éléments reçus du ministère de l’Agriculture nous ont permis de mener une analyse attentive du dispositif de surveillance des mortalités massives aigües des abeilles.

L’UNAF constate ainsi des dysfonctionnements graves soulevant des questions majeures :

– des disparités régionales dans le nombre de déclarations de mortalité : certaines régions, pourtant très apicoles, n’enregistrent que très peu, voire aucun cas de mortalité ;

– des disparités régionales dans la manière de conduire les enquêtes : certaines régions ne font jamais ou très rarement pratiquer d’analyses toxicologiques quand d’autres en commandent dans plus de 60% des déclarations.

De fait, le nombre d’analyses toxicologiques commandées influence le nombre de conclusions « cause toxicologique » ;

– une sous-évaluation de l’impact des résidus de pesticides dans la mortalité de la colonie : des éléments tels que la représentativité de la DL50 et les effets synergiques pourtant largement décrits dans la littérature scientifique ne sont pas pris en compte par l’Etat et ses services.

Les directives formulées auprès des agents chargés des investigations et la formation de ces derniers doivent être questionnés ;

– des biais réglementaires et statistiques dans le bilan national annuel de nature à induire un effet de surreprésentation des causes pathologiques.

Pour Gilles Lanio, Président de l’UNAF, « Au regard de ces éléments, le dispositif de surveillance des mortalités massives aigües d’abeilles mis en œuvre au niveau national est défaillant et non-fiable.

En cas de mortalités massives aigües, et afin de recommander à ses adhérents de s’engager dans des déclarations en cas de troubles, l’UNAF demande que le processus de collecte des données, leur qualité et leur exploitation soient évalués au plan national par un comité d’experts indépendants rassemblant les parties prenantes, y compris les apiculteurs au travers de leurs organisations syndicales ».

« Pour sauver un paysan, mangez un végan »

La Coordination rurale est un des principaux syndicats agricoles ; nous en parlions récemment avec leur campagne contre la dénomination des simili-carnés, ou encore lorsque ces gens ont réalisé l’acte totalement barbare de pendre le cadavre d’une vache morte depuis trois semaines sur la façade d’une permanence d’un député, à à Avranches…

On est ici à un niveau très primitif et se sentant forcément galvanisée par la sordide campagne électorale du moment, la section du Lot-et-Garonne de la coordination rurale a décidé de faire des affiches au slogan « ravageur ».

« Pour sauver un paysan, mangez un végan » est à la fois provocateur et agressif, mais d’une certaine manière subtile, doublement subtile même.

Tout d’abord, il est parlé de « paysan », un terme bien plus sympathique que celui d’agriculteur, c’est-à-dire insistant sur la dimension du travail manuel et non sur le fait que les agriculteurs sont désormais de vrais capitalistes jouant au monopoly qu’est le capitalisme…

Ensuite, en assimilant tous les agriculteurs, y compris ceux qui ne travaillent pas dans le secteur de l’exploitation animale, avec ceux qui y travaillent…

Patrick Franken, président de la CR du Lot-et-Garonne a expliqué sur France-Bleu que :

« Il y a des végans qui s’opposent aux éleveurs au niveau des abattoirs.

Ça fait un moment qu’on avait envie de les interpeller et de faire naître le débat. (…)

Il n’y a pas une volonté d’en découdre avec les vegans, seulement de les interpeller.

Cette théorie qui veut que les humains soient l’égal de l’animal et inversement, ça c’est quelque chose qu’on ne peut pas accepter. »

On doit donc remarquer une autre subtilité, plus précisément un choix stratégique. Il s’agit pour la coordination rurale de faire tourner la question animale en conflit stérile éleveurs / vegans.

Une option qui a toute chance de marcher quand on voit que pour bon nombre de vegans, la question reste individuelle et existentielle, qu’il ne s’agit pas de convaincre le « peuple ».

Les institutions et les médias seraient alors une sorte de terrain neutre pour un « affrontement » entre éleveurs et vegans, ce qui ne rimerait à rien du tout…

D’où le besoin d’une utopie claire, lisible, avec des propositions. Sans cela, on se laisse piéger, ou on raconte n’importe quoi, comme par exemple la Fondation Brigitte Bardot, qui parlant de l’affiche de la coordination rurale, a tweeté :

Nul : la Coordination rurale invite à manger du #vegan. Pour sauver un paysan, il vaudrait mieux dissoudre la @FNSEA

La FNSEA représente effectivement les intérêts des gros éleveurs, mais en quoi y aurait-il une différence de fond, de notre point de vue, avec les petits éleveurs?

Petits éleveurs dont le rêve, on le sait, est de devenir grands…

Puis, de toutes manières, vu le niveau de provocation, était-ce le moment de dénoncer la FNSEA?

Il faut savoir assumer les conflits, quand on assume une grande cause!

Lyon : graffitis ALF sur des commerces dont une fromagerie

Le site Bite back s’est fait l’écho d’une opération de graffitis faite par l’ALF durant la nuit du 18 au 19 mars 2017. Plusieurs commerces ont été visés, dont une fromagerie. Le média 20minutes de Lyon raconte les faits ainsi :

Cinq commerçants du Vieux-Lyon ont eu la désagréable surprise de découvrir dimanche matin, leurs vitrines recouvertes de tags.

Pas de mystère. Les auteurs se sont fait connaître sans difficulté, revendiquant leur acte à la peinture noire ou blanche. Il s’agit de membre de l’ALF, front de libération des animaux, regroupant des activistes radicaux de la cause animale.

« Ils ont rayé tous les mots « soierie » à coups de pinceaux car nous tuons des vers à soie et des chenilles », explique à moitié agacé, à moitié railleur, Signorino Leonardi, qui gère la Maison Brochier, rue du Boeuf.

Mais l’homme n’est « pas le plus à plaindre ». « J’ai nettoyé ma vitrine et pris cela avec philosophie. Mais quand je vois les tags inscrits sur les autres vitrines, je me demande ce que sera la prochaine étape : se faire tabasser ? », s’interroge-t-il.

Des sénateurs prônent la légalisation de l’alcool dans les stades

On sait à quel point le football est aujourd’hui quelque chose de très important tant pour l’économie que pour l’idéologie dominante.

Il est donc tout à fait logique que le même processus de libéralisation se déroule pour l’alcool dans les stades que pour le cannabis. Il y a des gens, il y a moyen de vendre et de toutes manières désormais tout est permis.

Alors, tant qu’à y aller dans la déresponsabilisation et la quête du profit, autant y aller : c’est ce que ce sont dit deux sénateurs,  le centriste Claude Kern et le socialiste Jean-Jacques Lozach.

Leur rapport d’information sur la gouvernance du football demande par conséquent l’ouverture à l’alcool dans les stades. La loi Evin – nous en parlons souvent pour dire à quel point elle est menacée – devrait être remise en cause.

Voici ce qu’on lit dans le rapport à ce sujet. Et on va voir qu’il y a la même « excuse » que pour le cannabis : puisque les gens consomment de l’alcool, autant l’assumer et gagner de l’argent…

Le dernier gros chantier des modifications législatives à opérer pour rétablir la compétitivité du football professionnel concerne donc une modification de la « loi Évin » afin de permettre la vente d’alcool dans les stades ainsi que la publicité pour certaines boissons alcoolisées.

Ces mesures pourraient permettre de rapporter entre 30 et 50 M€ aux clubs professionnels, mais un travail pédagogique est encore nécessaire pour convaincre qu’il est préférable, pour des raisons de sécurité notamment, de gérer une consommation de bière raisonnable dans une enceinte fermée plutôt que d’avoir à faire face aux conséquences dramatiques d’une consommation débridée d’alcools blancs sur les parkings aux alentours des stades.

Compte tenu de la thématique retenue pour ce rapport, les membres de la mission d’information ont néanmoins estimé que ce sujet important devrait être traité dans le cadre d’autres travaux.

L’avis du directeur général de la Ligue de Football Professionnel Didier Quillot est bien sûr exactement le même. Cessons l’hypocrisie, dit-il en substance, les gens consomment, alors autant « maîtriser » et gagner de l’argent…

Invité de l’émission L’After Foot sur RMC, il a tenu les propos suivants :

« Pour augmenter le chiffre d’affaires des clubs, la vente d’alcool dans les stades fait partie des pistes.

Ce serait aussi la fin d’une certaine hypocrisie.

La loi Evin pourrait être utilement améliorée par la vente d’alcool léger dans les stades, ainsi que la possibilité donnée aux alcooliers de faire de la publicité, comme en Angleterre, en Allemagne…

Ca contribuerait à rétablir une certaine forme d’équité par rapport à nos concurrents européens.

Ce n’est pas accessoire, ça amènerait des revenus additionnels de « catering » pendant les matchs, et des revenus de sponsoring.

On n’a pas fait de ce chantier une priorité dans les six derniers mois, on en avait d’autres comme le droit à l’image et le numéro d’affiliation. »

Là où c’est d’autant plus hypocrite, c’est que l’alcool est en fait déjà présent bien souvent dans les stades, en toute illégalité.

Il y a en effet des dérogations, si c’est une association qui chapeaute celles-ci, au nombre de dix… Une belle manière de contourner la loi.

Voici ce que nous en dit Le Parisien, parlant même de « secret de Polichinelle »…

Dans les loges et les salons, l’alcool est servi abondamment car ces sièges bénéficient des autorisations liées à la restauration.

Chaque club a aussi droit à dix dérogations par an accordées par le maire ou le préfet pour vendre de la bière dans tout le stade si la demande est formulée par son association (un club est une entité scindée en deux : une entreprise et une association).

Mais certains clubs ne respectent pas la loi et en vendent dans leur enceinte sans aucune autorisation, une infraction qui relève du droit pénal.

C’est un secret de polichinelle dans le football français et c’est écrit noir sur blanc dans un mail que nous nous sommes procuré. Il a été envoyé le 20 février 2014 à 10 h 52 par Samuel Guillardeau, le stadium manageur du club de Nice, à quelques connaissances de L 1 et L 2.

Sous la plume de ce dernier, on peut ainsi lire : « Certains d’entre nous ont déjà franchi le cap en servant de la bière alcoolisée dans leurs buvettes, soit en se servant des dix autorisations possibles à une association soit sans faire de demandes du tout ! »

Il poursuit, un peu mystérieux : « J’aurais voulu savoir pour ceux qui servent déjà de la bière alcoolisée comment vous faites… ou pas ? Bien évidemment, nous ne nous servirons d’aucun exemple officiellement, le but étant de comparer les méthodes qui fonctionnent. »

Quelques réponses lui sont parvenues, comme celle du directeur général du stade Océane au Havre (le 20 février à 10 h 56) : « Salut Samuel, nous pratiquons avec les dix dérogations en faisant porter la demande par notre association » ; du PSG par l’intermédiaire de Pierre-Octave Arrighi, responsable production (le 20 février à 13 h 31) : « Nous sommes intéressés au Parc par le service de bières avec alcool dans les buvettes grand public. Et en dehors de la dérogation donnée aux associations pour dix dates, la démarche devrait être possible sans se mettre hors la loi et les arguments favorables existent ».

Non seulement c’est honteux par rapport à l’alcool, mais en plus on voit le même discours que pour le cannabis : il faudrait maîtriser ce qui existe, et en plus cela rapporte ! Alors, pourquoi se poser des questions…

« Nombreux records pulvérisés en 2016 dans le domaine du climat, avec des conséquences planétaires »

L’Organisation météorologique mondiale (OMM) est l’organisme des Nations Unies pour ce qui concerne le temps, le climat et l’eau.

Elle a rendu public un document intitulé « Nombreux records pulvérisés en 2016 dans le domaine du climat, avec des conséquences planétaires », constatant l’inexorable progression du réchauffement climatique.

Le ton y est catastrophiste, et ce dès la présentation du document :

« Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), l’année 2016 restera dans les annales: température moyenne record, banquise exceptionnellement réduite et poursuite inexorable de la hausse du niveau de la mer et du réchauffement des océans.

Début 2017, les conditions météorologiques et climatiques extrêmes étaient toujours d’actualité. »

Voici justement la progression en termes de température, tout d’abord en termes généraux, puis avec une carte du monde indiquant les différences de température selon les endroits.

Avec la COP21, on nous avait promis monts et merveilles, mais on peut voir que désormais ce qui compte c’est la concurrence internationale, face à Trump, Poutine ou Merkel… L’écologie a été hier inexistante lors du débat télévisé pour les présidentielles!

Alors que le communiqué de l’Organisation météorologique mondiale constate les sécheresses, les records de chaleur, la fonte de la banquise, le niveau de la mer qui monte, la production de CO2 anthropique qui ne cesse pas du tout…

«Ce compte rendu confirme que l’année 2016 est la plus chaude qui ait jamais été enregistrée: la hausse de la température par rapport à l’époque préindustrielle atteint, chose remarquable, 1,1 °C, soit 0,06 °C de plus que le record précédent établi en 2015.

Cette augmentation de la température moyenne s’inscrit dans la logique des autres changements intervenant dans le système climatique», a souligné le Secrétaire général de l’OMM, Petteri Taalas.

«Moyennées à l’échelle du globe, les températures de surface de la mer ont été elles aussi les plus élevées jamais constatées, la hausse du niveau moyen de la mer s’est poursuivie et l’étendue de la banquise arctique a été bien inférieure à la normale la majeure partie de l’année».

«Les concentrations de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère ne cessent de battre de nouveaux records, ce qui atteste de plus en plus clairement de l’influence des activités humaines sur le système climatique».

«L’augmentation constante de la puissance de calcul des ordinateurs et le fait que nous disposions de données climatologiques portant sur de longues périodes nous permettent aujourd’hui de mettre clairement en évidence le rapport de cause à effet entre le changement climatique anthropique et un large éventail de phénomènes extrêmes à fort impact, en particulier les vagues de chaleur».

Selon le compte rendu, la température moyenne de chacune des 16 années postérieures à 2000 a dépassé d’au moins 0,4 °C la normale de la période 1961-1990, qui sert de référence à l’OMM pour la surveillance du changement climatique.

Les températures mondiales continuent de s’inscrire dans un réchauffement général dont le rythme oscille entre 0,1 et 0,2 °C par décennie.

Le puissant Niño de 2015/16 a accentué le réchauffement en 2016 en venant s’ajouter à l’influence exercée sur le long terme par le changement climatique provoqué par les émissions de gaz à effet de serre. Les années marquées par un épisode El Niño de forte intensité, par exemple 1973, 1983 et 1998, accusent généralement un réchauffement supplémentaire de 0,1 à 0,2 °C, et 2016 ne fait pas exception à la règle.

Le niveau moyen de la mer, durant l’épisode El Niño, a accusé une très forte hausse qui affichait au début de l’année 2016 des valeurs record, et l’étendue des glaces de mer à l’échelle du globe était inférieure de plus de 4 millions de km2 à la normale en novembre, ce qui constitue une anomalie sans précédent pour ce mois.

Les températures océaniques très élevées ont favorisé un fort blanchissement des coraux, et des cas de mortalité ont été signalés à maints endroits dans les mers tropicales, où les répercussions sur les chaînes alimentaires et les écosystèmes marins, de même que sur les activités de pêche, sont importantes.

La teneur de l’atmosphère en dioxyde de carbone a atteint la barre symbolique des 400 parties par million (ppm) en 2015 – dernière année pour laquelle l’OMM dispose de statistiques mondiales – et ne redescendra pas en dessous de ce seuil pour les nombreuses générations à venir en raison de la longue durée de vie du CO2.

Parmi les phénomènes extrêmes les plus notoires survenus en 2016 on mentionnera les graves sécheresses qui ont plongé des millions de personnes dans l’insécurité alimentaire en Afrique orientale et australe et en Amérique centrale.

Première tempête de catégorie 4 à balayer Haïti depuis 1963, l’ouragan Matthew a durement éprouvé la population de ce pays et causé aussi d’importantes pertes économiques aux États-Unis d’Amérique. Enfin, l’est et le sud de l’Asie ont été touchés par de fortes pluies et des inondations de grande ampleur.

Cela fait plus de 20 ans que l’OMM publie des comptes rendus annuels sur le climat, qui sont présentés à la Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et qui viennent compléter les rapports d’évaluation établis tous les six à sept ans par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

La déclaration sur l’état du climat mondial en 2016 sera présentée aux États Membres de l’Organisation des Nations Unies ainsi qu’à la communauté des climatologues lors d’une réunion de haut niveau sur le changement climatique et le programme de développement durable qui se tiendra à New York le 23 mars, à l’occasion de la Journée météorologique mondiale, sous les auspices du Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Peter Thomson.

«L’entrée en vigueur, le 4 novembre 2016, de l’Accord de Paris sur le climat au titre de la CCNUCC fera date dans l’histoire. Il est primordial que cet accord se traduise concrètement dans les faits pour que la communauté internationale puisse faire face au changement climatique en réduisant les émissions de gaz à effet de serre, en favorisant la résilience au changement climatique et en intégrant les mesures d’adaptation dans les politiques nationales d’aide au développement», a fait valoir M. Talaas.

«Nous devons investir sans relâche dans la recherche sur le climat et les programmes d’observation pour éviter que notre savoir scientifique reste à la traîne face au rythme rapide des bouleversements climatiques», a-t-il ajouté.

Phénomènes extrêmes toujours d’actualité en 2017

Des études nouvellement publiées, qui ne sont pas prises en compte dans le compte rendu de l’OMM sur le climat, donnent à penser que le réchauffement des océans pourrait être encore plus prononcé qu’on ne le croyait.

Les données provisoires dont on dispose révèlent que le rythme d’accroissement des concentrations atmosphériques de CO2 n’a aucunement ralenti.

«Alors même que le puissant Niño de 2016 s’est dissipé, nous assistons aujourd’hui à d’autres bouleversements dans le monde que nous sommes bien en peine d’élucider: nous touchons ici aux limites de notre savoir scientifique concernant le climat et nous avançons maintenant en territoire inconnu», a souligné le directeur du Programme mondial de recherche sur le climat, David Carlson.

Au moins trois fois à ce jour cet hiver, l’Arctique a connu l’équivalent polaire d’une vague de chaleur, de violentes tempêtes sur l’Atlantique ayant favorisé un afflux d’air chaud et humide.

Autrement dit, même au cœur de l’hiver arctique et de la période d’embâcle, il y a eu des jours où l’on était proche du point de fusion. La banquise antarctique a atteint elle aussi un minimum record, contrairement à la tendance constatée ces dernières années.

D’après les conclusions des chercheurs, les changements observés dans l’Arctique et la fonte de la banquise entraînent, à plus grande échelle, une modification des régimes de circulation océanique et atmosphérique, ce qui se répercute sur les conditions météorologiques dans d’autres régions du monde par le biais des ondes du courant-jet, ce courant d’air rapide qui contribue à réguler les températures.

Ainsi, des régions comme le Canada et une grande partie des États-Unis ont été gratifiées d’une météo inhabituellement clémente alors que d’autres, dans la péninsule arabique et en Afrique du Nord par exemple, ont enregistré début 2017 des températures anormalement basses.

Les États-Unis d’Amérique ont pulvérisé – ou égalé – à eux seuls 11 743 records de chaleur en février, d’après les données de l’Administration américaine pour les océans et l’atmosphère (NOAA).

En Australie, une chaleur extrême a persisté en janvier et février en Nouvelle-Galles du Sud, dans le sud du Queensland, en Australie-Méridionale et dans le nord de l’État de Victoria, où des records de chaleur ont été battus à maints endroits.

Températures mondiales

La chaleur de 2016 a été observée presque partout dans le monde. Les températures ont dépassé la normale de la période 1961‑1990 sur l’immense majorité des terres émergées, une zone de l’Amérique du Sud centrée sur l’Argentine et certaines régions du sud-ouest de l’Australie constituant les seules exceptions notoires.

Des températures annuelles moyennes supérieures de 3 °C ou plus à la normale de référence ont été constatées à divers endroits sous les hautes latitudes, notamment sur le littoral russe, en Alaska et dans l’extrême nord-ouest du Canada ainsi que sur les îles de la mer de Barents et de la mer de Norvège.

Sous les hautes latitudes arctiques, l’aéroport de Svalbard (Norvège) a affiché en 2016 une température moyenne de -0,1 °C, soit 6,5 °C de plus que la normale de la période 1961‑1990 et 1,6 °C de plus que le record précédent.

En dehors de l’Arctique, la chaleur de 2016 était plus remarquable par la constance avec laquelle elle s’est manifestée à travers le monde que par des valeurs extrêmes localisées.

Océans

La température de surface de la mer, moyennée à l’échelle du globe sur l’année 2016, a été la plus élevée jamais constatée. C’est lors des premiers mois de l’année que les anomalies ont été les plus prononcées.

Le contenu thermique des océans occupait en 2016 le deuxième rang des plus élevés, derrière 2015. Il a affiché des valeurs record dans l’hémisphère Nord, contrairement à l’hémisphère Sud où il était en baisse.

Le niveau moyen de la mer s’est élevé de 20 cm depuis le début du XXème siècle, essentiellement du fait de l’expansion thermique des océans et de la fonte des glaciers et des calottes glaciaires.

Il a accusé une très forte hausse lors de l’épisode El Niño 2015/16, environ 15 millimètres entre novembre 2014 et février 2016, soit une nouvelle valeur record nettement supérieure au rythme annuel de 3 à 3,5 mm constaté après 1993. De février à août, avec le déclin de l’influence du phénomène El Niño, le niveau de la mer est demeuré relativement stable. Les données de fin d’année n’étaient pas disponibles au moment de la rédaction de la déclaration.

Étendue de la banquise arctique

Le maximum saisonnier – 14,52 millions de km2 –, atteint le 24 mars, est le plus faible qui ait été observé par satellite depuis 1979. À l’automne, l’embâcle a été exceptionnellement lent, et la banquise s’est même contractée pendant quelques jours vers la mi-novembre.

Précipitations

En début d’année, une grave sécheresse sévissait en Afrique australe où, pour la deuxième année consécutive, les précipitations de la saison des pluies estivale (octobre 2015 – avril 2016) étaient un peu partout inférieures de 20 à 60 % à la normale.

Le Programme alimentaire mondial a estimé que le nombre de personnes nécessitant une aide d’urgence se chiffrerait à 18,2 millions début 2017.

Selon des données provisoires, 2016 est l’année la plus sèche qu’ait connue le bassin de l’Amazone, et une sécheresse importante a touché aussi le nord-est du Brésil. L’épisode El Niño a causé des déficits pluviométriques dans d’autres régions du nord de l’Amérique du Sud ainsi qu’en Amérique centrale.

En Chine, les inondations de 2016 dans le bassin du Yang-Tsé-Kiang ont été les plus graves que le pays ait connues depuis 1999, des crues record ayant été enregistrées pour certains affluents. Moyennées à l’échelle du pays, les précipitations en 2016 ont battu tous les records – 730 mm, soit 16 % de plus que la normale.

Vagues de chaleur

En Afrique australe, l’année a commencé par une intense canicule pendant la première semaine de janvier. Le 7 du mois, le mercure a atteint 42,7 °C à Pretoria et 38,9 °C à Johannesburg, soit au moins 3 °C de plus que les précédents records de chaleur absolus pour ces deux sites.

Une vague de chaleur extrême s’est aussi abattue sur le sud et le sud-est de l’Asie en avril et mai, avant l’arrivée de la mousson d’été. Le sud-est a été particulièrement touché en avril: le 28, un record de chaleur national – 44,6 °C – a été établi à Mae Hong Son, en Thaïlande, et la température de 51,0 °C relevée le 19 mai à Phalodi, en Inde, est la plus élevée jamais enregistrée dans ce pays.

Des températures record ou quasi record ont été observées au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. La plus haute – 54,0 °C – a été enregistrée à Mitribah (Koweït) le 21 juillet, ce qui représente, à condition qu’il soit validé, un record de chaleur absolu pour l’Asie.

Des valeurs de 53,9 °C et 53,0 °C (record national) ont été relevées le 22 juillet respectivement à Bassora (Iraq) et Delhoran (République islamique d’Iran), et des températures très élevées ont été aussi signalées au Maroc, en Tunisie, en Libye et aux Émirats arabes unis.

Une vague de chaleur tardive a touché de nombreuses régions d’Europe centrale et occidentale pendant la première quinzaine de septembre. À Cordoue, dans le sud de l’Espagne, le mercure a affiché 45,4 °C le 6 septembre.

Pour les personnes maîtrisant l’anglais, un pdf de 28 pages a été produit concernant 2016 par l’Organisation météorologique mondiale.

L’exploitation animale contrôle la production de produits pour animaux

Il est tout à fait naturel que l’exploitation animale se dirige vers les produits pour animaux « de compagnie ». C’est une question de profit, de logique d’investissement.

Prenons ainsi PetSmart et Petco, deux grandes chaînes américaines de magasins vendant des produits pour animaux.

Elles ont été achetées il y a respectivement trois et deux ans, chacune par un fonds d’investissement : BC Partners pour la première, CVC pour la seconde, pour respectivement 8,7 et 4,6 milliards de dollars.

Les magasins vendent des produits et des animaux, mais aussi des services, comme la formation des chiens. Il s’agit d’élargir les besoins, jusqu’à l’absurde.

En voici un exemple avec l’alcool comme prétexte, noté par Les échos :

« Plusieurs start-ups américaines proposent désormais du faux vin pour chat, en bouteilles miniatures de 250 millilitres.

Sans alcool, coloré à la betterave bio, le breuvage s’appelle « Catbernet », « Pinot Meow » ou encore « Purrgandy », et se vend près de 12 dollars le flacon ( le « Meow et Chandon » étant naturellement un peu plus cher).

Brandon Zavala, fondateur d’Apollo Peak, le premier fabricant à avoir proposé ces boissons, raconte avoir vu décoller les ventes lorsqu’il a eu l’idée de les présenter comme du vin, avec le mot clé #whydrinkalone. (pourquoi boire seul ?).

Depuis, l’offre s’est enrichie de cocktails baptisés « Meowgarita » ou « Doggy Mary ». Et des concurrents sont apparus. »

La tendance est encore plus forte dans le secteur de l’alimentation pour animaux.

Mars est ainsi un groupe économique très connu des gens connaissant l’histoire de la lutte pour les droits des animaux, car il a été une cible importante de la lutte contre la vivisection.

Eh bien il s’agit désormais d’un poids lourd important des produits pour animaux.

Voici une présentation de sa puissance économique par Capital :

« Le groupe alimentaire américain Mars, numéro un mondial des aliments pour chiens et chats avec ses marques Pedigree et Whiskas, se renforce sur le marché des soins vétérinaires avec l’acquisition annoncée lundi de VCA, un opérateur de cliniques spécialisées, pour 7,7 milliards de dollars (7,3 milliards d’euros).

L’opération permettra à Mars, surtout connu pour ses confiseries comme les M&Ms et Snickers, d’ajouter environ 800 établissements à son réseau existant de plus de 900 cliniques pour animaux de compagnie (…).

VCA, fondé en 1986, a réalisé en 2015 un chiffre d’affaires de 2,13 milliards de dollars [et est surtout connu pour sa nourriture pour animaux Camp Bow Wow].

Mars détient déjà les chaînes de cliniques vétérinaires Banfield [Banfield Pet Hospital], fondée en 1955, et BluePearl [BluePearl Veterinary]. Son chiffre d’affaires dans les aliments pour chiens et chats a atteint 17,80 milliards de dollars en 2015, selon Euromonitor. »

A Mars, il faut ajouter Nestlé, qui avait acheté, en 2001, Ralston Purina pour 10,3 milliards de dollars. Mars et Nestlé, c’est ainsi 80 % de la nourriture pour animaux dans le monde…

Nourritures pour animaux, cliniques vétérinaires, produits pour animaux… Tout est relié, avec des énormes entreprises, toujours plus grandes.

La famille Versele, qui possède Versele-Laga, est par exemple une des familles multi-millionnaires en Belgique (avec pratiquement 200 millions d’euros).

C’est un panorama édifiant, qui en dit long sur les leviers qu’il faudra prendre en compte et même contrôler si l’on veut réellement changer la condition des animaux et notre rapport avec eux.

Et il y a ici une liaison évidente et flagrante entre l’exploitation animale et l’idéologie des « animaux de compagnie », de la réduction des animaux à des objets « utiles » étant, finalement, des marchandises comme des autres.

Il n’est pas possible de vouloir changer les choses et de ne pas prendre en compte de tels facteurs.

Le torero dans Carmen de Bizet

Carmen est un opéra très connu ; datant de 1875, c’est en fait un opéra-comique, de Georges Bizet, sur un livret d’Henri Meilhac et Ludovic Halévy, d’après la nouvelle Carmen, de Prosper Mérimée.

C’est l’un des opéras les plus joués au monde et, outre sa vision résolument kitsch de l’Espagne, on y trouve la promotion éhontée de la corrida.

L’histoire est la suivante : Carmen charme le soldat Don José, afin de pouvoir s’enfuir de prison.

Celui-ci devient alors l’amant de Carmen, mais voit un concurrent arriver : le torero Escamillo.  Alors, Don José finit par tuer Carmen pour l’empêcher de partir avec le torero.

Voici les paroles traitant du torero, avec en vidéo (avec les paroles) le fameux passage sur « l’oeil noir qui te regarde ».

La scène est interrompue par un chœur chanté dans la coulisse.
CHŒUR
Vivat ! vivat le torero !
Vivat ! vivat Escamillo ! Jamais homme intrépide
N’a, par un coup plus beau,
D’une main plus rapide,
Terrassé le taureau !
Vivat ! vivat le torero !
Vivat ! vivat Escamillo !…

LE LIEUTENANT.
Qu’est-ce que c’est que ça ?

MERCÉDÈS.
Une promenade aux flambeaux…

MORALÈS.
Et qui promène-t-on ?

FRASQUITA.
Je le reconnais… C’est Escamillo… un torero qui s’est fait remarquer aux dernières courses de Grenade et qui promet d’égaler la gloire de Montès et de Pepe Illo…

MORALÈS.
Pardieu, il faut le faire venir… nous boirons en son honneur !

LE LIEUTENANT.
C’est cela !… je vais l’inviter… (Il va à la fenêtre.) Monsieur le torero… voulez-vous nous faire l’amitié de monter ici ? vous y trouverez des gens qui aiment fort tous ceux qui, comme vous, ont de l’adresse et du courage…(Quittant la fenêtre.) Il vient…

PASTIA, suppliant.
Messieurs les officiers, je vous avait dit…

LE LIEUTENANT.
Ayez la bonté de nous laisser tranquille, maître Lillas Pastia, et faites-nous apporter de quoi boire…

REPRISE DU CHŒUR
Vivat ! vivat le torero !
Vivat ! vivat Escamillo !
Paraît Escamillo.

Scène II
Les Mêmes, ESCAMILLO.

LE LIEUTENANT.
Ces dames et nous, vous remercions d’avoir accepté notre invitation… Nous n’avons pas voulu vous laisser passer sans boire avec vous au grand art de la tauromachie.

ESCAMILLO.
Messieurs les officiers, je vous remercie.

I
Votre toast… je peux vous le rendre,
Señors, car avec les soldats
Les toreros peuvent s’entendre :
Pour plaisir ils ont les combats !…
Le cirque est plein, c’est jour de fête,
Le cirque est plein du haut en bas.
Les spectateurs perdant la tête
S’interpellent à grands fracas :
Apostrophes, cris et tapage
Poussés jusques à la fureur,
Car c’est la fête du courage.
C’est la fête des gens de cœur…Toréador, en garde !
Et songe en combattant
Qu’un œil noir te regarde
Et que l’amour t’attend.
TOUT LE MONDE.
Toréador, en garde !Etc.
Entre les deux couplets, Carmen remplit le verre d’Escamillo.

Tout d’un coup l’on fait silence ;
Plus de cris ! que se passe-t-il ?
C’est l’instant, le taureau s’élance
En bondissant hors du toril…
Il entre, il frappe, un cheval roule
En entraînant un picador :
« Bravo, toro !… » hurle la foule,
Le taureau va, vient, frappe encor…
En secouant ses banderilles,
Il court : le cirque est plein de sang ;
On se sauve, on franchit les grilles…
Allons ! c’est ton tour maintenant.Toréador, en garde !
Et songe en combattant
Qu’un œil noir te regarde
Et que l’amour t’attend.

TOUT LE MONDE.
Toréador, en garde !Etc.
On boit, on échange des poignées de main avec le toréador.

Voici un passage musicalement très connu : celui de « la quadrille des toreros ».

On entend de grands cris au dehors, des fanfares, etc., etc. C’est l’arrivée de la cuadrilla.

CHŒUR
Les voici ! voici la quadrille,
La quadrille des toreros !
Sur les lances, le soleil brille ;
En l’air, toques et sombreros !
Les voici ! voici la quadrille,
La quadrille des toreros !
Défilé de la cuadrilla. ­— Pendant ce défilé, le chœur chante le morceau suivant :
Entrée des alguazils.
Voici, débouchant sur la place,
Voici d’abord, marchant au pas,
L’alguazil à vilaine face…
À bas ! à bas ! à bas ! à bas !
Entrée des chulos et des banderillos.
Et puis saluons au passage,
Saluons les hardis chulos !
Bravo ! vivat ! gloire au courage !…
Voici les banderilleros !
Voyez quel air de crânerie,
Quels regards et de quel éclat
Étincelle la broderie
De leur costume de combat !
Entrée des picadors.
Une autre quadrille s’avance :
Les picadors… comme ils sont beaux !
Comme ils vont du fer de leur lance
Harceler le flanc des taureaux !
Paraît enfin Escamillo, ayant près de lui Carmen radieuse et dans un costume éclatant.
Puis l’espada, la fine lame,
Celui qui vient terminer tout,
Qui paraît à la fin du drame
Et qui frappe le dernier coup…
Bravo ! bravo ! Escamillo !
Escamillo, bravo !

Voici le passage final concernant le torero, annonçant sa « victoire » sur le taureau. Dans la vidéo (qui est sous-titrée), le passage est à 6:20, juste après que Carmen se refuse à Don José, juste avant que celui-ci ne tue celle-là.

CHŒUR ET FANFARES, dans le cirque.
Vivat ! la course est belle ;
Sur le sable sanglant
Le taureau qu’on harcèle
S’élance en bondissant…
Vivat ! bravo ! victoire !
Frappé juste en plein cœur,
Le taureau tombe ! gloire
Au torero vainqueur !
Victoire ! victoire !

Pendant ce chœur, silence de Carmen et de José : tous deux écoutent… En entendant les cris de : « Victoire, victoire ! » Carmen a laissé échapper un : « Ah ! » d’orgueil et de joie… José ne la perd pas de vue… Le chœur terminé, Carmen fait un pas vers le cirque.

Carmen est un bon exemple d’exotisme de pacotille et de divertissement s’appuyant sur une image d’Épinal. Dire que cela dure encore…

Benoît Hamon et les « points de vente d’Etat » du cannabis

Benoît Hamon, le candidat aux présidentielles de la primaire organisée par le parti socialiste, a expliqué dans Le Parisien comment il voyait le processus de vente du cannabis, une fois celui-ci légalisé.

« Le problème n’est pas de fixer le prix mais de tarir le trafic et de supprimer une économie clandestine qui irrigue des pans entiers de notre territoire, d’encadrer la distribution de cannabis et de maîtriser le taux de substance psychoactive.  (…)

Il y aura des points de vente d’Etat, avec des prescriptions de santé éventuellement. La vente sera interdite aux mineurs. C’est un changement difficile, mais il est incroyable de persister dans le déni.

Je veux qu’il y ait moins de jeunes qui se droguent et vont se fournir auprès d’un dealeur qui va en plus vendre du crystal, du crack, des drogues dures ! »

Benoît Hamon se contredit ici, dans la mesure où il reconnaît lui-même :

a) que le cannabis est lié aux drogues en général ;

b) que c’est lié à l’idéologie de la mafia, toujours heureuse de profiter du malheur des gens, de leur dépendance ;

c) que par conséquent si on enlève le cannabis sans pour autant liquider les mafias, celles-ci ne disparaîtront pas…

En fait, l’Etat devrait selon Benoît Hamon (et tous les partisans de la légalisation) dire aux mafias : abandonnez-nous ce marché, allez voir ailleurs.

C’est là, en plus de la capitulation face aux drogues, une acceptation des mafias, de « l’impossibilité » de les liquider.

Et il faut bien saisir que tout n’intéresse pas ceux qui comptent en profiter sur le plan du business.  Voici par exemple comment La Tribune, un média important dans le milieu du commerce, de l’industrie et de la finance, réagit avec une joie frénétique devant le potentiel de profits :

« La France va-t-elle devenir le nouveau Colorado ? (…)

En effet, Benoît Hamon veut une légalisation du cannabis qui passerait par des « points de vente d’Etat ». C’est la solution adopté par le Colorado en juillet 2014.

Un an plus tard, l’Etat américain avait déjà engrangé 70 millions de recettes fiscales grâce à la taxe de 30% prélevée sur chaque vente réalisée dans chacun des 350 magasins accrédités.

C’est donc ce modèle qui inspire le candidat socialiste, et il faut avouer qu’au vu de la consommation actuelle de cannabis des Français, les recettes fiscales pourraient être considérables (les Français sont devenus en 2016 les sixièmes plus gros consommateurs de cannabis au monde). »

Le discours en faveur de la légalisation du cannabis prend la santé comme prétexte, mais en réalité la perspective est seulement économique.

Les conséquences sur le plan de la santé, sur le plan social, sur le plan culturel bien sûr aussi, tout cela n’intéresse pas ceux qui raisonnent en termes de centaines de millions d’euros.

Le nombre des gens qui voient en le cannabis de « l’or vert », des profits faciles à conquérir, des opportunités pratiques aisées, est très important.

Mafieux, consommateur de cannabis à l’esprit mercantile, PME et grandes entreprises, depuis le sympathisant zadiste jusqu’au jeune dealer, depuis les hipsters jusqu’aux businessmen classiques, tous voient des possibilités d’investissement et le reste ne compte pas.

Et il ne faut pas oublier cet argument de plus en plus récurrent : le fait de donner des emplois, un chantage terrible alors que le chômage est si important!

Emmanuel Macron veut développer le « tourisme cynégétique »

Emmanuel Macron n’est pas que très content de « manger l’agneau des Pyrénées« , il a également été très heureux d’aller saluer la Fédération Nationale des Chasseurs, qui lors de son assemblée a invité les candidats à la présidentielle pour qu’ils présentent leur point de vue sur la chasse.

« On aime les animaux, on aime tellement les animaux, qu’on les chasse. Cela va ensemble » a-t-il pu entendre, en l’acceptant.

D’ailleurs, Emmanuel Macron est d’accord : « la chasse, c’est un mode de vie », qui relève de « l’identité française ».

« Valeurs et traditions » vont rester, même s’il doit y avoir « l’entrée dans la modernité », a-t-il expliqué.

« Je n’ai pas d’heure! Je n’ai pas de montre » a-t-il répondu quand on lui a demandé s’il pouvait rester un peu après son discours.

« Vous vous faites balader depuis quinze ans » au sujet de la directive oiseaux, a-t-il affirmé, soutenant les chasseurs demandant à tuer plus d’oiseaux.

Lui, par contre, promet de remettre 200 millions d’euros par an aux éleveurs et aux chasseurs en raison de leur rôle positif pour l’environnement.

Et il compte sur les chasseurs pour qu’ils participent systématiquement aux institutions ayant un rapport avec l’environnement.

Quant au « bien-être animal », ce n’est pas une priorité, et « il faut laisser les gens respirer ».

Autre point important : Emmanuel Macron s’est prononcé en faveur de la réouverture des chasses présidentielles. C’est là un symbole d’une grande importance !

On connaît bien ce principe rassemblant l’élite de l’économie et de l’Etat, qui a donné à Valéry Giscard d’Estaing des souvenirs merveilleux.

Ces chasses étaient un secret bien gardé, permettant de former un esprit de corps au plus haut niveau, dans une ambiance grand-bourgeoise de luxe.

Nicolas Sarkozy avait stoppé celle-ci en 2010 et leur retour avait déjà été annoncé par le passé, même si en fait elles ont continué de manière non officielle.

Emmanuel Macron veut donc leur retour. Mais cela va bien plus loin que cela, en fait : il veut développer le tourisme de la chasse.

Certains médias ont noté qu’il voulait la réouverture des « chasses présidentielles », mais cette affirmation s’insère en réalité dans un plan plus vaste…

Nous retranscrivons ici ses propos :

« Enfin, je souhaite associer encore davantage la chasse à l’économie de nos territoires. Parce que là, comme on préserve la ruralité…

Mais quand on veut associer encore davantage la chasse à l’économie, il faut en reconnaître et en développer tous les atouts.

Le tourisme cynégétique est un formidable atout. Il est encore trop peu exploité aujourd’hui.

Et au-delà de la pratique de ce qui est portée, on doit le valoriser. Et c’est un élément de valorisation, que j’assume totalement.

J’ai eu l’occasion de le dire aussi d’ailleurs quand on a parlé des chasses présidentielles.

J’avais l’impression de commettre une espèce de forfaiture terrible en disant que j’étais favorable à leur réouverture, encadrée, transparente.

Les gens me disaient : « c’est absolument affreux ».

Il ne faut pas être honteux. Si on décide de porter cette valeur, il faut la reconnaître comme un élément d’attractivité.

C’est quelque chose qui fascine à l’étranger, c’est quelque chose qui fascine partout, ça représente la culture française, c’est un point d’ancrage.

Donc partout sur nos territoires, je suis favorable à ce qu’on développe cette forme de tourisme.

La France, c’est la première destination touristique mondiale. Les chasseurs du monde entier ignorent encore trop souvent qu’il est possible dans notre pays d’y chasser, qu’il y a des chasses formidables, et que c’est un élément de notre attractivité touristique. »

C’est là un parti pris tout à fait clair et juste après Emmanuel Macron parle de développer la « viande de gibier ».

Emmanuel Macron continue donc son éloge du terroir et des traditions, tout en prônant le libéralisme libertaire général sur le plan des moeurs et de l’économie.
C’est logique : le libéralisme va de pair avec la loi du plus fort. Le conservatisme sera ainsi encore plus débridé, encore moins critiquable, car chacun fait ce qu’il veut, surtout le splus riches !

« Sans supplémentation et savants calculs, le végétalisme conduit à la mort »

Philippe Legrand est Directeur du laboratoire Biochimie Nutrition Humaine à l’Agrocampus-INRA de Rennes, il est également Expert Anses (Agence Nationale Sécurité Sanitaire Alimentaire Nationale).

Autant dire qu’il relève du plus haut niveau de ce que la « science » peut proposer. Et on sait comment la science se prétend neutre, au-delà des préjugés idéologiques.

Aussi, le Journal du Paysan Breton qui reprend ses propos, souligne que ce professeur « a apporté un regard purement scientifique dans ce débat virulent ».

Pourtant, la présentation de l’article est d’une virulence relevant de l’aberration pure et simple :

Sans supplémentation et savants calculs, le végétalisme conduit à la mort. Manger de tout en quantité raisonnable est l’option qui présente le moins de risques pour bien grandir d’abord, et bien vieillir ensuite.

Citons quelques exemples de la prose de Philippe Legrand mise en avant :

« Les végétaliens, qui excluent de leur alimentation tous les produits animaux, se mettent en danger. Pour les enfants, les adolescents et les personnes âgées, c’est une prise de risque insensée »

« Les végétaliens doivent obligatoirement être complémentés. Sinon, c’est la mort. Ils doivent donc leur survie à la chimie. Le comble, c’est que ces suppléments sont produits par des levures souvent OGM… ».

« Il y a eu des cas d’enfants en dénutrition avancée, et des morts liées à ce type de régime. Nous devons agir suffisamment tôt pour résoudre ce problème qui survient pourtant au sein des classes sociales les plus élevées. »

« Un végétalien motivé peut réussir à vivre, mais il devra trouver les plantes capables d’équilibrer son menu et faire des calculs savants. »

Le Journal du Paysan Breton ajoute une précision à la dernière citation :

« Sans compter qu’il lui sera très difficile de bien vieillir. »

Tout cela a un nom : la propagande.  Ce qui prétend relever de la science n’est ici que le reflet d’intérêts économiques bien particuliers.

Cela ne sert à rien de donner des exemples de multiples athlètes de haut niveau qui sont végétaliens, de donner des exemples d’enfants, d’adolescents, d’adultes jeunes ou âgés : on fait face ici à un discours institutionnel, enferré dans une liaison complète, organique, avec l’industrie.

Les gens menant cette propagande ne pourront jamais être convaincus : ils ne peuvent qu’être mis de côté.

Et les mettre de côté signifie passer par une révolution, car ces gens n’accepteront jamais d’eux-même d’être mis de côté, pas plus que l’exploitation animale n’acceptera d’être mise de côté.

Prenons l’exemple des Etats-Unis, qui depuis 2006 ont la loi appelée « Animal Enterprise Terrorism Act », interdisant toute tentative de porter dommage ou d’interférer avec les opérations d’une entreprise utilisant des animaux.

Cela signifie en pratique que toute campagne contre une entreprise, même légale, se heurte à l’AETA. Toute campagne pourrait être considérée comme relevant d’une « conspiration » et assimilée à d’autres actions elles interdites.

Le problème n’est pas « psychologique », ni « culturel », comme le pense « l’antispécisme », même si bien entendu c’est important. Le problème est économique et idéologique, il y a une base matérielle énorme, avec des profits gigantesques, des soutiens aux proportions énormes dans l’Etat, le monde politique.

Ne pas voir cela, c’est soit de la naïveté, soit du mensonge. Prétendre qu’on peut changer les choses sans se demander ce qu’on va faire des grandes entreprises de l’agro-alimentaires est absurde.

A moins bien entendu que le discours sur les animaux se cantonne aux animaux « de ferme » et n’ait finalement comme projet qu’un mode de vie bobo, des places dans les universités, la formation d’un marché captif pour un petit commerce pseudo-alternatif…