• Le cynisme du lobby des alcooliers
    Le cynisme du lobby des alcooliers

Sauvons les renards de l’hôpital psychiatrique Pierre-Janet du Havre

Il existe une pétition en ligne pour sauver les renards du parc de l’hôpital psychiatrique Pierre-Janet du Havre ; elle a pratiquement 60 000 signataires et il est tout à fait juste de la signer et de la diffuser.

Elle reflète quelque chose de tout à fait démocratique, allant tout à fait dans le sens de la défense de la vie animale. C’est ce genre de choses qui fait avancer le véganisme.

Elle a été lancée par une infirmière du service de nuit de cet hôpital, dont la direction a décidé d’exterminer les renards. Pourquoi, alors que les renards vivent depuis des années et des années là-bas?

Pour une raison bassement administrative, sans coeur ni âme, avec toujours des motifs absurdes : la rage, l’agressivité, etc., tout ce qui peut faire peur.

Mais le fond, bien entendu, c’est toute une vision du monde anti-naturelle.

Voici le texte de la pétition, notamment comme archive ; il faut soutenir ce combat !

Récemment, nous avons appris que l’administration de l’hôpital allait mettre en œuvre sous peu, une opération d’éradication des renards du parc par l’utilisation de piège, ce qui occasionne chez nous une grande colère du fait d’une totale incompréhension.

En effet, nous ignorons à quel endroit exactement se situe leur habitat mais nous pouvons les observer régulièrement, ayant ainsi pu constater une absence de dangerosité de leur part et en revanche, un contact adapté.

Ils n’ont jamais montré le moindre signe d’agressivité, nous n’avons eu aucun précédent de morsure ni même grognement ou saccage et ils restent craintifs face aux hommes.

Il n’y a pas eu de velléité de domestication de notre part, seulement de coexister et cela n’a jamais occasionné le moindre problème, bien au contraire, les lieux semblant plus accueillants car vivants.

Plus encore pour les patients qui les attendent et se réjouissent de les observer le soir venu, au même titre que les hérissons ou chats avec qui les renards cohabitent.

D’autre part, la multiplication des données scientifiques sur ce sujet nous permet d’affirmer que le renard fait partie intégrante de la biodiversité et, est à tort, qualifié de nuisible depuis trop longtemps. Son extermination systématique sans discernement et ce, tout au long de l’année ne constitue qu’un ravage supplémentaire de l’homme sur la faune sans que cela ne soit justifié.

L’argument de la prolifération de cette espèce dans nos lieux est erroné, ces derniers n’étant ni plus nombreux ni plus présents qu’avant, étant déjà les victimes indirectes des activités humaines ainsi que de maladies intraspécifiques.

De plus, il a été avéré que cette espèce est capable d’autorégulation avec une diminution du nombre de renardeaux dans une portée en fonction des ressources disponibles.

Le second argument présentant cet animal comme porteur de maladie ne se constate pas plus, rappelons qu’en France, la rage est considérée comme disparue depuis 2001 et qu’il serait scientifiquement faux de considérer le renard comme l’unique vecteur de pathologie. L’exemple actuel le plus utilisé est la maladie parasitaire de l’echinococcose étant transmissible à l’homme par le renard mais au même titre que tout rongeurs ou encore chiens ou chats domestiques. (1)

De plus, il s’agirait de déséquilibrer le rapport des espèces dans ce lieux car le renard est un prédateur qui permet la régulation d’autres populations animales, elles aussi bien présentent chez nous, comme certains rongeurs.

À ce jour, il apparaît même que, par son action de régulation des rongeurs, le renard permet une diminution du nombre de tiques donc une baisse de l’incidence de la maladie de Lyme, cette corrélation ayant été observée par nos voisins néerlandais, il y a un an. (2)

Et cela n’est qu’un des nombreux exemples de la nécessité du renard dans l’ensemble de l’équilibre de notre biodiversité. En d’autres termes, nous ne pouvons que constater que ces animaux ne représentent pas une menace et ne sont, en ce sens, en rien qualifiable de nuisibles.

Nous vous adressons donc cette pétition car il s’agit pour nous de ne pas laisser faire cette extermination systématique qui n’a aucune raison d’être et ne répondrait qu’à une volonté de « nettoyage » sans fondement.

Dans ce but, nous recherchons tout soutien qui permettrait d’éviter ce qui serait un massacre absurde afin de faire entendre nos convictions qui elles, au même titre que les renards, ont toute légitimité à exister.

Merci de nous prêter main forte.

(1) http://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/echinococcosis

(2) http://rspb.royalsocietypublishing.org/content/royprsb/284/1859/20170453.full.pdf

Le Monde découvre les refuges faisant des sauvetages

[Les photographies montrent des souris d’un sauvetage récent dans le 92, deux malous étant encore à l’adoption – ils vous attendent!]

Sur le Lemonde.fr, on peut lire un article intitulé :

Incroyable « opération sauvetage » de 266 rats

Le chapeau explique :

Lors de l’expulsion d’une personne de son logement insalubre en région parisienne, des rongeurs par centaines ont été découverts par les employés de la fourrière animale.

Il s’agit d’un article relativement long, dont voici le début pour bien voir de quoi il en retourne :

Ceux qui sont entrés dans la pièce ont eu la surprise de leur vie. Ils savaient bien que la femme expulsée de son logement insalubre ce jour-là avait des animaux, et qu’il faudrait les récupérer, comme toujours en pareil cas.

Mais là… ce n’est pas un chien ou quelques chats que les employés de la fourrière animale départementale de Gennevilliers, dans les Hauts-de-Seine, découvrent derrière la porte, à la toute fin d’avril. A la place, des rats en nombre incroyable.

« Environ 200 », selon la première évaluation. Le chiffre réel, après comptage, se révèle encore plus effrayant : 266 rats se trouvaient entassés dans une petite pièce insalubre !

Il y avait des mâles et des femelles, des nouveau-nés, tous laissés en liberté. Des blancs, des gris, des noirs. Quelques blessés, présentant des abcès ou des plaies.

« Ils étaient à la merci des chats et des chiens qui passaient de temps en temps en croquer un ou s’amuser avec d’autres », précise un responsable appelé à la rescousse. L’occupante du logement s’était visiblement laissé dépasser. « La misère sociale est le quotidien de ceux qui s’occupent de protéger les animaux », commente un professionnel.

Suit une présentation – plutôt allant dans le bon sens – de la mise en branle d’associations pour placer les pauvres rats, avec le passage chez le vétérinaire, la cagnotte d’urgence, etc.

Sauf que malheureusement, erreur ou plutôt faute, il n’y a aucun lien, alors que tous ne sont pas sauvés encore!

Il reste des rats mâles à adopter : 4 séparés et vivant a l’heure actuel seul, un groupe de 5, un groupe de 3.

Rappelons ici que les adoptions les plus efficaces sont malheureusement les animaux « à la mode » (en raison de leur couleur notamment) et il revient aux végans de s’organiser pour adopter ceux qui ont le moins de chance d’être adopté en priorité.

Tout saccage de sa vie sociale est un égoïsme par rapport aux besoins des animaux en détresse !

Le luxe de l’égoïsme et de l’individualisme est non seulement absurde, mais criminel dans les faits !

D’un côté, donc, diffuser l’information est évidemment très bien : les journaux devraient le faire tout le temps.

De l’autre côté, c’est tout de même incroyable que cet étonnement de la part d’un journaliste.

On retrouve cette étrange approche, qui malgré une éventuelle bonne volonté témoigne d’une fascination journalistique pour le pittoresque, voire de l’étrange… Et, conséquence de cela, il n’y a aucune enquête, aucun étude du fond du problème.

Le lecteur lit cela comme une anecdote. Pas de lien, pas de présentation de la situation.

Or, n’importe qui connaissant les refuges et leurs activités sait qu’il y a des situations de crise de ce type, en particulier pour les rongeurs, ou les poissons.

Si une centaine, plusieurs centaines d’animaux adopter n’est pas une norme, cela peut arriver. Quiconque a travaillé dans un refuge sait cela d’expérience.

Et pourquoi cela ? Parce que l’État ne fait rien. Parce que la société ne fait rien. Parce que tout repose sur l’abnégation des bénévoles des refuges.

Sans cette activité des bénévoles, cette activité occupant toute une vie privée, sans réelle reconnaissance, une activité usante, épuisante même, qui ne peut pas s’arrêter en raison des responsabilités, eh bien sans cela, il n’y aurait rien.

Les refuges n’ont pas d’argent. L’Etat compte sur eux pourtant pour se débarrasser de tout ce qui dérange le conformisme d’une vie quotidienne d’où l’animal est soit objet, soit marchandise, soit étranger.

Mais l’Etat ne soutient en rien. Tout repose sur le sens du sacrifice. Les bénévoles des refuges sont les héros du quotidien.

Le Monde peut bien trouver une information pittoresque sur un sauvetage de 266 rats, mais de tels événements se produisent souvent, dans l’ombre d’une société aveuglée par l’individualisme, pétrie par l’égoïsme.

La bataille pour les refuges, en ce sens, est une priorité pour les gens pour qui le véganisme ce n’est pas le bien-être, l’alimentation, la santé… mais bien les animaux !

Et ici tout le combat reste à mener! Malgré la diffusion du véganisme – ou bien d’une forme de véganisme -, d’un discours “antispéciste”, la situation n’a pas du tout changé pour les refuges.

Il y a plus de gens qui parlent des animaux, mais dans les faits rien ne change! Or, il faut que cela change!

Stomy Bugsy et le véganisme

La démarche de l’association PeTA de chercher des célébrités et de racoler avec des femmes nues est désolante. Mais pour le coup la vidéo où Stomy Bugsy, figure du rap, explique son passage au véganisme est un vrai plaisir à regarder.

Quand on a en tête un véganisme populaire, décomplexé, simplement positif, c’est vraiment fort!

L’étrange programme du REV d’Aymeric Caron

Le Rassemblement des Ecologistes pour le Vivant (REV), fondé autour d’Aymeric Caron, a tenu sa première réunion publique il y a trois jours (avec 450 personnes revendiquées, ce que la photo ne montre pas vraiment), à Paris, et a enfin un programme, rendu public le même jour.

Enfin ! Parce que jusqu’à présent, l’initiative était vide de sens, l’organisation d’un amateurisme complet, et on se doute bien que si l’adhésion est gratuite, ce n’est pas pour rien : c’est une coquille vide, une pure construction.

D’ailleurs, précisons le tout de suite : le mouvement n’est pas démocratique, il veut une société d’experts. Il est ainsi demandé la :

« Création du Comité du Vivant, collège de sages et d’experts constitué de scientifiques et d’intellectuels compétents chargés d’éclairer sur toutes les questions liées à l’environnement et aux droits des animaux. »

Ce « Comité du Vivant » désignerait des gens d’ONG pour former le tiers des membres d’une Assemblée naturelle qui remplacerait le Sénat, un autre tiers étant élu, un autre tiers composé de hauts fonctionnaires.

Cela signifie que la société serait verrouillée par des experts, puisque le Sénat verrouille le parlement… C’est très technocratique, comme dans les années 1930 dans les propositions de laboratoires d’idées d’extrême-droite pour mieux « gérer » la société.

Et comme on le sait, nous sommes toujours prompts à disqualifier comme fachos et esprit des années 1930 toute affirmation régressive alliant culte de la petite production, technocratie et spiritualité : autant dire qu’ici nous ne sommes pas déçus.

Surtout que dès le départ, le programme exprime de manière frontale une espèce de mystique :

« Le REV est le mouvement politique qui représente l’écologie essentielle. L’écologie essentielle est une écologie métaphysique qui s’oppose à l’écologie superficielle, laquelle est une écologie mathématique. »

Étant donné que métaphysique signifie « au-delà » de la physique et désigne l’interprétation spirituelle de cet au-delà, on est bien là dans le mysticisme.

Entendons-nous bien : on peut tout à fait être vegan et bouddhiste… Mais pour être vegan il faut aimer concrètement les animaux, pas les lier à la question de l’au-delà. Or, là, avec le REV, il n’y a pas l’amour des animaux – rappelons qu’au début de son ouvrage « Antispéciste », Aymeric Caron assume de rejeter cet amour.

C’est là un véritable problème de fond. Et quand on ne voit pas cela, on en arrive à des revendications tordues, comme celle d’une « période transitoire » où :

« Les morceaux de viande devront obligatoirement être accompagnés d’une photographie de l’animal vivant puis de son abattage ».

Et voilà, comme d’habitude. Comme avec L214 et les autres. On commence par dire qu’on veut tout changer. Et on se retrouve à demander, quoi? La photographie d’un animal tué sur la « viande  ».

Non mais franchement. Tout ça pour ça ? C’est cela, la libération animale ? Demander une période transitoire, en proposant à côté de cela dans le programme la réduction du temps de travail à 28 heures et la gratuité de l’eau du robinet ? Ou bien – et là c’est incompréhensible parce qu’il en faudrait plutôt partout – « la fin des radars automatiques sur les routes » ?

Dans un même ordre d’idée, toujours pour la transition, le REV demande une :

« Interdiction de la chasse les weekends, vacances scolaires et jours fériés. »

Là, c’est pareil. On veut défendre les animaux, mais on se retrouve à faire quoi? A demander l’arrêt de la chasse… le week-end.

C’est d’autant plus choquant, d’ailleurs, que le combat contre la chasse ne saurait être transitoire. On peut réclamer sa fin directement : la population est d’accord et de toutes façons lorsque les choses bougeront, les chasseurs seront dans leur écrasante majorité du mauvais côté…

Cependant, ne parlons pas de demain, parlons d’aujourd’hui : après tout, le REV se veut un parti politique qui va progressivement changer les choses. Imaginons que ce genre de revendications transitoires puisse avoir un sens et allons à l’essentiel : la vision du monde.

Deux points nous intéressant sur le plan du véganisme : la nature du véganisme tout d’abord, la question de la Nature ensuite.

Sur le véganisme, il est dit – ou plutôt sur l’antispécisme, terme que nous rejetons de notre côté en défense du véganisme :

« Nous sommes antispécistes : nous réclamons une égalité de considération pour toutes les espèces animales sensibles.

L’antispécisme s’inscrit dans la continuité de tous les combats menés dans l’histoire en faveur des populations discriminées (lutte contre l’esclavage, lutte pour les droits civiques des afro-américains, pour les droits des femmes, pour les droits des homosexuels…). »

On retrouve la dimension passive : les animaux sont loin, ce sont les autres, les discriminés. Ils ne font pas partie de la Nature, comme nous, il ne faut pas les aimer. Finalement, il est logique que le REV parle du vivant et pas de la vie : lorsque nous disons de notre côté « en défense de toute vie », le REV parle du vivant, afin d’échapper à la question de la compassion, de l’amour, du bonheur.

Il ne se situe pas dans la tradition athée, épicurienne, naturaliste, appelons le comme on voudra – nous dirons simplement : vegan straight edge !

Il fait du vivant un mysticisme, par ailleurs ainsi défini :

« Nous nous engageons pour la protection du vivant sous toutes ses formes : humain, non humain, animal et végétal (…).

Nous reconnaissons une hiérarchie dans les expressions du vivant. Nos obligations ne sont pas les mêmes à l’égard des animaux sensibles non humains et des végétaux. »

Nous allons protéger tout le monde sans distinction ! Mais nous ferons une hiérarchie quand même ! Nous allons protéger les animaux des forêts ! Mais que le week-end ! Nous allons protéger les animaux des élevages ! Mais symboliquement avec une photographie !

Quelle défaite morale, intellectuelle ! Quelle misère humaine !

Cannabis : la Creuse veut être à la pointe de “l’or vert”

Les partisans du cannabis sont toujours plus subtils dans leur offensive!

Depuis quelques jours, il y a une avalanche médiatique au sujet d’Eric Correia. Cet élu de la Creuse fait depuis quelques temps un forcing démesuré pour que cela soit chez lui que “l’or vert” soit produit.

Sa méthode est des plus simples : il revendique que la Creuse soit une zone test pour le cannabis médical. C’est bien entendu une escroquerie. Il s’agit tout simplement de faire de la Creuse un bastion du capitalisme cannabistique.

La question de la médecine n’est qu’un prétexte pour que cela passe. L’argumentaire de Eric Correia tourne très rapidement d’ailleurs à la mise en valeur du capitalisme du cannabis, comme ici dans ce qu’il raconte à La Montagne.

« À un moment donné, ça sera autorisé. Mais si dans trois ans on n’a pas avancé sur ce dossier, ça sera fichu pour la France.

Un peu plus de 35 Etats des États-Unis autorisent le cannabis thérapeutique et récréatif, d’autres seulement le cannabis thérapeutique.

En Europe, la France reste le seul pays où il n’est pas légalisé. On est le pays le plus répressif mais aussi celui où il y a le plus de consommateurs !

Soit on attend que ce soit les Allemands qui nous l’exportent, soit on est plus intelligent et on nous autorise à le faire en Creuse.

Ici, on a des producteurs de chanvre intéressés : cette économie, cette filière, on est capables de la construire. Au Colorado, ils ont créé 18.000 emplois en trois ans. Imaginez ici ce qu’on peut gagner en emplois et en nouvelle population si on se lance. »

Ces propos sont carrément cash et, rappelons-le, encore inégal, puisque faisant la promotion d’une drogue. Qu’il ne soit pas poursuivi en dit long sur la capitulation totale de l’Etat par rapport au cannabis.

Mieux encore, ou plutôt pire, Eric Correia a remis au préfet de la Creuse – au nom de la contribution au “Plan Particulier pour la Creuse” – un document de synthèse intitulé :

« La Creuse, territoire d’expérimentation de la légalisation du cannabis à usage médicinal et récréatif ».

Le terme “récréatif” montre bien qu’on dépasse la question du médicinal, même si les médias ont joué le jeu en ne parlant en fait que de cet aspect ces derniers jours. L’idée est bien entendu de faire tomber un peu plus l’opinion publique.

On est bien là ni plus ni moins que dans une manipulation au nom des bons sentiments : qui oserait protester contre une éventuelle progression du combat contre la douleur?

C’est tactiquement extrêmement bien joué. Cela permet vraiment de lancer une offensive sur un nouveau secteur de la population, pour qu’il bascule du côté de la légalisation du cannabis.

Il y a clairement une stratégie générale, où Eric Correia vient subtilement se poser. D’ailleurs, il  organise le 22 mai 2018 une conférence de promotion du cannabis dit thérapeutique, avec donc on l’a compris l’idée d’établir “l’or vert” dans la Creuse…

Depuis plusieurs années, le chanvre s’est imposé dans l’industrie pharmaceutique comme un produit devenu incontournable. Selon l’International Association for Cannabinoid Medicines (IACM), plus d’une quarantaine de pathologies pourraient être soignées ou prises en charge par la plante.

Au-delà de l’opportunité pour le bien-être des patients, le cannabis est aussi un axe de développement économique considérable, et notamment en Creuse où il pourrait permettre des bénéfices importants.

Le 22 mai, Président de l’agglomération du Grand-Guéret et Conseiller Régional de la Nouvelle Aquitaine organise, en collaboration avec l’association NORML France une réunion d’information sur le chanvre thérapeutique.

L’événement permettra le débat autour des activités économiques possibles liées à l’exploitation du chanvre avec un panel élargi d’éclaireurs, de décideurs, d’agriculteurs, de patients et citoyens.

Avec :

– Eric CORREIA, Président de l’Agglo du Grand Guéret et conseiller régional PS de Nouvelle Aquitaine
– Dr Olivier BERTRAND, NORML France – Santé & Médecine
– Florent BUFFIERE, NORML France – Culture & Tradition
– Béchir BOUDERBALA, NORML France – Droit & Législation
– Vincent TURPINAT, Collaborateur du Député de la Creuse
– Francois VINCENT, Professeur de Pneumologie au CHRU de Limoges

Mais aussi des agriculteurs et chanvriers Creusois, dont : Marien SABLERY (Chanvre Limousin), Mathieu COUTURIER, Jouanny CHATOUX…

Des témoignages de patients, les aspirations des possibles futurs acteurs économiques du cannabis Creusois…

Mais aussi et surtout : Vous!
Votre point de vue, vos idées, vos suggestions…

C’est très bien joué, malheureusement. Entre l’envie de basculer dans les paradis artificiels, l’appât du gain, le je-m’en-foutisme, l’esprit libéral, l’esprit anarchiste… il y avait de quoi faire boule de neige.

Avec la question de la santé, il y a en plus une offensive jouant sur la question de l’intérêt général face à la maladie, ce qui permet au cannabis d’acquérir “ses lettres de noblesse”. Le discours sur l’utilisation “ancestrale” du cannabis pour soigner est devenue une norme.

C’est vraiment un tournant. Il est évident que le contexte annuel – aujourd’hui a également lieu à Paris la “cannaparade”, qui profite de nombreuses entreprises sponsors – est particulièrement favorable à la légalisation.

La résistance historique au cannabis périclite toujours davantage. Cela souligne d’autant plus l’importance d’assumer un mode de vie (vegan) straight edge, pour être capable de s’interposer avec le mode de vie dominant individualiste, égocentrique, tourné vers la fuite…

Il faut assumer la vie telle qu’elle est, la prendre dans toute sa richesse en osant y contribuer, sans sombrer en cherchant une facilité imaginaire qui ne fait en réalité que tout ruiner!

Un McDonald’s, un Black Block et le véganisme

Le site Bite Back !, qui publie notamment les communiqués de l’ALF, a mis en ligne deux photographies liées au saccage d’un McDonald’s à Paris lors du premier mai. La raison en est deux tags : un « go vegan » et un « ALF ».

Une question doit alors se poser : est-ce juste ? C’est une question qui est la même que lorsque des gens ont fait une « commission antispéciste » lors de Nuit Debout place de la République à Paris, ou bien lorsque des vegans ont valorisé la France insoumise comme mouvement qui serait favorable au véganisme.

Quelques années auparavant, certains avaient tenté une même approche avec le Nouveau Parti Anticapitaliste, à sa fondation. En ce moment, d’autres considèrent qu’EELV pourrait potentiellement être ouvert à cela aussi.

La question est de grande importance et d’une dimension profonde. Si ces gens ont raison, alors ils répandant le véganisme en profitant d’une bonne dynamique ; si ces gens on tort, ils diluent le véganisme et le transforment en gadget faisant partie de la panoplie de la « contestation ».

Comme on le voit, ce n’est pas tout à fait pareil…

On peut donc deviner à quel point les avis sont ici tranchés, divergent de manière complète, avec naturellement un conflit entre personnes, puisque les choses vont soit dans un sens, soit dans un autre.

Il ne s’agit pas ici de regretter cela : il faut savoir faire des choix. Aucun mouvement ne peut avancer s’il ne s’épure des gens qui oscillent entre les points de vue, ou qui trahissent à la première occasion.

Aussi est-il important d’évaluer les situations, les phénomènes, de raisonner de manière générale et non pas seulement individuel.

C’est d’ailleurs le sens du « go vegan » et de « ALF » tagués sur le McDonald’s : faire apparaître une ligne de contestation sur la société sur la bonne base.

En gros, si le Black Block est cohérent, alors il doit nécessairement voir que si on est contre « McDo », alors il faut être vegan et tant qu’à faire, si on est vegan, forcément soutenir ou rejoindre l’ALF.

Il serait hypocrite de ne pas formuler ici de point de vue ; à quoi il faut ajouter bien entendu que tout dépend ici des expériences faites, du vécu, de l’interprétation de ces expériences et de ce vécu.

En l’occurrence, de par l’expérience et les retours, il y a de quoi être circonspect, pour ne pas dire plus. Déjà que croire en la « convergence des luttes » relève d’une même fantasmagorie que l’astrologie ou la sorcellerie… Alors s’imaginer que le « black block » en a faire quelque chose à faire du véganisme est irréaliste.

Il en aurait pu être autrement, mais il aurait fallu que lorsque la ZAD a passé sa première étape, elle ne se tourne pas vers la petite production et l’élevage. Or, elle l’a fait. Ne pas voir qu’il y a eu un tournant à la ZAD, c’est ne pas voir les choses en face.

Au départ, cela a été une mobilisation en faveur de la protection d’une zone naturelle, cependant c’est très vite devenu un projet en soi.

Nous l’avons vu, nous l’avons dénoncé et nous avons bien fait : cela permet d’éviter les leurres et la destruction des principes.

A cela s’ajoute que la scène anarchiste française n’a jamais apprécié le véganisme, la Fédération Anarchiste interdisant même sa mise en avant dès 1995, l’OCL le dénonçant au moyen d’un renégat. Cela n’est bien sûr  pas vrai de la scène anarcho-punk par ailleurs restreinte.

Il pourrait en être autrement, sauf que pour cela les choses devraient se dérouler bien différemment. Prenons le Black Block justement. A la base il n’est pas là pour casser, même s’il peut l’assumer : il est avant tout un rassemblement politique, le noir étant privilégé pour se protéger de la répression, maintenir le cortège dans l’unité.

C’est la mise en avant d’un projet. On sait alors si le véganisme fait partie du projet en question ou pas. Et en Allemagne, pays d’origine du Black Block, dans les années 1990 et 2000, le véganisme faisait partie des valeurs hégémoniques, incontournables,  dans la scène autonome, des squatts, etc. et malheur à qui ne soutenait pas cette cause !

C’était très clair, tout à fait lisible. Rien à voir avec le premier mai 2018 en France donc.  Le Black Block français et à la française ne soutient pas le véganisme, s’imaginer même qu’il puisse le soutenir est plus que douteux…

Et même qu’il ait put choisir de le soutenir, car le « Black Block » a été un amas de tout et n’importe quoi, soit d’aventuriers (un jeune consultant gagnant 4200 euros par mois a été arrêté!), soit de gens là par esprit de contestation « amusante », soit de gens liés à une scène anarchiste insurrectionnaliste (à la Julien Coupat) ayant un rapport au véganisme allant du dédain au mépris.

Peut-être les choses sont-elles différentes… Auquel cas on le verra rapidement. Cependant, si ce n’est pas le cas, alors la Cause aura été diluée dans une contestation éphémère, et donc cela n’aura pas été une bonne chose.

Pourquoi Brigitte Bardot a-t-elle choisi Laurence Parisot?

Les personnes observatrices l’auront remarqué : Laurence Parisot signe régulièrement des tribunes pour les animaux, dont par exemple celle contre la chasse à courre.

Cela peut surprendre parce que, après tout, elle est surtout connue pour avoir été la présidente du Medef, le « syndicat des patrons », de 2005 à 2013, dont elle est encore la présidente d’honneur par ailleurs.

Mais c’est en fait qu’elle a été choisir par Brigitte Bardot pour prendre, après son décès, la tête de la Fondation Brigitte Bardot. Elle n’a pas encore été officiellement adoubée, car selon Brigitte Bardot elle doit encore « faire ses preuves », mais c’est un processus largement enclenché.

Cela depuis quelques temps déjà, d’ailleurs : la revue très marquée à droite Valeurs Actuelles publiait ainsi en novembre 2017 un article intitulé « Copinages, tweets racistes : Parisot prête à tout pour mettre la main sur la Fondation Bardot ».

L’article se voulait éminemment à charge :

« L’inquiétude règne autour de la Fondation Brigitte Bardot : l’ancienne patronne du Medef et de l’Ifop Laurence Parisot lorgne sur cette structure vouée à la défense des animaux (comptant 75.000 donateurs et une centaine de salariés) créée en 1986 par l’ancienne actrice. »

Laurence Parisot ferait même partie des quelques abonnés du compte twitter du mari de Brigitte Bardot, qui publie des choses comme :

« Les noirs, une espèce qui ne sera jamais complètement humaine, même ces forces de la nature que sont les gorilles ont plus de sentiments »

Laurence Parisot et Brigitte Bardot ont demandé un droit de réponse, la première affirmant quelque chose qu’on pourra évaluer à l’avenir comme il se doit :

« Si je me réjouis de mes excellentes relations avec Brigitte BARDOT et d’avoir été désignée au conseil d’administration de sa fondation, je n’en convoite en aucun cas la présidence. »

D’autant plus que dans son propre droit de réponse, Brigitte Bardot l’annonce en quelque sorte à mots couverts :

« Laurence Parisot m’a fait l’honneur de rejoindre ma Fondation en qualité d’administrateur et je la remercie de son engagement personnel et de sa motivation à défendre la cause des animaux, n’en déplaise aux esprits chagrins.

Elle est une personne loyale et intègre qui saura mettre du cœur à l’engagement de ma vie et je lui fais entière confiance. »

Mais pourquoi Brigitte Bardot a-t-elle choisi Laurence Parisot ? C’est une question vraiment importante. Cela en dit long, en effet, sur la question de la nature du mouvement pour les animaux au sens le plus strict.

Car, on l’aura compris, Laurence Parisot est tout sauf une rebelle. Elle est un gage d’institutionnalisation maximale en tant qu’ancienne dirigeante du MEDEF. Cela permettra de pérenniser la Fondation Brigitte Bardot dans un cadre général.

Son profil mesuré correspond tout à fait à ce dont a besoin la Fondation Brigitte Bardot : elle soutient L214, elle est pour des avancées sur le plan du droit, pour qu’une réflexion s’engage, mais hors de question faire dans les principes purs et durs.

Par conséquent, et cela compte ici de manière essentielle, elle n’est pas végane. Elle se définit comme « pas totalement végane », elle le deviendrait toujours « un petit peu plus » ce qui est bien entendu un strict non sens libéral qui lui va bien.

C’est ici une sorte d’écho à un très vieux texte publié sur l’ancêtre de LTD, Vegan Revolution, en 2005 : « Véganisme utopique et véganisme scientifique » expliquait que le véganisme utopique ne servirait qu’à diffuser l’individualisme, à ajouter des « individus » à une société libérale.

C’est très précisément ce qu’affirma l’antispécisme apparut quelques années après la parution de l’article, article qui résumait alors cette lecture libérale de la manière suivante :

« Comme Bentham le dit: “Chacun compte pour un et nul ne compte pour plus d’un”. Le rêve idéalise du citoyen bourgeois rêvant à sa tranquillité. Le fantasme fasciste de “chacun son pavillon”. »

Voilà pourquoi donc pourquoi Brigitte Bardot, historiquement d’extrême-droite, a choisi Laurence Parisot. C’est la tentative de nier le véganisme au profit d’une lecture idéale, idéalisée, idéaliste de la question animale.

Dans le sens de l’émotion et du droit individuel, dans la logique du lobbying et du positionnement individuel. Sans jamais se confronter à l’exploitation animale dans les faits.

Et contre cela – également donc contre L214, 269, etc. – il faut réaffirmer que le véganisme est né comme mouvement au tout début des années 1990, que la libération animale a commencé même une décennie auparavant avec l’ALF, que la question des animaux n’est pas le fruit d’un questionnement libéral des années 2010, mais le fruit d’une vague révolutionnaire qui apportait en même temps les réponses.

En défendant le patrimoine historique de la Cause, on protège la Cause… et on prépare la prochaine vague !

De bien insuffisantes tribunes contre les animaux dans les cirques

Plusieurs pétitions ou tribunes ont été mises en avant ces derniers jours pour protester contre les cirques avec animaux. Premier problème : pourquoi plusieurs pétitions et pas une seule. Autre problème, bien plus grave : elles s’appuient sur des vétérinaires.

C’est quelque chose de très grave. Cela asphyxie la parole populaire, comme si en 2018 il y avait besoin d’études approfondies pour savoir que les animaux souffrent dans les cirques. C’est une appropriation par des “techniciens” de ce qui relève de la démocratie.

Et parlons en de ces techniciens, de ces “professionnels”. Ils ne disent rien contre la vivisection. Ils ne mettent jamais les pieds dans les refuges. A peine certains font-ils des prix aux associations, somme toute.

Sans parler de leur volonté de contrôle totale sur les savoirs, alors qu’il existe une expérience gigantesque faite par des millions et des millions de personnes de la santé de nombreux animaux vivant proches des humains.

La profession de vétérinaire relève d’une des plus grandes faillites morales historiques. Vue du futur, les vétérinaires apparaîtront comme un caste profitant d’un monopole pour asseoir son existence sociale.

Voici les textes en question. Le premier est de l’association PeTA et signée par 107 vétérinaires.

À l’attention du ministre de la Transition écologique et solidaire Monsieur le ministre, Vous avez déclaré ne pas être favorable à la captivité des animaux sauvages, et vous n’êtes pas le seul.

Nous, vétérinaires exerçant en France, nous souhaitons vous apporter notre avis de professionnels sur la condition des animaux captifs dans les établissements itinérants.

Celui-ci est très clair : la détention, le transport et le dressage des animaux utilisés dans les cirques infligent à ces êtres sensibles des restrictions comportementales, sociales et physiques et donc de la souffrance.

La Fédération des vétérinaires d’Europe dont fait partie l’Ordre national des vétérinaires auquel nous appartenons avertit que : « Les besoins des mammifères sauvages ne peuvent être satisfaits dans un cirque itinérant, en particulier quant aux conditions de vie et à la possibilité d’exprimer des comportements normaux ».

La détresse des êtres sensibles n’est pas acceptable et devrait encore moins être montrée en spectacle. C’est pourquoi nous vous demandons de suivre l’exemple de tous les pays qui, en Europe et dans le monde entier, interdisent la détention des animaux sauvages dans les cirques.

Dans l’attente de votre action sur ce sujet important, nous vous prions d’agréer, Monsieur le ministre, l’expression de notre considération la plus distinguée.

Le second document est une tribune publiée dans Libération. Ces gens croient bien faire, mais ils déplacent le terrain de la sensibilité à l’interprétation “technique” ; ils nient le fait de se tourner vers les gens.

L’exploitation d’animaux sauvages par les cirques suscite un émoi grandissant dans l’opinion publique, et 22 pays européens ont déjà légiféré pour la limiter ou l’interdire.

Mais la France fait figure de retardataire. Selon les défenseurs de cette pratique, ces animaux ne possèdent pas les mêmes besoins que leurs semblables sauvages parce qu’ils sont issus de lignées nées en captivité depuis plusieurs générations.

Ce point de vue est-il recevable à la lumière des connaissances scientifiques actuelles ?

Les animaux sauvages des cirques sont qualifiés d’«apprivoisés» car il s’agit d’individus qui vivent au contact de l’homme et ont souvent été élevés par leurs dresseurs.

Le terme «domestiqué» ne s’applique pas aux individus mais aux espèces, et désigne le résultat d’un long travail de sélection artificielle, opéré sur des dizaines de générations successives. Une espèce est donc considérée domestiquée lorsqu’elle a subi des modifications génétiques qui façonnent son apparence, sa physiologie et ses comportements en vue de favoriser l’émergence de caractéristiques particulières, comme la docilité.

La reproduction des animaux de cirques est non-sélective. Elle s’effectue au gré des reproducteurs disponibles, et les lignées d’animaux de cirques comptent au plus quelques générations (et certaines espèces ne se reproduisent pas en captivité, comme les éléphants).

Les animaux sauvages des cirques ne sont donc pas domestiqués, et présentent de ce fait le patrimoine génétique et les besoins caractéristiques de leur espèce. L’incapacité à les satisfaire est source de souffrances.

Ainsi, une célèbre expérience sur des visons a montré qu’être privés de baignade était pour eux aussi stressant qu’être affamés. Les conditions de détention des animaux de cirques sont incompatibles avec la satisfaction de tels besoins vitaux à plusieurs titres, tout particulièrement dans le cas des grands mammifères, très prisés des cirques.

Certes, les animaux captifs ne connaissent ni la faim ni la prédation et peuvent bénéficier de soins vétérinaires. Cependant, de nombreuses espèces (les éléphants) supportent mal la captivité. Elles y vivent moins longtemps qu’à l’état sauvage, s’y reproduisent difficilement et développent de graves troubles comportementaux.

Les animaux de cirque vivent dans des cages ou des espaces très confinés, et passent seulement quelques heures par jour dans des enclos extérieurs dont la taille atteint rarement les très faibles standards réglementaires.

Ainsi, la réglementation française (qui n’est pas toujours respectée) impose un espace intérieur de 7 m2 pour un tigre, avec quatre heures par jour d’accès à une aire de détente de 60 m2. Pour rappel, un tigre adulte pèse de 150 kilos à 200 kilos, et parcourt quotidiennement dans la nature un territoire de 50 km2 – 200 km2.

Ce confinement provoque l’apparition d’anomalies comportementales comme des stéréotypies (répétitions ritualisées d’un ou plusieurs mouvements sans but apparent), qui occupent 25 % – 30 % du temps des éléphants ou des ours de cirques. Absentes dans la nature, ces stéréotypies traduisent un état de mal-être psychologique, et leur fréquence est particulièrement élevée chez les espèces qui possèdent de larges domaines vitaux à l’état naturel (les éléphants, les grands carnivores et de nombreux primates non-humains, témoignant de l’inadéquation du confinement dans de tels cas).

L’environnement social des animaux de cirques est souvent perturbé dès le plus jeune âge, lorsque les petits sont séparés de la mère pour être élevés par l’homme. Le sevrage précoce laisse des séquelles irréversibles, dont une sensibilité exacerbée au stress et aux troubles du comportement, notamment social.

Les animaux de cirques sont souvent hébergés seuls ou en groupes dont la taille et la composition ne reflètent pas leur organisation sociale naturelle : les tigres, naturellement solitaires, sont souvent contraints de vivre en groupe, ce qui entraîne conflits et blessures à répétition auxquels les animaux ne peuvent échapper.

Ce stress social chronique peut être à l’origine d’une détérioration de la santé et de syndromes dépressifs. A l’opposé, chez les mammifères sociaux (l’éléphant et de nombreux primates), l’isolement social, aussi fréquent dans les cirques, constitue un facteur de risque majeur pour la santé physique et psychique, tout comme chez l’homme. Ainsi, 90 % à 100 % de macaques vivant seuls en cage expriment des comportements anormaux.

Les animaux de cirques voyagent parfois quotidiennement, ce qui implique des mouvements forcés lors des charges et décharges, et un confinement extrême, parfois long, pendant les déplacements.

Les conditions de transport, parfois inadaptées, peuvent les exposer à la chaleur, au froid, à des bruits et à des secousses inconfortables, voire pire : cette année, une éléphante a été tuée et deux autres gravement blessées dans un accident de la route. Les animaux de cirques ne peuvent se soustraire au public, même en temps de repos, et sont exposés à des stimuli visuels, sonores, et olfactifs stressants lors des représentations.

Chez les tigres, la fréquence des stéréotypies augmente de 80 % juste avant et pendant la représentation, illustrant l’intensité du stress induit par cette contrainte quasi quotidienne.

Certains artistes ont même rythmé leur numéro sur le balancement pathologique des éléphants. De plus, les postures physiques imposées aux animaux durant les spectacles, inadaptées à leur morphologie, peuvent causer des blessures (problèmes articulaires chez les éléphants).

Bien que les méthodes de dressage soient rarement dévoilées, elles sont une source de souffrance majeure si elles impliquent des violences physiques, et des témoignages issus du monde du cirque, dont le récent ouvrage de Joseph Bouglione, confirment l’existence de telles pratiques.

Auteurs : Elise Huchard docteure vétérinaire et chargée de recherches en écologie comportementale, Alice Baniel chercheuse post-doctorale en écologie comportementale, Alecia Carter chargée de recherches en écologie comportementale, Aurélie Célerier maître de conférences en biologie du comportement, Franck Chaduc docteur vétérinaire, Marie Charpentierdirectrice de recherches en écologie comportementale, Philippe Deviennedocteur vétérinaire et philosophe, Bernard Godelle professeur d’université en biologie évolutive, Bruno Lassalle docteur vétérinaire, Emmanuelle Pouydebat directrice de recherches en biologie évolutive, Cédric Sueur maître de conférences en éthologie, Frédéric Veyrunes chargé de recherches en biologie évolutive, Christine Webb chercheuse post-doctorale en écologie comportementale

Le dernier document, publié également dans Libération, ne peut que rendre d’une grande tristesse. Il parle de la situation terrible de l’éléphante Maya, et au lieu de mobiliser, de dénoncer, d’attaquer, on a ici une prosternation devant l’Etat… alors qu’il est expliqué que l’Etat n’applique même pas ses propres décisions à ce sujet !

La question de savoir si la détention des animaux sauvages dans les cirques, l’itinérance, le dressage, les spectacles sont compatibles avec leur épanouissement est une question qui doit être soumise à la délibération publique et tranchée dans les mois qui viennent, afin que nous disposions d’un cadre législatif clair, comme c’est le cas dans d’autres pays.

L’objet de cette tribune n’est pas de répondre à cette question. Nous voulons simplement porter l’attention des citoyens et des pouvoirs publics sur un cas qui est emblématique de l’impasse dans laquelle nous sommes collectivement.

Maya, une éléphante d’Asie âgée de plus de 50 ans et que suit l’association One Voice, continue d’être transportée et exploitée par le cirque La Piste aux étoiles alors que plusieurs vétérinaires, y compris celui qui a été mandaté en février 2018 par Mme Patricia Willaert, la préfète du Lot-et-Garonne, attestent qu’en raison de son état de santé, elle ne peut plus être sur les routes.

L’arrêté du 18 mars 2011 fixant les conditions de détention et d’utilisation des animaux non domestiques dans les établissements de spectacles itinérants n’est pas non plus respecté.

Comme on le voit en lisant les articles 22 et 26 de l’arrêté, les conditions d’hébergement des animaux de cirque doivent satisfaire à des exigences minimales (évacuation des urines, litière adéquate, enclos assurant la sécurité du public hors des spectacles et pendant les spectacles). Les animaux malades ou trop âgés ne doivent plus participer aux spectacles (article 9).

Toute personne qui voit Maya, que ce soit dans son enclos minuscule ou dans le camion, comprend que la loi n’est pas respectée. En outre, l’autorité de la préfète est bafouée. Car elle avait demandé que le cirque laisse Maya dans ses quartiers d’hiver ou la transfère dans un sanctuaire, par exemple dans le sanctuaire Elephant Haven, en Haute-Vienne, où sa place a été réservée depuis octobre 2017.

Cette éléphante, qui souffre des pieds et a des stéréotypies attestant l’état de folie auquel ses conditions de vie et sa solitude l’ont conduite, est le symbole d’une double injustice : elle est, depuis plusieurs années, dans un état de détresse qui ne peut laisser personne indifférent et le droit est impuissant.

La souffrance de Maya est la preuve tragique que, lorsqu’il est question des animaux, les lois ne sont pas souvent appliquées.

De plus, quand des infractions sont dénoncées par une association, comme par One Voice qui, depuis septembre 2016, mène sur ce cas des enquêtes dont le sérieux est indiscutable, on assiste à une bataille juridique, et à des procès qui grèvent le budget des cirques et rendra leur situation encore plus difficile.

Pourtant, les faits sont têtus : le vétérinaire mandaté par la préfète parvient aux mêmes conclusions que les spécialistes internationaux auxquels One Voice, en septembre 2017, avaient confié une expertise : l’état de santé de Maya est alarmant, son alimentation et ses conditions de détention ne sont pas adaptées à ses besoins et elle souffre des pattes, sans parler d’un abcès non soigné.

Le tribunal de grande instance de Strasbourg a lui aussi reconnu le 13 février 2018 que le travail de One Voice, que le cirque La Piste aux Étoiles avait assignée en justice, était légitime : il a autorisé l’association à poursuivre son combat qui avait déjà rencontré en décembre 2017 le soutien de plus de 100 000 personnes ayant signé la pétition pour libérer Maya (#JusticePourMaya).

Les établissements de spectacles itinérants valent mieux que ce jeu de cache-cache qui conduit certains d’entre eux à se soustraire à la loi. Il y a déjà longtemps que tout le monde sait que, dans certains cirques, les animaux sont maltraités. Les associations de défense des animaux militent contre la captivité des animaux sauvages dans les cirques, mais elles ne sauraient se substituer au législateur.

Leur mission première est de dénoncer les situations de maltraitance et de les porter sur la place publique afin que le sort des animaux, qui intéresse de plus en plus de personnes, soit connu, que les éléphants, dont tout le monde reconnaît l’intelligence et la majesté et dont l’espèce est menacée, ne dépérissent pas dans l’indifférence et qu’en l’absence de décision politique claire et courageuse, les lois existantes soient au moins respectées.

La spécificité d’une association comme One Voice est de savoir dialoguer avec les acteurs pour chercher des solutions pouvant convenir à tout le monde. Il n’est pas dans l’intérêt du cirque La Piste aux étoiles de se ruiner en procès ni de perdre tout prestige aux yeux d’un public qui, même quand il continue à aller voir des spectacles avec animaux, ne tolère pas qu’ils soient maltraités.

Muriel Arnal, la présidente de One Voice, a apporté une aide financière conséquente à Elephant Haven, installé à Bussière-Galant, afin qu’il puisse accueillir Maya. Tout est prêt pour elle et, de toute façon, elle ne peut plus travailler. Faut-il attendre qu’elle décède ? Faut-il attendre un accident ? Doit-on donner raison à ceux qui disent que la voie de la réforme, du dialogue et du droit est vaine et que seul un scandale permettra de changer les choses ?

Il ne s’agit pas d’un rapport de force entre défenseurs de la cause animale et circassiens, mais d’une exigence de justice : nous voulons que la loi soit appliquée. Maya doit pouvoir jouir d’une retraite bien méritée. Ou alors c’est que nous ne sommes plus dans un Etat de droit.

Signataires :

Laurent Baheux, photographe animalier, Thierry Bedossa, vétérinaire praticien, ancien élève de l’école vétérinaire de Maison-Alfort, Allain Bougrain-Dubourg, journaliste, président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), Sophie Dol, vétérinaire praticien, ancien élève de l’école vétérinaire de Maison-Alfort, Loïc Dombreval, vétérinaire, député LREM, président du groupe d’étude «condition animale» à l’Assemblée nationale, Pascal Durand, eurodéputé écologiste Ile-de-France et hors de France, Yolaine de La Bigne, journaliste, fondatrice de l’Université d’été l’animal et l’homme, Frédéric Lenoir, philosophe, fondateur de Ensemble pour les animaux, Laurence Parisot, chef d’entreprise et présidente d’honneur du Medef, Corine Pelluchon, philosophe, professeur à l’Université-Marne-La-Vallée, Jacques Perrin, cinéaste, Franck Sorbier, grand couturier et Maître d’art.

Tout cela est totalement déconnecté du travail pour conquérir l’opinion publique, de la bataille démocratique, du principe comme quoi :

– le véganisme est incontournable ;

– le véganisme ne peut qu’être porté naturellement par le peuple , les gens normaux ;

– la situation historique et planétaire est catastrophique et il faut mobiliser, renverser la table, faire la révolution et non pas tergiverser ou laisser la parole aux “experts”.

Quasiment 35 000 signatures pour la pétition appelant à la démission du préfet de l’Oise

Il y a un peu plus de deux semaines, nous parlions de la pétition appelant à la démission du préfet de l’Oise, en raison de son soutien forcené à la chasse à courre. Il y avait alors 20 000 personnes ayant donné leur signature en quelques jours.

La pétition a désormais 34 750 signatures, ce qui montre qu’elle a été non pas simplement une réaction épidermique, mais bien un mouvement de fond. Il serait à ce titre évidemment très bien d’arriver à 35 000.

Diffusez le lien vers la pétition, afin d’arriver à 35 000 ! Que cela soit un argument de plus pour soutenir la mobilisation, car oui il est possible de mobiliser, oui il est possible de rassembler, oui la lutte est possible !

Il y a de la pression, il y a de la répression, il y a des difficultés, mais c’est possible et nécessaire. Qui a compris le sens de la lutte pour les animaux ne doit jamais baisser les bras ! De par l’ampleur du désastre en cours, il s’agit ni plus ni moins que de l’avenir de la planète !

Il y aurait sans doute même encore plus de monde pouvant la signer, la pétition pourrait bien avoir des millions de signataires, vue que la majorité des Français sont contre.

Mais il faut bien penser que la lutte contre la chasse à courre est quelque chose qui va demander encore bien des efforts. Emmanuel Macron soutient les chasseurs de manière particulièrement forte et ceux-ci ont fait de la chasse à courre le symbole de leur propre existence.

Pourquoi ? Sans nul doute, parce chez les chasseurs ce sont les notables qui donnent le ton. Il n’y a pas plus pyramidal, avec un en-haut constitué de gens de la haute, et un en-bas se voulant d’une grande franchise, ce qui donne en pratique une agressivité brut de décoffrage ou bien résolument rustique.

L’idéologie de la chasse est clairement un levier très puissant pour paralyser des milliers et des milliers d’hommes dans une attitude anti-Nature, faussement authentique, farouchement anti-culturelle, etc.

C’est sans doute l’occasion de découvrir ou de redécouvrir Henri Tachan, un chanteur très peu connu du grand public, qui se situe historiquement dans l’esprit de Charlie Hebdo. Sa chanson sur les chasseurs en général souligne leur dimension profondément beauf, réactionnaire.

Or, Emmanuel Macron a besoin pour son capitalisme ultra-moderne soutenu par un Etat géré comme une start-up d’une base solide : les chasseurs sont un appui tout à fait profitable pour lui, afin de quadriller le pays.

Et l’existence des préfets – ces capitaines militaires nommés par le président, sans aucun compte à rendre au parlement – est impeccable pour verrouiller le pays.

Le préfet ne démissionnera donc pas aussi facilement que cela… Mais la pétition, tout comme le mouvement anti-chasse à courre avec ses succès, est un premier pas en ce sens. C’est une question de pression, de bataille pour gagner toujours plus de monde… Et la chasse à courre peut et doit tomber !

La diffusion du GHB/GHL : des décadents aux branchés

L’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies vient de publier un rapport au sujet de la drogue appelée GHB ; en voici les extraits les plus significatifs et ils valent vraiment le détour.

Non seulement parce qu’on découvre les modalités de cette drogue, mais parce que le rapport cible très précisément l’origine de celle-ci, au point qu’on croirait lire du Balzac!

De manière détaillée, le rapport explique comment cette drogue s’appuie à l’origine sur une utilisation par des gens socialement très favorisés et fréquentant des milieux décadents, en quête de sensations fortes, dans les milieux gays parisiens.

Puis, par effet de “branchitude”, elle a ensuite été adoptée dans les soirées se voulant “alternatives” (par opposition aux boîtes de nuit hyper-chic ou au “Macumba”), et relevant en réalité d’une fuite dans l’auto-destruction urbaine.

Pour bien saisir l’ampleur du désastre – le GHB (ou encore GHL pour une variante) est largement présent dans les soirées parisiennes et ne coûte pratiquement rien – notons ce “témoignage” de “Sophie, 30 ans, médecin, Paris” publié par Libération.

Ce n’est ni plus ni moins qu’un éloge de cette drogue par une personne se revendiquant médecin… Normalement une telle publication serait interdite, une enquête menée, l’ordre des médecins se mettant également en branle…  Cela ne sera évidemment pas le cas, libéralisme libertaire oblige !

«Je nourris une certaine curiosité vis-à-vis des drogues, même s’il y a aussi une part de crainte.

Je n’ai jamais eu une consommation régulière de quoi que ce soit (à part l’alcool, en soirée), mais j’ai déjà essayé le cannabis, le poppers, la cocaïne, la MDMA, la kétamine…

J’ai pas mal d’amis dans le milieu gay qui prennent du GBL depuis quelque temps déjà.

On m’avait dit que ça faisait un peu plus planer que l’alcool. A l’automne dernier, lors d’une soirée, on était plusieurs à vouloir tester avant de sortir en boîte. L’important pour moi, c’est que cela se fasse dans un contexte «safe», rassurant.

En l’occurrence, j’ai une totale confiance en la personne qui m’en a proposé, qui par ailleurs maîtrise les posologies via son métier et dispose de matériel de précision pour doser. Il nous a clairement mis en garde sur l’interdiction formelle de boire de l’alcool. Je savais que le risque principal était une forte somnolence.

J’ai dilué le produit dans du soda. Une fois dans la boîte, trente minutes après la prise, j’ai senti une détente progressive, une sorte de gaîté, quelque chose d’assez doux, une exaltation, et clairement, j’étais désinhibée sur le plan sexuel.

Par contre, par habitude, j’ai commandé un verre d’alcool au bar, mais tout en surveillant d’éventuels effets indésirables. Par la suite, j’en ai repris environ trois fois, dans des soirées en appartement.

Là où l’alcool rend la vision floue, donne la gueule de bois ou des nausées le lendemain, ce n’est pas le cas du GBL. On m’en a donné, que je conserve chez moi. Peut-être que j’en reprendrai, dans un contexte de rencard, pour le côté désinhibé sexuellement, par exemple.»

Voici les extraits du rapport présentant l’avènement du GHB/GHL comme drogue “branchée”.

Le GHB (gamma-hydroxybutyrate) est une molécule utilisée dans le cadre médical comme anesthésique et dans le traitement de la narcolepsie, qui agit sur les récepteurs GABA1 comme l’alcool ou les benzodiazépines .

Il possède une double action : sédative et amnésiante. Le GHB est utilisé de manière détournée à des fins récréatives ; beaucoup plus rarement à des fins criminelles dans le cadre de tentatives de soumission chimique d’une personne par une autre (Djezzar et al., 2009).

Dans les années 1990, l’usage récréatif du GHB se développe dans les espaces festifs du courant musical électronique (Cadet-Taïrou et Gandilhon, 2009).

Par conséquent, il a été classé comme stupéfiant en France en 1999. Les effets du GHB apparaissent au bout de 15 minutes et durent de 1 heure 30 à 2 heures. À faibles doses, il a un effet relaxant, désinhibant et euphorisant.

À fortes doses, il entraîne une sédation et peut provoquer une dépression respiratoire ainsi qu’une une perte de conscience, communément appelée G-hole par les individus familiers du produit, qui peut aller jusqu’à un coma profond (de plusieurs heures à plusieurs jours) et aboutir au décès.

Cependant, jusqu’à la fin des années 2000, le GHB acquiert surtout une notoriété à travers les mises en garde des usagers des clubs et des discothèques contre la diffusion de la « drogue du viol », allusion à l’usage criminel du GHB .

Le GBL (gamma butyrolactone) est un solvant industriel précurseur du GHB c’est-à-dire qu’une fois ingéré, ce dernier est métabolisé en GHB par l’organisme.

La prise de GBL entraîne donc les mêmes effets que celle du GHB. En revanche le temps d’apparition de ses effets et leurs durées varient puisqu’ils dépendent du temps d’absorption et de métabolisation du GBL.

Ainsi, les effets apparaissent plus progressivement que ceux du GHB (30 à 45 mn) et durent un peu plus longtemps (3 à 5 h). À partir de 2006, l’usage détourné du GBL remplace progressivement celui du GHB (Cadet-Taïrou et al., 2008).

Le GBL ne fait l’objet d’aucun classement juridique du fait d’une utilisation courante dans l’industrie (comme solvant à peinture ou pour le nettoyage des jantes de voiture, par exemple).

La substitution du GHB par le GBL s’explique ainsi par son faible coût et sa facilité d’accès, malgré l’interdiction par l’État de sa cession et de sa vente au grand public en 2011, à la suite de cas d’hospitalisations occasionnés par des ingestions de GBL .

Si le nom usuel donné au produit reste le plus souvent « GHB » (Fournier et al., 2010), d’où l’emploi du terme « GHB/GBL » dans cette note, c’est actuellement le GBL qui circule et qui est consommé.

GHB et GBL exigent tous deux un dosage extrêmement précis du fait de l’écart étroit entre la dose nécessaire à l’obtention des effets recherchés et la survenue d’une perte de connaissance.

Quelques millilitres du produit sont suffisants dans le cadre d’un usage récréatif, c’est pourquoi le GBL doit théoriquement être dosé à la pipette. (…)

Au début des années 2000, le réseau d’observation TREND constate que l’usage de GHB/GBL dans le cadre de la mouvance techno est discret (Cadet-Taïrou et al., 2008 ; Costes, 2010).

La consommation de GHB/GBL est alors un phénomène bien spécifique, lié essentiellement au milieu du clubbing homosexuel8 , principalement parisien. La population concernée est masculine, plutôt restreinte et socialement bien insérée .

Les consommateurs de GHB/GBL sont des hommes appartenant à des catégories socioprofessionnelles plutôt élevées et ayant déjà consommé d’autres drogues auparavant (Bello et al., 2002 ; Bello et al., 2004).

Entre 2002 et 2005, la consommation de GHB/GBL semble s’amplifier dans les espaces festifs gays parisiens, mais reste confinée aux soirées les plus fermées au public hétérosexuel lesquelles autorisent une plus grande visibilité de la sexualité (Fournier et al., 2010). (…)

À partir du milieu des années 2000, l’usage du GHB/GBL s’étend aux espaces festifs gay et gay friendly de plusieurs métropoles régionales françaises investiguées par le dispositif TREND (Bordeaux, Lille, Toulouse et Marseille), où l’absence d’un milieu festif exclusivement homosexuel favorise le brassage entre différentes populations.

Le GHB/GBL touche ainsi, à la fin des années 2000 le public plus large des clubs et les discothèques (y compris hors de la mouvance techno). (…)

L’intensification des consommations de GHB/GBL en espace privé est également liée au développement du chemsex à la fin des années 2000, c’est-à-dire des pratiques de consommation de substances psychoactives dans le cadre de relations sexuelles organisées à domicile par une frange du milieu gay (Batisse et al., 2016 ; Milhet et Néfau, 2017). Cette tendance est accompagnée par l’émergence de nouvelles modalités de rencontres via des sites Internet et des applications mobiles géolocalisées.

Plusieurs enquêtes font état de la place centrale occupée par le GHB/GBL dans la palette des produits consommés lors de ces sessions chemsex en appartement (Fournier et al., 2010 ; Milhet et al., 2017). (…)

Depuis 2015, le produit semble connaître un nouveau cycle de diffusion vers l’espace festif commercial notamment lors des soirées gay friendly, où il est consommé par une population mixte, jeune et hétérosexuelle. Cet épisode est relativement semblable à celui survenu 10 ans plus tôt. (…)

À Paris et à Lyon, cette diffusion s’inscrit dans la tendance plus générale, également observée à Lille, Marseille ou Bordeaux, au développement d’une offre festive « alternative » dans le centre des villes.

Cette offre se traduit par l’organisation d’événements dans des salles, des clubs ou des bars proposant un éventail de musiques électroniques plus variées que les programmations des boîtes de nuit généralistes. (…)

À Paris, cet espace festif alternatif de plus en plus hybride attire ainsi différentes populations : les clubbers mélomanes séduits par la programmation musicale, les teuffeurs en quête de lieux alternatifs où la consommation de drogue est tolérée, des étudiants attirés par des prix relativement réduits, le public LGBTQ par l’ambiance LGBTQ friendly, etc. (Pfau et Péquart, à paraître).

Le site TREND lyonnais constate également une porosité croissante entre les scènes musicales commerciales généralistes et alternatives (en matière d’ambiance, de programmation) favorisant le mélange des publics et la mixité des consommations.

Dans ce contexte, la présence du GHB/GBL semble se renforcer depuis cinq ans « à toutes les étapes des nuits festives : en before, en soirée, et en after, dans les espaces collectifs de danse comme dans les espaces de sexualité » (Tissot, 2017 ; Tissot, à paraître).

C’est une faillite morale et culturelle… Cela souligne d’autant plus la nécessité d’affirmer l’identité vegan straight edge !

PMA : François Olivennes contre M. Tartempion et Mme Tartignolle

François Olivennes est un médecin qui, en 2006, a fait un choix très précis, qui est raconté de la manière par Le Monde alors :

« Ce spécialiste reconnu de l’assistance médicale à la procréation a claqué la porte de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris pour s’associer à un cabinet privé. Un choix qui l’a tourmenté, mais qu’il dit ne pas regretter. »

Et c’est lui a appelé Le Monde à ce moment-là pour justifier son choix :

« C’est lui qui a appelé. Il voulait faire connaître son histoire. Forcément, la démarche étonne.

Aucune prétention là-dedans, mais une forme d’exorcisme. Car l’histoire du professeur François Olivennes est celle d’un choix peu banal : quitter le service public hospitalier pour le secteur libéral ; lâcher un poste de chef d’unité de médecine de la reproduction à l’hôpital Cochin, à Paris, pour s’associer à un cabinet privé.

Il est rare qu’à 47 ans un professeur agrégé des universités – praticien hospitalier (PU-PH), spécialiste reconnu de l’assistance médicale à la procréation, claque la porte de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris. »

Qu’a-t-il fait depuis ? Sur son site il dit à ce sujet :

« Depuis Avril 2006 je suis installé en libéral et j’exerce mes activités au sein du centre de FIV Eylau La Muette ou je suis coordonnateur du centre de Fécondation In Vitro. »

C’est dans le seizième arrondissement de Paris, juste à côté de la rue de Passy et du Trocadéro. C’est un choix on ne peut plus clair : François Olivennes a choisi le public le plus aisé qu’il pouvait.

Il n’est donc pas étonnant qu’il soit favorable à la « GPA sous conditions », ou encore à la PMA, pourquoi pas par exemple à condition que :

« le donneur soit connu, et même, pourquoi pas, qu’il soit un ami, une relation. Pas un père au sens légal, mais au moins une trace dans l’histoire de l’enfant. »

Le Journal du Dimanche lui a accordé hier une double page, à l’occasion de la sortie d’un ouvrage qu’il a écrit en ce sens, intitulé « Pour la PMA », publié chez Lattès. C’est un soutien direct à toute une démagogie libérale-libertaire prônant la dénaturation de l’être humain.

Il est ainsi prétendu que la famille aurait connu des modifications au cours de l’histoire :

« Toute l’histoire et la sociologie de la famille démontrent que sa définition n’a cessé d’évoluer en fonction des époques et des mentalités ».

Ce qui est évidemment totalement faux, le couple est la base de l’humanité depuis son apparition moderne… Même si on a pu voir hier soir sur France 2 un éloge des personnes âgées divorçant, avec même une femme qui au bout de trente ans prend toutes ses affaires d’un coup alors que son mari est au travail !

C’est que notre époque libérale-libertaire a besoin de la négation de toute forme collective d’existence, même le couple… Sans parler du refus de tout sens des responsabilités, de tout engagement… Une vie à la carte, obéissant au principe de consommation, dans le déni de la réalité !

Et après tout, ne faudrait-il pas être « tolérant » et accepter ce qui nous regarderait pas ? L’argument de François Olivennes vaut son pesant d’or :

« De quel droit M. Tartempion et Mme Tartignolle seraient-ils en droit d’interdire une pratique qui n’affectera en rien leur vie ni celle de leur entourage ? »

François Olivennes a choisi des noms censés symboliser les « beaufs », c’est-à-dire ici le peuple, ou plutôt le bas-peuple ! Mort à la démocratie, vive la consommation !

Au gouvernement, on aime, bien évidemment. Et après le gouvernement prétend qu’il y a un débat sur la bioéthique en cours… Alors que tout est déjà bien solidement organisé. Il s’agit juste de préparer l’opinion publique.

Et d’ailleurs, tout le monde n’accepte-t-il pas le capitalisme, dit François Olivennes, alors pourquoi ne pas assumer jusqu’au bout, sinon cela va repartir dans l’autre sens et il va y avoir une dictature des valeurs :

« Tous ceux qui prétendent détenir l’unique vérité quant à la conception et l’éducation d’un enfant souhaiteraient-ils qu’on entre dans leurs foyers pour vérifier si leurs choix éducatifs sont irréprochables quand bien même la composition de leur famille est conforme à ce qu’ils jugent acceptables ? »

Le raisonnement, ici, tient la route : soit on accepte des principes, des règles, soit on les refuse… Et si on les refuse quelque part, alors on les refuse partout. Qui nie l’universel à un endroit le nie partout, qui fait triompher le particulier à un seul moment le fait triompher tout le temps…

Voilà pourquoi il faut être intransigeant. La moindre faille et tout s’effondre. D’où que veganisme et straight edge vont nécessairement de paire, l’un comme l’autre formant une morale qui est juste, car vraie, fondée sur la vie naturelle.

Et que se passe-t-il, selon François Olivennes, si l’on n’obéit pas aux injonctions du libéralisme-libertaire, notamment le fait qu’une femme seul aurait un droit à l’enfant ? On serait intolérant, opposé aux droits des femmes…

« Alors laissez les femmes concernées prendre leurs décisions qui ne concernent qu’elles et n’enlèvent rien à personne, et foutez-leur la paix ! »

Or, dans les faits, cela enlève la Nature à la réalité, cela nie le besoin matériel effectif d’un homme, cela nie le besoin d’une mère, la réalité naturelle du couple. C’est l’avènement de l’existentialisme le plus complet, du libéralisme-libertaire le plus total.

C’est la liberté par et pour le marché, avec des corps servant de marchandises suivant des contrats individuels. C’est l’offensive générale contre le concept de mère – c’est aussi en cela que l’amour des animaux est le féminisme par excellence, la défense de notre mère la Terre un concept d’une dimension essentielle à la vie : la Nature et sa défense !

Malheur aux renégats !

L’un des grands problèmes du véganisme comme mouvement au sens le plus large, c’est qu’il n’existe que très rarement de continuité et que, par conséquent, il n’y a pas de bilan, d’évaluation de ce qui a été fait.

A cela s’ajoute deux faits : tout d’abord, il y a des capitulations, des effondrements, avec une tentative de nier une histoire faite, tout comme il y a des tentatives d’appropriation, comme on peut le voir ces dernières années avec des associations tombant du ciel et prétendant que le véganisme n’aurait pas existé avant elles.

Rappelons le encore une fois : le véganisme existe depuis les début des années 1990…

Pour avancer, il faut donc savoir résister à cette entreprise de déstructuration, de négation des acquis formant la tradition révolutionnaire.

En sachant, toujours, mettre de côté les opportunistes et les renégats. Car être à la hauteur demande de la constance, un engagement strict.

Les personnes ayant forcé en première ligne le McDonald’s parisien lors d’une Veggie Pride sont-elles encore véganes ? Très franchement, rien de moins certain… Quant à AVA qui mène une action si belle en Picardie, rappelons qu’il y a eu une tentative de fait quelques années auparavant par l’association Droits des animaux.

Qui n’en a pas conservé de mémoire à ce sujet, s’évaporant d’ailleurs du jour au lendemain (à part pour la fondation de l’épicerie Un monde vegan à Paris) après avoir siphonné tous les activistes…

Est-ce normal ? Absolument pas. L’engagement doit être complet, c’est la Cause qui compte. Les temps sont ceux de la bataille pour la planète, le reste est secondaire !

Et donc, l’un des points les plus essentiels, que nous n’avons pas cessé de souligner, c’est la question de la bataille pour rester vegan. Personne n’en parle et c’est un vrai problème, car il est absurde de penser qu’il y a toujours plus de vegan par une addition mécanique.

En réalité, il y a une progression mais un vrai effondrement derrière. Voilà pourquoi il faut être strict : oui à l’ouverture d’esprit pour les discussions, non à toute remise en cause des principes sur lesquels il faut être intransigeant.

Cela est bien entendu impossible avec des gens refusant d’affronter les normes sociales, soit en raison d’une attitude de hipster, soit en raison d’un individualisme ne visant qu’à faire carrière dans cette société.

On peut devenir vegan en étant richement installé dans la société, toutefois on ne peut pas le rester… Quant aux petits-bourgeois urbanisés et suivant la mode, ils tanguent, ils oscillent, perpétuellement…

L’article que vient de publier Slate.fr, “Au secours, je remange de la viande!”, qui vaut vraiment le coup d’être lu de par son contenu nauséabond, n’est donc pas que racoleur : il témoigne d’un problème de fond, qui va immanquablement plomber la cause ces prochains mois, ces prochaines années.

A savoir qu’il y a suffisamment d’éléments de fond pour faire contre-poids et transformer une cause en son contraire. Avec de la mauvaise foi, avec un manque de culture. Voici par exemple ce que dit l’article entre autres :

«J’ai toujours eu une grande conscience de la maltraitance des animaux, c’était ma bataille. Sauf que mon corps ne l’a pas supporté.» Après huit années de véganisme, Sara [ 25 ans, censée être vegan depuis 2008] a fini par craquer. Non par plaisir, mais par nécessité. Elle a donc repris ses anciennes habitudes, et ce soir elle a même prévu de manger une bonne entrecôte.

Sauf qu’à un autre moment, on apprend :

«Un jour, au repas de Noël, les parents d’une amie avaient préparé du poulet. J’ai donc dû faire une concession et j’en ai mangé. Je n’ai pas voulu créer de scandales», confesse Sara.

On pourrair dire ici que « le ver était dans le fruit » – sauf que cette expression n’est pas végane, et donc pas acceptable.

Il faut ici être d’une moralité de fer… Contrairement aux antispécistes qui prétendent former quelque chose de nouveau, en niant l’ALF et en présentant des failles à tous les niveaux (comme ici en parlant du “QI d’une huître”), la principale étant de ne pas assumer l’amour des animaux.

C’est un bon exemple d’ailleurs des doublement insupportables fachos et bobos qui empêchent d’avancer en général et en particulier pour le véganisme. Pour en revenir à l’article de Slate, celui-ci bombarde également les poncifs :

« Pour moi, ce type d’alimentation n’a pas fonctionné. Mais si j’avais pu, j’aurais continué ma bataille».

« On ne voient les effets néfastes du véganisme qu’après. Et lorsque l’on fait les comptes, les patients voient bien que ça a foiré»

« Quand on est vegan et invitée à un dîner, on devient la paria, la chiante, la fille qui ne mange que des graines »

Etc. etc. : comme déjà dit, l’article vaut le détour, de par sa nature totalement propagandiste, avec un véganisme présenté comme « impossible ».

Rien ne sert de critiquer Slate, cependant, il vaut mieux critiquer le mode de vie de gens imbriqués dans les couches aisées de la société et incapables de fermeté. Mieux vaut viser un véganisme populaire et mépriser des gens cherchant à se faire valoir pour un temps, pour trahir ensuite.

Et donc oui il faut dénoncer les renégats, oui il faut ostraciser, oui il faut dénoncer ceux et celles qui trahissent trahissent la Cause, attaquent les animaux en donnant des arguments à l’ennemi.

C’est inacceptable, intolérable. Et il faut dénoncer d’autant plus fort les pseudos radicaux d’hier.

Ce qui amène aussi un paradoxe : il faut être plus strict avec les vegans qu’avec les non-vegans, en raison de ce qu’ils représentent.

Et ne nous voilons pas la face : combien des vegans actuels vont vraiment le rester ? Le sont-ils vraiment authentiquement pour la plupart ?

Il n’y a aucune raison d’y croire. La base est tellement individuelle, coupée d’une perspective de changement total, de bataille pour la planète, que jamais il n’y aura la force de tenir.

Alors autant se préparer à la contre-attaque ! Préparons une nouvelle phase du véganisme, où il faudra savoir démolir ceux qui ont menti, ceux qui ont trompé, ceux qui ont failli.

Le 21e siècle va être celui d’un changement total!  Le véganisme ne peut exister que dans l’affrontement avec le système, dans l’esprit de la culture vegan straight edge, pour la libération animale et la défense de notre mère la Terre !

Brigitte Gothière et Aymeric Caron appellent à négocier avec les chasseurs

Libération a publié hier une tribune prenant comme prétexte la baisse du prix du permis de chasse national de moitié, décidée par Emmanuel Macron. Une tribune rassemblant tout ce qui est insupportable, signée entre autres par Brigitte Gothière (L214), Aymeric Caron et des cadres d’Europe Ecologie Les Verts.

Pourquoi ? Parce que la tribune tente de faire un hold up sur la lutte contre la chasse à courre, qui est le produit d’une activité à la base, démocratique, populaire, et cela dans l’optique de l’intégrer aux institutions.

Les signataires de la tribune disent : les chasseurs ont leurs entrées au gouvernement, nous en voulons aussi. Ils disent : la chasse, oui, mais négocions. Il faudrait un “véritable dialogue respectueux de toutes les parties”.

Cela, alors que le mouvement contre la chasse à courre a un succès formidable, que les chasseurs la défendent au nom de la défense de la chasse au général, que donc la grille de lecture est claire, qu’une lutte vaste et populaire est possible !

Quelle honte ! S’il faut résumer cette tribune dans sa substance, il faut dire qu’il s’agit de l’esprit de collusion avec les institutions, de la capitulation devant la force des chasseurs, de l’absence de confiance en le peuple.

Les signataires de cette tribune sont pratiquement ouvertement des renégats. Ils tentent de saboter la lutte, tout cela pour qu’il y ait un “dimanche sans chasse”…

Ils feraient bien mieux de signer la pétition appelant à la démission du préfet de l’Oise, qui a déjà plus de 30 000 signataires et reflète un véritable mouvement populaire à la base !

Et de participer aux activités à la base, en croyant en la force populaire !

Chasse, pas de réduction pour le permis de tuer

L’abaissement du permis national de chasse de 400 euros à 200 euros par an devrait être inscrit dans la prochaine loi de finance à l’automne 2018.

Cette mesure soutenue par le président de la Fédération nationale de la chasse (FNC), Willy Schraen, est la première d’un grand projet de réforme du permis de chasse voulue par le Président Macron, dans le but de «démocratiser la chasse».

Nous y voyons surtout une opération de communication et d’instrumentalisation de la cause animale pour casser une image de «Président des villes».

C’est lors de sa réunion de travail du 15 février, avec Willy Schraen, Thierry Coste, conseiller politique de la FNC, et François Patriat, sénateur LREM de la Côte-d’Or, que le président Macron a donné son feu vert pour réformer la chasse.

Mi-décembre, le Président avait déjà encensé cette pratique cruelle lors d’une fête privée organisée au château de Chambord dans un discours improvisé aux chasseurs présents en faisant l’éloge de la chasse.

Il qualifiait cette dernière de «formidable atout pour la biodiversité» et déclarait: «Je serai le président qui développera la chasse, vous pourrez toujours compter sur moi.»

Thierry Coste, qui se présente lui-même comme le «Machiavel de la ruralité»,et proche du président de la République, avait déjà encouragé le candidat Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle à annoncer son souhait de rouvrir les chasses présidentielles et d’en faire un outil d’influence au service de la France.

Nous sommes consternés de voir que la Fédération nationale des chasseurs ait ses entrées à l’Elysée, alors que les principales associations animalistes y sont ignorées.

Pourtant, seuls 1,7% des Français chassent alors que 80% des personnes interrogées lors du sondage Ifop pour le collectif AnimalPolitique considèrent que la protection des animaux est une cause très importante.

D’ailleurs, il y a un an, 72% des électeurs déclaraient souhaiter un engagement des candidats à la présidentielle sur des mesures concrètes en matière de protection animale.

Cette semaine, à l’annonce de la baisse du permis de chasse, une pétition sur le site MesOpinions.com a atteint en quelques jours le nombre record de plus 60 000 signataires contre cette mesure.

La chasse accapare des espaces naturels au détriment de toutes les autres activités (promenades en famille, randonnées pédestres, activités sportives et de détente, vélo) dont les usagers ne peuvent profiter pleinement par sentiment d’insécurité.

Et ce dernier est justifié: le nombre d’accidents de chasse selon l’ONCFS est de 143 pour la saison 2016-2017 dont 18 mortels. On déplore plus de 350 morts (humaines) depuis 2000 dont 10% à 20% de non-chasseurs et plus de 1 000 accidents.

Ces chiffres impressionnants appellent à la nécessité d’encadrer et de surveiller attentivement cette pratique, et non au choix étonnant de tenter de favoriser l’augmentation du nombre de chasseurs, notamment parmi les plus jeunes.

Nous sommes d’accord sur un point: il faut réformer la chasse et pour cela il faut engager un véritable dialogue respectueux de toutes les parties. La FNC ne peut être la seule organisation à avoir l’écoute du gouvernement.

Cette réforme doit avant tout avoir pour but de protéger la faune sauvage, d’abandonner les pratiques cruelles et d’un autre temps, de sécuriser la pratique de la chasse, et de permettre un meilleur partage des espaces naturels avec les autres usagers de loisirs et de sports de plein air.

A ce titre, nous demandons l’instauration des dimanches sans chasse afin de respecter la sécurité des promeneurs et des familles; l’abolition de la chasse à courre; l’interdiction du piégeage et du déterrage; le développement de zones de tranquillité (sans chasse ni présence humaine) dans les espaces forestiers des domaines publics.

Signataires : Laurence Abeille, ex-députée EE-LV du Val-de-Marne (2012-2017) ; Isabelle Attard, ex-députée écologiste du Calvados (2012-2017); Laurent Baheux, photographe animalier; Jacques Boutault, maire EE-LV du IIe arrondissement de Paris; Aymeric Caron, journaliste et porte-parole du REV; Emilien Cousin, militant animaliste et porte-parole Collectif Stop Cirque Animaux 37; Pauline Couvent et Romain Zavallone, pour la commission Condition animale EE-LV; Yolaine de la Bigne, journaliste et fondatrice de l’Animal et l’Homme ; Mylène Demongeot, comédienne; Pascal Durand, eurodéputé écologiste Ile-de-France et hors de France; Professeur Feuillage, vidéaste; Brigitte Gothière, cofondatrice de L214 ; Catherine Helayel, pour l’association Animal justice et droit; Annie Lahmer, conseillère régionale EE-LV IDF; Luce Lapin, journaliste, chroniqueuse à Charlie HebdoPierre Lucot, référent commission nature du Mouvement Utopia; le bureau national du Parti animaliste; Corine Pelluchon, philosophe et professeure à l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée; Philippe Reigné, professeur de droit au Conservatoire nationale des arts et métiers; Henry-Jean Servat, écrivain, journaliste et chroniqueur.

Chasse : l’exil forcé de Luc Alphand

La chasse est méprisée et les gens savent bien qu’elle est totalement dépassée historiquement. Reste qu’elle fait partie des traditions, de l’idéologie dominante : il faudra une révolution pour la balayer.

Mais, en attendant, l’esprit est déjà là. C’est ce qu’il faut comprendre de la longue complainte de Luc Alphand, qui a été skieur professionnel, dans le  magazine VSD. Une complainte qui vaut le détour, car elle montre que la pression populaire, ça ne rigole pas.

Même comme notable et sportif reconnu par les médias, même à Serre-Chevalier, il a fallu d’une photographie pour que la colère populaire s’abatte depuis 2016…

Luc Alphand justifie cette photographie sur le fameux mode à la française : ce n’est pas moi, ce n’est pas de ma responsabilité, je ne faisais que passer, etc.

Vous compre­nez que, dans ce cas, c’est plus la photo et l’idée de fierté qui s’en dégage, qui choquent ?

Oui, sauf que cette photo, ce n’est pas moi qui l’ai postée. Je n’ai même pas Face­book, et, sur mon Insta­gram, je ne poste jamais de photos de chasse. Celle-ci a été prise avec l’iP­hone d’un guide de chasse qui se trou­vait sur la même zone que moi avec son client. Moi je chas­sais le mouflon et eux, l’ours.

En rentrant, ils l’ont dépecé, sont allés jeter la carcasse et, comme il commençait à faire nuit et froid, je me suis mis sur la peau de l’ours. Quand ils sont reve­nus, ils ont voulu faire une photo.

J’ai accep­té… Bon, je n’au­rais visi­ble­ment pas dû. Mais c’était une photo entre potes, je n’ai pas pensé une seconde que le guide allait la mettre sur son site.

Comme on le voit, il n’y a aucune autocritique, Luc Alphand ne comprenant même pas ce qu’on lui reproche… Enfin, feignant de ne pas comprendre ce qu’on lui reproche, parce qu’il assume tout à fait de chasser “depuis trente-cinq ans” : il sait donc tout à fait ce qu’il fait.

D’ailleurs, s’il est capable de partir à Abu Dhabi faire des spéciales du Cham­pion­nat du monde de rallyes- raids (il a également fait le Paris Dakar par le passé), c’est bien qu’il est imbriqué dans un système totalement dépassé et lamentable, mélangeant pollution et meurtre.

D’où une déferlante populaire spontanée – donc pas nécessairement organisée de manière adéquate, mais avec la dignité de la mise au ban en raison des valeurs considérées comme indéfendables et, même, condamnables.

Luc Alphand parle de milliers de messages “de haine incroyable”, d’insultes sur les notes de l’hôtel où travaille sa femme, d’insultes contre ses enfants à l’école, d’un tiers des sponsors qui l’ont abandonné, de conventions annulées, d’une piste de ski à son nom dont le panneau a été enlevé, etc.

Disons le : la forme pourrait être bien meilleure. Toutefois, c’est historiquement inévitable en attendant le grand coup de balai. Et ce coup de balai ne pourra pas être freiné par les appels au libéralisme, comme Luc Alphand tente également le coup :

Discu­ter avec des extré­mistes qui agissent au nom d’une idéo­lo­gie ne sert à rien. Ils trashent pour nuire et détruire. (…)

Toute espèce a besoin d’être régu­lée. Alors, oui, il y a un énorme fossé qui se creuse entre une France à 80 % urba­ni­sée, qui se détourne de ses racines, et les gens de la campagne. (…)

Sortez de derrière vos ordi­na­teurs. Marchez dans la nature, ouvrez les yeux, accep­tez les autres. La solu­tion est dans le partage : la nature est à tout le monde, chas­seurs compris.

Ces phrases sont un modèle de libéralisme, de relativisme…Combiné, comme chez Emmanuel Macron, avec un éloge du terroir, de la France profonde… Voilà l’ennemi de la Cause, ennemi qui ne vise qu’à freiner l’inévitable changement complet de mode de vie qui est nécessaire!

Déjà 20 000 personnes réclament la démission du préfet de l’Oise, en à peine quelques jours

Déjà 20 000 personnes réclament la démission du préfet de l’Oise, en à peine quelques jours ! Une réussite indéniable, qui suit les propos du préfet : “Messieurs les chasseurs, ne subissez pas, passez à l’action”, lors d’une réunion avec les chasseurs…

Réunion où le Président de la Fédération Nationale des Chasseurs en appelle à ses « gros bras »  pour aller s’occuper des anti-chasses à courre d’AVA ! Où le président des chasseurs de l’Oise explique pareillement qu’il s’agit désormais de “légitime défense”  !

Voici le texte de la pétition, que l’on peut appeler à signer.  Non pas dans la croyance qu’une pétition puisse suffire, mais avec la certitude que cela participe à la vague de lutte !

Démission du préfet de l’Oise pour incitation à la violence

Lors de la dernière assemblée générale de la fédération des chasseurs de l’Oise, soit une semaine après une manifestation pacifique record contre la chasse à courre le 31 mars 2018 à Compiègne, le préfet de l’Oise et les présidents de la Fédération Nationale de la Chasse et de la Fédération de la Chasse de l’Oise, ont répondu à l’unisson pour appeler à la violence contre les opposants à la chasse à courre, de plus en plus nombreux.

Le Président de la Fédération Nationale des Chasseur, M Willy Schraen, en appelle à ses “gros bras”, 800 chasseurs de gibier d’eau, pour venir “chasser en meute” les  citoyens qui s’opposeraient désormais à cette pratique. Il faut noter qu’il appelle des chasseurs non concernés par ce mouvement qui ne s’oppose qu’à une seule forme de chasse, la chasse à courre.

Le Préfet de l’Oise, M Louis Lefranc, appuie cette initiative en les appelant à “passer à l’action”.

Une véritable milice est levée à la simple demande de représentants de la chasse française.

Ces méthodes sont anti-démocratiques et contraires aux droits de l’homme et du citoyen. Elles visent à écraser un élan citoyen qui n’en peut plus de supporter une pratique féodale et morbide qui représente la domination par la violence, extrême et gratuite, sur des êtres innocents.

Au lieu d’écouter ce mouvement et ce désir de beaucoup de français de vivre sans ces horreurs et ses souffrances infligées aux animaux, juste pour le plaisir d’une minorité , M le préfet de l’Oise a choisi LA REPRESSION et soutient désormais toute action des chasseurs visant à se faire justice eux-mêmes afin de continuer à vivre selon leurs us et coutumes.

Par ailleurs, M  Guy Harle d’Ophove affirme que toute personne n’aimant pas la chasse se doit de déménager et de quitter les villages forestiers, qui bien sûr selon lui, n’appartiennent qu’à une seule catégorie de citoyens : LES CHASSEURS.

Ce discours, en plus de son caractère dictatorial et violent, atteint plus d’une liberté fondamentale du citoyen français:

– le droit de manifester et d’exprimer ses opinions,

– le droit de vivre à la campagne et dans les villages forestiers pour toute personne opposée à la chasse.

En soutenant ces  propos dangereux, le préfet de l’Oise cautionne la violence contre des citoyens qui ne veulent que préserver la vie.

Il prône de même l’obligation d’abattre tout animal s’introduisant sur une zone urbaine. Ceci, alors que les habitants des villages ont souvent manifesté leur désir de protéger ces animaux.

Comment un représentant de l’Etat peut-il à ce point ignorer le peuple au profit d’une caste minoritaire?

Comment un préfet peut-il cautionner l’emploi de la violence face à des militants pacifistes?

Comment peut-il mettre en place un dispositif tel que ‘les chasseurs vigilants’, tout en les incitant en même temps, à se faire justice eux-mêmes, alors qu’il s’adresse à des personnes munies d’armes ?

Il doit être le garant de la sécurité sur son territoire et non l’inverse.

Il doit par ailleurs respecter les libertés fondamentales des citoyens, ce qui n’est apparemment pas le cas.

Pour rappel, la loi n° 2016-483 du 20 avril 2016 relative à la DEONTOLOGIE et AUX DROITS et OBLIGATIONS des fonctionnaires:

Art. 25.-Le fonctionnaire exerce ses fonctions avec dignité, impartialité, intégrité et probité. Dans l’exercice de ses fonctions, il est tenu à l’obligation de neutralité.

Art. 25 bis.-I.-Le fonctionnaire veille à faire cesser immédiatement ou à prévenir les situations de conflit d’intérêts dans lesquelles il se trouve ou pourrait se trouver.

Au sens de la présente loi, constitue un conflit d’intérêts toute situation d’interférence entre un intérêt public et des intérêts publics ou privés qui est de nature à influencer ou paraître influencer l’exercice indépendant, impartial et objectif de ses fonctions.

Au vu des derniers évènements, le préfet Louis Le Franc, ne répond plus à aucune des obligations relatives à la DEONTOLOGIE et AUX DROITS et OBLIGATIONS des fonctionnaires.

Ses agissements sont de plus en plus dangereux pour nos concitoyens. Nous demandons de fait sa démission.

Emmanuel Macron baisse de moitié le prix du permis de chasse national

Il fallait suivre d’une oreille attentive l’interview d’Emmanuel Macron dimanche soir, parce que, mine de rien, ce jeune président est devenu le fer de lance de la France des chasseurs. Nous avons parlé régulièrement ces derniers temps de son soutien unilatéral à ces derniers, et notamment à la chasse à courre.

Il était nécessaire donc voir comment il cadrerait son positionnement à ce sujet, parce qu’il faut bien savoir comment réfléchir à ses actions à ce sujet. Or, le choix a été fait par Emmanuel Macron, lors de cette interview, de ne pas parler d’écologie.

C’est là un signe qui ne trompe pas. En 2018, dans une très longue interview (un peu plus de deux heures trente!), ne pas aborder la question de l’écologie, c’est un choix d’une importance à la fois capitale et cynique.

Il n’y a nul besoin de forcément apprécier Raphael Glucksmann pour saisir la juste valeur de son message résumant parfaitement l’horreur d’un tel oubli.

On remarquera par ailleurs, et c’est tout aussi parlant, qu’il n’a plus plus été question d’écologie lors de l’interview accordé à Jean-Pierre Pernaut, ce fameux représentant médiatique de la France profonde, l’interview se déroulant pour cette raison même dans un village de l’Orne.

Cela signifie une chose très claire : celui qui se moquait de Donald Trump en disant « make our planet great again » n’en a rien à faire. Et, dans le contexte actuel, cela signifie par conséquent faire un signe absolument clair aux chasseurs et à tous les partisans du terroir.

Si Nicolas Hulot avait un semblant de dignité, il devrait clairement démissionner maintenant, car le symbole est immense.

En arrière-plan, donc, de cette ligne assumée désormais publiquement, il y a la modification du permis de chasse. Cette modification date d’un choix fait lors d’une rencontre à l’Elysée, le 15 février, d’Emmanuel Macron le président des chasseurs à l’échelle nationale, Willy Schraen, de son conseiller politique Thierry Coste, conseiller politique de la FNC ainsi que de François Patriat, sénateur de la Côte-d’Or.

Cette modification fait passer le permis national de 400 euros à 200 euros, une mesure qui s’appliquera au 1er juillet 2019 et qui va, selon Thierry Coste, relancer l’accès des jeunes à la chasse.

« Nous avons beaucoup de personnes, âgées de 30-40 ans, qui n’ont pas toujours de gros moyens et veulent pouvoir exercer leur passion à plusieurs endroits en France.

Le permis national permet de chasser partout mais était très cher, alors que le permis départemental est plus accessible, mais ne permet pas d’exercer partout. Cela va donc être attrayant pour les jeunes générations. »

Thierry Cabanes, président de la fédération départementale de chasse du Tarn-et-Garonne, explique de la même manière :

« Le permis à 200 euros c’est la mesure phare. Avec cette mesure, on ramène la chasse au peuple et on rend la chasse accessible aux jeunes chasseurs qui ont de faibles moyens.

Pour 200 euros, le chasseur va pouvoir chasser partout en France, sortir de sa commune, de son département. ça va créer un nomadisme extraordinaire.ça va aussi créer du tourisme pour les gîtes, les restaurants… »

On notera qu’à cela s’ajoute que les chasseurs comptent bien que l’examen de passage du permis puissent avoir désormais lieu le week-end, le soir , durant les congés, etc.

De plus, les chasseurs exigent une “gestion adaptative”, c’est-à-dire le droit de chasser certaines espèces si un bilan établit qu’une espèce menacée est dans une meilleure situation…

Emmanuel Macron soutient ainsi directement le renforcement de la base des chasseurs. Mais ce n’est pas tout : il renforce leur institutionnalisation.  D’ailleurs, on notera que l’assemblée générale de la Fédération nationale de la chasse à Lyon les 21 et 22 mars 2018 qui a validé le changement de prix s’est tenu… dans le cadre du conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes.

Pour saisir cette institutionnalisation, il faut pour cela comprendre la différence entre le permis national et le permis départemental. On devine, évidemment, qu’un permis permet de chasser dans tout le pays, l’autre seulement dans un département. Voici un exemple des prix.

Or, en pratique, environ 190 euros des 400 euros pour le permis de chasse national allait à l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS)  pour indemniser les agriculteurs en raison des dégâts provoqués par les chasses. Depuis 2000, ce sont les fédérations départementales de chasse qui s’occupent des indemnisations… A leur demande.

Elles voyaient ainsi institutionnalisée, mettant l’Etat de côté pour devenir en fait une institution en tant que telle. L’Etat n’est plus le garant de l’ordre : il a cédé la place à une institution privée qui s’est arrogé le contrôlé, la gestion de son activité.

C’est quelque chose de très impressionnant : c’est une capitulation de l’Etat et un immense triomphe pour les chasseurs. Et c’est Dominique Voynet d’EELV qui en tant que ministre a validé cela…

Voici comment l’ONCFS résume un mode de fonctionnement qu’on voit tout à fait comme favorable aux chasseurs, aux dépens des agriculteurs.

“Désormais, chaque FDC est chargée de la création et de la mise en œuvre d’un fonds départemental sous le contrôle du préfet, s’agissant d’une mission de service public de ces fédérations.

Le principe posé par la loi est que, dans le cas de dégâts causés aux cultures ou aux récoltes agricoles par des sangliers, l’exploitant qui a subi un dommage nécessitant une remise en état ou entraînant un préjudice de perte agricole peut en réclamer l’indemnisation à la fédération départementale ou interdépartementale des chasseurs.

Le fonds est donc clairement dédié aux seuls agriculteurs, ce qui exclut les propriétaires forestiers du bénéfice du fonds, mais également les particuliers qui pourraient être victimes de dégâts à leurs plantations (jardins ou autres) causés par les sangliers ou les autres grands gibiers.

Il ne concerne pas non plus les dommages causés directement aux animaux (canards gras mangés par des sangliers par ex.), mais peut indemniser les conséquences des dégâts de sangliers entraînant l’obligation de vendreune partie d’un troupeau.

De la même façon, les dommages causés à une récolte enlevée ne sont plus indemnisables, la récolte devant être encore sur pied avant l’estimation.

En outre, d’autres restrictions sont apportées par la loi, dont certaines étaient pré- vues dès 1968. Ainsi, il n’y a pas d’indemnisation dès lors que les animaux proviennent du fonds du réclamant. Pour cela, l’indemnisation n’est accordée que lorsque les sangliers proviennent d’un territoire, y compris les réserves, où ils font l’objet de reprises ou d’un plan de chasse.

Par ailleurs, si l’espèce à l’origine des dommages est soumise à un plan de chasse et dès lors que le territoire de provenance des animaux est identifié, il faut que sur le territoire d’où proviennent ces animaux auteurs des dégâts le plan de chasse ait été exécuté dans son minimum.

L’indemnité n’est due que si le montant des dommages est supérieur à un minimum fixé à 76 € par décret en Conseil d’Etat, appliqué par exploitation et par campagne cynégétique, et elle fait toujours l’objet d’un abattement proportionnel fixé par décret en Conseil d’Etat, qui est de 5 %.

Par ailleurs, l’indemnité peut être réduite :

– s’il est constaté que la victime des dégâts a favorisé l’arrivée du gibier sur son fonds,

– lorsque la victime des dégâts a refusé les modes de prévention qui lui ont été proposés par la fédération, et il s’agit là d’une disposition récente introduite par la loi du 23 février 2005.

Cette réduction peut aller jusqu’à 80 % du montant du dommage.

Enfin, pour éviter certains abus, dans le cas où le montant du préjudice déclaré par l’exploitant est plus de dix fois supé- rieur à celui de l’indemnité avant abattement, les frais d’expertise sont déduits de cette indemnité. Rappelons que l’exploitant doit s’assurer de l’existence d’un dommage réel qu’il devra montrer aux estimateurs chargés du dossier, et qu’en tant que professionnel il est compétent pour fixer le montant de son dommage au plus près de la réalité.”

Les chasseurs clouent alors le cercueil de la privatisation complète de leur activité, en disant : l’ONCFS ne doit plus recevoir d’argent, puisque c’est nous qui assurons les indemnisations directement.

Les chasseurs, depuis 2000, ont perdu beaucoup d’argent, puisque les sommes versées allaient à l’ONCFS sans contrepartie concrète de leur point de vue. Mais c’était le prix à payer pour, désormais, gérer la chasse de manière encore plus autonome…

L’Écocirque Joseph Bouglione

Puisque nous parlons de la lutte contre la présence des animaux dans le cirque, voici un court extrait des propos d’André-Joseph Bouglione. Ils sont tirés d’une interview (payante) du Figaro publiée il y a deux jours, à l’occasion de la publication par cet ancien dresseur d’un ouvrage intitulé  « Contre l’exploitation animale », aux éditions Tchou.

Il est aisé de voir une dimension visionnaire dans ce qui est dit. Mais, également, une part d’illusion : les propos sur les trafics devraient amener normalement directement une large enquête de la police et de la gendarmerie… Or, cela ne sera bien entendu pas le cas.

LE FIGARO. – Pourquoi avez-vous décidé de supprimer les animaux de vos spectacles ?

André-Jospeh BOUGLIONE. – Il s’agit d’une décision réfléchie prise en accord avec ma femme, Sandrine. J’appartiens à la sixième génération d’une famille de cirque, mes quatre enfants à la septième. Depuis l’âge de 20 ans, j’étais dompteur de fauves et faisais un numéro avec ma femme. J’en ai aujourd’hui 44.

Au départ, nous n’étions pas conscients du mal que l’on pouvait faire à ces animaux. Ils appartiennent à un écosystème fabuleux que nous n’avons pas le droit d’abîmer. Arrachés à leur milieu naturel, ces animaux n’assurent plus la fonction qu’ils doivent jouer, et on assiste à des déséquilibres entre les espèces et à la disparition de certaines d’entre elles.

Actuellement, des tigres, des lions et des éléphants sont en voie d’extinction à l’état sauvage. Comment peut-on justifier aux yeux de l’opinion publique de faire les guignols avec ces animaux sauvages, les exploiter commercialement sans se sentir coupables ?

La Terre est comme une merveilleuse bibliothèque dont on est en train de brûler les livres par notre insouciance. C’est pour cela qu’on a décidé d’arrêter notre numéro et de faire un cirque sans animaux. Nous avons placé nos fauves dans un refuge où ils finiront leur vie paisiblement.

Et dans les autres cirques, comment cela se passe-t-il ?

De nombreux cirques, notamment les plus petits, utilisent les spectacles avec animaux comme une façade. Ils réalisent plein de trafics autour d’eux en faisant des reproductions à l’état de captivité, non pas au bénéfice de leur activité principale, mais pour les louer lors d’événements privés.

D’autres cirques revendent des lionceaux, par exemple, 1 500 à 2 000 euros l’unité, à des gens qui n’ont pas de certificat de capacité de cirque comme des dealers de drogue.

Ces derniers veulent s’imposer dans leur milieu. Ces animaux meurent souvent avant l’âge adulte. Une situation qui perdure depuis près de cinquante ans, mais que la profession ne veut pas voir en face.

(…)

Que proposez-vous à la place comme spectacle ?

Nous finalisons un projet de cirque écologique. Il s’appellera l’Écocirque Joseph Bouglione, en souvenir de mon grand-père. Tout a été repensé pour consommer le moins d’énergie fossile possible. D’habitude, le transport se fait par camions avec un impact écologique désastreux, sans oublier les frais d’entretien des véhicules et la gêne provoquée sur les routes. Nous allons acheminer tout le matériel par conteneurs, soit par le train soit par voie fluviale.

Nous autoproduirons de l’électricité pour faire un beau spectacle grâce à l’achat d’une centrale électrique et des panneaux photovoltaïques. Pour des raisons de sécurité, nous aurons également un groupe électrogène qui ne rejettera aucun gaz à effet de serre.

De quoi se composera votre spectacle ?

Nous innoverons avec un écovillage autour du cirque où seront présents une centaine d’exposants. Ils proposeront des produits bio, vegan, mais aussi des massages. L’entrée sera libre et pour tout public.

Il faut retrouver le sens du mot « populaire ». Le cirque traditionnel est élitiste. À l’intérieur du chapiteau, il y aura des numéros d’acrobates, de trapèzes volants, de clowns, des musiciens en live. Les costumes seront fabriqués sans produit issu de matières animales. Un pourcentage significatif des recettes partira dans la protection animale. Nous travaillerons avec la réserve de Sariska, dans le Rajasthan, en Inde, où la population des tigres est en train d’augmenter.

Pour plus d’informations, voici le facebook de l’Écocirque Joseph Bouglione.

Ce que révèle la drôle d’affaire du Star Circus

C’est l’un des aspects les plus douloureux qu’il va falloir saisir pour avancer – parce qu’il faut bien avancer, coûte que coûte, pour les animaux. En les aimant : nous sommes d’accord, le véganisme bobo qui assume ouvertement, comme Aymeric Caron, de ne pas aimer les animaux, n’a aucune valeur.

Cependant, il y a également des gens sincères qui, par stupidité, médiocrité, lâcheté, que sait-on encore, se complaisent dans une dénonciation sans intérêt qui ne fait que prendre les animaux en otage pour on ne sait trop quelle crise existentielle.

Et inévitablement ces gens déraillent. En voici un exemple où on se demande littéralement si ces gens n’ont pas abusé de produits stupéfiants, hallucinant une sorte de cauchemar où viennent se mêler les nazis, l’invasion des Huns et l’ALF.

Qu’est-ce qui est le plus fou, au sens le plus direct du terme,  dans ce message? Que des nazis viendraient libérer des animaux? Que les femmes et les enfants étaient directement visés, telle dans une sorte d’invasion médiévale?

Que l’attaque visait à pas moins que brûler le chapiteau comme dans l’antiquité on incendiait des villes? Qu’il y a une assimilation de la libération animale à une sorte de violence “extrémiste”?  Est-ce là un manque d’intelligence, une fainéantise quant à la recherche de la vérité, un choix sciemment fait et assumé de réagir de manière épidermique?

On a ici affaire à quelque chose de malheureusement pas si rare dans un milieu où, en l’absence de travail intellectuel, de véganisme le plus strict, de réflexion sur le long terme, il y a des réactions fantasmées,  totalement personnelles.

Les animaux ne sont pas vraiment là pour être défendus, sinon il y aurait un vrai effort pour comprendre…

Ce sont les fameuses attitudes régressives, infantiles, qui ridiculisent la Cause…

La preuve de cela, c’est que sur la même page facebook,  de La France dit STOP aux animaux de cirque donc, il y a la veille un compte-rendu totalement différent de ce qui est apparemment le même événement.

Et ce compte-rendu coexiste avec l’autre, sans que cela ne semble être incohérent.

Quelle histoire étrange, quel manque de cohérence, quelle absurdité! Si les animaux n’étaient pas la cause, et si apparemment des gens ne s’étaient pas fait tabassés par les circassiens, on en rirait.

Quant à la vérité, on s’en doute tout de même un peu, a priori. Quiconque connaît l’attitude des gens des cirques avec animaux, et inversement le caractère idéaliste, jeune et féminin des personnes défendant les animaux… se dit qu’a priori, quand même,  ce message est plus crédible que l’autre folie racontant qu’un commando visait femmes et enfants, la destruction du chapiteau, la libération des animaux, le tout au nom de l’extrême-droite…

En saura-t-on jamais plus à ce sujet? Et soulignons le problème : la vérité n’intéresse pas les gens privilégiant les attitudes hystériques et n’ayant qu’une obsession : témoigner, apparaître comme faisant quelque chose, avoir l’air d’intervenir, etc.

Une autre association s’est d’ailleurs mise de la partie :

Code Animal

Mise au point : Les victimes ce sont les animaux !

Nous dénonçons clairement et sans ambiguïté les actes et insultes proférés à l’encontre du cirque Star Circus.

Mais répondons avec autant de fermeté à ceux qui nous accusent d’être à l’origine de ce genre de dérapage, d’en être le germe par notre discours “anti cirque”.
1/ Nous ne sommes pas contre les cirques, ni contre les circassiens mais contre la présence d’animaux dans les cirques.
2/ Nous sommes avec les gens du voyage mais aussi les Roms, les tziganes quant à leur droit d’accès aux écoles, à vivre leur vie en paix dans notre société.
3/ Nous n’avons jamais proféré la moindre insulte à l’encontre des circassiens et leur avons toujours laissé la parole.
4/ Notre travail se base sur le fond, nous avons publié un rapport, preuve à l’appui pour l’étayer et sur des enquêtes. Ce travail dénonce des faits pas des personnes.
5/ De nombreux responsables de cirque passent leur temps à insulter nos associations et leurs responsables, de faire des parallèles douteux avec le 3ème Reich et de nous accuser de détournement de fond.
Notre association a déjà reçu plusieurs menaces de mort.
6/ Des cirques dont un des plus grands cirques français a frappé à plusieurs reprises des manifestants lors d’actions pacifiques et déclarées devant leur établissement.
7/ Aucun responsable de cirque ne semble s’émouvoir de ces dérives du côté des cirques ou n’a pris la parole comme nous le faisons avec La France dit STOP aux cirques avec animaux pour condamner les violences dont ils ont été victimes les défenseurs des animaux
8/ Notre association est entièrement bénévole – à moins de 600€ de fond, et n’a aucun intérêt autre que défendre ces valeurs de “respect de la vie” de manière constructive et pacifique.
9/ Car ne l’oublions pas, si ce climat délétère existe, c’est précisément parce que certains humains s’arrogent le droit d’asservir des animaux pour se divertir. La vraie victime, et base du problème, c’est l’animal. Le vrai problème c’est cet esclavagisme moderne que le pouvoir politique tolère encore.

La démocratie c’est aussi avoir le droit de nous exprimer dans le cadre de nos statuts et de la loi, contre ce type d’agissement. Le public et l’Etat trancheront.

A lire ces lignes, on se dit que c’est peut-être la peur qui amène ce genre de réactions. La peur de la confrontation aboutit à un esprit de soumission, parce que tout de même, on peut voir ici des gens passer leur temps à s’excuser auprès des gens des cirques avec animaux!

C’est bien qu’il y a un problème, qui tient à une logique de posture, dont la négation de la vérité est la preuve, l’incohérence la conséquence, les explications incongrues une répercussion inévitable.

L’assemblée générale de la fédération de chasse de l’Oise

L’assemblée générale de la fédération de chasse de l’Oise s’est tenue ce week-end et le moins qu’on puisse dire c’est que la pression est maximale.

Louis Le Franc, préfet de l’Oise, a pris la parole et a été très claire sur son soutien unilatérale et total à la chasse à courre :

« La chasse à courre est légale ! La coupe est pleine pour les chasseurs et il est temps de sonner la fin de la récréation. »

Le président de la fédération nationale des chasseurs, Willy Schraen, a également annoncé la couleur :

« Plus jamais nous n’accepterons ce que nous avons accepté cette année. »

C’est ni plus ni moins qu’un blanc-seing à la répression légale et para-légale contre les anti-chasse à courre. C’est un appel à l’écrasement pur et simple des opposants.

Voici un extrait, présenté par Oise Hebdo, du discours de Guy Harlé d’Ophove, président des chasseurs de l’Oise, lors de l’assemblée générale. Il explique que la forêt appartient aux chasseurs et qu’il fallait pourchasser les révolutionnaires…

AVA raconte le 31 mars 2018

Voici le compte-rendu du rassemblement anti-chasse à courre du 31 mars 2018 à Compiègne par les organisateurs, l’association AVA (le site, le facebook).

Samedi 31 Mars 2018.
1000 personnes défilent pour l’abolition de la chasse à courre.

Un mouvement authentiquement populaire, positif, jamais vu en France, a pris forme chez nous, et se propage maintenant au reste du pays. Cette année, nous avons allumé une flamme qu’il est désormais trop tard pour éteindre, et qui grandira jusqu’à l’abolition !

Bravo et merci à tous ! Voici un résumé de cette journée historique.(photos de Michel Pourny & Lou Marouzé)
10h30, non loin de la gare de Compiègne, les gens commencent à arriver. Beaucoup ont confectionné des pancartes chez eux, en famille, avec des extraits de journaux, des photos, les enfants ont des dessins… C’est un festival d’expression libre, avec même des banderoles et des fresques très travaillées. Un homme brandi les bois d’un cerf que la chasse à courre avait tué chez lui et qu’il a réussi à leur arracher. Des fleurs et des autocollants sont distribués contre une participation volontaire et la foule s’élance joyeusement sur le Pont Solférino.

« Chasse à courre, abolition« , « Vénerie, barbarie », « Halte au carnage, on est plus au moyen âge », « Veneurs, suiveurs, laissez place aux promeneurs », « Folie meurtrière, citoyens en colère », « Chasse à courre on en peut plus, les riverains sont dans la rue », « Veneurs, bourreaux, laissez les animaux »…

Les slogans rythment cette marche au centre ville de Compiègne, défiant les notables locaux et en premier lieu le maire de la ville. Philippe Marini, grand ami déclaré des chasseurs à courre avait mis tous les batons dans les roues possibles à ce rassemblement : arrêté municipal interdisant l’accès à la Place de l’Hotel de Ville (prétextant un marché au fleurs bondé-voir photo), puis un autre interdisant aux manifestants de tenir des stands de café et de gateaux. Son Adjoint à la sécurité n’avait même pas été consulté.

Du côté des chasseurs le mot d’ordre d’étouffer la manifestation avait été donné : toutes les affiches d’AVA ont été arrachées, et une équipe de gros bras suivait de près les tractages, déchirant systématiquement les papiers sur le pare-brise même des voitures. Trois jeunes filles ont été poursuivies dans les rues et traitées de « pétasses » pendant qu’elles informaient les clients d’un marché.

Le fameux marché aux fleurs

Difficile de retenir les huées, donc, quand le cortège fait une halte non loin de l’Hotel de Ville, avant de devoir le contourner et passer par les petites rues désertes pour rejoindre la place du Palais. Quelques médias sont présents quand la Police annonce le chiffre de participation : nous sommes 1000, dont une grande majorité de locaux.

Et dire qu’il y a cinq mois notre jeune collectif ne comptait qu’une dizaine de membres…

Après quelques chants et un discours, la foule rejoint la Place Saint-Jacques pour assister à un concert (les Old Moonshine Band, groupe folk de Clermont de l’Oise) et se restaurer : des gateaux et des boissons chaudes sont distribuées à l’arrière des voitures, faute de stands.

Fait notable : la plupart des gens ont fait l’effort de cuisiner sans matières animales, sans forcément être végans eux même. Un clown gonfle des ballons pour les enfants : canards, cerfs, fleurs…

Mais une question revient immanquablement :
« Que fait on pour la chasse cet après midi ? Quelque chose est prévu? »
Car le 31 mars, c’est aussi le jour de la dernière chasse à courre de l’année.

Un départ s’organise spontanément, par petits groupes, même si des personnes plus expérimentées sont présentes pour encadrer les volontaires. Le matériel du service d’ordre (talkies-walkies et caméras GoPro) sera d’une grande utilité en forêt.

Deux convois se forment, sans vraiment s’être donnés le mot, chacun suivant les autres.

L’un part en forêt de Compiègne, retrouver Alain Drach et son fameux équipage « La Futaie des Amis », connu de tous pour avoir tué un cerf dans un jardin de LaCroix-Saint-Ouen en octobre. Ils seront finalement une quarantaine à le surveiller jusqu’à ce qu’il rentre au chenil bredouille vers 15h30.

Mais le gros des troupes s’est rendu en forêt de Laigue, fief de l’équipage Rivecourt, ceux là même qui ont noyé un cerf dans la rivière en janvier dernier. Courant dans les bois par petits groupes, harcelant les cavaliers sur les chemins, arrêtant les chiens, faisant des opérations escargot en voiture…

Mais l’équipage arrive tout de même à acculer un malheureux cerf dans un étang privé, au bord de l’Aisne. Sur la route qui y mène, la foule commence à grossir, et ne tenant plus, une vingtaine d’intrépides pénètre dans la parcelle privée.

Là ils trouvent le cerf à l’eau, nageant avec des chiens aux trousses, qui lui mordent l’arrière train !

Des veneurs se postent tout autour pour l’empêcher de remonter sur la rive. Le pauvre nage désesperément en rond, s’épuisant pour trouver une issue ! Désemparées, certains personnes se préparent à plonger, d’autres essaient de créer un passage pour que le cerf puisse remonter… Mais rien n’y fait et la Police entre dans le bois pour les déloger.

Dehors, c’est plus de 150 personnes qui sont maintenant massées, et qui conspuent les cavaliers  » Assassins, assassins ! ».

La situation est de plus en plus tendue et l’énorme dispositif policier prévu par la Préfecture se déploie : 17 cars de CRS sont sur place ainsi qu’un hélicoptère qui tourne autour de la forêt depuis le midi. Un cordon est formé pour protéger les chasseurs.

Mais la situation est intenable pour les forces de l’ordre, et vers 16h la nouvelle tombe sur le canal radio de la Gendarmerie: le cerf est « gracié » !

Après un moment de doute, c’est l’explosion de joie parmi les manifestants ! Des enceintes jouent la Compagnie Créole (hymne d’AVA depuis que des veneurs les ont accusé de venir « masqués » comme au fameux bal).

On danse la chenille, des filles pleurent de soulagement… C’est la victoire ! Loin de là, la maitresse d’équipage, Florence de Lageneste, ne cachera pas sa rage d’avoir perdu un trophée « On est pas dans un état de droit ! C’est un scandale ! ».

Difficile de se séparer après une telle journée, la fête se poursuivra encore une heure en forêt, et certains veilleront sur le cerf jusqu’à 20h pour s’assurer de sa santé. Les cafés de la ville en désempliront pas de la soirée.


Comment mieux finir cette saison mémorable, où plus de 130 personnes se sont relayées en forêt pour veiller sur les animaux, sous la neige, dans la boue, sous les coups de fouets ? C’est certainement une grande victoire populaire comme on en voit peu et qui présage le meilleur pour la saison à venir !

BRAVO ET MERCI A TOUS

SOYONS PLUS FORTS ENCORE L’ANNEE PROCHAINE JUSQU’A L’ABOLITION

Eloge des 150

Combien étaient-ils, 150, ou quasi 200, à conspuer les veneurs alors qu’un cerf est dans l’étang le 31 mars 2018 ? Peu importe, le chiffre n’est pas important et il ne s’agit pas non plus de les opposer aux autres personnes qui avaient été présentes au rassemblement un peu avant, parties de la gare de Compiègne pour marcher contre la chasse à courre.

Cet éloge des 150 personnes, ou des 200, est aussi un éloge des 1000 personnes présentes. C’est juste qu’il y a, certainement, quelque chose de plus frappant, émouvant, à voir des gens torse nu au bord de l’eau prêt à intervenir pour sauver le cerf, à voir des gens tous et toutes ensemble avec un sens de l’engagement pour ce qui est juste.

Cette abnégation marque d’autant plus qu’il y a une grande conscience – ou une grande inconscience, mais c’est pareil – à oser prendre des risques en défense des sans défense. Il n’y a pas que le risque d’attraper froid, de se fatiguer, d’être accusé d’irresponsabilité : il y aussi le risque d’être arrêté par la police ou les gendarmes, menacé ou agressé par les chasseurs.

La scène, il faut l’imaginer ici avec un hélicoptère de gendarmerie qui tourne autour… avec 17 cas de CRS qui sont présents aux alentours !

Quel soulagement que de se retrouver, à la fin, pour une partie, en ayant la sensation d’avoir apporté quelque chose, d’avoir contribué à un monde meilleur.

A en avoir, plus que la certitude… la preuve.

On dira qu’un éloge, cela devrait avant tout être celui de l’animal pourchassé, de la victime défendue, pas du défenseur, du justicier. C’est vrai. Cependant, s’il y a une chose remarquable ici, c’est que les 150 – ou les 200, ou les 1000, peu importe, même s’ils avaient été 10 – ont fait resplendir l’humanisme.

Et, de notre point de vue, le véganisme ne peut être que l’expression de cet humanisme. C’est tout de même autre chose que des campagnes d’affichage dans le métro parisien gâchant de l’argent et appelant à une métropole mondiale, vitrine de la richesse indifférente et bornée, sans cirque ou sans pêche !

Les 150 méritent l’éloge, pour leur désengagement concret d’une attitude passive, pour oser s’interposer. Cela porte quelque chose de vrai, de beau, appelant à être reproduit, refait, jusqu’au bout. Et ce « jusqu’au bout » n’a pas de bout, au sens où notre époque appelle à la transformation du monde, à la victoire de la compassion pour les animaux.

Cela n’ira pas sans erreurs, défauts, problèmes, c’est évident. C’est toutefois un passage obligé. Peut-être, qu’en un sens, le 21e siècle est né le 31 mars 2018, dans une forêt, au bord d’un étang, dans les yeux d’un animal que la mort n’a pas pu emporter.

La victoire historique du 31 mars 2018

« Votre mere adore la viande demande au vosin surtout la saucise » : voilà le genre de commentaires que peuvent laisser les partisans de la chasse à courre sur facebook, entre les menaces de mort et toutes les défenses possibles des « traditions ».

Mais cela et leurs agressions, ainsi que le soutien du préfet de l’Oise participant à une chasse à courre le 17 février 2018, puis celui du président de la République Emmanuel Macron à la fin du même mois, n’auront pas réussi à briser la protestation populaire.

Un millier de personnes ont participé au rassemblement anti-chasse à courre à Compiègne hier, alors que 150 personnes étaient ensuite en forêt, parvenant à protéger un cerf que la dernière chasse à courre locale de la saison a dû « gracier » en raison de la pression populaire.

Cela a été l’apothéose d’un mouvement qui a fait que, depuis novembre, plus de 130 personnes se sont relayées deux fois par semaine en forêt pour protéger les animaux, bravant la fatigue et les intempéries, les risques pour leur intégrité physique.

Alors, évidemment, ce millier de personnes n’était pas vegan. Mais c’est cela justement qui en fait tout l’intérêt. Le slogan « non aux carnages, on n’est plus au Moyen-Âge » a ses limites : il a aussi tout comme son potentiel.

Le rassemblement d’hier a fait avancer le véganisme, de par la prise de conscience de la réalité animale, du caractère arriéré du rapport aux animaux, du rôle des puissants dans le maintien d’un tel rapport.

Le rassemblement allait de 7 à 77 ans comme le dit l’expression, avec une vraie portée démocratique : oui, des ouvriers étaient présents et cela change de la paralysie qui est la leur en raison de l’idéologie de la merguez et du repli culturel sur des revendications économiques par ailleurs très limitées.

Il y avait également des femmes bon chic bon genre, témoignant que le féminisme existe bien en conflit avec la violence viriliste telle que peut l’exposer la chasse à courre. Le fait que ces femmes saluaient leurs connaissances aux portes des riches maisons du centre ville historique a d’ailleurs dû faire frémir les grands bourgeois au cœur de la chasse à courre…

Ceux-ci prévoient d’ailleurs déjà le prochain tour. Alain Drach, maître d’équipage de la Futaie des amis, a ainsi expliqué au Courrier picard :

« Qu’est-ce que vous appelez une mobilisation importante ? J’ai été emmerdé toute l’année par une vingtaine de personnes. La manifestation ? J’ai regardé les films ; il n’y avait pas mille personnes. La Fédération de la chasse a prévu une contre-manifestation en septembre, on aura 3 000 à 4 000 personnes pour défendre toutes les formes de chasse. Je me suis occupé d’une manifestation à Londres, pour la chasse à courre, il y a 15 ans, il y avait 300 000 personnes. »

Une telle contre-manifestation disposera bien entendu de l’appui médiatique que le rassemblement d’hier n’a pas eu : seul le Courrier Picard et Le Parisien en ont parlé. C’est comme la tribune lancée par AVA tout récemment, signée par des grandes associations mais non diffusées par elle…

Il faut dire que les grandes associations n’ont, pareillement, pas hésité à s’approprier les vidéos d’AVA, leur prestige.

Les vegan sont pareillement totalement déconnectés. Souvenons-nous qu’il y a quelques jours, une femme a été condamnée à sept mois de prison avec sursis pour avoir dans un élan délirant à la suite de l’attentat de Trèbes salué le meurtre d’une personne par le terroriste, car il était boucher en disant sur Facebook :

« Ben quoi, ça vous choque un assassin qui se fait tuer par un terroriste ? Pas moi, j’ai zéro compassion pour lui, il y a quand même une justice »

On est là dans la posture, pas dans l’esprit révolutionnaire qui compte mobiliser pour supprimer les boucheries et l’activité de boucher… C’est comme, il y a quelques jours également, l’intervention à l’assemblée nationale de dix personnes de « Boucherie Abolition », perturbant la session parlementaire parlant des états généraux de l’alimentation à coups de slogans.

L’exemple parfait du truc qui ne sert à rien, assorti d’un vocabulaire totalement déconnecté. Il est protesté contre « le système naixterminateur » et le communiqué du groupe explique :

« L’Etat tortionnaire des chairs animales porte plainte contre les lanceureuses d’alerte du zoocide planétaire. Nous sommes des résistant.es animalistes, nous nous battons contre un crime de civilisation et pour une justice sociale, nous ne sommes pas réductibles à notre comportement alimentaire “vegan”, nous attaquons la secte zoophage en légitime défense AVEC nos alter ego zoopprimés. Le peuple humanimal va abolir le père de tous les esclavages, il va abolir l’élevage et son industrie criminelle de la procréation forcée parce que c’est indispensable. Ensemble, pour l’ ABOLITION . »

D’un côté, la lutte ancrée dans la réalité sociale et culturelle, avec la volonté d’une mobilisation populaire dans le sens de faire progresser les consciences, de l’autre la secte et l’existentialisme, avec une radicalité qui n’est que façade, en quête de reconnaissance égocentrique et de spectaculaire.

Le véganisme connaît un tournant dont il faut savoir reconnaître le contenu !

Chasse à courre : le 31 mars 2018 à Compiègne

A Montmorency, des bébés sangliers sont nés au pied d’un immeuble d’une résidence et les habitants se mobilisent pour essayer de leur trouver un refuge rapidement. Cette  ville se situe dans la Val d’Oise, à treize kilomètres de Paris.

Cela rappelle que la vie humaine, désorganisée, fondée sur la compétition, empiète toujours davantage la Nature, maltraitant les animaux, les assassinant. Cela souligne aussi la possibilité de la mobilisation populaire pour contrer la destruction.

En Picardie, l’association AVA a réussi à développer une telle mobilisation populaire contre la chasse à courre. C’est quelque chose de précieux et d’exemplaire.

Aussi, le 31 mars 2018 est capital.  Le rassemblement d’AVA, interdit  devant l’hôtel de ville avant même son annonce par arrêté municipal en raison d’un marché aux fleurs, se tiendra-t-il malgré tout, grâce à la pression populaire?

Ce qui est en jeu, c’est la possibilité même d’une résistance victorieuse face à la barbarie. Une défaite contrarierait la Cause pour longtemps. Une victoire serait celle de tous et toutes.

Chasse à courre : la brutalité des chasseurs

Voici la vidéo que fournit l’association AVA pour montrer la violence des veneurs en Picardie, ainsi que le communiqué des veneurs, qui montre une chose simple : ceux-ci font monter la pression, ils visent la casse, l’incident brutal, pour faire peur par la brutalité, briser toute opposition, légitimer la répression étatique puisque, à l’arrière-plan, ils ont le soutien ouvert d’Emmanuel Macron.

Soulignons ici un aspect essentiel : les chasseurs ont parfaitement compris ce qui est en jeu, dans ce qui est un tournant historique. Ils ont compris que là, pour la première fois, leur force était ébranlée, par une lame de fond puisant à la base de la société elle-même : les gens normaux, le peuple.

Se revendiquer du véganisme et ne pas soutenir le mouvement actuel contre la chasse à courre, qui a une base populaire, serait un terrible échec, amenant une défaite profonde très durablement, mais aussi la preuve d’une incapacité personnelle à assumer ses propres choix.

Il faut s’engager, maintenant, alors que la mairie de Compiègne a interdit le rassemblement du 31 mars, moment où la chasse à courre se termine. Ce qui se joue maintenant va avoir un impact pour une longue période !

Il faut se mobiliser pour contrer la répression, maintenir le mouvement lancé jusqu’à maintenant, lui assurer une base solide. Les dix prochains jours ont une valeur décisive pour savoir si, oui ou non, les personnes voulant défendre les animaux sont capables de se mobiliser réellement ou non.

Voici le communiqué de la “Société de Vènerie”.

La Société de Vènerie dénonce le recours à la violence physique des opposants à la chasse à courre

A la suite des incidents provoqués par le collectif AVA samedi 17 mars, à proximité de Compiègne, la Société de Vènerie dénonce le recours à la violence physique, les provocations et le double-discours des opposants à la chasse à courre.

Samedi 17 mars, le collectif Abolissons la Vènerie Aujourd’hui (AVA) a franchi une nouvelle étape en s’attaquant physiquement à plusieurs membres de l’équipage « La Futaie des amis » en lisière de la forêt de Compiègne.

Au cours de l’après-midi, une dizaine d’hommes cagoulés ont frappé violemment un chauffeur d’un des véhicules de sécurité de l’équipage. Une heure plus tard, aux abords de la N31, les activistes anti-chasse ont réitéré leurs attaques envers plusieurs suiveurs et bénévoles venus assister à la chasse en famille, dont certains ont tenté de se défendre. L’équipage a appelé en urgence la gendarmerie qui est intervenue, accompagnée de CRS, pour rétablir l’ordre et assurer la protection des personnes. L’auteur des coups est actuellement recherché.

Ces agissements sont graves et illustrent le passage à la violence de ce collectif soi-disant pacifiste. Preuve qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé, des activistes anti-chasse avaient également employé la violence contre le Rallye Pigerat le 3 mars dernier dans les Deux-Sèvres, occasionnant des blessures sur plusieurs membres et une ITT de 8 jours pour un veneur.

Présents chaque semaine dans l’Oise, les militants d’AVA mènent depuis plusieurs mois une campagne de harcèlement marquée par une volonté de saboter les chasses à courre, avec des obstructions illégales et flagrantes, réprimées par l’article R428-12-1 du Code de l’Environnement. La tactique grossière des activistes anti-chasse visant à se faire passer, sur les réseaux sociaux notamment, pour des victimes et des opprimés politiques ne doit duper personne. Menaçants et insultants, ils kidnappent les chiens, effrayent les chevaux et cherchent à pousser les veneurs à la faute, afin de créer un climat anxiogène propice à la diffusion de leurs contre-vérités.

Activité naturelle consistant à chasser un animal sauvage uniquement à l’aide de chiens courants, la chasse à courre est, quant à elle, une activité légale et rigoureusement encadrée.

Comme le rappelle Pierre de Roüalle, président de la Société de Vènerie, « Quelle que soit l’opinion des militants anti-vènerie, elle ne peut en aucun cas justifier le recours à la violence physique et le sabotage. La Société de Vènerie appelle au calme en toutes circonstances et ce malgré les provocations évidentes d’AVA. Mais veneurs et suiveurs supportent de plus en plus difficilement le harcèlement des activistes et cette position devient difficile à tenir ».

Prônant la transparence, la Société de Vènerie se tient à disposition des autorités pour faire toute la lumière sur cette affaire.

“Le printemps 2018 s’annonce silencieux dans les campagnes françaises”

Le Muséum national d’Histoire naturelle a publié hier un communiqué littéralement terrifiant au sujet de la situation des oiseaux dans les campagnes. Nous assistons à un véritable écocide et l’humanité est d’une passivité complète.

Seul un engagement total de ceux et celles qui ont conscience peut servir de dynamique pour renverser la tendance, libérer les consciences, aller à l’affrontement avec un système détruisant la planète !

DEUX NOUVELLES ÉTUDES DÉMONTRENT QUE LES OISEAUX DES CAMPAGNES FRANÇAISES DISPARAISSENT À UNE VITESSE VERTIGINEUSE.

Les derniers résultats de deux études de suivi des oiseaux, l’une menée à une échelle nationale, l’autre plus localement, viennent de sortir.

Les chercheurs du Muséum national d’Histoire naturelle et du CNRS arrivent au même constat : les oiseaux des campagnes françaises disparaissent à une vitesse vertigineuse. En moyenne, leurs populations se sont réduites d’un tiers en 15 ans.

Au vu de l’accélération des pertes ces deux dernières années, cette tendance est loin de s’infléchir…

Grâce à des ornithologues amateurs et professionnels qui identifient et comptent les oiseaux sur tout le territoire métropolitain, le STOC (Suivi Temporel des Oiseaux Communs, un programme de sciences participatives porté par le Muséum national d’Histoire naturelle au sein du CESCO1), produit des indicateurs annuels sur l’abondance des espèces dans différents habitats (forêt, ville, campagne etc.).

Les relevés effectués en milieu rural mettent en évidence une diminution des populations d’oiseaux vivant en milieu agricole depuis les années 1990.

Les espèces spécialistes de ces milieux, comme l’alouette des champs, la fauvette grisette ou le bruant ortolan, ont perdu en moyenne un individu sur trois en quinze ans. Et les chiffres montrent que ce déclin s’est encore intensifié en 2016 et 2017.

Ces résultats nationaux sont confirmés par une seconde étude menée à une échelle locale sur la Zone atelier « Plaine & Val de Sèvre » portée par le CNRS. Depuis 1995, des chercheurs du CEBC2 suivent chaque année, dans les Deux-Sèvres, 160 zones de 10 hectares d’une plaine céréalière typique des territoires agricoles français.

En 23 ans, toutes les espèces d’oiseaux de plaine ont vu leurs populations fondre : l’alouette perd plus d’un individu sur trois (-35%) ; avec huit individus disparus sur dix, les perdrix sont presque décimées.

Ce déclin frappe toutes les espèces d’oiseaux en milieu agricole, aussi bien les espèces dites spécialistes – fréquentant prioritairement ce milieu -, que les espèces dites généralistes – retrouvées dans tous les types d’habitats, agricoles ou non.

Or d’après le STOC, les espèces généralistes ne déclinent pas à l’échelle nationale ; la diminution constatée est donc propre au milieu agricole, sans doute en lien avec l’effondrement des insectes.

Cette disparition massive observée à différentes échelles est concomitante à l’intensification des pratiques agricoles ces 25 dernières années, plus particulièrement depuis 2008-2009. Une période qui correspond entre autres à la fin des jachères imposées par la politique agricole commune, à la flambée des cours du blé, à la reprise du sur-amendement au nitrate permettant d’avoir du blé sur-protéiné et à la généralisation des néonicotinoïdes, insecticides neurotoxiques très persistants.

Ces deux études, menées toutes deux sur une vingtaine d’années et à des échelles spatiales différentes, révèlent l’ampleur du phénomène : le déclin des oiseaux en milieu agricole s’accélère et atteint un niveau proche de la catastrophe écologique.

En 2018, de nombreuses régions de plaines céréalières pourraient connaître un printemps silencieux (« Silent spring ») annoncé par l’écologue américaine Rachel Carson il y a 55 ans à propos du tristement célèbre DDT interdit en France depuis plus de 45 ans.

Si cette situation n’est pas encore irréversible, il devient urgent de travailler avec tous les acteurs du monde agricole pour accélérer les changements de pratiques ; et d’abord avec les agriculteurs qui possèdent aujourd’hui les clés pour infléchir la tendance.

1 Centre des sciences de la conservation (Cesco – MNHN/CNRS/SU)
2 Centre d’études biologiques de Chizé (CNRS/Université de La Rochelle)