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Emmanuel Macron et le tabagisme et l’alcoolisme dans le bassin minier

La question de l’alcool est tabou, il ne faut pas en parler et surtout ne pas mentionner son existence.

Aussi Emmanuel Macron a-t-il mis les pieds dans le plat lors de sa visite vendredi à Nœux-les-Mines, dans le Pas-de-Calais, où il a affirmé la chose suivante :

« Dans ce bassin minier, les soins se sont moins bien faits, il y a beaucoup de tabagisme et d’alcoolisme, l’espérance de vie s’est réduite, elle est de plusieurs années inférieure à la moyenne nationale »

C’est, au sens strict, un simple constat, lorsqu’il a constaté que les personnes travaillant dans les abattoirs avaient un niveau de scolarité extrêmement bas (voir Les travailleurs illettrés de GAD).

Une Mission bassin minier du Nord-Pas-de-Calais de 2013 constate ainsi :

« La surmortalité est la plus nette pour les décès liés à l’alcoolisme : leur nombre est supérieur de 87% chez les hommes et 138% chez les femmes à ce que l’on aurait observé dans le Nord-Pas-de-Calais si la mortalité y était la même qu’en France. »

Ce constat, Emmanuel Macron le reconnaît par populisme, car il prétend pouvoir faire changer les choses. C’est son leitmotiv comme quoi le libéralisme va redynamiser l’économie et donc les gens vont voir leur niveau de vie s’améliorer, etc.

Il est hypocrite, car ce qu’il propose ne résout rien, mais on ne peut pas dire qu’il affabule… A moins d’être populiste. On a eu droit à une déferlante sur ce plan.

Voici par exemple ce qu’a dit Steeve Briois du Front National :

Avec sa morgue de banquier parisien, Macron insulte toute la population du bassin minier ! Il doit s’excuser et vite

Macron humilie les habitants de notre région, en relayant des clichés dignes de l’ignoble banderole déployée il y a 10 ans.

Il s’agit ici d’une allusion à la banderole totalement honteuse faite par des supporters du club de football du Paris Saint-Germain, où était écrite « Pédophiles, chômeurs, consanguins : bienvenue chez les Ch’tis ».

Pierre Laurent du PCF a publié ce message :

« Analphabètes, alcooliques, fumeurs, #costard »@EmmanuelMacron. Qui méprise le peuple, méprise la France.

Dans l’émission Le grand jury, Jean-Luc Mélenchon a donné son point de vue, également similaire :

« Il n’en rate pas une, il ne peut pas s’en empêcher. Il arrive dans le Pas-de-Calais et il leur dit: +ah bah oui, il y a le tabagisme et l’alcoolisme+. Il ne manque plus que l’inceste et comme ça le tableau serait complet! »

Ce sont des réactions totalement stupides et populistes, qui nient les problèmes de l’alcool, du tabac, des drogues. Emmanuel Macron a d’ailleurs été très satisfait de cela, puisque cela lui permet de se présenter comme proche des gens et de leurs problèmes…

Voici le communiqué du mouvement d’Emmanuel Macron, En marche, où il peut profiter de la stupidité des réactions pour se prétendre le défenseur du peuple…

➜ COMMUNIQUÉ DE PRESSE

En déplacement dans le Pas-de-Calais, Emmanuel Macron s’est publiquement inquiété de l’écart d’espérance de vie entre les habitants de ces territoires paupérisés et ceux des métropoles : 5 ans de moins pour les hommes et 3 ans de moins pour les femmes que les habitants de Paris, par exemple. Le Nord-Pas-de-Calais est le territoire où les femmes et les hommes meurent le plus jeune de France.

Cet écart d’espérance de vie est lié en partie à une surconsommation d’alcool et de tabac, comme cela a été rappelé par le directeur de l’Agence Régionale de Santé du Nord-Pas-de-Calais, ancien Directeur Général de la Santé, le Dr. Jean-Yves Grall : « une forte précarité socio-économique (RSA, chômage), des habitudes de vie, notamment alimentaires, liées à la précarité, avec leurs conséquences (diabète, obésité), beaucoup d’addictions (alcool, tabac, drogue), qui sont d’ailleurs des marqueurs de la précarité ».

Il ajoutait : « Les nordistes sont durs au mal et ont recours souvent trop tard aux soins », ce qui ne permet pas de remédier à ces situations de manière satisfaisante. D’où une surmortalité de 29% chez les hommes par rapport à la moyenne nationale, et de 22% chez les femmes.

Ces comportements ne viennent pas de nulle part. Car la vérité de ce territoire, ce ne sont pas des chiffres, mais des parcours de vie. Quand un bassin de vie se paupérise, ses habitants sont frappés de plein fouet. Emmanuel Macron, conforme à sa volonté de nommer les choses et d’affronter la réalité, ne retire donc pas un mot de ce qu’il a dit.

Il note en revanche que la coalition des bien-pensants va de l’extrême-gauche à l’extrême-droite, utilisant de manière indifférenciée les mêmes déformations et les mêmes caricatures.

Il déclare : « Je trouve déplorable et malsain le choix de sujets aussi graves pour polémiquer. Ce qui m’intéresse, c’est de savoir ce que l’on peut faire pour cette région dont je viens et ces territoires que je connais depuis toujours. C’est pour cela que j’ai proposé la semaine dernière un service sanitaire de trois mois pour les plus de 40 000 étudiants en santé qui les conduiraient là où l’accès aux soins est le plus difficile.

C’est pour cela également que j’ai souhaité rendre hommage aux acteurs qui contribuent à la rénovation des logements, comme le groupe SIA que j’ai vu hier dans la cité minière de Fond-de-Sains, à Nœux-les-Mines. Je prendrai des mesures concrètes pour faciliter et accélérer leur travail qui est décisif pour le pouvoir d’achat et le confort des habitants.

Je refuse de répondre à ceux qui ont abandonné ces territoires hier, comme le Parti communiste, ou leur mentent aujourd’hui, comme le parti Front national ou des élus en mal de publicité »

Emmanuel Macron qui donne des leçons de ligne populaire au PCF, c’est dire si la polémique lui donne des ailes !

Plutôt que de faire du populisme, il faut bien plutôt assumer qu’il y a des problèmes et combattre leurs causes. A quand la diffusion de manière prolongée et populaire de la culture (vegan) straight edge dans le bassin minier ?

Il y a eu des initiatives, mais il faut de la continuité, du travail sur le terrain… C’est un combat difficile ! Mais le seul qui vaille le coup, à l’opposé d’Emmanuel Macron et de son capitalisme sauvage : il est même pour légaliser le cannabis !

« Pour une légalisation raisonnable du cannabis »

C’est une ironie qui en dit long : à quelques heures près, on trouvait deux tribunes pro-cannabis publiées sur internet, l’une expliquant que c’est quelque chose forcément de gauche, l’autre affirmant que c’est au conforme au libéralisme!

Le Monde a ainsi publié Rénover la gauche : « Légalisons le cannabis » de l’économiste Christian Ben Lakhdar, tandis que Les échos publiaient Pour une légalisation raisonnable du cannabis.

Voici cette dernière tribune, écrite par Gaspard Koenig, / philosophe et president du Think Tank Generation Libre.

Elle est le signe que le champ s’est élargi : désormais des libéraux à Jean-Luc Mélenchon, la légalisation avec des formes plus ou moins variées du cannabis a le vent en poupe.

Au moment où Emmanuel Macron, pris d’une soudaine crise paternaliste, promet une « génération sans tabac », cent cinquante personnalités marseillaises font le pari d’une « génération cannabis » en publiant une tribune en faveur de sa légalisation.

Les arguments favorables, que j’ai déjà eu l’occasion d’exposer dans cette colonne, se fondent sur la régulation intelligente d’un marché aujourd’hui souterrain : élimination des réseaux de trafiquants, baisse de la criminalité, développement économique, diversification agricole, hausse des recettes fiscales, mise en place de contrôles sanitaires, et renforcement de la prévention – sans même mentionner la liberté fondamentale, garantie par notre Déclaration des droits de l’homme, de pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui…

Ce qui restait une hypothèse théorique est désormais validé par les retours d’expérience positifs des deux Etats américains qui ont franchi le pas depuis 2013 (Colorado et Washington), rejoints depuis par six autres.

Il va sans dire que légaliser le cannabis ne revient pas à encourager sa consommation ni à minimiser ses effets parfois dévastateurs, mais à le traiter pour ce qu’il est : une drogue douce, généralement considérée comme moins addictive et moins nocive que le tabac ou l’alcool, et dont les vertus médicinales sont connues depuis l’Antiquité.

Les derniers doutes qui pouvaient me rester ont été balayés – ou plutôt : évaporés… – par la lecture de Bruce Barcott, un journaliste américain qui a enquêté sur l’histoire du cannabis aux Etats-Unis et en a tiré un livre au titre incitatif : « Weed the People ».

On y découvre comment la politique de prohibition fut l’oeuvre d’intérêts bureaucratiques puis politiques, parfaite illustration de la théorie des choix publics.

Son architecte en chef, Harry Anslinger, directeur du bureau fédéral des narcotiques, se cherchait une raison d’être dans l’Amérique de la Grande Dépression, et se lança dans une croisade idéologique tous azimuts, multipliant les corrélations hasardeuses et les dénonciations abusives (il s’indignait par exemple que la marijuana tende à favoriser les relations sexuelles entre femmes blanches et hommes noirs).

Le rapport La Guardia de 1944, reprenant les conclusions de l’Académie de médecine de New York, conclut pourtant à l’innocuité du cannabis ; près de trente ans plus tard, la commission Shafer, présidée par des républicains conservateurs, demanda sa dépénalisation.

Mais les névroses de Richard Nixon puis de Nancy Reagan eurent raison de l’évidence scientifique. Et la France, en criminalisant à son tour le cannabis dans les années 1970, n’a fait que suivre la tristement inefficace « guerre contre la drogue » lancée outre-Atlantique.

Depuis, nos gouvernants s’appliquent eux aussi à enterrer les rapports, comme l’année dernière les conclusions de la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives, qui préconisait à tout le moins de transformer le délit de consommation de cannabis en simple contravention.

Faute de quoi, les 17 millions de Français ayant déjà fumé du cannabis restent toujours passibles d’un an de prison…

La question n’est donc plus d’évaluer les mérites d’une prohibition qui n’aurait jamais dû voir le jour, mais de comprendre qui peut encore s’opposer à une politique de légalisation raisonnable, éprouvée, respectueuse de l’individu et bénéfique pour la société.

Les signataires de la tribune marseillaise dénoncent à juste titre « un ordre moral qui ne repose sur aucun élément prouvé par la science ».

Ils auraient pu ajouter que, bien souvent, les mêmes qui s’opposent à la légalisation au nom de principes indicibles, se lamentent que la France n’ait pas encore mis en place ces fameuses réformes-structurelles-que-tout-le-monde-connaît. Comme si la rationalité politique devait s’exercer dans un cas, mais pas dans l’autre.

Comme si l’on pouvait faire confiance à l’individu pour « se former », « être flexible », « entreprendre sa vie », mais pas pour gérer convenablement ses plaisirs. Si vous vous pensez réformateur vis-à-vis du droit du travail, élargissez la lunette, poussez le raisonnement, regardez le cannabis sous toutes ses facettes. Concluez.

Les caves de l’Elysée contiennent, dit-on, quinze mille bouteilles des meilleurs vins français. Il est temps que son prochain occupant en tire les conséquences, et permette à ses compatriotes de savourer sans craindre le gendarme les moments de détente du corps et de l’esprit que la République offre si généreusement à ses hôtes.

Campagne forcenée pro-cannabis à Marseille

Cette tribune rendu publique hier dans le Journal du Dimanche est une énième provocation de plus en faveur du cannabis. Elle a cela d’on ne peut plus hypocrite, cependant, qu’elle vient… de Marseille.

Une ville gangrenée par la mafia, et certainement pas uniquement par la mafia du cannabis ! Prétendre donc pacifier Marseille au moyen de la légalisation « contrôlée » du cannabis est donc ridicule.

Il est vrai que les actions spectaculaires des mafieux ces derniers temps à Marseille ont marqué les esprits. Mais pense-t-on réellement que ces pratiques et la culture qui va avec vont disparaître aussi simplement?

C’est le profit facile qui est l’objectif des mafieux, qui est le moteur des mafias. Qu’il y ait une répercussion sociale pour le petit dealer tentant de gagner sa vie, c’est relativement vrai mais ce n’est nullement le moteur réel de la mafia.

Quel rapport alors avec « l’ordre moral » et l’exclusion des personnes dépendantes dénoncés dans le texte?

Notons au passage que Patrick Mennucci a signé également cette tribune. Aux élections municipales marseillaises de 2014, il a terminé derrière l’UMP et le FN. S’il croit que c’est avec ce genre de choses qu’il va revenir dans la course, c’est raté…

Quant à une autre signataire marseillaise, Marie-Arlette Carlotti, député dans les Bouches du Rhône, citons au passage un de ses propos pro-corrida :

« Au début j’avais peur. Mes amis m’y ont amenée. Quand ça vous prend, ça ne vous lâche plus. Maintenant, c’est sans culpabilité. »

Pas de rapport avec le cannabis, mais il y a tout de même un fond commun : l’incapacité à proposer une utopie positive, des valeurs morales, des principes universels, le tout en adéquation avec une vie naturelle.

Voici la tribune.

« Depuis près d’un demi-siècle, la loi qui s’applique à la consommation du cannabis est prohibitionniste, répressive et punitive. Pourtant la dangerosité du cannabis est sans commune mesure avec celle du tabac (60.000 morts par an) et de l’alcool (40.000 morts par an), qui sont des drogues licites.

La prohibition du cannabis est un échec :

• Elle est directement responsable, chez nous, de réseaux, de trafics très organisés, qui brassent des sommes considérables et gangrènent de nombreux quartiers. Les règlements de comptes (2014 : 15 faits, 10 décès, 2015 : 13 faits, 14 décès, 2016 : 34 décès) sont très majoritairement liés au trafic de cannabis. 20% de l’activité policière concerne le trafic de cannabis (9.095 procédures pour infraction à la législation sur les stupéfiants en 2015, à 90% pour le cannabis, contre 6.808 en 2012, soit une augmentation de 25%).

• La répression a un coût important (santé, police, justice, prison) qui ne va pas aux investissements nécessaires et productifs (santé, logement, école, travaux publics, sécurité).

• Elle est dommageable pour la santé, car la clandestinité des pratiques éloigne les consommateurs de la prévention, de la réduction des risques et des soins. Le rajeunissement constaté des premières consommations impose des mesures innovantes auprès des jeunes ; mais aucun dispositif spécifique opérant n’existe dans les établissements scolaires, des points accueil écoute jeunes ferment, et les consultations jeunes consommateurs peinent, du fait de la prohibition, à attirer de jeunes usagers inquiets d’exposer leurs questionnements.

• La prohibition génère de l’exclusion puisque des personnes présentant un mode de vie particulier ou une pathologie addictive sont stigmatisées, rejetées, punies, rendues responsables de méfaits dont elles sont souvent les victimes. Et ce, au nom d’un ordre moral qui ne repose sur aucun élément prouvé par la science.

«C’est pourquoi nous lançons de Marseille cet appel à la France, pour que le débat sur la légalisation du cannabis soit ouvert»
Nous, Marseillais, conscients du désastre que cause le trafic dans notre ville, appelons aujourd’hui à une légalisation contrôlée de la production, de la vente et de la consommation, telle qu’elle existe déjà dans plusieurs pays, comme la solution raisonnée que nous devons choisir.

La fin de la prohibition aurait de nombreux effets positifs : la fin des réseaux mafieux qui prospèrent sur l’interdit, et qui tuent ; les économies substantielles qui bénéficieront à notre économie ; une taxation légitime sur la vente qui ferait rentrer de l’argent dans les caisses de l’État ; la réorientation de l’activité de la police et de la justice vers d’autres actions de sécurité ; l’amélioration de la santé des jeunes consommateurs parfois piégés dans un usage nocif ou une dépendance, et une vraie politique de prévention qui serait connexe à la légalisation ; la sortie de l’exclusion et une amélioration de la citoyenneté des personnes qui consomment et que la criminalisation de leur comportement rejette dans l’illégalité ; une organisation nouvelle de la production qui créera des emplois dans l’agriculture.

Il est temps d’agir. Marseille souffre des dommages causés par la prohibition du cannabis. Nous voulons porter le changement et appeler à une politique plus efficace et plus humaine. C’est pourquoi nous lançons de Marseille cet appel à la France, pour que, dans la période électorale qui arrive, le débat sur la légalisation du cannabis soit ouvert. »

La liste des signataires :

Menucci Patrick, Député
Stambul Béatrice, Psychiatre. Présidente d’honneur de l’Association Française de Réduction des Risques
Granger Yann, Coordinateur du CAARUD du Bus 31/32
Pérez Fabien, Avocat

Adloff Céline, Éducatrice spécialisée
Appia Brigitte, Retraitée
Apostolidis Thémis, Professeur de psychologie sociale
Battesti Emma, Comédienne
Bagnis Olivier, Médecin référent CSAPA des Baumettes
Barles Sébastien, Enseignant, Chargé de Mission au Parlement Européen
Bartolo Karine, Psychiatre addictologue
Bartolomei Christine, Magistrat retraitée
Bartolomei Louis, Magistrat retraité
Bayet Guillaume, PH Unité Sanitaire des Baumettes APHM
Beau Sophie, Directrice d’association humanitaire
Beaucamp Aurélien, Président AIDES
Beetlestone Emma, Psychiatre
Beitone Alain, Professeur retraité
Benmaria Nassera, Conseillère d’arrondissement, députée suppléante
Benmohammed Djamel, Coordinateur ASUD
Bennahmias Jean-Luc, Président du Front Démocrate UDE
Bensussan Agnès, Sociologue
Billy Pierre, Chef de service Foyer d’Accueil Médicalisé
Blaine Julien, Poète
Blanc Dominique, Médecin généraliste UCSA Baumettes
Bonnemain Tristan, Graphiste
Bonnet Didier, Association ADRETS
Boulanger Sylvie, Psychologue clinicienne Réseau Marseille Santé Sud
Bourelly Michel, Militant associatif, Moniteur d’études en sciences sociales ANRS
Bourlière Marc, Chef de service Hépatogastroentérologie Hôpital Saint-Joseph
Bret Robert, Retraité, ancien parlementaire, militant associatif (OIP)
Breton Christine, Conservateur honoraire du Patrimoine
Brollo Sylvie, Psychologue CSAPA Prisons de Marseille
Brun François, Médecin généraliste
Bruschi Christian, Professeur émérite des facultés de droit, avocat honoraire
Bruschi Myrtho, Avocat Honoraire
Camil Silvie, Directrice ASUD Mars Say Yeah
Cano Lucia, Architecte
Carlotti Marie-Arlette, Députée
Carouge Clément, Fondateur de la Nuit Magazine
Carrieri Patrizia, Chercheure INSERM
Chabannes Jean-Marc, Psychiatre APHM
Chapiro Claude Renard, Intervenant culturel
Chappe Cécile, Technicienne d’études cliniques Hôpital St Joseph
Chevalier Marielle, Éducatrice spécialisée
Chuzeville Marie-Claude, Ancienne Principale de collège
Clarte Florian, Moniteur d’escalade
Clarte Renaud, Psychiatre APHM
Condro Salvatore, Sociologue
Correard Régis, Salarié
Corsini Lionel, Dj Oil
Cottereau Joris, Moniteur éducateur
De Boissezon Bruno, Chef d’entreprise
Decamps Yann, Comédien
De Cerou Jean-Baptiste, Haut fonctionnaire
De Leusse Christian, Responsable associatif
Denambride Alix, Metteure en scène
De Severac Marie-Laure, Médecin
Desgranges Béatrice, Directrice de festival
Marie Dijon, Chef de cuisine
Dinard Michel, Auteur Compositeur Interprète
Diakhaté Lamine, Responsable PS sénégalais à Marseille
Djaffri Abdelghani, Intervenant de proximité
Doumenc Camille, Éducatrice spécialisée, coordinatrice CSAPA
Duport Claire, Sociologue
Febvrel Didier, Médecin de Santé Publique
Félius Stéphane, Chef de service structure Médico Sociale
Fieulaine Matthieu, Coordinateur Association SANTé!
Fourest Alain, Responsable associatif
Frappas Mylène, Cadre de Santé Publique – Marseille
Freschel Agnès, Journaliste
Gadelius Hans, Médecin addictologue
Galinier Anne, Coordinateur Espace Santé APHM
Gasiglia Caroline, Présidente CAARUD Le Tipi
Gaudion Lucien, Artiste
Girard Vincent, Psychiatre APHM
Goldet Hélène, Présidente du CIQ
Granjon Bernard, Président d’Honneur de Médecins du Monde
Hadj-Chick Haouaria, Conseillere départementale
Hariton Bernard, Médecin généraliste
Hazer Bénédicte, PH Médecin urgentiste
Hispa Dorian, Responsable EELV
Hoareau Emmanuelle, Sociologue InCITTA et GVRS
Hourrier Ketty, Éducatrice spécialisée
Iivanez Philippe, Artiste & Cuisinier
Jordan Claude, Directeur CSAPA/CAARUD
Kerdudo Olivier, L’Amateur (Artiste et programmateur)
Kerimel Eric, Directeur général d’Habitat alternatif et Social
Kilidjian Dro, Programmateur musique
Laberthe Sandra, Infirmière
Lacoste Patrick, Responsable associatif
Lagati Nadia, Artiste & Cuisinière
Lancon Christophe, Psychiatre APHM
Lardillier Dominique, Médecin
Lasolle Claire, Citoyenne – Trésorière de l’association SOLARIS / Videodrome 2
Laurent-Crippa Dominique, Infirmière de secteur psychiatrique
Lebrun Maela, Infirmière Cheffe de service
Le Flour Marine, Artiste Plasticienne et Dj Pé Pé, Régisseuse
Lenoir Sylvia, Chef de service CHRS et CAARUD
Levi Joachim, Association Nouvelle Aube
Longère Serge, Directeur d’établissements médico-sociaux
Lyon Delphine, Policière
Mahachi Osman, Militant associatif
Malaval Isabelle, Coordinatrice générale PACA Médecins du Monde
Martel Frédéric, Journaliste/ Ecrivain
Martin Victor, Intervenant de réduction des risques
Matenot Nicolas, Psychologue Social de la Santé
Mélère Julie, Professeur de lettres modernes
Mélia Corinne, Coordinatrice Réseau Santé OEB
Merbah Nasser, Professeur d’EPS
Mikowsky Sonia, Scénographe
Mokhtari Saadia, APHM Médecin maladies tropicales
Monge Axelle, Chef de projet culture
Moukomel Marianne, Orthophoniste retraitée
Musso Sandrine, Antropologue
Nave Constance, Présidente SOS Hépatites PACA
Naudin Jean, PUPH Psychiatre, Docteur en philosophie
Noël Benoît, Chef de service établissement médico-social
Nugoli Hélène, Policière
Ohanessian Yannick, Elu CESER PACA
Olenine Alexandre, Animateur de prévention
Paraponaris Hervé, Artiste, Enseignant chercheur
Pendaries Jean-René, Citoyen
Pétrot Jean-Philippe, Infirmier psychiatrique
Pigamio Marion, Cheffe d’entreprise
Pigamo Nathalie, Conseillère Métropolitaine
Policard Yael, Etudiant
Poitevin Christian, Adjoint à la culture Marseille 89-95
Putzschel Dirk, Médecin addictologue APHM
Richez-Battesti Nadine, Enseignante – chercheur AMU
Rooijackers Jean-Régis, Coordinateur de structure médico-sociale
Roux Perrine, Chercheure INSERM
Saint-Girons Nicolas, Enseignant
Santucci Jean-Jacques, Directeur Addictions Méditerranée
Scheidt Bertrand, Producteur de spectacles
Scotto Eric, Commerçant
Simon Nicolas, Psychiatre APHM
Spire Bruno, Ancien Président de AIDES
Sportis Cécile, Ancienne diplomate
Stambul Édouard, Professeur
Stambul Pierre, Professeur retraité
Stambul Samuel, Architecte
Tagawa Anne-Marie, Éducatrice de Prévention Quartiers Nord retraitée
Tiran Emma, Fonctionnaire Territoriale
Toubiana Pierre, Médecin de Santé Publique retraité
Trignac Cyrille, Militant associatif, politique, syndical
Tur Vera, Directrice d’école maternelle
Vassas Stéphanie, Directrice ANPAA
Vercey Renaud, Réalisateur multimédia
Viard Jean, Chercheur
Vidal Anne, Psychologue clinicienne
Vigier Emmanuel, Réalisateur
Zurbach Etienne, Coordinateur TREND SINTES

Sylvia Pinel et la légalisation du cannabis comme « extension du champ des libertés individuelles »

Sylvia Pinel est la présidente du parti radical de gauche, qui va participer aux primaires organisées par le parti socialiste. Au début, elle comptait se présenter directement, mais les sondages lui accordaient 0 % donc elle a décidé d’accepter les primaires rejetées ouvertement auparavant.

Sa ligne est libérale-libertaire mais, naturellement, difficile encore de le dire tel quel. Aussi y a-t-il le thème de la sécurité qui a été saupoudré sur la justification de la légalisation du cannabis…

Voici à quel point c’est mal fait et révélateur d’une sacrée hypocrisie, au moyen de son « projet présidentiel ».

Cela commence donc de la manière suivante :

« Une République forte pour assurer la sécurité de tous.
Notre sécurité est un devoir. Je dégagerai tous les moyens pour lutter contre le terrorisme et la radicalisation. J’engagerai par ailleurs un combat déterminé contre les réseaux mafieux liés à la drogue par la légalisation encadrée du cannabis. C’est aussi une exigence de santé publique. »

Quand on lit cela, on comprend donc que la légalisation du cannabis est motivée par la lutte contre les mafias.

Cependant, que lit-on un peu plus loin ?

Qu’en fait, la consommation du cannabis serait un « droit ». Pour bien le souligner, c’est mis côte à côte avec d’autres « droits » considérés comme « nouveaux » à obtenir…

« INSTITUER DE NOUVEAUX DROITS

Le droit de mourir dans la dignité
La possibilité pour toutes les femmes de recourir à la PMA sans conditions
Le droit de vote pour les étrangers résidents en situation régulière
La légalisation de l’usage du cannabis, sous contrôle de l’État »

La contradiction est ici totalement évidente. Et comme le « projet présidentiel » fait 54 pages, il a fallu bien aborder cela.

Voici comment Sylvia Pinel tente de s’en sortir, au prix de multiples contorsions :

« La légalisation du cannabis, que je propose, ne doit pas être seulement regardée comme un élément d’extension du champ des libertés individuelles. Elle doit également s’analyser comme un moyen efficace de lutte contre les réseaux de trafic et la délinquance organisée.

La légalisation du cannabis devra s’accompagner de mesures destinées à prévenir les usages nuisibles à la santé, comme à la sécurité : Les ventes seront contrôlées par l’État sur le modèle de la commercialisation d’alcool.

Le cannabis sera en accès libre dans les pharmacies. Le prix d’achat sera calibré. Il devra être suffisamment élevé pour ne pas encourager les ventes, mais suffisamment bas pour prévenir le développement de réseaux souterrains.

Les sanctions contre l’usage de cannabis au volant seront fortes et les contrôles plus fréquents. Les tests salivaires pourraient être systématiquement effectués lors des contrôles. Des contrôles stricts seront effectués sur la qualité de ces produits pour répondre à la problématique de santé publique que posent les substances actuelles. Les risques en seront atténués.

J’ajoute que l’intervention de l’Etat dans le dispositif de production, de commercialisation et de contrôle du cannabis génèrera de nouvelles recettes publiques, de l’ordre de 2 milliards d’euros. »

On l’aura compris : l’argument des recettes publiques est censé justifier le tout.

La lutte contre les mafias est bien ce qui est secondaire par rapport à ce qui est bien défini comme une « extension du champ des libertés individuelles ».

Un peu plus loin, on trouve toutefois ce petit rappel :

« Légaliser l’usage du cannabis Pour être pleinement comprise, cette mesure de libéralisation doit être mise en rapport avec la politique de sécurité intérieure (voir ci-dessus). »

C’est là que toute l’hypocrisie se révèle : l’argument anti-mafias est juste censé rassurer, donner un justificatif social positif à quelque chose qui doit être considéré pour ce que c’est, à savoir une véritable régression !

Légalisation du cannabis aux États-Unis et banalisation

C’est une information intéressante diffusée par La Dépêche :

« La consommation de cannabis des 13-14 ans et 15-16 ans aurait augmenté respectivement de 2% et 4% dans l’État de Washington depuis la loi de 2015 autorisant l’utilisation récréative de la substance, selon des chercheurs de l’université de Californie à Davis (UC Davis) et de l’université de Columbia.

D’après cette étude, menée auprès de 254.000 adolescents dans l’État de Washington et le Colorado, la perception négative du cannabis a chuté de 14% et de 16% depuis la légalisation auprès des mêmes catégories d’âge. »

Dans d’autres médias, on peut trouver des informations expliquant plus moins le contraire.

Cependant, dans tous les cas, on peut partir du principe suivant : un bien de consommation légalement disponible perd de facto toute perception négative.

Nous vivons en effet dans une société de consommation : si le marché le propose, c’est que c’est acceptable. C’est bien pour cela que les gens achètent de la viande. Ils ne sont pas « spécistes », mais simplement consommateurs.

Cela ne veut d’ailleurs pas dire qu’il faille les convaincre de « consommer » différemment, car on ne combat pas l’aliénation en tentant de la dévier. Culturellement, les gens mangeant du simili-carné, selon nous, reviendront au carné (ou bien romprons avec le simili-carné).

Il faut envisager les choses comme producteur, pour un monde entièrement différent. C’est une approche universelle.

Le cannabis, s’il était vraiment quelque chose de positif, serait d’ailleurs mis en avant comme universel, devant être assumé par l’État au service de la société.

Ce n’est pas du tout ce qui arrive : c’est sous la forme du libéralisme le plus mercantile que le cannabis est valorisé.

Et, par définition dans notre société, ce qui est valorisé économiquement est valorisé culturellement. Si le cannabis devient une marchandise, alors il a une valeur en tant que telle.

Il participe à l’ensemble de l’économie, il devient un bien comme un autre.

Donc il devient banal pour les jeunes générations n’ayant pas de recul et partant de là, cette drogue s’installe.

C’est une raison pour laquelle les personnes plus âgées doivent absolument assumer leur responsabilité envers la jeunesse et réfuter toute banalisation du cannabis.

Plus le cannabis aura l’air de pouvoir être légalisé, plus il se banalisera, plus il sera présent dans la vie quotidienne. Ce qui renforcera le mouvement en faveur de la légalisation, formant un cercle vicieux.

A quoi il faut opposer le cercle vertueux : respect de soi même – refus de la dépendance – opposition au cannabis – refus de toutes les drogues.

Refuser franchement le cannabis

« La légalisation du cannabis, enjeu inattendu de la primaire à gauche » dit l’Express : c’est faux et nos articles ont l’utilité de tracer le parcours de la grande opération qui a lieu depuis plusieurs mois en faveur de cette légalisation.

Car l’affaire est entendue : le cannabis va devenir l’un des grands thèmes « mobilisateurs » à gauche. C’est une catastrophe, parce que cela signifie qu’il ne s’agit plus du tout de changer le monde, mais au mieux de le gérer.

Et c’est vrai pour cinq des sept candidats à la primaire à gauche, à quoi s’ajoute Jean-Luc Mélenchon, ainsi qu’Emmanuel Macron si jamais on le classe à gauche.

On le savait déjà, toutefois, que la gauche était devenue une sorte de gestionnaire social du capitalisme, mais la question du cannabis fait que là les choses sont vraiment visibles : quand on capitule devant la drogue, alors cela veut dire qu’on est prêt à tout accepter, qu’on a plus aucun idéal.

Il appartient aux gens qui ont une conscience sociale de réagir, et de sortir d’un piège.

En effet, il ne s’agit plus ici d’être sympathique individuellement, tolérant ou libéral et de dire qu’une personne qui fume par-ci par-là, après tout cela n’est pas grave. La question va bien plus loin, elle concerne la définition même de ce que peut être une vie heureuse, une vie sans dépendance.

Car le cannabis signifie à la fois la dépendance et la fuite vers un paradis artificiel. Et l’enfer est pavé de bonnes intentions : sous prétexte de dire qu’après tout, fumer du cannabis ne cause pas de préjudice à autrui, que ce n’est pas si toxique, on rentre dans l’engrenage d’accepter le cannabis en tant que tel.

Pourtant, il est évident qu’il faut bien mettre une limite. Et au moins la question de la légalisation du cannabis a le mérité d’apporter de la clarté en ce domaine.

Il faut arrêter la tolérance et le fait d’imaginer qu’on serait un rabat-joie si on se dénonce le cannabis, au lieu de se contenter de se mettre à l’écart. Il faut de l’intervention ! Il faut de la dénonciation !

Cela ne veut pas dire qu’il faille faire cela n’importe comment, mais c’est impératif ! Sans cela, non seulement le cannabis va être légalisé, mais en plus la principale forme d’opposition à cela va consister en les religieux et les conservateurs.

Étant donné que le nombre de personnes qui consomme du cannabis en France est très important, on a ici un thème vraiment essentiel du débat public.

Les gens vont en parler, les gens vont en débattre, il va y avoir beaucoup de discussions et il faut que les gens conscients s’arment d’arguments et d’éléments culturels pour dire non au cannabis, pour refuser sa reconnaissance légale.

L’humanité a besoin d’avoir la tête claire, libre de drogues, en étant joyeuse en profitant de la vie, dans la reconnaissance de la Nature. Pourquoi fuir une réalité qui pourrait être tout à fait différente ?

Comme si d’ailleurs fuir était possible ! La drogue, toute drogue y compris le cannabis, ne signifie rien d’autre que l’auto-destruction, la mise en parenthèse de ses propres exigences.

L’ivresse du cannabis est un abrutissement, un écrasement de sa propre personnalité.

Alors qu’il faut épanouir sa personnalité, ce qui passe déjà par le respect de soi !

Et cela veut dire refuser franchement le cannabis.

Cannabis au Canada : les mesures pour « minimiser les dangers »

Le Canada a rendu public un « cadre pour la légalisation et la réglementation du cannabis au Canada », en tant que « rapport final du Groupe de travail sur la légalisation et la réglementation du cannabis ».

C’est un document très long, dont voici un passage nous concernant, puisque de nombreuses personnalités politiques, dans notre pays, se sont prononcées en faveur de la légalisation.

Il s’agit des mesures de sécurité visant à encadrer un produit censé être inoffensif… Et on s’aperçoit ici qu’il va y avoir toute une réglementation permettant d’épauler la naissance de ce nouveau marché du cannabis.

On est ici dans un processus très complexe, mêlant drogues et capitalisme, avec un objectif très clair : bien encadrer dès le départ, pour empêcher par la suite tout recul concernant la légalisation…

Afin de minimiser les dangers, le Groupe de travail recommande au gouvernement fédéral ce qui suit :

Établir un âge minimum national à 18 ans pour l’achat, en reconnaissant le droit des provinces et des territoires de l’harmoniser avec leur âge minimum pour l’achat d’alcool
Appliquer des restrictions exhaustives à la publicité et la promotion du cannabis et de marchandises connexes par quelque moyen que ce soit, y compris par parrainage, par endossement et par valorisation de la marque, comme pour les restrictions sur la promotion des produits de tabac
Permettre une promotion limitée dans des endroits qui sont accessibles aux adultes, semblable aux restrictions sous la Loi sur le tabac
Exiger un emballage simple pour les produits de cannabis qui permet les renseignements suivants sur les emballages : le nom de la compagnie, le nom de la souche, le prix, les teneurs en delta-9-tétrahydrocannabinol (THC) et en cannabidiol (CBD), et les avertissements ainsi que d’autres exigences en matière d’étiquetage
Imposer des sanctions strictes sur les promotions fausses ou trompeuses, ainsi que les promotions qui encouragent la consommation excessive, lorsque la promotion est permise
Exiger que toutes les allégations thérapeutiques faites dans la publicité soient conformes à la loi applicable
Fournir des ressources et permettre la détection et l’application en cas de violations des restrictions en matière de publicité et de marketing, y compris par l’entremise de médias traditionnels et sociaux
Interdire tout produit jugé attrayant pour les enfants, y compris les produits qui ressemblent ou qui imitent des aliments familiers, dont l’emballage ressemble à celui de bonbons ou qui sont de couleur vive ou avec des personnages de dessins animés ou d’autres dessins ou images qui attireraient les enfants
Exiger un emballage opaque, refermable, à l’épreuve des enfants ou protège-enfants, en vue de limiter l’accès des enfants à tout produit à base de cannabis
De plus, en ce qui concerne les produits comestibles :Mettre en œuvre l’emballage avec une portion individuelle standardisée, avec un symbole universel de THC
Fixer une quantité maximale de THC par portion et par produit
Interdire les produits mélangés, par exemple les boissons alcoolisées infusées au cannabis ou les produits à base de cannabis avec du tabac, de la nicotine ou de la caféine
Exiger un étiquetage approprié sur les produits à base de cannabis, incluant ce qui suit :Étiquette avec un texte de mise en garde (p. ex. « TENIR HORS DE LA PORTÉE DES ENFANTS »)
Degrés de THC et de CBD
Pour les produits comestibles, les exigences en matière d’étiquetage qui s’appliquent aux produits alimentaires et aux boissons
Créer un cadre législatif souple qui pourrait être adapté à de nouvelles preuves sur des types de produits particuliers, sur l’utilisation d’additifs ou d’édulcorants ou sur la précision de limites de THC ou d’autres composantes
Assurer la surveillance réglementaire des concentrés de cannabis afin de réduire au minimum les risques associés à la production illicite
Élaborer des stratégies pour encourager la consommation de cannabis moins puissant, y compris un régime de prix et fiscal fondé sur la puissance pour décourager l’achat de produits très puissants
Exiger que tous les produits de cannabis comprennent des étiquettes identifiant les teneurs en THC et en CBD
Permettre un cadre législatif souple qui pourrait s’adapter aux nouveaux éléments de preuve afin de fixer des règles pour les limites de THC ou d’autres composants
Élaborer et mettre en œuvre des stratégies factuelles d’éducation du public pour informer les Canadiens sur les risques liés à la consommation problématique et pour fournir une orientation sur la consommation à risque plus faible
Effectuer l’analyse économique nécessaire en vue d’établir une approche fiscale et de prix qui établit un équilibre entre la protection de la santé et le but de réduire le marché illicite
Collaborer avec les gouvernements provinciaux et territoriaux pour déterminer un régime fiscal qui inclut la répartition équitable des recettes
Créer un système souple qui peut adapter les approches fiscales et de prix aux changements qui surviennent dans le marché
S’engager à utiliser certaines recettes provenant du cannabis comme source de financement pour l’administration, l’éducation, la recherche et l’application de la loi
Concevoir un régime fiscal fondé sur la puissance du THC pour décourager l’achat de produits très puissants
Mettre en œuvre dès que possible une campagne d’information du public fondée sur des données probantes, visant l’ensemble de la population, mais qui met l’accent sur les jeunes, les parents et les populations vulnérables
Coordonner les messages avec les partenaires provinciaux et territoriaux
Adapter les messages éducatifs en fonction de l’évolution des éléments de preuve et de la compréhension des risques pour la santé, en travaillant avec les partenaires provinciaux et territoriaux
Faciliter et surveiller les activités continues de recherche sur le cannabis et l’affaiblissement des facultés, en tenant compte des incidences sur les politiques en matière de santé et de sécurité au travail
Travailler avec les organismes fédéraux, provinciaux et territoriaux existants pour mieux comprendre les problèmes potentiels de santé et de sécurité au travail liés à l’affaiblissement des facultés par le cannabis
Collaborer avec les provinces, les territoires, les employeurs et les représentants syndicaux pour faciliter l’élaboration de politiques sur facultés affaiblies au travail

Le Colorado comme eldorado libéral libertaire du marché du cannabis

C’est encore une fois du libéralisme libertaire dans sa version la plus brutale que nous fournit le quotidien Libération avec un article signé de quelqu’un profitant encore une fois de son prestige institutionnel pour vanter le cannabis.

Il s’agit cette fois de Pierre-Yves Geoffard, professeur à l’Ecole d’économie de Paris, directeur d’études à l’EHESS (les « hautes études » en sciences sociales).

Quant au titre, il est d’une clarté digne d’Emmanuel Macron :

« Le cannabis pour relancer la croissance »

L’article affirme pouvoir présenter un argument « massue » : on aurait enfin un exemple concret des effets économiques du marché du cannabis avec l’État américain du Colorado.

« Lorsque le cannabis est illégal, de telles analyses [sur la légalisation du marché du cannabis] ne peuvent s’appuyer que sur des extrapolations, intrinsèquement périlleuses, d’estimations par ailleurs contestables puisque portant sur des activités clandestines ; mais le cannabis étant devenu légal au Colorado, il est possible d’observer l’activité économique réellement générée par ce produit dans un territoire où vivent plus de 5 millions d’habitants. (…)

En ce qui concerne l’activité directe, le volume total des ventes est d’un milliard de dollars en 2015, pour près de 13 000 emplois créés dans l’agriculture, le commerce, ou l’activité de transformation, la marijuana étant vendue non seulement sous forme d’herbe à fumer mais aussi en huile, en cookies, etc.

Il faut noter que la production est presqu’exclusivement indoor, dans des bâtiments où un éclairage artificiel permet de simuler le rythme des saisons et de produire régulièrement tout au long de l’année ; un tel mode de production est plus intensif en capital, et surtout en énergie, qu’une production en plein air, plus intensive en travail.

Une activité directe importante est également d’ordre bureaucratique, la loi imposant de nombreuses contraintes, notamment en termes de traçage du produit et de normes sanitaires, depuis la production jusqu’au consommateur final.

Au-delà de ces 13 000 emplois, près de 3 000 emplois indirects ont été créés dans des entreprises qui fournissent des services aux producteurs et distributeurs de cannabis : sécurité, construction et ventes immobilières, conseils juridiques, etc.

Enfin, à travers l’intégration de ce nouveau secteur à un modèle «input-output» de l’économie du Colorado, l’étude a chiffré à 2 500 le nombre d’emplois indirects, induits par la consommation des employés et des actionnaires de l’industrie du cannabis, désormais entièrement intégrés à l’économie légale.

Un élément important à prendre en compte est que les échanges restent interdits d’un Etat à l’autre, même entre deux Etats limitrophes ayant chacun légalisé le cannabis. Une grande partie de l’activité induite par l’économie du cannabis reste donc, par construction, localisée au Colorado. Au total, la légalisation a créé plus de 18 000 emplois directs ou indirects.

Les auteurs notent que la transition du marché noir au marché légal continuera pendant quelques années, nourrissant ainsi une forte croissance du marché au moins jusqu’à 2020. L’ensemble des recettes fiscales est, quant à lui, estimé à 120 millions de dollars, 30 % de moins que pour les cigarettes mais trois fois plus que les taxes sur l’alcool.

La transposition à l’échelle de la France n’est pas immédiate, tant les modes de culture et de distribution que les taxes seront différentes.

Mais rapportée à la population française, il s’agirait de 200 000 emplois, non subventionnés, et de près de 1,5 milliard de recettes fiscales.

Alors que les arguments sécuritaires et sanitaires plaident eux aussi contre la prohibition, la France peut-elle se priver d’une telle source de richesse, d’emplois, et de croissance ? »

On remarquera que le troisième paragraphe en partant de la fin utilise directement le futur et même pas le conditionnel : ces gens sont certains de la légalisation.

La question finale de l’article relève à ce titre de la pure rhétorique. Cet article est un simple placement de produit : du cannabis pour Libération dont le libéralisme libertaire est le fond de commerce, pour l’auteur qui pourrait ainsi gagner des places dans les institutions comme « spécialiste ».

Un passage important à ce titre est l’éloge de la production indoor permettant des cadences plus grandes, plus d’investissements de capital, etc. C’est avec cela qu’on peut progresser dans les institutions : en faisant l’éloge du capitalisme à tous les niveaux, jusque pour les drogues !

Oser dire non à l’alcool pour les fêtes de fin d’année

Avec les fêtes de fin d’année, le spectre de l’alcool refait surface, se présentant comme incontournable. Refuser un verre d’alcool est très difficile socialement, surtout quand c’est présenté de manière « festive ».

Et pourtant, savoir refuser est une nécessité impérative, un acte militant, une contribution à un monde meilleur.

L’Aisne nouvelle a publié un article où l’on a le témoignage de gens de l’association Alcool Ecoute joie et santé, qui propose un accueil anonyme le mardi de 14 à 16 heures à Chauny et de 16 à 18 heures à Tergnier.

On y lit ce rappel, toujours très important :

Le sevrage est un long chemin de croix. Et en cette période de fin d’année, propice aux repas de fêtes alcoolisées, la rechute n’est pas rare.

Yves se fait le porte-drapeau des malades alcooliques vulnérables, et en proie à l’hésitation : « Noël peut être une période compliquée. Il y a toujours des moments où l’on peut craquer. Moi j’ai déjà rechuté juste à cause d’un apéritif. S’ils se sentent mal, il faut qu’ils nous appellent, ou qu’ils viennent nous voir ».

Refuser de boire une verre d’alcool à l’occasion du réveillon, c’est peut-être la personne à côté de soi qui aimerait refuser mais qui n’ose pas, c’est aider à faciliter le refus, c’est refuser que l’alcool soit banalisé.

Refuser un verre d’alcool, c’est préserver la dignité des personnes alcooliques, qui ne sont pas des gens faibles ou anormaux, mais des gens tombés dans le piège de la dépendance, dans l’engrenage de la souffrance produite par des choses pourtant vendues légalement et disposant d’une large reconnaissance sociale.

L’enfer est dans les détails et rien n’est pire que de relativiser, comme d’ailleurs de ne penser qu’à soi. Refuser l’alcool n’est pas qu’un acte individuel : sa signification sociale est très grande.

Il y a d’ailleurs dans notre pays des gens se reconnaissant dans la démarche straight edge, mais considérant que c’est un choix qui les regarde. La simple question du réveillon montre que cela n’a pas de sens : refuser l’alcool polarise systématiquement aux moments des moments considérés comme festifs où l’alcool est forcément présent par « tradition ».

L’alcool n’est pas qu’une question individuelle, c’est aussi une question sociale et d’ailleurs les questions sociales concernent précisément la vie des gens, leur manière d’agir, de pouvoir être heureux.

L’alcool est-il nécessaire ? Est-on obligé de consommer une telle chose pour se lâcher, pour être à l’aise, pour être soi-même ? C’est cela la question de fond et la réponse de toutes les personnes reconnaissant la Nature ne peut qu’être un « non » catégorique !

Et on connaît l’argument comme quoi refuser l’alcool serait une démarche religieuse. C’est tout le contraire en réalité : les religions veulent tout contrôler dans le sens où les gens devraient obéir aux principes religieux, croire en tout, sans raisonner.

Refuser l’alcool dans la reconnaissance de la Nature, c’est au contraire affirmer qu’on doit toujours être soi-même, être capable de raisonner, être en mesure d’apprécier la vie de manière naturelle, sans forcer les choses de manière totalement volontariste, ce qui n’aboutit qu’à des catastrophes.

Des catastrophes d’autant plus terribles, comme pour la dépendance à l’alcool, que cela s’inscrit dans la durée et s’installe de manière insidieuse. Le temps qu’on s’en aperçoive, on est déjà piégé !

Refuser l’alcool est ainsi un refus pour soi de tout risque d’engrenage ainsi que de toute négation de la raison, et en même temps une affirmation d’une vie sociale naturelle possible.

C’est un acte de rupture et avec les fêtes de fin d’année, il faut d’autant plus saisir tous ces aspects, pour être à la hauteur de cette rupture qui provoque soutiens et étonnements, moqueries et questionnements.

La consommation de cannabis chez les chauffeurs de bus et de cars

Nous parlions il y a quelques jours du problème que pose la consommation de cannabis dans les métiers du bâtiment.

Il y a un autre secteur professionnel où il est très répandu, et qui ne nécessite pas d’étude pour être connu, il s’agit de celui des chauffeurs de bus et de cars.

C’est quelque chose de très important, de par bien sûr les risques que cela cause… Rappelons que sur la route le cannabis est responsable d’au moins un accident mortel sur huit !

L’aspect récréatif du cannabis a tellement été mis en avant, ses aspects nocifs tellement occultés (la fameuse « drogue douce »), que nombreux sont ceux qui ne voient pas le problème d’en consommer, y compris avant de prendre le volant, voir même au volant.

Évidemment c’est aussi le cas dans le cadre professionnel, d’autant plus dans des métiers où la pénibilité et la dimension répétitive sont grandes.

Ce que l’on peut remarquer d’après ces quelques articles de presse, c’est qu’il s’agit ici principalement de bus de ramassage scolaire, qui, bien entendu, attirent une grande attention de la part de l’opinion publique.

Mais si les accidents graves surviennent davantage hors zone urbaine, la situation n’est pas différente, si ce n’est pire en terme de consommation, pour les bus classiques en ville.

La consommation est bien entendu également élevée chez les chauffeurs routiers, ces forçats aux cadences toujours plus grandes ces dernières années, avec le capitalisme « sauvage » des pays d’Europe de l’est.

La route, c’est un métier répétitif, usant, où l’on se retrouve seul, seul avec ses pensées, à gamberger… Où il faut tenir, maîtriser ses nerfs… pour une vie sociale et familiale en confettis…

Le danger est ici grand pour le consommateur mais aussi pour qui croisera sa route, véhiculé, à pied, ou en vélo. Et le cocktail est ici d’autant plus explosif qu’il combine deux facteurs individualisants, qui coupe du reste de la société, que sont la drogue et le fait d’être au volant.

Car c’est un souci que de travailler seul, de manière isolée. On sait aussi comment les hommes se croient toujours les rois du volant, pensent toujours maîtriser, donc y compris avec le cannabis…

 

Il y a ici toute une culture à refaire !

Jean-Luc Bennhamias et la légalisation du cannabis et des drogues

Ancien « écolo » des Verts passé au MODEM, Jean-Luc Bennhamias est désormais président du Front démocrate et co-président de l’Union des Démocrates et Ecologistes (UDE).

On se doute que cela ne représente rien à part un réseau d’élus, mais en tout cas celui lui permet de se présenter aux « primaires » organisées par le Parti socialiste.

Et on peut déjà deviner qu’il va se présenter comme le partisan le plus clair de la légalisation du cannabis.

Non pas la dépénalisation, « cache-sexe » de la légalisation employé par les hypocrites, mais la légalisation en tant que tel. A part l’interdiction aux mineurs, le cannabis deviendra par conséquent une marchandise comme une autre.

C’est ce qu’il prônait déjà dans la seconde partie des années 1990, où d’ailleurs en tant que secrétaire national des Verts il a eu des soucis avec la justice, qui n’appréciait pas à l’époque la mise en avant de la légalisation du cannabis, en l’occurrence lors des journées d’été des Verts…

Mais il ne faudrait pas croire que cela s’arrête au cannabis. Le libéralisme libertaire ne connaît par définition pas de limites…

Voici ce que disait par exemple il y a quelques mois Gilles Saulière, Secrétaire National du Front Démocrate dans sa tribune « Dépénaliser le cannabis ou mieux, libéraliser et encadrer l’usage et le marché des drogues » :

« Question à 2€ :

– Qu’est-ce qui est interdit à peu près partout dans le monde du vingt et unième siècle ? Les drogues.

– Quelle est aujourd’hui, au vingt et unième siècle, la source principale de richesse du petit et du grand banditisme un peu partout dans le monde ? Les drogues.

– Pourquoi ? Parce que, l’usage des drogues est aussi vieux que le monde, parce que la recherche et l’usage de substances ou de pratiques ayant pour but d’oublier momentanément un peu de la dureté du monde et au contraire de favoriser le plaisir, est aussi ancienne que le monde.

Et que, pour cette raison, interdire ne signifie pas, supprimer, éradiquer comme on peut éradiquer une maladie (et encore), mais signifie simplement en extraire l’usage de la vie légale, ouverte, aux yeux de tous, fermer les yeux, avoir bonne conscience, transformer tout consommateur en délinquant tout en lui ouvrant grandes les portes de l’industrie du crime, de son opacité mortelle et de son absence totale de tout sens moral. (…)

Quant on relit un peu l’histoire de tout cela, on s’aperçoit que jusqu’au vingtième siècle globalement, seules quelques religions, toujours promptes à interpréter leurs propres textes de façon restrictive et quelques monarques et autres dictateurs « éclairés » (que j’aime cette notion surréaliste…), interdirent à tour de bras, qui l’alcool, les drogues, le tabac, etc. pour prétendument protéger leurs ouailles par définition inaptes à contenir leurs excès et à maîtriser leur propre vie, n’est-ce pas ! »

C’est, d’une certaine manière, le contraire exact de ce que nous disons ! On a ici la légende que les drogues seraient naturelles, auraient toujours existé, relèvent d’un choix personnel…

Que rejeter les drogues serait un principe dictatorial brimant l’individu dans les possibilités de sa vie, etc. etc.

Notons également qu’une autre personne se présentant très vraisemblablement aux « primaires » est le socialiste Vincent Peillon, lui aussi favorable au cannabis.

Pas étonnant quand on voit cette anecdote donnée par le Nouvel Observateur, qui permet de figurer le personnage :

Bachelier à 16 ans, Vincent Peillon a commencé sa carrière professionnelle en travaillant pour la compagnie des wagons-lits sur la ligne Paris-Copenhague. Une expérience qu’il a mis à profit pour se lancer dans les affaires, explique « le Monde ».

Le jeune homme importe d’abord en contrebande du saumon fumé, de l’alcool et des cigarettes, avant de fonder une entreprise de vente import-export, avec pour slogan : « Du saumon norvégien pour tous ».

C’est le prototype même du petit capitaliste comme on peut le détester… Et, ministre de l’Éducation en 2012, il a expliqué la chose suivante concernant le cannabis :

« Je suis très étonné parfois du côté un peu retardataire de la France sur un sujet qui, pour moi, est d’ampleur. On peut lutter par les moyens de la répression, je suis absolument pour, mais en même temps je vois que les résultats ne sont pas très efficaces. »

Cela promet pour les « primaires » et cela montre que malgré que François Hollande ne se présente pas, la tendance à la légalisation du cannabis continue sa marche…

« Le cannabis, ce nouveau fléau du bâtiment »

Les partisans du cannabis ont su faire en sorte que l’aspect récréatif soit le seul pris en compte. Le cannabis serait une sorte de passe-temps, l’équivalent d’une bière, d’une cigarette, etc.

Or, son inscription dans la vie quotidienne signifie également son intégration dans le temps de travail. Europe 1 a mené un vrai travail d’enquête, donnant comme titre à l’article : « Le cannabis, ce nouveau fléau du bâtiment ».

Ce sont les entreprises du bâtiment qui sont en panique :

La consommation de cannabis est un véritable casse-tête pour les chefs d’entreprises du bâtiment. Ils se disent démunis face à une consommation dont les conséquences peuvent être dramatiques.

Pendant des années le secteur du bâtiment s’est battu contre l’alcoolisme sur les chantiers. Aujourd’hui il lutte aussi contre le cannabis.

Le sujet reste très tabou, alors que s’ouvre la deuxième journée nationale de la prévention des conduites addictives en milieu professionnel.Pourtant les risques sont très importants.

Par exemple, après un accident et la mort d’un ouvrier sur un chantier de la région Rhône-Alpes, une enquête a révélé que deux ouvriers, un conducteur de grue et celui chargé d’accrocher une dalle de 300 kilos qui est tombée du haut de la grue, avaient fumé du cannabis.

Il y a en effet deux soucis : quelqu’un qui a fumé ne se repère pas forcément, comparé à quelqu’un de saoul. Ensuite, pour les métiers pénibles comportant des dangers soudains, c’est naturellement très problématique.

Et, comme on peut s’en douter, les gens qui font des métiers pénibles plongent d’autant plus facilement dans les drogues et l’alcool.

La dernière étude sur cannabis et bâtiment remonte à 2010. Selon cette enquête de l’institut national de la prévention, 13% des salariés du bâtiment consomment quotidiennement du cannabis.

C’est quasiment deux fois plus que le reste des actifs.

La fédération des travaux publics du Languedoc-Roussillon a également mené une enquête locale et les résultats sont « effarants ».

« On s’est rendu compte que quasiment deux salariés sur dix consomment des stupéfiants », constate Olivier Giorgiucci, le président de la fédération.

« C’est dramatique, car on a des chauffeurs de poids lourd, des chauffeurs de grosses pelles. Ce sont des gens qui manipulent des objets qui sont dangereux. »

En cas d’accident grave, retrait de permis, prison et perte d’emploi peuvent survenir. « L’employeur peut se retrouver totalement complice s’il n’a rien fait dans son entreprise pour mettre en place des systèmes de prévention », ajoute Olivier Giorgiucci.

Bon, évidemment, les patrons sont surtout inquiets pour leur mise en cause juridique, surtout que les dépistages passent par un prélèvement salivaire nécessitant un médecin ou une infirmière.

Reste qu’on se doute qu’en général, une personne ayant fumé du cannabis sera dans un état second et que la banalisation du cannabis, surtout qu’elle n’est pas forcément aisée à voir, va produire des situations de dangers très importants.

L’individualisme du libéralisme libertaire sépare l’individu du reste de la société : le fumeur du joint va avec l’image d’une personne « fumant son spliff » sur son canapé.

Sauf que justement, l’individu n’est pas séparé de la société et le cannabis est quelque chose d’anti-naturel, un moyen de fuir la réalité : il est donc présent tout au long du quotidien, comme l’alcool.

Le cannabis va donc inévitablement de pair avec des comportements anti-sociaux, mais aussi avec des actes du quotidien pouvant avoir des conséquences dramatiques pour soi… et pour les autres !

Le Monde : foie gras et style sado-maso

Le Monde a publié deux articles qui montrent tout à fait en quoi le style de vie « grand bourgeois » est très exactement aux antipodes de ce que nous voulons.

Les articles en question, qui font l’éloge du sado-masochisme et du foie gras, ont été publiés dans « M, le magazine du Monde » qui, comme nous le précise wikipedia, « est tourné vers l’industrie du luxe et du haut de gamme ».

Le premier, par ailleurs sélectionné pour la « matinale » du Monde, s’intitule pas moins que « Bondage et sado-masochisme, comment débuter tout doux« .

On l’aura compris, il ne s’agit pas d’un article sur le sado-masochisme, mais pour le sado-masochisme. L’introduction de l’article le précise si on ne l’aurait pas compris…

Comment aborder le fantasme du BDSM (bondage, domination, sado-masochisme) quand on débute complètement ? Quand on voudrait du hard, mais soft ? En laissant tomber tout le folklore, nous dit la chroniqueuse de La Matinale, Maïa Mazaurette.

Car, l’article l’affirme sans nuances, le sado-masochisme est une demande « normale » et largement partagée…

En 2011, un tiers des Françaises fantasmaient sur le fait d’être dominées, et un cinquième des hommes. Un quart des femmes voulaient être menottées ou ligotées, et 15 % des hommes (Harris Interactive/Marianne).

En 2014, les deux tiers des Québécoises et plus de la moitié de leurs chums fantasmaient sur le fait d’être sexuellement dominés, le bondage intéressait presque la moitié des répondants, un quart des femmes et 43 % des hommes auraient volontiers fouetté leur partenaire. (Sur un sujet aussi sensible, les chiffres sont toujours à prendre avec des pincettes – à tétons.)

C’est là l’acceptation la plus directe des rapports hiérarchiques dans cette société, ainsi que la tentative permanente de trouver un moyen de dépasser de manière mystique la « monotonie » d’une vie en réalité entièrement vide.

C’est bien la peine de critiquer Daech si c’est pour diffuser le même type de philosophie de l’extrême de la domination comme porte de sortie vers un monde qui aurait du « sens »…

Comment ne pas voir la dimension pathétique de la phrase suivante?

Une cuillère en bois qui a servi pour punir ne touillera plus jamais une soupe de poireaux sans vous rappeler vos ébats érotiques.

Voilà où mène de refuser la Nature : on se précipite dans des valeurs mystiques censées amener quelque chose de « plus fort ».

C’est également ce qu’on retrouve dans un autre article du magazine du Monde, « Foie gras, l’exception culturelle française« .

On est ici dans la mystique d’une « gastronomie » du « terroir » et l’auteur est très frustré que son foie gras mystique soit produit en masse et vendu au bas peuple…

« A l’exception des périodes de crise (2008-2009), toujours nuisibles aux produits festifs, et une baisse passagère en 2012-2013, la production et la consommation de foie gras restent stables avec une tendance à la hausse.

En quinze ans, cette dernière a progressé en France de près de 25 % en volume (selon Kantar WorldPanel), traduisant ainsi l’engouement croissant pour ce mets incontournable des fêtes de fin d’année, selon 76 % d’entre nous (657 grammes achetés par an et par ménage). (…)

L’industrie agroalimentaire a pollué ce marché lucratif avec ses méthodes habituelles : production intensive, élevage en cages, mécanisation à outrance et distribution de masse. (…)

Le foie gras est une affaire franco-française et rien n’y fera. N’en déplaise aux héritiers d’un vieux puritanisme anglo-saxon qui ont considéré la nourriture d’abord sous l’angle de la quantité et du productivisme, puis de l’hygiénisme et du marketing et à présent celui du moralisme et de l’animalisme, en rangeant toujours le plaisir gastronomique dans l’armoire à péchés.

Comment leur expliquer l’émotion suscitée par la tranche de foie gras baptisé à l’armagnac, allongée sur le pain grillé, et habillée seulement de quelques cristaux de sel de Guérande ? Comment leur raconter les délices de l’escalope de foie gras cru, vivement poêlée, déglacée au vinaigre balsamique et accompagnée de figues rôties ?

Comment leur faire partager le bonheur du tournedos Rossini, rendez-vous d’amour entre la tendreté du filet de bœuf et le moelleux de l’abat de canard sous l’œil de la truffe noire ? Tâche difficile, voire mission impossible. C’est ce qu’on appelle une différence culturelle. »

L’élite veut son style et son style consiste à se démarquer, à trouver une « transcendance ». Un tableau d’art contemporain derrière un ordinateur Mac, avec du foie gras et du Christian Dior, et le sado-masochisme pour aider à trouver un sens à sa vie…

Jean-Luc Mélenchon est pour la légalisation du cannabis car il est contre

Nous le disions à la mi-octobre : Jean-Luc Mélenchon allait faire passer dans son programme la revendication, comme « tombée du ciel » de la légalisation du cannabis.

C’est chose faite, mais de quelle manière !

On savait que les hommes politiques étaient capables de couper les cheveux en quatre, de justifier tout et son contraire, mais là l’exemple est tout de même brutal.

Jean-Luc Mélenchon se prête désormais à des vidéos youtube et il répond aux questions posées par twitter, facebook et mail : une manière de se prétendre moderne et proche du peuple, alors que c’est de la mise en scène sans contenu.

Inévitablement, il y a la question sur le cannabis et Jean-Luc Mélenchon de se lancer dans une fausse colère comme il sait les faire : le cannabis, c’est mal, cela empoisonne le corps, je suis totalement contre, l’impact économique et social d’une légalisation ne l’intéresse pas mais seulement la santé, etc.

Tout cela pour finalement… appeler à la légalisation du cannabis, car on ne pourrait faire campagne contre le cannabis que lorsque celui-ci sera légalisé…

Le passage est à 20 min 20.

La position de Jean-Luc Mélenchon n’est pas nouvelle et c’est cela qui est intéressant justement. Il dit la même chose depuis 2012 et là fait semblant d’avoir « compris quelque chose ».

C’est tout à fait ridicule, mais cela a une fonction très précise : faire passer la pilule de la légalisation du cannabis, qu’aucune personne réellement progressiste ne peut accepter.

Jean-Luc Mélenchon a bien vu que la gauche française est libérale-libertaire, elle est dominée par une culture mélangeant bobos, hipsters et cégétistes, dans un croisement étrange de quinoa et de merguez.

Lui veut ratisser large pour l’élection présidentielle, il n’a pas spécialement de valeurs et encore moins de principes réels, donc selon lui au final autant y aller dans la légalisation…

Et après, Jean-Luc Mélenchon, qui explique qu’il est donc pour la légalisation du cannabis, car il est contre le cannabis, demande qu’on ne le traite pas d’hypocrite pour cela ?

Comment pourtant éviter qu’on ne l’accuse d’hypocrisie ? Les sophistes de l’antiquité grecque sont écrasés, les énarques dépassés ! On a ici un exemple même de schizophrénie et d’absurdité.

Et c’est d’autant plus frappant quand on voit ce que sont censées être les valeurs de Jean-Luc Mélenchon.

Il prétend s’opposer à l’ultra-libéralisme et il soutient l’une des mesures les plus ultra-libérales qui soit.

Il prétend rétablir l’État, il assume la capitulation complète de celui-ci devant l’existence du cannabis.

Il prétend vouloir une « France insoumise », mais il part du principe que puisque tout le monde fume, on ne pourra rien y changer.

Il prétend ne pas être pareil que les autres hommes politiques, mais fait comme eux : il annonce par en haut des décisions choisies selon ses intérêts électoraux !

Comme quoi on peut imaginer comment François Fillon va triompher comme rouleau compresseur catholique – avec des valeurs, mais mauvaises – contre une « gauche américaine » sans valeurs…

Le « tourisme » grand-bourgeois du « voyage coquin »

Le libertinage est pathétique : il se veut « libération », alors qu’il n’est que glauque, sordide, désert sentimental, fuite en avant dans une sexualité toujours plus marquée par les rapports de force.

Vu le contexte général, on sait bien que cette forme de « passe-temps » a le vent en poupe et Le Monde s’en est fait la promotion avec un article pathétique :

Le voyage coquin se fait une place dans le tourisme

Outre-Atlantique, une quinzaine de croisières libertines sont organisées chaque année.

Voici les premières lignes, qui ont cela de cocasse que la société mise en avant a été fondée par Iris de Villars, passé par l’école informatique « 42 » de Xavier Niel, le fondateur de Free.

Celui-ci a commencé dans le « minitel rose » et est désormais le propriétaire du quotidien Le Monde (avec les richissimes Pierre Bergé et Matthieu Pigasse) où l’on trouve donc cet appel du pied à soutenir la nouvelle entreprise « libertine »…

Echangisme, candaulisme, gang bang, soirée mousse, la croisière s’amuse de plus en plus.

Alors que des étages entiers de palaces parisiens restent fermés faute de clients, que les salles des restaurants sont désertées à la suite des attentats terroristes, les paquebots seraient pleins à craquer… de libertins.

Un nouveau site libertin, Swingsy.fr, contraction de swinger (échangiste) et de sexy, veut profiter de cette vogue du sexe embarqué. Il est actuellement en quête de nouveaux fonds pour se diversifier dans le voyage coquin. Une mode qui rapporte.

On l’aura compris, il faut investir dans Swingsy.fr, y adhérer, etc. L’appel du pied est flagrant :

Le voyage libertin semble un créneau très porteur. En plein essor. Il s’élèverait au total, chaque année, à près de 20 milliards de dollars dans le monde (18,8 milliards d’euros).

Et ils sont nombreux à vouloir leur part de cette imposante manne. Notamment sur Internet. « Il y a un site libertin qui se crée chaque semaine en Europe », indique Georges Salmaso, directeur commercial de la principale agence immobilière du Cap d’Agde (Hérault), la Mecque du libertinage.

Pour se démarquer de la concurrence, Swingsy.fr sera uniquement accessible par cooptation. Il table sur « 2 500 parrains, uniquement des couples, sélectionnés en France via des clubs libertins partenaires », explique Iris de Villars, directrice générale du site.

A 24 ans, cette développeuse aux longues boucles brunes est issue de la promotion 2014 du « 42 », l’école d’informatique fondée par Xavier Niel, actionnaire à titre individuel du Monde.

Tout la suite de l’article est du même acabit, comme avec par exemple :

Après un premier appel de fonds, en juin, de 70 000 euros, Swingsy, valorisé 1,2 million d’euros, a lancé une seconde levée et recherche cette fois 300 000 euros. Un apport d’argent frais pour mettre en ligne « Swingsytravel.com, un site de voyages libertins.

C’est pratiquement un publi-reportage sur une entreprise. Les commentaires de l’article ne s’y sont pas trompés, ni arretsurimages.net.

C’est de la retape pour bourgeois « branchés », c’est-à-dire décadents. L’article l’assume entièrement, affirmant que « le panier moyen des libertins français serait estimé à 3 000 euros ».

Et c’est encore plus flagrant quand on regarde ce que propose Swingsy.fr, à savoir rien du tout.

Sur son facebook et son twitter, on trouve des phrases pseudo-érotiques, avec des photographies du même acabit, pioché sur le net !

Voire même, comme ici, sur une banque d’images (123RF), sans même payer l’image.

Les deux images suivantes, qui se suivent sur le twitter de l’entreprise, reflètent bien le caractère ahurissant de stupidité de la démarche.

Une parodie du « prolétaires de tous les pays, unissez-vous » accompagne l’image d’une femme aux côtés duquel est écrit (en anglais) « ma petite salope », tandis que la suivante parle de… raffinement, savoir-vivre, belles choses, champagne…

On l’aura compris : le pseudo raffinement n’est qu’une prétention même pas réussie pour tenter de masquer qu’on est là dans les travers de la grande bourgeoisie comme dans les années 1930, avec les orgies, le culte de la soumission, etc.

C’est de la décadence « sélect » !

Conférence pro-cannabis dans une université parisienne

Après une petite période de battement, la campagne pour la légalisation du cannabis reprend. Une conférence  intitulée « Comment régulerait-on une économie légale du cannabis en France ?  » va ainsi se tenir demain à l’Université Paris-Diderot.

On remarquera le conditionnel, qui masque le fait qu’en réalité, il s’agit bien entendu de propagande en faveur du cannabis.

La présentation est du même acabit :

En Europe, les Français sont les premiers consommateurs de cannabis malgré des politiques publiques extrêmement répressives. Coûteuse et inadaptée à la réalité des trafics et à la complexité des modes de consommation, la législation actuelle ne fait chuter ni l’offre ni la demande.

Tandis que le débat sur le cannabis a longtemps été centré autour de problématiques liées à la santé et à la sécurité, ce sont désormais ces questions économiques qui concentrent l’attention des chercheurs et des politiques.

Selon l’OFDT (Observatoire français des drogues et des toxicomanies), le marché illicite du cannabis se chiffre à plus de 830 millions d’euros par an, alors que certains pays (Etats-Unis, Uruguay, Portugal, Pays-Bas…) renflouent leurs caisses en taxant la vente de cannabis légal pour financer des politiques sanitaires de prévention, de contrôle de qualité.

Si on part de l’hypothèse selon laquelle la légalisation du cannabis en France (dans son usage aussi bien récréatif que médical) est effective, quelles seraient alors les questions qui se poseraient du point de vue des trafiquants, des institutions publiques et de la société ?

L’État devrait-il s’approprier le marché en monopole public ou bien soumettre ce commerce aux lois du marché ? Quelles seraient les mesures de régulation à mettre en place, notamment dans la qualité du produit devenu légal ?

Comment l’État gèrerait-il les recettes et les coûts engendrés par la légalisation du cannabis ? Comment ce commerce dépénalisé s’insèrerait-il dans la législation européenne ? Comment évolueraient, en France, les zones de marchés et les réseaux illégaux ? Quel impact un marché légal du cannabis aurait sur les trafics des autres drogues considérées comme « dures » ?

L’argent, la qualité, la sécurité, voilà tous les arguments de ces partisans du cannabis et du commerce débridé, de la toute-puissance du marché et de l’individualisme.

Voici d’ailleurs la liste des invités, censés justifier le côté « scientifique » de la conférence qui est un soutien ouvert à la légalisation, profitant du « prestige » universitaire :

– Christian Ben Lakdhar, Economiste de la santé et des addictions
– David Weinberger, Sociologue, Institut National des Hautes Etudes de la Sécurité et de la Justice
– HYPE, Rappeur et ancien trafiquant
– Sébastien Beguerie, Entrepreneur, PDG de Alpha-CAT
– Stéphane Gatignon, Maire de Sevran
Animation par le journaliste Yérim Sar (VICE, Première)

C’est ici la faillite complète d’une certaine morale éducative. L’université elle-même bafoue le droit, puisque le cannabis et sa promotion sont encore interdits…

C’est l’agonie de toute une prétention à avoir certaines valeurs. Voici d’ailleurs également deux vidéos de Renaud Colson, maître de conférences en sciences criminelles à l’Université de Nantes.

Ces vidéos sont des productions officielles de l’université, et on peut voir le discours d’un professeur fervent partisan de la légalisation du cannabis, qu’il présente comme étant inéluctable, une avancée pour la santé, la sécurité, etc.

Là encore, c’est inégal. Mais l’Etat a décidé d’abdiquer devant l’individualisme. L’heure est au refus de l’universel et de la culture, la mode est aux Donald Trump, aux François Fillon et aux Emmanuel Macron.

Encore sur l’esthétique de l’infidélité

Revenons encore une fois sur « l’esthétique de l’infidélité » dont nous parlions hier, car il existe une autre polémique en ce moment, entre les cathos fachos d’un côté et les libéraux-libertaires de l’autre.

Là encore, on se retrouve totalement coincé, malheureusement !

Car le fait est que la campagne de prévention du VIH met en avant des affiches où l’infidélité est totalement stylisée, présentée de manière romantique.

Coucher avec n’importe qui est ici, comme chez Gleeden, non pas quelque chose de glauque, mais une « aventure », un « bonheur », etc.

On a droit ici à la caricature de l’homosexualité comme hédonisme masculin ultra-consommateur, émotionnellement superficiel, etc.

Malheureusement, ce sont encore une fois les cathos qui sont montés au créneau. Et ils sont très malins : voici ce que dit, de manière intelligente, la « manif pour tous », dans une posture pro-sentiments, avec une fausse question.

En réalité, on s’en doute bien, ce que visent les catholiques, c’est la défense du mariage selon leur conception… Mais il y aura un grand impact, car en apparence ce sont les sentiments qui sont défendus.

En apparence seulement, on l’a compris. Mais comme les partisans du sentiment – c’est-à-dire la majorité des gens – restent en-dehors de tout engagement, on n’entend que les cathos fachos et les libéraux-libertaires.

Une dizaine de villes ont d’ailleurs pris l’initiative d’interdire la campagne d’affichages (dont Angers et Aulnay-sous-Bois), tentant de surfer sur la vague « réac » représentée en ce moment par François Fillon.

Ce qui provoque inversement la colère (judiciaire) de la ministre PS de la Santé, Marisol Touraine, au nom du combat « pour la santé publique et contre l’homophobie », ce qui revient à gommer la problématique de fond ayant permis pourtant la contre-campagne : l’éloge de l’infidélité la plus froide, sous un vernis romantique.

Voici d’ailleurs ce que l’adjointe municipale en charge de la famille et de la petite enfance de la ville d’Angers, Caroline Frel, explique au site gay Têtu :

Nous ne sommes pas contre ces affiches de prévention. Ce qui nous choque, ce sont les messages plus que les photos, surtout aux abords des écoles. C’est pour cela que nous avons demandé à la société JCDecaux de les retirer dans ces périmètres.

Des parents ont été choqués qu’on puisse valoriser une sexualité débridée et d’opportunité devant l’école de leurs enfants.

Dans un contexte sensible voire hystérique pour certains, le conseil municipal a pris la décision de jouer l’apaisement. Il ne faut y voir aucune forme d’homophobie ni d’opposition aux campagnes de prévention.

D’ailleurs, lorsque que le maire était président du conseil général de Maine-et-Loire, il a participé à une campagne d’AIDES intitulée ‘Voteriez-vous pour moi si j’étais séropositif ?’.

Et le site Têtu de dénoncer « une attaque envers une évolution des mœurs jugée trop libertaire », de citer le directeur de l’association AIDES dénonçant « un renouveau de la vertu », etc.

C’est lamentable de libéralisme-libertaire et citons par contre ce commentaire plein de sagesse :

Franchement c’est le monde à l’envers.

Ce sont les homophobes qui sont choqués par ces affiches alors que ce sont les gays eux même qui devrais l’être en tout cas je suis gay et je le suis quand je vois ces affiches à chaque arrêt de tram à Nantes.

Non seulement elle stigmatise encore une fois les gays comme étant des personnes instables amoureusement mais en plus elles font passer le message qu’il n’y a que les homo qui peuvent attraper les sida et autres maladies sexuellement transmissibles.

Pourquoi les hétéros n’ont-ils pas le droit eux aussi à leurs affiches comme celles-ci un peu partout ?

Le fait de voir deux hommes s’embrasser est une bonne chose mais cette image devrait être utilisé pour une autre publicité ou une autre campagne.

C’est tout à fait vrai. Le libéralisme libertaire a pris l’homosexualité en otage, la réduisant idéologiquement à un hédonisme ultra-consommateur, ultra-commercial, une incapacité à être amoureux, assumer des sentiments, être autre chose que superficiel, etc.

Alors qu’une personne homosexuelle, si elle l’est vraiment et ne suit pas une « mode », n’est pas différente d’une personne hétérosexuelle…

Avec tout cela, on est mal parti. Notons d’ailleurs également au passage quelques exemples d’affiches remplacées, qui témoignent elles aussi de l’hyper-sexualisation des images, de l’idéologie de la consommation et de la soumission des individus (notamment des femmes) à cela…

Et histoire de déprimer, constatons également qu’on va avoir droit à cela pour les présidentielles. Le Figaro contre Libération, Cathos fachos contre libéraux libertaires, partisans du moyen-âge contre partisans de la consommation comme libération…

L’esthétique de l’infidélité

Le principe d’une société fondée sur la consommation sans limites, c’est justement que tout est consommable. Par conséquent, les sentiments eux-mêmes ne sont plus seulement secondaires : ils deviennent eux-même des produits de consommation.

La vie ne serait qu’une « aventure » où il faut non pas construire (c’est le principe de la culture), mais rechercher une certaine « ivresse ».

Le problème aujourd’hui dans notre pays, c’est que les principaux opposants à ce qu’on doit appeler une décadence libérale-libertaire, ce sont les religieux.

On est donc coincé entre les partisans du moyen-âge et ceux d’un monde où tout s’achète… L’horreur !

On a un exemple de cela en ce moment avec le procès lancé par les « Associations familiales catholiques » contre l’entreprise Gleeden.

Évidemment, ce ne sont pas les sentiments que défendent ici les catholiques, mais le mariage. Ainsi, l’entreprise est visée pour ses publicités qui ne respecteraient pas l’article du code civil rappelant « l’obligation de fidélité entre époux ».

Voici quelques exemples de ces publicités affreuses, développant directement le discours anti-sentiment, anti-morale.

C’est un éloge de la tromperie pur et simple, qui est, c’est un aspect important, totalement esthétisé. Il y a une esthétique de la tromperie, qui rendrait pour ainsi dire « beau », car on serait plus « libre », plus « authentique », plus soi-même.

Le couple, ce serait pour la forme, pour se rassurer, mais la « vraie vie » serait ailleurs. Il faut quelque chose de plus « piquant », de plus « vivant »…

Voici ce qu’on peut lire par exemple sur le blog de Gleeden, comme présentation de l’article « L’infidélité, une rencontre avec soi » :

« Dans cette chronique, Marie-Carmen Garcia, sociologue de renom et experte Gleeden apporte un regard nouveau sur l’amour adultère. Plus qu’une rencontre avec l’autre, la relation extra-conjugale, par son caractère non-officiel, serait une rencontre avec soi, ses propres désirs et sentiments. Décryptage. »

Et voici un extrait de l’article, pratiquement poétique dans son éloge de la tromperie comme retour sur soi-même, comme découverte de soi, etc.

C’est surtout un éloge de la schizophrénie :

« L’amour passionnel ne peut feindre : il contraint les amants à se dévoiler l’un à l’autre, il bouscule les certitudes sur soi et sur la vie que l’on mène.

Aimer dans la clandestinité peut ainsi conduire à faire connaissance avec une partie de soi méconnue, d’imaginer d’autres avenirs que l’horizon que dessine le couple officiel ; de se découvrir des goûts, des centres d’intérêts, des manières de faire et de voir ignorées jusqu’alors. (…)

Lorsque les sentiments sont puissants, que les corps et les esprits se cherchent inlassablement, s’exaspèrent des absences contraintes et se retrouvent avec une fougue à chaque fois renouvelée, il est à parier que le partenaires vivront une expérience inédite tout à la fois heureuse et terrifiante.

Le bonheur d’être soi, d’aimer, d’être aimé d’une part ; la crainte qu’une attirance aussi singulière et violente ne vienne mettre en question la vie que l’on a longuement et patiemment construite, d’autre part.

En amour, on ne choisit pas seulement un partenaire, on choisit aussi (et peut-être surtout) la personne que l’on veut être. Dans certains cas, la tension interne que suscite l’expérience de la passion adultère conduit les personnes à mettre fin à leur relation occulte ; dans d’autres cas, elle les conduit à mettre fin à leur union officielle mais dans de nombreux cas, elle les porte à exister de manière différente dans deux relations.

D’un côté, on continue d’une certaine manière d’être la personne « que l’on a toujours été » et l’autre on est la personne que l’on « aurait pu être » et que l’on rencontre enfin.

L’amour adultère est donc avant tout une rencontre avec un « autre soi » méconnu ou inconnu révélé dans la relation avec l’amante ou l’amant. Il peut être à la source d’un cheminement personnel fascinant ou au contraire de terribles angoisses.

Quoi qu’il en soit, dans nos sociétés où l’infidélité n’est plus condamnée que par la morale « bien pensante », l’amour adultère peut pour certaines personnes constituer un chemin vers la connaissance de soi. »

Ainsi, LTD relèverait de la morale « bien pensante »… bien qu’en fait, pour ces gens, toute morale est bien pensante.

Ce qui est juste : la morale, c’est faire la différence entre le bien et le mal. La société de consommation n’a pas besoin de cela.

La droite française se positionne sur la dépénalisation du cannabis

Prenant comme prétexte le rapport récent de l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice sur l’argent de la drogue (nous en parlions ici), Le Figaro s’est lancé dans la question du cannabis.

Son choix est très clair et reflète la stratégie présidentielle de la droite.

Face à la gauche sociétale à l’américaine, le choix est celui d’apparaître comme le garant de l’ordre face au chaos.

C’est très exactement la ligne qui a amené le succès de Donald Trump, de l’extrême-droite en Europe, etc. La droite française voit une brèche, il s’y engouffre… Et on peut être certain que cela va marcher en bonne partie.

Pour les gens, même pour des gens tolérant la « fumette », légaliser le cannabis serait vraiment la démission complète de la culture…

Quand on voit d’ailleurs qu’Arte va diffuser une série en décembre intitulée Cannabis, sur le trafic entre la France et l’Espagne, on voit la décadence entretenue par les libéraux-libertaires…

Voilà comment la droite parvient, malheureusement, à être populaire et avoir à une bonne image.

Voici ce que cela donne sur la page internet du Figaro. Rappelons qu’elle est extrêmement lue, Le Figaro étant d’ailleurs pratiquement le quotidien le plus vendu.

Voici le début du premier article, qui présente un panorama affligeant :

Le trafic de drogue ne cesse de progresser en France, gangrenant de plus en plus de villes et empoisonnant la vie de leurs habitants.

En 2015, les saisies de cannabis ont augmenté de 65% (60,8 tonnes de résine et 16,8 tonnes d’herbe) mais le «marché» criminel reste immense, entretenu par une demande en hausse constante. «Deal» au vu et au su de tout le monde, vandalisme pour détruire les caméras de vidéosurveillance, règlements de compte en pleine agglomération…

Les maires sont aujourd’hui désarmés face à cette explosion de violence. D’autant plus désarmés que la riposte policière n’est pas toujours efficace et que la réponse judiciaire est jugée insuffisante par nombre d’édiles.

Désemparés, les élus sont aujourd’hui partagés. Certains, à gauche surtout mais aussi à droite, prônent la dépénalisation (réduction ou assouplissement des peines prévues par la loi), préférant une amende à une longue procédure. D’autres, plus rares, sont partisans de la fin de la prohibition en «légalisant» le cannabis.

Les derniers, une opinion majoritaire à droite, veulent une répression accrue et surtout une riposte judiciaire plus dure. Dans l’intervalle, le fléau continue ses ravages.

Le message est clair : le cannabis va être un thème de campagne. Puisque la gauche se la joue sociétale et se coupe des gens, et qu’il lui faut concurrencer l’extrême-droite sur le terrain de l’ordre, la droite va se la jouer « dure ».

En expliquant que les partisans d’une telle ligne sont majoritaires à droite, la tendance est officialisée.

Un petit billet de Yves Thréard vient en appui à cette ligne, le voici.

Cycle infernal

La récente attaque au cocktail Molotov de quatre policiers dans l’Essonne a une nouvelle fois braqué les projecteurs de l’actualité sur le trafic de cannabis.

Partout en France, de plus en plus de quartiers vivent au rythme de cette juteuse économie parallèle. Ils sont aux mains de mafias organisées qui imposent leur loi. Régulièrement, des maires, excédés et dépassés, tirent la sonnette d’alarme.

Ainsi, depuis des années, revient le débat sur la légalisation du cannabis ou la dépénalisation de son usage, présentées l’une et l’autre comme de possibles solutions. Et nul doute qu’il se trouvera des candidats à la présidentielle pour le relancer.

La prohibition, disent ses détracteurs, favorise la délinquance sans empêcher la hausse de la consommation. À les écouter, l’État aurait intérêt à mettre la main sur ce commerce. Le trafic diminuerait et la santé des clients serait mieux contrôlée.

Même les finances publiques y gagneraient. Les promoteurs de cette politique tentent d’étayer leur démonstration sur quelques exemples étrangers. Aucun de leurs arguments ne tient la route.

Pas plus que les expérimentations menées ici ou là ne sont convaincantes. Le marché noir du cannabis existera toujours et il serait intolérable que l’État devienne le partenaire commercial des caïds qui le développent…

Les choix sont faits : la gauche libérale-libertaire de François Hollande pense triompher aux présidentielles, au moins en partie, en se positionnant en faveur de la dépénalisation. La droite va se poser en tendance contraire.

Dans tous les cas, les partisans de l’utopie seront perdants, bloqués entre Charybde et Scylla, entre les conservateurs réactionnaires et les libéraux-libertaires.

Hubert-Félix Thiéfaine : « La fille du coupeur de joints »

« La fille du coupeur de joints » est la chanson qui en France a joué un rôle immense dans la valorisation du cannabis. Hubert-Félix Thiéfaine chantait alors une folk poétique délirante plutôt sombre, alternée de chansons décalées.

« La fille du coupeur de joints » appartient à ce dernier type, sur l’album « Tout corps vivant branché sur le secteur étant appelé à s’émouvoir » de 1978.

Or, Hubert Felix Thiefaine n’était pas alors une figure commerciale comme aujourd’hui ; il restait entièrement à l’écart des circuits officiels, tout en ayant un succès très puissant dans la jeunesse « alternative ».

La conséquence en a été une influence massive et mauvaise sur celle-ci. Loin des grandes poses inacessibles  du dandy tourmenté fricotant avec le suicide et les drogues dures, « La fille du coupeur de joints » synthétise par son texte et son approche musicale la figure du gentil je m’en foutiste pseudo-alternatif.

Wikipedia présente la chanson ainsi :

L’une de ses chansons les plus connues, La Fille du coupeur de joints, figurant sur son premier album, traite, sous un aspect enjoué, de l’amour et de la consommation de cannabis. L’imagerie des « consommateurs de substances psychotropes » est un des thèmes récurrents de son œuvre, notamment dans Solexine et Ganja, Exil sur la planète fantôme, Narcisse 81, Cabaret Sainte-Lilith…

Public Ados la présente ainsi :

En 1978, Hubert Félix Thiéfaine en finit avec les maquettes : il sort « Tout corps vivant branché sur le secteur étant appelé à s’émouvoir… ». Ce n’est pas le titre d’une chanson, mais celui de son premier album. Le disque, comme le titre, est difficilement abordable. Mais « La fille du coupeur de joints » qui aborde, de manière légère et festive, la consommation de cannabis, se fait une place sur les ondes.

En voici les paroles.

Elle descendait de la montagne
Sur un chariot chargé de paille
Sur un chariot chargé de foin

La fille du coupeur de joints
La fille du coupeur de joints

Elle descendait de la montagne
En chantant une chanson paillarde
Une chanson de collégien

Et nous, on était cinq chômeurs
A s’lamenter sur notre malheur
En se disant qu’on se taperait bien

Elle descendait de la montagne
V’là qu’elle nous voit vers les murailles
Et qu’elle nous fait « Coucou les gens »

Ben, v’là qu’elle nous prend par la taille
Et qu’elle nous emmène sur sa paille
Elle nous fait le coup du zeppelin

Ben nous on était cinq chômeurs
À s’payer une tranche de bonheur
Un’ tranche de tagada tsoin-tsoin

Quand on eut passé la ferraille
Elle nous fit fumer de sa paille
Sacré bon Dieu que c’était bien

Plus question d’chercher du travail
On pédalait dans les nuages
Au milieu des petits lapins

Elle descendait de la montagne
En chantant une chanson paillarde
Une chanson de collégien

La fille du coupeur de joints

Voici également une version live avec Tryo et Didier Wampas, Hubert-Félix Thiéfaine ayant décadé à ce niveau. Il a d’ailleurs même essayé d’écrire des chansons pour Johnny Hallyday !