• Etude sur le potentiel planétaire de l’aquaculture

Encore un « appel citoyen » en faveur de la légalisation du cannabis…

Voici le texte d’une pétition, lancé par l’association ECHO (Expertise Citoyenne HOrizontale) et relayé par le quotidien Le Monde comme tribune (Drogues : « L’échec d’une politique publique fondée quasi exclusivement sur la répression »).

Il s’agit bien entendu d’un appel de plus à ce qui consiste immanquablement à un appel à banaliser le cannabis et ce qui est d’autant plus grave c’est que parmi les signataires, on trouve de grandes figures institutionnelles…

On retrouve notamment :

– Françoise Sivignon, présidente de Médecins du Monde,

– Christine Lazerges,  Présidente de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH),

– Bernard Kouchner, ancien Ministre de la Santé et des Affaires Étrangères,

– Jean-Pierre Havrin, contrôleur général honoraire de la police nationale française,

– Alain Brillet, ancien Commandant de police ; Ex-responsable du Syndicat des cadres de la sécurité intérieure,

– Michel Kazatchine, ancien directeur du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme ; actuel Envoyé Spécial de l’ONU pour le VIH/SIDA pour l’Europe de l’Est et l’Asie Centrale; Membre de la Commission Mondiale sur les Politiques de Drogues,

– Roselyne Bachelot, ancienne Ministre de la Santé et désormais animatrice télévision/radio,

– Arnaud Robinet, député Maire de Reims – Les Républicains,

– Marylise Lebranchu, ancienne Garde des sceaux et Député du Finistère – PS,

– Michel Henry, Journaliste indépendant et auteur du livre « Drogues, pourquoi la légalisation est inévitable”,

– Eric Piolle, maire de Grenoble – EELV,

– Daniel Vaillant, ancien Ministre de l’Intérieur ; Député de Paris – PS.

Et encore ne sont pas mentionnés ici les nombreux chercheurs au CNRS, responsables dans les hôpitaux, élus et responsables politiques, à quoi s’ajoutent les principales figures partisanes de la légalisation, comme par exemple Christian Tharel, président des « Collectifs d’Information et de Recherche Cannabique »…

On l’aura compris : on est ici au royaume des hypocrites. C’est un signe de plus de la capitulation devant l’esprit libéral-libertaire niant toute possibilité de bonheur naturel sur Terre.

Et c’est masqué encore une fois derrière une pseudo préoccupation pour la santé, comme en témoigne le logo mis en avant par l’association pour son appel.

Voici le texte de l’appel.

POLITIQUES PUBLIQUES DES DROGUES,
LES CITOYENS LANCENT LE DEBAT
Pétition pour ouvrir un débat national sur la législation des drogues en France

Les politiques publiques en matière de drogues font aujourd’hui l’objet d’intenses débats et de profondes remises en question. Les citoyens se réapproprient le sujet et demandent des comptes en matière de libertés individuelles, de justice sociale, de lutte contre le trafic et d’efficacité de l’action gouvernementale.

Des Etats-Unis au Canada, de l’Islande au Mexique, en passant par l’Uruguay, sans oublier le Portugal, l’Allemagne, le Danemark et la Suisse, nombreux sont les pays à avoir entamé des réformes majeures.

Ces réformes sont le résultat d’une prise de conscience : celle de l’échec d’une politique fondée quasi-exclusivement sur la répression. Il est dorénavant établi qu’en dépit des moyens considérables mobilisés pour y parvenir, la vision d’un monde sans drogues, promue depuis plus de cinquante ans, a eu des conséquences dramatiques sans pour autant atteindre ses objectifs.

La France reste à l’écart de ce mouvement malgré un bilan qui ne cesse de s’aggraver.

Notre pays possède entre autre, les taux de consommation les plus élevés d’Europe pour l’usage du cannabis chez les 15-34 ans ; près de 90 % de l’action policière liée aux stupéfiants concerne l’interpellation pour usage simple (sans trafic) de cannabis ; et le “coût social” des drogues pour les finances publiques est évalué à environ 1 % du PIB national. Ce constat est grave : que faut-il attendre de plus pour réagir ?

Le vent semble néanmoins tourner. Un sondage IPSOS rendu public le 10 octobre 2016 révèle que 52 % des français sont favorables à l’ouverture d’un débat sur la question des drogues lors de la prochaine campagne présidentielle.

Plus significatif encore, 84 % considèrent que la législation actuelle est inefficace.

Cette évolution reflète la prise de conscience qu’une société sans drogues n’existe pas, mais qu’il appartient aux États modernes de protéger les citoyens des éventuels dommages causés par celles-ci.

Le contexte actuel semble propice et les citoyens réceptifs. En collaborant avec la société civile et en s’éloignant de positions partisanes manichéennes, nos élus ont ici un rôle central à jouer.

Il est donc temps que la France s’engage à son tour dans un véritable débat national sur le bien-fondé des politiques menées depuis bientôt 50 ans avec l’adoption de la loi du 31 décembre 1970, principal fondement de l’arsenal juridique national sur les drogues.

Seules des assises publiques nationales permettront de sortir de l’impasse.

Acteurs des secteurs associatifs et médicaux, avocats, universitaires, magistrats, journalistes, policiers, élus locaux et nationaux, entrepreneurs et citoyens de tous bords politiques, nous appelons au rassemblement le plus large possible autour de la démarche ECHO pour débattre de nouvelles politiques publiques en matière de drogues.

Chacun peut, dès maintenant, soutenir cet appel.

Maroc : cannabis et karkoub

Nous parlions il y a peu de la possible légalisation du cannabis au Maroc ;  voici quelques informations au sujet de l’importance de cette industrie, le département d’Etat américain ayant fait un rapport sur la production de drogues.

On y apprend que le Maroc est à la fois le premier producteur et le premier exportateur de cannabis. La section drogues et criminalité de l’ONU évalue d’ailleurs la production total de cannabis à 700 tonnes pour l’année 2015-2016.

Or, la valeur de ces 700 tonnes équivaut à pas moins de 23% du PIB marocain !

On s’imagine par conséquent la signification du cannabis pour l’économie marocaine. En fait, cette économie elle-même est dépendante de la drogue.

Une légalisation en France aurait une conséquence énorme sur elle, provoquant une déstabilisation sans pareil. En même temps, il est inévitable que pour devenir un véritable pays développé, le Maroc rompt avec une telle production.

Non seulement parce que cela maintient le Maroc au statut de traditionnel pays du tiers-monde produisant de simples matières premières, mais aussi de par les conséquences sur le plan des mafias.

Le pays est ainsi en train de devenir un lieu de passage pour la cocaïne sud-américaine exportée vers l’Europe. Ici, des pauvres hères d’Afrique de l’ouest sont notamment utilisés comme mule à l’aéroport international de Casablanca, notamment par l’ingestion de sachets.

A cela s’ajoute la diffusion massive du « karkoubi », la drogue des pauvres. Il s’agit d’anxiolytiques ou d’anti-épileptiques, connu sous le nom de « Ibolha hamra » pour le Rivotril, « 2 points » pour le Valium, La Roche pour un des médicaments de ce laboratoire pharmaceutique.

Leurs conséquences sont des hallucinations et une désinhibition complète, au point par exemple de s’automutiler sans pratiquement le remarquer.

Pour renforcer dans l’horreur, la dépendance est très importante, leur prix relativement bas (autour d’un euro l’unité) et cette drogue a pénétré les milieux scolaires, étant parfois consommée dès l’âge de 10-11 ans.

Au Maroc, des centaines de jeunes se sont mutilés les bras, le visage, etc., alors que 80% des agressions dans le pays sont considérées comme étant liées à la consommation de tels stupéfiants. Parmi les drames connus, un garçon de 14 ans étrangle son père avec le câble d’une antenne parabolique, un autre de 15 ans tue un ami d’un coup de couteau dans le ventre pour un demi-litre de vin rouge, etc.

Une version parmi les plus dangereuses de ces drogues est appelé « al katila », c’est-à-dire la tueuse. Elle est composée d’une petite boule de farine, avec un cocktail de gouttes de ces psychotropes et de cannabis.

Bref, c’est toute une culture, et aurait-elle été possible sans la présence du cannabis ?

Il faut noter ici également une triste mentalité, qui nuit au combat contre les drogues : le cannabis en Algérie provient du Maroc, la drogue Karkoubi présente au Maroc provient d’Algérie.

Ce qui montre bien que les drogues sont une problématique mondiale et que la seule réponse possible est le refus général, sans compromis.

Emmanuel Macron et la la « contraventionnalisation » du cannabis

Les gens vraiment de gauche n’aiment pas Emmanuel Macron, qu’ils ne considèrent pas comme étant vraiment de gauche. Si cela est juste, alors ils feraient bien de se demander pourquoi sur le plan des moeurs ils disent pratiquement tous la même chose que lui…

La démarche libérale-libertaire, où toute valeur est rejetée comme un principe « totalitaire », les rassemble tous.

Emmanuel Macron est d’ailleurs « en train de sortir du bois » concernant le cannabis et sa légalisation.

Il avait déjà exprimé le fait qu’il était ouvert à la question, en septembre 2016.

Comme dans Le Figaro la semaine dernière les choses semblaient peu claires, puisqu’il expliquait «ne pas croire à la dépénalisation des « petites doses »», RTL a demandé des éclaircissements à Gérard Collomb, le maire de Lyon issu du Parti Socialiste mais grand soutien d’Emmanuel Macron.

Le concept utilisé est alors celui de la « contraventionnalisation » : on paiera une amende si l’on a une petite quantité de cannabis sur soi.

Libération est bien sûr très content et a publié un article intitulé On a (enfin) compris ce que veut Emmanuel Macron sur le cannabis.

Tout en constatant qu’au fur et à mesure de ses meetings (Macron sur le cannabis, ou comment le discours politique fabrique du faux), Emmanuel Macron en rajoute toujours niveau chiffres erronés sur le fait que la justice est impuissante à enrayer la vague de gens arrêtés en raison du cannabis, les relaxant finalement.

Libération est donc allé se rensigner auprès du porte-parole d’Emmanuel Macron… qui précise la ligne de la « dépénalisation » maquillée derrière une « contraventionnalisation » bien entendu fictive.

Car les policiers ne vont pas passer leur temps à faire des contraventions devenant banal…

«Juridiquement, effectivement, c’est bien une dépénalisation» que propose Macron, dit d’ailleurs son porte-parole, Benjamin Griveaux.

«Mais on a préféré parler de contraventionnalisation, pour qu’on comprenne bien, parce que tout le monde n’a pas forcément en tête toutes les subtilités dépénalisation/légalisation», explique-t-il à Libération.

Mais pourquoi alors Macron a-t-il affirmé «ne pas croire à la dépénalisation» au Figaro la semaine dernière ?

Une confusion, argue Griveaux : «En fait, il ne croit pas à la légalisation. C’est ça, son propos.»

Sauf que nous ne sommes nullement empreints de naïveté : Emmanuel Macron est un libéral et donc il voudra forcément légaliser. La « contraventionnalisation » n’est qu’une étape pour amener la légalisation et ne pas froisser son électorat.

Les députés des Pays-Bas viennent d’ailleurs de légaliser la culture du cannabis dans leur pays. C’était inévitable, dans la mesure où le business du cannabis va devenir un nouveau terrain de bataille économique…

De plus, cela met fin à la contradiction des coffee-shops légaux mais de leur approvisionnement illégal… La balance a penché finalement du côté du libéralisme complet, fort logiquement.

Benoît Hamon : légaliser le cannabis… car il est dangereux?!

Benoît Hamon, le candidat socialiste, est un partisan de la légalisation du cannabis.

Il vient de se rendre au Portugal, où il a tenu des propos en ce sens, à l’occasion d’une rencontre avec le président de l’institut de lutte contre la toxicodépendance de Lisbonne.

« Le Portugal a fait un choix qui était audacieux, celui de décriminaliser l’usage et la consommation personnelle de toutes les drogues.

Ce qui n’est pas le choix que je préconise pour la France, puisque je préconise pour ce qui me concerne que l’on sorte du déni d’une prohibition du cannabis qui a comme double conséquence de maintenir un trafic de drogue qui tue chaque année des dizaines de personnes et, d’autre part, de ne pas regarder une réalité qui est celle de l’augmentation du nombre de consommateurs de cannabis en France.

La voie que je préconise, c’est la légalisation du cannabis comme un moyen de tuer les trafics plutôt que les trafics tuent les personnes aujourd’hui, comme c’est le cas en France, on le voit à Marseille, on le voit en Seine-Saint-Denis, on le voit dans beaucoup de territoires français.

Mais, au-delà de cela de faire en que, eh bien demain, l’on prenne en charge les conditions dans lesquelles cette drogue est consommée, plutôt que de la laisser consommer comme c’est le cas aujourd’hui sans aucune prise en charge en termes de santé publique (…).

C’est parce que je pense qu’il est dangereux de se droguer qu’il faut légaliser. »

On a ici un coup déjà utilisé par Jean-Luc Mélenchon, de se dire pour le cannabis, car contre (Jean-Luc Mélenchon est pour la légalisation du cannabis car il est contre). Seule la légalisation permettrait le recul du cannabis, ce qui est absurde.

Il y a cependant un élément de plus : l’argument de la prise en charges est employé. C’est pour cela que Benoît Hamon l’a mis en avant au Portugal.

Ce pays propose en effet une prise en charges, par l’intermédiaire de conseillers juridiques, de psychiatres et de travailleurs sociaux, qu’on est obligé de voir si on est contrôlé avec des drogues sur soi en petite quantité.

Sauf que cela n’a rien à voir avec ce que propose Benoît Hamon. Car au Portugal, ces drogues restent interdites : il y a dépénalisation du fait d’en avoir une petite quantité, nullement une légalisation.

Or, Benoît Hamon propose la légalisation…

Et juridiquement, une légalisation empêcherait une obligation d’aller voir des conseillers ou des assistants sociaux ! Donc son argument sur la prise en charges ne tient pas debout.

Un autre souci, et non des moindres, est la négation par Benoît Hamon de la mafia. En effet, les mafias installées visent le gain. Si on leur enlève leurs moyens de se les procurer, elles seront à autre chose… Comme par exemple le proxénétisme.

Qui sont d’ailleurs les morts dont Benoît Hamin se plaint ? Des trafiquants se concurrençant et se tirant dessus. Au lieu de plaindre ces morts, il ferait bien de regretter que les mafias ne soient pas écrasées en général et qu’il n’y ait pas de vastes campagnes anti-drogues, ce qui va de pair avec changer le monde.

Mais Benoît Hamon ne veut pas changer le monde, il veut juste calmer les choses, sans voir que tout part déjà dans tous les sens, faisant au passage le bonheur de Marine Le Pen.

Aux gens conscients d’assumer la culture straight edge, le refus des mafias, la lutte pour une démarche tournée vers la Nature, un mode de vie qui ne se fonde pas sur la destruction !

Le CNRS, l’EHESS et l’éloge des drogues

L’EHESS (École des hautes études en sciences sociales) est une institution parmi les plus importantes en France dans la formation d’intellectuels, le plus souvent à la fois rebelles et institutionnels.

Une autre structure est le CNRS. Tant cette institution que l’autre ne vont pas apprécier qu’on les rapproche de l’éloge des drogues.

Et pourtant! Il y a quelques jours s’est tenu un « séminaire » qui a surtout relevé de l’appel à la légalisation, surtout dans le contexte actuel.

On a eu Patrick Pharo, un philosophe du CNRS, qui est donc allé à l’EHESS pour faire l’éloge des drogues, lors d’une journée d’étude intitulée pas moins que « Se droguer pour le plaisir ».

Voici ses propos littéralement hallucinants dans les inrocks, le grand organe bobo qui l’interviewe à ce sujet.

Hallucinants, car les drogues sont comparées à une expérience extrême, relevant d’une douleur personnelle donc nécessitant d’être légalisée…

Hallucinants, donc, et totalement illégal, mais la société est libérale-libertaire dans ses moeurs, donc de tels propos sont désormais acceptables et acceptés.

Acceptés et même valorisés sous l’égide d’institutions!

Tous les travaux de recherche neurologique en attestent, les drogues activent les circuits de récompense du cerveau, comme le sexe, la nourriture ou le sport, et procurent donc du plaisir.

De ce point de vue, c’est donc un plaisir tout à fait comme un autre.

Freud a ainsi consommé de la cocaïne toute sa vie comme d’autres boivent un verre de vin tous les soirs.

Notre société porte sur les drogues un regard particulièrement hypocrite. Nous jugeons et stigmatisons ceux qu’on appelle les junkies, les toxicos, alors que toute notre vie est composée de dépendances.

A la personne que l’on aime, au café, au tabac, à telle pratique sportive, au travail, à telle habitude, etc. La liberté consiste à choisir ses dépendances.

Mais là où elles deviennent pathologiques c’est quand elles se transforment en addiction, qu’elles prennent le pas sur notre liberté. L’addiction est une pathologie de la liberté.

En psychiatrie, on considère qu’un patient est addict quand sa consommation devient souffrance et prend le pas sur le reste de sa vie. Les Américains parlent ainsi d’usage abusif de drogue, d’un usage qui prend trop de place.

Evidemment, les drogues sont dangereuses pour notre santé et évidemment, l’héroïne a plus de chances de vous rendre accro que le cannabis.

Il ne s’agit pas de faire une apologie de la drogue. Les usagers racontent souvent que leur rencontre avec la drogue les a changés.

On ne sort pas le même d’une histoire de drogue, mais comme on ne sort pas le même d’une histoire d’amour.

Je pense que l’on peut comparer la consommation de drogue à la pratique de sport extrême.

Pratiquer le saut en parachute, l’alpinisme, ou même la Formule 1 c’est à chaque fois prendre le risque de mourir, juste pour le plaisir !

Alors évidemment on va bien se préparer, minimiser les risques, mais ces derniers demeurent. Ne perdons pas de vue non plus que notre cerveau fonctionne de telle façon que nous prenons beaucoup de plaisir dans le simple fait de prendre un risque.

Nous sommes faits comme ça ! La psychologie évolutionniste l’explique car le plaisir est lié au fait de réussir un test difficile. Naître, grandir, vivre, se reproduire est dangereux, difficile, et pour survivre nous devons donc être capable de prendre des risques, être motivé par le plaisir de la récompense.

Je suis en faveur de la légalisation de toutes les drogues. Déjà pour lutter contre les trafics, l’économie clandestine et les ravages humains causés par les cartels.

Ensuite, car selon moi il est injustifiable d’interdire une consommation d’un produit qui ne vous fait du mal qu’à vous-même.

La campagne belge « Tournée minérale »

En Belgique, la Fondation contre le Cancer lance une campagne pour une « Tournée minérale« , c’est-à-dire un mois sans boire d’alcool.

La chose est présentée sous une forme de défi à soi-même, qui permettra de constater les bienfaits apportés par le fait d’éviter l’alcool. Voici les arguments mis en avant.

Tu dors mieux.

Tu as plus d’énergie, tu te sens plus en forme.

L’alcool assèche la peau. Après un mois sans, tu auras un meilleur teint et une plus belle peau.

Le sentiment irremplaçable d’avoir relevé un sacré challenge. Surtout si tu lies tes efforts à la récolte de fonds pour la recherche contre le cancer.

L’alcool est calorique. Beaucoup de gens perdent du poids en l’arrêtant.

Tu épargnes de l’argent. Découvre combien grâce à notre calculateur.

PAS DE GUEULE DE BOIS = plus de temps pour t’amuser, même le lendemain de la veille.

Vin, bière, gin… l’alcool est cher ! En 2014, chaque famille belge a dépensé en moyenne 462 euros en boissons alcoolisées : 289 euros en vins et apéritifs, 115 euros en bières et 58 euros en alcools forts. Tu peux calculer toi-même combien d’argent tu épargneras en février grâce à notre calculateur.

Arrêter de boire durant un mois permet de gérer l’alcool de manière plus saine par la suite. La plupart des gens qui en ont fait l’expérience ont déclaré que leur consommation s’était réduite, même des mois plus tard.

Quoiqu’on en dise, l’alcool n’est tout simplement pas un produit sain. A côté des classiques soirées qui se finissent penché sur la cuvette et des gueules de bois, sa consommation entraîne de sérieux risques pour la santé : dépendance, maladie du foie ou encore cancer.

Tu peux doubler l’effet bénéfique de ton mois sans alcool en augmentant en même temps ta consommation d’eau. Les avantages pour ta santé sont nombreux. Ton corps est composé en grande partie d’eau, et être bien hydraté est vraiment bénéfique. Ta peau sera plus belle, ta capacité à te concentrer augmentera et tu te sentiras globalement en meilleure forme.

L’eau est une véritable boisson énergétique ! En plus, l’eau permet de remplir l’estomac, sans absorber de calories, ce qui permet d’éviter les fringales. Et si tu crains que boire de l’eau devienne lassant, essaye l’une de nos recettes d’eaux aromatisées.

L’alcool est encore moins bon pour toi si tu fais du sport. Pendant que ton corps se charge de l’évacuer, tes muscles reçoivent moins de sucre et l’acide lactique se décompose plus lentement.

Cela se traduit par une baisse d’énergie et plus de raideurs musculaires. Selon certaines études, arrêter de boire durant une longue période permet d’augmenter la vitesse de course de 10% !

L’alcool est lié à un risque accru pour plusieurs types de cancers : bouche et gorge, larynx, oesophage, foie, sein (chez les femmes) et colorectal (chez les hommes). Dans les pays développés, on considère que l’alcool est la cause de 3% (chez les femmes) à 10% des cancers. Tu as des questions sur les liens entre alcool et cancer ? Contacte Cancerinfo gratuitement au 0800 15 801.

Il y a toute une campagne, avec des badges, des pins, des affiches, que l’on peut commander afin de lancer des initiatives là où on le peut.

Plus de 120 000 personnes ont informé qu’elles participeraient à l’initiative.

C’est une initiative intéressante, parce qu’elle va renforcer l’idée qu’on peut dire non à l’alcool. Cela banalise le fait qu’on puisse s’opposer au fait de consommer de l’alcool lors d’un événement, d’une fête, d’une réunion, etc.

Bien entendu, cela a ses limites, car le côté défi individualise la problématique, au lieu de souligner la dimension sociale de la question.

Mais quoiqu’on puisse penser des modalités, cela montre que la question de l’alcool est d’actualité, qu’il y a des gens qui dans un esprit démocratique cherchent à poser le problème.

Et posons la question : une telle campagne pourrait-elle exister en France ?

« What The Fuck France » sur l’alcool

« What The Fuck France » est une série de courtes vidéos où un anglais qui vit en France raconte les désagréments culturels qu’il connaît. Hier, il a abordé la question de l’alcool et sa vidéo vaut vraiment le détour.

Paul Taylor cautionne bien entendu l’alcool, mais ce qu’il remarque c’est une hypocrisie typiquement française concernant cette question, et c’est plutôt très bien vu.

En fait, l’alcool en France est tellement présent dans la convivialité, qu’il passe inaperçu : c’est un constat étrange à dire, mais c’est avoir bien cerné les choses.

Et effectivement, la question de l’apéritif est assez typique de l’approche française, qui vise à « socialiser » la prise d’alcool afin de la faire passer inaperçu.

L’alcool est censé faire partie de la convivialité, mais il n’est pas difficile de voir qu’en réalité, la convivialité est un prétexte pour l’alcool.

La preuve, la convivialité en question n’est pas capable d’exister sans l’alcool, alors qu’elle est censée exister de manière autonome.

Les habitants de Paris se veulent par exemple les champions de la convivialité, mais les piques-niques sur les ponts ou les quais pourraient-ils se passer de l’alcool ? Logiquement, oui, et pourtant ce n’est pas le cas, au point qu’il n’y a que de l’alcool.

Il n’y a même pas l’idée de proposer également autre chose, l’alcool est considéré comme le vecteur inévitable pour se « lâcher ».

Consommer en France autre chose que de l’alcool (ou un café) dans un café, c’est se faire escroquer, on se voit proposer grosso modo un coca, un orangina, un jus de fruit de petite taille hors de prix.

Tout est fait pour qu’il soit tellement plus facile de prendre de l’alcool, ce qui renforce une certaine image de la convivialité, qui elle-même renforce l’alcool, dans un cercle vicieux.

Enfin, pour l’anecdote, une mauvaise anecdote, voici le « What The Fuck France » sur les fêtes de fin d’année. Paul Taylor dit que les Français apprécient tellement le foie gras que même les végétaliens français acceptent d’en consommer, juste pour les fêtes…

Une sale image pour les végans français, qui provient naturellement de leur propension aisée au libéralisme…

Le monopole de la « Française du cannabis »

La proposition de loi sur le cannabis propose l’établissement d’une « Française du cannabis ». Voilà comment la chose est formulée.

« Article 7

Il est créé un monopole de production et de distribution du cannabis et des produits du cannabis, la Française du cannabis, auquel l’État donne pour mission de lutter contre le trafic de stupéfiants et de protéger la santé et la sécurité publique.

Le cannabis n’est pas une marchandise ordinaire. C’est une drogue psycho-active qui suscite une dépendance et une tolérance susceptibles de provoquer des abus dangereux pour les consommateurs et pour les tiers. La politique de l’État vise donc à instaurer une éthique de la modération grâce à des mesures de contrôle adaptées à sa dangerosité.

Le monopole a pour objet d’encadrer et de contrôler strictement sa consommation, son commerce et sa production sur le territoire métropolitain et dans les départements et territoires d’outre-mer. »

Cela signifie ici non pas que l’État autorise à certains niveaux une drogue, mais qu’il devient lui-même dealer. Dealer au sens strict du terme, par ailleurs, parce que l’État ne produirait pas lui-même.

Il achèterait une production qu’il supervise et qu’il prétend vouloir…. écologique. Les bobos veulent du business, et un business qui renforce leur approche d’une écologie réduite à une consommation « propre ».

« Article 8

Le monopole délimite les régions et définit les parcelles où la culture du cannabis est autorisée. Seules les personnes agréées par le monopole ont le droit de se livrer à cette culture. Le monopole fournit les graines aux planteurs qui doivent lui livrer la totalité de leur récolte. Il conclut avec chaque planteur un contrat de culture qui définit les conditions d’exploitation de sa parcelle et autorise ses agents à y pénétrer afin de contrôler le nombre de plants cultivés ainsi que la production livrée.

La culture du cannabis à la lumière artificielle est interdite en dehors de celle qui a pour objet la production de cannabis thérapeutique en laboratoire. L’utilisation de pesticides ou d’engrais chimiques est proscrite.

De façon générale la production de cannabis doit être écologique et respectueuse de l’environnement. »

Cela veut dire, forcément, que l’État décide de la production, de la quantité de cannabis produite. Voici le passage concerné, où l’on remarque la pseudo tentative de présenter tout cela comme une expérimentation, comme quoi on pourrait retourner en arrière le cas échéant !

Oui, on le pourra, mais pas sans révolution…

« Dans un délai de cinq ans à compter de la date d’entrée en vigueur de la présente loi, un rapport d’évaluation de la politique de légalisation contrôlée du cannabis et des produits du cannabis est adressé par le Gouvernement au Parlement. Le rapport précise en particulier les quantités produites et distribuées chaque année ainsi que l’évolution du nombre de consommateurs modérés et excessifs au cours des cinq années d’activité.

Il propose, le cas échéant, la fin de l’expérimentation de cette politique ou, si elle mérite d’être poursuivie, les adaptations nécessaires de la présente loi. »

Dans ce cadre, c’est aussi l’État qui décide quels coffeeshops (le terme n’est pas employé) peut ouvrir et les prix ne seront pas libres.

Seulement voilà : nous sommes dans un capitalisme toujours plus libéral, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de très grandes entreprises. Or, si celles-ci peuvent décider du prix qu’elles veulent de par leur poids, l’État français va buter ici sur deux obstacles.

D’abord, dans le cadre de la libre-concurrence, les prix fixes sont impossibles. Ensuite, l’idée même de monopole étatique se heurte de front aux directives européennes.

En clair, à terme le marché du cannabis sera inéluctablement libéralisé, tout comme la Poste l’a été.

L’idée même d’imposer des prix aux coffeeshops est de toute manière impossible dans les dispositions légales du capitalisme, car les coffeeshops étant formellement indépendant juridiquement, on ne peut pas lui imposer de prix par une entité extérieure.

Pareillement, il est expliqué qu’une partie du prix de vente, hors cannabis thérapeutique, ira à la sécurité sociale.

Là aussi, c’est impossible, car nous ne sommes plus en 1944-1945 avec le conseil national de la résistance instaurant la sécurité sociale. On est au contraire en pleine liquidation de celle-ci. Par conséquent, inévitablement ce dispositif servant uniquement à faire accepter la légalisation du cannabis disparaîtra à terme.

Cette proposition de loi n’est rien d’autre qu’un hold up politique visant à faire passer, coûte que coûte, la légalisation du cannabis.

Erreurs et aberrations de la proposition de loi sur la légalisation du cannabis

Accordons notre attention au contenu de la proposition de loi dont nous parlions hier (Premier pas vers le référendum sur la légalisation du cannabis) et qui vise à légaliser le cannabis au moyen d’un référendum. Il y a un nombre d’erreurs et d’aberrations qui est tel que cela en est tout de même surprenant.

Il ne s’agit pas ici du fait que, chose terrible, le cannabis y soit défini comme « stupéfiant », comme n’étant « pas une marchandise ordinaire », comme « une drogue psycho-active qui suscite une dépendance et une tolérance susceptibles de provoquer des abus dangereux pour les consommateurs et pour les tiers ».

Ce serait la reconnaissance par la loi de la légalité d’une drogue. C’est terrible, c’est une terrible défaite culturelle, la liquidation de tout projet de société idéale, c’est reconnaître qu’il faut faire avec, que finalement la vie est ce qu’elle est, c’est-à-dire dure, amère parfois, qu’il faut savoir fuir, etc.

Mais les erreurs et les aberrations vont au-delà : on sombre dans l’incohérence, avec une proposition de loi tellement pleine d’hypocrisie que le bricolage est mal fait.

On apprend par exemple que la consommation de cannabis est interdite dans les lieux et les transports publics, sous peine d’une contraventions de deuxième classe (22 euros).

On sent déjà l’absurdité de la chose : déjà que tout le monde fume partout dans les grandes villes, avec la légalisation une répression serait d’autant plus impossible…

On note une dérogation possible, à demander au préfet, pour les lieux publics : les coffeeshops (le terme n’est pas mentionné) et les manifestations publiques.

Ce qui revient à placer le cannabis simplement au niveau de l’alcool. Ce n’est pas faux en soi, nous sommes à ce titre contre l’alcool et contre le cannabis. Mais déjà que l’alcool est un vrai problème, là on voit qu’avec la loi proposée, la société assumerait encore un autre problème !

Cela montre une première erreur : prétendre gérer le cannabis comme l’alcool ou les cigarettes. Le libéralisme ne distingue rien, or tout cela n’amène que des problèmes.

Autre rapprochement, d’ailleurs, avec l’alcool, il est précisé que le cannabis ne doit pas être vendu ni offert aux mineurs.

C’est naturellement invérifiable, comme pour l’alcool et les cigarettes, c’est donc une erreur… ou de l’hypocrisie.

Mais d’ailleurs, où le cannabis va-t-il être vendu ? Ce n’est pas dit. Ce qui est absurde pour une proposition de loi…

Il est parlé des « débits à consommer sur place », des « débits à emporter du cannabis ou des produits du cannabis », mais on ne sait pas si ces endroits seront les mêmes.

On devine la reconnaissance des coffeeshops, mais pourquoi n’est-ce pas dit alors ? Et auront-ils le droit de vendre ? Cela sera-t-il vendu par les pharmacies ? Les débits de tabac ?

En tout cas, il est précisé que les coffeeshops n’auront pas le droit de vendre de l’alcool, mais par contre celui de vendre des boissons non alcoolisés. On notera pour l’anecdote que la proposition de loi par les des « boissons alcooliques des groupes 2 à 4 », en sachant que le groupe 2 n’existe plus : on sent tout de même un léger amateurisme juridique…

Il sera également interdit de fumer. En clair, cela sera des bars à chicha, mais à cannabis. Sauf que… les bars à chicha, ce n’est pas légal. On n’a pas le droit de fumer dans un espace public…

Pourtant, les bars à chicha existent bien ! Et ils pourraient donc être illégaux, mais pas les coffeeshops… A moins de devenir coffeeshop. Belle incitation !

D’autres aberrations sont par ailleurs présentes et plus marquées encore.

Ainsi :

« L’exploitant doit tenir à la disposition des clients quittant son établissement des éthylotests leur permettant d’évaluer leur degré d’imprégnation alcoolique. »

Juridiquement, cela ne tient pas, car l’endroit n’est pas censé vendre de l’alcool, donc aucune obligation juridique sur ce plan ne peut exister…

Plus délirant, il est précisé la chose suivante :

« Art. L. 3611-6. – Toute forme de propagande, de promotion ou de publicité en faveur du cannabis ou des produits du cannabis est rigoureusement interdite.

Cette interdiction ne s’applique pas aux enseignes des débits à emporter ou à consommer sur place, ni aux affichettes disposées à l’intérieur de ces établissements, non visibles de l’extérieur, à condition que ces enseignes et affichettes soient conformes aux prescriptions d’un arrêté du ministre chargé de la santé. »

En clair, la promotion du cannabis est interdite, mais les coffeeshops sont autorisés. Pourtant, les coffeeshops sont en soi une promotion du cannabis, donc ils devraient être interdits. CQFD.

Plus humoristique, on peut aussi lire :

« Art. L. 3611-7. – Il est interdit de vendre des quantités de cannabis de plus de cent grammes sauf si l’acheteur justifie de son identité et des raisons de son acquisition. »

Quelles pourraient être ces raisons, justement ? Cela n’est pas dit. Donc juridiquement, cela n’a juste aucun sens.

Pareillement, voici ce qu’on lit sur la question de la conduite :

« Même en l’absence d’ivresse manifeste, le fait de conduire un véhicule sous l’influence du cannabis caractérisé par une concentration de tétrahydrocannabinol dans le sang égale ou supérieure à 8 nanogrammes par litre est puni de deux ans d’emprisonnement et de 4 500 euros d’amende. »

Amateurisme, encore une fois, car il s’agit de millilitres, pas de litres. Et il faut savoir qu’un taux supérieur à 1 ng/ml signifie qu’on a fumé au moins dans les six heures précédentes.

Donc non seulement il s’agit de millilitre et pas de litre, mais en plus le chiffre de 8 est énorme et permet de consommer du cannabis juste avant de conduire !

Cette proposition de loi montre qu’il s’agit d’un prétexte pour légaliser entièrement le cannabis, avec quelques petits aménagements comme pour l’alcool.

Le bricolage est tel qu’on sent qu’il s’agit juste d’une contribution pour faire pencher la balance de l’opinion publique.

Premier pas vers le référendum sur la légalisation du cannabis

C’est la grande offensive pro-cannabis. Le thème a été abordé de manière ouverte lors du second débat de la primaire du parti socialiste…

Francetvinfo se demande A quoi ressemblerait la France si le cannabis était légalisé ? en interrogeant les proches des candidats pro-cannabis (Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon, François de Rugy, Yannick Jadot, Sylvia Pinel, Jean-Luc Bennahmias)…

Quant au Figaro, il nous explique que Les buralistes attendent avec impatience la légalisation du cannabis.

Mais où est alors le référendum dont nous annoncions la venue depuis quelques temps déjà ?

Eh bien cette fois le processus est enclenché, puisque onze députés ont en effet fait une proposition de loi de légalisation du cannabis, avec un appel à un référendum d’initiative partagée, sorte d’initiative forçant à un référendum.

Les onze députés sont surtout d’EELV : Laurence Abeille, Danielle Auroi, Michèle Bonneton, Sergio Coronado, Cécile Duflot, Jean-Louis Roumégas.

On a également Isabelle Attard apparentée EELV et Noël Mamère, qui a quitté EELV en 2013. A cela s’ajoute Philippe Noguès qui a quitté le PS en 2015, ainsi que Sylviane Alaux et Mathieu Hanotin, tous deux du PS.

Voici le préambule de cette proposition de loi, qui explique  justement comment le référendum peut être « forcé ».

L’article 11 de la Constitution prévoit depuis la loi constitutionnelle du 23 juillet 2008 et la loi organique du 6 décembre 2013 un référendum d’initiative partagée.

Celui-ci ne peut être organisé qu’à « l’initiative d’un cinquième des membres du Parlement soutenue par un dixième des électeurs inscrits ».

Il faut donc réunir 185 parlementaires (sur un total de 925 députés et sénateurs) et environ 4,6 millions de Francais pour pouvoir consulter le peuple.

La procédure référendaire longue et complexe exige tout d’abord le dépôt d’une proposition de loi relative à la « politique économique, sociale ou environnementale de la Nation ».

Tel est le cas de la présente proposition sur la légalisation contrôlée du cannabis qui remplit parfaitement cette condition.

Ce texte propose en effet la création d’un monopole national de production et de distribution, la Française du cannabis, pour remplacer la prohibition actuelle au profit du crime organisé.

On peut en attendre 20 000 à 30 000 emplois dans l’agriculture, l’industrie, le commerce et les services ainsi que 2 à 3 milliards d’euros de recettes et d’économies pour l’État.

Il remplace les réseaux de trafiquants qui menacent et pourrissent la vie des citoyens par une nouvelle filière d’emplois marchands et honnêtes.

La légalisation contrôlée ne se confond pas pour autant avec la dépénalisation. Tout en tolérant l’usage par un majeur à son domicile privé, le monopole national lutte contre les abus préjudiciables à la société et aux tiers.

Le texte prévoit donc d’importants garde-fous (interdiction de vente aux mineurs, d’usage public, de conduite sous l’influence du cannabis, de publicité, etc..) pour protéger la santé et la sécurité publique.

On comprend pourquoi en octobre 2016 une majorité de Français (54 % selon l’institut Yougov) se sont déclarés favorables à cette légalisation sous le contrôle de l’État. Un pourcentage qui passe à 62 % chez les 25-34 ans pour atteindre 77 % chez les 18-24 ans.

En clair la jeunesse est massivement pour la légalisation du cannabis dans laquelle elle voit une source de richesse et d’emploi. Elle regrette cependant qu’aucune offre politique ne corresponde à ses aspirations, car si elle est puissante sur les réseaux sociaux elle n’est pas représentée au Parlement.

Elle s’adresse donc à l’ensemble de la représentation nationale dans une démarche engagée mais apolitique. Considérant que la légalisation du cannabis est une mesure d’intérêt général, elle souhaite que sa proposition soit soumise au débat public ses dispositions pouvant être discutées.

En tout état de cause, dans le référendum d’initiative partagée, qui reste sous le contrôle du Conseil constitutionnel, les élus ont le dernier mot. Autre avantage, cette procédure démocratique permet de réconcilier les élites et le peuple grâce à une action commune des parlementaires et la jeunesse.

La dimension démagogique est ouvertement expliquée : on se rapprocherait du peuple avec une mesure attendue… Quelle démagogie !

Et les précautions prises pour expliquer la loi proposée amènent à des choses aberrantes conceptuellement, avec l’invention d’une légalisation « contrôlée ».

La clef du problème se retrouve dans la phrase suivante :

La légalisation contrôlée ne se confond pas pour autant avec la dépénalisation.

On est ici dans une absurdité juridique, car légaliser c’est rendre légal. Or, est légal ce que la loi autorise.

Dépénaliser signifie abandonner toutes sanctions pénales, c’est-à-dire cesser de considérer comme un délit, mais il peut exister des amendes.

Donc la phrase explique qu’on va légaliser quelque chose, c’est-à-dire le reconnaître juridiquement, donc en l’encadrant, tout en continuant de le considérer comme un délit, ce qui est un non-sens.

C’est intenable et on se doute bien que si le cannabis est dépénalisé, il sera légalisé entièrement par la suite…

Alors pourquoi cette construction intellectuelle étrange ? C’est pour obtenir la majorité au référendum justement, au moyen du simple mot « contrôlé » qui est là pour rassurer.

C’est le concept clef, la clef de voûte de la campagne pro-cannabis.

Il a d’ailleurs déjà été présent tout récemment : dans la pétition signée à Marseille, il y a quelques jours, en faveur d’une légalisation « contrôlée » du cannabis, ainsi que lors d’une conférence qui s’est déroulée au sénat en octobre.

La question du cannabis devient donc ouverte et la campagne en sa faveur s’appuie désormais sur le concept de « légalisation contrôlée », qu’il va s’agir de critiquer.

Emmanuel Macron et le tabagisme et l’alcoolisme dans le bassin minier

La question de l’alcool est tabou, il ne faut pas en parler et surtout ne pas mentionner son existence.

Aussi Emmanuel Macron a-t-il mis les pieds dans le plat lors de sa visite vendredi à Nœux-les-Mines, dans le Pas-de-Calais, où il a affirmé la chose suivante :

« Dans ce bassin minier, les soins se sont moins bien faits, il y a beaucoup de tabagisme et d’alcoolisme, l’espérance de vie s’est réduite, elle est de plusieurs années inférieure à la moyenne nationale »

C’est, au sens strict, un simple constat, lorsqu’il a constaté que les personnes travaillant dans les abattoirs avaient un niveau de scolarité extrêmement bas (voir Les travailleurs illettrés de GAD).

Une Mission bassin minier du Nord-Pas-de-Calais de 2013 constate ainsi :

« La surmortalité est la plus nette pour les décès liés à l’alcoolisme : leur nombre est supérieur de 87% chez les hommes et 138% chez les femmes à ce que l’on aurait observé dans le Nord-Pas-de-Calais si la mortalité y était la même qu’en France. »

Ce constat, Emmanuel Macron le reconnaît par populisme, car il prétend pouvoir faire changer les choses. C’est son leitmotiv comme quoi le libéralisme va redynamiser l’économie et donc les gens vont voir leur niveau de vie s’améliorer, etc.

Il est hypocrite, car ce qu’il propose ne résout rien, mais on ne peut pas dire qu’il affabule… A moins d’être populiste. On a eu droit à une déferlante sur ce plan.

Voici par exemple ce qu’a dit Steeve Briois du Front National :

Avec sa morgue de banquier parisien, Macron insulte toute la population du bassin minier ! Il doit s’excuser et vite

Macron humilie les habitants de notre région, en relayant des clichés dignes de l’ignoble banderole déployée il y a 10 ans.

Il s’agit ici d’une allusion à la banderole totalement honteuse faite par des supporters du club de football du Paris Saint-Germain, où était écrite « Pédophiles, chômeurs, consanguins : bienvenue chez les Ch’tis ».

Pierre Laurent du PCF a publié ce message :

« Analphabètes, alcooliques, fumeurs, #costard »@EmmanuelMacron. Qui méprise le peuple, méprise la France.

Dans l’émission Le grand jury, Jean-Luc Mélenchon a donné son point de vue, également similaire :

« Il n’en rate pas une, il ne peut pas s’en empêcher. Il arrive dans le Pas-de-Calais et il leur dit: +ah bah oui, il y a le tabagisme et l’alcoolisme+. Il ne manque plus que l’inceste et comme ça le tableau serait complet! »

Ce sont des réactions totalement stupides et populistes, qui nient les problèmes de l’alcool, du tabac, des drogues. Emmanuel Macron a d’ailleurs été très satisfait de cela, puisque cela lui permet de se présenter comme proche des gens et de leurs problèmes…

Voici le communiqué du mouvement d’Emmanuel Macron, En marche, où il peut profiter de la stupidité des réactions pour se prétendre le défenseur du peuple…

➜ COMMUNIQUÉ DE PRESSE

En déplacement dans le Pas-de-Calais, Emmanuel Macron s’est publiquement inquiété de l’écart d’espérance de vie entre les habitants de ces territoires paupérisés et ceux des métropoles : 5 ans de moins pour les hommes et 3 ans de moins pour les femmes que les habitants de Paris, par exemple. Le Nord-Pas-de-Calais est le territoire où les femmes et les hommes meurent le plus jeune de France.

Cet écart d’espérance de vie est lié en partie à une surconsommation d’alcool et de tabac, comme cela a été rappelé par le directeur de l’Agence Régionale de Santé du Nord-Pas-de-Calais, ancien Directeur Général de la Santé, le Dr. Jean-Yves Grall : « une forte précarité socio-économique (RSA, chômage), des habitudes de vie, notamment alimentaires, liées à la précarité, avec leurs conséquences (diabète, obésité), beaucoup d’addictions (alcool, tabac, drogue), qui sont d’ailleurs des marqueurs de la précarité ».

Il ajoutait : « Les nordistes sont durs au mal et ont recours souvent trop tard aux soins », ce qui ne permet pas de remédier à ces situations de manière satisfaisante. D’où une surmortalité de 29% chez les hommes par rapport à la moyenne nationale, et de 22% chez les femmes.

Ces comportements ne viennent pas de nulle part. Car la vérité de ce territoire, ce ne sont pas des chiffres, mais des parcours de vie. Quand un bassin de vie se paupérise, ses habitants sont frappés de plein fouet. Emmanuel Macron, conforme à sa volonté de nommer les choses et d’affronter la réalité, ne retire donc pas un mot de ce qu’il a dit.

Il note en revanche que la coalition des bien-pensants va de l’extrême-gauche à l’extrême-droite, utilisant de manière indifférenciée les mêmes déformations et les mêmes caricatures.

Il déclare : « Je trouve déplorable et malsain le choix de sujets aussi graves pour polémiquer. Ce qui m’intéresse, c’est de savoir ce que l’on peut faire pour cette région dont je viens et ces territoires que je connais depuis toujours. C’est pour cela que j’ai proposé la semaine dernière un service sanitaire de trois mois pour les plus de 40 000 étudiants en santé qui les conduiraient là où l’accès aux soins est le plus difficile.

C’est pour cela également que j’ai souhaité rendre hommage aux acteurs qui contribuent à la rénovation des logements, comme le groupe SIA que j’ai vu hier dans la cité minière de Fond-de-Sains, à Nœux-les-Mines. Je prendrai des mesures concrètes pour faciliter et accélérer leur travail qui est décisif pour le pouvoir d’achat et le confort des habitants.

Je refuse de répondre à ceux qui ont abandonné ces territoires hier, comme le Parti communiste, ou leur mentent aujourd’hui, comme le parti Front national ou des élus en mal de publicité »

Emmanuel Macron qui donne des leçons de ligne populaire au PCF, c’est dire si la polémique lui donne des ailes !

Plutôt que de faire du populisme, il faut bien plutôt assumer qu’il y a des problèmes et combattre leurs causes. A quand la diffusion de manière prolongée et populaire de la culture (vegan) straight edge dans le bassin minier ?

Il y a eu des initiatives, mais il faut de la continuité, du travail sur le terrain… C’est un combat difficile ! Mais le seul qui vaille le coup, à l’opposé d’Emmanuel Macron et de son capitalisme sauvage : il est même pour légaliser le cannabis !

« Pour une légalisation raisonnable du cannabis »

C’est une ironie qui en dit long : à quelques heures près, on trouvait deux tribunes pro-cannabis publiées sur internet, l’une expliquant que c’est quelque chose forcément de gauche, l’autre affirmant que c’est au conforme au libéralisme!

Le Monde a ainsi publié Rénover la gauche : « Légalisons le cannabis » de l’économiste Christian Ben Lakhdar, tandis que Les échos publiaient Pour une légalisation raisonnable du cannabis.

Voici cette dernière tribune, écrite par Gaspard Koenig, / philosophe et president du Think Tank Generation Libre.

Elle est le signe que le champ s’est élargi : désormais des libéraux à Jean-Luc Mélenchon, la légalisation avec des formes plus ou moins variées du cannabis a le vent en poupe.

Au moment où Emmanuel Macron, pris d’une soudaine crise paternaliste, promet une « génération sans tabac », cent cinquante personnalités marseillaises font le pari d’une « génération cannabis » en publiant une tribune en faveur de sa légalisation.

Les arguments favorables, que j’ai déjà eu l’occasion d’exposer dans cette colonne, se fondent sur la régulation intelligente d’un marché aujourd’hui souterrain : élimination des réseaux de trafiquants, baisse de la criminalité, développement économique, diversification agricole, hausse des recettes fiscales, mise en place de contrôles sanitaires, et renforcement de la prévention – sans même mentionner la liberté fondamentale, garantie par notre Déclaration des droits de l’homme, de pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui…

Ce qui restait une hypothèse théorique est désormais validé par les retours d’expérience positifs des deux Etats américains qui ont franchi le pas depuis 2013 (Colorado et Washington), rejoints depuis par six autres.

Il va sans dire que légaliser le cannabis ne revient pas à encourager sa consommation ni à minimiser ses effets parfois dévastateurs, mais à le traiter pour ce qu’il est : une drogue douce, généralement considérée comme moins addictive et moins nocive que le tabac ou l’alcool, et dont les vertus médicinales sont connues depuis l’Antiquité.

Les derniers doutes qui pouvaient me rester ont été balayés – ou plutôt : évaporés… – par la lecture de Bruce Barcott, un journaliste américain qui a enquêté sur l’histoire du cannabis aux Etats-Unis et en a tiré un livre au titre incitatif : « Weed the People ».

On y découvre comment la politique de prohibition fut l’oeuvre d’intérêts bureaucratiques puis politiques, parfaite illustration de la théorie des choix publics.

Son architecte en chef, Harry Anslinger, directeur du bureau fédéral des narcotiques, se cherchait une raison d’être dans l’Amérique de la Grande Dépression, et se lança dans une croisade idéologique tous azimuts, multipliant les corrélations hasardeuses et les dénonciations abusives (il s’indignait par exemple que la marijuana tende à favoriser les relations sexuelles entre femmes blanches et hommes noirs).

Le rapport La Guardia de 1944, reprenant les conclusions de l’Académie de médecine de New York, conclut pourtant à l’innocuité du cannabis ; près de trente ans plus tard, la commission Shafer, présidée par des républicains conservateurs, demanda sa dépénalisation.

Mais les névroses de Richard Nixon puis de Nancy Reagan eurent raison de l’évidence scientifique. Et la France, en criminalisant à son tour le cannabis dans les années 1970, n’a fait que suivre la tristement inefficace « guerre contre la drogue » lancée outre-Atlantique.

Depuis, nos gouvernants s’appliquent eux aussi à enterrer les rapports, comme l’année dernière les conclusions de la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives, qui préconisait à tout le moins de transformer le délit de consommation de cannabis en simple contravention.

Faute de quoi, les 17 millions de Français ayant déjà fumé du cannabis restent toujours passibles d’un an de prison…

La question n’est donc plus d’évaluer les mérites d’une prohibition qui n’aurait jamais dû voir le jour, mais de comprendre qui peut encore s’opposer à une politique de légalisation raisonnable, éprouvée, respectueuse de l’individu et bénéfique pour la société.

Les signataires de la tribune marseillaise dénoncent à juste titre « un ordre moral qui ne repose sur aucun élément prouvé par la science ».

Ils auraient pu ajouter que, bien souvent, les mêmes qui s’opposent à la légalisation au nom de principes indicibles, se lamentent que la France n’ait pas encore mis en place ces fameuses réformes-structurelles-que-tout-le-monde-connaît. Comme si la rationalité politique devait s’exercer dans un cas, mais pas dans l’autre.

Comme si l’on pouvait faire confiance à l’individu pour « se former », « être flexible », « entreprendre sa vie », mais pas pour gérer convenablement ses plaisirs. Si vous vous pensez réformateur vis-à-vis du droit du travail, élargissez la lunette, poussez le raisonnement, regardez le cannabis sous toutes ses facettes. Concluez.

Les caves de l’Elysée contiennent, dit-on, quinze mille bouteilles des meilleurs vins français. Il est temps que son prochain occupant en tire les conséquences, et permette à ses compatriotes de savourer sans craindre le gendarme les moments de détente du corps et de l’esprit que la République offre si généreusement à ses hôtes.

Campagne forcenée pro-cannabis à Marseille

Cette tribune rendu publique hier dans le Journal du Dimanche est une énième provocation de plus en faveur du cannabis. Elle a cela d’on ne peut plus hypocrite, cependant, qu’elle vient… de Marseille.

Une ville gangrenée par la mafia, et certainement pas uniquement par la mafia du cannabis ! Prétendre donc pacifier Marseille au moyen de la légalisation « contrôlée » du cannabis est donc ridicule.

Il est vrai que les actions spectaculaires des mafieux ces derniers temps à Marseille ont marqué les esprits. Mais pense-t-on réellement que ces pratiques et la culture qui va avec vont disparaître aussi simplement?

C’est le profit facile qui est l’objectif des mafieux, qui est le moteur des mafias. Qu’il y ait une répercussion sociale pour le petit dealer tentant de gagner sa vie, c’est relativement vrai mais ce n’est nullement le moteur réel de la mafia.

Quel rapport alors avec « l’ordre moral » et l’exclusion des personnes dépendantes dénoncés dans le texte?

Notons au passage que Patrick Mennucci a signé également cette tribune. Aux élections municipales marseillaises de 2014, il a terminé derrière l’UMP et le FN. S’il croit que c’est avec ce genre de choses qu’il va revenir dans la course, c’est raté…

Quant à une autre signataire marseillaise, Marie-Arlette Carlotti, député dans les Bouches du Rhône, citons au passage un de ses propos pro-corrida :

« Au début j’avais peur. Mes amis m’y ont amenée. Quand ça vous prend, ça ne vous lâche plus. Maintenant, c’est sans culpabilité. »

Pas de rapport avec le cannabis, mais il y a tout de même un fond commun : l’incapacité à proposer une utopie positive, des valeurs morales, des principes universels, le tout en adéquation avec une vie naturelle.

Voici la tribune.

« Depuis près d’un demi-siècle, la loi qui s’applique à la consommation du cannabis est prohibitionniste, répressive et punitive. Pourtant la dangerosité du cannabis est sans commune mesure avec celle du tabac (60.000 morts par an) et de l’alcool (40.000 morts par an), qui sont des drogues licites.

La prohibition du cannabis est un échec :

• Elle est directement responsable, chez nous, de réseaux, de trafics très organisés, qui brassent des sommes considérables et gangrènent de nombreux quartiers. Les règlements de comptes (2014 : 15 faits, 10 décès, 2015 : 13 faits, 14 décès, 2016 : 34 décès) sont très majoritairement liés au trafic de cannabis. 20% de l’activité policière concerne le trafic de cannabis (9.095 procédures pour infraction à la législation sur les stupéfiants en 2015, à 90% pour le cannabis, contre 6.808 en 2012, soit une augmentation de 25%).

• La répression a un coût important (santé, police, justice, prison) qui ne va pas aux investissements nécessaires et productifs (santé, logement, école, travaux publics, sécurité).

• Elle est dommageable pour la santé, car la clandestinité des pratiques éloigne les consommateurs de la prévention, de la réduction des risques et des soins. Le rajeunissement constaté des premières consommations impose des mesures innovantes auprès des jeunes ; mais aucun dispositif spécifique opérant n’existe dans les établissements scolaires, des points accueil écoute jeunes ferment, et les consultations jeunes consommateurs peinent, du fait de la prohibition, à attirer de jeunes usagers inquiets d’exposer leurs questionnements.

• La prohibition génère de l’exclusion puisque des personnes présentant un mode de vie particulier ou une pathologie addictive sont stigmatisées, rejetées, punies, rendues responsables de méfaits dont elles sont souvent les victimes. Et ce, au nom d’un ordre moral qui ne repose sur aucun élément prouvé par la science.

«C’est pourquoi nous lançons de Marseille cet appel à la France, pour que le débat sur la légalisation du cannabis soit ouvert»
Nous, Marseillais, conscients du désastre que cause le trafic dans notre ville, appelons aujourd’hui à une légalisation contrôlée de la production, de la vente et de la consommation, telle qu’elle existe déjà dans plusieurs pays, comme la solution raisonnée que nous devons choisir.

La fin de la prohibition aurait de nombreux effets positifs : la fin des réseaux mafieux qui prospèrent sur l’interdit, et qui tuent ; les économies substantielles qui bénéficieront à notre économie ; une taxation légitime sur la vente qui ferait rentrer de l’argent dans les caisses de l’État ; la réorientation de l’activité de la police et de la justice vers d’autres actions de sécurité ; l’amélioration de la santé des jeunes consommateurs parfois piégés dans un usage nocif ou une dépendance, et une vraie politique de prévention qui serait connexe à la légalisation ; la sortie de l’exclusion et une amélioration de la citoyenneté des personnes qui consomment et que la criminalisation de leur comportement rejette dans l’illégalité ; une organisation nouvelle de la production qui créera des emplois dans l’agriculture.

Il est temps d’agir. Marseille souffre des dommages causés par la prohibition du cannabis. Nous voulons porter le changement et appeler à une politique plus efficace et plus humaine. C’est pourquoi nous lançons de Marseille cet appel à la France, pour que, dans la période électorale qui arrive, le débat sur la légalisation du cannabis soit ouvert. »

La liste des signataires :

Menucci Patrick, Député
Stambul Béatrice, Psychiatre. Présidente d’honneur de l’Association Française de Réduction des Risques
Granger Yann, Coordinateur du CAARUD du Bus 31/32
Pérez Fabien, Avocat

Adloff Céline, Éducatrice spécialisée
Appia Brigitte, Retraitée
Apostolidis Thémis, Professeur de psychologie sociale
Battesti Emma, Comédienne
Bagnis Olivier, Médecin référent CSAPA des Baumettes
Barles Sébastien, Enseignant, Chargé de Mission au Parlement Européen
Bartolo Karine, Psychiatre addictologue
Bartolomei Christine, Magistrat retraitée
Bartolomei Louis, Magistrat retraité
Bayet Guillaume, PH Unité Sanitaire des Baumettes APHM
Beau Sophie, Directrice d’association humanitaire
Beaucamp Aurélien, Président AIDES
Beetlestone Emma, Psychiatre
Beitone Alain, Professeur retraité
Benmaria Nassera, Conseillère d’arrondissement, députée suppléante
Benmohammed Djamel, Coordinateur ASUD
Bennahmias Jean-Luc, Président du Front Démocrate UDE
Bensussan Agnès, Sociologue
Billy Pierre, Chef de service Foyer d’Accueil Médicalisé
Blaine Julien, Poète
Blanc Dominique, Médecin généraliste UCSA Baumettes
Bonnemain Tristan, Graphiste
Bonnet Didier, Association ADRETS
Boulanger Sylvie, Psychologue clinicienne Réseau Marseille Santé Sud
Bourelly Michel, Militant associatif, Moniteur d’études en sciences sociales ANRS
Bourlière Marc, Chef de service Hépatogastroentérologie Hôpital Saint-Joseph
Bret Robert, Retraité, ancien parlementaire, militant associatif (OIP)
Breton Christine, Conservateur honoraire du Patrimoine
Brollo Sylvie, Psychologue CSAPA Prisons de Marseille
Brun François, Médecin généraliste
Bruschi Christian, Professeur émérite des facultés de droit, avocat honoraire
Bruschi Myrtho, Avocat Honoraire
Camil Silvie, Directrice ASUD Mars Say Yeah
Cano Lucia, Architecte
Carlotti Marie-Arlette, Députée
Carouge Clément, Fondateur de la Nuit Magazine
Carrieri Patrizia, Chercheure INSERM
Chabannes Jean-Marc, Psychiatre APHM
Chapiro Claude Renard, Intervenant culturel
Chappe Cécile, Technicienne d’études cliniques Hôpital St Joseph
Chevalier Marielle, Éducatrice spécialisée
Chuzeville Marie-Claude, Ancienne Principale de collège
Clarte Florian, Moniteur d’escalade
Clarte Renaud, Psychiatre APHM
Condro Salvatore, Sociologue
Correard Régis, Salarié
Corsini Lionel, Dj Oil
Cottereau Joris, Moniteur éducateur
De Boissezon Bruno, Chef d’entreprise
Decamps Yann, Comédien
De Cerou Jean-Baptiste, Haut fonctionnaire
De Leusse Christian, Responsable associatif
Denambride Alix, Metteure en scène
De Severac Marie-Laure, Médecin
Desgranges Béatrice, Directrice de festival
Marie Dijon, Chef de cuisine
Dinard Michel, Auteur Compositeur Interprète
Diakhaté Lamine, Responsable PS sénégalais à Marseille
Djaffri Abdelghani, Intervenant de proximité
Doumenc Camille, Éducatrice spécialisée, coordinatrice CSAPA
Duport Claire, Sociologue
Febvrel Didier, Médecin de Santé Publique
Félius Stéphane, Chef de service structure Médico Sociale
Fieulaine Matthieu, Coordinateur Association SANTé!
Fourest Alain, Responsable associatif
Frappas Mylène, Cadre de Santé Publique – Marseille
Freschel Agnès, Journaliste
Gadelius Hans, Médecin addictologue
Galinier Anne, Coordinateur Espace Santé APHM
Gasiglia Caroline, Présidente CAARUD Le Tipi
Gaudion Lucien, Artiste
Girard Vincent, Psychiatre APHM
Goldet Hélène, Présidente du CIQ
Granjon Bernard, Président d’Honneur de Médecins du Monde
Hadj-Chick Haouaria, Conseillere départementale
Hariton Bernard, Médecin généraliste
Hazer Bénédicte, PH Médecin urgentiste
Hispa Dorian, Responsable EELV
Hoareau Emmanuelle, Sociologue InCITTA et GVRS
Hourrier Ketty, Éducatrice spécialisée
Iivanez Philippe, Artiste & Cuisinier
Jordan Claude, Directeur CSAPA/CAARUD
Kerdudo Olivier, L’Amateur (Artiste et programmateur)
Kerimel Eric, Directeur général d’Habitat alternatif et Social
Kilidjian Dro, Programmateur musique
Laberthe Sandra, Infirmière
Lacoste Patrick, Responsable associatif
Lagati Nadia, Artiste & Cuisinière
Lancon Christophe, Psychiatre APHM
Lardillier Dominique, Médecin
Lasolle Claire, Citoyenne – Trésorière de l’association SOLARIS / Videodrome 2
Laurent-Crippa Dominique, Infirmière de secteur psychiatrique
Lebrun Maela, Infirmière Cheffe de service
Le Flour Marine, Artiste Plasticienne et Dj Pé Pé, Régisseuse
Lenoir Sylvia, Chef de service CHRS et CAARUD
Levi Joachim, Association Nouvelle Aube
Longère Serge, Directeur d’établissements médico-sociaux
Lyon Delphine, Policière
Mahachi Osman, Militant associatif
Malaval Isabelle, Coordinatrice générale PACA Médecins du Monde
Martel Frédéric, Journaliste/ Ecrivain
Martin Victor, Intervenant de réduction des risques
Matenot Nicolas, Psychologue Social de la Santé
Mélère Julie, Professeur de lettres modernes
Mélia Corinne, Coordinatrice Réseau Santé OEB
Merbah Nasser, Professeur d’EPS
Mikowsky Sonia, Scénographe
Mokhtari Saadia, APHM Médecin maladies tropicales
Monge Axelle, Chef de projet culture
Moukomel Marianne, Orthophoniste retraitée
Musso Sandrine, Antropologue
Nave Constance, Présidente SOS Hépatites PACA
Naudin Jean, PUPH Psychiatre, Docteur en philosophie
Noël Benoît, Chef de service établissement médico-social
Nugoli Hélène, Policière
Ohanessian Yannick, Elu CESER PACA
Olenine Alexandre, Animateur de prévention
Paraponaris Hervé, Artiste, Enseignant chercheur
Pendaries Jean-René, Citoyen
Pétrot Jean-Philippe, Infirmier psychiatrique
Pigamio Marion, Cheffe d’entreprise
Pigamo Nathalie, Conseillère Métropolitaine
Policard Yael, Etudiant
Poitevin Christian, Adjoint à la culture Marseille 89-95
Putzschel Dirk, Médecin addictologue APHM
Richez-Battesti Nadine, Enseignante – chercheur AMU
Rooijackers Jean-Régis, Coordinateur de structure médico-sociale
Roux Perrine, Chercheure INSERM
Saint-Girons Nicolas, Enseignant
Santucci Jean-Jacques, Directeur Addictions Méditerranée
Scheidt Bertrand, Producteur de spectacles
Scotto Eric, Commerçant
Simon Nicolas, Psychiatre APHM
Spire Bruno, Ancien Président de AIDES
Sportis Cécile, Ancienne diplomate
Stambul Édouard, Professeur
Stambul Pierre, Professeur retraité
Stambul Samuel, Architecte
Tagawa Anne-Marie, Éducatrice de Prévention Quartiers Nord retraitée
Tiran Emma, Fonctionnaire Territoriale
Toubiana Pierre, Médecin de Santé Publique retraité
Trignac Cyrille, Militant associatif, politique, syndical
Tur Vera, Directrice d’école maternelle
Vassas Stéphanie, Directrice ANPAA
Vercey Renaud, Réalisateur multimédia
Viard Jean, Chercheur
Vidal Anne, Psychologue clinicienne
Vigier Emmanuel, Réalisateur
Zurbach Etienne, Coordinateur TREND SINTES

Sylvia Pinel et la légalisation du cannabis comme « extension du champ des libertés individuelles »

Sylvia Pinel est la présidente du parti radical de gauche, qui va participer aux primaires organisées par le parti socialiste. Au début, elle comptait se présenter directement, mais les sondages lui accordaient 0 % donc elle a décidé d’accepter les primaires rejetées ouvertement auparavant.

Sa ligne est libérale-libertaire mais, naturellement, difficile encore de le dire tel quel. Aussi y a-t-il le thème de la sécurité qui a été saupoudré sur la justification de la légalisation du cannabis…

Voici à quel point c’est mal fait et révélateur d’une sacrée hypocrisie, au moyen de son « projet présidentiel ».

Cela commence donc de la manière suivante :

« Une République forte pour assurer la sécurité de tous.
Notre sécurité est un devoir. Je dégagerai tous les moyens pour lutter contre le terrorisme et la radicalisation. J’engagerai par ailleurs un combat déterminé contre les réseaux mafieux liés à la drogue par la légalisation encadrée du cannabis. C’est aussi une exigence de santé publique. »

Quand on lit cela, on comprend donc que la légalisation du cannabis est motivée par la lutte contre les mafias.

Cependant, que lit-on un peu plus loin ?

Qu’en fait, la consommation du cannabis serait un « droit ». Pour bien le souligner, c’est mis côte à côte avec d’autres « droits » considérés comme « nouveaux » à obtenir…

« INSTITUER DE NOUVEAUX DROITS

Le droit de mourir dans la dignité
La possibilité pour toutes les femmes de recourir à la PMA sans conditions
Le droit de vote pour les étrangers résidents en situation régulière
La légalisation de l’usage du cannabis, sous contrôle de l’État »

La contradiction est ici totalement évidente. Et comme le « projet présidentiel » fait 54 pages, il a fallu bien aborder cela.

Voici comment Sylvia Pinel tente de s’en sortir, au prix de multiples contorsions :

« La légalisation du cannabis, que je propose, ne doit pas être seulement regardée comme un élément d’extension du champ des libertés individuelles. Elle doit également s’analyser comme un moyen efficace de lutte contre les réseaux de trafic et la délinquance organisée.

La légalisation du cannabis devra s’accompagner de mesures destinées à prévenir les usages nuisibles à la santé, comme à la sécurité : Les ventes seront contrôlées par l’État sur le modèle de la commercialisation d’alcool.

Le cannabis sera en accès libre dans les pharmacies. Le prix d’achat sera calibré. Il devra être suffisamment élevé pour ne pas encourager les ventes, mais suffisamment bas pour prévenir le développement de réseaux souterrains.

Les sanctions contre l’usage de cannabis au volant seront fortes et les contrôles plus fréquents. Les tests salivaires pourraient être systématiquement effectués lors des contrôles. Des contrôles stricts seront effectués sur la qualité de ces produits pour répondre à la problématique de santé publique que posent les substances actuelles. Les risques en seront atténués.

J’ajoute que l’intervention de l’Etat dans le dispositif de production, de commercialisation et de contrôle du cannabis génèrera de nouvelles recettes publiques, de l’ordre de 2 milliards d’euros. »

On l’aura compris : l’argument des recettes publiques est censé justifier le tout.

La lutte contre les mafias est bien ce qui est secondaire par rapport à ce qui est bien défini comme une « extension du champ des libertés individuelles ».

Un peu plus loin, on trouve toutefois ce petit rappel :

« Légaliser l’usage du cannabis Pour être pleinement comprise, cette mesure de libéralisation doit être mise en rapport avec la politique de sécurité intérieure (voir ci-dessus). »

C’est là que toute l’hypocrisie se révèle : l’argument anti-mafias est juste censé rassurer, donner un justificatif social positif à quelque chose qui doit être considéré pour ce que c’est, à savoir une véritable régression !

Légalisation du cannabis aux États-Unis et banalisation

C’est une information intéressante diffusée par La Dépêche :

« La consommation de cannabis des 13-14 ans et 15-16 ans aurait augmenté respectivement de 2% et 4% dans l’État de Washington depuis la loi de 2015 autorisant l’utilisation récréative de la substance, selon des chercheurs de l’université de Californie à Davis (UC Davis) et de l’université de Columbia.

D’après cette étude, menée auprès de 254.000 adolescents dans l’État de Washington et le Colorado, la perception négative du cannabis a chuté de 14% et de 16% depuis la légalisation auprès des mêmes catégories d’âge. »

Dans d’autres médias, on peut trouver des informations expliquant plus moins le contraire.

Cependant, dans tous les cas, on peut partir du principe suivant : un bien de consommation légalement disponible perd de facto toute perception négative.

Nous vivons en effet dans une société de consommation : si le marché le propose, c’est que c’est acceptable. C’est bien pour cela que les gens achètent de la viande. Ils ne sont pas « spécistes », mais simplement consommateurs.

Cela ne veut d’ailleurs pas dire qu’il faille les convaincre de « consommer » différemment, car on ne combat pas l’aliénation en tentant de la dévier. Culturellement, les gens mangeant du simili-carné, selon nous, reviendront au carné (ou bien romprons avec le simili-carné).

Il faut envisager les choses comme producteur, pour un monde entièrement différent. C’est une approche universelle.

Le cannabis, s’il était vraiment quelque chose de positif, serait d’ailleurs mis en avant comme universel, devant être assumé par l’État au service de la société.

Ce n’est pas du tout ce qui arrive : c’est sous la forme du libéralisme le plus mercantile que le cannabis est valorisé.

Et, par définition dans notre société, ce qui est valorisé économiquement est valorisé culturellement. Si le cannabis devient une marchandise, alors il a une valeur en tant que telle.

Il participe à l’ensemble de l’économie, il devient un bien comme un autre.

Donc il devient banal pour les jeunes générations n’ayant pas de recul et partant de là, cette drogue s’installe.

C’est une raison pour laquelle les personnes plus âgées doivent absolument assumer leur responsabilité envers la jeunesse et réfuter toute banalisation du cannabis.

Plus le cannabis aura l’air de pouvoir être légalisé, plus il se banalisera, plus il sera présent dans la vie quotidienne. Ce qui renforcera le mouvement en faveur de la légalisation, formant un cercle vicieux.

A quoi il faut opposer le cercle vertueux : respect de soi même – refus de la dépendance – opposition au cannabis – refus de toutes les drogues.

Refuser franchement le cannabis

« La légalisation du cannabis, enjeu inattendu de la primaire à gauche » dit l’Express : c’est faux et nos articles ont l’utilité de tracer le parcours de la grande opération qui a lieu depuis plusieurs mois en faveur de cette légalisation.

Car l’affaire est entendue : le cannabis va devenir l’un des grands thèmes « mobilisateurs » à gauche. C’est une catastrophe, parce que cela signifie qu’il ne s’agit plus du tout de changer le monde, mais au mieux de le gérer.

Et c’est vrai pour cinq des sept candidats à la primaire à gauche, à quoi s’ajoute Jean-Luc Mélenchon, ainsi qu’Emmanuel Macron si jamais on le classe à gauche.

On le savait déjà, toutefois, que la gauche était devenue une sorte de gestionnaire social du capitalisme, mais la question du cannabis fait que là les choses sont vraiment visibles : quand on capitule devant la drogue, alors cela veut dire qu’on est prêt à tout accepter, qu’on a plus aucun idéal.

Il appartient aux gens qui ont une conscience sociale de réagir, et de sortir d’un piège.

En effet, il ne s’agit plus ici d’être sympathique individuellement, tolérant ou libéral et de dire qu’une personne qui fume par-ci par-là, après tout cela n’est pas grave. La question va bien plus loin, elle concerne la définition même de ce que peut être une vie heureuse, une vie sans dépendance.

Car le cannabis signifie à la fois la dépendance et la fuite vers un paradis artificiel. Et l’enfer est pavé de bonnes intentions : sous prétexte de dire qu’après tout, fumer du cannabis ne cause pas de préjudice à autrui, que ce n’est pas si toxique, on rentre dans l’engrenage d’accepter le cannabis en tant que tel.

Pourtant, il est évident qu’il faut bien mettre une limite. Et au moins la question de la légalisation du cannabis a le mérité d’apporter de la clarté en ce domaine.

Il faut arrêter la tolérance et le fait d’imaginer qu’on serait un rabat-joie si on se dénonce le cannabis, au lieu de se contenter de se mettre à l’écart. Il faut de l’intervention ! Il faut de la dénonciation !

Cela ne veut pas dire qu’il faille faire cela n’importe comment, mais c’est impératif ! Sans cela, non seulement le cannabis va être légalisé, mais en plus la principale forme d’opposition à cela va consister en les religieux et les conservateurs.

Étant donné que le nombre de personnes qui consomme du cannabis en France est très important, on a ici un thème vraiment essentiel du débat public.

Les gens vont en parler, les gens vont en débattre, il va y avoir beaucoup de discussions et il faut que les gens conscients s’arment d’arguments et d’éléments culturels pour dire non au cannabis, pour refuser sa reconnaissance légale.

L’humanité a besoin d’avoir la tête claire, libre de drogues, en étant joyeuse en profitant de la vie, dans la reconnaissance de la Nature. Pourquoi fuir une réalité qui pourrait être tout à fait différente ?

Comme si d’ailleurs fuir était possible ! La drogue, toute drogue y compris le cannabis, ne signifie rien d’autre que l’auto-destruction, la mise en parenthèse de ses propres exigences.

L’ivresse du cannabis est un abrutissement, un écrasement de sa propre personnalité.

Alors qu’il faut épanouir sa personnalité, ce qui passe déjà par le respect de soi !

Et cela veut dire refuser franchement le cannabis.

Cannabis au Canada : les mesures pour « minimiser les dangers »

Le Canada a rendu public un « cadre pour la légalisation et la réglementation du cannabis au Canada », en tant que « rapport final du Groupe de travail sur la légalisation et la réglementation du cannabis ».

C’est un document très long, dont voici un passage nous concernant, puisque de nombreuses personnalités politiques, dans notre pays, se sont prononcées en faveur de la légalisation.

Il s’agit des mesures de sécurité visant à encadrer un produit censé être inoffensif… Et on s’aperçoit ici qu’il va y avoir toute une réglementation permettant d’épauler la naissance de ce nouveau marché du cannabis.

On est ici dans un processus très complexe, mêlant drogues et capitalisme, avec un objectif très clair : bien encadrer dès le départ, pour empêcher par la suite tout recul concernant la légalisation…

Afin de minimiser les dangers, le Groupe de travail recommande au gouvernement fédéral ce qui suit :

Établir un âge minimum national à 18 ans pour l’achat, en reconnaissant le droit des provinces et des territoires de l’harmoniser avec leur âge minimum pour l’achat d’alcool
Appliquer des restrictions exhaustives à la publicité et la promotion du cannabis et de marchandises connexes par quelque moyen que ce soit, y compris par parrainage, par endossement et par valorisation de la marque, comme pour les restrictions sur la promotion des produits de tabac
Permettre une promotion limitée dans des endroits qui sont accessibles aux adultes, semblable aux restrictions sous la Loi sur le tabac
Exiger un emballage simple pour les produits de cannabis qui permet les renseignements suivants sur les emballages : le nom de la compagnie, le nom de la souche, le prix, les teneurs en delta-9-tétrahydrocannabinol (THC) et en cannabidiol (CBD), et les avertissements ainsi que d’autres exigences en matière d’étiquetage
Imposer des sanctions strictes sur les promotions fausses ou trompeuses, ainsi que les promotions qui encouragent la consommation excessive, lorsque la promotion est permise
Exiger que toutes les allégations thérapeutiques faites dans la publicité soient conformes à la loi applicable
Fournir des ressources et permettre la détection et l’application en cas de violations des restrictions en matière de publicité et de marketing, y compris par l’entremise de médias traditionnels et sociaux
Interdire tout produit jugé attrayant pour les enfants, y compris les produits qui ressemblent ou qui imitent des aliments familiers, dont l’emballage ressemble à celui de bonbons ou qui sont de couleur vive ou avec des personnages de dessins animés ou d’autres dessins ou images qui attireraient les enfants
Exiger un emballage opaque, refermable, à l’épreuve des enfants ou protège-enfants, en vue de limiter l’accès des enfants à tout produit à base de cannabis
De plus, en ce qui concerne les produits comestibles :Mettre en œuvre l’emballage avec une portion individuelle standardisée, avec un symbole universel de THC
Fixer une quantité maximale de THC par portion et par produit
Interdire les produits mélangés, par exemple les boissons alcoolisées infusées au cannabis ou les produits à base de cannabis avec du tabac, de la nicotine ou de la caféine
Exiger un étiquetage approprié sur les produits à base de cannabis, incluant ce qui suit :Étiquette avec un texte de mise en garde (p. ex. « TENIR HORS DE LA PORTÉE DES ENFANTS »)
Degrés de THC et de CBD
Pour les produits comestibles, les exigences en matière d’étiquetage qui s’appliquent aux produits alimentaires et aux boissons
Créer un cadre législatif souple qui pourrait être adapté à de nouvelles preuves sur des types de produits particuliers, sur l’utilisation d’additifs ou d’édulcorants ou sur la précision de limites de THC ou d’autres composantes
Assurer la surveillance réglementaire des concentrés de cannabis afin de réduire au minimum les risques associés à la production illicite
Élaborer des stratégies pour encourager la consommation de cannabis moins puissant, y compris un régime de prix et fiscal fondé sur la puissance pour décourager l’achat de produits très puissants
Exiger que tous les produits de cannabis comprennent des étiquettes identifiant les teneurs en THC et en CBD
Permettre un cadre législatif souple qui pourrait s’adapter aux nouveaux éléments de preuve afin de fixer des règles pour les limites de THC ou d’autres composants
Élaborer et mettre en œuvre des stratégies factuelles d’éducation du public pour informer les Canadiens sur les risques liés à la consommation problématique et pour fournir une orientation sur la consommation à risque plus faible
Effectuer l’analyse économique nécessaire en vue d’établir une approche fiscale et de prix qui établit un équilibre entre la protection de la santé et le but de réduire le marché illicite
Collaborer avec les gouvernements provinciaux et territoriaux pour déterminer un régime fiscal qui inclut la répartition équitable des recettes
Créer un système souple qui peut adapter les approches fiscales et de prix aux changements qui surviennent dans le marché
S’engager à utiliser certaines recettes provenant du cannabis comme source de financement pour l’administration, l’éducation, la recherche et l’application de la loi
Concevoir un régime fiscal fondé sur la puissance du THC pour décourager l’achat de produits très puissants
Mettre en œuvre dès que possible une campagne d’information du public fondée sur des données probantes, visant l’ensemble de la population, mais qui met l’accent sur les jeunes, les parents et les populations vulnérables
Coordonner les messages avec les partenaires provinciaux et territoriaux
Adapter les messages éducatifs en fonction de l’évolution des éléments de preuve et de la compréhension des risques pour la santé, en travaillant avec les partenaires provinciaux et territoriaux
Faciliter et surveiller les activités continues de recherche sur le cannabis et l’affaiblissement des facultés, en tenant compte des incidences sur les politiques en matière de santé et de sécurité au travail
Travailler avec les organismes fédéraux, provinciaux et territoriaux existants pour mieux comprendre les problèmes potentiels de santé et de sécurité au travail liés à l’affaiblissement des facultés par le cannabis
Collaborer avec les provinces, les territoires, les employeurs et les représentants syndicaux pour faciliter l’élaboration de politiques sur facultés affaiblies au travail