• Les chasseurs et le Diplôme d’Université en droit animalier

Des “logements” pauvres à Hong Kong

La Society for Community Organization, une organisation non gouvernementale liée à la religion et active à Hong Kong, lance une campagne sur les logements dans ce paradis du capitalisme.

Voici des photos illustrant cette sinistre réalité. Hong Kong, c’est 7 millions de personnes qui vivent sur environ 1 100 km2 et les grandes tours symboles de la machinerie économico-financière côtoient des logements minuscules, de quelques mètres carrés, où s’entassent les travailleurs.

Si l’on voulait faire un portrait de la tendance véritable au sein de la quête de profit, on tomberait inévitablement sur la tentative de former un monde qui ressemblerait à Hong Kong. Un monde totalement dénaturé, voilà le cœur culturel d’une tendance à bétonner de manière « rationnelle », niant la réalité animale, naturelle de l’humanité.

Beaucoup de gens espèrent échapper à cette tendance en France, entre autres, en cédant à l’appel de la petite propriété. Sauf que celle-ci est tout autant dénaturée, qu’elle coûte une fortune en entretien et fera que les crédits prendront vite à la gorge…

En réalité, c’est tout un nouveau projet collectif qu’il faut développer, pour échapper à la dénaturation dont Hong Kong n’est qu’un exemple parmi une multitude d’autres.

L’humanité coupée de Gaïa, c’est cette tendance à toujours davantage de villes, davantage de béton. C’est pour cela que, en terme de « philosophie », libération animale et libération de la Terre vont forcément de pair, l’une appuie l’autre, se transforme en l’autre, et inversement.

Parce ce qui compte, c’est la reconnaissance de la Nature comme réalité, à la place de la mégalomanie de la folie d’une humanité prisonnière du profit !

 

Gaïa et la surpopulation humaine

On nous pose parfois la question de la surpopulation, et il est vrai que nous n’en parlons jamais. En fait, la question de la surpopulation est tellement marquée que nous la considérons comme ne valant même pas la peine d’en parler.

Naturellement, il n’y aura pas de retour à une vie sauvage présente massivement sur la Terre sans que l’humanité ne recule sa présence, c’est une évidence.

Seulement, cela n’a pas de rapport direct avec la théorie expliquant qu’il y a surpopulation et que c’est un problème majeur.

Cette théorie, formulée par Thomas Malthus (1766–1834), n’a rien été d’autre qu’une théorie pour expliquer que si la grande masse des gens est extrêmement pauvre, c’est parce que trop d’enfants sont faits. Pour parler plus clairement : c’est la faute des pauvres s’ils sont pauvres, ils font des enfants qui ensuite sont trop nombreux adultes, etc.

Au 20ème siècle, la même théorie a été formulée au sujet de la population du tiers-monde, les « blancs » seraient « assiégés » par une horde de barbares, etc. etc. La nouvelle « La planète des singes », à l’opposé des excellents films des années 1970, se situe directement dans cette tradition.

Regardons les choses simplement. Constatons d’abord la très rapide progression de la population humaine, profitant des techniques toujours plus avancées.

Voici d’abord un tableau estimant la démographie mondiale depuis la fin de la dernière glaciation (10 000 ans environ).

Voici maintenant les estimations pour le futur de la part de l’ONU.

Mais cela n’est pas encore assez. Regardons à l’horizon 2100, avec trois variantes possibles.

Quand on voit cela, on ne peut qu’être d’accord avec le savant James Lovelock, un des théoriciens de la conception comme quoi notre planète est vivante.

Constatant les pollutions qu’amènent les humains, il explique que :

« Même avec un milliard d’humains, il serait encore possible de limiter ces pollutions. Mais vu notre nombre — près de sept milliards — et notre mode de vie actuel, elles sont intolérables. Si rien n’est tenté pour les limiter, elles tueront un grand nombre d’humains et d’autres espèces, et modifieront la planète de manière irréversible. »

Lovelock est par contre très pessimiste, au point de privilégier les centrales nucléaires pour freiner le réchauffement climatique.

Mais tout cela témoigne d’une incompréhension de ce qu’est Gaïa en tant que tel. Si l’on dit que les humains sont trop nombreux, on considérerait en effet que les humains ne font, en quelque sorte, pas partie de Gaïa.

C’est une vision anthropocentriste, qui est d’ailleurs celle de Lovelock, sauf que dans sa vision il est possible que Gaïa fasse le ménage et se débarrasse du cancer que serait l’humanité.

Or, pour nous les humains sont des animaux. Des animaux ayant suivi un chemin particulier, porteur de destructions et de changements, mais un chemin inévitable, issu de la Nature elle-même.

La théorie primitiviste qui prône un retour en arrière est absurde, car inévitablement le processus recommencerait. De la même manière, les gens luttant contre l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes et estimant qu’il faut en retourner à des petites communautés passent à côté de la question.

Est-ce que cela veut dire que les destructions et le béton, ce soit très bien ? Pas du tout, et justement.

Ce que nous pensons, c’est que l’humanité est à la croisée des chemins et doit comprendre qu’elle n’est pas indépendante de Gaïa, qu’elle est une composante.

L’humanité a amené des changements, et il va en ressortir une crise, mais de cette crise va sortir quelque chose de nouveau. Naturellement, tout cela fait beaucoup d’humains.

Mais si l’on prend l’écrivain Asimov, célébré comme le plus grand auteur de science-fiction, la crise écologique sur Terre oblige l’humanité à coloniser des planètes et à y amener la vie. A la fin du processus, on a droit à une fusion des êtres vivants sur la planète, dans Gaïa, et même Galaxia (voir notre article ici).

C’est bien sûr une vision très pessimiste pour la Terre, qui donne naissance à la vie mais devient une planète morte, alors que des centaines de milliers d’autres vont abriter la vie par la suite.

Cependant, cela a le mérite de poser les choses dans leur contexte. Gaïa n’est pas un caillou, elle évolue, elle change.

L’humanité la fait changer, mais l’humanité fait partie de Gaïa et en est issue. C’est là la clef de la question.

Donc, oui la surpopulation est une question importante, mais pas dans le sens où on le pense. C’est un problème qui appelle non pas à être supprimé, mais une solution !

Le Café Neko de Vienne en Autriche

La ville de Vienne en Autriche est connue pour ses cafés à l’ambiance intellectuelle, et un nouveau café a ouvert, avec une initiative qui a déjà des précédents au Japon : héberger des chats.

Il y a en effet 80 cafés avec des chats au Japon, et il en ouvre toujours plus. Cette fois l’initiative arrive en Europe, en Autriche donc, avec le café Neko, Neko signifiant chat en japonais.

Dans ce café, le principe est le suivant : 5 chats sont présents, ils vont et viennent comme ils l’entendent. On a pas le droit de les chercher, de les retenir, et de toutes manières les chats peuvent s’en aller dans une arrière-salle qui leur est réservée, ou bien en hauteur avec des panneaux installés pour eux.

Si au Japon les cafés s’orientent vers une spécialisation assez absurde – que des chats noirs, ou gros, ou bien tachetés – dans le café autrichien, les chats viennent de la SPA locale et restent leur « propriété. »

La SPA locale surveille cela de très près, et entend les récupérer au premier problème. On notera d’ailleurs que la responsable de la SPA est l’ancienne responsable des Verts Alternatifs d’Autriche. On voit mal les responsables d’EELV en France s’occuper des animaux !

Il faut cependant noter, pour bien comprendre le phénomène japonais, qu’au Japon les locations d’appartements vont le plus souvent de pair avec une interdiction d’animaux « de compagnie. »

Or, le besoin de liaison aux animaux et la Nature ne disparaît pas pour autant…

Le Café Neko n’est par contre pas vegan. Il propose des boissons avec du lait, ainsi qu’un plat avec du saumon (l’autre étant avec du tofu).

Par contre, la dimension adoption est mise en avant. Le menu du café présente les différents chats.

On apprend ainsi que Sonja n’est « pas pour les débutants » et que si quelque chose ne lui plaît pas, elle mord !

Thomas, lui, est un jeune chat très joueur, Momo une chatte timide, Luca un chat curieux et sportif, Moritz un chat plutôt tranquille (un sixième chat a quant à lui été adopté par la propriétaire du café, d’origine japonaise, comme on l’aura compris).

C’est intéressant, parce que les chats sont présentés comme ayant leur caractère, pouvant être compliqué. Il est même expliqué que le café dispose de sparadraps et de désinfectants !

Il est évident, que de ce fait, on voit mal l’expérience être reproductible en France. Les problèmes sont faciles à comprendre : question de propreté, rapport à l’administration, respect des clients vis-à-vis des chats… Sans parler des propriétaires des cafés !

Il faut tout un environnement culturel pour qu’une telle expérience soit possible et souhaitable. Car il faut que les chats disposent de beaucoup d’espace, qu’ils soient à l’aise et épanouis, qu’il y ait un vétérinaire s’en préoccupant régulièrement.

Si demain de tels café à chats devenaient une « mode », la situation serait catastrophique. Et les chats n’ont pas besoin de cela ! Ils ont besoin de refuges et de familles accueillantes !

Les faucons de Bruxelles

Le rapport entre les villes et la Nature est très difficile pour la Nature, et l’une des attitudes destructrices des humains dans le cadre urbain vise particulièrement les oiseaux. Les humains occupent une grande place avec leurs villes, les bâtiments en hauteur attirent forcément les oiseaux, et pourtant les êtres humains s’étonnent !

Comme si quelque chose pouvait arrêter la Nature !

On en a en tout cas une démonstration assez parlante avec les faucons de Bruxelles. Il s’agit de faucons pèlerins s’installant pour nicher sur l’une des tours de la cathédrale Saint-Michel et Gudule, non loin de la fameuse Grand Place.

Cela fait huit ans que les faucons pèlerins s’installent, et une webcam (même muni d’infrarouge) permet de les observer 24 heures sur 24.

Sur le parvis de la cathédrale, jusqu’au 3 juin de cette année, il y a également un poste d’observation équipé d’écrans.

Il y a également deux ornithologues présents sur place, du mardi au dimanche de 12h à 18h (les informations à ce sujet sont ici).

Le succès est très grand sur internet ; l’année dernière, en deux mois il y a eu 350.000 visiteurs, de 80 pays différents. Les humains aiment les animaux et la Nature, quand ils y pensent… et quand ils l’assument, et au milieu d’une multitude de contradictions.

Mais la prise de conscience est inévitable, soit de manière consciente comme ouverture à Gaïa, soit comme soumission à Gaïa car la Nature par définition ne se laisse pas anéantir.

D’ailleurs, Didier Vangeluwe, l’ornithologue de l’Institut royal des sciences naturelles de Belgique, explique que « Nous avons été surpris car les faucons pèlerins nichent traditionnellement sur les falaises de pierres. Mais, ces dernières décennies, ils sont de plus en plus nombreux à s’installer sur des édifices élevés comme des églises, des cheminées ou même des tours de refroidissement de centrales nucléaires. »

La guerre à Gaïa est absurde et criminelle, et en aucun cas ne saurait aboutir !

Les pigeons de la place Saint-Marc

Hier, nous parlions de Venise et de ses chats, alors n’oublions pas de parler des pigeons de la place Saint-Marc. C’est l’une des places les plus connues du monde, elle est assez grande aussi (175 mètres de long et 82 de large) et la grande tradition touristique était d’y nourrir les pigeons.

Sur la place, on avait ainsi des vendeurs de graines, et la tradition voulait que les touristes, surtout les enfants, distribuent la nourriture aux pigeons, qui sont nombreux : 130 000 dans la zone de la place !

Cette tradition semblait incontournable et indestructible, mais la tendance à la destruction l’emporte. La ville de Venise a tout d’abord fait passer une loi en 1997 considérant le fait de nourrir les pigeons comme un crime passable de 500 euros (en France également c’est interdit et il est courant que d’imprudents amis des oiseaux se fassent intercepter par la police!).

Puis, en 2008, les 18 personnes revendant des graines ont dû plier bagages. C’est la fin d’une tradition réputée et mondialement connu, c’est une interdiction qui choque quiconque connaît la tradition du voyage à Venise.

Il faut dire qu’il y avait une contradiction flagrante. Car ce qui se passait à Venise était très étonnant, ou plutôt très parlant de la schizophrénie humaine dont nous parlons régulièrement.

D’un côté, les pigeons sont mal aimés voire considérés comme des monstres à anéantir sans pitié, des « rats sur patte » comme le formule les partisans de l’extermination. De l’autre côté, les gens aiment les animaux et sont en admiration devant les pigeons de la place Saint-Marc…

Quelle contradiction que ces humains qui au quotidien méprisent les pigeons, mais ne conçoivent pas un passage à la place Saint-Marc de Venise sans voir leurs enfants entourés de pigeons !

Un voyage à Venise allait en effet avec ces photographies de pigeons sur les bras, alors que dans le même temps dans les villes le fait de toucher un pigeon est interprété comme aussi dangereux que la peste ! Sans parler de la fascination irrationnelle et malsaine des parents ébahis par leurs enfants pourchassant des pigeons…

C’est un grand dommage que la tradition vénitienne de la place Saint-Marc ait disparu (on peut voir ici une photographie à 360° pour voir à quoi cela ressemblait).

Mais revendiquer qu’elle revienne peut être un bon exemple de culture végane, pour bien montrer que le véganisme n’est pas une absurdité, mais bien la seule chose logique pour les humains qui ne veulent pas être dénaturés.

Venise sans pigeons à aimer, ce n’est plus Venise, et c’est d’ailleurs vrai pour toutes les villes, qui doivent abandonner leur prétention de domination et n’exister qu’en accord avec la Nature !

Les chats de Venise

On connaît la ville de Venise comme ville des amoureux, eh bien il faut aussi la connaître pour son amour des chats. Il y a 2000 chats sauvages à Venise, protégés par la population et considérés comme relevant du patrimoine national italien, pas moins !

Interdiction par conséquent de s’en procurer un, d’en « acheter » un, ce qui est un intéressant rapport établi entre les humains et les animaux ici, avec des « mamme dei gatti » (mères des chats) qui viennent les nourrir.

Même si, comme pour le chien ou les vaches en Inde, c’est un rapport d’utilité qui a amené ce rapport aux animaux. Ainsi, à partir du 13ème siècle, les assureurs de Venise exigent que les transports de denrées et de tissus par navire aient à chaque fois des chats avec eux…

La ville elle-même s’est procurée plein de chats pour les rongeurs, ce qui a donné naissance au type de chat « soriano », le nom voulant dire « syrien », en raison de ses origines. En vénitien, on l’appelle le suriàn.

La République de Venise avait donc besoin des chats et les vénérait, mais l’effondrement de la République amena la perte de leur statut pour les chats. Leur situation devint de plus en plus mauvaise, même si certains devinrent célèbres, comme Nini.

Nini habitait au Caffe dei Frari, mais devint une personnalité locale, et même internationale au point que le café tenait un livre d’or pour Nini, signé par exemple par le roi d’Italie, le Tsar de Russie, le pape Léon XIII…

Le café existe toujours et au mur, on peut voir une représentation de Nini.

Néanmoins, tous les chats n’avaient pas le privilège de servir la jet set et les touristes, et leur situation ne cessa de se dégrader. C’est alors qu’une anglaise, Helena Sanders, monta avec la vénitienne Gina Scarpabolla une association d’aide aux animaux, appelée Dingo (du nom du premier animal sauvé, un chien) et fondée en 1969.

En 1989, la ville reconnut la valeur de l’association et a fourni une petite île comme terrain servant de refuge pour les chats. Cependant, le refuge a dû déménager et il se situe désormais à Malamocco (Lido), et on peut le visiter.

Dingo organise également les stérilisations pour éviter la surpopulation, ce qui fait qu’il y a beaucoup moins de chats qu’il y a 40 ans à Venise.

Cependant, si Dingo s’occupe de 500 chats et trouve un foyer à 200 d’entre eux par an, il y en a encore sans doute au moins 2000 dans la partie moderne de la ville. Dingo mène un travail en ce sens et effectue de nombreuses campagnes, notamment en direction des écoles, rendant l’association incontournable à Venise.

C’est un très intéressant exemple pour nous qui voulons nous ouvrir à la Nature et établir un rapport positif aux animaux; il y a certainement beaucoup à apprendre, vue l’importance qu’ont déjà les chats dans les sociétés humaines.

Enseignez à vos enfants ce que nous avons enseigné aux nôtres, que la terre est notre mère…

Il n’y a pas d’endroit paisible dans les villes de l’homme blanc. Pas d’endroit pour entendre les feuilles se dérouler au printemps, ou le froissement des ailes d’un insecte…

Si’ahl (1780-1866) était le chef de la tribu amérindienne des Dkhw’Duw’Absh. Son nom a été déformé de différentes manières, comme Sealth, Seathle, Seathl, See-ahth ou Seattle, ce dernier nom étant à l’origine de celui de la ville américaine dans le nord-ouest des Etats-Unis, qui a été le lieu d’origine du grunge avec des groupes comme Nirvana, Alice in Chains, Pearl Jam, Mudhoney, Soundgarden.

Soundgarden justement a repris dans une chanson le texte du discours que nous publions ici, et qui a été donné par Si’ahl en 1854, devant un parterre composé notamment du gouverneur. Si’ahl y expliquait pourquoi il était contre la vente de terres aux colons… Il y a différentes versions de ce texte, voici la variante “classique” dans sa version française.

Un texte très beau, qui s’il n’est pas vegan en raison des difficultés à vivre à l’époque, porte déjà en germe ce qui doit être la philosophie de l’humanité demain: la Terre est notre mère!

Comment pouvez-vous acheter ou vendre le ciel, la chaleur de la terre ?

L’idée nous paraît étrange. Si nous ne possédons pas la fraîcheur de l’air et le miroitement de l’eau, comment est-ce que vous pouvez les acheter ?

Chaque parcelle de cette terre est sacrée pour mon peuple.

Chaque aiguille de pin luisante, chaque rive sableuse, chaque lambeau de brume dans les bois sombres, chaque clairière et chaque bourdonnement d’insecte sont sacrés dans le souvenir et l’expérience de mon peuple.

La sève qui coule dans les arbres transporte les souvenirs de l’homme rouge.

Les morts des hommes blancs oublient le pays de leur naissance lorsqu’ils vont se promener parmi les étoiles. Nos morts n’oublient jamais cette terre magnifique, car elle est la mère de l’homme rouge. Nous sommes une partie de la terre, et elle fait partie de nous.

Les fleurs parfumées sont nos soeurs; le cerf, le cheval, le grand aigle, ce sont nos frères. Les crêtes rocheuses, les sucs dans les prés, la chaleur du poney, et l’homme, tous appartiennent à la même famille.

Aussi lorsque le Grand chef à Washington envoie dire qu’il veut acheter notre terre, demande-t-il beaucoup de nous. Le Grand chef envoie dire qu’il nous réservera un endroit de façon que nous puissions vivre confortablement entre nous. Il sera notre père et nous serons ses enfants. Nous considérons donc, votre offre d’acheter notre terre. Mais ce ne sera pas facile. Car cette terre nous est sacrée.

Cette eau scintillante qui coule dans les ruisseaux et les rivières n’est pas seulement de l’eau mais le sang de nos ancêtres.

Si nous vous vendons de la terre, vous devez vous rappeler qu’elle est sacrée et que chaque reflet spectral dans l’eau claire des lacs parle d’événements et de souvenirs de la vie de mon peuple. Le murmure de l’eau est la voix du père de mon père.

Les rivières sont nos frères, elles étanchent notre soif. Les rivières portent nos canoës, et nourrissent nos enfants.

Si nous vous vendons notre terre, vous devez désormais vous rappeler, et l’enseigner à vos enfants, que les rivières sont nos frères et les vôtres, et vous devez désormais montrer pour les rivières la tendresse que vous montreriez pour un frère.

Nous savons que l’homme blanc ne comprend pas nos mœurs. Une parcelle de terre ressemble pour lui à la suivante, car c’est un étranger qui arrive dans la nuit et prend à la terre ce dont il a besoin. La terre n’est pas son frère, mais son ennemi, et lorsqu’il l’a conquise, il va plus loin.

Il abandonne la tombe de ses aïeux, et cela ne le tracasse pas. Il enlève la terre à ses enfants et cela ne le tracasse pas. La tombe de ses aïeux et le patrimoine de ses enfants tombent dans l’oubli. Il traite sa mère, la terre, et son frère, le ciel, comme des choses à acheter, piller, vendre comme les moutons ou les perles brillantes.

Son appétit dévorera la terre et ne laissera derrière lui qu’un désert.

Il n’y a pas d’endroit paisible dans les villes de l’homme blanc. Pas d’endroit pour entendre les feuilles se dérouler au printemps, ou le froissement des ailes d’un insecte. Mais peut-être est-ce parce que je suis un sauvage et ne comprends pas. Le vacarme semble seulement insulter les oreilles.

Et quel intérêt y a-t-il à vivre si l’homme ne peut entendre le cri solitaire de l’engoulevent ou les palabres des grenouilles autour d’un étang la nuit ?

Je suis un homme rouge et ne comprends pas.

L’Indien préfère le son doux du vent s’élançant au-dessus de la face d’un étang, et l’odeur du vent lui-même, lavé par la pluie de midi, ou parfumé par le pin pignon.

L’air est précieux à l’homme rouge, car toutes choses partagent le même souffle.

La bête, l’arbre, l’homme. Ils partagent tous le même souffle.

L’homme blanc ne semble pas remarquer l’air qu’il respire. Comme un homme qui met plusieurs jours à expirer, il est insensible à la puanteur. Mais si nous vous vendons notre terre, vous devez vous rappeler que l’air nous est précieux, que l’air partage son esprit avec tout ce qu’il fait vivre. Le vent qui a donné à notre grand-père son premier souffle a aussi reçu son dernier soupir.

Et si nous vous vendons notre terre, vous devez la garder à part et la tenir pour sacrée, comme un endroit où même l’homme blanc peut aller goûter le vent adouci par les fleurs des prés. Nous considérerons donc votre offre d’acheter notre terre. Mais si nous décidons de l’accepter, j’y mettrai une condition : l’homme blanc devra traiter les bêtes de cette terre comme ses frères.

Je suis un sauvage et je ne connais pas d’autre façon de vivre.

J’ai vu un millier de bisons pourrissant sur la prairie, abandonnés par l’homme blanc qui les avait abattus d’un train qui passait.

Je suis un sauvage et ne comprends pas comment le cheval de fer fumant peut être plus important que le bison que nous ne tuons que pour subsister.

Qu’est-ce que l’homme sans les bêtes ?

Si toutes les bêtes disparaissaient, l’homme mourrait d’une grande solitude de l’esprit. Car ce qui arrive aux bêtes, arrive bientôt à l’homme. Toutes choses se tiennent.

Vous devez apprendre à vos enfants que le sol qu’ils foulent est fait des cendres de nos aïeux. Pour qu’ils respectent la terre, dites à vos enfants qu’elle est enrichie par les vies de notre race. Enseignez à vos enfants ce que nous avons enseigné aux nôtres, que la terre est notre mère. Tout ce qui arrive à la terre, arrive aux fils de la terre. Si les hommes crachent sur le sol, ils crachent sur eux-mêmes.

Nous savons au moins ceci : la terre n’appartient pas à l’homme ; l’homme appartient à la terre. Cela, nous le savons. Toutes choses se tiennent comme le sang qui unit une même famille. Toutes choses se tiennent.

Tout ce qui arrive à la terre, arrive aux fils de la terre.

Ce n’est pas l’homme qui a tissé la trame de la vie : il en est seulement un fil. Tout ce qu’il fait à la trame, il le fait à lui-même.

Même l’homme blanc, dont le dieu se promène et parle avec lui comme deux amis ensemble, ne peut être dispensé de la destinée commune. Après tout, nous sommes peut-être frères. Nous verrons bien. Il y a une chose que nous savons, et que l’homme blanc découvrira peut-être un jour, c’est que notre dieu est le même dieu. Il se peut que vous pensiez maintenant le posséder comme vous voulez posséder notre terre, mais vous ne pouvez pas.

Il est le dieu de l’homme, et sa pitié est égale pour l’homme rouge et le blanc. Cette terre lui est précieuse, et nuire à la terre, c’est accabler de mépris son créateur.

Les Blancs aussi disparaîtront ; peut-être plus tôt que toutes les autres tribus. Contaminez votre lit, et vous suffoquerez une nuit dans vos propres détritus.

Mais en mourant vous brillerez avec éclat, ardents de la force du dieu qui vous a amenés jusqu’à cette terre et qui pour quelque dessein particulier vous a fait dominer cette terre et l’homme rouge.

Cette destinée est un mystère pour nous, car nous ne comprenons pas lorsque les bisons sont tous massacrés, les chevaux sauvages domptés, les coins secrets de la forêt chargés du fumet de beaucoup d’hommes, et la vue des collines en pleines fleurs ternie par des fils qui parlent.

Où est le hallier ? Disparu. Où est l’aigle ? Disparu.

La fin de la vie, le début de la survivance.

“Le paysage français, grand oublié des politiques d’urbanisation”

Le salon de l’agriculture est prétexte aux candidats à la présidentielle de souligner l’importance des villages et de l’agriculture, comme si nous étions dans les années 1950. Pour renforcer la réflexion à ce sujet, voici un article du Monde absolument passionnant.

Passionnant, parce qu’il présente la situation française, avec notamment le fantasme de la maison individuelle avec son bout de terrain. C’est le culte de la petite propriété, dans des zones “naturelles” où l’on ne peut pas vivre sans voitures et où la nature est gangrenée par le béton…

Alors que l’État laisse pourrir les “grands ensembles”, histoire de renforcer la tendance à l’individualisme pavillonnaire, et que les centre-villes se boboisent parallèlement à l’explosion des loyers…

Tel est le panorama de la catastrophe pour la nature qu’est la situation en France.

Le paysage français, grand oublié des politiques d’urbanisation

Comme souvent, ce soir-là, Nicolas Sarkozy n’a pas fait dans la demi-mesure. Lors de son intervention, retransmise simultanément sur dix chaînes de télévision, dimanche 29 janvier, le président de la République annonçait son intention d’augmenter de 30 % les droits à construire sur “tout terrain, toute maison, tout immeuble”. “Cela va donner un travail formidable à toute l’industrie du bâtiment, expliquait-il. Deuxièmement, cela va augmenter considérablement le nombre de logements, donc cela fera pression sur les prix. Et enfin les prix de l’immobilier à l’achat, à la vente, et les prix à la location vont pouvoir baisser.”

Martingale immobilière propre à satisfaire tout le monde ? Avant d’être adopté le 22 février par l’Assemblée nationale, le projet de loi a déclenché l’hostilité d’une grande partie du secteur. Les promoteurs promettent une flambée du prix des terrains, les agents immobiliers redoutent une désorganisation du marché, les constructeurs de logements sociaux s’estiment oubliés. Quant aux maires, chargés d’instruire les permis de construire et d’établir les plans locaux d’urbanisme, ils voient leurs pouvoirs entaillés par le nouveau texte.

Surtout, la loi semble passer sous silence un des aspects essentiels de la construction en France : le paysage. Si les années 1950 à 1970 ont été celles des grands ensembles, les trois dernières décennies ont vu le triomphe de la maison individuelle, qui représente aujourd’hui les deux tiers de la production de logements en France. Les tours et les barres des cités abîmaient les paysages du val de Seine ou les hauteurs marseillaises. Dorénavant, lotissements et maisons isolées colonisent, partout en France, vallées et coteaux, plaines et forêts. Les identités des communes s’effacent, leurs contours se floutent. Les enseignes commerciales défigurent les entrées des villes. Ce n’est plus la campagne, ça ne sera jamais la ville. Néant urbain ou néant rural, au choix.

L’ESPACE, “UNE RESSOURCE NON RENOUVELABLE”

Certes, le projet de loi exclut du dispositif toutes les zones préservées au titre du patrimoine naturel, comme d’ailleurs celles inscrites au patrimoine historique. Mais, hors de ces terres sauvegardées, quel effet la mesure aura-t-elle sur le paysage ? Peut-elle ralentir son mitage ou risque-t-elle de l’accélérer ? A quelle situation vient-elle répondre ? Sur quels principes s’appuie-t-elle ? A cette dernière question, Benoist Apparu, ministre délégué au logement, a une réponse assez simple : “Nous ne voulons plus consommer d’espace naturel, nous ne pouvons pas continuer à consommer de l’espace agricole et il nous faut construire davantage de logements, donc il faut densifier.”

Densifier : le grand mot est lâché. Il y a dix ans, le terme aurait fait hurler le pays à l’unisson. A l’exception de quelques urbanistes, chacun réclamait “de l’air”. Créer des espaces verts dans les villes, abattre des tours dans les banlieues, fluidifier la circulation pour rapprocher les périphéries du centre, étendre les bourgs… “Aujourd’hui, chacun constate les ravages du paradoxe français qui veut que l’on consomme plus d’espace que tous nos voisins mais que l’on manque toujours cruellement de logements, explique le paysagiste Bertrand Folléa. On “artificialise” 60 000 à 70 000 hectares chaque année, essentiellement des terres agricoles. Cela correspond à un département français tous les sept à dix ans. Par comparaison, l’Allemagne consomme 20 000 à 30 000 hectares. Les Français voulaient des maisons individuelles ? On a fait le choix de l’étalement urbain, en oubliant que l’espace était une ressource non renouvelable.”

Pour comprendre comment on en est arrivé là, Bertrand Folléa avance plusieurs explications. D’abord, “le mythe du petit château” : “On a voulu démocratiser le modèle bourgeois sans voir qu’en changeant d’échelle, on changeait de modèle.” Puis la poursuite d’une organisation urbaine héritée du Moyen Age. “Des centre-villages très denses, très lisibles, et autour les terres agricoles qui nourrissaient les hommes. Quand l’agriculture est devenue moins essentielle, on a construit sur ces terrains de façon peu dense…”

Michel Lussault, professeur de géographie urbaine à l’Ecole normale supérieure de Lyon, va plus loin, et pointe la “culture urbano-sceptique nationale et la mythologie campagnarde”. “En Italie, la città est partout. La plus petite des cités est urbaine. En France, c’est l’inverse, même certaines grandes villes sont campagnardes. Tout est “villageoïsé”. Regardez nos présidents, tous ou presque ont mis en avant leur attache villageoise.”

Son collègue de l’ENS, l’historien Jean-Luc Pinol, ajoute la dimension “mortifère” longtemps associée aux villes : “La densité provoquait la transmission des miasmes, on enviait Londres avec ses maisons de trois étages parce qu’elle était moins dense que Paris. D’ailleurs, au cours du XXe siècle, la population parisienne n’a fait que diminuer, passant d’environ 3 millions à 2 millions d’habitants. D’abord entre les deux guerres, où l’on a construit des pavillons dans la petite couronne, souvent à faible prix. Puis avec l’édification des cités-dortoirs et des grands ensembles. Enfin avec les lotissements bâtis hors des villes.”

UN AMÉNAGEMENT POUR ET PAR LA VOITURE

L’architecte-urbaniste David Mangin a parfaitement analysé ce dernier phénomène dans son livre La Ville franchisée. Les vieux mythes, la tradition, l’Histoire se sont vus embarqués dans une révolution technologique : l’avènement de l’automobile. “Ça a tout changé : les modes de vie, les bâtiments, l’organisation urbaine, mais aussi l’économie, les services et évidemment les paysages.” Missionné par la Ville de Nice pour réaménager la plaine du Var, il a cartographié l’espace. “Plus de 40 % de ce paysage sublime est occupé par la bagnole : parkings de l’aéroport ou de supermarchés, loueurs, garages, casses. C’est insensé.” Une situation extrême, reconnaît-il. Mais le tout-venant, s’il est moins spectaculaire, relève de la même logique.

Un paysage réaménagé pour et par la voiture. Avec d’abord le réseau routier. Ce maillage de voies rapides qui, selon Charles Pasqua, ministre de l’aménagement du territoire entre 1986 et 1988, allait mettre “tout à moins de vingt minutes d’une autoroute”. Puis la maison individuelle, qui depuis trente ans représente les deux tiers des logements construits. “Les grands ensembles avaient échoué, mais les maires avaient besoin de sauver les écoles et les services. Alors on a construit des lotissements, des sortes de grands ensembles à plat, monofonctionnels. Les parents conduisent leurs enfants à l’école en voiture, la prennent pour aller chercher le pain. C’est anti-écologique au possible, mais on est près de la nature… Tout ça avec la bénédiction des pouvoirs publics qui voulaient se désengager du logement collectif.”

Troisième maillon de la chaîne, la grande distribution. Les terrains étaient bon marché, le bassin de population avait crû : “Les grandes enseignes ont saisi l’occasion, nourries par une conviction venue des Etats-Unis : no parking, no business. Et ils ont calibré le parking pour le samedi après-midi de Noël. Avec les rocades de contournement, la grande surface est effectivement accessible de partout. On tue ainsi les centres-bourgs, on défigure les entrées des villes, on pousse à la construction de nouvelles maisons qui attireront de nouvelles grandes surfaces. Un cercle vicieux mais qui satisfait beaucoup de monde. Y compris les paysans, car un terrain agricole qui devient constructible voit sa valeur exploser. Et c’est vrai partout en France.” Schéma, cartes et photos à l’appui, David Mangin démontre ainsi comment, des alentours de Dinan, en Bretagne, à ceux de Chalon-sur-Saône, en Bourgogne, entre les années 1960 et les années 1990, le rural a fait place au rurbain.

LA MAISON “AVEC SON PETIT JARDIN AUTOUR”

La faute à la maison individuelle ? Economiste et directeur de recherche au CNRS, Vincent Renard réplique avec vigueur : “Je n’aime pas ce mépris, ce racisme, presque, envers ceux qui se font construire une maison individuelle. Le problème ce n’est pas la maison, c’est le système.” Jean Attali, philosophe et professeur d’urbanisme à l’Ecole nationale d’architecture de Paris-Malaquais, renchérit : “Lorsque mes amis architectes critiquent la maison individuelle, il y a un léger biais qu’ils omettent de signaler, à savoir que ce marché leur échappe très largement. En France, le recours à un architecte n’est obligatoire qu’à partir de 170 m2. Je suis donc toujours un peu mal à l’aise quand je les entends prendre pour cible la maison individuelle.” David Mangin, lui-même, affine le tir : “Ce n’est pas à la maison individuelle que j’en veux, c’est au lavage de cerveau des promoteurs qui ont réussi à ancrer dans la tête des Français que la seule solution était la maison “péripatéticienne” : isolée, sur une butte, avec son petit jardin tout autour.”

L’urbaniste Philippe Panerai poursuit : “Les Hollandais ou les Anglais ont fait eux aussi le choix de la maison individuelle, mais avec une autre histoire, une autre organisation. Les Hollandais, qui avaient gagné leur terrain sur la mer, ne pouvaient pas le gaspiller ; les Anglais disposaient d’un produit industriel, rationnel, typé, et n’étaient pas propriétaires de leur terre. Les maisons ont donc été placées côte à côte, avec des jardins derrière, une solution beaucoup plus économe en espace.”

Economiser l’espace. Longtemps inaudible en France, cette idée a peu à peu fait son chemin. Dans les travaux des chercheurs et les réflexions des paysagistes, d’abord. Puis, depuis dix ans, dans les lieux de débats institutionnalisés, comme le Grenelle de l’environnement ou lors de la compétition sur le Grand Paris. “On a pris conscience du coût économique, social, environnemental de l’étalement urbain, analyse Jean Attali. En termes de mobilité, de saturation des transports collectifs, d’embouteillages, de dégâts environnementaux. Les habitants eux-mêmes, qui rêvaient d’un mode de vie meilleur, proche de la nature, en perçoivent aujourd’hui les nuisances.”

Vincent Renard abonde dans ce sens: “On a subi le contrecoup de la politique des grands ensembles, pas encore celui des lotissements. Mais avec la crise économique et l’augmentation du prix de l’essence, qui n’en est qu’à ses débuts, le piège est en train de se refermer. Et certains commencent à le voir.” “Surtout, la hausse des prix a figé le système et touche maintenant tout le monde, dit dans un sourire David Mangin. Tant que les pauvres étaient les seuls à en souffrir, rien ne se passait. Aujourd’hui, même les cadres supérieurs ont du mal à loger leurs enfants. Appelons ça une prise de conscience…”

DENSIFIER

Les urbanistes ont donc proposé leurs modèles. Les uns rêvent d’un retour à la ville ancienne et à la marche à pied, les autres inventent de nouvelles circulations et plaident pour une “ville fluide”. Dans le sillage du Hollandais Rem Koolhass, d’autres encore appellent à se libérer des contraintes réglementaires et à faire confiance au génie des architectes pour restructurer la cité. Enfin les derniers, comme Bertrand Folléa et sa femme Claire Gautier, tentent d’inventer une “ville durable”.

Tous semblent toutefois partager dorénavant une conviction, presque un mot d’ordre : il faut densifier. Densifier les centres-villes, même si les terrains à bâtir manquent cruellement. Des usines, des casernes, des hôpitaux trouvent alors de nouvelles fonctions. “Il y a vingt ans, la biscuiterie Lu de Nantes aurait été rasée, constate l’écrivain Jean-Christophe Bailly, professeur à l’Ecole nationale supérieure de la nature et du paysage de Blois. A la place, on aurait construit un parking ou un supermarché. Au mieux un espace vert. La municipalité a choisi d’en faire un pôle artistique, Le Lieu unique. Comme quoi tout n’est pas perdu.” Densifier les grands ensembles aussi, “car, contrairement aux idées reçues, les grands ensembles sont peu denses du fait des règles d’espacement entre les bâtiments, des parkings, des pseudo-espaces verts”, poursuit Jean-Christophe Bailly.

Plutôt que céder à la mode de la destruction pure et simple de tours ou de barres, urbanistes et architectes proposent de les remplacer par des unités plus petites, d’y adjoindre des commerces, d’y ramener des professions libérales. Rennes, Grenoble ou Strasbourg ont emprunté ce chemin. Densifier en déqualifiant des voies rapides en villes pour libérer du foncier, ou en profitant de nouvelles techniques plus sûres pour construire en zone inondable. “Mais rien n’est simple, avertit David Mangin. Le hangar que vous voulez détruire pour créer des logements peut cacher la seule entreprise innovante de la ville. Ce sont toujours des opérations complexes, délicates, longues, qui imposent de négocier.”

LE RÔLE DES HABITANTS

Et les 30 % chers à Sarkozy, dans tout ça ? Une mesure “électoraliste”, “brutale”, “démagogique”, affirment en choeur tous nos interlocuteurs. “Peut-être pourrait-elle faire sens dans un ensemble qui reverrait le système de planification, qui imposerait les terrains sur leur valeur réelle, qui confierait les permis de construire aux communautés de communes ou aux agglomérations plutôt qu’aux maires, soupire l’économiste Vincent Renard. Mais seule, elle est absurde.”

Pourtant, presque tous reconnaissent à la proposition deux mérites : celui de mettre le doigt sur un des maux de notre époque, ce que le géographe Michel Lussault nomme “la procéduralisation de la ville”, ce maquis de lois, de règlements, de contraintes qui finit par étouffer toute dynamique urbaine. Et également celui de poser les questions du rôle des individus ordinaires dans la fabrique de la cité. De leur capacité à inventer ce qui, un ou deux siècles plus tard, apparaîtra comme pittoresque. Mais aussi de leur droit à penser, à concevoir, à décider de leur mode d’habitat.

Et Michel Lussault de poursuivre : “La ville-réseau hier, la ville durable, densifiée et décarbonée aujourd’hui, tout ça, ce sont des modèles faits sans les habitants. N’oublions jamais qu’avec leurs pieds, avec les roues de leur automobile et avec la bénédiction des autorités, les Français ont choisi la ville peu dense. Pas seulement par refus de la mixité sociale, mais aussi par rejet des nuisances de la densité mal maîtrisée. Pour réussir aujourd’hui une densification qui ne soit pas vécue comme une souffrance, il faut repenser les formes architecturales.” La tour Bois-le-Prêtre, à Paris (dans le 17e arrondissement), réhabilitée par Lacaton et Vassal, prouve selon lui que l’objectif peut être atteint. Mais il se veut plus ambitieux encore. Il invite architectes, urbanistes, sociologues, juristes et économistes à changer de nature : “Qu’ils ne se vivent plus comme des dompteurs qui descendent dans l’arène expliquer aux fauves qu’ils ont tort de rugir, mais comme des accoucheurs de la co-construction.”

Autrement dit, “il faut revoir les formes de démocratie urbaine. Pas cette démocratie participative devenue le cache-sexe de notre impuissance à faire évoluer la ville. Non, c’est l’ensemble de la procédure qu’il faut reprendre, y compris les permis de construire et les plans locaux d’urbanisme. Ça se fait dans les sociétés à faible encadrement par les pouvoirs publics, les bidonvilles d’Inde ou d’Amérique du Sud, ou dans une ville comme Seattle, aux Etats-Unis. Ça se fait dans des pays à traditions démocratiques différentes comme la Suisse ou la Scandinavie.” Un projet pour un candidat à l’élection présidentielle ? “Plutôt un projet pour le siècle”, conclut dans un sourire l’universitaire.

Quand la Nature prend l’escalier

Quand nous disons que la Terre doit redevenir bleue et verte, nous ne voulons pas simplement dire que l’humanité doit reculer et vivre dans une zone à l’écart. Cela n’aurait pas de sens car l’humanité serait alors encore en conflit avec la Nature et vivrait en dehors de Gaïa.

Ce qu’il faut, c’est que les villes disparaissent, pas forcément en éparpillant des maisons individuelles (ce qui n’aurait rien d’écologique notamment), mais en aménageant totalement différemment les endroits où vivent les humains. Cela demande bien sûr d’avoir des idées !

En voici une très simple, mais à laquelle il fallait penser : mettre un petit jardin dans un escalier. Quand on pense à un escalier, on pense immédiatement à quelque chose de forcément symétrique, sans place pour la nature. Les photos ici montrent qu’on peut dépasser cela. Ce jardin a malheureusement été temporaire, il n’est resté que peu de temps à Bilbao en 2009, lors d’un projet réalisé par les architectes Balmori.

Bien sûr, le principe de mettre un jardin en parallèle à un escalier n’est pas quelque chose de nouveau. On a notamment la Scalinata de la place d’Espagne à Rome.

Mais ce qui semble ici plus intéressant, c’est que le jardin à Bilbao n’est pas là que pour agrémenter : il est une présence de la Nature aussi. En tout cas, il y a une réflexion à faire ici !

Occuper l’espace, partager la terre et transformer la ville…

Voici le programme pour les mois à venir dans le cadre de la lutte à Notre Dames Des Landes !

Pour les journées de rencontre du 5 au 10 mars, une brochure explicative est à télécharger ici au format A4 et ici au formatA3; on y trouve une critique nette de l’urbanisation.

Le site des occupant-e-s de la ZAD : http://zad.nadir.org
13 février : rassemblement de soutien aux inculpé-e-s du 1er décembre à Nantes.

Fin février : cycle de projections autour de « luttes collectives contre des projets d’aménagement des villes et des vies » dans les villages alentours.

Du 5 au 10 mars : Substantifique moëlle : occuper l’espace, partager la terre et transformer la ville.

Semaine de rencontres inter-luttes, inter-squats autour de l’espace, pour densifier l’archipel des différents lieux autogérés, faire converger les individus et les groupes, articuler les luttes et les espaces de liberté avec au programme des journées : discussions, ateliers et plus si offensivité.

Pour le moment les thématiques sont :
– Urbanisation et villes invivables
– Luttes rurales et propriété collective
– Expulsions, répression, faire face à l’Etat
– Circuler dans un espace segmenté et contrôlé/migration et nomadisme
Tout atelier, apport de matériel ou idées complètement géniales sont les bienvenues ! L’accueil se fera dans divers lieux habités de la ZAD et à partir du 4 mars aux Planchettes.

– Du 9 au 11 mars : Rencontres « convergences des luttes contre l’artificialisation des terres » invitation à tous les collectifs en lutte en France contre des projets destructeurs de terres (étalement urbain, LGV, THT, autoroutes, aéroport, zones industrielles et commerciales. …)

– 15 mars : Fin de la trêve hivernale, risque d’expulsabilité accrue de plusieurs lieux occupés sur la ZAD ?….

– Samedi 24 mars : Manifestation à Nantes pour l’arrêt immédiat de l’aéroport !

– Du 2 au 7 avril : Semaine artistique (concerts, ateliers, peintures, poésies, marionnettes).

Si vous avez des bonnes idées, des pratiques, des arts, des passions que vous voulez partager n’hésitez pas ! Ce sera l’occasion de partager et d’apprendre des pratiques comme la sérigraphie, …autour d’ateliers musique, concerts ou autres.

– Du 9 au 15 avril : Semaine d’échanges et de partages de savoirs. Partage et apprentissage de savoirs et savoirs-faire : venez avec ce que vous savez et ignorez !

A venir un jour ou l’autre : Manifestation de réoccupation ! à l’appel de Reclaim The Fields (réseau de paysan-e-s en lutte et pas seulement..) et d’occupant-e-s de la ZAD.

Rendez-vous le 4ème samedi après une expulsion fourches,poutres et outils en mains pour re-semer, reconstruire. Contre l’aéroport et son monde ! Appel, tracts, affiches sur www.reclaimthezad.potager.org ou sur le site de la ZAD

Les dalots, tunnels pour animaux

Un dalot est un conduit permettant un passage. On utilise plutôt le terme pour les liquides, notamment l’eau, mais il peut s’agir aussi en pratique d’un tunnel, sous un pont ou un aqueduc. Au Canada, on trouve l’expression « Il aime se rincer le dalot », qui signifie que la personne aime boire de l’alcool fort, le dalot étant son gosier.

Ce terme de dalot a une importance extrême pour les amiEs des animaux. En effet, si l’on veut la libération animale et la libération de la Terre, alors on doit être capable de prévoir des changements en profondeur de la présence humaine.

Si les humains doivent garder des routes, celles-ci ne pourront plus exister sous leur forme actuelle : elles devront comprendre des dalots, des passages pour les animaux, des tunnels pour que les routes ne soient plus des obstacles.

Les dalots doivent par conséquent être un terme faisant partie des revendications de la libération animale. C’est un pas nécessaire pour que l’humanité recule et que la Terre soit de nouveau bleue et verte !

Voici des photos prises dans des tunnels de ce type, aux Etats-Unis, pour illustrer le principe.

La SNCF fait la chasse aux lapins

Nous avons remarqué qu’hier ont été publié deux articles extrêmement semblables, et d’ailleurs avec le même titre : « La SNCF fait la chasse aux lapins. »

Or, il n’est pas du tout difficile de voir que plutôt que de véritable « journalisme » (mais cela existe-t-il encore), on a droit à deux personnes retranscrivant à leur manière le point de vue officiel de la SNCF (soit directement, soit par l’intermédiaire d’une dépêche, ou plutôt un mini article de l’AFP).

On a donc droit ici à une version très française de la question de la Nature : « place aux trains » dit en quelque sorte la SNCF, et les animaux eh bien dans la logique des choses, il s’agit ni plus ni moins que de les éliminer !

On a là une contradiction entre l’humanité et la Nature mise véritablement à nu. C’est même un exemple très parlant pouvant servir d’argument.

Une humanité sérieuse dans son rapport à Gaïa ne peut pas bétonner chaque jour davantage, c’est insupportable à vivre, c’est inacceptable par rapport à Dame Nature.

S’il faut des trains, alors qu’ils soient aménagés de telle manière à déranger le moins possible la Nature, et que l’humanité cesse de ne se préoccuper que de ses rails et ses champs ! Ce qui doit compter d’abord, c’est notre mère la Terre !

La SNCF fait la chasse aux lapins

Contre les retards et les dégradations, la SNCF dégaine une arme inattendue: un garde-chasse, William Hup, traque sans relâche depuis trois ans lapins et blaireaux, dont les galeries sont une terrible nuisance pour les voies.

Fusil en bandoulière et cartouchière bien remplie, flanqué de son fidèle Vidocq, un cocker springer brun et beige, William Hup, 42 ans, arpente 700 kilomètres de voies, réparties sur cinq départements situés au sud-est de Paris.

Ce cheminot d’un genre un peu particulier ne semble pas mécontent de ne “vivre que de la chasse”. Le travail de Vidocq, c’est de déloger les animaux dans les fourrés aux abords des voies de l’Yonne, de l’Essonne, du Loiret, de la Seine-et-Marne et du Val-de-Marne.

Importantes dégradations

“Il y a de moins en moins de chasseurs donc on assiste à un développement à grande échelle des lapins, des blaireaux et des sangliers. Ils causent d’importantes dégradations sur les installations de sécurité au sol, des dégâts sur les trains en cas de collision et des risques d’éboulement dus au terriers”, dit William Hup.

En 2011 en Ile-de-France, la SNCF a enregistré 100 heurts d’animaux qui ont entraîné le retard ou l’annulation de 516 trains et la perte de plus de 116 heures, souligne la SNCF.

“Les lapins de garenne creusent tout le temps, ce qui impacte la stabilisation de la voie et si on ne fait pas le nécessaire, il pourrait se produire une catastrophe, telle le déraillement d’un train”, affirme William, posté au niveau de la voie située sur une digue sableuse entièrement minée de galeries.

Les blaireaux, eux, remuent jusqu’à 20 tonnes de terre par an, selon lui.
M. Hup a d’ailleurs été obligé de faire poser “des dizaines de mètres carrés de grillages” et de “boucher les galeries au béton”.

Mais l’homme brun au yeux marrons, treillis kaki, gilet fluorescent orange siglé SNCF et casquette marron vissée sur la tête, l’assure, “jusqu’à présent, il n’y a jamais eu de risques pour les usagers”.

La SNCF indemnise les agriculteurs

700 lapins ont ainsi été éliminés en 2010, 1.000 en 2011. “Il y a même eu un pic juste avant les fêtes de fin d’année 2011, avec 100 lapins éliminés en une seule semaine”, se souvient William.

Ces lapins sont aussi une nuisance pour le monde agricole et la loi considérant que ces animaux vivant sur des terrains de la SNCF lui appartiennent, contraint l’entreprise à indemniser les agriculteurs.

En Ile-de-France, le montant des indemnisations pour les dégâts causés par les lapins que la SNCF a dû payer, s’est élevé à 260.000 euros en 2010 pour chuter à 123.000 en 2011. “Ce chiffre montre que mon travail est nécessaire, c’est encourageant”, s’enthousiasme William.

Voici l’article de 20 minutes (Ile-de-France):

la sncf fait la chasse aux lapins

Transports La société ferroviaire emploie un garde-chasse pour aider à la régularité du trafic

Fusil à l’épaule, casquette et gilet orange, William Hup parcourt les abords de la voie ferrée près de Montereau (77).

Il est le garde-chasse de la SNCF et a pour mission de prévenir les dégâts causés par les animaux qui vivent près des lignes. Le poste a été créé il y a trois ans et proposé à ce chasseur passionné, qui travaille dans la société depuis 21 ans.

Il est en charge de 700 km de lignes. « Ici c’est une zone sinistrée par les lapins de garenne, il y a des terriers partout », explique-t-il.
Les nombreuses galeries fragilisent les voies et les talus qui les bordent. Elles abîment également les câbles qui courent sous terre. « Nous n’enlevons même pas un quart de la population », souligne le chasseur.

Chaque jour, il parcourt une portion différente de terrain et passe deux à trois fois au même endroit dans la saison. Pour s’occuper des lapins, William Hup travaille avec trois chasseurs bénévoles, toujours les mêmes. Accompagné par Vidocq, son chien, il part en tête pour faire rentrer les animaux dans leur terrier. Puis des furets sont envoyés dans les galeries pour faire sortir les lapins. En période de chasse, ils sont ensuite tirés au fusil.

D’autres animaux posent problème. C’est le cas des blaireaux qui sont aussi présents près de Montereau. « Ce sont de gros terrassiers, poursuit le chasseur. Ils peuvent remuer une vingtaine de tonnes de terre par an. S’il y a une grosse pluie, cela crée un risque d’affaissement. » Pour ces animaux, la technique est différente. Ils sont sortis de leurs terriers par des chiens, puis les trous sont comblés avec du mortier. Un grillage est ensuite posé sur les talus pour les empêcher de revenir.

Les dégradations ont également des conséquences financières pour la SNCF qui a dû verser 123 000 € d’indemnisation l’année dernière. « Si les lapins de garenne sont sur votre propriété, vous êtes responsable des dégâts qu’ils causent », précise le garde-chasse.

Des animaux plus gros, comme des sangliers ou des cervidés peuvent aussi heurter les trains. « En dessous de 50 kg, il y a peu de risque qu’une collision arrête la circulation », explique William Hup.

En 2011 en Ile-de-France, il y a eu près de 100 heurts d’animaux. Cela a entraîné le retard ou l’annulation de 516 trains et 116 heures ont été perdues.

“C’est ton devoir d’aider la végétation à recouvrir ses droits, par tous les moyens”

En ce qui concerne la remise en cause de la domination urbaine sur la nature, Friedensreich Hundertwasser (1928-2006) est un des principaux penseurs et artistes du 20ème siècle… de notre point de vue.

Voici l’un de ses textes, qui met en avant le droit à la fenêtre pour l’humain, et le droit de la nature à se réapproprier tout ce qui est horizontal.

Nous étouffons dans nos villes, en raison de l’empoisonnement de l’air et du manque d’oxygène.

La végétation, qui nous laisse vivre et respirer, est systématiquement détruite.

Notre existence immédiate devient indigne de l’être humain.

Nous courons le long de façades de maisons grises, stériles, et nous n’avons pas conscience d’avoir été mis dans des cellules de prison.

Si nous voulons survivre, tout un chacun doit agir. Tu dois toi-même former ton environnement.

Tu ne dois pas attendre l’autorité et une autorisation.

Non seulement tes habits, et l’intérieur, les pièces, mais également tes murs extérieurs t’appartiennent.

Toute façonnage individuel est mieux que la mort stérile. C’est ton droit de façonner ta fenêtre et, tant que ton bras est assez long, la façade extérieure, comme cela te convient.

Il faut mettre de côté les règlements interdisant ou limitant ce droit à la fenêtre.

C’est ton devoir d’aider la végétation à recouvrir ses droits, par tous les moyens.

La nature libre doit grandir partout là où tombent la neige et la pluie ; là où tout est blanc l’hiver, tout doit être vert en été.

Ce qui est horizontalement sous le ciel, libre, appartient à la nature.

Les rues et les toits doivent être peuplés de forêts.

On doit pouvoir de nouveau respirer l’air en ville.

Le rapport être humain – arbre doit atteindre des dimensions religieuses. Alors on comprendra enfin la phrase : la ligne droite est sans Dieu.

Friedensreich Hundertwasser

Düsseldorf,

27 février 1972

La forêt qui a reconquis une ville : Angkor

La forêt qui a reconquis une ville : Angkor

Il y a quelques semaines a rouvert au Cambodge un temple dans la fameuse cité royale d’Angkor, au Cambodge. Le temple Baphoun, de la zone bouddhiste d’Angkor Thom, a été restauré au moyen de 300.000 pierres patiemment répertoriées.

Si cela est particulièrement intéressant pour nous (en plus de l’intérêt pour la culture khmère, comme pour toutes les cultures), c’est la leçon pour l’humanité que cela représente.

La zone d’Angkor Thom de la cité royale d’Angkor a en effet été flamboyante, à la fin du 12ème siècle – début du 13ème siècle.

Angkor elle-même a été une capitale du royaume khmer du IXe au XVe siècle, et comptait à son apogée 750 000 personnes vivant en son sein, sur une superficie d’environ 1 000 km² (c’est ce royaume qu’ont espéré refonder, dans un élan de folie meurtrière, les « khmers rouges »).

Sa civilisation a grandement profité de la nature, au moyen de réservoirs d’eau et de canaux pour irriguer, et pensant soumettre celle-ci, comme on le voit sur ce bas-relief (on notera également le chien derrière la roue, le bœuf et le chien comptant bien sûr parmi les animaux domestiqués historiquement).

Mais cette prétention, fondée sur l’incompréhension de la nature et de sa réalité, a contribué largement à l’effondrement de cette ville, la plus grande des villes humaines de l’époque pré-industrielle. Parmi les multiples raisons, on trouve les inondations et les sécheresses.

Et la forêt a reconquis Angkor, son millier de temple et ses bâtiments, comme le montrent ces quelques photos…

Bien entendu, l’humanité n’a pas tiré (encore) les leçons, comme en témoigne l’exploitation des éléphants, preuve du mépris pour la vie sur Terre telle qu’elle est partagée (pour l’instant) par la quasi totalité des sociétés humaines…

Roa et son “street art”

Nous avons déjà parlé de comment les animaux sont utilisés, de manière le plus souvent horrible, dans l’art contemporain. Il était logique que le « street art » se les approprie aussi.

Si le « street art » a déjà une longue tradition (Jean-Michel Basquiat, Keith Haring) et de nombreux représentants en France, c’est ici d’un « artiste » belge dont nous allons parler.

« Artiste » entre guillemets car ses œuvres sont bien souvent d’un glauque typique de ces pseudos artistes modernes utilisant les animaux, de préférence sous forme de cadavres, pour mettre en avant leur conception morbide de la vie.

Parfois, les œuvres de cet « artiste », appelé Roa, font que pour le coup il est un vrai artiste, ramenant les animaux dans la ville, animaux faisant parfois 30 mètres de large.

Mais quand il les montre dépecés, pendus, etc., cela sort de l’art pour plonger dans la fascination pseudo-rebelle du glauque. Nous ne montrons pas ici les pires images de ce genre, pour présenter surtout des œuvres où il y a de l’idée, mais en plus de manière flagrante avec un esprit allant dans un sens positif et ouvert à la nature.

Parking Day les 16-17-18 septembre 2011 et exploitation des poules

Le week-end prochain aura lieu le “Parking Day“, dont nous avons déjà parlé: le principe est de réoccuper les parkings. Initiative alternative et artistique au départ, il s’agit maintenant malheureusement d’un rouleau compresseur bobo.

On a ainsi droit à un programme complet visible uniquement en PDF pour la presse, l’initiative est de plus en plus institutionnalisée et les “laboratoires artistiques” de plus en plus présents, etc. Pas de fête populaire donc, et d’ailleurs quand on occupe le parking pour l’initiative, on est prié de… le payer!

On notera aussi qu’à Nantes on trouvera une mise en avant des poulaillers (dans l’esprit des “décroissants” que nous avions critiqué il y a peu). Voici la présentation:

Partout en France, le Parking Day éveille les initiatives et les volontés. Il suffit de parcourir la carte des initiatives pour se rendre compte de toute la volonté qui entoure cette édition 2011.

Coup de projecteur sur les agences nantaises.  En occupant cinq places de parking dans la rue des Olivettes, dans le centre de Nantes, elles situent leur park entre ” La Poule Noire” et ” le Cul de la Poule”.

Cela vous met la puce à l’oreille ?  Vous avez bien raison car elles ont choisi de mener leur réflexion sous un angle original et surprenant :

La poule sous toutes ces formes.

En s’associant à des graphistes, designers, architectes, paysagistes, mais aussi avec une société de conseils en éco-conception de produits et services, elles initient une réflexion sur le retour à la nature dans la ville en utilisant la poule comme emblème.

Mais laissons la place à l’organisateur qui nous explique, à défaut de qui a été le premier de l’oeuf ou de la poule, de quoi sera fait leur parking day :

“- un poulailler (un vrai, avec de vraies poules, du grillage, de la paille sur une place de parking) proposé par les designers Faltazi

– un atelier de fabrication de cocottes en papier proposé par Scopic (agence de communication et d’événements et plus encore…) : une cocotte en papier géante et plusieurs en origami, avec des messages à caractères citoyens et respectueux de l’environnement de la nature et des animaux (enfin surtout des poules) seront distribués aux automobilistes et aux passants et aussi aux écoliers à proximité de l’école Emile Péhant. Evidemment, le papier utilisé sera du papier brouillon recyclé, récupéré dans les différents bureaux des structures.

– un atelier de construction du “NID” qui accueillera la cocotte géante, proposé par le collectif Fertile (archi, paysagistes et plus…), à partir de matériaux de récupération et de végétaux.

– un espace de discussion végétalisé, pour aller plus loin dans le développement durable, proposé aux passants ou automobilistes, sous un “arbre à palabre”, proposé par EVEA conseil, société de conseil en éco-conception de produits et services.

– un atelier de cuisine, de convivialité et transformation de l’oeuf à toute heure (porté par tous) : oeufs brouillés pour le pdj, omelette le midi, oeuf au lait au goûter… tout cela offert aux curieux qui viendront discutés avec nous”

Et il nous réserve encore d’autres surprises….

Nantais, personnes de passages : venez réfléchir à un vrai retour à la nature dans la ville…Ou venez juste vous amuser, vous cultiver et bien manger. C’est ça aussi le Park(ing) Day !

“Bien manger”…  de la même manière que ceux-ci qui construisent des parkings, voire de la même manière que leurs prédécesseurs immédiat, ce qui revient au même. Une belle preuve que le véganisme est un critère essentiel pour comprendre si une initative pour l’écologie est authentique… ou pas!

Manif-occupation pour l’accès à la terre, contre l’aéroport et son monde

Le 7 mai aura lieu une grande manifestation contre le projet du nouvel aéroport à Nantes. On notera aussi qu’il y a désormais un nouveau lieu de résistance sur la ZAD (zone du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes), que le soir du 21 avril aura lieu une 3ème rencontre ouverte à tou(te)s les opposant(e)s à Notre Dame des Landes, et que le 22 mi aura lieu une Fête de la Nature : Randonnée pédestre à Notre Dame des Landes (avec deux circuits: une découverte de l’avifaune et une découverte de la ZAD).

Pour une ferme en lutte, occupons les terres !

Depuis quarante ans, les décideurs et bétonneurs planchent sur un nouvel aéroport à côté de Nantes pour parfaire leurs rêves voraces de métropole et d’expansion économique. Il est censé atterrir sur 1650 hectares de terres agricoles et hameaux : la ZAD (Zone d’Aménagement Différé, autrement dit Zone À Détruire). Le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes, qui aurait pu être mis au placard comme un archaïsme gênant, s’est aujourd’hui adapté jusqu’à devenir un symbole criant de l’arnaque représentée par le « capitalisme vert » et de son arrogance idéologique.

La lutte arrive à un point charnière avec la signature, en janvier dernier, de l’accord de construction et d’exploitation avec Vinci, leader mondial de l’aménagement du territoire.

L’offensive de propagande tout azimut se renforce pour justifier un projet dont les décideurs sentent bien qu’il est sur la brèche. Alors qu’ils envisagent de démarrer leurs travaux dans les années qui viennent, nous savons que cette lutte peut encore être gagnée et nous nous préparons pour que toute tentative de bétonnage des terres leur coûte cher.

Les exemples des victoires remportées dans la région par le passé, entre autres contre les projets nucléaires de Plogoff, du Carnet ou du Pellerin, montrent que les entreprises les plus mégalomaniaques peuvent être stoppées si la détermination est suffisante et que l’on se dote des moyens adéquats.

En parallèle des nombreuses actions et en appui des agriculteur-trice-s et habitant-e-s qui résistent alentour, de plus en plus de personnes ont repris pas à pas, depuis deux ans, les maisons et terrains rachetés par les maîtres d’œuvre de l’aéroport.

Une base de résistance se construit sur la ZAD : cabanes dans les arbres et au sol, potagers, maisons réhabilitées, espaces de réunion et de travail, mais aussi une boulangerie, un gîte, une bibliothèque ou un atelier de production graphique. À l’heure actuelle, on compte déjà plus d’une soixantaine de nouveaux-elles habitant-e-s de la ZAD, réparti-e-s sur plus d’une quinzaine de lieux.

Dans cette dynamique, la manif-action du 7 mai vise à l’installation collective d’un projet agricole sur des friches pour défendre ces terres, y vivre, et contribuer à l’alimentation de la ZAD et des alentours.

Cette initiative est le fruit de la rencontre entre Reclaim The Fields, réseau européen de paysan-ne-s et de sans-terres, et des occupant-e-s de la ZAD. Elle s’adresse à tout-e-s ceux/celles qui se battent sur le devenir de l’agriculture, à ceux/celles qui font vivre depuis longtemps la résistance locale et ne veulent pas se résigner, et à tout-e-s ceux/celles qui voudraient rejoindre aujourd’hui la lutte.

Nous vous invitons le 7 mai à un moment d’action collective, de rencontre et de fête, et vous proposons de rester les jours suivants pour renforcer l’installation.

Pour l’accès à la terre !

De nombreux-ses paysan-ne-s en devenir cherchent à cultiver la terre dans des logiques critiques d’une industrie agro-alimentaire, synonyme d’exploitation économique mondialisée, de destructions environnementales, et de formatage gestionnaire de la société. Ceux/celles-ci font face à une somme d’obstacles. Un des problèmes majeurs est la difficulté d’accéder à des terres du fait du bétonnage, de la mainmise des agro-maîtres, et de la politique d’agrandissement constant des exploitations existantes.

De plus en plus de personnes et collectifs, notamment en ville, cherchent à trouver des moyens de se nourrir sur des bases locales et d’échanges directs ou à produire une partie de leur nourriture. Ce processus se trouve lui aussi entravé par les politiques agricoles, les formes actuelles d’urbanisation et l’accaparement des terres. Il existe un ensemble conséquent de terres agricoles sur la ZAD.

Malgré les initiatives menées depuis des décennies pour en maintenir l’usage, certaines sont en friches, d’autres pourraient être expropriées, et les baux agricoles actuels menacent de ne pas être renouvelés du fait de l’avancée des travaux. Toutes seront perdues si le projet d’aéroport arrive à terme.

L’initiative du 7 mai est une étape dans la construction d’un mouvement plus large pour libérer les terres.

Contre l’aéroport et son monde !

La lutte contre l’aéroport de Notre Dame est une lutte au carrefour d’enjeux sur lesquels s’unir, croiser des problématiques et penser des stratégies communes. À travers cette lutte, nous combattons l’alimentation sous perfusion, la société industrielle et son réchauffement climatique, les politiques de développement économique et de contrôle du territoire, les mégalopoles et la normalisation des formes de vie, la privatisation du commun, le mythe de la croissance et l’illusion de participation démocratique…

Alors que les préliminaires à la construction s’intensifient, il s’agit de trouver un nouveau souffle dans cette lutte, que ce soit en s’opposant directement aux forages, prospections, enquêtes publiques, éventuelles expulsions, en accentuant la pression sur les décideurs et les compagnies liées au projet, mais aussi en construisant des moments d’actions collectives massives.

L’occupation de la ZAD est un des leviers importants sur lesquels la lutte contre l’aéroport peut s’appuyer. Ces formes d’occupation d’une zone menacée permettent de lier construction et résistance. Elles connectent des expériences de vie et de production et une dynamique offensive à même d’empêcher concrètement tout démarrage des travaux.

L’aéroport ne passera pas

On ne se laissera pas aménager !

Infos pratiques :

Il y aura de l’action mais aussi une tambouille sur place, de la danse, des interventions et échanges.

Pour ceux/celles qui viennent de loin, qui voudraient aider à la préparation en amont, ou rester pour l’installation après le 7 mai, il sera possible de camper sur place.

Venir si possible avec des outils, gants, sécateurs, bêches, crocs…

Des aides sont bienvenues pour le projet de « ferme » : matériel agricole – plants – semences – soutiens financiers…

Contact pour tout ça : reclaimthezad [arobase] riseup.net

Reclaim the Fields et des occupant-e-s de la ZAD

Projection et discussions à Rennes sur le projet de ligne Très-Haute-Tension

Voici une information concernant une initiative qui aura lieu à Rennes, dans quelques jours.

Mercredi 12 janvier 2010 de 18h à 20h (projection vers 18h30)
à l’IEP (Sciences-Po) Rennes, amphi Erasme
104 bd de la Duchesse Anne

Documentaire :  “La MAT, ¿ A donde nos lleva el progresso ?”
THT, où nous mène le progrès ?

Ce documentaire de 28 min donne la parole à la lutte catalane contre le projet de ligne Très-Haute-Tension (THT, MAT en catalan), depuis les actions légales jusqu’aux actions plus directes, comme la première occupation d’une forêt en Catalogne. Toutes ces actions s’opposent à la nouvelle ligne électrique de 400 kV qui doit traverser la péninsule ibérique d’ici 2013.

Projection prétexte à débat sur les luttes anti-nucléaires, anti-industrielles… ici et là-bas

Venez nombreux, c’est gratis !

Rappelons que le lendemain, toujours à Rennes, a lieu une initiative de solidarité (nous en avons parlé, voir ici).

Et rappelons que fin janvier à Caen aura lieu le verdict du procès des activistes anti-Castor:

Verdict du procès des militants du GANVA

Mercredi 26 janvier

Lieu : Caen (14)

Les militants du GANVA (Groupe d’Actions Non-Violentes Antinucléaires) qui ont bloqué un train de déchets hautement radioactifs (La Hague-Gorleben) début novembre 2010 seront fixés sur leur sort par le tribunal.

Le Procureur réclame 2 à 3 mois de prison avec sursis et 2 à 3 000 euros d’amende par personne. La SNCF réclame 40 000 euros au titre du préjudice commercial, et AREVA 1 euro pour atteinte à son image.

Soutenons-les massivement !

http://ganva.blogspot.com/

Une lionne assassinée à Lyon

Ce qui s’est passé à Lyon montre de manière dramatique tant l’hypocrisie des zoos que le mépris qui existe dans le rapport avec les êtres vivants.

Une lionne âgée de deux ans est en effet morte dans le zoo. Morte ? Non, assassinée, voilà le mot qu’il faut employer. La manière dont les événements sont relatés le montre de manière évidente.

Déjà, on peut se douter de tout cela quand on voit le directeur du parc zoologique, David Gomis, parler d’un:

« enchaînement de mauvaises circonstances. »

Quand on parle du bien-être animal, il est impossible dans un zoo comme le bien-être humain est impossible dans une prison, bizarrement les zoos invoquent une gestion des plus méticuleuses.

Qu’il se passe quelque chose de « travers » et là ce sont les « mauvaises circonstances » qui sont invoquées. Mais quelles « mauvaises circonstances » ? Cela n’existe pas !

Car c’est le zoo de Lyon qui a décidé de faire venir la lionne âgée de 2 ans depuis… un autre zoo, celui de La Boissière du Doré, en Loire-Atlantique.

Il s’agissait de la faire rejoindre l’unique lion du zoo de Lyon, afin qu’il y ait reproduction, pour la « réintroduction » du lion en Asie. Ce genre d’initiatives irréaliste et absurde de par sa dimension dénaturée est très important pour les zoos, car elle est leur actuelle idéologie « justificatrice. »

Et soi-disant, la lionne serait sortie trop rapidement de sa loge intérieure, et serait… tombée dans l’eau, et se serait noyée.

Le directeur du parc zoologique, David Gomis, aggrave son cas en expliquant de manière faussement béate:

« Elle avait déjà dû boire la tasse. Contrairement aux tigres, les lions ne sont pas des très bons nageurs. »

Les lions ne sont de très bons nageurs : voilà une phrase bien ridicule. Car par définition, un animal jeté à l’eau fait tout pour s’en sortir, et d’ailleurs les lions savent nager…

La vérité, c’est que la lionne est tombée dans ce qui doit être considéré comme une sorte de fossé rempli d’eau, du même type que ces douves entourant les châteaux du moyen-âge.

Le zoo, son administration et ses employés sont ainsi clairement responsables de la mort de la lionne. La preuve en est d’ailleurs que le zoo a promis d’installer un système de grillage en janvier.

Pourquoi ? Parce que le zoo avait mis en place un « guidage électrique » pour guider la lionne…

Un guidage électrique ! En clair : la lionne se prend du courant électrique si elle touche le fil, et est donc censée suivre le chemin balisé…

1. Déjà cela présuppose qu’elle le touche au moins une fois pour savoir qu’il ne faut plus le toucher.

2. Ensuite, cela présuppose, pour qu’elle tombe quand même dans l’eau, qu’elle l’a touché au moins une fois !

Et ce second point, aucun des très rares médias relatant la mort de la lionne n’en parle, bien évidemment…

Notons d’ailleurs au passage que même le site du zoo de Lyon ne relate pas l’incident…

Citons d’ailleurs ici le journal Le progrès qui, dans une sorte de délire absolument démonstratif et très parlant, explique que la mort de lionne… est une preuve que les zoos sont utiles !

Un accident qui souligne toute l’importance de la préservation des espèces animales et le rôle majeur joué les jardins zoologiques pour la pédagogie et la préservation de la faune à l’échelle planétaire.

En clair, il y a négligence criminelle du zoo, et donc cela soulignerait l’importance mondiale des zoos ?!

Voilà une bien folle logique, qui va avec le fait que l’article dit, sans même voir la contradiction:

Cette lionne d’Asie provenait du zoo de la Boissière du Doré.

Non, le zoo de la Boissière du Doré n’est pas en Asie. On nage ici en plein délire, la contradiction saute aux yeux. En voici d’ailleurs encore un autre exemple. Le zoo de Lyon dispose d’un « centre de récupération des tortues de Floride. »

Voici ce qu’on peut lire dans la longue page de présentation :

Elle vient d’Amérique du Nord, et est transportée par l’homme un peu partout sur la planète.

SON TERRITOIRE D’ORIGINE EST A 10 000Km D’ICI !

On peut dire la même chose de la lionne d’Asie, tout comme de beaucoup d’animaux des zoos, et dans tous les cas les zoos sont comme des prisons.

Et une société qui justifie les zoos (comme les prisons), c’est une société qui n’a rien à proposer à part la répression, l’oppression, l’exploitation, la mort !

Aucun compromis n’est à faire avec les zoos, lieu symbolique de domination, lieu de souffrance très concrète, lieu issu d’une logique criminelle!

Les macaques se baignent dans des sources d’eau chaude

L’humanité doit se replier, pour que la planète redevienne bleue et verte ; sans espace, comment les animaux pourraient-ils sinon exister ? L’humanité doit être capable d’établir de nouveaux rapports avec la Nature!

On a un exemple écologique très intéressant avec les macaques présents au Japon et leurs baignades dans des sources d’eau chaude. Des humains ont vu en effet, au milieu des années 1960, des macaques se baigner dans des sources de ce type, et 300 mètres plus loin ils ont créé un bassin.

Il faut savoir que les macaques présents au Japon vivent en forêts, mais que celles-ci peuvent être subtropicales ou subalpines, et les macaques ont ainsi la particularité d’être parfois présents dans une zone où il peut faire très froid, jusqu’à moins 15°, à hauteur de jusqu’à 3000 mètres !

Les macaques profitent donc de la chaleur des sources d’eau chaude. Et leurs activités sont très connues au Japon, où l’on a également reconnu leur capacité à faire des batailles de boule de neige, à laver leurs aliments, à les saler en les mettant dans de l’eau de mer, à utiliser des cailloux… Avec chaque expérience assimilée et retransmise aux plus jeunes. Sans parler de l’existence de dialectes selon les régions.

Et depuis les années 1960 donc, les images des macaques dans ce bassin sont très connues…. Et malheureusement également, il s’agit désormais d’un véritable parc d’attraction, avec billets d’entrée, restaurants et hôtels non loin, ainsi d’ailleurs qu’une station de ski, etc.

Toutefois, les choses sont heureusement un peu plus compliquées. En effet, cet endroit est difficile d’accès, car en bas d’un parc naturel. Le « parc d’attraction » s’appelle d’ailleurs le « Jigokudani Monkey Park », Jigokudani voulant dire la « vallée de l’enfer » : en plus de l’eau des sources bouillantes, les falaises très rudes et les forêts très difficiles d’accès.

Durant l’été les macaques vivent ainsi ailleurs, et descendent dans la vallée durant l’hiver. Leur nombre dans le bassin varie donc. La taille moyenne d’un groupe est de 40 macaques, et plusieurs groupes peuvent être présents (en ce moment par exemple, 140 macaques sont présents).

Il y a par conséquent  une sorte de rapport pacifique entre les macaques et les humains. Il est certainement plus sympathique de voir des humains nourrir les macaques qui viennent librement se baigner (malgré les touristes) que de les voir les enfermer pour pratiquer la vivisection…

Sans que cela soit forcément un modèle, cela peut être un exemple de quelque chose de constructif!

Vélorution de noël à Nantes

Voici un appel à une initiative à Nantes, dont nous parlions il y a deux jours au sujet du futur aéroport.

offrez à vos enfants une ville moins polluée.

Venez pédaler le 18 décembre à Nantes !

Lutte contre la pollution, gain de temps pour aller au boulot, rejet de la reine-voiture dans la ville – et de ses dangers – , mobilisation contre l’obésité, ou encore amour de la bicyclette… Dans le vélo tout est beau !!

Le rendez-vous est fixé à 14h sur le parvis de la Cathédrale St Pierre, pour un parcours festif d’environ 7 km à allure lente. N’oublie pas ton déguisement ainsi que celui de ton vélo !
Et à l’arrivée, tu pourras profiter d’une crêpe, et d’un vin chaud pour les plus grands !