Petit retour sur la trame bleue et verte

Nous voulons revenir un peu sur la « trame bleue et verte » dont il a été parlé hier, parce que nous craignons que sa dimension positive passe trop au second plan.

Voici une présentation très claire, venant d’un site personnel:

 « La “trame verte et bleue” est une mesure phare du Grenelle Environnement, qui porte l’ambition d’enrayer le déclin de la biodiversité au travers de la préservation et de la restauration des “continuités écologiques”. L’objectif est de permettre aux espèces animales et végétales de circuler, s’alimenter, se reproduire, se reposer… soit donc d’assurer tout simplement leur survie.

Une continuité écologique s’articule autour d’un ensemble formé par :
– La trame verte : ce sont des zones vitales, aussi appelées “réservoirs de biodiversité”, riches en biodiversité où les espèces peuvent réaliser l’ensemble de leur cycle de vie : reproduction, alimentation, abri…
– La trame bleue : ce sont des corridors écologiques, qui sont des voies de déplacement empruntées par la faune et la flore qui peuvent ainsi circuler et accéder à des zones vitales de la trame verte. Il s’agit des cours d’eau et zones humides.

Les aménageurs oublient souvent certaines dimensions importantes, telles que des corridors de silence et de calme pour répondre aux problèmes de fragmentation par le bruit et le dérangement à cause par exemple d’une surfréquentation du lieu considéré.

La nuit aussi connaît également son lot de biodiversité ! Ainsi la trame noire correspond à une continuité d’espaces non éclairés et silencieux, de manière à préserver la faune particulièrement sensible à la pollution lumineuse, telle que les chauves-souris, les papillons de nuits, les chouettes… »

Voici une autre explication, du site d’une association (pas du tout végan par ailleurs), et précisant  l’aspect essentiel de la trame bleue et verte, qui est donc ce principe des corridors (formant la trame bleue) reliant les zones de « réservoirs » (la trame verte).

“L’urbanisation, les infrastructures linéaires de transport (routes, voies ferrées…), l’intensification de l’agriculture de ces dernières années ont pour effet de « fragmenter le territoire », autrement dit d’interrompre les voies de circulation naturelles de la faune et flore. Les espèces sauvages isolées sont alors menacées de disparition.

Les ports sont une barrière au déplacement de la petite faune du littoral.

Il ne suffit donc pas de protéger des espaces naturels pour préserver la biodiversité, il est nécessaire de maintenir ou de développer des voies de communication (corridors écologiques) entre ces espaces pour assurer la diversité génétique et les besoins vitaux des animaux et des végétaux : circuler pour s’alimenter, se reproduire, trouver des espaces pour assurer sa croissance ou se reposer. Les populations d’êtres vivants sont souvent dispersées, et les échanges entre populations d’une même espèce sont nécessaires pour assurer leur pérennité, notamment par un brassage génétique.

Le changement climatique et la destruction des milieux naturels sont des raisons supplémentaires d’assurer cette mobilité de la vie sauvage.

En France, on constate la diminution globale des populations d’oiseaux communs (10% en 2008), mais également des mammifères, 11 sur 119 sont menacés, et de bien d’autres espèces animales et végétales. Aussi toutes les espèces sauvages de France, quelles soient « remarquables » ou « ordinaires » sont concernées par le projet de trame verte et bleue.”

Il est évident que ce principe de trame bleue et verte n’a pas une envergure suffisante, puisqu’il s’agit seulement pour l’Etat de maintenir la biodiversité dans une perspective utilitaire, nullement de la célébrer comme ayant une valeur en soi.

Cependant, il y a une réflexion à faire ici, car il y va de l’utopie qu’il faut proposer aujourd’hui, et réaliser demain. On ne peut pas dire qu’il faut de grands changement sans en proposer les grandes lignes et les perspectives concrètes !

Le projet de trame bleue et verte

Nous avions parlé il y a peu du groupe VEAN évaluant la situation de l’urbanisation dans sa région (Le RER Nord-Pas de Calais, un projet d’urbanisation). Voici un nouvel article de leur part, au sujet du projet de Trame verte et bleue organisée par le gouvernement dans le cadre du “Grenelle de l’environnement”.

Cette trame consiste en des réservoirs de biodiversité, qui sont reliés par des corridors, avec également des aménagements locaux (faire des ouvertures dans les clôtures,  créer des “passages à faune”, supprimer les obstacles pour les poissons – on peut voir le schéma ici). C’est un projet national, et ici VEAN l’évalue localement, dans un esprit critique et écologiste radical.

LE PROJET DE TRAME VERTE ET BLEUE ET SES OPPOSANTS SYNDICALISTES NE VOIENT QUE L’INTERET DES HUMAINS

Jeudi des agriculteurs de la région de Dunkerque ont répondu à l’appel de leur syndicat et ont manifesté en tracteur contre un projet de réaménagement du territoire : la trame verte et bleue.

Ils se sont rassemblés sous le mot d’ordre « Sauvons le fruit de nos terres » avec pour revendication que le projet soit abandonné ou modifié en profondeur.

La trame verte et bleue est un projet d’aménagement du territoire qui aura des conséquences importantes sur le secteur économique agricole. Le territoire du Nord-Pas de Calais est décrit par un Schéma régional de cohérence écologique suivant les décisions du Grenelle de l’environnement.

Des zones déterminées seront « renaturées » par décision de l’Etat. La volonté affichée est de tracer des couloirs de zones de nature faites de bois, prairies et bosquets, et de cours d’eau, de mares et des zones humides. En reliant des espaces qui apparaissent aujourd’hui comme des « réservoirs » de biodiversité, la trame verte et bleue permettrait aux animaux et végétaux de survivre, voire de s’épanouir.

Dans de nombreux secteurs du Nord-Pas de Calais, comme Lille, le bassin minier, Calais etc,  les  villes sortent d’elles-même. Elles se répandent autour, par des zones industrielles, commerciales, des routes, des lignes électriques. Tout cela couvre le sol de béton et d’enrobé et coupe les possibilités de déplacement de nombreux animaux. C’est ce que les spécialistes appellent des « surfaces artificialisées ».

En vingt ans, ces surfaces ont augmenté de plus de 20000 hectares, soit deux fois la ville de Paris. Or, 95 % de ces zones se sont créées à partir de terres agricoles.

En décidant de transformer des terrains dont la vocation est d’être agricole en terrains destinés à intégrer la trame verte et bleue, le schéma régional interfère avec les intérêts économiques des agriculteurs. En effet, certaines exploitations seront gênées dans leur développement.

Mais surtout, il faut avoir à l’esprit que la revente de terrains agricoles en terrains « à bâtir » est une ressource importante pour les exploitants agricoles. De nombreuses exploitations, qui ne trouvent pas de repreneur sont démantelées et divisées en lots de terrains.

Ces terrains deviennent terrains à bâtir par une décision de la mairie (modification du Plan Local d’Urbanisme), ce qui permet de les revendre bien plus cher. Il s’agit là d’un moyen pour les agriculteurs qui ne peuvent revendre leur entreprise de s’assurer une retraite confortable. Voilà le sens du mot d’ordre du syndicat : « Sauvons le fruit de nos terres ».

Les agriculteurs ont un poids important en France, et notamment dans le Nord-Pas de Calais qui est une région très agricole et assez rurale. La culture « très chasse » est très présente, les humains sont vus comme des êtres à part, hors nature, chargés d’exploiter la terre et d’élever des animaux ou de les « prélever » pour gérer leur population. Les vegans sont ignorés et les écologistes sont considérés comme des utopistes « qui n’ont pas de vision du monde rural » pour citer la dernière connerie de José Bové.

Cependant, le projet de trame verte et bleue n’est pas éloigné de cela et est largement incorrect du point de vue vegan. C’est sur, lutter contre les terres artificialisées est bien une nécessité du point de vue de la Nature.

Mais le schéma régional fondé sur les constats du Grenelle de l’environnement relève : « L’appauvrissement de la diversité bio logique constitue une préoccupation  fondamentale en soi. De par les nombreux services qu’elle rend aux sociétés  humaines, son appauvrissement continu  a des conséquences majeures sur le bien-être humain, aujourd’hui et dans l’avenir. »

Pour les techniciens des ministères comme pour les agriculteurs, la Nature n’a pas de valeur en soi. Selon eux, s’il faut sauver des bouts de nature, ou s’y opposer, c’est pour sauver de potentielles ressources futures !

Articles sur la vivisection en France

Le Journal du dimanche a publié des articles sur la vivisection, et cela de manière sérieuse. C’est assez rare pour être remarqué, de par le silence total qui règne à ce sujet, de peur que l’opinion publique ne réagisse trop négativement. Il y a donc là quelque chose qui s’est passé pour que de tels articles soient publiés, quelque chose d’historique pourrait-on dire parce que, de manière inévitable, la vivisection va devenir un thème de société et de lutte en son sein.

D’ailleurs, les chiffres sont devenus tellement important, qu’il est impossible de passer totalement cela sous silence. La vivisection, idéologie de la légitimation de tellement de produits et de tellement de recherches, est un business qui marche très bien… Le Journal du Dimanche raconte ainsi que: “un rapport de la Commission, paru le 5 décembre, confirme que la France est le pays de l’Union utilisant le plus d’animaux à des fins de recherche (2,2 millions en 2010)”.

Le but est bien entendu le profit, jamais la science, car si c’était pour la science, les résultats des tests seraient partagés, or ils ne le sont pas, les mêmes tests étant reproduits, pour “rien” à part pour justifier des recherches et les financements, pour “valider” des produits, pour faire patauger la science dans des conceptions archaïques mécanistes…

La publication d’articles informatifs par le Journal du Dimanche annonce pratiquement une nouvelle époque: celle de la vérité qui se voit, et des actes de justice qui en découlent.

Six questions clés sur l’expérimentation animale

DECRYPTAGE – En quelques années, le nombre d’animaux utilisés pour la recherche a été démultiplié. Quels sont les raisons de cette inflation? Eléments de réponse.

Combien de cobayes ?

En 2010, 2,2 millions d’animaux ont été utilisés pour la recherche (100.000 de moins qu’en 2007). Soit plus de quatre animaux par minute ! “En France, la formation scientifique repose sur l’expérimentation animale. Les chercheurs ont du mal à remettre en cause ce modèle”, déplore Christophe Marie, porte-parole de la Fondation Brigitte Bardot. La France, répliquent les scientifiques, fait partie des pays leaders en matière de recherche, rien d’étonnant donc à ce qu’elle figure en tête de peloton. Depuis 1990, le nombre d’animaux utilisés a tout de même baissé de 40%.

Et depuis 2000, les chiffres restent stables alors que le nombre de publications a doublé tous les trois ans. “On utilise mieux les animaux, notamment grâce aux progrès de l’imagerie médicale. Pour suivre l’évolution d’une tumeur dans le cerveau, on n’est plus obligés d’euthanasier différents animaux à plusieurs stades de la maladie. On en observe un seul, par IRM ou scanner”, explique Bruno Verschuere, consultant auprès du Gircor, groupement des établissements de recherche biologique et médicale.

Quelles espèces trouve-t-on dans les labos?

Les souris restent les animaux les plus utilisés (60%). “Au niveau génétique, elles ont 95% d’homologie avec l’homme, contre 50% chez la mouche”, explique Bruno Verschuere. Viennent ensuite les animaux à sang froid (16%). “On utilise beaucoup le poisson zèbre ou le Médaka. Ces petits poissons ressentent moins l’anxiété ou la douleur que les mammifères. Ils se reproduisent vite et sont à moitié transparents, ce qui facilite les expériences”, précise François Lachapelle, président du Gircor. “Ils permettent d’étudier la biologie du développement, la génétique, le système nerveux”, ajoute Bruno Verschuere. On trouve ensuite les rats (en baisse), les lapins (en hausse), les oiseaux… Les autres espèces représentent très peu en pourcentage. Les chiens (3.032 en 2010) servent encore à tester des médicaments ou à étudier des maladies comme les myopathies. Les labos utilisent aussi des chats (569), des chevaux ou des ânes (373), des primates (1.810). Tous ces animaux naissent et sont élevés dans quelque 600 établissements agréés par le ministère de l’Agriculture.

A quoi servent-ils?

Pour un tiers, à la recherche fondamentale. Un autre tiers concerne la médecine humaine et animale, afin de comprendre les mécanismes des maladies et tester des stratégies thérapeutiques. Des souris servent à évaluer des thérapies ciblées contre le cancer ; d’autres sont génétiquement modifiées pour étudier la maladie d’Alzheimer ou la mucoviscidose…

Le dernier tiers des expériences regroupe la production et le contrôle des médicaments. La législation impose en effet des tests animaux pour tous les produits “biologiques” (vaccins et sérums) avant leur injection à l’homme. Des animaux produisent aussi des substances destinées à l’homme : en injectant, par exemple, une forte dose de vaccin à un cheval, on récupère ses anticorps par prélèvement sanguin et on peut fabriquer du sérum. “Avec un cheval, on obtient 30.000 doses antirabiques ou 60.000 doses antitétaniques”,selon Bruno Verschuere.

Au prix de quelles souffrances?

Toute expérimentation est soumise aux trois R : remplacement (par une autre méthode dès qu’on le peut), réduction (du nombre d’animaux utilisés) et raffinement (réduire le plus possible la douleur). Mais en pratique? “Des animaux sont toujours rendus malades artificiellement, ‘mutilés’, soumis à des ingestions forcées ou à des produits irritants”, s’indigne Arnaud Gavard, porte-parole de l’ONG Pro Anima. Les scientifiques, eux, mettent en garde contre les images choc. Un exemple? Les “vaches hublot” qui permettent de scruter directement la digestibilité des aliments.

“Ces bovins supportent très bien l’appareillage et vivent même plus longtemps que les autres”, assure Sandrine Bruyas, qui suit le dossier expérimentation animale au niveau européen pour le compte du ministère de l’Agriculture. Mais la douleur reste difficile à évaluer. Pour chaque espèce, les chercheurs recourent à des tableaux de scoring. “Pour la souris, par exemple, on regarde la position des moustaches, du pelage, du dos… “, décrit Mme Bruyas. Depuis le 1er février, les demandes d’expérimentation, soumises à des comités d’éthique, doivent mentionner la “sévérité” du test pour l’animal.

Combien en sortent vivants?

“Environ 90% des animaux sont euthanasiés ; c’est même parfois le protocole qui l’impose”, estime Bruno Verschuere. Dix pour cent pourraient donc être placés. Mais on n’atteint même pas 1%!” Depuis 2005, le Graal (Groupement de réflexion et d’action pour l’animal) propose d’adopter toutes sortes d’animaux de labo -chiens, chevaux, primates, oiseaux, serpents…- Certains sont recueillis par des particuliers, d’autres dans des centres spécialisés. “Cette année, nous avons placé 250 chiens et une quinzaine de chats, soit 5 à 10% de ces deux espèces utilisées en labo”, explique sa présidente Marie-Françoise Lheureux. “Nous ne réussirons sans doute pas à aller au-delà de 15% -trop d’expériences invasives rendent obligatoire l’euthanasie de l’animal-, mais on peut faire mieux si les établissements de recherche s’impliquent davantage.”

Peut-on s’en passer?

C’est déjà le cas pour les cosmétiques qui ne sont plus testés sur les animaux depuis mars dernier. Pour le reste? “On ne peut pas se passer de l’expérimentation animale”, assure François Lachapelle, le président du Gircor. “C’est la seule façon d’étudier un organisme complet. Et les observations sont plus fiables : 40% des résultats obtenus sur les primates sont transposables à l’homme, 20% des études sur les rongeurs, contre moins de 1% des tests sur les cellules.” “Les résultats des expériences menées sur les animaux ne sont pas directement transposables à l’homme”, conteste Christophe Marie, de la Fondation Brigitte Bardot.

“Il faut passer à des méthodes substitutives plus fiables.” Dans la recherche contre le cancer du poumon, l’ONG Pro Anima travaille par exemple sur la modélisation d’une tumeur en 3D. Qui sait… Des essais in vitro (dans un tube à essais) ou in silico (par ordinateur) permettront peut-être un jour de ne plus utiliser les animaux. “Ces dix dernières années, l’OCDE a validé une vingtaine de méthodes alternatives pour tester la toxicité des substances”, précise Philippe Hubert, directeur de la plateforme française destinée à promouvoir ces méthodes. “Mais beaucoup reste à faire dans d’autres domaines, notamment l’enseignement et la recherche médicale.”

Ces chiens qui meurent pour nous

ENQUÊTE – Beagles, golden retrievers, briards… Chaque année, 3.000 chiens servent de cobayes dans les laboratoires français. Certains sont même programmés pour naître myopathes. Jusqu’où la science peut-elle aller?

Un chiot se blottit contre sa mère, puis est transféré vers le labo, et son cadavre est disséqué. C’est ainsi qu’est résumée la vie d’un beagle né au centre d’élevage de l’Yonne. Localement, un collectif se bat avec ces images chocs. “Dans cet élevage caché au fond des bois, on élève des chiens, en majorité des beagles, pour les envoyer en laboratoire, à l’âge de 5 mois, dénonce Michèle Scharapan, membre du collectif. Ces chiens, privés de tendresse, voient très peu la lumière du jour. On les prépare à la vivisection.”

En France, où l’on compte 8 millions de chiens de compagnie, 3.032 d’entre eux (en 2010) ont pris le chemin des laboratoires. “Les beagles sont une race ni trop grande, ni trop petite, et qui viendra vous lécher la main quoi que vous fassiez, explique le vétérinaire André Ménache, directeur d’Antidote Europe, un collectif qui milite pour une science responsable. La majorité des beagles sert à tester des médicaments. On leur en fait avaler deux ou trois fois par jour, en leur mettant une sonde dans l’estomac, sans analgésique, ni anesthésie.”

D’autres espèces servent aussi de cobaye. “On utilise des races qui présentent spontanément des maladies assez proches des nôtres, explique François Lachapelle, le président du Groupe interprofessionnel de réflexion et de communication sur la recherche (Gircor). Les golden retrievers, qui souffrent de la myopathie de Duchenne. Les briards frappés de rétinite pigmentaire qui les rend aveugles. Les boxers sujets aux maladies cardiovasculaires.”

Pour étudier les maladies héréditaires comme la myopathie du Duchenne, les chercheurs ont recours à des chiens obtenus en élevage, par “reproduction orientée”, en croisant deux chiens porteurs du gène défectueux. Ils “fabriquent” ainsi des animaux malades pour tester les nouvelles thérapies.

Dans le cadre d’un mémoire en philosophie éthique sur l’expérimentation animale, Audrey Jougla s’est rendue dans un labo où étaient menées des recherches sur la maladie de Duchenne financées par l’AFM Téléthon. “Les chiens ne pouvaient plus s’alimenter, témoigne-t-elle. Ils étaient nourris par sonde, ils avaient des difficultés respiratoires et motrices très lourdes. Certains chiots ressemblaient déjà à des robots. J’ai demandé à un praticien s’ils souffraient, il m’a répondu sur le ton de l’humour qu’il n’aimerait pas être à leur place.”

Pourquoi utiliser un chien plutôt qu’une souris? “D’abord, parce que nous partageons avec lui une plus grande proximité génétique, répond François Lachapelle. Mais aussi parce que sa taille et son poids sont proches de ceux d’un enfant, sa fréquence cardiaque voisine de la nôtre. Et parce qu’on peut mener sur lui des études de long terme… La souris, elle, ne vit pas plus de 2 ans.” Les recherches sur les chiens, selon lui, ouvrent des pistes à des thérapeutiques fiables. Pour soigner la maladie de Duchenne, deux traitements ont été élaborés sur des golden retrievers. L’un, de médecine régénérative, est en cours d’expérimentation sur l’homme ; l’autre, génétique, le sera en 2015.

En 2006, une pétition demandant l’abolition des expérimentations sur les chiens et les chats avait recueilli quelque 350.000 signatures. Trois ans plus tard, l’association One Voice publiait une enquête sur “des expériences aberrantes sur les chiens et les chats conduites en France”. “En théorie, la directive sur l’expérimentation animale interdit tout test impliquant une douleur aiguë et prolongée. En faisant naître, à dessein, des animaux atteints de myopathie, on entraîne forcément ce type de souffrance, s’indigne Christophe Marie, porte-parole de la Fondation Brigitte Bardot. Cela montre bien les limites du discours actuel concernant l’encadrement des tests sur les animaux.”

Les chercheurs, eux, assurent qu’ils réfléchissent “en amont du protocole” : a-t-on besoin d’un animal? Comment leur éviter de souffrir? Et “en aval”, certains offrent une seconde vie à leurs cobayes. Depuis 2005, l’association Groupement de réflexion et d’action pour l’animal (Graal) propose à l’adoption toutes sortes d’animaux de labo : “Cette année, nous avons placé 250 chiens et une quinzaine de chats, soit 5 à 10% de ces deux espèces, explique sa présidente Marie-Françoise Lheureux. Nous espérons faire mieux, mais nous ne réussirons sans doute pas à aller au-delà de 15%.” Dans les autres cas, les “expériences” rendent en général obligatoire l’euthanasie de l’animal…

Grands corps d’ingénieurs et programmes ministériels

Fabrice Nicolino est un de ces trublions de l’écologie officielle, c’est-à-dire ces gens très médiatiques qui trucident littéralement l’écologie officielle, ou bien le système alimentaire, comme en témoigne le succès de « Bidoche. L’industrie de la viande menace le monde ».

Le tout est, évidemment, savamment journalistique et théorique, cela ne prête jamais à conséquence, Nicolino n’assume ni l’écologie radicale ni le véganisme ; il vit de ce dont il critique et n’oppose pas d’autres valeurs.

Ceux qui s’intéressent à la WWF, à Greenpeace, à la FNE ou à la Fondation Nicolas Hulot peuvent ainsi lire « Qui a tué l’écologie ? », un ouvrage où Nicolino révèle tous les dessous peu glorieux de ces zélés collaborateurs des institutions.

De manière plus intéressante, voici ce qu’il dit sur une certaine dynamique française, une certaine « gestion » de l’Etat, qui existe quel que soit le gouvernement, car il s’agit d’une tendance de fond. Les grandes entreprises, ce sont les grandes entreprises, à moins de les briser, elles règnent en maître.

« Revenons au propos de Corinne Lepage, qui est réellement éclairant. Que cache donc cette phrase : « en second lieu, le ministère de l’Equipement – et plus précisément le corps des Ponts – a réalisé le rêve qu’il poursuivait depuis toujours : absorber le ministère de l’Environnement » ?

Mazette ! Une absorption, sans que nul ne bronche ? Eh bien, oui. Mais pour bien comprendre le sens de cette manœuvre au caractère meurtrier, il faut se pencher sur l’histoire de la France.

L’ossature administrative de notre vieux pays, au plan technique, repose sur trois grands corps d’ingénieurs d’Etat. J’ai nommé : les Mines, les Ponts et Chaussées, le Génie rural et les eaux et forêts (Gref).

Beaucoup de ces ingénieurs intègrent les écoles liées à leur spécialisation après être passés par Polytechnique (…).

Parmi les grands Mineurs, il faut bien entendu citer Pierre Guillaumat, sorti des Mines en 1933. Ce gaulliste fervent, qui a dirigé le Commissariat à l’Énergie Atomique (CEA) et EDF, est l’homme qui a permis la naissance de la bombe nucléaire française. Ministre des armées en 1958, il aura tout su, tout voulu, tout dissimulé. Il sera dans les années 1960 et 1970 le patron de ce qui deviendra Elf en 1967.

Je ne résiste pas à cette longue citation tirée du lire Les Barons de l’atome, de Peter Pringle et James Spigelman (Le Seuil, 1982) : « Purs produits de la technocratie française, ils [les polytechniciens] professent une foi inébranlable dans l’efficacité, le progrès, la technologie, le pragmatisme et, en conséquence, une impatience considérable devant le « manque d’efficacité » des politiciens. Eux ne servent pas des intérêts partisans, mais l’intérêt général, que représente, de façon purement abstraite, « l’Etat ».

Le monde de l’énergie atomique va fournir un terrain idéal à l’implantation de cette idéologie.

Le corps des Mines, l’élite de cette élite, puisqu’il n’est ouvert qu’aux dix premiers de chaque promotion, va, au fil des ans, monopoliser l’accès à toute une série de postes clés dans les principales branches du secteur public et aussi, de plus en plus, aux postes les plus importants du secteur privé. » (…)

Ingénieur général des Ponts et Chaussées, Bourdillon venait de prendre une retraite – publique – méritée, mais c’était pour mieux commencer une nouvelle vie dans le privé. Juste avant de quitter le ministère de l’Équipement et des Transports, notre ingénieur avait laissé un immense cadeau appelé Les Réseaux de transport français face à l’Europe, publié en 1991. (…)

[Au sujet du rapport de Bourdillon appelant à investir massivement:] Combien ? Oh, pas tant : 1560 milliards de francs en quinze ans, soit plus de 100 milliards par an. Soit 15,38 milliards d’euros. Par an. Une paille.

Où travaillait donc Jacques Bourdillon, en ce jour de gloire où je le visitai [après sa retraite publique et donc son passage dans le privé]? Plutôt, pour qui ? Scetauroute, bureau d’études commun à toutes les société d’autoroute. »

La “viande” et la hausse des prix

Si l’on veut comprendre l’exploitation animale, alors il faut saisir sa dynamique très particulière. S’il est moralement faux de tuer des êtres vivants, l’exploitation animale pour autant se situe sur un autre plan: celui de l’économie.

Ici les animaux sont des marchandises, qui sont vendues (ou pas), le but étant de faire du profit. Il est à ce titre utile de regarder la hausse des prix qui, comme on le voit sur le graphique ci-dessous, est forte.

Cela a beaucoup de conséquences, dont l’une est bien sûr le renforcement de la concurrence. Comme cela a pu être expliqué sur LTD, les modifications juridiques des tailles des cages ne visent pas tant un “bien-être” animal qu’à faire en sorte que les grosses entreprises se débarrassent des petites.

Il y a ici une bataille terrible, car l’alimentation est une consommation qui par définition ne s’arrête pas, ne se reporte pas. On connaît d’ailleurs le principe selon lequel le capitalisme permet de faire baisser les prix des marchandises. Si l’on regarde l’exploitation animale, on s’aperçoit justement que dans ce “marché captif”, le principe ne s’applique pas du tout…

Sur la période 1998-2012, les prix ont augmenté d’entre 20 et 60%…


Dans ce contexte, on se doute que la “protection animale” est bien le dernier souci des entreprises, qui s’aperçoivent qu’elles augmentent leurs prix sans voir leurs ventes s’effondrer… Un privilège rare, surtout en période de crise!

Toutefois, il y a un autre aspect très important. Au “Paris Vegan Day”, le végétarien Aymeric Caron a expliqué que les gens mangeaient de moins en moins de viande. C’est un propos qui ne se fonde sur rien de scientifique: déjà parce que dans le monde, il y a plus en plus de “viande” de produite. Mais aussi parce que les statistiques montrent bien que la consommation répond au prix.

En fait, on voit bien qu’à part un choix moral, culturel, qui l’emporterait dans la société, il n’y aucune raison que l’exploitation animale cesse. Cela concerne l’alimentation et les gens doivent manger, donc ils achètent, et les graphiques suivants montrent le rapport direct entre les prix et les achats.

Dès que le prix tombe, les achats progressent, et inversement.



Il y a alors deux cas de figures: soit les entreprises montent les prix pour avoir davantage de bénéfices (de manière “qualitative”), soit elles les baissent pour vendre encore plus et avoir davantage de bénéfices (de manière “quantitative”).

Tout cela est décidé par les coûts. C’est cela le vrai critère de l’exploitation animale. Cela veut dire que dans tous les cas, l’exploitation animale peut très bien “jongler” avec différentes formes, différentes variantes d’exploitation. Si de toutes manières une entreprise décide de profiter du marché du bio, une autre occupera la place laissée vacante sur le marché du non bio, car en définitive, ce qui compte c’est qu’il est possible de vendre.

Ainsi, seule une prise de conscience massive peut enrayer toute cette machine à sous à l’échelle de la société, machine meurtrière ennemie des animaux!

Les végétaux et la lumière

« Trait d’union entre le soleil et la biosphère, la lumière est le cordon ombilical de la Terre, elle véhicule et transmet l’énergie solaire aux organismes qui pourront la capter et l’utiliser.

Par son intensité, la lumière conditionne l’activité photosynthétique des plantes et, partant, toute la productivité des communautés qui leur sont inféodées. C’est un facteur essentiel de la vie sur Terre.

Des 42 % d’énergie solaire que contient la partie visible du spectre, la moitié seulement est utilisable pour la photosynthèse.

Le spectre d’utilisation de cette énergie lumineuse par les plantes vertes présente un maximum dans le bleu et un autre dans le rouge ; il marque un minimum pour le vert. C’est pour cela que les chlorophylliens nous apparaissent verts : ils réfléchissent la lumière qu’ils n’utilisent pas. La sensibilité maximale des animaux à la lumière se situe, par contre, dans le jaune.

Les végétaux recherchent la lumière avec plus ou moins d’avidité, mais non sans se préserver de l’ardeur excessive de ses rayons.

Cistes, romarins, mélèzes, tomates et plantes à fleurs de l’étage alpin ne peuvent proliférer qu’en pleine lumière. En revanche, des plantes de sous-bois, oxalis petite oseille ou aspérule odorante, se contentent d’une fraction de 20 à 30 % de la pleine lumière.

Les plantules de nombreuses espèces d’arbres, tel le hêtre, ne peuvent croître que sous un éclairement très faible, de l’ordre du centième de celui reçu au niveau des cimes. Quant à l’éclairement au sol dans une forêt tropicale, il est de l’ordre du millième du flux solaire, parfois moins. » (Fischesse et Dupuis-Tate, Le guide illustré de l’écologie, La Martinière)

« La lumière joue un rôle capital dans le déroulement de nombreux processus biologiques fondamentaux. Chez les plantes supérieures (Phanérogames), l’intensité de l’éclairement conditionne l’activité photosynthétique, donc la croissance ; sa durée, liée à l’importance respective du jour et de la nuit (photopériodisme), intervient dans le phénomène de la floraison.

Ainsi, la répartition géographique et stationnelle des végétaux est-elle fonction, dans une large mesure, de leurs exigences respectives vis-à-vis de ce facteur.

D’après l’intensité lumineuse qui convient à leur développement, on distingue des espèces de lumière, ou héliophiles (romarins, cistes, epilobium augustifolium [appelé épilobe en épi, épilobe à feuilles étroites ou encore Laurier de Saint-Antoine], et des espèces d’ombre ou sciaphiles (Oxalis acetosella, Asperula odorata et de nombreuses mousses et fougères).

Les premières se trouvent à leur optimum dans des communautés uni- ou paucistrates telles que pelouses ou fruticées (garrigues, landes), ainsi que dans les clairières (epilobietea) ou les forêts claires ; les secondes, dans des communautés d’ubacs [versants d’une vallée de montagne qui bénéficient de la plus courte exposition au soleil], de fentes de rochers (asplenietea) et dans les strates inférieures des couverts forestiers denses.

Mais évidemment tous les intermédiaires existent entre ces deux types extrêmes de comportement. » (Lacoste et Salanon, Éléments de biogéographie et d’écologie, Nathan)

Article sur la torture dans l’Encylopédie

L’erreur essentielle du réformisme dans la question animale est de ne pas voir les intérêts économiques en jeu. Toutefois, cela va avec une incompréhension de ce que représente un changement de mentalité – qui sous-tend toujours une remise en cause fondamentale, une révolution dans la manière de voir les choses.

En ce qui concerne les animaux, ce dont nous avons besoin, c’est d’un mouvement qui soit autant exigeant que les Lumières, qui porte le même progrès, qui assume la même intransigeance. A-t-on vaincu la torture par des remarques et des appels, ou bien par des attaques sans répit, au nom du progrès, des valeurs universelles?

A-t-on demandé des réformes, ou bien l’abolition? Peut-on négocier avec le crime?

Voici à titre de témoignage l’article sur la torture paru dans l’Encyclopédie [ainsi que celui de Voltaire dans le “Dictionnaire philosophique”]. On y trouve une dureté, un caractère incisif, toujours d’un haut niveau culturel, qui doit être le nôtre: la libération animale est une cause juste, porteuse de valeurs bonnes; les animaux méritent notre abnégation sans compromis!

Torture

Les Romains n’infligèrent la torture qu’aux esclaves, mais les esclaves n’étaient pas comptés pour des hommes. Il n’y a pas d’apparence non plus qu’un conseiller de la Tournelle regarde comme un de ses semblables un homme qu’on lui amène hâve, pâle, défait, les yeux mornes, la barbe longue et sale, couvert de la vermine dont il a été rongé dans un cachot.

Il se donne le plaisir de l’appliquer à la grande et à la petite torture, en présence d’un chirurgien qui lui tâte le pouls, jusqu’à ce qu’il soit en danger de mort, après quoi on recommence ; et, comme dit très bien la comédie des Plaideurs : ” Cela fait toujours passer une heure ou deux “.

Le grave magistrat qui a acheté pour quelque argent le droit de faire ces expériences sur son prochain, va conter à dîner à sa femme ce qui s’est passé le matin. La première fois madame en a été révoltée, à la seconde elle y a pris goût, parce qu’après tout les femmes sont curieuses ; et ensuite la première chose qu’elle lui dit lorsqu’il rentre en robe chez lui : ” Mon petit coeur, n’avez-vous fait donner aujourd’hui la question à personne ? ”

Les Français, qui passent, je ne sais pourquoi, pour un peuple fort humain, s’étonnent que les Anglais, qui ont eu l’inhumanité de nous prendre tout le Canada, aient renoncé au plaisir de donner la question.

Lorsque le chevalier de La Barre, petit-fils d’un lieutenant général des armées, jeune homme de beaucoup d’esprit et d’une grande espérance, mais ayant toute l’étourderie d’une jeunesse effrénée, fut convaincu d’avoir chanté des chansons impies, et même d’avoir passé devant une procession de capucins sans avoir ôté son chapeau, les juges d’Abbeville, gens comparables aux sénateurs romains, ordonnèrent, non seulement qu’on lui arrachât la langue, qu’on lui coupât la main, et qu’on brûlât son corps à petit feu ; mais ils l’appliquèrent encore à la torture pour savoir précisément combien de chansons il avait chantées, et combien de processions il avait vu passer, le chapeau sur la tête.

Ce n’est pas dans le XIIIème ou dans le XIVème siècle que cette aventure est arrivée, c’est dans le XVIIIème. Les nations étrangères jugent de la France par les spectacles, par les romans, par les jolis vers, par les filles d’Opéra, qui ont les moeurs fort douces, par nos danseurs d’Opéra, qui ont de la grâce, par Mlle Clairon, qui déclame des vers à ravir. Elles ne savent pas qu’il n’y a point au fond de nation plus cruelle que la française.

Voltaire – Dictionnaire philosophique – 1764

 

“TORTURE ou QUESTION, (Jurisprud.) est un tourment que l’on fait essuyer à un criminel ou à un accusé, pour lui faire dire la vérité ou déclarer ses complices. Voyez QUESTION.

Les tortures sont différentes, suivant les différens pays ; on la donne avec l’eau, ou avec le fer, ou avec la roue, avec des coins, avec des brodequins, avec du feu, &c.

En Angleterre on a aboli l’usage de toutes les tortures, tant en matiere civile que criminelle, & même dans le cas de haute trahison ; cependant il s’y pratique encore quelque chose de semblable quand un criminel refuse opiniatrement de répondre ou de s’avouer coupable, quoiqu’il y ait des preuves. Voyez PEINE FORTE ET DURE.

En France on ne donne point la torture ou la question en matiere civile ; mais en matiere criminelle, suivant l’ordonnance de 1670, on peut appliquer à la question un homme accusé d’un crime capital, s’il y a preuve considérable, & que cependant elle ne soit pas suffisante pour le convaincre. Voyez PREUVE.

Il y a deux sortes de questions ou tortures, l’une préparatoire, que l’on ordonne avant le jugement, & l’autre définitive, que l’on ordonne par la sentence de mort.

La premiere est ordonnée manentibus indiciis, preuves tenantes ; de sorte que si l’accusé n’avoue rien, il ne peut point être condamné à mort, mais seulement à toute autre peine, ad omnia citrà mortem.

La seconde se donne aux criminels condamnés, pour avoir révélation de leurs complices. La question ordinaire se donne à Paris avec six pots d’eau & le petit treteau, & la question extraordinaire aussi avec six pots d’eau, mais avec le grand treteau.

En Ecosse la question se donne avec une botte de fer & des coins. En certains pays on applique les piés du criminel au feu, en d’autres on se sert de coins, &c.

M. de la Bruyere dit que la question est une invention sûre pour perdre un innocent qui a la complexion foible, & pour sauver un coupable qui est né robuste. Un ancien a dit aussi fort sentencieusement, que ceux qui peuvent supporter la question, & ceux qui n’ont point assez de force pour la soutenir, mentent également.

“Un manifeste pour les animaux”

A l’occasion du passage à la nouvelle année, Brigitte Bardot a acheté une page dans le quotidien conservateur Le Figaro, afin d’appeler le président de la république à assumer le changement pour les animaux (en reprenant donc le slogan électoral de Hollande, « Le changement, c’est maintenant ! »).

Il y a lieu toutefois de constater que le « manifeste pour les animaux » qu’on y trouve est quelque chose d’extrêmement travaillé ; dans son genre, c’est peut-être le « meilleur » – si l’on est d’accord, bien entendu, avec les illusions entretenues.

Ces illusions reposent sur une base très simple : les animaux sont considérés ici comme des « objets », or dans notre société ils ne sont pas des objets, mais des marchandises. Et cela change tout quand on veut aider les animaux.

Ce n’est pas l’humain qui est méchant, c’est tout un système économique qui profite de l’utilisation des animaux. Tant qu’il y aura du profit pour l’exploitation animale, cette dernière ne cessera pas…

Monsieur le Président, Le changement, pour les animaux, c’est maintenant !
Un manifeste pour les animaux
Reconnu comme « être sensible » par le Code rural, le Code pénal et le droit européen, l’animal est toujours considéré comme « bien meuble» par le Code civil. Il convient donc, dans une volonté de cohérence et d’harmonisation des textes, de réformer le Code civil. Le code de l’environnement doit, également, être modifié afin de reconnaître le caractère d’être sensible à l’animal sauvage.

CAPTIVITÉ ANIMAUX SAUVAGES
D’après l’Article L214-1 du Code rural : « Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce ». Les cirques, delphinariums, certains parcs animaliers condamnent les espèces animales concernées à une captivité incompatible avec leurs impératifs biologiques. Ces établissements, contraires à la réglementation, doivent être interdits en France comme ils le sont déjà dans de nombreux pays européens.
CHASSE
La nature n’appartient pas aux chasseurs ! Pour un respect, une protection des espaces et des espèces, nous demandons : le raccourcissement des périodes de chasse, l’arrêt de la chasse le dimanche où sont recensés le plus d’accidents (179 dont 21 mortels durant la saison 2012-2013), l’interdiction de la chasse à courre, du déterrage et de toute forme de piégeage, la déclassification de toutes les espèces dites « nuisibles », l’interdiction des lâchers de gibier…
ABATTOIR
Les réglementations française et européenne imposent l’étourdissement des animaux de consommation avant leur abattage, à l’exception des animaux sacrifiés dans le cadre de l’abattage rituel (musulman et juif). L’égorgement cruel des bêtes sans insensibilisation préalable est considéré, par la Fédération des vétérinaires d’Europe, comme relevant d’une pratique «inacceptable». Egalement dénoncée par les instances scientifiques, jugée non pertinente par le culte musulman, l’obligation de l’étourdissement préalable doit êre appliquée pour tous.

ANIMAUX DE COMPAGNIE
Avec plus de 8 millions de chiens et 9 millions de chats, la France est le pays d’Europe qui compte le plus grand nombre d’animaux domestiques. Un véritable marché s’est créé autour de l’animal-objet acheté, utilisé puis, trop souvent, abandonné… Pour enrayer cette surpopulation animale, nous encourageons la mise en place d’une campagne nationale de stérilisation et demandons : l’interdiction de la vente d’animaux par petites annonces, l’interdiction d’importer (pour la vente) des animaux de compagnie, l’interdiction d’exposer des animaux de compagnie ou exotiques (NAC) en animalerie et de n’autoriser que les élevages LOF, non multi-races, en leur imposant un quota de reproduction limité à une portée par an par femelle reproductrice.

EXPÉRIMENTATION ANIMALE
Avec 2 millions d’animaux sacrifiés chaque année, la France (qui détient le triste record européen) doit soutenir le financement de la recherche sur la base de méthodes substitutives (plus fiables pour l’homme) et l’enseignement généralisé de ces méthodes pour, à terme, interdire toute expérimentation animale. Nous demandons également la reconnaissance d’un droit à l’objection de conscience pour tout étudiant qui refuse, dans une démarche éthique ou scientifique, de participer à un exercice de vivisection ou de dissection.

HIPPOPHAGIE
18 525* chevaux ont été abattus en France pour leur viande en 2012, 16 600* tonnes de viande chevaline ont été ingurgitées, sciemment ou inconsciemment, par les Français. Face aux scandaleuses conditions de transport et d’abattage des chevaux et autres équidés, et considérant que ces animaux bénéficient d’ores et déjà d’un statut particulier auprès de l’homme, nous demandons la modification du statut juridique du cheval pour le faire passer d’animal de rente à animal de compagnie (le cheval ne doit plus être considéré comme animal de boucherie).
* Source France Agrimer 2013

ANIMAUX DE FERME
« Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce ». Nous demandons l’application réelle de l’Article L214-1 du Code rural qui devrait interdire toute forme d’élevage intensif (incompatible avec les impératifs biologiques des espèces concernées). Nous demandons également : l’interdiction des mutilations à vif (coupe des dents, de la queue et castration des porcelets, débecquage des poules, etc.), l’interdiction du gavage des canards et des oies, une révision de la réglementation sur le transport d’animaux pour limiter la densité de chargement et la durée de transport des animaux vivants à 8 heures maximum.

FOURRURE
Plus de 50 millions d’animaux sont tués chaque année dans le monde uniquement pour leur fourrure. Animaux sauvages élevés en cages dans des élevages concentrationnaires (extrêmement polluants) incompatibles avec leur nature, mise en danger d’espèces menacées par la pose de pièges non sélectifs, abattages cruels (gazages, électrocutions, animaux dépouillés alors qu’ils sont encore vivants)… Nous demandons l’interdiction des élevages d’animaux pour leur fourrure en France et de l’importation de fourrure provenant d’animaux piégés, ainsi qu’un renforcement des contrôles en douane pour les espèces protégées ou animaux de compagnie dont le commerce de la fourrure est interdit en France (chiens et chats).

COMBATS D’ANIMAUX
En France, les combats d’animaux (corridas et combats de coqs) sont considérés comme des actes de cruauté punis de 2 ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende… La dérogation accordée aux combats d’animaux lorsqu’une « tradition locale » peut être invoquée n’est pas légitime. Notre législation ne peut faire deux poids deux mesures face à un acte de cruauté, c’est pourquoi nous demandons la condamnation de tous les sévices graves sur animaux et l’application de l’article 521-1 du Code pénal sur l’ensemble du territoire, ainsi que le retrait de la corrida de l’inventaire du patrimoine immatériel français.