• Nicolas Hulot et son garage

L’argent de la drogue en France

L’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice vient de publier un rapport à la demande  de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives.

Il concerne l’argent de la drogue et une petite synthèse est téléchargeable ici.

Il n’est pas bien difficile de deviner que le thème présenté d’une manière “brute” peut tout à fait servir les partisans de la dépénalisation du cannabis, qui n’hésiteront pas à dire qu’il faut “contrôler”, “maîtriser” ce marché.

L’un des auteurs est d’ailleurs Christian Ben Lakhdar, maître de conférences en économie à l’Université de Lille 2 et partisan de la dépénalisation. Ce n’est pas le cas, pour ce que nous avons pu comprendre, d’au moins d’un des deux autres auteurs.

Dans tous les cas, un tel dossier fournissant des informations sans arrière-plan, comme des statistiques, c’est une pièce de plus dans le puzzle de l’interventionnisme étatique en faveur de l’ultra-libéralisme.

Sur le plan des informations qu’on trouve dans le rapport, voici déjà la quantité d’argent concerné, pour 2010 : entre 1,5 à 3,2 milliards d’euros, avec un peu moins de la moitié qui concerne le cannabis.

De manière intéressante, voici comment est présentée la pyramide de la vente de cannabis, rassemblant un nombre effarant de personnes…. Environ 236 000 personnes, en comptant toutes les personnes liées de près ou de loin!

On ne nous fera pas croire que l’Etat ne connaît pas les mille personnes qui,  à la tête d’un réseau, gagnent plus de 30 000 euros par mois… C’est là qu’on reconnaît comment le crime sait s’insérer dans la société, au moyen de l’argent.

Ces mille personnes reçoivent 421 millions d’euros par an, et cela passerait inaperçu? C’est tout simplement ridicule.

Pour la cocaïne, c’est encore pire : cela donne 33 têtes de réseaux recevant 500 millions d’euros…

Un milliard d’euros se baladerait comme cela en France, sans se faire remarquer?

C’est là qu’on voit que, finalement, tant que sur le plan de l’ordre public les choses gérables, tant que les pauvres s’entre-tuent et se défoncent, l’État ne compte aucunement intervenir. En fait, il y a une capitulation complète devant les mafias, considérés comme une soupape de sécurité, pratiquant la corruption de l’autre.

Quand on voit les sommes, on peut deviner à quel point il y a à certains niveaux des imbrications importantes entre l’État et les mafias. Cela ne manquera pas non plus si un capitalisme légal du cannabis émerge.

Dans tous les cas, la situation est très grave… et empire !

L214 et la question des foetus

L214 a de nouveau hier diffusé une vidéo, largement relayée par tous les médias. C’est un employé d’un abattoir à Limoges, qui est même le grand abattoir municipal de France.

Il est écoeuré et tient des propos d’une grande radicalité, preuve qu’il faut bien se tourner par ailleurs vers les gens qui travaillent plutôt que vers les puissants, comme nous l’avons souligné maintes fois…

Mais cette fois, un problème essentiel se pose et L214 a commis une erreur capitale. Ce qui a traumatisé l’ouvrier, c’est la question des foetus : ce sont des vaches portant des bébés qui sont tuées.

L’ouvrier raconte ainsi :

« On jette le veau dans une poubelle pleine de merde. Parfois, il bouge, comme s’il était vivant. On fait ça tous les jours, au moins cinquante fois par semaine. Comment on peut les tuer, nom de Dieu ? Des vaches pleines et des veaux qui sont en train de sortir. »

L214 se focalise entièrement là-dessus. Voici le texte accompagnant des photos :

L214 dévoile une autre facette de la violence que subissent les animaux dans les abattoirs : la mort par asphyxie de veaux, parfois sur le point de naître, dans l’utérus de leurs mères, pendant que celles-ci sont saignées et découpées.

L’abattage de vaches gestantes est fréquent. Les images montrent l’ouverture de poches contenant des foetus de tous âges, avant d’être jetés dans une benne à viscères.

Il y a également une pétition sur ce thème, dont voici le texte :

Interdisons l’abattage des vaches gestantes !

À M. Stéphane Le Foll
Ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt

Chaque année, près de 2 millions de vaches sont tuées en France. Les récentes enquêtes révélées ces derniers mois par L214 ont permis d’entrevoir ce qu’elles endurent derrière les murs des abattoirs. Aujourd’hui, les images de l’abattoir de Limoges mettent en lumière une autre facette de la violence des abattoirs : celle de l’abattage des vaches gestantes.

Les études disponibles estiment qu’environ 10% des vaches abattues sont gestantes et parfois prêtes à mettre bas.

Chaque jour, des veaux sur le point de naître meurent lentement dans le ventre de leur mère, s’asphyxiant pendant que leur mère est tuée et découpée. Ils sont ensuite jetés à la poubelle, comme des déchets.

Conscients de l’enjeu éthique présenté par cette situation, des ministres allemand, danois, néerlandais et suédois ont saisi l’EFSA afin d’obtenir un avis scientifique sur les risques pour des fœtus suffisamment développés d’être exposés à la souffrance et à la douleur.

Par ailleurs, le gouvernement allemand vient de soumettre à la Commission européenne une proposition visant à interdire l’abattage des vaches gestantes au moins lors du dernier tiers de leur gestation, soulignant qu’il est établi scientifiquement que les veaux ont la capacité de souffrir à ce stade de leur développement.

Nous, signataires, demandons au Ministre de l’agriculture de soumettre au vote du Parlement français un projet de loi visant à interdire la mise à mort de vaches gestantes, au moins lors du dernier tiers de leur gestation.

Or, la question des foetus est l’une des questions les plus brûlantes dans la question du véganisme, car elle pose le problème de la définition de la vie.

Et la société dans laquelle nous vivons ne va pas s’offusquer de voir des foetus des vaches jetés dans une poubelles alors qu’exactement la même chose se passe avec les foetus humains.

C’est d’ailleurs ici que le piège se referme. Car soit on se retrouve du côté des existentialistes qui, au nom du droit des femmes, justifie tout et n’importe quoi, niant que le foetus relève de la vie.

Soit on se retrouve à reconnaître que le foetus relève de la vie, sauf que ce sont les religieux qui ont conquis l’hégémonie sur le thème, diffusant une “sacralisation” abstraite de la vie, au nom de Dieu.

L214 a ici ouvert une boîte de Pandore et le mouvement vegan a toujours, lors de son développement, connu une crise profonde sur ce thème.

Soit on est d’accord avec L214 et on est choqué que des foetus terminent dans une poubelle… mais alors, pourquoi ne dit-on rien pour les foetus humains?

Ou alors on dit que ce n’est pas grave, mais dans ce cas la définition de la vie, de la défense de la vie, devient toujours plus abstraite…

La position du mouvement vegan straight edge américain des années 1990 – il y a plus de 20 ans – est ici la plus intéressante.

Earth Crisis, le groupe de musique phare de cette philosophie, raconte les choses suivantes dans une chanson, “Stand by” :

Ton égoïsme détruit la planète, alors tu ne nous laisses pas d’autres choix.
Pour le fœtus, pour le chat, pour la vache, pour le rat.
Pour les victimes innocentes, nous attaquerons, nous attaquerons, nous attaquerons.

Le chanteur fait des précisions qu’on peut considérer comme essentielles dans une interview de l’époque, en 1992 :

La prévention des grossesses non voulues est ce que nous avons besoin de promouvoir. Si vous n’êtes pas financièrement stable ou émotionnellement capable de vous occuper d’un enfant, n’ayez pas de rapports sexuels. C’est assez simple.

A côté de cela les gens n’ont pas besoin d’avoir de rapports sexuels pour avoir du sexe. Le contrôle des naissances est facile. Les gens sont juste trop fainéants et trop irresponsables pour les utiliser correctement. Tragiquement, cela doit rester légalisé pour ces raisons précises.

Absurde ? Pas tant que cela : il y a 220 000 avortements par an en France, malgré les préservatifs et les moyens de contraception en général (qui ne sont pas forcément bons pour la santé, bien entendu).

Hier,  concernant le film de L214 dans l’abattoir de Limoges de nombreux médias ont titré l’information en écrivant  des choses comme :

Abattoir de Limoges : L214 diffuse les images insoutenables de foetus jetés à la poubelle

De nouvelles images chocs de fœtus de vache jetés à la poubelle

De nouvelles images insoutenables dans un abattoir : des foetus de veaux jetés à la poubelle

Il en va pourtant de même pour les foetus humains ; en fait, la vie n’est pas respectée, elle est “aménagée” de manière pragmatique, utilitariste, technique.

On est ici dans la décadence la plus complète, le refus de la Nature au nom d’une logique individualiste totalement anthropocentriste. C’est le capitalisme au maximum.

Voici une illustration tout à fait délirante de cette tendance à l’appropriation subjective de la réalité, au refus total de la Nature. C’est tiré du Figaro :

Début 2013, selon une note interne datant d’avril, révélée par l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, «un homme a donné naissance à un enfant».

Il s’agissait en réalité d’un transexuel: né femme, doté d’un appareil génital féminin, il se définit cependant comme homme et, après avoir suivi un traitement hormonal durant des années, s’était fait enregistrer comme tel à l’état civil de sa mairie.(…)

Là où l’affaire se corse, c’est que malgré sa grossesse -obtenue après une insémination-, l’homme ne veut absolument pas être considéré comme la mère du bébé, mais comme son père.

Pour éviter d’avoir à mentionner le nom de la mère sur des documents, il n’a pas accouché à l’hôpital mais chez lui, avec l’aide d’une sage-femme.

Le sexe du bébé est d’ailleurs tout aussi incertain… Le père aurait souhaité qu’il ne soit pas mentionné sur les registres de l’état civil. L’administration s’y est opposée. L’enfant aurait donc, semble-t-il, été inscrit comme étant de sexe masculin. Mais leSpiegel se permet d’en douter: personne n’a pu vérifier.

Selon la presse allemande, la bataille judiciaire de ce père, entamée en avril, risque d’être longue: il veut que sur aucun document, la case «mère» ne soit remplie.

Ici, c’est explicite : il y a le refus de la définition de mère. La tendance à l’individualisme ultra, s’opposant à la Nature, s’oppose par définition immédiatement à la définition de “mère”.

Au début de l’humanité, la femme avait le plus haut statut, car elle donnait  la vie… Aujourd’hui, le capitalisme le plus abouti compte tout supprimer, au nom de l’individu.

Un “amoureux de la vache limousine”

Impossible de ne pas faire partager ces propos qui relèvent de l’exploitation animale au sens le plus strict du terme.

On est ici, non pas dans un “spécisme” qui imagine les êtres humains méchants (mais alors pourquoi pourraient-ils devenir végans?), mais bien au coeur de la problématique : celle de la quête de profit.

Cela se passe aux ventes aux enchères… de vaches , lors de lal troisième édition des “Journées des vaches limousines à Limoges” et c’est raconté par Le Figaro.

Charolais d’origine, baigné dans le monde de l’élevage depuis sa plus tendre enfance, Bernard Léguille est amoureux de la vache limousine.

Une race qui ne comptait plus que 300.000 mères dans les années 1950 contre 900.000 aujourd’hui.

«C’est une race rustique, qui met facilement bas et qui a de fortes qualités d’adaptation, décrit-il. Elle produit peu de gras et dispose d’une finesse de viande incomparable.»

Avec l’aide des travaux de l’INRA et l’Institut de l’élevage, le groupe Plainemaison Beauvallet va lancer sa propre marque «Or rouge» en janvier prochain.

«Cela sera la garantie d’une viande d’exception, tendre, avec un goût persillé et une couleur rouge vif, commente Bernard Léguille.

Nous voulons apporter cette qualité au client final pour valoriser au mieux le travail des éleveurs.»

Ces propos sont d’une rigueur et d’une cohérence qu’on est forcé de reconnaître. A part une révolution qui mette ces gens de côté, comment l’avenir pourrait-il être différent de ce qui existe aujourd’hui ?

L’aliénation de cette personne est complète. On est dans un raisonnement calculateur, froid, glacial. La vie animale est réduite à sa fonction pour sa production de bénéfices, de la manière la plus froide.

Notons également un aspect très important et littéralement terrifiant. Quand la personne parle d’une “race rustique qui met facilement bas”, cela fait référence à un problème très précis qu’ont les éleveurs en ce moment.

En effet, la sélection génétique a été telle qu’en pratique les naissances naturelles s’avèrent de plus en plus difficiles, voire impossibles.

Chez les vaches “Blanc bleu belge” – un million d’animaux, soit la moitié du “cheptel” belge – la césarienne est le passage obligé pour la grande majorité…

Que dire des vétérinaires qui participent à cette industrie, si ce n’est que ce sont des gens sans coeur ni esprit, qui ne peuvent absolument pas prétendre s’occuper du bien-être animal ?

Que dire d’ailleurs aussi de ceux et celles prétendant lutter pour le “bien-être animal”, alors que les modalités de l’exploitation animale sont par définition intolérables et, qui plus est, empirent de jour en jour !

Le concept de spécisme est ici totalement dépassé, par ailleurs, justement parce qu’il a une image abstraite des animaux, ne comprenant pas l’importance de la sélection, des modifications génétiques, de l’encadrement général de la vie afin de satisfaire aux besoins de l’industrie.

Bien entendu, c’est une bombe à retardement sanitaire, car on ne triche pas avec la vie et la prétention à la maîtriser est totalement délirant. Sans parler d’où mène une bataille effrénée pour le profit, dans la concurrence générale…

Alors, on ne peut que se demander de quand va commencer le processus de conscientisation aboutissant à l’inévitable grand changement ! L’heure tourne… La Nature subit chaque jour plus d’attaques, de destructions.

Les responsabilités qui incombent aux personnes conscientes sont immenses !

Un témoignage sur l’alcool, ce geôlier

Les alcooliques anonymes tiennent leur congrès annuel à Nancy les 19 et 20 novembre 2016. A cette occasion, l’Est républicain publie un témoignage, comme souvent la presse locale (et seulement la presse locale) le fait.

L’authenticité des propos frappera quiconque ne vit pas dans une société idéalisée. Et rappelle la nécessité de l’engagement straight edge, pour soi, mais aussi pour les autres.

Boire “un verre”, même un seul, dans une soirée, participe à toute une idéologie qui détruit des vies, en banalisant des actes précipitant certains dans un précipice.

Encourageons et saluons les personnes combattant leur dépendance, montrons leur qu’elles ne sont pas seules !

Beaucoup de personnes ayant fait le choix d’assumer l’identité “straight edge” sont d’ailleurs elles-mêmes des gens ayant fait la triste expérience de cette dépendance, en ayant tiré une leçon et désireuses de la faire partager de manière positive !

L’alcool : “un amour et une prison”, témoigne une alcoolique anonyme de Nancy

Charlotte, 48 ans, a réussi à se sortir de l’enfer de la boisson avec les Alcooliques Anonymes qui vont tenir leur congrès national à Nancy. Chronique choc d’un retour « à la liberté ».

J’avais une relation d’amour avec l’alcool. C’était mon amant car je buvais en cachette. C’était mon conjoint car il m’accompagnait dans la vie de tous les jours. »

Mais l’alcool, c’était aussi sa « prison », son « enfermement »…

Six ans que Charlotte (1) a « posé le verre », qu’elle est sortie de l’enfer.

« Je dissimulais les bouteilles sous mes pelotes de laine (j’étais même fière de ma cachette !), un tire-bouchon derrière mes pull-overs dans le dressing.

Je buvais au goulot dans la cuisine quand mon mari était dans le salon. J’allais me coucher plus tôt que mes filles (âgées de moins de dix ans) en disant que j’étais fatiguée.

C’était pour cacher que je ne tenais plus debout. Mon obsession, c’était de savoir où en acheter, comment passer à la caisse sans avoir l’air d’une pochetronne, comment rentrer les bouteilles, quand boire… Aujourd’hui je suis libre ! »

À 48 ans, Charlotte, une Nancéienne qui participera au congrès des Alcooliques Anonymes (AA), explique avoir deux dates d’anniversaire. Celle de sa naissance.

Et celle de sa renaissance : le jour où elle a arrêté de boire. « Une deuxième vie ».

Se libérer d’un « geôlier »

Cet autre anniversaire, elle vient de le célébrer avec ses trois filles, ses parents, son médecin, une quinzaine de malades d’AA.

« C’est crucial de se rappeler que ce n’est pas rien de s’être libérée du geôlier qu’était l’alcool.

C’est même dangereux d’oublier. Sans l’association, je n’aurais jamais pu faire ce chemin vers une abstinence durable. »

Abstinence, un mot qu’elle trouve inadapté. « Il évoque une privation de plaisir. C’est tout le contraire. Sortir de l’alcool, c’est du plaisir en boîte ! »

Charlotte avait basculé dans la dépendance en 2001. Elle a réussi à le cacher à son entourage par mille stratégies.

« Mon mari était inquiet de ma consommation excessive. Il n’imaginait pas à quel stade j’étais ! Il avait peur que je sombre. »

« Du bon, du pas bon, de tout »

« Résultat : c’était un motif de dispute et je me cachais encore plus pour boire : du rosé, du rouge, du bon, du pas bon, de la mirabelle. Tout ! Je vivais dans la terreur que ça se sache.

Dans ma vie, je donnais l’image de la fille pour qui tout va bien : mère, femme, salariée. Alors que tout allait mal, que je n’arrivais pas à gérer mon hyperémotivité.

L’alcool m’a un temps aidé à vivre sans résoudre les problèmes. »

Et elle a poussé la porte des AA « par curiosité ». « C’est l’excuse qu’on donne. C’est un acte de foi en la vie. C’est énorme. »

Le premier pas vers la libération. « On sort du déni. » Quatre ans après son début d’abstinence, elle s’est séparée de son compagnon. Un paradoxe ?

« Non. Un couple sur deux n’y résiste pas. Car avec l’alcool, c’est un couple à trois.

Quand on arrête, on devient une autre personne. »

Ses trois filles la soutiennent et la comprennent.

Mais elle le répète : « La société française a une responsabilité. On nous apprend à travers tous les événements de la vie_mariage, diplôme, fête, à consommer de l’alcool »…

Quand Capital.fr appelle à devenir un “expert ès cannabis”

Voici un exemple très intéressant de ce qui passe actuellement en France au niveau du cannabis. Hier, nous parlions des “études” proposées au Canada pour apprendre à produire du cannabis.

Capital.fr – dont on imagine bien qu’il ne s’agit pas d’un média pour la révolution – a publié un article à ce sujet, dont le titre et le suivant :

Et si vous partiez au Canada pour devenir un expert ès cannabis?

Les deux premières phrases de l’article sont les suivantes :

Et si vous optiez pour une licence en marijuana afin de doper votre CV ? Au Canada, c’est possible !

Le très sérieux Collège communautaire du Nouveau-Brunswick, université située dans l’Est du pays, proposera en 2017 un cursus pour former de futurs experts ès cannabis.

Or, c’est totalement illégal. La loi est formelle : présenter le cannabis sous un jour favorable est interdit. Ici, il y a un appel à connaître la production de cannabis, associé à une valorisation en liaison avec un collège (c’est-à-dire une université) “très sérieux”.

Normalement, ces propos ne peuvent pas être tenus en France. Voici les articles de loi concernant cette question :

Article L. 3421-4
1. La provocation au délit prévu par l’article L. 3421-1 ou à l’une des infractions prévues par les articles 222-34 à 222-39 du code pénal, alors même que cette provocation n’a pas été suivie d’effet, ou le fait de présenter ces infractions sous un jour favorable est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75000 euros d’amende.
2. Est punie des mêmes peines la provocation, même non suivie d’effet, à l’usage de substances présentées comme ayant les effets de substances ou plantes classées comme stupéfiants.
3. Lorsque le délit prévu par le présent article est commis par voie de la presse écrite ou audiovisuelle, les dispositions particulières des lois qui régissent ces matières sont applicables en ce qui concerne la détermination des personnes responsables.

Rien que l’expression “licence en marijuana” est, normalement, une telle provocation que la condamnation serait immédiate.

Seulement voilà, l’Etat a capitulé ! Et s’il devait condamner d’ailleurs toutes les infractions de ce type, il ne chômerait pas…

Après tout, c’est son devoir normalement, mais voici comment Capital.fr explique l’intérêt du cannabis, et pourquoi de notre point de vue l’Etat capitule :

Si ces établissements s’intéressent de si près au cannabis, c’est que les potentiels de business et d’emplois sont énormes au Canada. Ce pays permet la consommation de cannabis à des fins thérapeutiques depuis un règlement de 2001. En 2013, le gouvernement fédéral misait sur des revenus annuels de 1,3 milliard de dollars en 2024 issus du cannabis médical. Actuellement, 40.000 à 50.000 Canadiens utilisent de la marijuana à usage thérapeutique.

Mieux : en devenant premier ministre du Canada à l’automne dernier, Justin Trudeau, a enclenché le processus de légalisation de la marijuana. Son gouvernement compte présenter un projet de loi au printemps 2017. Si cela se concrétise, l’industrie du cannabis au Canada pourrait peser, à terme, la somme totale de 22,6 milliards de dollars (15,5 milliards d’euros), selon une étude du cabinet Deloitte. De quoi faire naitre des “vocations” !

Ce qui est intéressant, ce sont ces guillemets à “vocations”, qui montre que la personne écrivant l’article sait très bien que les propos tenus ne sont pas légaux… et pourtant tenus, puisqu’ils présentent un stupéfiant de manière favorable.

Et ne parlons pas de l’image utilisée en présentation…

C’est un exemple riche d’enseignement, s’ajoutant à une liste toujours plus longue : le capitalisme accélère toujours plus la pression pour légaliser le cannabis.

Quand un historien voudra regarder les choses dans 20 ans, il lui suffira de nous lire pour y retrouver les différentes étapes de ce processus expliqué.

Sauf que nous espérons que c’est la défaite de la légalisation qui triomphera dans la bataille qui se profile !