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Quand Capital.fr appelle à devenir un « expert ès cannabis »

Voici un exemple très intéressant de ce qui passe actuellement en France au niveau du cannabis. Hier, nous parlions des « études » proposées au Canada pour apprendre à produire du cannabis.

Capital.fr – dont on imagine bien qu’il ne s’agit pas d’un média pour la révolution – a publié un article à ce sujet, dont le titre et le suivant :

Et si vous partiez au Canada pour devenir un expert ès cannabis?

Les deux premières phrases de l’article sont les suivantes :

Et si vous optiez pour une licence en marijuana afin de doper votre CV ? Au Canada, c’est possible !

Le très sérieux Collège communautaire du Nouveau-Brunswick, université située dans l’Est du pays, proposera en 2017 un cursus pour former de futurs experts ès cannabis.

Or, c’est totalement illégal. La loi est formelle : présenter le cannabis sous un jour favorable est interdit. Ici, il y a un appel à connaître la production de cannabis, associé à une valorisation en liaison avec un collège (c’est-à-dire une université) « très sérieux ».

Normalement, ces propos ne peuvent pas être tenus en France. Voici les articles de loi concernant cette question :

Article L. 3421-4
1. La provocation au délit prévu par l’article L. 3421-1 ou à l’une des infractions prévues par les articles 222-34 à 222-39 du code pénal, alors même que cette provocation n’a pas été suivie d’effet, ou le fait de présenter ces infractions sous un jour favorable est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75000 euros d’amende.
2. Est punie des mêmes peines la provocation, même non suivie d’effet, à l’usage de substances présentées comme ayant les effets de substances ou plantes classées comme stupéfiants.
3. Lorsque le délit prévu par le présent article est commis par voie de la presse écrite ou audiovisuelle, les dispositions particulières des lois qui régissent ces matières sont applicables en ce qui concerne la détermination des personnes responsables.

Rien que l’expression « licence en marijuana » est, normalement, une telle provocation que la condamnation serait immédiate.

Seulement voilà, l’Etat a capitulé ! Et s’il devait condamner d’ailleurs toutes les infractions de ce type, il ne chômerait pas…

Après tout, c’est son devoir normalement, mais voici comment Capital.fr explique l’intérêt du cannabis, et pourquoi de notre point de vue l’Etat capitule :

Si ces établissements s’intéressent de si près au cannabis, c’est que les potentiels de business et d’emplois sont énormes au Canada. Ce pays permet la consommation de cannabis à des fins thérapeutiques depuis un règlement de 2001. En 2013, le gouvernement fédéral misait sur des revenus annuels de 1,3 milliard de dollars en 2024 issus du cannabis médical. Actuellement, 40.000 à 50.000 Canadiens utilisent de la marijuana à usage thérapeutique.

Mieux : en devenant premier ministre du Canada à l’automne dernier, Justin Trudeau, a enclenché le processus de légalisation de la marijuana. Son gouvernement compte présenter un projet de loi au printemps 2017. Si cela se concrétise, l’industrie du cannabis au Canada pourrait peser, à terme, la somme totale de 22,6 milliards de dollars (15,5 milliards d’euros), selon une étude du cabinet Deloitte. De quoi faire naitre des “vocations” !

Ce qui est intéressant, ce sont ces guillemets à « vocations », qui montre que la personne écrivant l’article sait très bien que les propos tenus ne sont pas légaux… et pourtant tenus, puisqu’ils présentent un stupéfiant de manière favorable.

Et ne parlons pas de l’image utilisée en présentation…

C’est un exemple riche d’enseignement, s’ajoutant à une liste toujours plus longue : le capitalisme accélère toujours plus la pression pour légaliser le cannabis.

Quand un historien voudra regarder les choses dans 20 ans, il lui suffira de nous lire pour y retrouver les différentes étapes de ce processus expliqué.

Sauf que nous espérons que c’est la défaite de la légalisation qui triomphera dans la bataille qui se profile !

Le Collège communautaire du Nouveau-Brunswick propose un cursus de production de cannabis

Le gouvernement canadien a décidé de légaliser entièrement le cannabis d’ici six moi. Il l’est déjà sur ordonnance médicale, il le sera désormais entièrement.

Au Nouveau-Brunswick, deux usines de production de « marijuana médicale » sont ainsi en construction, et pour profiter de cet élan capitaliste, le Collège communautaire du Nouveau-Brunswick a également mis en place un nouveau cursus universitaire.

Il formera, de manière bilingue, les étudiants… dans la production de marijuana.Il n’y a encore aucun professeur mais l’université compte le faire rapidement, afin de proposer un cursus de haut niveau devant satisfaire des besoins industriels.

Le cursus ne sera donc pas uniquement commercial, comme c’est le cas dans l’autre cursus lié au cannabis qui est lancé en Colombie-Britannique. Il s’agira surtout de la formation d’experts, comme l’explique le président de l’université :

Il y a un réel potentiel en matière de création d’emplois.

On a donc cru bon travailler de concert avec l’industrie afin de concevoir un programme visant à former ces employés, principalement pour le secteur de la production.

On parle d’horticulture, de végétation, de contrôle de la qualité, etc. Donc d’employés de terrain.

C’est quelque chose dont il faut avoir absolument conscience quand on regarde la question du cannabis. On sait bien que, avide de profit, le capitalisme produit n’importe quoi qui se vend.

Il ne regarde pas si cela est bien, si cela est mal, etc. : il regarde s’il y a des clients.

Si l’on veut une société différente, c’est la morale qui doit primer dans les choix de production. Or, la question de la légalisation du cannabis est ici entièrement appropriée par la quête du profit.

Avec l’Etat qui dit – c’est bien entendu le cas au Canada – que pour lutter de manière efficace contre le cannabis, il faut l’accepter, l’encadrer.

Un raisonnement absurde qui vise en réalité à promouvoir le libéralisme le plus complet. Et on voit la décadence du principe universitaire, quand on constate l’entière soumission du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick à l’industrie.

Normalement, une université a une histoire, propose des parcours à prétention scientifique. Même lorsque c’est commercial, il y a tout une sorte de « masque » pour prétendre à quelque chose de sérieux, dans une tradition humaniste.

Même les pires écoles de commerce tiennent un discours prétendument humaniste.

Là, on est dans une froideur totalement technique. Des gens vont être formés en horticulture, afin de produire une drogue. On touche là le fond du fond.

Il est vrai qu’on est au Canada et que l’université en question parle dans son explication sur sa « philosophie » qu’elle forme « un capital humain » devenant « une main-d’oeuvre compétente et performante ».

Mais il faut voir les choses dans son ensemble : le cannabis, comme repli individuel, participe d’une tendance généralisée à individualisme général.

Il n’y a plus de place pour le respect de soi-même au nom de valeurs universelles : il faudrait pour chacun se concevoir comme une petite entreprise, cherchant à faire du profit (au lieu de profiter de la vie), à forcer le destin (plutôt qu’à accepter la Nature), tout se vendrait, tout s’achèterait.

En acceptant de mettre en place un cursus de formation de production de cannabis, pire en le mettant lui-même en place, le Collège communautaire du Nouveau-Brunswick insulte le principe même de l’université, principe même de culture, d’humanisme, avec toutes les exigences qui en sont sous-jacents.

Rabelais disait « science sans conscience n’est que ruine de l’âme » : il faudrait que nos cousins d’outre-Atlantique se remettent à le lire…

Jean-Luc Mélenchon pour la légalisation du cannabis

Le programme présidentiel de Jean-Luc Mélenchon est censé être encore en débat, mais on sait déjà qu’il y aura la légalisation du cannabis.

C’est une information qu’on ne trouve pour l’instant qu’à un seul endroit, dans un article du quotidien Le Monde intitulé Nouvelle Constitution, sortie du nucléaire, UE : ce que contient le programme de Mélenchon.

Parmi la liste des points du programme, on a ça :

La légalisation du cannabis et le droit à la procréation médicalement assistée pour toutes les femmes (mais refus de la gestation pour autrui) complètent l’ensemble.

Il n’est pas étonnant que les deux mesures soient mises en avant sur le même plan, puisqu’il s’agit de la même démarche sociétale. De la même manière qu’une femme a le droit de « faire un enfant toute seule », un individu aurait le droit de fumer « s’il le veut ».

C’est tout à fait conforme à l’idéologie libérale-libertaire qui gangrène toute la société.

Le fait que cela soit dans le programme de Jean-Luc Mélenchon peut étonner, puisque celui-ci se veut anti-libéral. Mais en France, la gauche est sociale en économie et libérale en termes sociaux, et la droite est libérale en économie et conservatrice en termes sociaux.

Dans les deux cas, rien à voir avec l’utopie nécessaire.

En ce qui concerne Jean-Luc Mélenchon, sa position n’est pas tout à fait une nouveauté. En avril 2016, il avait écrit sur son blog un article intitulé « La loi du pétard contre celle des flingues » où il définissait sa position.

On y retrouvait déjà la ligne actuelle : pour être contre le cannabis, il faudrait le légaliser ! Voici les principaux passages de son article.

« Coïncidence : le jour de mon arrivée au Québec, le gouvernement canadien annonçait son intention de légaliser la consommation du cannabis à partir de 2017.

Une bonne occasion pour moi de m’intéresser de nouveau à ce sujet. Il revient régulièrement dans le débat en France. Et L’ONU vient de conclure à la défaite de la lutte par la prohibition.

La légalisation du cannabis est une promesse de campagne de Justin Trudeau, le chef du gouvernement de droite canadien. La légalisation, cela signifie l’autorisation. Ce n’est pas la seule dépénalisation qui tolère ou limite les sanctions à de petites amendes.

C’est donc bien un changement radical dans la manière d’aborder la question. Qu’on en juge. L’annonce n’a pas été faite par le ministre de l’Intérieur ou de la Justice. Mais par la ministre de la Santé.

C’est déjà tout un symbole dans l’ambition affichée. Et elle n’a pas fait cette annonce n’importe où. Elle l’a faite à la tribune de l’ONU. (…)

Le premier point que je retiens, c’est la volonté d’aborder la question du cannabis en partant des enjeux de santé publique. En 2012, j’avais déjà donné mon point de vue.

Je soutenais que le cannabis devait être appréhendé dans le cadre plus global de la lutte contre les addictions et en intégrant le taux très élevé de recours aux anxiolytiques et antidépresseurs dans notre pays. Les choses doivent être dites clairement.

Fumer du cannabis n’est pas souhaitable du point de vue de la santé. En annonçant la légalisation de la consommation de cannabis, la ministre n’a pas appelé à en fumer. Bien au contraire.

Elle a déclaré « nous allons introduire une législation pour empêcher la marijuana de tomber entre les mains des enfants, et les profits de tomber entre les mains des criminels. (…) Nous sommes convaincus qu’il s’agit de la meilleure façon pour protéger nos jeunes tout en renforçant la sécurité publique. » Donc la légalisation annoncée est loin d’être totale. (…)

Le deuxième argument de la ministre canadienne est que la légalisation va « renforcer la sécurité publique ». Comment ? C’est le point essentiel à mes yeux. En tarissant les trafics. (…)

Au Canada, environ 100 000 infractions en lien avec le cannabis sont recensées chaque année. Mais dans les deux tiers des cas, il s’agit seulement d’interpellations de personnes en possession d’une petite dose de cannabis.

On peut en dire autant chez nous en France ! Les forces de police sont-elles plus utiles à courir après un fumeur de joint où à démanteler des réseaux mafieux ?

Légaliser non seulement la consommation mais aussi la vente permettrait de « couper l’herbe sous le pied des trafiquants », comme le disent de nombreux spécialistes de sécurité publique.

Et l’argent public est-il mieux dépensé en patrouilles pour saisir quelques grammes de shit ou dans des campagnes de prévention et d’accompagnement de ceux qui veulent sortir de la consommation ?

Et au retournement rééducatif des trafiquants repentis qu’il faut organiser pour que l’assèchement du trafic puisse assécher toute la chaîne des agissements que la prohibition rend rentable ! »

Lorsqu’en décembre, la légalisation du cannabis sera officielle dans le programme de Jean-Luc Mélenchon, on comprendra alors qu’il ne s’agit pas d’une revendication issue de débats au sein de la gauche, mais des exigences du libéralisme libertaire…

Le passage en force du cannabis dans la société française révèle bien des choses sur le plan des valeurs !

Octobre 2016 : « cascade » de colloques au sujet du cannabis

Voici un article édifiant de l’association Chanvre et libertés, qui se félicite de la « cascade » d’initiatives ayant trait au cannabis en ce mois d’octobre…

Il est vrai que la liste est édifiante!

France & cannabis : cascade de colloques en octobre

Que de rendez-vous exceptionnels en ce mois d’octobre, où au Sénat le 10 octobre, à l’EHESS le 11 octobre, puis à la Faculté de Pharmacie de Strasbourg le 21 octobre, trois colloques éclaireront sous un jour véridique le cannabis, et sans aucun doute sous un jour favorable à la réforme de son statut légal dans la société française du 21ème siècle.

10 Octobre : Rencontre Sénatoriale
Tout d’abord, le lundi 10 octobre 2016, de 9h à 19h30, au Sénat, salle Clémenceau, 15 rue de Vaugirard (Paris VI), Esther Benbassa, sénatrice du Val-de-Marne et directrice d’études à l’EPHE (Sorbonne), auteure de la proposition de loi « Légalisation contrôlée du cannabis », Didier Jayle, professeur titulaire de la chaire d’addictologie du Conservatoire national des Arts et Métiers, et Henri Bergeron, professeur, chaire Santé de Sciences Po, en partenariat avec la Fédération Addiction organisent un colloque “Légalisation du cannabis: l’Europe est-elle condamnée à l’impasse ?”.

En point d’orgue de cet événement, le directeur de la Drug Policy Alliance à New York, Ethan Nadelmann viendra présenter le bilan des actions réformatrices aux Etats Unis et notamment comment le cannabis thérapeutique a ouvert la voie à sa légalisation sur le continent américain.

Bien que la liste des intervenants soit pléthorique, on ne peut que regretter l’absence des experts de la consommation du cannabis que sont les usager-e-s… qui garniront l’assistance pour l’audition publique.

Nota bene : L’inscription est gratuite mais obligatoire en adressant un courriel avant le 5 octobre. Pour trouver toutes les modalités d’inscription et le programme détaillé de cette rencontre, consultez le site de la sénatrice EELV Esther BenBassa.

11 octobre : Paris, Conférence à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS)
Reprenant son cycle de séminaires réguliers “Consommations et prohibitions de drogues : approche transversale”, Alessandro Stella, directeur de recherche au CNRS (TH) (CRH-GEI) nous invite chaque deuxième jeudi du mois du 10 novembre 2016 au 8 juin 2017 de 17h à 20h (amphithéâtre François-Furet, 105 bd Raspail 75006 Paris).

La première séance se tiendra au lendemain du colloque sénatorial, le mardi 11 octobre de 14 h à 17 h (salle M. & D. Lombard, 96 bd Raspail 75006 Paris) sur la thématique suivante : De la guerre à la drogue aux nouvelles pistes de régulation.

Ethan Nadelmann le Directeur Exécutif de la Drug Policy Alliance s’exprimera à Paris le 10 et 11 octobre.
Toujours avec Ethan Nadelmann (Drug Policy Alliance), « Quelles stratégies de sortie de la prohibition ? L’exemple du continent américain » et Marsha Rosenbaum (sociologue, directrice émérite de l’Office of the Drug Policy Alliance de San Francisco), « Just say Know. Apprendre à consommer », en présence d’Anne Coppel (sociologue) pour animer la discussion.

Comme le souligne l’introduction de ce séminaire disponible sur le site de l’EHESS, où l’on retrouvera l’ensemble du programme détaillé :

“Ce séminaire se veut avant tout un lieu de réflexion et de recherche collective,visant la synergie des sciences humaines et sociales avec le savoir accumulé par les usagers de drogues et les professionnels de la santé. Une approche transversale innovante, dans sa méthodologie et ses contenus, mixant à la fois les disciplines, les compétences théoriques et les savoirs pratiques. Nous souhaitons que cette mise en commun de connaissances et d’analyses d’expériences puisse servir à une meilleure appréciation tant de la phénoménologie des usages des drogues que des politiques publiques qui les encadrent.”

A noter que toutes les vidéos de chacune des séquences du séminaire 2015-2016 sont consultables sur la chaine de l’EHSS via le site de Canal U (la vidéothèque numérique de l’enseignement supérieur).

21 Octobre : Strasbourg, conférence internationale sur l’utilisation des cannabinoïdes en médecine
Pour la cinquième année consécutive, la conférence internationale UFCM I care se tiendra le vendredi 21 octobre 2016 de 9h00 à 17h00.

Cet événement se déroulera pour la première fois dans les locaux de la Faculté de Pharmacie de Strasbourg. Il est parrainé par son doyen le Professeur Jean-Pierre Gies Professeur des Universités, qui introduira ce symposium en compagnie deBertrand Rambaud, Président de l’association organisatrice UFCM-I care.

Dr Ethan Russo, neurologue et chercheur en psychopharmacologie fera partie des nombreux invités du colloque de cette année.
Le programme de cette journée extraordinaire rassemblant les professionnels, experts, spécialistes et chercheurs de la communauté internationale du cannabis médicinal réunira deux des plus grands scientifiques reconnus, le Dr Ethan Russo avec le Dr Franjo Grotenhermen.

Ces scientifiques sont auteurs de livres essentiels pour la reconnaissance et les applications du Cannabis et des cannabinoïdes en médecine. Par ailleurs, ils ont co-écrit le guide pratique du Cannabis thérapeutique (Handbook of Cannabis Therapeutics) et l’ouvrage phare «Cannabis and cannabinoids, pharmacology, toxicology, therapeutic potential », publié par « Hawroth Press » en 2005.

Pour s’inscrire à la conférence de Strasbourg :

L’inscription est gratuite ; la participation est réservée en priorité aux professionnels de la santé et de la recherche, et éventuellement aux patients concernés par le cannabis et l’utilisation des cannabinoïdes en médecine.

Consultez le programme et inscrivez vous avec le document PDF mis à disposition par l’UFCMed.

D’autres rendez-vous en ce mois d’octobre 2016 :
Par ailleurs, la Fédération Addiction organise plusieurs rendez-vous :

Comme par exemple, le 7 octobre une journée nationale pour les Consultations Jeunes Consommateurs, puis cette rencontre le samedi 8 octobre « Faire avec les addictions, quelles pratiques? », sans oublier le second séminaire portant sur le thème « du lien social à l’épreuve des consommations de produits ».

Enfin, les amateurs de dates inscriront également à leur agenda cette journée du 12 octobre qui correspond à la célébration du chanvre/cannabis/marijuana le 21 vendémiaire, dans le calendrier républicain français. En apprendre plus sur le 21 vendémiaire sur Wikipédia.

Esther Benbassa et son pseudo sondage pro-cannabis

Hier s’est tenue la Conférence au sénat pour la légalisation du cannabis, organisée par la députée EELV Esther Benbassa.

L’impact médiatique a été certain, y compris sur le site de la chaîne officielle du Sénat, Public, où on a pu lire notamment les propos du  pneumologue Bertrand Dautzenberg proposant sa drôle de philosophie :

« Depuis la loi Evin de 1991 : il y a moins 50% de consommation de tabac, moins 25% de consommation d’alcool et plus 60% de consommation de cannabis.

Ne pas avoir de cadre légal empêche la prévention, empêche le contrôle.

Ceux qui sont contre le cannabis doivent être pour la légalisation immédiate du cannabis. »

Quand on est contre le cannabis, on doit être pour ! Ben voyons !

Mais on aurait dû s’en douter : il n’y aurait pas que la proposition du think tank Terra Nova pour soutenir cette initiative (Cannabis : Terra Nova veut que soit repris le modèle des jeux d’argent).

Il y a eu également un sondage fait par Ipsos, à la demande du colloque lui-même. Au programme : questions savamment orientées pour faire croire que l’opinion publique modifie son point de vue.

Regardons ce qu’il en est avec deux graphiques, proposés dans le compte-rendu du sondage.

Le premier graphique s’appuie sur la question suivante :

 Personnellement, êtes-vous d’accord pour que l’on autorise la consommation de cannabis sous certaines conditions, en maintenant l’interdiction dans certains cas, par exemple avant de conduire, ou pour les mineurs ?

En apparence, on a ici deux blocs, montrant que la cause de la légalisation du cannabis est tout fait « jouable ». Sauf que tout est dans le « sous certaines conditions ».

Le bloc principal serait le « plutôt d’accord », qui pourrait l’emporter sur les « plutôt pas d’accord », isolant les « pas du tout d’accord ».

Mais comment faire pour les convaincre ? Le sondage est ici très technique et voici justement un second graphique.

Voilà la solution : jouer sur l’inefficacité de l’interdiction telle qu’elle existe, afin de prétendre qu’il faut être d’accord avec ce que dit le pneumologue Bertrand Dautzenberg cité plus haut, et qu’être contre le cannabis… signifie qu’on doit être pour ! Pour, officiellement, son encadrement…

Mais il en va de même ici que pour la Gestation par Autrui (les mères porteuses), Uber et tout ce qui relève de l’individualisme : d’abord, on laisse faire, ensuite on prétend qu’interdire est impossible ou ne marche pas, puis on prétend « encadrer » afin de l’emporter en ayant semé la division des gens qui sont contre…

Le sondage, pourtant, est obligé de reconnaître que 47% des personnes interrogées ne pensent pas que « la vente de cannabis sous le contrôle de l’Etat serait plus efficace que
l’interdiction pour lutter contre le trafic ».

Car les gens contre le cannabis ne sont pas des gens forcément réactionnaires, très loin de là : ils considèrent que c’est une question de culture et considèrent que la répression par en haut n’est pas démocratique, ne prend pas le problème à la base, etc.

Tout cela n’est pas pris en compte par le sondage, bien entendu, car le cannabis est toujours réduit à une question de santé publique ou de droit individuel, l’aspect de la question de société est toujours gommé.

Veut-on un pays où la fuite dans les paradis artificiels est non plus seulement tolérée, mais encouragée par un encadrement institutionnel ?

Veut-on que l’individualisme forcené se renforce ? Veut-on que la négation de la possibilité d’une vie heureuse, car naturelle, devienne la norme officielle (ce qu’elle est par ailleurs déjà, mais dans le non-dit) ?

Vers la légalisation du cannabis au Maroc

Tout le monde sait que le Maroc est un pays qui est étroitement lié à la France. On parle ici d’intérêts visibles, mais également invisibles : on sait à quel point dans le tiers-monde la corruption des élites a un rapport étroit avec les gouvernements des pays « riches ».

Or, le Maroc est le premier producteur mondial de cannabis. Il faut donc jeter un oeil dessus, pour voir si la légalisation qui est plus que fortement poussée en France a un écho là-bas, ce qui confirmerait la tendance…

Et c’est justement bien le cas. Il existe un parti qui s’appelle, de manière fort étrange, le « Parti de l’authenticité et de la modernité ».

Ce nom contradictoire est en fait le reflet de la ligne de la monarchie, qui prétend à la fois être passéiste et moderne. La ligne est donc en quelque sorte celle du roi…

Et justement, le Parti de l’authenticité et de la modernité prône la légalisation du cannabis au Maroc. Il vient d’y avoir des élection et les résultats sont tombés : ce parti a eu 102 députés, juste derrière les islamistes du Parti de la justice et du développement, qui en ont eu 125.

Mais ce n’est pas tout : le Parti de l’Istiqlal a obtenu 46 sièges et lui aussi est pour la légalisation du cannabis au Maroc.

Il y a d’ailleurs eu un colloque international sur le cannabis et les drogues, organisé à Tanger, les 18 et 19 mars 2016… qui aurait dû s’intituler colloque « pour le cannabis » d’ailleurs.

Parmi les personnes invitées, justifiant la dimension internationale, on a ainsi Monika Brümmer, architecte, spécialiste dans la construction en chanvre, Kehrt Reyher directeur de « Hemp Today » un média au service de l’industrie du chanvre, Javier Gonzales Skaric qui est secrétaire technique du Forum Mondial de producteurs de plantes interdites…

Au moins c’est franc ! Surtout qu’en fait, une partie du Maroc produit du cannabis de manière publique, sans que cela soit illégal.

Il faut dire que plusieurs dizaines de milliers tonnes de cannabis produites par an – certains parlent de 700 000 tonnes – sur plus de 130 000 hectares, cela ne passe tout de même pas inaperçu…

Le Maroc ferme bien évidemment les yeux, prétextant que la  région de Ketama-Issaguen, dans les montagnes du Rif, a eu historiquement le droit de produire le cannabis sur ordre du roi et que la tentative de supprimer cela en 1956 a échoué.

L’ONU a ainsi constaté en 2009 que 96 000 familles du Rif sont impliquées dans la production de cannabis, soit environ 900 000 personnes… Donc les 2/3 des paysans de cette zone.

Ces derniers temps, la monarchie a réprimé des personnes liées à la production du cannabis.

Maintenant, on peut essayer de deviner pourquoi. Le processus de légalisation du cannabis en France ne passera sans doute pas par une production autochtone ; le fait que la production soit marocaine permettra de faire passer de manière plus certaine la légalisation…

Mais pour cela, il faut un cannabis officiellement légalisé au Maroc, encadré par la monarchie, pour garantir la légalité internationale des bénéfices…

Conférence au sénat pour la légalisation du cannabis

Esther Benbassa est une députée EELV qui a comme profil ce qu’on peut difficilement faire de pire dans le libéral-libertaire. Partisane acharnée évidemment de la légalisation du cannabis et profitant du relativisme général, elle organise le 10 octobre une conférence à ce sujet au sénat.

Quand on sait que le sénat est historiquement un bastion du conservatisme, on voit comment le cannabis est tout à fait acceptable en réalité, au-delà du masque « moderne ».

Car la conférence en question est en réalité un acte militant en faveur de la légalisation… Voici le programme.

Légalisation du cannabis:
l’Europe est-elle condamnée à l’impasse ?

le 10 octobre 2016, de 9h à 18h45, au Sénat, salle Clémenceau, 15 rue de Vaugirard (Paris VI).

Journée de débats organisée par Esther Benbassa, sénatrice du Val-de-Marne et directrice d’études à l’EPHE (Sorbonne), auteure de la proposition de loi « Légalisation contrôlée du cannabis », Didier Jayle, professeur titulaire de la chaire d’addictologie du Conservatoire national des Arts et Métiers, et Henri Bergeron, professeur, chaire Santé de Sciences Po, et en partenariat avec Fédération Addiction

MATIN

9h Ouverture

Mots d’accueil Esther Benbassa, sénatrice du Val-de-Marne et directrice d’études à l’EPHE (Sorbonne) (5 mn)

Présentation

Olivier Faron, Administrateur général du Cnam (5 mn)
Didier Jayle, professeur au Cnam (20 mn)
9h30  État des lieux

Henri Bergeron, professeur à Sciences Po, Paris (20 mn)
10h00  Que sait-on de l’opinion ?

François Beck, Directeur de l’OFDT (20 mn)
10h30 Table ronde 1 : Santé publique – Prévention

Présentation et modération : France Lert, directrice de recherche à l’INSERM (15 mn)

Pr Bertrand Dautzenberg, tabacologue, Hôpital Pitié-Salpétrière, Paris (15 mn)
Jean-Pierre Couteron, addictologue, Président de la Fédération Addiction (15 mn)
Frank Zobel, Addiction Suisse, Lausanne (15 mn)
Pr Amine Benyamina, addictologue, Hôpital Paul-Brousse, Villejuif (15 mn)
12h Comment le cannabis thérapeutique a-t-il  ouvert la voie à la légalisation ?
Ethan Nadelmann, Executive Director, Drug Policy Alliance, New York (30 mn)

12h30 Pause déjeuner

APRÈS- MIDI

14h30   Table ronde 2 : Justice et Police

Présentation et modération : Christian Mouhanna, Directeur du CESDIP (15 mn)

Renaud Colson, maître de conférences à l’Université de Nantes (15 mn)
Olivier Guéniat, commissaire divisionnaire (Neuchâtel) (15 mn)
Jean-Pierre Havrin, contrôleur général honoraire (Toulouse) (15 mn)
Daniel Vaillant, député, ancien ministre de l’Intérieur (15 mn)
16h Et au Canada, il se passe quoi ?

Serge Brochu, professeur de criminologie, Université de Montréal (30 mn)
16h30 Pause

17h Table ronde 3 : Enjeux économiques

Présentation et modération : Pierre Kopp, professeur à l’Université de Paris 1 – Panthéon-Sorbonne (15 mn)

Christian Ben Lakhdar, maître de conférences à l’Université de Lille 2 (15 mn)
David Weinberger, Canalex (Etats américains et Uruguay) (15 mn)
18h Conclusions

Dr William Lowenstein, addictologue, Président de SOS Addictions (15 mn)
Esther Benbassa (15 mn)

Cette conférence n’est pas un débat contradictoire, ni une conférence présentant les aspects multiples. C’est un acte partisan, au coeur des institutions. Celles-ci ont décidé de capituler et le libéralisme-libertaire joue le rôle de rouleau compresseur pour la marchandisation de la vie.

La fuite dans l’individualisme et les paradis artificiels est clairement soutenu par un système qui veut empêcher toute morale universelle, tout mouvement collectif en faveur d’une utopie. Le libre-choix individuel du cannabis est en train de passer de produit indirect du système à une véritable culture en faisant partie.

S’imaginer que la légalisation du cannabis n’aurait aucun impact est donc faux : cela serait un obstacle de plus pour arracher les gens à leur torpeur. Cela serait un renforcement de l’apologie de l’individualisme.

Alors que la bataille pour la Terre doit être la priorité des personnes conscientes de la Nature, le système fait la promotion du repli sur soi et du relativisme, du refus d’une vie naturelle !

Cannabis : Terra Nova veut que soit repris le modèle des jeux d’argent

Il était évident que la fondation Terra Nova intervienne en cette rentrée. Il s’agit en effet du principal think tank bobo, qui dit que la gauche doit abandonner les couches populaires pour se tourner justement vers ce qui est bobo.

Inévitablement, le cannabis est un thème très important, au coeur du processus de libéralisme-libertaire censé façonner la société. Et il faut pour ces gens accélérer la propagande en faveur de la légalisation du cannabis, en vue des présidentielles…

Terra nova avait déjà pris partie en décembre 2014, et recommence avec un nouveau rapport, dont le titre éloquent est pas moins que « Contrôler le marché légalisé du cannabis en France – L’EXEMPLE FONDATEUR DE L’ARJEL – ».

Il est intéressant de voir que rien que le titre aurait amené une répression policière il y a quelques années : c’est à ce genre de détails qu’on reconnaît aussi les avancées du libéralisme, de l’indifférence, du capitalisme partant à la conquête d’un nouveau marché.

Terra nova ne s’en cache d’ailleurs pas : son but est de contribuer à la possibilité de l’ouverture d’un nouveau marché. Son idée est que pour le cannabis, il faut suivre le modèle de l’ARJEL, c’est-à-dire l’Autorité de régulation des jeux en ligne.

La logique de ces décadents est implacable : les jeux d’argent étaient interdits, on les as légalisés, donc faisons pareil. Voici l’argumentaire :

« En effet, le marché des jeux d’argent et de hasard en ligne a été légalisé en France par la loi 2010-476 du 12 mai 2010.

Elle légalise l’offre d’un bien potentiellement addictif et dépénalise de fait une industrie autrefois considérée comme illégale. »

Quant au reste, tout y passe. La légalisation des jeux d’argent et de hasard aurait asséché le marché illégal (alors qu’en réalité il a décuplé cette addiction!), cela serait pareil pour le cannabis.

Cela rapporterait de l’argent qu’on pourrait mettre dans la santé, cela aiderait la santé publique en encadrant le phénomène, cela libérerait la police qui est débordée, etc.

Toute la démagogie de ces derniers temps est livrée dans une sorte de package qui, on le devine, va être répété à l’infini. Avec, toutefois, un côté toujours plus concret : les libéraux-libertaires vont toujours plus loin dans les propositions concrètes. Voici ce qu’on lit, qui est très instructif :

« La mise en production de cannabis pourrait soit se faire par des agriculteurs français autorisés par des licences du Ministère de l’agriculture, soit par des entreprises étrangères.

Dans le premier cas, rappelons que la France était le premier producteur européen de chanvre en 2005 (Commission européenne, 2005) et qu’elle a un historique relativement important dans la culture de cette plante (Dufour, 1961).

Evidemment, le chanvre industriel cultivé en France ne présente pas les caractéristiques toxicologiques du cannabis recherché par les actuels consommateurs : le niveau de THC et des CBD et CBN présentés par ces productions ne sont pas de nature à permettre l’ivresse cannabique.

Avec le savoir-faire et les connaissances scientifiques en toxicologie et avec l’appui de l’INRA, il serait cependant relativement aisé de développer en France une production de cannabis, d’autant plus qu’existe une Coopérative Centrale des Producteurs de Semences de Chanvre et que cela fournirait un nouveau débouché à l’agriculture française.

Cette proposition de faire participer le secteur agricole national à une légalisation du cannabis est déjà exploitée en Suisse (Wavre, 2016). (…)

La vente de cannabis serait confiée à des détaillants ayant demandé un agrément à l’ARCA. De la même manière que pour la production, la vente respecterait une charte établissant les modalités de vente, de prévention et de réduction des risques à engager auprès des acheteurs.

Traçabilité et contrôle du débit des ventes par système informatique (comme c’est le cas des jeux d’argent et de hasard en ligne) garantiraient le système de distribution.

Trois options potentiellement complémentaires sont ici à considérer : le réseau des débitants de tabac pourrait être sollicité, celui des officines pharmaceutiques également ou un nouveau réseau de magasins pourrait voir le jour. Toutes ces options présentent avantages et inconvénients.

Les débitants de tabac ont l’avantage de pouvoir être rapidement sollicités et équipés pour une vente contrôlée de cannabis mais les compétences préventives et sanitaires peuvent leur faire défaut.

Ceci n’est pas le cas des pharmacies mais voudront-elles vendre un produit pour un usage récréatif, c’est- à-dire sortir quelque peu de leur cœur de métier ?

Finalement, un nouveau type de magasin, spécialisé dans la vente de cannabis, pourrait demander agrément à l’ARCA. Il présenterait l’avantage d’un contrôle territorial de l’implantation de ces magasins, en plus de créer de l’emploi. En revanche, son contrôle serait certainement plus compliqué à mettre en œuvre par comparaison aux deux autres réseaux cités. »

Pourquoi ces gens pensent-ils, écrivant des choses qui auraient été illégales il y a ne serait-ce que dix ans ? Parce qu’ils savent que la légalisation du cannabis a été décidée par l’économie, que les gens sombrent dans l’indifférence, qu’il n’y a donc plus qu’à travailler l’opinion publique et faire tomber la barrière des réticences et du refus.

Un refus capital : la bataille contre le cannabis, contre sa légalisation, doit être au coeur de toutes les personnes refusant le relativisme social, l’acceptation des « paradis artificiels » en général, le repli individualiste dans le mépris des autres et d’une vie naturelle, heureuse.

Référendum sur la légalisation du cannabis : 5 arguments pour dire non

Il n’y a pas encore de référendum sur la légalisation du cannabis, mais en ce début septembre 2016, nous pensons que le mouvement pour cela est lancé. La campagne pour la victoire du non à la légalisation du cannabis sera ardue dans un pays pétri d’individualisme et de perte du sens de toute responsabilité sociale.

Il faut donc réfléchir à comment bien formuler les arguments, comprendre les enjeux dans ce qui est une bataille culturelle pour des valeurs ! Voici ce qui pourrait être mis en avant…

1. Le cannabis anéantit le tonus, supprime la volonté, amollit l’esprit de manière profonde, provoque la paranoïa, d’autant plus chez les jeunes dont le cerveau est encore plastique. Le cannabis est un danger pour la santé, qui rend dépendant.

« Mais le lendemain ! le terrible lendemain ! tous les organes relâchés, fatigués, les nerfs détendus, les titillantes envies de pleurer, l’impossibilité de s’appliquer à un travail suivi, vous enseignent cruellement que vous avez joué un jeu défendu. La hideuse nature, dépouillée de son illumination de la veille, ressemble aux mélancoliques débris d’une fête. La volonté surtout est attaquée, de toutes les facultés la plus précieuse. » (Baudelaire, Les paradis artificiels)

2. Le relativisme général se fonde sur une société qui ne serait plus composée que d’individus totalement isolés les uns des autres. Chacun pourrait faire ce qu’il veut, « du moment que cela ne dérange personne ». Le cannabis relève de cet esprit de refus de toute responsabilité sociale.

« Ajouterai-je que le haschisch, comme toutes les joies solitaires, rend l’individu inutile aux hommes et la société superflue pour l’individu, le poussant à s’admirer sans cesse lui-même et le précipitant jour à jour vers le gouffre lumineux où il admire sa face de Narcisse ? » (Baudelaire, Les paradis artificiels)

3. La quête d’un « paradis artificiel » est une fuite hors du monde réel. Cela amène à penser que la réalité ne suffit pas, que pour être heureux il faut quitter ce qui est vrai au profit d’une « joie » illusoire. Le cannabis participe à cette idéologie de la fuite vers ce qui apparaît comme meilleur mais ne l’est pas.

« Cette espérance est un cercle vicieux : admettons un instant que le haschisch donne, ou du moins augmente le génie, ils oublient qu’il est de la nature du haschisch de diminuer la volonté, et qu’ainsi il accorde d’un côté ce qu’il retire de l’autre, c’est-à-dire l’imagination sans la faculté d’en profiter. » (Baudelaire, Les paradis artificiels)

4. La légalisation du cannabis participe à la marchandisation du monde. Aux yeux du capitalisme, tout relève de la marchandise, y compris les animaux, les corps humains, les émotions.

L’élargissement du capitalisme au cannabis est l’expression d’une tendance générale à la commercialisation, à la fabrication de marchandises toujours plus diverses servant toujours à aliéner les esprits.

Le renforcement de cette tendance, à laquelle participe la légalisation du cannabis, ne peut donc qu’être combattue, puisqu’elle se nourrit d’elle-même : la légalisation renforcerait encore plus le mouvement à la marchandisation.

5. L’idéologie du cannabis prétend que celui-ci est naturel, que sa consommation relève d’un choix personnel, qu’il serait moins nocif que le tabac ou l’alcool. En réalité, le cannabis est un fait de société, c’est un produit hautement industrialisé (modifié génétiquement, produit dans des entreprises avec des investissements conséquents, etc.). Quant à la nocivité, ce n’est pas parce qu’elle serait moins nocive que d’autres choses qu’il faudrait l’accepter.

Ainsi, dire non au cannabis, c’est contribuer au combat contre les drogues et l’alcool, c’est ne pas accepter le relativisme, pour au contraire relancer la lutte contre ce qui est nocif.

La lutte contre le cannabis a ainsi une identité historique : celle de refuser le « moindre mal » (la légalisation vaudrait mieux que les mafias), celle de refuser la fuite individualiste dans les paradis artificiels, celle de vouloir une vie naturelle, ce qui amène forcément à reconnaître la Nature !

Emmanuel Macron s’ajoute à la liste des partisans de la légalisation du cannabis

Il y a deux jours nous parlions de Benoît Hamon dans la mesure où il est favorable à la légalisation du cannabis mais n’a pas osé l’inscrire dans son programme. Dans l’émission On n’est pas couché, il a pour la première fois abordé cette question, mais précisément en ce sens « masqué ».

Il a, en effet, tourné cela de telle manière que c’est présenté comme une lutte contre les trafics… Tout en prétendant uniquement ouvrir le débat et combattre « l’hypocrisie » : « je n’ai pas la solution miracle »…

« Il faut rentrer dans le débat de la légalisation » dit-il ainsi…

Pour la petite histoire, en cherchant des informations à ce sujet, on tombe sur une page diffusant cette position de Benoît Hamon, dans le cadre de ce qui est en fait une entreprise cherchant à attirer les consommateurs de cannabis…

Peut-on faire plus anti-social que ce produit, qui vise à aider des chauffards potentiels ? On sait à quel point le cannabis ralentit les réflexes, et il faudrait conduire drogué en se préservant d’une éventuelle répression ?

Une sale mentalité, d’esprit mercantile bien entendu…

« Kana Cleaner® est une combinaison d’agents naturels qui agit directement sur les métabolismes d’absorption et d’élimination du THC et de ses dérivés (Delta-9-THC, 11-OH-THC, THC-COOH…) Du fait de ses propriétés physico-chimiques, Kana Cleaner® fixe l’intégralité du THC pour permettre son élimination totale de la bouche et de la matrice salivaire. Kana Cleaner® est le résultat de plusieurs années de recherche au sein de la division biochimie de la prestigieuse Amsterdam University of Applied Science. »

Dans cette démarche ultra-libérale, on a également Emmanuel Macron. Nous avions parlé, en octobre 2015, de l’appel fait par Libération : « Et si Macron était aussi libéral avec le cannabis ? ».

On sait à quel point il prétend renouveler le personnel politique, apporter fraîcheur et franchise. Pourtant, bien malin qui peut lire aisément ce qu’il a expliqué dimanche à Questions Politiques (France Inter / France Info / Le Monde)…

« Aujourd’hui, le cannabis pose un problème de sécurité, de lien avec la délinquance dans les quartiers difficiles, de financement de réseaux occultes.

Et donc on voit bien que la légalisation du cannabis a des intérêts de ce point de vue et a une forme d’efficacité.

Et on voit bien que de ce point de vue, le sujet est ouvert et doit être considéré.

De l’autre côté, j’entends et je suis aujourd’hui pas en situation c’est un sujet que je veux travailler.

Je ne suis pas contre, si cette réponse provisoire peut être la mienne aujourd’hui.J’entends les préoccupations de santé publique qui sont émises par ailleurs. C’est pas un sujet léger.

Je souhaite qu’on puisse ouvrir ce sujet, qu’on puisse l’aborder de manière méthodique dans les semaines qui viennent. Je ne suis pas contre là aussi pour un principe d’efficacité et de justice, au fond. »

Exactement comme dit dans notre article sur Benoît Hamon, il y a deux jours, le « bal des faux-culs » commence : le processus politique de légalisation du cannabis s’enclenche.

Hamon et Macron mettent en branle la machine, qui va amener le vainqueur des primaires – sans doute François Hollande puisque tout est fait au PS pour cela – à intégrer cela dans la plate-forme d’union pour les présidentielles…

Benoît Hamon et la légalisation du cannabis

C’est donc par Benoît Hamon que le processus d’affirmation de la légalisation du cannabis va passer.

Nous annonçons depuis quelques temps maintenant l’inéluctable processus où l’ultra-libéralisme va réussir à faire sauter le verrou du cannabis, au nom de la « liberté », du « libre-choix de chacun », etc.

L’idée même de vie naturelle, d’universalisme, doit passer à la trappe au nom de l’individualisme le plus forcené. C’est dans l’air du temps et toutes les idéologies qui relativisent les valeurs ont le vent en poupe.

Les questions de société disparaissent, tout est vu par le prisme de l’individu et de ses choix uniquement personnels ; au sein du véganisme, l’antispécisme apparaît comme le reflet de cette tendance.

Pour le cannabis, ce n’est pas étonnant si cela passe par des gens prétendant être « de gauche », puisque forcément le capitalisme cannabistique, si l’on peut dire, doit se prétendre un progrès.

On doit s’attendre à ce que François Hollande propose un référendum sur la légalisation du cannabis au sein de son programme électoral en vue d’une réélection.

Benoît Hamon se montre ici son soutien précieux en amenant le thème. Le soutien à François Hollande par la suite n’en sera que plus simple, François Hollande « reprenant » le thème…

Voici comment Le Monde présente le point de vue de Benoît Hamon :

Alors qu’un récent rapport suggère de passer de la pénalisation à la contraventionnalisation du cannabis, Benoît Hamon dénonce l’« hypocrisie » des solutions de fermeté.

Le député des Yvelines, qui précise qu’il n’encourage pas la prise de drogues douces, propose donc de légaliser le cannabis, avec une distribution contrôlée par l’Etat, pour « tarir l’économie souterraine et les violences ».

C’est tout ce qu’on en sait pour l’instant, car si Benoît Hamon propose cela, il ne le fait pas encore ouvertement sur son site de campagne. Tout cela est un processus machiavélique, où les pions sont avancés…

En tout cas, Benoît Hamon parle donc de la distribution du cannabis par l’Etat. Or, cela veut dire que par conséquent, il y a production. Une production légalisée, mais non étatique, ce qui signifie renforcer le capitalisme…

Drôle de démarche de la part de quelqu’un « de gauche » ! Et encore n’abordons-nous pas ici la question culturelle, puisque normalement, quand on veut une société plus « humaniste » (au minimum), on ne va pas aider la fuite dans les paradis artificiels…

Le Nouvel Observateur et la légalisation du cannabis

On continue encore et encore à aller vers un référendum pour la légalisation du cannabis, au nom d’une morale libérale-libertaire.

Cette fois, c’est le Nouvel Observateur, une revue hebdomadaire de gauche libérale, qui s’y colle.

Le numéro prétend être un dossier pesant le pour et le contre, mais en pratique rien qu’à la couverture, on comprend l’idée, surtout avec le titre…

La présentation du dossier est également significative…

« Pourquoi pas chez nous? », tel est le leitmotiv général et cela au nom du libéralisme : chacun doit pouvoir faire comme il l’entend! Du moment qu’il n’y a pas préjudice pour autrui, pourquoi pas?

Afin de justifier ce relativisme, l’argument classique est que le relativisme a déjà triomphé. Après tout le monde fume, alors « pourquoi pas? ».

Là où l’hypocrisie saute aux yeux, c’est que la revue reconnaît que la reproduction du cannabis est interdite. Or, elle le fait sur sa couverture, assumant de contribuer à faire tomber un « tabou » dont elle prétend qu’il serait déjà tombé…

Est révélateur également quant aux couches sociales portant cette revendication ces propos sur les milieux chics, où le cannabis est bien entendu très présent…

Si les grands bourgeois fument aussi, alors « pourquoi pas? » : telle est la logique de ceux qui prônent les paradis artificiels, contribuant à enfermer l’humanité dans une aliénation dénaturée.

Emmanuelle Auriol et la légalisation du cannabis

Pour rebondir sur l’article d’hier avec le libéralisme en rapport avec le cannabis, on a depuis plusieurs jours une grande offensive médiatique menée au sujet d’un ouvrage d’Emmanuelle Auriol, intitulé « Pour en finir avec les mafias Sexe, drogue, clandestins : et si on légalisait ? ».

Comme dit hier, quand on est libéral, on l’est pour tout. C’est une question de cohérence. Nommée il y a plus de dix ans « Meilleur Jeune Économiste de France » par le journal Le Monde pour qui elle écrit désormais de manière régulière, elle est chercheuse en économie à l’Université Capitole de Toulouse. Ses travaux, comme on peut l’apprendre, « s’intéressent aux réformes structurelles optimales, telles que les privatisations, la (dé)régulation, ou les partenariats publics-privés ».

On a ici un exemple classique de capitulation devant l’infâme, maquillée en position « raisonnable », tout cela pour en réalité servir le business à travers un soutien de l’Etat.

Voici ce qu’elle dit par exemple dans La dépêche, de manière très subtile:

Vous prônez la légalisation du cannabis. Sous quelle forme, en vente libre ?

Surtout pas. Il n’est pas question de vendre du shit dans les supermarchés ! C’est l’Etat qui instaure un marché légal dans des endroits où l’on peut se procurer du cannabis sous certaines conditions, avec des restrictions, par exemple sur l’âge des consommateurs. Les prix sont fixés par l’Etat et le produit est taxé, comme le tabac. Les acheteurs sont sûrs qu’ils n’ont pas affaire à des trafiquants, ils peuvent consommer des produits contrôlés, sans risquer de se faire arrêter. (…)

Légaliser la prostitution, c’est rouvrir les maisons closes ?

Non. Tous les pays qui l’ont fait ont plutôt vu une augmentation de la prostitution légale et illégale. Je propose de créer un statut de profession libérale réglementée, avec la création d’un ordre des prostitués(e) s, qui s’occuperait des questions de consentement, de tarifs, de santé, de reconversion, de sécurité.

Cela permettrait aux prostituées d’avoir un statut décent, de recevoir des clients en toute liberté, et cela conduirait à limiter les abus de l’exploitation illégale, du crime organisé qui emploie des esclaves. Je propose aussi la criminalisation des clients des prostituées non encartées, comme en Suède.

Ce qu’elle masque à travers ce discours, c’est que l’Etat devra bien se procurer du cannabis, et à défaut de le produire lui-même, il faudra bien qu’il se le procure sur un marché concurrentiel… De la même manière la prostitution est tout à fait acceptée, il s’agit simplement d’en faire un métier légal, les prostituées étant même dans ce cas appelés (notamment par les anarchistes) des « travailleuses du sexe ».

Voici également une vidéo du Nouvel Observateur où elle présente sa thèse, où l’on voit facilement que rien ne tient dans son discours : comme si les recettes fiscales serviraient vraiment à la lutte contre le cannabis… De la pure poudre aux yeux.

On retrouve le même discours chez la députée socialiste Anne-Yvonne Le Dain, il y a deux jours dans la Gazette de Montpellier :

« Ma position est simple : ce n’est pas bien et ce n’est pas bon de fumer, mais je dis aussi qu’on n’arrive pas à l’enrayer. Et dans aucun pays occidental. Je suis pour la légalisation du cannabis sous contrôle de l’État. Je ne suis absolument pas pour une vente libre par n’importe qui. Ce n’est pas un produit banal.

La distribution sous contrôle de l’État se ferait non seulement pour fixer les prix et encaisser les taxes, mais aussi parce qu’il faut surveiller le taux de substance active. Aujourd’hui, dans le cannabis qui circule sous le manteau, on a des taux de substance active qui sont colossaux !

[Et où est-ce que l’on pourrait acheter du cannabis ? Dans les commerces ?] Je n’ai pas encore d’opinion fixe, le débat est sur la table. Mais je pense que cela pourrait être dans les pharmacies ou les bureaux de tabac, parce qu’ils sont assermentés. Mais certainement pas à la confiserie du coin. (…)

Le cannabis, tout le monde en fume. Dans les campagnes, dans les villages, dans les grandes villes, dans les banlieues… Y’en a partout… Face à quelque chose qui est partout, la police doit-elle continuer à courir derrière ? Il y a eu 130 000 interpel- lations l’année dernière ! On entretient tout un ensemble de petits dealers, alors qu’il faudrait que la police se concentre sur des trafics lourds et gros. »

Il faut être naïf pour y croire. Le capitalisme voit un marché et il utilise les positions relativistes pour faire accepter le cannabis, s’appuyant sur des gens prétendant servir la santé publique et être « réaliste »…

C’est une grande tendance de fond et on sent bien comment l’opinion publique est travaillée au corps.

Quand les « stups » montent eux-même des trafics…

C’est une affaire très grave et si Libération l’a sortie, c’est bien entendu pour aller dans son sens de la dépénalisation du cannabis.

L’histoire est simple : la police a participé au trafic de drogues, afin de démanteler des réseaux. On devine aisément que cette méthode, censée permettre des flagrants délits, relève en réalité d’un jeu pourri de gestion des drogues, et non du combat contre elles…

Le fait est que la corruption existe, de manière plus ou moins massive, que le cannabis de par ses effets arrange le pouvoir qui apprécie une population anesthésiée, que les liens entre le cannabis et le Maroc sont « oubliés » au nom d’intérêts stratégiques, etc.

Voici de larges extraits de la révélation, édifiante, de Libération.

Le système a déraillé brutalement le 17 octobre à Paris. Ce soir-là, la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) met la main sur 7,1 tonnes de cannabis entreposées dans trois camionnettes garées boulevard Exelmans, dans le XVIe arrondissement. Une saisie record pour la capitale.

Le lendemain, François Hollande se déplace en personne au siège des douanes pour saluer ce «coup fatal» porté aux trafiquants. Mais l’enquête ouverte le jour-même par le parquet de Paris, confiée à la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs), va réserver quelques surprises.

Une facture retrouvée dans une des camionnettes et des traces ADN permettent rapidement de remonter jusqu’à un certain Sofiane H., bien connu des services de police. L’homme habite justement boulevard Exelmans, dans un penthouse de 300 m2 avec piscine intérieure, dont le loyer de 9 000 euros est réglé chaque mois en cash.

Mais il a surtout la particularité d’être un indic de l’Ocrtis, dûment immatriculé au Bureau central des sources. Un informateur au pouvoir exorbitant, directement traité par le patron de l’Office, et capable d’importer chaque mois plusieurs tonnes de shit en «livraison surveillée».

Cette technique d’enquête, très prisée des services de stups, permet de laisser passer de la drogue sous le contrôle d’un magistrat, afin de démanteler des réseaux de revendeurs à l’arrivée. Une technique légale. Sauf qu’en l’espèce, Sofiane H. semblait bénéficier d’une protection en haut lieu, ce qui lui permettait de poursuivre ses activités sans jamais être inquiété.

L’affaire d’Exelmans est jugée d’autant plus sérieuse par le parquet que la drogue saisie à Paris fait partie d’un lot beaucoup plus important.

Trois jours plus tôt, les douanes avaient déjà intercepté 1,9 tonne de cannabis sur l’autoroute A11, en direction de Nantes. Puis quelques jours plus tard, 6,2 tonnes sont saisies dans une fourgonnette en Belgique. A chaque fois, la marchandise a la même origine. Pour le seul mois d’octobre, plus de 15 tonnes sont donc passées par le même canal sans aucun encombre.

Avant que les douanes, avisées par un mystérieux informateur, ne fassent capoter l’opération. Quel rôle a joué Sofiane H. dans ce trafic ? Et surtout, quelle était la nature de sa relation avec François Thierry pour bénéficier d’une telle impunité ? Après quatre mois de cavale, le trafiquant est finalement interpellé le 22 février en Belgique. Un témoin tellement exposé que le parquet a jugé bon d’envoyer les gendarmes d’élite du GIGN pour aller le chercher en hélicoptère lors de son extradition.

Une première en Belgique, quelques jours avant le rapatriement de Salah Abdeslam dans les mêmes conditions. Entendu depuis à deux reprises par les enquêteurs, Sofiane H. est resté très évasif, laissant simplement entendre qu’il avait toujours agi sous les ordres de l’Ocrtis.

Le parcours de Sofiane H. est à la mesure du scandale qui couve depuis la saisie record du boulevard Exelmans. L’homme peut en effet se targuer d’être le plus gros importateur de cannabis en France, ni plus ni moins.

Dès la fin des années 90, à seulement 20 ans, il est déjà considéré comme un des barons du trafic international entre le Maroc, l’Espagne et la France. Recherché pour l’importation de plusieurs tonnes de shit, il est condamné en 2002 à cinq ans de prison, puis à dix-huit ans pour avoir continué à trafiquer depuis sa cellule.

Sur une écoute téléphonique, on l’entend menacer un de ses acolytes de«lui trouer les genoux avec une perceuse» après le vol présumé d’une tonne et demie de marchandise.

Quelques mois plus tard, il parvient à s’évader de la prison de Metz lors d’un transfert et s’installe dans le sud de l’Espagne. Une période faste au cours de laquelle Sofiane H. se refait rapidement un nom dans l’élite du trafic international.

Mais après avoir échappé à plusieurs coups de filet, le Français est finalement arrêté en mars 2009 à côté de Marbella, en Andalousie, dans le cadre de l’opération «Baleine blanche», la plus grosse enquête jamais menée en Espagne sur le blanchiment lié au trafic de drogue. L’opération, qui porte sur un montant de 250 millions d’euros, permet d’interpeller une cinquantaine de personnes et de saisir plus de 200 propriétés et véhicules de luxe.

En garde à vue, Sofiane H. essaiera d’effacer ses empreintes digitales en se frottant les doigts aux barreaux de sa cellule. Selon plusieurs sources, c’est lors de sa détention en Espagne qu’il aurait été recruté par François Thierry. «Tamponné», comme on dit dans le milieu.

Extradé en France, Sofiane H. est condamné en avril 2011 à treize ans de prison. Mais il a désormais une bonne avocate. Anne Claire V. n’est autre que la compagne de François Thierry. A l’énoncé du verdict, elle dénonce une «peine sévère». Mais à peine trois ans plus tard, l’avocate spécialisée en droit immobilier dans un grand cabinet d’affaires parvient à faire libérer le trafiquant.

Contre toute attente, Sofiane H. bénéficie d’une remise de peine exceptionnelle suivie d’une libération conditionnelle, accordée par un juge d’application des peines de Nancy.

Une mesure rarissime, réservée à certains repentis. Selon nos informations, Sofiane H. a dû s’acquitter au passage d’une amende douanière de 2 millions d’euros. Qui a réglé cette somme ? Avec quel argent ? Et comment a été payée l’avocate ? Contactée par Libération, Anne Claire V. n’a pas souhaité s’exprimer.

Seule certitude : Sofiane H. va désormais s’imposer comme le plus gros trafiquant de l’Hexagone grâce à la protection de François Thierry. «Un homme à la tête du troisième réseau d’Europe en termes de volume de trafic»,selon un enquêteur spécialisé.

Jusqu’où l’Office central des stups était-il impliqué dans ce gigantesque scandale ? Et dans quelle mesure les magistrats ont-ils validé certaines procédures ? Un témoignage édifiant permet d’éclairer ce système de l’intérieur.

Ancien indic de François Thierry, bien connu des autorités françaises, Stéphane V. a livré de nombreux éléments à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), chargée de l’enquête sur les méthodes des Stups. Il affirme notamment avoir été mandaté par François Thierry pour garder une villa à Estepona, dans le sud de l’Espagne, entre mars et avril 2012.

Pendant près de trois semaines, a-t-il expliqué aux «bœufs-carottes», cinq hommes présentés comme des policiers français se relayaient pour charger et décharger sur la plage des dizaines de paquets remplis de drogue, récupérées sur des Zodiac venus du Maroc.

Au total, 19 tonnes auraient transité par la villa au cours de ce seul séjour. Une mission payée à Stéphane V. en cash par François Thierry. Il sera à nouveau sollicité plusieurs fois par le grand patron des Stups pour des opérations identiques, jusqu’en décembre 2014.

Selon ce témoin, jugé crédible par le parquet, le schéma était parfaitement rodé. La drogue était achetée en gros à Marbella. Une partie des équipes, préalablement identifiées par l’Ocrtis, était ensuite interceptée dans des «go-fast» à la remontée.

Les autres pouvaient alors inonder le marché sans être inquiétées. La came étant payée au départ, rien n’était perdu. Une stratégie basée sur un double objectif : faire grossir la taupe de François Thierry tout en éliminant les équipes concurrentes, grosses saisies et convocation de la presse à l’appui.

Le « plan anti-drogue » dans les lycées d’Île-de-France

Le Conseil régional a voté un plan anti-drogue dans les lycées d’Île-de-France. En fait, il ne s’agit pas d’un réel plan, mais plus une manière d’avoir un aperçu. Il y aura des tests, mais seulement les parents seront au courant, le proviseur n’ayant que les statistiques par classe.

On peut arguer que les jeunes devraient pouvoir faire ce qu’ils veulent, mais nous ne sommes pas des libéraux-libertaires ; comme en plus, nous défendons une vision naturelle du monde, nous ne pensons pas que les jeunes, s’ils avaient une conscience réelle de la société et de la nature, se tourneraient vers les drogues, l’alcool, la sexualité sans lendemain, la religion, etc.

Voici comment le conseil régional présente ce plan :

Le plan régional de lutte contre les conduites addictives dans les lycées d’Île-de-France repose sur trois volets :

1. Prévention

La Région demandera à chaque lycée d’établir un diagnostic sur sa situation au regard de la consommation de substances addictives.

Elle soutiendra également les actions de formation des personnels et chaque établissement sera invité à désigner un référent « addictions et conduites à risque ». La Région formera également des « lycéens relais » pour transmettre des messages de prévention auprès de leurs camarades. Elle s’appuiera notamment sur l’expérience et les compétences des associations œuvrant dans ce domaine.

2. Dépistage

La Région Île-de-France financera des tests de dépistage salivaires et/ou des éthylotests, après délibération du conseil d’administration pour les établissements qui le souhaitent.

Leurs résultats, couverts par le secret médical, ne seront transmis qu’au lycéen majeur, ou à ses parents s’il est mineur. Le proviseur ne recevra aucun résultat individuel, et seul un bilan global lui sera remis.

3. Répression

Selon la situation de l’établissement, le proviseur pourra solliciter le concours de la Région pour mettre en place un plan de lutte contre les dealers et le trafic au sein du lycée et à ses abords.

Ainsi, la Région pourra financer le déploiement d’un dispositif de vidéoprotection, demander un renforcement de la présence policière à proximité de l’établissement, ou encore une plus grande sécurisation des trajets entre le lycée et les transports publics.

Le document explique de manière plus approfondie le comment du pourquoi, on remarquera le point suivant qui est important :

Pour que cette politique réussisse, les lycéens doivent être des acteurs à part entière.

Aussi, la région formera également des « lycéens relais » qui seront les interlocuteurs des autres lycéens pour leur transmettre des messages de prévention, car il est prouvé que dans la prévention des conduites à risque, la parole d’un autre jeune porte souvent plus que celle d’un adulte.

Ces lycéens relais pourront être désignés au sein du conseil des délégués pour la vie lycéenne (CVL). Ils pourront bénéficier d’un soutien régional à la construction de leur projet dans le cadre du dispositif régional de soutien à la vie lycéenne. (…)

La région soutiendra financièrement les associations qui souhaiteront monter des partenariats avec les établissements scolaires pour développer des actions de prévention ou d’information à destination des jeunes, y compris les associations de parents d’élèves.

Cela signifie que des jeunes ayant une conscience de la nocivité du cannabis pourront prendre des initiatives démocratiques au sein même de leur lycée, avec un soutien « institutionnel ». C’est également valable pour des associations. Il y a peut-être des idées à avoir pour en profiter !

On remarquera, par ailleurs, que c’est là la seule solution proposée par le conseil régional, avec davantage d’éclairage, de caméras de surveillance et de policiers ! C’est que les institutions ne peuvent, au fond, pas combattre une démarche nihiliste qui est au coeur de la culture de la société elle-même…

L’Académie nationale de Pharmacie sur la légalisation du cannabis

Alors que le débat sur la légalisation du cannabis fait rage – il y a deux jours lors d’un « débat » à ce sujet, à Saint-Ouen en région parisienne, le député PS député Bruno Leroux s’est prononcé pour une « légalisation contrôlée » – voici la position de l’Académie nationale de Pharmacie. Le document est très clair et très utile pour son argumentaire.

DÉPÉNALISATION DU CANNABIS : L’ACADÉMIE DIT NON, PREUVES À L’APPUI !
Communiqué adopté par le Conseil, le 25 avril 2016

Alors que certaines voix en France s’expriment publiquement pour une légalisation de l’usage du cannabis, l’Académie nationale de Pharmacie réitère son opposition à un tel projet. Une légalisation serait un très mauvais message adressé à la jeunesse de notre pays et ses conséquences seraient catastrophiques en terme de santé publique, spécialement dans notre pays caractérisé par une consommation record en Europe.

En effet :
1/ En France, entre 1993 et 2014, la concentration moyenne de son principe actif, le tétrahydrocannabinol (THC), a considérablement augmenté (multipliée par 5) pour atteindre 20 % dans la résine de cannabis et 13 % dans l’herbe.

Certains font de cette augmentation des teneurs un argument pour la dépénalisation mettant en avant qu’elle sera contrôlée dans les produits vendus. Il n’en est rien puisque dans les pays qui l’ont adoptée, il est constaté une expansion de l’autoculture qui n’est jamais contrôlée.

2/ Le cannabis est un facteur d’accidents de plus en plus souvent présent sur les routes de France en raison de ses effets sur les fonctions cognitives et motrices (diminution de la vigilance et des réflexes, modifications de la perception du temps et des distances, rétrécissement du champ visuel, disparition des inhibitions et indifférence vis-à-vis de l’environnement, perturbations de la mémoire immédiate).

3/ Le cannabis peut perturber gravement la maturation cérébrale qui survient entre 12 et 20 ans.

Modifiant les connexions entre les neurones, il peut déterminer des troubles délirants, hallucinatoires, cognitifs qui sont des manifestations caractéristiques de la schizophrénie.

4/ D’un usage régulier de cannabis sur plusieurs années peuvent émerger : une anxiété vive ; une dépression avec ses risques suicidaires ; un très important déclin des performances « scolaires » avec une diminution irréversible du Quotient Intellectuel (QI) ; l’escalade vers d’autres drogues, à l’origine de polytoxicomanies.

5/ La relation causale entre son usage chronique et diverses complications vasculaires touchant le cœur (infarctus), le cerveau (accident vasculaire) et les membres inférieurs (artérite) est maintenant bien établie.

6/ La fumée de cannabis possède un pouvoir cancérogène supérieur à celui du tabac.

7/ Le cannabis diminue la libido et la fertilité masculine. En effet, le THC se concentre dans les testicules et réduit la sécrétion de testostérone. Il est rendu responsable d’une variété agressive de cancer du testicule.

8/ Dans les pays ayant légalisé l’usage du cannabis, le constat est catastrophique :

– banalisation du produit et augmentation du nombre de nouveaux usagers (aux États-Unis, la
comparaison inter-états indique que la prévalence d’usage est plus importante dans les états
ayant légalisé que dans les autres) ;
– augmentation du nombre de personnes dépendantes ;
– accès plus facile à des variétés nouvelles et plus concentrées en principe actif (THC) ;
– augmentation du risque de passage à d’autres drogues dures ;
– explosion de l’autoculture et développement de nouveaux modes de consommation ;
– augmentation du nombre d’hospitalisations pour intoxications aiguës et chroniques ;
– augmentation du nombre de cas d’ingestion accidentelle par des enfants ;
– augmentation du nombre d’accidents de la route liés au cannabis.

Nous disposons maintenant de la preuve que l’on meurt du cannabis, ce n’est donc pas une drogue douce.

Compte tenu de toutes ces informations issues de publications scientifiques et médicales, la légalisation du cannabis serait la pire des solutions à adopter pour lutter dans notre pays contre ce fléau destructeur ; à l’heure où l’on mène une campagne contre le tabagisme, la légalisation de l’usage du cannabis serait « irresponsable ».

En revanche, il apparait indispensable d’intensifier la lutte contre le trafic et de multiplier les actions de prévention et d’information notamment à l’attention de la jeunesse.

« L’Appel du 18 joint » de 1976

Voici, pour archive, le texte libéral-libertaire de « dans le quotidien Libération,  le 18 juin 1976. Il est très intéressant, car on y retrouve déjà le discours voulant que des pays comme le Canada ou les Etats-Unis sont plus ou moins allés dans le sens d’une dépénalisation.

De par la position nouvelle du Canada, on voit déjà les partisans du cannabis prendre ce pays en exemple…

On remarquera l’intérêt des dernières lignes, qui montrent que les signataires ont conscience que c’est aussi une question capitaliste. A l’époque, ces personnalités liées à la gauche disaient que c’était une autre question, aujourd’hui, la gauche libérale-libertaire trouve cela même bien pour les taxes et la relance de l’économie…

«Cigarettes, pastis, aspirine, café, gros rouge, calmants font partie de notre vie quotidienne. En revanche, un simple « joint de cannabis (sous ses différentes formes: marijuana, haschich, kif, huile) peut vous conduire en prison ou chez un psychiatre.

Des dizaines de documents officiels (notamment les rapports La Guardia aux Etats-Unis, Wootton en Grande-Bretagne, le Dain au Canada) ont démontré que le cannabis n’engendre aucune dépendance physique, contrairement aux drogues dites « dures, telles que l’héroïne, mais aussi au tabac ou à l’alcool, et n’a aucun effet nocif comparable (« Pas même une bronchite, sauf chez les grands fumeurs, a écrit aux Etats-Unis le directeur de l’Institut national contre l’abus des drogues).

Le contenu de ces documents n’a jamais été porté à la connaissance du public français, on a préféré laisser la grande presse mener des campagnes d’intoxication fondées sur des mensonges ineptes.

Dans de nombreux pays déjà ­ Etats-Unis (Californie, Oregon, Alaska), Pays-Bas, Canada ­, la législation sur le cannabis a été considérablement adoucie.

En France, on continue d’entretenir la confusion entre drogues dures et drogues douces, gros trafiquants, petits intermédiaires et simples usagers.

Cela permet de maintenir et de renforcer une répression de plus en plus lourde: depuis 1969, la police peut perquisitionner chez n’importe qui, sans mandat, à toute heure du jour ou de la nuit, sous prétexte de drogue. Cela permet des arrestations massives de jeunes et des quadrillages policiers.

Cela sert à justifier la détention de centaines de personnes, petits revendeurs ou fumeurs de cannabis, quand tout le monde sait que des gros bonnets de l’héroïne sont en liberté. Ces emprisonnements, bien sûr, sont sélectifs et frappent en priorité la jeunesse, surtout la jeunesse ouvrière et les immigrés, particulièrement dans les régions.

Or, des milliers et des milliers de personnes fument du cannabis aujourd’hui en France, dans les journaux, les lycées, les facultés, les bureaux, les usines, les ministères, les casernes, les concerts, les congrès politiques, chez elles, dans la rue. Tout le monde le sait.

C’est pour lever ce silence hypocrite que nous déclarons publiquement avoir déjà fumé du cannabis en diverses occasions et avoir, éventuellement, l’intention de récidiver. Nous considérons comme inadmissible toute forme de répression individuelle, soumise à l’arbitraire policier, et entendons soutenir activement tous ceux qui en seraient victimes.

Nous demandons que soient prises les mesures suivantes: ­ Dépénalisation totale du cannabis, de son usage, sa possession, sa culture (autoproduction) ou son introduction sur le territoire français en quantités de consommation courante.

Ouverture de centres d’information sur les substances psychotropes, en ordre alphabétique: alcool, cannabis, cocaïne, héroïne, LSD, médicaments, tabac, etc.

Nous n’avons que faire de la légalisation de la marijuana, ni de sa commercialisation. Si des trusts à joints s’en emparent, c’est une question de société. Ce texte n’est pas un appel à la consommation. Il vise seulement à mettre fin à une situation absurde.»

Signataires: Abrahams Jean-Jacques, Annabel, Areski, Dr Atlan H., Alessandrini Paul, Alessandrini Marjorie, Arietta Adolfo, Anquetil  Gilles, Backman René, Bourgeade Pierre, Béranger François, Berger Claude, Bizot Jean-François, Baratier Jacques, Bastide Jean-Pierre, Bouteille Romain, Bardet Vincent, Bodevent Jean-Louis, Barouh Pierre, Bost Jacques-Laurent, Bok Philippe (médecin), Colombel Jeannette, Coste Patricia, Chesneaux Jean, Copi, Clémenti Pierre, Castagnet Paul, Copferman Emile, Carpentier Jean (médecin), Cahiers du cinéma, Calvet Louis-Jean, Cullaz Maurice, Deleuze Gilles, Duits Charles, Dollé Jean-Paul, Dupré Jean-Louis, Dubois Bernard, Davezies René, Devy Michel, Dachy Marc, Dautin Yvon, Delessert Philippe, Dosse Roger, Druillet Philippe, Dietlin Eric, Dubenton Anne, Erlinguer Serge (médecin), Fromanger Gérard, Font Patrick, Ferré René, de Fréminville Bernard (médecin), Fluence, Fourastié Philippe, Glucksmann André, Grasset Jean-Baptiste, Geismar Alain, Guattari Félix, Gotlib, Gébé, Gir Moebius, Haines Jim, Held Jean-Francis, Houdart Blandine, Huppert Isabelle, Isserman Dominique, Ithurriaque Jean (médecin), Jaubert Alain, Jacquot Benoît, Kalfon Jean-Pierre, Kouchner Bernard (médecin), Karsenty Serge, Kan Alain, Levy-Leblond Jean-Marc, Levy-Leblond Elisabeth (médecin), Le Forestier Maxime, Landau Maria (médecin), Letté Jean-Paul, Lyotard Jean-François, Lauten Elodie, Lacroix Hugo, Levaillant Yvon, Lagrange Valérie, Laperrousaz Jérôme, Lafont Bernadette, Leclerc Henri (avocat), Mandryka, Mallerin Daniel, Marc’O, Matricon, Mercadet Léon, Matzis Costas, Meunier Jean-Louis, Magny Colette, Muchnik Nicole, Morello Dominique, Maulineux Maud, Mercanton Isabelle, Morin Edgar, Manceaux Michèle, Mémmi Michael, Merleau-Ponty (avocate), Negroni François, Najman C., Nicoulaud Gilles, Oswald P.-J., Oswald Hélène, Ogier Bulle, Orla, Pinhas Richard, Pleyney Marcellin, Pradalié Philippe, Pasquet Sylvaine, Rauch Alain, Revault d’Allonnes, Reed Will, Renault Philippe, Rouzaud Jean, Ribbes Jean-Paul, Rochefort Christiane, Roche Denis, Raguenès Jean, Righini Marielle, Rosso Serge-Bruno, Richard Jean-Vincent, Sollers Philippe, Saint-James Daniel, Sarduy Severo, Sery Patrick, Samuel Laurent, Savary Jérôme, Simmonet Dominique, Szejer Myriam (médecin), Tavernier B., Timsit (avocat), Topor, Tobias, Thérame Victoria, Verlhomme Hugo, Vannoni Patrice, Varela José, Van Eersel Patrice, Vasca Jean, Verdier Joan Pau, Val Philippe, Yelnik Jean-Benoît, Zouzou, France Léa, Sami Ayari, Châtelet François.

Le Canada capitule devant le cannabis

La ministre de la santé du Canada a tenu un discours à New York, lors d’une session plénière extraordinaire de l’ONU sur les drogues. Elle y a expliqué que le Canada allait mettre en place l’année prochaine une loi pour légaliser le cannabis.

C’est un pas de plus dans l’intégration de cette drogue dans le capitalisme… Voici le document retranscrivant les propos de la ministre.

Déclaration en plénière pour l’honorable Jane Philpott ministre de la Santé – SEAGNU sur le problème mondial de la drogue
20 avril 2016

SEULE LA VERSION PRONONCÉE FAIT FOI

Monsieur le président, chefs d’État et de gouvernement, ministres et distingués délégués. C’est pour moi un honneur de participer à cette session extraordinaire à l’Assemblée générale des Nations Unies. Ce rassemblement est une excellente occasion de revoir nos efforts à l’égard des politiques mondiales concernant la drogue.

Il y a quelques semaines, j’ai rencontré un groupe d’ONG à Ottawa en vue du présent rassemblement. Ce groupe se composait d’avocats, de médecins et d’activistes très articulés, mais la voix qui s’est le plus démarquée est celle d’une mère.

Elle nous a raconté l’histoire de sa fille, qui est décédée des suites de complications liées à la toxicomanie. Elle a décrit comment elle avait vu sa fille s’éteindre alors qu’elle avait de la difficulté à accéder au traitement et aux services qui auraient pu sauver une vie fragile.

Des histoires comme celles-ci sont trop courantes. De nombreuses vies prennent fin trop rapidement en raison de surdoses de drogues licites et illicites. Aujourd’hui, je m’adresse à vous en tant que ministre de la Santé du Canada pour vous dire que nous devons faire mieux pour nos citoyens.

Je suis fière de défendre une politique à l’égard des drogues qui se fonde sur des données probantes scientifiques. Une politique axée sur la santé publique qui vise à sensibiliser au maximum le public et atténuer au minimum les risques.

En tant que médecin qui a pratiqué au Canada et en Afrique subsaharienne, j’ai vu trop de personnes subir les conséquences dévastatrices de la consommation de drogue et des crimes qu’elle engendre ainsi que des politiques de lutte contre la toxicomanie mal conçues.

Heureusement, des solutions sont à notre portée. Au Canada, je suis impressionnée par le travail d’Insite, un site de consommation supervisée où les personnes qui ont des problèmes de dépendance ont accès aux soins et à l’aide dont ils ont besoin [il s’agit d’une salle de shoot à Vancouver].

Je suis fière de la rapidité avec laquelle nous rendons plus accessibles les trousses de naloxone afin de sauver la vie de personnes faisant une surdose d’opioïdes.
Je sens notre empressement à travailler ensemble pour trouver des solutions, que ce soit pour les grandes villes ou les communautés autochtones éloignées. Je sais que cette bonne volonté et cette générosité sont présentes à l’étranger.

C’est pourquoi j’ai été encouragée par le récent rappel du président de l’OICS [Organe International de Contrôle des Stupéfiants, initié par l’ONU] de mettre la santé et le bien-être au centre d’une approche équilibrée à l’égard de la mise en œuvre des traités.

Notre approche à l’égard des drogues doit être exhaustive et axée sur la collaboration et la compassion. Elle doit respecter les droits de la personne tout en favorisant le partage des responsabilités. Et elle doit reposer sur une approche fondée sur la science.

Ces principes seront appliqués au Canada en ce qui concerne la marijuana.

À ces fins, au printemps 2017, nous allons présenter notre projet de loi pour empêcher la marijuana de tomber entre les mains des enfants, et les profits de tomber entre les mains des criminels. Bien que ce plan remette en question le statu quo dans plusieurs pays, nous sommes convaincus qu’il s’agit de la meilleure façon de protéger nos jeunes tout en renforçant la sécurité publique.

Le Canada continuera de moderniser son approche à l’égard de la politique relative aux drogues. En nous inspirant de nos réussites comme Insite, nous adopterons une approche mettant l’accent sur la prévention en amont, le traitement axé sur la compassion et la réduction des méfaits.

Nous collaborerons avec des partenaires des services d’application de la loi afin d’encourager la prise de mesures de justice pénale appropriées et proportionnées. Nous savons qu’il est impossible de régler le problème en procédant simplement à des arrestations.

La lutte contre la consommation de drogue est un défi que nous partageons tous. Les solutions doivent donc être collectives et demandent la participation des gouvernements, des Autochtones, de la société civile, des jeunes, des scientifiques et des grands organismes de l’ONU.

Je reconnais que d’autres pays et cultures adopteront des approches qui diffèrent de celle du Canada. Je crois que si nous respectons le point de vue de chacun et trouvons un terrain d’entente, nous pouvons atteindre notre objectif commun : protéger nos citoyens.

Mieux encore, nous pouvons améliorer leur vie. Merci.

Le processus en cours de dépénalisation du cannabis

Quand on veut connaître une tendance sociale décidée par l’État, il suffit de regarder la loi et son application. C’est cela qui révèle tout, puisqu’on y voit la tendance de fond de l’administration, de la police, de la justice, etc.

Le quotidien Le Monde a l’habitude de bombarder d’articles sur la dépénalisation du cannabis (ainsi que d’ailleurs ces derniers temps sur le végétalisme bobo, comme récemment avec L214 en couverture, là encore hier avec « Être végétalien et grand sportif, c’est possible ? »).

Naturellement, l’article du Monde en mode « décodeurs » – discussion sms explique les dangers du cannabis, mais surtout que la dépénalisation rapporterait plein d’argent, que cela permettrait que moins de gens en fument, etc.

Mais surtout, il y a l’argument juridique, car Le Monde est tout de même le quotidien de Sciences Po et des fonctionnaires de l’administration. Et effectivement, comme dit en quelque sorte par Le Monde la tendance est déjà présente :

Bon ok, mais ça veut dire que les « fumeurs de pétard » sont envoyés en prison?

En théorie oui, en pratique c’est très rare. A partir de 1978, le ministère de la justice fait en sorte de traiter différemment les consommateurs de marijuana et les autres :

– mai 1978 : la « circulaire Peyrefitte » préconise d’opérer une distinction entre le cannabis et les autres drogues,

– mai 1987 : la « circulaire Chalandon » introduit une différence entre usagers occasionnels et « d’habitude »,

– juin 1999 : la « circulaire Guigou » recommande des mesures alternatives plutôt que des poursuites pour « simple usage »,

– avril 2005 : la « circulaire Perben » prône une réponse pénale systématique mais adaptée. En cas de possession simple, c’est un rappel à la loi,

– février 2012 : une nouvelle circulaire dans le même esprit recommande des stages pour les usagers non dépendants, et des injonctions thérapeuthiques pour les autres,

– octobre 2015 : le décret d’application de la « transaction pénale » autorise les officiers de police judiciaire à proposer une amende pour les petits délits, payée immédiatement.

Comme on le voit très bien, le processus de dépénalisation est déjà là. Il suffira juste de travailler l’opinion publique pendant quelques temps et l’appareil d’État ira au basculement.

Refuser cela ne sera pas facile !

Et notons d’ailleurs, que de manière fort étrange, les associations welfaristes ont la même stratégie pour les droits des animaux que les partisans de la dépénalisation du cannabis. Ils pensent qu’il y aura un même processus graduel, jusqu’à la réforme générale.

Sauf que c’est absurde, car les enjeux financiers sont énormes et le conservatisme ici certainement pas renversable depuis l’intérieur du système lui-même !

Le seul résultat serait de réduire la cause animale à la dimension d’une cause « sociétale ». C’est d’ailleurs là un risque énorme : la main-mise par les couches sociales bobos d’une cause aussi sacrée pour l’ajouter à son catalogue de causes diverses et variées qui ne servent qu’à renforcer sa place.

Il ne faudra pas s’étonner si le véganisme va passer, pour un temps, et c’est déjà en partie le cas, comme un existentialisme bobo de centre-ville. Alors que cela devrait être une démarche partant de la morale populaire!

Dire non au cannabis, c’est donc aussi préserver le véganisme, en rejetant la « gauche sociétale » et sa dénaturation de ce qui est juste…

Jean-Marie Le Guen contre la « prohibition » du cannabis

Il y a deux jours nous parlions de la tendance à la mise en place d’un référendum sur la légalisation du cannabis : les choses s’accélèrent de manière significative avec les propos de Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement.

On se doute que ces propos ne doivent rien au hasard et qu’il a parlé en service commandé pour l’Elysée, tout comme les Inrockuptibles. C’est sur BFMtv qu’il a tenu notamment les propos suivants :

« Le cannabis est une très mauvaise chose pour la santé publique, en particulier chez les jeunes. Mais la prohibition n’amène pas une diminution de la consommation. »

« Il y a un tabou dans la société française, on ne parle pas de ça. »

« Je propose que le Parti socialiste dise enfin la vérité [se reprend], propose une vérité: l’interdit moral ne crée rien du tout, il crée beaucoup de dégâts dans la société française. »

« Je dis que la situation actuelle ne marche pas, que ce soit au niveau des trafics et de la culture de ‘gangsterrorisation’ en quelque sorte que cela crée. Je pense qu’il faut peut-être aller vers des mécanismes de légalisation contrôlée mais surtout avec des politiques d’éducation et de santé publique. »

« Je suis un homme de santé publique. Je me suis toujours battu contre la consommation d’alcool, de tabac, et je me battrai toujours contre la consommation de cannabis chez les jeunes. Mais la prohibition n’est pas efficace. »

« Il faut armer les jeunes pour véritablement les convaincre, il faut pouvoir leur tendre la main pour qu’ils ne restent pas dans cette consommation qui est dangereuse. C’est donc une approche sanitaire que je propose, et non pas une approche morale ou juridique. »

« On doit avoir des levées d’interdiction très sélectives: pour les adultes, certainement pas pour les jeunes de moins de 21 ans. »

« Les bigots de la prohibition devront aussi expliquer pourquoi la mesure appliquée depuis 30 ans ne marche pas. »

Le fait de traiter de « bigots » les partisans de la prohibition révèle bien le fond de la pensée de Le Guen : prétendre vouloir moins de cannabis, pour en réalité prôner l’intégration de celui-ci dans les mœurs et surtout l’économie.

Le prétexte des trafics et des mafias est une règle : il s’agit à la fois de prétendre que l’État est impuissant – alors qu’en réalité cela l’arrange pour que le peuple ne se révolte pas – tout en prétendant assurer une meilleure sécurité grâce au commerce légalisé du cannabis.

C’est une habile manœuvre ! Evidemment, Patrick Menucci, qui a tenu des propos en ce sens il y a quelques jours, a salué les propos de Le Guen.

On voit à quel point la gauche « sociétale » est pressée de faire avancer le « progrès », en réalité celui du commerce ! Voilà où mène le refus de la Nature et la fuite dans les paradis artificiels, dans l’éloge superficiel des plaisirs « individuels » transcendants, qui dépasseraient de loin la réalité !

Si un référendum a bien lieu, et on voit mal comment on pourrait y échapper dans les conditions actuelles, alors les masques vont bien tomber et on verra qui a de la morale et qui n’en a pas, qui se bat pour les valeurs universelles et qui est libéral, qui défend coûte que coûte l’esprit clair et qui préfère fuir la réalité, qui privilégie la santé et qui se met au service du commerce !

Patrick Mennucci appelle à la légalisation du cannabis

Ce qui est fascinant, c’est que normalement l’appel à la consommation de cannabis est interdit. Or,  depuis quelques temps, la gauche bobo se déchaîne dans le sens de la légalisation, de la consommation promue par l’Etat.

Hier, c’est le député Patrick Mennucci qui a publié un document appelant à ce qu’une commission soit ouverte à l’Assemblée nationale pour étudier la légalisation.

C’est bien entendu quelque chose de « calculé », dans l’esprit de « Hollande sauvé par la Weed? » des Inrockuptibles, tout récemment.

Patrick Mennucci avait d’ailleurs tweeté exactement dans le même esprit que les Inrockuptibles  au sujet du nouveau ministre de l’intérieur.

Ceci dit, le coup de créer une « nouvelle filière agricole », comme Patrick Menucci le dit dans son appel d’hier, personne n’avait encore osé…

Ce qui est très grave aussi, c’est que son intervention suit un nouveau règlement de comptes, avec trois morts et trois blessés, dans le milieu du trafic de drogues à Marseille.

Le raisonnement fait est le suivant : on a arrêté des gens, donc certains essaient de prendre leur place. Comme on ne peut pas réprimer les mafias, légalisons.

Comme si la police ne connaissait pas les endroits où les drogues étaient vendues… Comme si cela ne permettait pas de laisser les gens du peuple se droguer ou dépendre des mafias pour trouver de quoi vivre…

En réalité, les mafias peuvent et doivent être écrasées.  L’idée de les légaliser, sous la forme de capitalistes officiels, ne change rien au problème…

« Hollande sauvé par la weed »?

Le nouveau numéro des Inrockuptibles est tellement grossier dans ses formulations qu’il est absolument impossible qu’il n’ait pas été téléguidé par l’Élysée. Rien que la couverture est magistrale!

La série d’articles, dont voici le sommaire, est un éloge du cannabis comme vecteur économique et marqueur idéologique de ce qui serait la gauche, qui est en réalité la gauche libérale-libertaire.

Comme il faut bien un prétexte, ce sont des propos d’un professeur qui sont utilisés, comme argument « scientifique » prétendument neutre, objectif, etc. Ce professeur, qui lutte contre le tabac, a même appelé à la radio François Hollande à légaliser « un marché des feuilles de cannabis, de la marijuana ».

Voici comment les « Inrockuptibles » présente la chose, avec « humour » (« François Hollande, dont le nom est à lui seul une bénédiction », allusion aux Pays-Bas, où le cannabis est légalisé).

Trois arguments peuvent être utilisés clairement pour affirmer que c’est téléguidé depuis l’Élysée. Tout d’abord, il est expliqué que Christiane Taubira n’est pas contre un débat.

Elle vient de démissionner et les médias la présentent comme la nouvelle égérie de la gauche de la gauche, alors que historiquement elle n’a jamais appartenu à la gauche.

Elle fait figure d’anti-Valls, et justement l’article – c’est le second argument – tacle sévèrement Valls. On a ici un argument : soutenons François Hollande comme vecteur libéral-libertaire face aux sociaux-réformistes conservateurs.

Troisième argument, et non des moindres : le nouveau ministre de l’intérieur, pourtant clairement conservateur, est présenté sous un jour favorable du point de vue des partisans de la légalisation du cannabis, avec des détails de connaisseurs. C’est là une manœuvre politique absolument claire qui dépasse clairement le seul cadre journalistique…

L’argument électoral n’est même pas caché par ailleurs dans les articles de la revue porte-parole des bobos.

On notera également qu’il y a un long article sur les retombées économiques « bénéfiques » du cannabis. Rappelons ici aussi que c’est un thème classique de la gauche bobo, depuis Le Monde, jusqu’aux éditoriaux notamment (par exemple ici), jusqu’à Libération (par exemple ), en passant par Europe Ecologie Les Verts (par exemple ici).

Rappelons que le cannabis est « développé et breveté« , on est là dans un capitalisme très développé. On ne s’étonnera donc pas que la revue bobo mentionne le « think tank » appelé « Terra Nova », regroupement « intellectuel » conseillant le Parti Socialiste et célèbre pour préconiser d’abandonner les ouvriers au profit d’une ligne libérale-libertaire jouant sur le communautarisme (ciblant les « jeunes », les « immigrés », les « femmes »).

Ces dernières lignes montrent l’appel du pied de François Hollande aux bobos. Entre ceux-ci et les fachos, la France est vraiment mal partie…

Raison de plus d’œuvrer à la véritable alternative : une société humaine unifiée travaillant à protéger la Nature, refusant les drogues et les faux-semblants, refusant l’exploitation animale et toute exploitation d’ailleurs, pour une planète bleue et verte!

« Marseille : ce n’est pas le cannabis qui tue, c’est la prohibition »

Profitant de l’émotion provoquée par la mort de deux adolescents à Marseille, sur fond de trafic de drogues, le quotidien Libération s’est de nouveau lancé dans un éloge de la dépénalisation…

C’est une obsession : il y a quelques jours, nous parlions de leur autre édito (« Et si Macron était aussi libéral avec le cannabis ?« ).

Comme quoi, aux yeux de Libération (et des bobos), tous les prétextes sont bons pour justifier l’ouverture d’un nouveau marché pour le business, pour renforcer la fuite individualiste…

Face aux drogues, une seule solution : une culture positive reconnaissant la Nature, niant les fuites dans les paradis artificiels (y compris religieux), l’écrasement des mafias.

Marseille : ce n’est pas le cannabis qui tue, c’est la prohibition

Edito

Est-il acceptable de mourir sous les balles, dans une cité en France, quand on a 15 ans ? Non. C’est pourtant ce qui s’est produit à Marseille, cité des Lauriers, dans la nuit de samedi à dimanche. Deux ados et un homme de 23 ans ont été tués dans une cage d’escalier.

Règlement de comptes ? Victimes touchées par hasard ? Intimidation ? Guerre de territoire ? On ne sait. Cette cité étant un lieu de deal, «l’hypothèse de meurtres liés au trafic de stupéfiants [est] à ce stade privilégiée», a indiqué dimanche le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve. Lundi, le procureur Brice Robin a été plus prudent: «C’est une des hypothèses envisagées […] mais il n’y a aucune certitude sur le fait que ces trois personnes étaient liées au trafic de stupéfiants.»

Comme toujours, les autorités ont immédiatement endossé leur costume martial. Le Premier ministre, Manuel Valls, a tweeté : «Rien n’arrêtera la détermination de l’Etat à lutter contre le crime organisé.»

Pourtant, s’il y a un échec, c’est bien le leur. A la cité des Lauriers, un réseau avait été démantelé en mai, mais le marché des stupéfiants déteste le vide : faites tomber une filière, une autre la remplace. Saisissez une tonne, deux sont déjà en route.

La mécanique est implacable et François Hollande n’aurait pas dû plastronner le 18 octobre devant les Douanes pour les féliciter d’une saisie de 7 tonnes de cannabis à Paris : en la matière, il n’y a pas de succès, les policiers agissent comme des régulateurs du marché. Et ce n’est pas leur faute : «On tente de vider la mer avec une petite cuillère», résumait l’un d’eux il y a quelques années.

Cazeneuve a beau égrener les prises à Marseille – en 2015, «10 réseaux majeurs de trafiquants démantelés, 132 individus écroués, 1,5 tonne de cannabis et 39 kilos de cocaïne saisis» -, sa tâche est un mélange de Sisyphe et de tonneau des Danaïdes, synonyme d’éternel recommencement.

En 2010, dans une autre cité marseillaise, le Clos des Roses, un jeune de 16 ans était mort sous les balles, créant une émotion intense. La réponse des autorités ?

La gauche fait comme la droite: plus de police, plus d’enquêtes. Nécessaire, sans doute. Suffisant ? Pas vraiment. Cinq ans plus tard, malgré d’évidents «succès» policiers, on en revient au point de départ. Avec, sur le carreau, non plus un jeune, mais deux.

Il est temps de réfléchir autrement. Ce qui tue, ce n’est pas le cannabis, principal produit en vente dans ces cités. Ce qui tue, c’est la prohibition, système injuste et inefficace mais meilleur allié des trafiquants, puisque l’interdiction du produit justifie leur activité.

Il faudra un jour l’admettre et ce sera douloureux, tant cela remet en cause les peurs, tabous et préjugés. Mais d’autres pays s’en sont libérés : l’Uruguay s’est lancé sur la voie d’un marché régulé du cannabis par lassitude face aux règlements de compte. En France, on doit se poser la question d’une forme de légalisation.

Sinon, quel que soit le nombre de policiers et ministres envoyés sur place, d’autres ados tomberont sous les balles.

« Wake and bake »

L’expression « wake and bake » signifie fumer du cannabis dès son réveil. Avant de faire quoi que ce soit, on fume. Évidemment, on devine quelles sont les conséquences : on est alors « stone » pour le reste de la journée.

Se « réveiller » pour se « cuire » est considéré comme très extrême même par les fumeurs occasionnels. En fait, c’est même considéré comme une ligne de démarcation. Une fois qu’on a basculé dans le fait de fumer seul, on est déjà dans le camp des dépendants.

Mais alors fumer le matin, c’est pire que tout. Car naturellement, cela va aussi avec le fait de fumer plus tard dans la journée. C’est en fait une preuve qu’on ne peut pas vivre sans que l’action du cannabis soit très forte et systématique, toujours présente.

Les conséquences sont d’autant plus fortes sur le plan de la faim, de la fatigue, de la paranoïa et surtout de l’angoisse. Les partisans du cannabis peuvent dire ce qu’ils veulent : le cannabis est une source d’angoisse extrêmement puissante quand les choses commencent à mal tourner.

Et il suffit de vivre mal un fait – un souci familial, la perte de proches, des problèmes d’emploi, des troubles sentimentaux, etc. – et tout déraille très vite.

Fumer le matin est alors plus qu’un symptôme, c’est le reflet d’une dépendance complète. S’arracher à cela devient extrêmement difficile. Là on ne raisonne plus en termes de jours ou de semaines, mais pratiquement d’années. Là on passe dans la figure pathétique du fumeur ramollo, tournant au ralenti, pratiquement le zombie vivant à un rythme totalement décalé et n’ayant plus qu’une seule préoccupation.

Toutefois, si on y regarde bien, c’est tout de même le cas de tous les fumeurs. Fumer du cannabis serait rebelle, permettrait de s’épanouir etc. etc. c’est une véritable idéologie, une vision du monde. Et force est de constater qu’elle n’y englobe rien d’autre que l’égocentrisme.

Fumer du cannabis est avant tout un egotrip et quand des gens fument ensemble mais séparément en fin de compte, on a pratiquement une copie de l’individualisme qui prévaut dans notre société, un peu quand des gens sont au PMU du coin et boivent chacun, ensemble, mais séparément, leur « petit verre » au comptoir.

Le « wake and bake » est l’étape supérieure : c’est le moment où l’on passe de l’égocentrisme à l’egotrip jusqu’au solipsisme. Il n’y a plus rien à part notre esprit qui compte, la réalité devient virtuelle, il n’y a plus que ce qui se passe dans notre tête qui apparaît comme réel.

La tendance individualiste s’épaissit à grands traits, mais comme on vit dans une société d’individualistes, cela passe… tant qu’on arrive à se lever et travailler, ou au moins faire semblant.

C’est pour cela qu’il y a tellement de fumeurs et qu’on trouve une telle apologie du cannabis sur internet, alors que théoriquement c’est interdit. A part pour un contrôle social minimal de la part de l’État, la société est tout à fait accoutumée aux fumeurs de cannabis. Cela ne la dérange absolument pas.

En quoi la société française est-elle dérangée par une jeunesse qui se précipite dans la futilité et fait l’éloge des drogues, avec le soutien des libéraux libertaires, avec un point de vue ouvertement exprimé par exemple dans un éditorial du monde en décembre 2014, ou encore dans la petite série « En passant pécho ».

Fumer du cannabis, ce serait être « moderne », être alternatif, refuser le système, alors qu’en fait il n’y a pas plus conventionnel, plus conformiste…

Refuser les drogues, voilà ce qui est une vraie rupture, une vraie confrontation…

Le cannabis : pas « naturel » mais « développé et breveté »

L’un des grands arguments des partisans du cannabis est que ce serait une drogue « naturelle ». Mettons cela en doute, en regardant ce que dit Cannaweed, qui se présente ainsi :

« En plus de 10ans CannaWeed et son forum ont connu un grand succès et de très fortes affluences, au fil du temps la communauté a constitué une formidable base de données pour répondre à la plupart des questions que se pose un cultivateur en herbe, et l’aider à mener à terme sa culture. (…) Le site prône l’AUTOproduction ! »

Cela a le mérite d’être clair. Pour l’anecdote, c’est une personne ayant pris le nom de… « ptivegan » qui fournit la photo où le chat est présenté comme un ennemi potentiel de la production, tout comme une longue liste d’insectes. Vilaine Nature qui dérange les fumeurs…

Et donc si les fumeurs prétendent fumer quelque chose de « naturel », c’est faux : le cannabis a été modifié de manière énorme. Si Cannaweed étale ses connaissances des… 1488 variétés, ce n’est pas pour rien !

Constatons le lyrisme de Flyingdutchmen (le hollandais volant, allusion humoristique au fait de « planer » et au vaisseau fantôme du même nom, que Wagner a repris en opéra) :

« Graine de Dame Blanche Feminisee

Cette Dame brillante est le résultat de la dernière amélioration des lignées « blanches » de cannabis – une variété de graine cannabis massive qui est parfaite pour les débutants ou pour des cultivateurs plus expérimentés. Nous avons croisé notre White Widow avec notre hybride Skunk / Northern Lights pour obtenir la Dame Blanche – une variété à dominance Indica avec un milieu de Sativa varié.

Elle est touffue, sa production est vigoureuse et son branchage, solide. Les graines de cannabis peuvent être transplantés assez petits – avec seulement quelques paires de feuilles – et termineront normalement leur maturation autour d´un mètre de hauteur.

Le bourgeonnement est rapide en première moitié de floraison et déchaîné plus tard, quand le dessus des grappes soyeuses de fleurs se couvrent de long pistils. Leur masse augmente alors rapidement pour se rejoindre au sommet de la tige et des branches et former des têtes scintillantes stupéfiantes qui enchanteront tous les amoureux de ganja. »

Il y a donc des variétés « améliorées » – on devine les critères – aux noms variés comme Butterscotch Hawaiian, Afghani #1 (Sensi Seeds), Jean Guy (Qc), Mother of Mercy, Alaskan Matanuska Thunderfuck, Sour Bubble…

Sur wikipédia des partisans des drogues on put parfois prendre le pouvoir, voyons par exemple dans une liste cette remarque formulée comme « en passant »…

AK-47 ou Special-K (Serious Seeds) [Colombian × Mexican × Thai × Afghani] – seconde place à la Cannabis cup, 2003, catégorie indica cup

La page wikipédia de cette variante, qui n’existe qu’en français, est assez éloquente :

L’AK-47 est une variété hybride de cannabis à forte teneur en THC développée et brevetée par des Néerlandais[Qui ?]. Elle est assez populaire auprès des consommateurs de cannabis mais de production limitée du fait d’une faible densité et de la difficulté d’une production commerciale.

L’hybridation est à dominante sativa, les clones poussent en 5 à 10 jours en intérieur. La floraison dure de 53 à 63 jours et donne un rendement de 350 à 500 g·m-2[réf. nécessaire]. En culture d’extérieur, la récolte a lieu dans la deuxième moitié d’octobre.

C’est une variété réputée pour avoir remporté de nombreux prix dont la seconde place à la Cannabis cup 2003, catégorie indica cup.

Elle présente un très forte odeur et un goût à fumer très fort. Elle est de taille moyenne et possède une période de floraison plutôt courte pour l’espèce.

Elle est parfois appelée Special K bien que le nom soit déjà utilisé pour désigner la kétamine. Son nom serait une référence à la force de son effet et au fusil d’assaut éponyme. Une autre explication est que c’est l’abréviation de Afghani Kush et 47 pour la période de floraison.

« Développée et brevetée » : voilà qui montre l’absurdite de la prétention à fumer quelque chose de « naturel »…

Matmatah : « L’apologie »

Le groupe Matmatah revient; il s’était séparé mais vient fêter ses vingt ans à la rentrée. Le monde a sacrément changé depuis la sortie, en 1998, de son premier album, « La Ouache ».

On y trouve une chanson qui a alors eu un certain succès, « L’apologie ». Il y est expliqué, très naïvement en mode babos pour ainsi dire, que le cannabis provoque moins de dégâts physiques et sociaux que l’alcool et que donc il faudrait le légaliser.

Raisonnement hypocrite, car on pourrait partir dans l’autre sens et supprimer tant l’un que l’autre… Sans parler de l’apologie du principe de prendre des anti-dépresseurs qu’on trouve dans le texte! Pas très positif tout cela…

Mais, au-delà de cela, il serait intéressant de demander aux gens de Matmatah s’ils sont encore d’accord avec cette chanson. Car entre-temps le cannabis est devenu bien plus dur, avec du THC bien plus fort, et les dégâts sociaux sont devenus parfaitement visible…

Le coup du fumeur un peu hippie avec son pétard est une image d’Epinal : aujourd’hui le cannabis est un moyen de se défoncer, et assumé tel quel…

Cette étrange cigarette ne nous rend pas hagard
L’an 2000 approchant rattraper le retard
Vivons à notre époque et dédramatisons
Non bien sûr le pétard n’élève pas la raison

Je le conseille tout de même avec modération
Comme cet alcool qu’on prend jusqu’à la déraison
Et pour quelques noyés est devenu passion
Mais l’église ne dit rien la cirrhose a raison

Voir un homme tituber ne choque pas la morale
Mais l’alcool tant loué vous est parfois fatal
Et le joint si léger dans mon pays natal
Des libertés de l’homme devrait être banal

Malheureusement chez nous il se vend en sous-main
Si peu dangereux qu’il soit L’État lui fait la guerre
Pour une fausse morale parce qu’il n’en touche rien
Voilà la vérité dans cette triste affaire

[Refrain] :
Un pétard ou un Ricard, si t’as vraiment le cafard
A choisir y’a pas photo, moi je choisis le maroco
Les alcool ont leurs soûlards, le cana c’est le panard
Y’en a qui le mystifient, moi j’en fais son apologie

Ce serait pourtant si simple de le légaliser
Deux petits joints par jour c’est anti-dépresseur
Si L’État dans ce cas n’était pas l’agresseur
Le peuple tout entier pourrait mieux respirer

C’est encore cette fois par l’argent que le bat blesse
Si au moins le hachiche pouvait emplir les caisses
Nos dirigeants affables fermeraient bien les yeux
Et parfois avec nous s’envoleraient aux cieux

[Refrain]

L’alcool et le tabac ont le droit de tuer
Car aux comptes de l’État apportent leurs deniers
Messieurs dames mourrez donc d’alcool et de fumée
La patente est payée, la mort autorisée

Le « four », supermarché des drogues

Puisque hier il était parlé des « fours » qui consistent en des petits supermarchés des drogues, voici une présentation de ce en quoi cela consiste. Il s’agit en l’occurrence d’une lettre ouverte, présentant le trafic de drogues et montrant que les cités… ne sont que le bout d’une longue chaîne, les vrais décideurs étant loin et intouchables…

Se focaliser sur les cités pour parler des drogues – que ce soit en bien ou en mal – c’est dans tous les cas nier l’existence de mafias aux grandes ramifications…

C’est « l’industrie des stupéfiants » que dénoncent justement les deux auteurs de cette lettre ouverte, publiée en 2009, sont la sociologue Marie-Hélène Bacqué et Lamence Madzou, la première ayant aidé le second à publier en 2008 l’ouvrage « J’étais un chef de gang ».

Les jeunes des banlieues sont les premières victimes du « bizness »

La question de la violence juvénile et des bandes de jeunes a de nouveau fait l’actualité, à la suite de quelques faits divers marquants. La ministre de l’intérieur a avancé les chiffres de 222 bandes sur le territoire français, 78 % en Ile-de-France, comportant 2 500 membres permanents et 2 500 occasionnels, soit un total de 5 000 jeunes.

La fabrication et la précision de ces données appellent bien des réserves quand l’on sait que la plupart de ces « bandes » sont des groupes peu structurés de copains désoeuvrés. Cela a déjà été dit, de même que l’inutilité et l’effet nocif des mesures répressives annoncées, qui permettraient de condamner à trois ans de prison un délit de mauvaise fréquentation. Effet d’annonce qui, une fois de plus, ne contribue qu’à réactiver peurs et fantasmes de l’insécurité et à installer ces quartiers dans une spirale de la répression et de la tension.

Nous voudrions revenir ici sur l’une des affirmations qui appuie ces annonces et alimente le fantasme d’une société attaquée de l’intérieur : ces « tribus » se battraient pour défendre leur bizness et contrôler leurs territoires au sein duquel elles imposeraient un système maffieux. L’incident récent qui s’est déroulé à La Courneuve, où des armes lourdes ont été utilisées contre des policiers démontrerait la conjonction de trafics de stupéfiants et de trafics d’armes.

Nos observations de terrain, qui restent à compléter, montrent que la réalité est plus compliquée, mais qu’elle n’en est pas moins inquiétante. Certes, il existe bien en France un marché des substances illicites, haschisch, héroïne, cocaïne et crack. Ce marché est important et en développement. Dans les quartiers populaires, une partie des jeunes consomme et vend. A l’échelon du quartier, cette économie souterraine reste cependant artisanale.

La majorité des petits vendeurs ont un ou plusieurs fournisseurs et écoulent en moyenne 100 à 200 grammes de haschisch en une semaine sous la forme de barrettes vendues de 10 à 20 euros. « Tout le monde trouve sa place ; il suffit d’avoir de la drogue, on vend. Celui qui a de la marchandise, c’est celui qui vend », raconte un jeune.

S’il peut exister des concurrences locales, les enjeux sont ailleurs et les gros trafiquants qui travaillent à l’échelle internationale ne sont, bien sûr, pas basés dans ces quartiers, qui ne représentent que l’un des lieux d’écoulement de la marchandise parmi d’autres. Ils ont besoin d’anonymat et d’invisibilité, difficiles à trouver dans ce type d’espace social.

Ces têtes de réseau font rentrer en France plusieurs tonnes de haschisch chaque année ; elles sont organisées, riches et puissantes. La drogue est stockée par ballots de 100 à 300 kg, le stock pouvant atteindre 600 kg, voire plus. Elle est ensuite distribuée à des souricières dans lesquelles viennent se fournir des intermédiaires, qui revendent à leur tour à de petits revendeurs, chacun relevant sa commission.

Au bout de la chaîne, ce marché est d’ailleurs de moins en moins rentable, car le prix du haschisch a doublé en quinze ans (un kg coûtait alors environ 800 euros et il fluctue aujourd’hui entre 1 500 et 3 000 euros) en raison du nombre des intermédiaires, de l’augmentation des prix à la source, de la diversification et de la sophistication des qualités de haschisch (gstarr, one, aya, marocain).

Contrairement aux idées reçues, les petits vendeurs ne roulent pas sur l’or. Ils ne gagnent souvent pas beaucoup plus qu’un smic mais, dans un contexte où l’accès à un emploi leur est fermé, ils ont ainsi accès à un marché du travail, certes informel, où ils ont l’impression « d’être à leur compte ». Ce revenu leur permet d’accéder à la société de consommation, voire parfois de partager l’achat d’une voiture.

Il en est de même du marché de la contrefaçon. On s’étonne bien souvent de voir des jeunes issus de familles précarisées habillés en Versace, Armani ou Dolce Gabbana, tous vêtements fabriqués en Thaïlande ou en Chine, vendus par un réseau de distribution parallèle à des prix très concurrentiels : « Des mecs reçoivent des cartons, c’est là qu’on se fournit. »

Tout cela constitue une économie parallèle bien réelle, qui s’autorégule. Mais ce n’est pas dans les quartiers populaires et encore moins auprès des « bandes » de jeunes qu’il faut chercher l’organisation de trafics mafieux. Ces jeunes ne sont que les derniers échelons d’un marché international et, comme ceux des quartiers bourgeois, ils en sont d’abord les victimes.

En revanche, on assiste à la marge à une restructuration locale du marché des stupéfiants. Dans quelques cas, encore très exceptionnels – cinq ou six villes en région parisienne -, un marché local commence à s’organiser et quelques individus vont se fournir en Espagne et au Maroc. Ils y achètent 100 à 300 kg de haschich à des prix très attractifs (400 à 600 euros le kg) qu’ils vendent ensuite au détail, se passant des intermédiaires.

Ils jouent la carte de la qualité en proposant de nouveaux produits comme des feuilles de « blunt » parfumées pour rouler le haschisch et en soignant la présentation de l’emballage. Ils créent alors des « fours » : ils prennent possession d’un escalier, en général dans un immeuble d’habitat social. L’escalier est bloqué par un jeune cagoulé avec barre de fer. Un ou deux autres s’y installent pour vendre.

A l’extérieur, des guetteurs surveillent avec des talkies-walkies. Les équipes se relaient : le four est ouvert jusqu’à 22 heures la semaine et minuit le week-end. La drogue est cachée à proximité du four, la préparation se fait dans les appartements. L’activité règne du matin au soir, de la livraison à la préparation puis à la vente. Elle est connue des habitants, réduits au silence par la menace et l’intimidation.

Ces fours rapportent entre 6 000 et 10 000 euros par jour. Les propriétaires des fours recrutent des dealers indépendants, pour un « salaire » quotidien de 50 euros environ. C’est d’abord par la qualité de leur marchandise qu’ils s’imposent sur le marché, recourant si nécessaire à la violence pour maintenir l’exclusivité. Dans tous les cas, ils ont besoin, eux aussi, pour leur activité de calme et d’anonymat, loin des embrouilles de quelques groupes de jeunes qui appellent l’attention médiatique.

Tout cela est, bien sûr, inquiétant, mais dessine une image beaucoup moins simpliste des rapports entre « jeunes des bandes » et « bizness » que celle que nous présente le discours officiel. A l’évidence, les enjeux sont ailleurs que dans ces quartiers populaires qui ne sont que l’un des points d’arrivée de trafics structurés. Il en est de même d’autres trafics organisés, comme ceux des voitures par exemple.

Il existe bien un danger de restructuration de trafics plus localisés mais contre lequel le fichage des jeunes et les mesures répressives sont pour le moins inefficaces. La société française n’est pas menacée par une horde de tribus ; elle met par contre en danger sa jeunesse et son avenir en restant impuissante face à l’industrie des stupéfiants, mais en tapant sur ceux qui en sont les premières victimes, sans pour autant leur offrir de perspectives sociales.