• 15 364 scientifiques de 184 pays avertissent l'humanité

Hulot, Hollande, le pape et la conférence de Paris de 2015

La conférence sur le changement climatique qui aura lieu à Paris en décembre promet d’être un fiasco complet. Pour autant, François Hollande a donné une consigne interne très claire : il faut faire en sorte que la France en sorte avec une bonne image, celle du pays modéré qui veut aller de l’avant (c’est d’ailleurs un style diplomatique français traditionnel, comme c’est le cas avec la Palestine, la guerre en Irak, l’Afghanistan, etc.).

Adepte par conséquent de la fuite en avant, on a pu voir une entrée en la matière en deux temps. Tout d’abord, lors de ses vœux, François Hollande a souligné l’importance de la conférence (histoire qu’on ne lui reproche rien a posteriori sur ce plan) :

« 2015, mes chers compatriotes, ce sera une année essentielle aussi et j’allais dire avant tout pour la planète.

La France va accueillir la conférence sur le climat en décembre prochain. Elle rassemblera tous les chefs d’Etat et de gouvernement du monde entier.

C’est une magnifique opportunité pour nous rassembler d’abord nous-mêmes au-delà de nos différences, pour mettre en commun ce que nous avons de meilleur, pour redonner du sens au progrès. La France, elle doit être exemplaire – elle l’est – avec la loi sur la transition énergétique qui a déjà été votée par l’Assemblée nationale, avec la loi sur la biodiversité.

La France, elle a été capable il y a maintenant 70 ans, de réunir une grande conférence pour les droits universels de l’homme. Maintenant, nous devons entraîner le monde pour qu’il puisse adopter à son tour une déclaration pour les droits de l’humanité pour préserver la planète.

Et je ferai tout pour qu’à Paris, en 2015, la conférence soit un succès, parce que je veux que lorsque nos enfants nous interrogeront ou nos petits-enfants, sur ce que nous avons été capables de faire en 2015, nous puissions être fiers et leur dire que nous avons contribué à préserver la planète toute entière. »

La seconde étape fut hier « l’entretien avec Nicolas Hulot, envoyé spécial pour la protection de la planète », dont on n’a rien appris d’officiel à part deux photos.

Même le facebook officiel de Nicolas Hulot (« géré par son équipe ») ne dit rien. Les articles de ce facebook ont été arrêtés juste avant Noël, comme d’ailleurs son Tumblr officiel, où par contre il y a les photos de lui au Vatican, puisqu’il est allé négocier l’intervention du pape à Paris.

Comme cela tout le monde serait content : le pape continuerait d’avoir sa bonne image de brave gars qui veut changer les choses (mais les gens sont méchants seul Dieu est bon etc.), François Hollande aurait une conférence « réussie », etc.

Voici ce que dit là-dessus Nicolas Hulot sur son tumblr :

Entretien avec le Cardinal Parolin, Secrétaire d’État du Vatican

C’est avec le Cardinal Parolin qu’a été évoquée la question du déplacement du Pape en France, et la nécessité, s’il vient en 2015, que le Saint Père s’exprime fortement sur la question du Climat.

Très au fait de l’avancée des négociations climatiques, le Cardinal a formulé le souhait que les Chefs d’État et de Gouvernement parviennent à un accord ambitieux et rappelé que la publication de l’Encyclique sur l’Écologie sera un moment important de l’année 2015.

«Nous sommes convaincus de l’importance du sujet et nous partageons votre préoccupation. Au fond, c’est une question spirituelle et éthique que nous avons tenté d’écarter mais elle revient » a-t-il conclu.

Ce n’est pas tout ! Il y a une « encyclique » sur l’écologie qui est prévue et qui ne devrait pas tarder à sortir. Il va de soi que nous étudierons cela en détail. On l’aura compris en tout cas , c’est une offensive tout azimut afin de renouveler l’Église catholique et de la rendre plus « dans son temps ».

Voici un exemple de ce à quoi il faut s’attendre, avec cette information officielle du Vatican, datant d’il y a un mois :

Cité du Vatican, 11 décembre 2014 (VIS).

Le Saint-Père a adressé un message au Ministre péruvien de l’environnement, qui préside à Lima la XX Conférence des Nations-Unies sur le climat (1 – 12 décembre), dans lequel il encourage les participants dans leurs débats sur un sujet « qui a une incidence sur l’humanité entière, et tout particulièrement sur les pauvres et les jeunes.

Il s’agit d’une grande responsabilité, également morale… Les changements climatiques font sentir leurs effets dans de nombreux pays, surtout côtiers et insulaires du Pacifique. Ceux-ci soulignent l’incurie et l’inaction alors que les délais se réduisent pour trouver des solutions. Or ces solutions ne peuvent se trouver qu’ensemble et dans la concorde…

Une lutte efficace contre le réchauffement ne peut être conduite que collectivement, après avoir surmonté les intérêts particuliers et écarté le poids des pressions politiques et économiques…

Il faut donc en passer par une culture de la solidarité et du dialogue, qui soit en mesure de prouver l’absolue nécessité de protéger la planète et l’humanité ». Les travaux de cette conférence doivent « se fonder sur la justice, l’équité et le respect ».

Un simple tweet (officiel, du pape) résume peut-être tout aussi bien:

Nicolas Hulot, dans une rapide interview donnée dans la rue à côté de l’Elysée, expliquait dans le même ordre d’idées qu’il en allait de la survie de l’humanité. Avec un tel anthropocentrisme, cette conférence a déjà une très mauvaise base…

EELV sur l’échec de la conférence de Lima

L’année prochaine, François Hollande compte mettre le paquet sur la promotion de la conférence sur le climat à Paris en décembre. C’est très important à ses yeux, car il y voit (si l’économie repart) la possibilité de fédérer des gens autour de lui pour un nouveau mandat.

Il est également ici en bons termes avec Cécile Duflot, et on devine ce qui va se passer: d’un côté il y aura une position pragmatique, mais accolée à une pseudo critique réalisée par Europe Écologie Les Verts (EELV). Par la suite, Duflot se présente comme candidate à la présidentielle, etc. etc.

Il faut espérer que les choses ne seront pas aussi simples, mais pour cela il faut une véritable bataille pour l’opinion publique. L’hypocrisie d’EELV, qui ne parle jamais que de « sociétal » et méprise totalement la Nature, doit être démasquée…

Le présent communiqué d’EELV est donc intéressant. EELV reconnaît le fiasco de la conférence de Lima, et souligne d’autant plus l’importance de la conférence de Paris. Mais EELV ne s’avance pas trop, sachant que c’est très mal parti pour que ce soit un succès…

Et pourtant, EELV y participera complètement, parce que refusant la Nature et acceptant les institutions, elle n’a pas le choix. D’une certaine manière, EELV va à contre-coeur à ce qui ne pourra être que son suicide en tant que force prétendument écologiste…

Climat : après une conférence de Lima en demi-teinte, cap sur Paris 2015

Publié le 15 décembre 2014

La 20ème conférence de l’ONU sur le climat à Lima n’a pas dérogé aux règles de ces grands rendez-vous : négociations chaotiques, lentes et difficiles, accord de dernière minute, défiance entre pays développés et en développement, manque de précisions flagrantes sur les moyens d’atteindre les objectifs climatiques.

Il est encore trop tôt pour tirer toutes les leçons de cette COP 20 – semi-succès ou semi-échec. Tout dépendra dans les mois à venir des dépôts des contributions nationales au cours du premier semestre 2015 et de la synthèse de celles-ci le 01 novembre.

EELV tient néanmoins à saluer un accord a minima qui a le mérite de poser les bases des discussions pour l’année à venir et de réaffirmer la nécessité d’un accord mondial en 2015. La capitalisation du fonds vert à hauteur de 10,14 milliards qui doit permettre aux pays les plus vulnérables de s’adapter aux effets du changement climatique est une autre bonne nouvelle.

Une conclusion s’impose pourtant : après cette conférence en demi-teinte, tout se jouera à Paris en décembre 2015. Comme prévu, ce rendez-vous sera décisif.

Dans cette optique, la France porte une responsabilité historique. La COP 21 a en réalité déjà débuté, et la France, pays hôte, doit désormais être à la manœuvre pour engager des négociations en vue d’un accord ambitieux.

“Si elle veut être légitime pour convaincre, la France doit être exemplaire en matière de réduction de ses émissions et engager la transition énergétique sur l’ensemble de son territoire“ explique Julien Bayou, porte-parole d’EELV.

L’ampleur du chemin qui reste à parcourir est en effet considérable. A ce stade, toutes les options restent ouvertes en vue d’un accord à Paris, de la plus ambitieuse à la plus minimaliste. “Les écologistes appellent les citoyens et l’opinion publique à se mobiliser massivement pour peser sur les négociations tout au long de l’année afin de mettre une pression sans précédent sur les décideurs“ déclare Sandrine Rousseau.

L’urgence climatique presse l’action. 2014 risque d’être l’année la plus chaude jamais enregistrée sur Terre, les phénomènes naturels se multiplient, le nombre de réfugiés environnementaux explose. Rien ne justifierait un nouveau rendez-vous manqué à Paris en 2015 et romprait définitivement la confiance que placent les citoyens dans l’action des Etats pour régler la question climatique.

Le temps est compté. Il reste un an pour préparer ce premier accord international, ambitieux et contraignant de réduction de gaz à effet de serre, qui permettra de limiter la hausse des températures à 2 degrés par rapport à l’ère pré-industrielle, dont nous avons tant besoin.

Les écologistes appellent à faire cause commune face à ce défi de civilisation.

Julien Bayou, Sandrine Rousseau, porte-parole nationaux

La conférence sur le climat de Lima ne débouche sur rien

Il y a donc eu tout de même un accord à la conférence sur le climat de Lima. Nous pensions avoir le temps de constater les points faibles, avant de parler de cet accord. Mais finalement il a été réalisé samedi, alors que le désaccord était complet.

Et sa base, c’est de dire que… l’année prochaine, il faudra se mettre d’accord. A la place de François Hollande, qui compte sur le prestige de la conférence à Paris l’année prochaine, on commencerait à paniquer.

Et surtout, pour les personnes entendant défendre la Nature, il y a lieu de comprendre le drame que va être cette conférence. Car bien entendu, Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères, peut se vanter de la réussite prochaine de la conférence à Paris, et affirmer que « Le fantôme de Copenhague s’éloigne et l’espoir d’un succès à Paris se rapproche. » EELV fait la même chose.

En pratique, ce qu’on va voir à Paris l’année prochaine, c’est que l’humanité est incapable de procéder à des décisions relevant d’un gouvernement mondial. Les intérêts particuliers priment ; ce qui se passe au niveau social avec les individus se répète avec les États.

L’objectif de décisions acceptées par tous les pays, avec des contraintes sur le plan légal, est définitivement abandonné. L’ONU est coulée, incapable d’unifier pour contrer la catastrophe en cours.

Et il va de soi ici que les grandes entreprises donnent le ton. L’écrasante majorité des fonds qui vont être rendus disponibles iront aux entreprises proposant des « alternatives » vertes, pratiquement rien n’ira aux pays du tiers-monde pour affronter la nouvelle situation.

Ce qui n’empêchera d’ailleurs pas de polluer à côté de cela : en 2012, 775 milliards de dollars de subventions sont allées dans les poches des entreprises pour les énergies fossiles, alors que le chiffre pour les énergies renouvelables, en 2013, était de 101 milliards.

En comparaison, la « Green fund » dont parle la COP20, est de… 10 milliards, et encore est-ce seulement de vagues promesses !

Quant à la Nature en elle-même, elle est totalement absente de la problématique. La seule chose que la COP20 à Lima a fait, c’est de reconnaître que le réchauffement climatique existait, et que si on ne fait rien l’élévation de la température va continuer et qu’on ne parviendra pas en l’état actuel à bloquer cela à une augmentation de 1,5°-2°.

En attendant, la COP20 a organisé le parcours balisé suivant : discussions à Genève en Suisse en févier, puis avant la fin mars, annonce des mesures pour limiter leurs émissions de gaz à effet de serre par… les pays qui souhaitent annoncer leurs mesures.

Avant fin mai un texte de base pour discuter à Paris est censé sortir, puis en juin à Bonn en Allemagne il y a une réunion, puis de nouveau un peu plus tard, on ne sait ni quand ni où !

La patate chaude arrive alors début novembre, lorsque le secrétariat de la Convention de l’Onu sur le climat doit résumer tout cela, avant donc la catastrophe à prévoir que va être la conférence à Paris, du 30 novembre au 11 décembre 2015…

Pour conclure, citons ici un philosophe des Lumières, Emmanuel Kant. La ministre de l’écologie, Ségolène Royal, a dit la chose suivante le 12 décembre, en séance plénière de la Conférence Climat de Lima :

« Enfin, sur la démocratie et les droits humains, le climat sera Grande cause nationale en France en 2015, et surtout, je souhaite que la France joue un rôle, pour imaginer l’émancipation et préparer démocratiquement les esprits au changement, comme l’ont fait au XVIIIe siècle les philosophes des Lumières pour faire advenir une nouvelle représentation du monde et des droits humains. »

Sauf que, justement, les philosophes des Lumières reconnaissait la Nature, et ils étaient dans un esprit universaliste. C’est Kant qui a souligné, ainsi, la nécessité d’une gouvernance mondiale de la raison :

« La nature a donc aussi utilisé l’incapacité à se supporter [que manifestent] les hommes, et même les grandes sociétés et les grands corps politiques composés d’individus de ce genre, comme un moyen de découvrir, au sein-même de l’inévitable antagonisme, un état de repos et de sécurité.

C’est-à-dire que, par les guerres, par ses préparatifs extravagants et jamais relâchés, par la souffrance qui s’ensuit et qui doit finalement être ressentie par chaque État même en pleine paix intérieure, la nature pousse [les États] à des tentatives d’abord imparfaites, mais finalement, après beaucoup de dévastations, de renversements, et même après un épuisement intérieur général de leurs forces, [les pousse] à faire ce que la raison aurait pu aussi leur dire sans une si triste expérience; à savoir sortir de l’état sans lois des sauvages pour entrer dans une société des nations, dans laquelle chaque État, même le plus petit, pourra attendre sa sécurité et ses droits non de sa force propre ou de son appréciation juridique personnelle, mais seulement de cette grande société des nations (Foedus Amphictyonum), de l’union des forces en une seule force et de la décision, soumise à des lois, de l’union des volontés en une seule volonté.

Aussi enthousiaste que puisse aussi paraître cette idée, et bien qu’une telle idée ait prêté à rire chez un abbé de Saint-Pierre ou chez un Rousseau (peut-être parce qu’ils croyaient la réalisation d’une telle idée trop proche), c’est pourtant le résultat inévitable de la souffrance où les hommes se placent mutuellement, qui doit contraindre les États (aussi difficile qu’il soit pour eux de l’admettre) à adopter cette résolution même que l’homme sauvage avait été contraint de prendre d’aussi mauvais gré, à savoir : renoncer à sa liberté brutale et chercher dans une constitution réglée par la loi le repos et la sécurité. »

Cela a été écrit en 1784. Plus de deux cent après, on attend encore cette société des nations réalisant la paix mondiale. Elle ne pourra se réaliser que lorsque l’humanité sera unifiée, ayant brisé son anthropocentrisme, ayant compris la réalité de la Nature !

La conférence sur le climat de Lima ne parvient pas à un accord

Comme d’habitude, la conférence sur le climat se prolonge. C’est une sorte de « tradition », le journal Le Monde définissant cela poétiquement si l’on peut dire comme « l’épais brouillard qui est devenu sa marque de fabrique à quelques heures de la clôture officielle des négociations ».

Sauf que cette fois cela coince encore plus, car la conférence de Paris de l’année prochaine est censée aboutir à l’équivalent du protocole de Kyoto : une sorte de programme valable pour 15-20 ans.

Vu les complications posées par le réchauffement climatique qui sont de plus en plus nombreuses, on comprend que ce soit un peu la panique. Surtout que l’objectif est censé être le suivant pour maintenir à 2°C l’augmentation de la température d’ici 2100 : réduire les gaz à effet de serre de 40 à 70% d’ici 2050 !

On imagine le bouleversement que cela induit. On voit mal des sociétés tournées vers le profit, dirigées par en haut, mener une révolution en ce domaine…

Voici l’évolution du réchauffement climatique jusqu’à cette année, pour bien qu’on comprenne la tendance.

Et voici celle du Co2.

Les gens ont compris que cela allait mal tourner, ce qui fait que les dominants jouent de plus en plus gros : ils savent qu’ils doivent préserver les apparences. En l’occurrence, il s’agit de faire bonne figure lors de la conférence de 2015. Mais justement, ici, il apparaît que les négociations de la conférence sur le climat à Lima montrent que personne ne veut s’engager vraiment.

Pas de chiffres donnés, et surtout pas de promesses d’argent ! Telle est la ligne générale.

Par exemple, à partir de 2020, 100 milliards de dollars d’aide annuelle sont censés être distribués aux pays particulièrement victimes du réchauffement climatique. Qui paiera ? Rien n’est arrêté.

Il faut dire ici qu’on a une sorte de gigantesque « blague » jouée par le capitalisme. Par exemple, l’Arabie saoudite est un pays très riche de par ses ventes de pétrole. Pourtant, ce pays réclame des « aides » dans le futur, alors que son mode de vie, comme on le sait, est dépendant d’une toute petite clique de gens vivant de manière délirante, typique des petits États pétroliers.

En 1965, la production de Co2 par habitant était de 0,9 tonne dans ce pays, elle est désormais de 17… Tout cela pour quoi ? Certainement pas pour un vie naturelle et agréable !

De la même manière, la Chine est très critiquée comme étant le premier émetteur de gaz à effet de serre. Mais pour qui produit la Chine, si ce n’est notamment pour l’Union Européenne qui est la première à critiquer ?

En gros les pays riches utilisent d’autres pays pour certaines productions, et de manière hypocrite arrivent avec une critique derrière. Cela amène un gros chaos d’où rien ne sort, car chacun cherche à tirer son épingle du jeu dans la concurrence internationale.

Il y a 195 pays de représentés à Lima, avec des grosses équipes (parfois 200 diplomates!), mais leurs intérêts sont trop différents à leurs yeux.

Pourtant, il n’y a qu’une seule planète, un seul ensemble abritant la vie, une seule humanité qui doit cesser sa guerre à la Nature.

Voici trois exemples parlant, autour du thème de la déforestation, qui n’a nulle autre cause que l’incapacité de l’humanité à sortir de l’anthropocentrisme, à vivre de manière harmonieuse.

La région brésilienne de Rondônia est passée de 500 000 à 1,5 million d’habitants en 30 ans, et au sein de l’Amazone, le résultat est que c’est là où le taux de déforestation est au plus haut au Brésil. Plus de déforestation pour faire de la place pour davantage de gens, qui eux-mêmes travaillent dans des entreprises… de déforestation.

Ici on voit l’évolution de la forêt de Baban Rafi entre 1976 et 2007, au Niger. La forêt se situe au point le plus au sud du Sahel; elle disparaît devant l’agriculture, la population humaine de cette zone géographique ayant quadruplé en 40 ans. La forêt actuelle est elle-même exploitée en continu comme source d’approvisionnement.

La forêt atlantique en Amérique latine est l’une des grandes victimes de la déforestation. A la base, sa superficie faisait 1 290 700 km², pour 95 000 km² aujourd’hui (soit un petit peu plus que 7%). Les deux images illustrent l’évolution au Paraguay, où la déforestation est la plus active: la partie orientale de ce pays a vu sa forêt passer de 8,8 millions d’hectares à 1,7 million, notamment pour la production de soja pour les élevages.

Car ce n’est pas la surpopulation le problème : celle-ci est elle-même le produit des déséquilibres dans l’humanité qui ont leur source dans le mode de vie destructeur, anthropocentriste, fondé sur l’individualisme le plus complet.

De la COP20 de Lima à la COP21 de Paris

Aujourd’hui se conclut la Conférence sur le climat de Lima (au Pérou), qui fait partie de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Commencée le 1er décembre et vingtième du genre, elle est censée apporter la base de « grandes » décisions qui seront prises l’année prochaine lors de la conférence suivante.

Un texte va sortir, comme toujours, au dernier moment. Mais que dira-t-il ? Car le problème est gigantesque. Le réchauffement climatique n’a pas été freiné. Les chiffres sont toujours plus alarmants.

Et pourtant, il ne se passe rien. La crise économique, la bataille pour le profit, la logique anthropocentriste… forment une dynamique de l’anéantissement des mondes végétaux et animaux.

La machine s’est emballée et la concurrence est telle que le nouveau protocole qui doit être décidé l’année prochaine risque bien d’être le dernier. Aussi y verra-t-on compromis sur compromis, afin de ne risquer de froisser personne tout en maintenant, face à l’opinion publique mondiale, l’illusion d’une gestion de la question.

Et nous serons en France aux premières loges, puisque la « COP 21 » accueillera au Bourget, en banlieue parisienne, des milliers de délégués internationaux.

Cela signifie bien entendu que tout doit être parfaitement encadré, et les ennemis de l’écologie sont bien organisés. Par exemple, à Lima, la ministre de l’écologie Ségolène Royal n’a trouvé rien de mieux à dire que « la mesure principale est de lutter contre les gaspillages, tout le monde peut le faire », c’est-à-dire la même chose que le collectif « écologiste » du Front National fondé hier.

Il y a également, à coté de cela, « Solutions COP21 ». C’est une structure fondée en juillet, avec comme but d’influer massivement sur la COP21.

Elle se présente ainsi :

« Initié par le Comité français pour le développement durable, le Comité 21, avec le Club France Développement durable (regroupement de plus de 70 réseaux français), cette initiative a vocation à présenter les solutions et initiatives des entreprises, institutions, centres de recherche, collectivités et associations impliqués dans la lutte contre le dérèglement climatique.

L’objectif: montrer à un large public les multiples produits, services, process et innovations existants et en projet à travers le monde pour lutter contre le dérèglement climatique et ses impacts. »

Le Comité 21 est un regroupement de 500 structures telles que des entreprises, des fédérations professionnelles, des collectivités territoriales, des associations, etc.

Le Club France développement durable représente également une liste énorme de structures, telles que la Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises, l’Association des Maires de France, la Fondation Nicolas Hulot, la Conférence des présidents d’universités, la CFDT, etc.

N’oublions pas de citer « Entreprises pour l’Environnement » où l’on trouve , AXA, La Poste, Saint Gobain, Renault, Société Générale, Thalès, Vinci, Total, etc.

En pratique cela veut dire que c’est la sainte-alliance des grandes entreprises et des institutions, mélangeant Veolia et Carrefour, GDF Suez et le CRNS, Schneider Electric et Generali, Rexel et Sofiprotéol, la ville de Paris et Suez environnement, etc.

C’est un projet alliant institutions et capitalisme pour gérer au mieux la COP 21… Et le Grand Palais à Paris sera leur base pendant une semaine en décembre, sur 4000 m², pour des « espaces pédagogiques », des « expositions » et des « conférences », bref toute la propagande possible.

Y aura-t-il un contre-projet ? Y aura-t-il une bataille pour l’opinion publique menée depuis le camp des personnes voulant défendre la Nature ? Ou bien en décembre 2015 y aura-t-il une vague unilatérale en faveur de cette pseudo écologie comme simple gestion par en haut du « gaspillage » ?

Tout cela va dépendre de nous !

La concentration de Co2 a augmenté jusqu’à un niveau sans précédent depuis 800 000 ans

L’écologie, ce n’est pas défendre les petits paysans. L’écologie, authentique, radicale c’est-à-dire prenant la réalité à sa racine, c’est défendre la planète en tant qu’ensemble du vivant. On peut l’appeler Gaïa de manière poétique, comme on peut l’appeler biosphère dans les cours universitaires de géographie, mais ici ce qui compte c’est sa défense et la fin de l’anthropocentrisme.

Il est temps de comprendre l’enjeu, qui n’est pas moins que les conditions idéales pour l’existence de la vie et son développement sur et au sein de la planète.

Voici les principaux extraits du dernier communiqué du GIEC concernant l’évaluation actuel du réchauffement climatique. Les médias en ont d’ailleurs parlé, avec d’innombrables commentaires « climato-sceptiques » qui ne peuvent exister justement que parce qu’en France on ne prend pas l’écologie au sérieux.

Le GIEC dit en substance: attention si on ne baisse pas la production de Co2 cela va coûter cher, et si on ne baisse pas le plus vite possible, cela coûtera plus cher plus tard. Mais en réalité, dans un monde anthropocentrique tourné vers le profit, comment peut-on dire stop?

COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU GIEC
Le 2 novembre 2014
COPENHAGUE

L’influence de l’homme sur le système climatique est claire et en augmentation, avec des incidences observées sur tous les continents. Si on ne les maîtrise pas, les changements climatiques vont accroître le risque de conséquences graves, généralisées et irréversibles pour l’être humain et les écosystèmes.

Nous disposons toutefois d’options pour nous adapter à ces changements et des activités rigoureuses d’atténuation peuvent limiter les conséquences de l’évolution du climat à une gamme gérable, d’où un avenir meilleur et plus viable.
Il s’agit là des principales conclusions du Rapport de synthèse publié dimanche par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Ce rapport condense et intègre les conclusions du cinquième Rapport d’évaluation du GIEC, produit par plus de 800 scientifiques et publié au cours des 13 derniers mois, qui constitue l’évaluation la plus complète des changements
climatiques jamais entreprise.

Selon M.R.K. Pachauri, président du GIEC, « Nous avons les moyens de limiter les changements climatiques. Il existe de nombreuses solutions qui permettent un développement économique et humain continu. Nous n’avons besoin que de la volonté
d’évoluer, qui, nous l’espérons, sera motivée par la connaissance et par la compréhension de la science des changements climatiques.»

Le Rapport de synthèse confirme que de tels changements sont observés dans le monde entier et que le réchauffement du système climatique est sans équivoque. Nombre des changements constatés depuis les années 50 sont sans précédent depuis des dizaines d’années, voire des millénaires. D’après M.Thomas Stocker, coprésident du Groupe de travail I du GIEC, « Selon notre évaluation, l’atmosphère et les océans se sont réchauffés, la quantité de neige et de glace a diminué, le niveau de la mer s’est élevé et la concentration de dioxyde de carbone a augmenté jusqu’à un niveau sans précédent depuis 800 000 ans.»

Le Rapport affirme avec une certitude plus grande que les évaluations précédentes que les émissions de gaz à effet de serre et d’autres facteurs anthropiques ont été la cause prédominante du réchauffement observé depuis le milieu du XXe siècle.

Les incidences des changements climatiques se sont faites sentir sur l’ensemble des continents et des océans au cours des dernières décennies. Plus les activités humaines perturbent le climat, plus les risques sont élevés. Selon le
Rapport, des émissions constantes de gaz à effet de serre vont provoquer un réchauffement supplémentaire et des altérations de longue durée de tous les éléments du système climatique, augmentant ainsi le risque de conséquences vastes et profondes qui toucheront toutes les strates de la société et le milieu naturel.

Le Rapport de synthèse indique clairement que de nombreux risques représentent des problèmes particuliers pour les pays les moins développés et les collectivités vulnérables, vu leur capacité limitée d’y faire face. Les personnes marginalisées sur le plan social, économique, culturel, politique, institutionnel ou autre sont particulièrement vulnérables aux changements climatiques.

La limitation des effets des changements climatiques pose des problèmes d’équité et de justice, mais elle est nécessaire pour aboutir à un développement durable et à l’élimination de la pauvreté. Selon M.Pachauri, « Nombre des personnes les plus vulnérables aux changements climatiques ont contribué et contribuent le moins aux émissions de gaz à effet de serre. Il ne sera pas possible de faire face à ces changements si des organismes particuliers mettent en avant leurs propres intérêts de façon indépendante. On ne pourra lutter contre les changements climatiques que grâce à des
réponses coopératives et notamment à une coopération internationale. »

D’après M. Vicente Barros, coprésident du Groupe de travail II du GIEC, «L’adaptation est très importante du fait qu’elle peut être intégrée à la poursuite du développement et qu’elle peut contribuer à nous préparer aux risques, ce à quoi nous nous sommes déjà engagés du point de vue des émissions passées et de l’infrastructure actuelle.»

Toutefois, l’adaptation ne suffit pas en elle-même. Des réductions importantes et soutenues des émissions des gaz à effet de serre sont primordiales pour limiter les risques dus aux changements climatiques. Et comme l’atténuation réduit le rythme et l’ampleur du réchauffement, elle accroît, possiblement de plusieurs dizaines d’années, le temps dont nous disposons pour nous adapter à un niveau donné d’évolution du climat.

Il existe de nombreux moyens d’atténuation permettant d’aboutir, au cours des décennies à venir, aux réductions importantes des émissions nécessaires pour limiter, avec une probabilité de plus de 66%, le réchauffement à 2°C, objectif fixé par les gouvernements. Cependant, selon le Rapport, si l’on retarde une nouvelle atténuation à 2030, cela accroîtra sensiblement les problèmes techniques, économiques, sociaux et institutionnels que pose la limitation du réchauffement à moins de 2°C au-dessus des niveaux préindustriels d’ici la fin du XXIe siècle.

D’après M.Youba Sokona, coprésident du Groupe de travail III du GIEC, «Il est possible, sur le plan technique, de passer à une économie à faible teneur en carbone. Mais ce qui manque, ce sont des politiques et des institutions appropriées. Plus nous attendrons pour prendre des dispositions, plus l’adaptation aux changements climatiques et l’atténuation de ceux-ci coûteront cher.»

Selon le Rapport de synthèse, les évaluations quant au prix de l’atténuation varient, mais la croissance économique mondiale n’en serait pas affectée outre mesure. Dans les scénarios prévoyant une situation inchangée, la consommation –indicateur indirect de la croissance économique– continuera d’augmenter de 1,6 à 3% par an au cours du XXIe siècle.

Une atténuation ambitieuse permettrait de réduire ce taux de 0,06 point de pourcentage. D’après M. Sokona, « Par comparaison avec le risque imminent d’une évolution irréversible due aux changements climatiques, les risques
de l’atténuation sont gérables.»

Ces évaluations économiques du prix de l’atténuation ne tiennent compte ni des avantages d’une réduction des changements climatiques, ni des nombreux bénéfices secondaires en matière de santé, de conditions de vie et de développement. Selon M. Pachauri, «La justification scientifique de la priorité à accorder aux mesures de lutte contre l’évolution du climat est plus claire que jamais.

Nous disposons de peu de temps avant que la conjoncture permettant de limiter le réchauffement à 2°C ne prenne fin. Pour que nous ayons une bonne chance de rester au-dessous de 2°C à un prix gérable, nos émissions, sur le plan mondial, devraient diminuer de 40 à 70% entre 2010 et 2050, et tomber à zéro ou moins d’ici 2100. Nous avons cette possibilité, et le choix nous incombe.»

La future conférence Conférence Paris Climat 2015

La « grande » conférence sur le réchauffement climatique aura donc lieu en France en 2015, à Paris, et aura comme nom « Conférence Paris Climat 2015. » Les « festivités » ont déjà commencé, avec par exemple cette initiative sans intérêt que d’inscrire ce nom sur la tour Eiffel…

C’est une sacrée interprétation de l’écologie qu’il faut avoir pour mettre en avant cette conférence en utilisant le symbole de la technique pour la technique qu’est la tour Eiffel, symbole français s’il en est…

Cela commence très mal…Et on peut se douter que les illuminations sont justifiées par le nucléaire, qui permet de produire moins de Co2 (ce qui permet de masquer la question des déchets).

Voici d’ailleurs le petit texte ministériel expliquant les « motivations » de la candidature à la tenue de cette conférence:

Les raisons de la candidature française

Chaque année, la Conférence se déroule par rotation dans un des pays des cinq groupes régionaux de l’Organisation des Nations Unies (PDF) : Asie-Pacifique, Europe de l’Est, Amérique Latine – Caraïbes, Europe de l’Ouest élargie (WEOG) et Afrique. Le choix du pays hôte se fait en interne au groupe.

La Pologne a été choisie comme pays-hôte pour 2013, le Venezuela pour la réunion préparatoire de 2014, et enfin le Pérou pour la Conférence proprement dite fin 2014. En 2015, la présidence de la Conférence sur le climat reviendra à la France qui s’est portée candidate pour la zone de l’Europe de l’Ouest.

La France a engagé sa transition écologique et énergétique avec pour objectif de réduire sensiblement ses émissions de en carbone. Ses émissions de gaz à effet de serre par habitant sont déjà parmi les plus faibles des pays développés.

Elle travaille étroitement par ailleurs avec les pays en développement, par le biais de son aide au développement, pour favoriser des transitions vers des économies sobres en carbone. Au sein de l’Union européenne, la France défend une position ambitieuse, axée sur un objectif de -40% d’émissions de gaz à effet de serre en 2030 puis de -60% en 2040 (par rapport à 1990), pour que l’Union européenne maintienne une approche ambitieuse et exemplaire.

Forte de cette expérience et de cette ambition, la France a été désigné pour accueillir la COP21 en 2015.

En gros et pour résumer, c’est donc une manière pour la France de continuer son petit jeu consistant à se prétendre la patrie des droits de l’Homme et de l’universalisme, en jouant sur la corde « nous, on est pas comme les Américains », « nous, on est proches du tiers-monde », etc.

Sauf que dans l’histoire, ce qui devrait compter c’est la Nature, et non pas une « opération de com » aux dépens de l’urgence face au réchauffement climatique… Le texte ne parle que de la France, de la France et de la France, ce qui est totalement décalé par rapport à l’horizon nécessaire… Il n’y a même pas une ligne sur l’océan, dont une partie « dépend » de la France…

Forcément, cela se révèle dans un autre article ministériel, qui présente les enjeux. Là encore, on retrouve la dynamique commerciale, où la France « se place » en se prétendant « différente » des Américains, etc. et proches du tiers-monde, entendant tirer son épingle du jeu avec un nouveau modèle économique, etc.

Il n’y a aucune remise en cause, aucune compréhension de la nécessité de protéger la vie végétale et animale, rien: on est dans un simple anthropocentrisme.

Les enjeux de la COP21

Cette conférence devra marquer une étape décisive dans la négociation du futur accord international pour l’après-2020, en adoptant ses grandes lignes comme convenu à Durban, avec comme objectif que tous les pays, dont les plus grands émetteurs de gaz à effet de serre – pays développés comme pays en développement – soient engagés par un accord universel contraignant sur le climat.

La France souhaite un accord applicable à tous, suffisamment ambitieux pour permettre d’atteindre l’objectif des deux degrés, et doté d’une force juridique contraignante. Celui-ci devra trouver un équilibre entre l’approche de Kyoto – une division mathématique des engagements de réduction d’émissions, à partir d’un plafond commun – et celle de Copenhague, un ensemble d’engagements nationaux non contraignants et sans caractéristiques comparables.

L’accord devra enfin mettre en œuvre un changement de paradigme, prenant en compte le défi climatique non comme un nécessaire « partage du fardeau » des émissions, mais également comme une opportunité de créations d’emplois et de richesses, d’invention de nouveaux modes de production et de consommation.

L’échec inévitable de la future conférence Conférence Paris Climat 2015 tient précisément à cette approche totalement pragmatique, à cette vision du monde anthropocentrique.

Plus le temps passe, moins on peut faire semblant, et en 2015 on peut s’attendre à l’effondrement de la façade faussement écologiste, la brutalité destructrice se révélant ouvertement, dans un grand mouvement d’égocentrisme et d’égoïsme, de tribalisme au niveau national.

Fin de la conférence de Varsovie sur le réchauffement climatique

Cela devait être la fin du début de la lutte contre le réchauffement climatique, en pratique c’est le début de la fin. La conférence de Varsovie, en Pologne, sur le réchauffement climatique, avait comme but de préparer « la » grande conférence, celle de Paris en 2015 : ce qu’on a vu c’est une incapacité complète à prendre des décisions.

En pratique, la conférence avait mal commencé : le gouvernement polonais a été modifié et le ministre de l’environnement de Pologne, Marcin Korolec, s’en est fait éjecté ! Alors qu’il présidait la conférence ! C’est un sacré symbole…

Dans le même genre, l’Australie et le Japon ont directement annoncé qu’ils ne respecteraient pas leur engagement et que leur production de Co2 allait se renforcer… Cela donne le ton !

Bien entendu, les irresponsables chargés du débat – 190 responsables gouvernementaux, 800 membres d’association – ont perpétué leur tradition de donner le change.

Ainsi, la conférence s’est terminée hier soir, au lieu de vendredi soir, histoire d’arriver coûte que coûte à un accord. Sur le papier, la carte est encore de faire semblant, pour faire croire à l’humanité que des responsabilités sont prises.
La commissaire européenne au Climat, Connie Hedegaard, a ainsi osé dire :

« Cela a demandé beaucoup d’efforts, il y a eu beaucoup de drames et des intérêts différents, mais à la fin, les gens ont vu qu’il y avait un vrai risque si nous ne faisions pas les progrès dont nous avions tellement besoin. »

Et bien entendu, il y a des ONG pour claquer la porte vers la fin, de manière médiatique, afin de préserver leur maigre crédibilité et apparaître comme plus « volontaristes. »

Du pur cinéma, de l’hypocrisie de haute voltige, surtout quand on sait que parmi les sponsors de la conférence on trouvait des producteurs de charbon et de pétrole…

Car bien sûr, en réalité tout le monde s’en moque et l’objectif est d’ailleurs simplement de limiter la casse du réchauffement climatique, sans plus. D’ailleurs, les responsables des 190 pays ont fabriqué une sorte de texte n’engageant à rien mais disant que, cette fois ce serait sûr, la prochaine fois serait la bonne !

En fait de prochaine fois, cela sera plutôt, comme dit plus haut et selon ces sires à la triste figure, lors de la conférence de Paris, en 2015. Auparavant, il y en aura une au Pérou, en 2014, mais apparemment cela n’intéresse personne, la conférence de Paris étant censée être « la » conférence ultime, et il s’agit donc de vendre du rêve.

Que sera-t-il dit au Pérou ? Il n’en est pas parlé, il n’en est jamais parlé, c’est tout simplement passé sous silence.

Le fait est que tout le monde sait que le « rêve » d’une lutte contre le réchauffement climatique est bien limité, et il ne faut pas croire d’ailleurs qu’à Varsovie on ait parlé de la Nature.

Non, on a parlé profit. Les pays servant d’usines du monde du moment, comme la Chine et l’Inde, refusent tout abaissement de leur production de Co2.

Les autres pays pauvres du « Sud » s’aperçoivent que les transformations écologiques vont leur coûter très cher, et que les fonds de soutien sont inexistants ; le négociateur du Bangladesh, Qamrul Chowdhury, a ainsi simplement expliqué que « Cette conférence devait être la conférence des finances. Tout ce qu’on a, ce sont des cacahuètes. »

Le texte de la conférence de Varsovie appelle de fait chaque État à préparer pour mars 2015 des « contributions sans préjuger de leur nature légale » : cela signifie que tout cela reste virtuel.

Il ne s’agit pas d’engagements, fixes, assumés, non : seulement des contributions, sans même se soucier de si elles seront appliquées ou pas ! Aucun État n’est appelé à s’engager !

Ce qui n’empêche pas le ministre français du Développement Pascal Canfin dire que cette formulation ne serait pas « moins forte qu’un engagement. »

Il faut sacrément manier la langue de bois pour oser dire cela…

Et on voit mal comment le secrétaire général de l’ONU Ban Ki Moon pourra convaincre, le 23 septembre 2014, les chefs d’État lors d’une conférence à New York, alors que le climat de concurrence et de guerre économique se sera encore plus renforcé…

Nous vivons un moment clef, un moment où l’humanité montre qu’elle est divisée, qu’elle ne sait pas comment surpasser sa division, que sa dynamique obéit au profit, à la logique du chacun pour soi, sans aucune reconnaissance de notre planète comme système global abritant la vie.

C’est, au sens strict, de la folie, un égocentrisme humain délirant, un anthropocentrisme à la fois criminel et aberrant. Il y a là toute une époque de résumée.

Rapport du Giec 2013: l’horizon 2100 et au-delà, et la géo-ingénierie

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a donc rendu public hier la première partie de son rapport.

Rappelons très brièvement le programme, que nous avions déjà donné, mais cela a son importance :

– Groupe de travail n°1: Les bases scientifiques et physiques du changement climatique, les 23-26 Septembre 2013, à Stockholm, en Suède.

– Groupe de travail n°2 : Conséquences, adaptation et vulnérabilité des sociétés face au changement climatique, les 25-29 Mars 2014 à Yokohama, au Japon.

– Groupe de travail n°3 : Mesures d’atténuation du changement climatique et préconisations, les 7-11 Avril 2014 à Berlin, Allemagne

– Rapport d’évaluation, rapport de synthèse final (SYR), les 27-31 Octobre 2014 à Copenhague, au Danemark.

Pourquoi est-ce important ? Parce que cela permet de comprendre le fond de la démarche du GIEC. Il ne s’agit pas de sauver les animaux ou bien de préserver l’environnement. Ce n’est pas son but.

Le GIEC a été fondé pour évaluer les conséquences, prévoir des stratégies pour les atténuer le cas échéant, et enfin pour informer quant à ces conséquences.

C’est pour cela qu’a été publié le seul document qui aura véritablement un impact au-delà du rapport : le « summary for policymakers » (« Résumé pour les décideurs »). Il s’agit de 36 pages en anglais visant la – disons, environ et à la louche – cinquantaine ou centaine de personnes qui « pèsent » dans chaque pays concernant les décisions importantes concernant ce thème.

On voit tout de suite le caractère non démocratique : un document uniquement en anglais, visant uniquement une élite bien définie.

Que dit le document ? Il explique que le réchauffement climatique est d’origine humaine surtout et qu’il est prouvé, de par le fait que « l’atmosphère et l’océan se sont réchauffés, la quantité de neige et de glace a diminué, le niveau de la mer a monté, et les concentrations de gaz à effet de serre ont augmenté. »

Voici un tableau constatant l’augmentation de la température sur la planète.

Expliquons ici tout de suite un point important. Un peu partout sur le net, on peut lire que la planète ne se réchaufferait plus. Voici par exemple ce que dit lachainemeteo.com :

L’un des défis du GIEC 2014 sera d’expliquer pourquoi, alors que les modélisations élaborées depuis les années 2000 envisageaient une hausse de +1° à +4° d’ici à 2100, on constate en fait une pause dans le réchauffement climatique mondial : depuis 15 ans, le climat ne se réchauffe plus, selon les climatologues.

Or, ce n’est pas exact. En réalité, il y a une pause dans l’accélération du réchauffement… ce qui n’a rien à voir. Ainsi, entre 1951 et 2012, il y a eu 0,12°C d’augmentation par décennie, en moyenne. Le chiffre pour ces quinze dernières années a été de 0,05°C par décennie.

La planète se réchauffe moins vite, mais se réchauffe quand même… C’est une différence de taille. Bien entendu, cela semble peu et sans intérêt direct et à court terme pour les entreprises capitalistes et leur industrie. Mais pour la vie, pour la Nature, c’est très important…

Revenons cependant à notre « résumé pour les décideurs. » Ce qui est constaté, c’est que c’est l’océan qui absorbe la grande majorité de la chaleur qui s’est développée. Il est considéré comme pratiquement certain que les premiers 700 mètres de profondeur se sont réchauffés depuis 1971, et il est probable selon le GIEC que cela a commencé à la fin du 19e siècle.

On l’aura compris : ce qu’il y a derrière, c’est ce qu’on appelle la révolution industrielle. Et la question brûlante ici est celle de l’acidification de l’océan, qui signifie la mort de la vie. Voici un tableau avec deux prévisions à l’horizon 2100, celui à gauche étant moins « pessimiste » que celui de droite.

Le rapport parle également du Groenland et de l’Antarctique, qui perdent leur glace. Pour l’Arctique, cela donne un demi-million de km² disparaissant tous les dix ans entre 1979 et 2012 (évidemment le chiffre est encore plus grand à la fin de l’été, où la glace a perdu environ 30 % par rapport à 1945).

Le chiffre est de 0,12-0,2 million de km² pour l’Antarctique. L’Arctique se réchauffera par ailleurs plus vite que le reste de la planète, en particulier les terres.

Le rapport parle ensuite bien sûr du Co2 qui ne cesse d’augmenter sa présence, ainsi que du niveau de la mer qui s’élève, de 26 à 82 cm d’ici à 2100. Voici un tableau avec les prévisions de la montée des eaux (horizontale: un mètre, verticale: les années).

Continuons avec le réchauffement et ses chiffres.

Déjà, selon le GIEC, la température va continuer d’augmenter de 0,3 à 4,8 °C d’ici à 2100.Voici un tableau avec deux prévisions différentes, celle à gauche étant moins « pessimiste » que celle à droite, à l’horizon 2100.

Ce fameux 0,3 signifie que la hausse ne sera finalement que de 2° au total en 2100 (par rapport à l’ère préindustrielle), si on en reste là et qu’on parvient à bloquer la tendance d’ici 2030 (ce qui est la position par exemple de la France).

Seulement ce fameux 0,3° d’augmentation d’ici 2100, dans la situation actuelle on y parviendra pas. Pétrole, charbon, gaz naturel restent incontournables dans les prévisions et aucun effort n’est fait pour aller vers le tout solaire.

Ce n’est pas tout, cependant ! Le rapport le précise bien : le processus continue après 2100. Eh oui, et c’est là le grand problème, qui fait que le slogan « la Terre d’abord ! » a une fois de plus tout son sens.

Le rapport du GIEC parle ainsi d’effet de changement climatique multi-siècles. Il est dit explicitement que les conséquences seront présentes même plusieurs siècles après… que les émissions de Co2 soient stoppées.

Or rappelons le, on veut là freiner leur augmentation, pas les stopper, les faire disparaître…

Voici le tableau des prévisions pour le réchauffement à l’horizon 2100. A l’horizontale, il y a l’augmentation de la température, et à la verticale les émissions de Co2.

Un autre tableau montrant les choses sur le long terme.

Et là il faut encore ajouter quelque chose. Le GIEC ne peut pas prévoir avec certitude dans quelle mesure il y aura des événements météorologiques extrêmes plus intenses. En fait, il ne peut pas prévoir grand chose.

Il reconnaît qu’il est bloqué dans sa compréhension du système-Terre.

Aussi y a-t-il pour la première fois, et il est très important de le noter, une référence à la géo-ingénierie. Cette référence est faite, de manière subtile, tout à la fin et pour critiquer.

En effet, il est dit qu’en l’état actuel des connaissances, parvenir à stocker le Co2 sous forme de briques ne serait pas efficace car cela modifierait le cycle de l’eau, sans par ailleurs stopper l’acidification des océans.

De la même manière, la gestion des radiations solaires – ici on est dans la science-fiction, car cela consisterait par exemple en des satellites parasols – est extrêmement dangereuse, car si pour une raison ou une autre le processus de blocage s’arrêtait, tout s’accélérerait sans contrôle.

Donc il est considéré – pour l’instant, bien sûr… – que c’est trop risqué et qu’en cas de souci, cela se retournerait en son contraire.

Cependant, et c’est cela qu’il faut noter, c’est la première fois que le GIEC parle de la géo-ingénierie… ce qui revient à, de la manière dont c’est fait (avec une remarque en passant, donc, tout à la fin), ouvrir la boîte de Pandore. On imagine très bien comment on va rajouter à la catastrophe avec une humanité dirigée par des apprentis-sorciers!

Ainsi, le réchauffement climatique est un problème concret, incontournable et les problèmes ne peuvent que s’accumuler, car l’humanité est égocentrique et s’imagine le centre du monde.

Or, seule la reconnaissance de Gaïa comme système global, avec la morale qui va avec, peut permettre d’agir de manière adéquate, sur la base d’une compréhension réelle de la planète, après avoir rejeté tout anthropocentrisme.

Conférence du GIEC à Stockholm en Suède

Hier a commencé à Stockholm, en Suède, une conférence de quatre jours tenue par le GIEC – le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, fondé en 1988 par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).

Les résultats du GIEC sont largement combattus en France, pays où les « climato-sceptiques » sont très puissants. Dès qu’on parle de la Nature, on est en France taxé d’irrationnel, et la question du réchauffement climatique n’y échappe pas, bien sûr.

La conférence doit valider la première partie du cinquième rapport sur le réchauffement de la planète. Il se fonde sur 9600 articles scientifiques et 54 677 commentaires allant avec, il fait 127 pages et sera rendu public ce vendredi une fois finalisé.

Par la suite, les deux autres parties seront elles aussi remplies, les 25-29 Mars 2014 à Yokohama au Japon et les 7-11 Avril 2014 à Berlin en Allemagne, pour un document final complet en octobre 2014, après un Rapport de synthèse final terminé les 27-31 Octobre 2014 à Copenhague, au Danemark.

Des informations ont filtré dans les médias sur ce projet de rapport, très attendu. Car il faut avoir en tête la chose suivante : ces quinze dernières années le réchauffement climatique a continué, mais moins rapidement que prévu. Ainsi, le réchauffement enregistré entre 1998 et 2012 a été de 0,05°C par décennie, contre 0,12°C par décennie pour la période 1951-2012.

Bien entendu, les climato-sceptiques comptent utiliser cet argument. Cependant, on sait déjà que le GIEC considère que « A moins d’une éruption volcanique majeure, les tendances des températures moyennes de surface sur les quinze prochaines années seront pour l’essentiel plus fortes que pendant la période 1998-2012. »

Le GIEC considère dans son projet de rapport que les prévisions restent très mauvaises et qu’il y a en fait de plus en plus incertitudes, même si on sait que la tendance générale est catastrophique.

Le GIEC considère apparemment d’ailleurs que la probabilité que l’activité humaine soit la cause du réchauffement climatique est de 95 % – le GIEC donnait comme chiffres 90% en 2007 et 66% en 2001. Selon le GIEC dans son projet de rapport:

« Il est hautement probable que l’influence humaine sur le climat soit responsable de plus de la moitié de la montée des températures à la surface du globe entre 1951 et 2010. »

Nous en reparlerons dès le rapport rendu, mais il est nécessaire d’être clair. Pour qu’il y ait, en étant optimiste, d’ici 2100, un réchauffement climatique de « seulement » 2°C, il faut que d’ici 2020 il y ait arrêt de l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre, puis que par la suite on divise le tout par trois d’ici 2050.

Vue la société française aujourd’hui, il est évident qu’aucun effort concret n’est à attendre. Et ce n’est pas la conférence sur le climat en 2015 en France qui va changer cela. Il faut un renversement de valeurs.

Et il ne faut pas croire que l’Etat n’a pas conscience de la situation… Voici justement ce qu’a dit le président François Hollande, lors de l’ouverture de la conférence environnementale :

« Le rapport du GIEC, qui va bientôt paraître, et dont j’ai pu me procurer quelques bonnes feuilles, ne laisse guère de doute : si nous n’agissons pas, la planète connaîtra, avant la fin du siècle, un réchauffement climatique supérieur à 3° voire à 4°C avec ce que l’on peut imaginer des dérèglements en chaîne qui s’en suivront : canicules, inondations, sécheresses, bouleversement des écosystèmes, perte de la biodiversité, notamment dans les océans.

Ce n’est pas une virtualité, c’est aujourd’hui plus qu’une probabilité, une certitude si nous ne faisons rien. »

« Mais nous devons avoir les idées claires, savoir où nous voulons aller et quel est l’objectif. C’est de parvenir à un pacte mondial sur le climat en 2015, c’est-à-dire un accord qui engagera toutes les parties prenantes sur une limitation des émissions de gaz à effet de serre pour contenir l’évolution des températures en deçà de 2°C à l’horizon de 2100. »

Comme on le voit, ce qui arrive est connu. Seulement, la ligne est de tenter de limiter la casse, pas de prendre le problème à bras le corps. Or, une tendance ne se combat pas en la freinant, mais en la renversant.

L’alternative est simple. Ou l’humanité reconnaît Gaïa comme système global, ou elle amène des déséquilibres dont elle paiera le prix. Il faut que l’humanité cesse son égocentrisme, son anthropocentrisme!

Le bilan de la conférence de l’ONU au Qatar sur le climat

Voici donc un petit bilan de la conférence de l’ONU sur le climat, qui s’est déroulé au Qatar. Rappelons que nous en avons fait une petite présentation (Qatar 2012: la conférence de l’ONU sur le réchauffement climatique), et que le dernier jour a été marqué en France par la médiatique nomination de Nicolas Hulot comme ambassadeur français « écolo » (Hulot nommé «envoyé spécial pour la planète» au moment où…).

Il faut d’abord préciser qu’il est très difficile de trouver des informations réelles au sujet du résultat de la conférence. Tout a été fait pour le passer sous silence, tellement cela a été lamentable.

En fait, la seule information véritable de la conférence, fournie par de grandes institutions du monde capitaliste (comme la Banque Mondiale), a été que le réchauffement à l’horizon 2100 ne sera vraisemblablement pas de 2°C, mais d’au moins 3,5°C.

A côté de cela, l’information filtrant surtout dans les médias a été de dire qu’en 2015 il y aura une réunion, et qu’alors sera décidé ce qui sera décidé pour après 2020. Aucun financement d’aides aux pays « peu développés » n’a été décidé.

Le texte signé demande aux pays plus développés d’aller en ce sens « quand les circonstances financières le permettront » et de faire en sorte qu’à la prochaine conférence sur le climat, en 2013 à Varsovie, il y ait « les informations sur leurs stratégies pour mobiliser des fonds afin d’arriver à 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020. »

En fait, ce qui s’est passé, c’est que les négociations se sont prolongées au delà de l’horaire fatidique et qu’alors le vice-Premier ministre qatari Abdallah al-Attiya a occupé la tribune de la conférence, faisant adopter en série et en quelque sorte par surprise une série de textes, ratifiant à l’arraché la prolongation du protocole de Kyoto pour ceux qui l’ont ratifié (l’Union européenne, l’Australie et une série d’autres pays, produisant 15 % des gaz à effet de serre).

A cela s’ajoute la promesse, la fausse promesse devrait-on dire, qu’en 2015 soit décidé « un protocole, un autre instrument juridique ou un accord ayant force juridique. »

C’est une terrible faillite de plus, dans le prolongement des autres conférences sur le réchauffement climatique (ou bien le développement durable). Voici un petit rappel de nos articles à ce sujet:

2012

La conférence de Rio+20 a commencé

Rio+20

Fin du sommet anthropocentriste de Rio+20

Rio+20 : le « développement durable » contre l’écologie

2011

« A la veille de Durban: pas d’accord climatique avant 2020! »

Conférence de Durban sur le réchauffement climatique: la honte!

2010

La supercherie du sommet de Cancún

Action de l’ELF au Mexique à l’occasion du sommet de Cancun

2009

Le lamentable fiasco de Copenhague!

Voici enfin quelques données scientifiques, pour bien saisir les enjeux du processus en cours.

Fin du sommet anthropocentriste de Rio+20

Le sommet mondial Rio+20 s’est terminé ; aucun média n’en a parlé. Sans doute en parleront-ils dans le courant de la journée, mais l’absence de réaction immédiate témoigne du manque total d’intérêt pour une conférence mort née.

On atteint un point hallucinant de dédain, d’esprit mesquin, de rejet de l’écologie. C’est le sauve-qui-peut maquillé en pseudo assurance. Y a-t-il encore des écologistes, ou même ne serait-ce que des gens qui se soucient de l’écologie, qui en font une actualité ?

Depuis quelques années, tout le monde a sorti la rengaine comme quoi tout le monde était écologiste, que ce n’était pas une préoccupation spécifique, etc. Tout cela a servi à masquer le refus de l’écologie et de ses exigences.

Voici par exemple ce que raconte Pascal Canfin, ministre délégué au développement et membre d’Europe Ecologie – les Verts :

« J’étais cette semaine à Rio au sein de la délégation française avec le Président de la République, Laurent Fabius, Nicole Bricq, et Benoit Hamon. J’ai donc participé aux négociations qui ont débouché sur la déclaration finale.

Je souhaitais vous faire part de mon analyse sur le texte final. Quel jugement porter sur ce texte ? Si on le juge au regard de ce qui serait nécessaire pour inventer un mode de vie à 7 milliards d’humains, compatible avec les limites de la planète, alors, oui, ce texte est nettement insuffisant.

Comme le font remarquer les ONG, Rio+20 n’a pas apporté les réponses immédiates que l’urgence environnementale exige. »

Le reste du texte tente de justifier Rio+20, comme quoi cela a été utile, etc, que de la poudre aux yeux.

Mais ce qui compte, dans ce que dit Pascal Canfin dès le départ de son analyse, c’est son anthropocentrisme. La seule chose qui compte, c’est :

« inventer un mode de vie à 7 milliards d’humains, compatible avec les limites de la planète »

C’est le contraire de ce que doit être l’écologie. La ligne de fracture est très claire : l’avenir mettra d’un côté les anthropocentristes et de l’autre ceux et celles voulant une planète bleue et verte.

C’est cela qui va être l’histoire du 21ème siècle !

Et Rio+20 est une base pour l’anthropocentrisme, « l’économie verte », le « développement durable. »

Ainsi, un document commun a donc été ratifié, qui a comme objectif une « économie verte », mais il n’y a ni plate-forme centralisée au niveau mondial, ni financement.

C’est-à-dire, pour parler clair, que personne n’est contrait en rien ; il y a des objectifs moraux, mais l’économie du profit se passe de moral, encore plus en temps de crise.

« Le futur que nous voulons », titre du document, ne parle pas des animaux, ni de la biodiversité en général ; il n’affirme pas la nécessité de combattre le réchauffement climatique, il ne place pas l’océan au centre des préoccupations. Il rejette Gaïa. Nous en reparlerons en détail.

Bien évidemment, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon a expliqué que « C’est un très bon document, c’est la vision sur laquelle nous pouvons construire nos rêves. »

Mais il n’y a que lui à y croire ; même les ONG et les institutions européennes rejettent totalement Rio+20 comme ayant totalement échoué.

La question principale est en fait d’une importance historique, puisqu’il s’agit de la capacité ou non de s’élever au niveau mondial. Même les « acteurs institutionnels » s’aperçoivent que sans perspective à l’échelle mondiale, « les carottes sont cuites » !

Voici par exemple quelques constations de divers organismes, ONG, associations. Toutes constatent l’absence de perspective mondiale et tentent de développer le thème du « local. » Sauf qu’évidemment cela ne suffira jamais, et ces gens s’en doutent, mais ils disent cela pour se justifier leur propre place !

« Rio+20 n’a pas relevé le niveau de la gouvernance environnementale mondiale (…). Des innovations décisives doivent venir des niveaux locaux et nationaux » (Union internationale pour la conservation de la nature, IUCN)

« Mon impression générale, c’est chacun chez soi, chacun comme il veut. C’est comme si on n’avait plus besoin d’action collective mondiale. » (Laurence Tubiana, directrice de l’IDDRI, institut du développement durable et des relations internationales)

« Les gouvernements ont échoué à atteindre l’accord historique dont nous avons besoin pour répondre à un orage de crises, crise de l’équité, crise de l’écologie et crise de l’économie (…). On remet en ordre les fauteuils sur le pont du Titanic alors qu’il est en train de sombrer » (Kumi Naidoo, Greenpeace)

« Ce résultat représente un échec collectif global à saisir la réalité de l’urgence écologique, en dépit de tous les éléments de preuve existants » (Sandrine Belier, porte-parole des députés européens des Verts/ALE au Sommet).

« La conférence de Rio s’achève avec plus de gémissements que de clameurs. Les attentes étaient faibles, mais les résultats ont été encore plus modestes. C’est une occasion ratée. » (World resources institute)

« La réussite de cette conférence, c’est que ça a lieu, les gens viennent pour discuter, partager leurs espoirs, leurs difficultés. Ils disent aux gouvernements qu’on pourrait faire plus. La déclaration finale est importante car le texte appuie les demandes faites par exemple au niveau local, ça légitime ce que les gens font (Brice Lalonde, ancien ministre français de l’environnement, co-coordinateur de la conférence)

« C’est la société civile qui fera changer les choses, c’est elle qui fait le boulot, qui prend les initiatives sur le terrain, qui s’engage. En tout cas, il n’y a rien qui a été négocié qui puisse ralentir notre effort. » (François Loos, président de l’Ademe, agence française de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie)

Rio+20 : le « développement durable » contre l’écologie

La conférence de Rio restera comme une date importante, mais pas pour les bonnes raisons. Les discussions en cours témoignent de l’abandon total de l’écologie et de la volonté de lutter contre le réchauffement climatique.

C’est en effet le principe de « l’économie verte » qui prédomine et devrait ressortir de la déclaration finale.

Désormais, la seule ligne est celle du « développement durable. »

C’est-à-dire, suivant la définition de l’ONU : « subvenir à nos besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à subvenir à leurs propres besoins. »

Il s’agit par conséquent, dans l’esprit de cette conférence Rio+20, d’accompagner le réchauffement climatique, considéré comme inéluctable, et d’essayer de ne pas en rajouter. En ce qui concerne le second point, de toutes façons personne n’y croit, car l’humanité n’étant pas unifiée à l’échelle mondiale, la concurrence est telle que personne n’est prêt à faire d’efforts.

Le seul objectif est par conséquent, pour la conférence Rio+20, de paver la voie à une « survie » de l’humanité, comme si cette survie était possible sans la planète dans toute sa globalité.

Les humains sont considérés ici comme « extérieur » à la Nature, comme si c’était ne serait-ce que concevable. Cette position est un suicide à tous les niveaux.

Les principales associations ou plutôt « ONG » (organisations non gouvernementales) comme on dit désormais ont totalement intégré ce fait. Le « directeur général » du WWF France, Serge Orru, résume bien cette ligne de capitulation complète lorsqu’il lance un appel service à François Hollande :

« Mercredi, le président de la République française a parlé à la conférence de Rio+20, et il a plutôt bien parlé. Il a confirmé que les résultats de Rio n’étaient pas à la hauteur des attentes et a plaidé à raison pour la création d’une autorité mondiale de l’environnement.

Monsieur le président, permettez-nous de vous demander avec insistance d’être une des sentinelles de cette humanité durable que nous souhaitons toutes et tous, dans notre diversité d’êtres humains. »

C’est l’écologie que la conférence Rio+20 doit enterrer, l’écologie dans sa dimension utopiste, sa dimension sensible, sa dimension « révolutionnaire. » Le monde ne pourrait plus être changé, il suivrait un cours inexorable, où il faudrait, par solidarité d’espèce, se serrer les coudes afin que l’humanité se « préserve. »

C’est une sorte de chantage à l’humanité qui se développe, et toutes les personnes qui rejettent cet anthropocentrisme sont déjà présentés comme des extrémistes, des gens absurdes, etc. Lorsque des gens critiquent LTD lorsqu’il est parlé de Gaïa, c’est une même attitude finalement, car c’est l’existence même de la planète qui est niée, au profit d’une humanité « consciente » qui agirait selon ses propres volontés, ses propres choix, etc.

Sauf que la réalité est plus complexe, ou plus simple aussi : l’humanité n’est qu’une composante de la planète Terre, de la vie qui existe sur la planète.

Il ne peut donc pas y avoir de plans orgueilleux d’une humanité s’imaginant qu’elle peut provoquer des déséquilibres globaux tout en tirant son épingle du jeu. Cela n’a tout simplement aucun sens.

Surtout quand on sait que le prochain « Sommet pour la Terre » aura lieu dans… dix ans. Il est facile de comprendre quelle tendance va être dominante sur la planète ces dix prochaines années. On peut penser qu’il y aura une vaste résistance, et peut-être même une victoire contre cette tendance. Mais à quel prix ? Chaque jour qui passe, l’écocide se généralise.

L’échec de Rio+20, c’est avant tout un appel à notre propre responsabilité !

La conférence de Rio+20 a commencé

Hier s’est donc ouvert le Rio+20 (voir notre présentation d’hier). Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, a exhorté les participants à la conférence de faire en sorte que ce soit une réussite :

« Rio+20 nous donne une chance unique de corriger les choses, de créer un nouveau modèle pour un nouveau chemin qui concilie les impératifs d’une croissance forte et du développement économique avec les dimensions sociales et environnementales d’une prospérité durable. »

Mais il n’y croyait pas plus que cela, d’ailleurs personne n’y croit. Il a par conséquent ajouté :

« Maintenant, il est temps d’agir. Ne laissons pas nos enfants et petits-enfants convoquer un Rio+40 ou un Rio+60. »

Cela donne le ton : Rio+20 est déjà prévu comme un échec, comme raconté hier. Et comme mentionné hier, et à l’opposé du président américain Barack Obama, du premier ministre britannique David Cameron et de la chancelière allemande Angela Merkel, François Hollande est allé à la conférence Rio+20, même s’il ne restera pas jusqu’à la fin.

Il a tenu un discours « engagé », bien applaudi, tourné vers le « multilatérialisme » et le tiers-monde. Mais c’était un discours « engagé » n’engageant à rien, expliquant l’importance du sommet pour les générations futures, qu’il fallait aider au développement et combattre la pauvreté, mais sans pour autant appeler à changer de mode de vie.

Il a expliqué que la biodiversité avait terriblement baissé, que le réchauffement climatique continuait, il a dit plusieurs fois qu’il tentait le « discours de la vérité », mais pour autant il n’a rien dit de concret, ni n’a appelé à aucune remise en cause.

Il a par exemple appelé à instaurer une taxation des transactions financières, mais cela ne veut rien dire car c’est justement ce que font les entreprises qui aboutit à la destruction de la planète…

Hollande est ici pris dans une contradiction, ou plutôt une complète hypocrisie, il joue l’équilibriste : un coup écologiste parce que l’époque l’exige, un coup le réaliste, car il n’a rien à proposer et que de toutes manières, il ne peut rien proposer, car sinon il faudrait tout remettre en cause !

D’ailleurs, il a répondu sèchement, juste avant son discours, à Michel Rocard, qui proposait pour des raisons financières d’abandonner la production de bombes nucléaires. Hollande a réfuté cela, assurant que ces bombes étaient là pour la paix ! Ce qui, alors que s’ouvre une conférence sur l’avenir de la planète, est tout de même assez impressionnant de cynisme !

Notons justement que si on va sur le site de la présidence de la république, il n’y a même pas de catégorie « écologie » !

Dans un même registre, les Maldives ont déclaré que 1192 de leurs îles deviendraient une réserve marine, en 2017. Les Maldives sont composées de 1199 îles, dont 202 sont habitées par des humains.

Par contre, et c’est évidemment rarement souligné, cela ne sera pas un véritable sanctuaire, puisque la pêche « durable » sera autorisée ! Les Maldives trouvent un moyen de se mettre en avant à « peu de frais », tout en ne remettant pas en cause le processus général en cours.

Nous touchons là un vrai problème : avec les médias et l’absence d’objectif précis, tout peut être balancé, un peu n’importe comment, et cela peut apparaître comme allant dans le bon sens.

C’est un peu comme la question animale : la situation est tellement dramatique, que n’importe quoi peut sembler un progrès, alors qu’en fait sans perspective claire, on passe vite à côté du sujet, voire on est contre-productif, suivant l’adage comme quoi l’enfer est pavé de bonnes intentions.

Il y a en tout cas et heureusement eu un grand rassemblement contre la conférence, rassemblant jusqu’à 100 000 personnes à Rio.

Voici comment un communiqué de presse décrit un happening intéressant dans le cortège :

Le visage peint en bleu, une femme vêtue en mappemonde pleure et demande de l’aide pour la Terre.

Elle est enchaînée par un grand propriétaire terrien qui hurle « plus de viande pour les Etats-Unis ! » tandis que son employé portant « un grand tablier ensanglanté où on lit « Mac Killer » et « Murder King » – en allusion aux deux chaînes de fast-food américaines McDonald et Burger King – poursuit un (faux) boeuf avec une hache.

Voilà la réalité bien décrite : la Nature est assassinée pour satisfaire le mode de vie destructeur des pays riches !

Rio+20

130 chefs d’Etat et de gouvernement vont être aujourd’hui et ce jusqu’au 22 juin 2012 à Rio de Janeiro, pour la conférence sur le développement durable, organisée par les Nations-Unies.

La conférence a été appelée « Rio+20 », en référence à la conférence qui s’est tenue il y a 20 ans dans cette même ville. Son objectif est d’arriver à la production finale d’un texte commun, déjà intitulé « L’avenir que nous voulons. »

Le texte est en fait déjà discuté, consistant en un projet de déclaration finale de 49 pages. L’objectif est d’éviter que les débats se poursuivent lorsque les chefs d’Etat sont là, n’en finissent plus et ruinent l’image des dirigeants.

Car l’ombre d’une autre conférence plane cependant : celle du climat, qui s’est tenue à Copenhague, en 2009, et a été un fiasco complet.

Nous en avions parlé (Le lamentable fiasco de Copenhague!), et aussi de Duflot qui partait à Copenhague en train devant les caméras pour revenir en avion le lendemain pour passer à la télévision

On sait déjà, en tout cas, que Rio+20 n’aura pas des objectifs supérieurs à ceux de 1992. La conférence n’est pas prise vraiment au sérieux, crise économique oblige d’un côté, et pression agro-industrielle de l’autre.

Et si Greenpeace prétend qu’il y a eu des amélioration contre la déforestation depuis, c’est de la poudre aux yeux : en Amazonie la déforestation illégale continue d’avancer, sans parler de l’écocide en Malaisie et en Indonésie pour l’huile de palme, qui ces 20 dernières années a explosé.

D’ailleurs, Obama ne viendra pas : on aurait pu penser qu’il y viendrait pour se faire bien voir pour les élections, mais justement l’écologie est « passée de mode. »

Quant à François Hollande, il viendra mais ne restera pas pour la clôture, ce qui est un signe très fort comme quoi il montre de l’intérêt pour la question, mais n’éprouve pas pour autant le besoin de s’engager.

Il y a donc d’un côté un site internet du gouvernement français consacré à Rio+20, mais aucune volonté derrière.

Ce qui n’empêche tout le monde de savoir que l’on coure à la catastrophe. Achim Steiner, le président du PNUE (programme des Nations unies pour l’environnement) résume bien ce qui apparaît comme une évidence :

« Si la tendance actuelle se poursuit, si les modes actuels de production et de consommation de ressources naturelles perdurent et ne peuvent être inversés, les États connaîtront un degré sans précédent de dégâts et de dégradations. »

Greenpeace, qui est légaliste et espère toujours pouvoir faire avancer les choses, ne peut pas dire autre chose. Le le directeur des politiques publiques de Greenpeace international, Daniel Mittler, n’a pas hésité à se lancer dans une critique complète :

«On nous avait promis « L’avenir que nous voulons » mais maintenant nous serons reconnus uniquement comme une machine polluante qui va cuire la planète, vider les océans et détruire les plantes tropicales. »

Nicolas Hulot ne sera pas à la conférence, c’est aussi un signe de toute une époque. Yann Arthus-Bertrand y sera, mais de manière dépité. Voici ce qu’il dit dans une interview au site Futura-Sciences :

Futura-Sciences : Pensez-vous qu’il sortira de bonnes choses de cette réunion ?

Yann Arthus-Bertrand : Je n’y crois pas… J’ai cru à Copenhague. J’ai cru à Cancùn. Et avant cela le sommet de Rio en 1992 avait été un énorme moment d’optimisme. Mais depuis peu de choses ont été faites. C’est le bilan que nous avons fait dans notre dernier livre, 20 ans après… La Terre ?. En France par exemple, on n’arrive pas à résoudre le problème des algues vertes en Bretagne. Et l’on commence seulement à admettre que les moteurs diesel sont dangereux… À l’échelle de la planète, la surpêche est une catastrophe, surtout avec l’explosion des pavillons de complaisance, quand 1 % de la flotte réalise 50 % des prises. Je suis persuadé qu’il faudrait une gouvernance mondiale pour régler ce genre de problème.

Des progrès ont été réalisés, tout de même, non ?

Yann Arthus-Bertrand : Oui, bien sûr, il y a eu des petits pas. Mais il faut être plus radical. Actuellement, nous sommes dans le déni collectif. C’est très difficile de demander à des pays de faire ce qu’ils ne veulent pas faire… Ici, au Brésil, les problèmes de grande ampleur, par exemple avec la déforestation et le nouveau code forestier. Ce pays en est à 3,5 ou 4 % de croissance annuelle. Dans le monde, beaucoup adoreraient polluer comme la Chine ! L’ampleur de notre impact est devenue énorme. Rendez-vous compte, l’Homme et les animaux domestiques représentent 98 % de la masse de vertébrés sur Terre.

(…)

Est-ce un combat politique ?

Yann Arthus-Bertrand : En un sens oui, mais je ne crois pas beaucoup à l’écologie politique. Pour moi, elle est morte. Il n’y a pas d’un côté les bons et de l’autre côté les méchants. On a souvent trop tendance à demander à l’autre ce qu’on rechigne à faire soi-même…

Yann Arthus-Bertrand a tort, c’est sa pseudo écologie qui est morte, dépassée par l’ampleur de la crise. Des gens comme lui ou Hulot, ou encore Greenpeace, pouvaient faire illusion ces dernières années encore.

Ce qui se passe est simple à comprendre : l’humanité s’est développée et s’est imaginée indépendante de la planète Terre. Elle a pris cette dernière pour un gros caillou, alors qu’elle forme un grand tout abritant la vie de manière équilibrée connaissant des évolutions (d’où notre utilisation du terme symbolique de Gaïa).

C’est cela la question essentielle, qui ne sera pas vue à Rio+20, qui sera ainsi un échec.

Voici enfin pour finir quelques graphiques parlants.

Tout d’abord, voici la progression de l’émission de Co2 entre 1990 et 2010, où l’on voit que l’on suit le scénario du pire…

Ce tableau montre l’érosion des sols: en rouge l’érosion est forte, en jaune elle existe, en blanc la situation est stable (en gris, la zone est sans végétation).

Voici quelques autres statistiques concernant la planète.

Voici enfin une liste de pays pollueurs, où il faut cependant bien noter qu’une bonne partie de la production de la Chine nous est destinée, comme la Chine est « l’usine du monde » travaillant pour des grands groupes d’Europe et des États-Unis. Les gens en Chine sont d’ailleurs aux premières loges pour assister à l’explosion de la pollution…

Conférence de Durban sur le réchauffement climatique: la honte!

Jamais le slogan « La Terre d’abord ! » n’aura eu autant de signification. S’il y avait des gens qui avaient encore des illusions sur les possibilités de l’humanité à « continuer comme avant » tout en gérant le réchauffement climatique, cette fois c’est bien terminé !

La conférence de Durban a été un scandale. Et à l’heure où nous écrivons, elle est encore un scandale.

Elle n’est en effet pas terminée. Vendredi il devait y avoir le document de prêt, mais c’est l’échec complet.

La désorganisation a été énorme, des documents non imprimés, un faux texte circulant, les réunions mal ficelées, au point qu’il a fallu en catastrophe rajouter une journée au programme.

Hier samedi a donc été une journée de discussion « en plus », avec comme seule exigence celle de ne pas perdre la face face aux médias et surtout aux populations.

A midi des documents sont arrivés, présentés comme officiels, puis ils ont été enlevé de nouveau ; des petits groupes tenaient des mini-conférences à l’écart, alors que les représentants des pays pauvres stressaient pour leur billet d’avion, se demandant si le report permettrait de les garder valables tout de même.

Le gouvernement sud-africain a tenté d’ouvrir une porte de sortie, en proposant que les négociations continuent pour… une année de plus !

Car pour l’instant ce qui se profile, c’est un document plus ou moins bidon, avec une véritable conférence en 2015, rendant des objectifs contraignants à partir de… 2020.

« La Terre doit redevenir bleue et verte » : notre slogan n’a pas qu’une valeur sentimentale, c’est une nécessité pratique et absolue ! C’est une bataille pour Gaïa qui s’annonce!

Nous attendons donc les résultats du sommet, qui doit se terminer aujourd’hui sans doute, pour analyser les décisions prises… si décisions il y a.

« A la veille de Durban: pas d’accord climatique avant 2020! »

Hier s’est ouvert la conférence de Durban sur le réchauffement climatique. Ce qui va en ressortir, le 9 décembre 2011 lorsqu’elle se terminera, c’est l’incapacité totale des sociétés humaines à comprendre la situation et y faire face.

Nous ferons bien entendu un bilan, et en attendant, voici un document intéressant du Nouveau Parti Anticapitaliste. Intéressant car il présente des faits, simplement, sans pour autant atteindre la substance de la question. Il est dit grosso modo que tout est mal géré – ce qui est vrai, mais ne pose pas pour autant la question de fond: celle des valeurs.

Ou dit autrement: il manque Gaïa, qui justement est la question mais aussi la réponse. Mais si elle est la réponse, alors comment ne pas assumer la libération animale et la libération de la Terre?

A la veille de Durban : pas d’accord climatique avant 2020

samedi 26 novembre 2011

Au risque de lasser le lecteur, rappelons les conditions à remplir pour que la hausse de la température de la Terre ne dépasse pas trop 2°C (entre 2 et 2, 4°C) :

1°) Réduction absolue de 50 à 85% des émissions globales d’ici 2050, à entamer dès 2015 au plus tard ;
2°) Réduction absolue de 80 à 95% des émissions des pays développés d’ici 2050, et de 25 à 40% d’ici 2020, par rapport à 1990 ;
3°) Réduction des émissions des pays en développement de 15 à 30% par rapport aux projections.
Si ces objectifs étaient adoptés, la dilatation thermique des masses d’eau océaniques provoquerait néanmoins, à elle seule, une élévation moyenne du niveau des mers comprise entre 40 cm et 1, 4 m. « A elle seule » parce que cette projection n’inclut pas la dislocation des calottes glaciaires.

Durban

Or, ces objectifs ne seront pas adoptés. A la veille du sommet de Durban, les pays développés admettent tous que le Protocole de Kyoto, qui ne va pas au-delà de 2012, n’aura pas de successeur avant 2016, au plus tôt. Compte tenu du temps nécessaire à la ratification, cela signifie qu’un éventuel accord international ne sera pas d’application avant 2020. Trop tard pour rester entre 2 et 2, 4°C de hausse, pour ne pas parler de rester sous les 2°C.

Sans un accord mondial contraignant pour organiser le transfert de technologies propres et distribuer les efforts de réduction en fonction de la responsabilité historique de chaque pays, la concurrence capitaliste conduira inévitablement à une poursuite de la croissance des émissions, donc du réchauffement. Selon l’Agence Internationale de l’Energie, les émissions de CO2 provenant de la combustion des combustibles fossiles ont augmenté de 5% en 2010, en dépit de la récession la plus grave depuis les années trente.

Les gouvernements cachent l’extrême gravité de la situation. Ils continuent à faire comme si leur objectif était de maintenir le réchauffement au-dessous de 2°C, feignant d’ignorer que, par leur faute, cette limite ne peut déjà plus être respectée.

L’Union européenne mériterait le premier prix de la poudre aux yeux. Avec son « paquet énergie-climat », elle se présente comme le champion de la lutte pour la planète. Or, non seulement les 20% de réduction des émissions en 2020 sont totalement insuffisants, non seulement ils seront réalisés sans effort (en 2009 les émissions de l’UE étaient inférieures de 17, 6% au niveau de 1990), non seulement les chiffres ne tiennent pas compte des émissions « grises » (découlant de la production dans les pays émergents des marchandises consommées en Europe), mais en plus l’UE n’a plus aucune réticence face aux achats de « droits de polluer » dans les pays du Sud.

En route pour +4°C

Vers quoi tout cela nous entraîne-t-il ? Vers une hausse de la température de 4°C environ d’ici la fin du siècle, qui ferait probablement monter le niveau des mers de plusieurs mètres d’ici la fin du siècle, par suite notamment de la dislocation des calottes glaciaires. C’est ce que répète depuis 20 ans J. Hansen, le climatologue en chef de la NASA.

Le GIEC vient de consacrer un rapport aux événements météo extrêmes. Peu suspect de communisme, un directeur de la London School of Economics, Bob Ward, l’a résumé en disant que, faute d’une réduction immédiate des émissions, les canicules, sécheresse et inondations « dépasseront probablement toute tentative que les populations humaines pourraient prendre pour s’adapter à leurs impacts ».

Toutes ces données sont connues des décideurs politiques. Ils les ignorent allègrement parce que, sinon, ils devraient envisager d’arracher le secteur de l’énergie des mains du patronat et de prendre l’argent là où il est pour financer une transition planifiée vers une économie économe et non productiviste, sans fossiles ni nucléaire.

Mobilisation écosocialiste

Au début de son histoire, le capitalisme a parfois pris des décisions défavorables à l’intérêt immédiat des capitalistes individuels, parce qu’elles étaient nécessaires à la stabilité à long terme du Capital dans son ensemble. Aujourd’hui, il n’en est plus capable. Même face à la menace de catastrophes terribles, irréparables, les décideurs restent les bras ballants.

Pire : les plus cyniques misent sur les catastrophes comme des armes géostratégiques. La montée en puissance des capitalismes chinois ou indiens devient gênante ? Rira bien qui rira le dernier : on verra comment ils gèreront la montée des océans, la fonte des glaciers de l’Himalaya et leurs millions de réfugiés climatiques…
On ne peut mieux illustrer la profondeur de la crise de ce système pourri. Face à cette barbarie climatique qui menace, il est totalement illusoire de miser sur le lobbying auprès des gouvernements. Seule la mobilisation la plus large pour des objectifs à la fois sociaux et écologiques –écosocialistes – offre une alternative.

Action de l’ELF au Mexique à l’occasion du sommet de Cancun

Les médias n’en ont bien entendu pas parlé, mais une action de l’ELF a eu lieu parallèlement au sommet de Cancun au Mexique, dont nous parlions il y a trois jours. Voici le communiqué (on peut lire l’original ici).

Dans la nuit du 7 décembre, nous, le Front de Libération de la Terre, avons de nouveau attaqué l’ordre social esclavagiste et monotone.

Au moyen d’un engin explosif composé de deux bouteilles de gaz butane, une bouteille d’essence et un tuyau de métal galvanisé rempli de dynamite, nous avons répondu aux institutions détruisant la planète et les complices de la dévastation environnementale ; nous avons répondu à la manipulation de l’écosystème en criant encore une fois :

Nous sommes la rage incendiaire d’une planète mourante et nous continuons la guerre!

Une de ces institutions sont les banques qui, s’il est vrai que les entreprises multinationales ont de si larges accords avec elles, pensent qu’elles possèdent la Terre.

C’est pourquoi elles sont notre cible. Pour cette raison, nous avons placé notre bombe artisanale à l’intérieur de la zone des distributeurs automatiques de billets de la BBVA Bancomer, dans la municipalité de Tlalnepantla, dans l’Etat de Mexico, sur l’avenue Gustavo Baz.

L’action a été rapide, la silhouette d’un individu habillé en noir avec son visage rendu méconnaissable a de nouveau été enregistré par les caméras de sécurité de la banque, montrant que nous continuons, à l’extérieur, qu’ils ne nous ont pas arrêtéEs et qu’ils ne nous stopperont pas même s’ils mettent en place des inquisitions du type italien ou chilien.
Une nouvelle fois l’action a été censurée par la police et les médias locaux et nationaux ; notre engin a fonctionné ce qui a été prouvé par l’intense mobilisation des polices locale et d’Etat dans la municipalité, quelques minutes après l’attaque.

Serait-il possible que le salopard de gouverneur Peña Nieto essaie de faire croire que l’Etat de Mexico est un endroit où il ne se passe rien, alors qu’il est candidat pour l’élection présidentielle mexicaine de 2012?

Ou serait-il possible que les coups que nous avons porté aient été menés sous le nez de ses poupées subordonnées, et que la démoralisation d’une nouvelle attaque éco-anarchiste est humiliante pour les membres dirigeants de la police, et contredit leurs systèmes de haute sécurité qui ont coûté des millions de pesos à la municipalité de Tlalnepantla?

Il serait possible que ces affirmations soient vraies et que cela montre que les yeux sont maintenant encore plus tournés vers le Mexique après le COP16 [la conférence de l’ONU sur le changement climatique] et une altercation comme celle-ci discréditerait à la fois le gouvernement de l’Etat comme le gouvernement fédéral.

Cela ne fait rien qu’ils censurent nos actions, nous savons les communiquer et les rendre publiques, ce que la police ne connaît que trop bien les dommages que nous avons causés.

Pour la Liberté Absolue des éco-prisonniers Abraham López, Adrian Magdaleno and Braulio Duran !

Solidarité directe avec ceux et celles emprisonnéEs au Chili le 14 août et le 1er novembre en Grèce !

Pour la libération animale et de la Terre !

Actions incendiaires et insurectionnelles contre la civilisation !

Agitant contre le COP16 [la conférence de l’ONU sur le changement climatique] à Cancun, bien qu’ils nous censurent : Frente de Liberación de la Tierra!

La supercherie du sommet de Cancún

A Cancún, au Mexique, vient donc de se terminer une conférence internationale sur le réchauffement climatique, organisée sous l’égide de l’ONU et avec la participation de presque 200 pays.

Cette conférence a consisté en 12 jours de négociations, et finalement l’adoption d’un texte final, salué comme une « réussite. »

Pour son contenu ? Non ! Simplement… parce qu’il existe. C’est cela les résultats concrets dont parlent les personnes suivantes:

« L’accord obtenu comporte des avancées concrètes notamment en matière de lutte contre la déforestation, de transfert de technologies et de financement. Il lance une vraie dynamique en vue de la conférence de Durban l’année prochaine. »
Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’écologie

« Après l’échec retentissant de Copenhague, les négociations onusiennes ont prouvé qu’elles pouvaient aboutir à des résultats concrets, notamment sur la protection des forêts, l’aide financière aux pays en développement ou la vérification des promesses. »
Yannick Jadot, eurodéputé EELV

« Je crois que c’est une chose positive de voir un accord mondial, incluant toutes les grandes économies. »
Todd Stern, représentant américain au sommet

Prenons par exemple le « Fonds vert. » Il s’agit d’un fonds destiné à aider les pays « en développement » à affronter les changements climatiques et à essayer de les ralentir.

Premier point : il ne s’agit pas de stopper le réchauffement climatique, mais ici de l’accompagner, de le freiner plus ou moins.

Second point : les pays riches ont promis 75 milliards d’euros, mais il n’y a aucun plan de financement.

Troisième point : le système de compensations pour lutter contre la déforestation est purement théorique, il n’y aucun chiffre, rien n’a été décidé.

Quatrième point : ce « Fonds vert » sera mis en place en… 2020.

On peut donc être certain que, d’ici 2020, tout aura été chamboulé…

Prenons un second exemple, avec le protocole de Kyoto, qui doit expirer en 2012. Rappelons juste ici que selon ce protocole, les pays riches doivent réduire leurs émissions de 5,2%.

Rappelons aussi que ce protocole n’a pas été signé par les USA, qui se justifie en disant que la Chine (qui est l’usine des pays riches) ne doit pas réduire ses émissions ; il y a quelques années le Canada avait qualifié les objectifs du protocole de «irréalistes et inaccessibles » ; l’année dernière à Copenhague 85 pays ont promis de réduire ou freiner leurs émissions, mais sans aucun accord contraignant, etc.

Et là, qu’est-ce qui a été décidé à Cancun ? Strictement rien !

Il a simplement… été promis de discuter de cela, lors de la conférence de Durban, en Afrique du Sud, l’année prochaine !

On comprend quand on voit cela que la ministre de l’écologie explique au sujet de ce sommet de Cancun:

« Il confirme l’objectif de limiter l’augmentation de la température de plus de 2 C et va au-delà en ouvrant la perspective d’un objectif mondial et partagé de réduction des émissions à l’horizon 2050. »

Horizon 2050 ! Et oui, voilà comment les gens qui ne respectent pas la planète voient les choses.

Mais cela est logique : pour ces gens, il y a le temps. La destruction des vies animales et de la nature n’est, pour eux, pas un drame auquel il faut mettre fin. Cela ne les marque pas, cela ne les frappe pas.

A peine s’ils peuvent le remarquer, parce que cela menace l’équiblibre du monde, sa gestion. Pour ces gens-là, il s’agit bien seulement de gérer. La nature, en soi, ne les intéresse pas, à part comme paysage, à part en arrière-plan.

Comme l’a expliqué Yannick Jadot d’Europe écologie avant le sommet, la question centrale n’est pour eux pas la nature, mais la gestion:

« Les négociations risquent d’être difficiles, pourtant l’issue de cette conférence sera déterminante: si nous obtenons un bon résultat sur la déforestation, les transferts de technologie et un fond de soutien aux pays du Sud – même sans accord global – alors cela signifiera que le processus onusien n’est pas complètement vain. Pour cela, il faut que les pays du Nord tiennent leur promesse. »

Processus onusien, « bon résultat »… voilà le discours de la gestion, un discours qui est le contraire de la sensibilité dont on a besoin. Nous avons besoin de gens qui voient le film Green, qui sont meurtris ne serait-ce que par l’idée d’une route dans le parc du Serengeti, qui ressentent des émotions et veulent protéger Gaïa, pas de gens dénaturés pratiquant la « gestion »!

La seule gestion valable, c’est celle qui assume l’appartenance de l’être humain à Gaïa: la planète doit redevenir bleue et verte!

Le lamentable fiasco de Copenhague!

Les 15 jours durant lequels eut lieu de sommet de Copenhague furent un véritable gâchis d’argent (imposant dispositif policier, champagne de luxe, foie gras et caviar à volonté etc) et encore une source de pollution pour l’environnement (à cause des déplacements des politiques en avion privé).

Et le sommet qui s’est terminé vendredi nous montre une fois de plus que l’environnement et le réchauffement climatique laissent tout le monde indifférent. Autant d’argent gâché pour rien, tout ça pour ça!

Car les négociations n’ont évidemment abouties à rien de concret.

La déclaration finale prévoierait de limiter le réchauffement planétaire à 2°C d’ici à 2050, ce qui était l’objectif majeur et annoncé du sommet. Mais elle ne fixe pas pas d’objectifs à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, et n’envisage pas de sanctions pour les pays qui ne respecteraient pas le protocole.

Quant aux forêts, l’Australie, la France, le Japon, la Norvège, le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont annoncé le 16 décembre une aide de 3,5 milliards de dollars sur les trois prochaines années pour lutter contre la déforestation.

Face à cet échec, les politiciens des pays industrialisés, qui se soumettent bien évidement aux capitalistes en quête de profit, se dédouanent en inventant des solutions fictives.

Sarkozy compte ainsi sur les négociations prévues à Bonn en juin, en Allemagne, destinées à préparer la prochaine conférence climat de Mexico fin 2010, pour remettre l’objectif de 50% de réduction des émissions d’ici 2050 en piste…

« Sage décision » de notre président que d’attendre encore plusieurs mois, pour évidemment aucun résultat comme on peut le craindre en étant tout à fait réaliste.

Il n’y a que le monde politique pour se permettre de dire que la crise climatique n’est pas urgente et peut encore bien attendre.

Alors c’était bien la peine que Nicolas Sarkozy perde son temps en nous parlant de « succès » et en évoquant lors de sa conférence de presse un accord « juridiquement contraignant ».

Ce qu’il ne dit pas, c’est que chaque pays décide lui-même de ce qu’il s’impose.

Dans tous les cas donner un accord par écrit, qui sera valable dans 10 ans, est une insulte à la planète! Ces soit-disants accords futurs ne sont qu’un masque donné afin de calmer les esprits, et de faire croire que le réchauffement climatique n’est ni grave, ni important, ni urgent, et que tout sera réglé bien tranquillement.

Dès le début des années 1970, les Etats membres de l’ONU ont prétendu prendre conscience de l’urgence à prendre en charge la préservation de l’environnement au niveau mondial. Nous arrivons en 2010 et pouvons tristement constater que tout cela n’était que balivernes.

Tous les sommets organisés au nom du climat ne sont qu’une honteuse perte d’argent, une cause de pollution et une occasion de « rassurer » la population dans le but de lui faire croire que le sort de la Terre est pris au sérieux.

Pourtant, nous détruisons Gaïa et tous ses habitants. Les conséquences s’en ressentent déjà depuis un moment et bon nombre des pires scénarios émis par des scientifiques pourraient très bien se produire! Car nous ne pouvons pas prévoir la réaction de Gaïa face à sa destruction.

Voici par exemple des scénarios catastrophes publiés sur le site de Géo (on notera bien évidemment au passage que les scénarios partent uniquement du point de vue des humains et de leurs intérêts, l’écosystème n’étant qu’une « ressource »).

Depuis le début de l’ère industrielle, la température de l’air s’est réchauffée de 0,7°C. Mais l’accélération du phénomène ces dernières décennies va entraîner une augmentation beaucoup plus importante et rapide des températures. « La température moyenne de l’air devrait se réchauffer entre 2 et 7 degrés en 2100 par rapport à la période industrielle », écrit l’Institut de recherche sur les impacts du climat de Potsdam, dans une synthèse publiée fin novembre des différentes études scientifiques parues depuis 2007.

Les scénarios de réchauffement

+1°C : moins de glace, plus de pluie
Un réchauffement de la température de l’air d’au moins 1°C est inévitable à moyen terme. Il se traduit par un dérèglement important du rythme des moussons asiatiques. La fréquence et l’intensité de ces précipitations augmentent le risque d’inondations et de destruction des cultures.

Un degré supplémentaire signifie également la fonte accélérée d’une grande partie des glaces de la calotte Arctique ainsi qu’une panne du système des courants océaniques comme le Gulf Stream, qui contribue à rafraîchir le climat en Europe.

+2°C : mort du corail et érosion des sols
A force d’absorber des quantités toujours plus grandes de CO2, les océans s’acidifient. Un phénomène qui met en péril la survie des récifs coralliens, qui constituent un réservoir de biodiversité exceptionnel. La faune et la flore terrestres ne sont pas épargnées non plus, puisqu’un tiers des espèces vont quitter leur habitat naturel pour tenter de survivre au changement climatique, certains écosystèmes ayant atteint leur point de rupture.

Autre conséquence d’un réchauffement de deux degrés : la sécheresse, qui érode les sols, compromettant la fertilité des terres arables. La production alimentaire pourrait même baisser de près de 40% en Afrique subsaharienne, en Amérique centrale ou en Asie du Sud-Est, entraînant un hausse significative du nombre de personnes souffrant de la faim (plus d’un milliard en 2009).

+3°C : montée des eaux et forêts asséchées
Un réchauffement de 3°C signifie une hausse importante du niveau des océans, notamment sous l’effet de la fonte de la banquise. Des études scientifiques récentes indiquent que cette hausse pourrait atteindre un à deux mètres, des chiffres bien supérieurs aux prévisions initiales du GIEC (de 18 à 59 cm). Le phénomène menace plus de 380 millions de personnes vivant dans des régions côtières situées à moins de 10 mètres d’altitude, notamment dans les mégalopoles d’Asie du Sud-Est.

La hausse des températures augmente le taux d’évaporation de l’air et donc la fréquence de pluies toujours plus acides du fait de la concentration de CO2 dans l’atmosphère. Maintenu en état par la capacité de la forêt amazonienne à stocker du carbone, le cycle des pluies en Amérique du sud risque d’être complètement bouleversé. Victimes de la sécheresse, les autres forêts tropicales, comme celle du Bassin du Congo, deviennent des puits de carbone de moins en moins efficaces.

+4°C : des catastrophes naturelles au quotidien
La sécheresse augmente la pression déjà importante sur les ressources en eau ainsi que le risque d’incendies, notamment dans les forêts boréales de Russie.

Près de la moitié des marécages et zones humides disparaissent sous l’effet conjugué des vagues de chaleur et de la montée des eaux. Des dizaines de millions de réfugiés climatiques fuient leur pays d’origine, notamment dans les régions les plus exposées au changement climatique (sous-continent indien, îles du Pacifique, Afrique de l’Ouest…).

La pression sur les ressources en eau devient insupportable. Les glaciers himalayens, qui alimentent aujourd’hui 85% des réseaux d’eau douce en Asie du Sud-Est, fondent à cause de la hausse des températures. La destruction des milieux naturels et la crise alimentaire favorisent le développement de maladies mortelles comme la diarrhée, la dengue ou la malaria.

+5° à +7°C : le chaos
L’extinction de la biodiversité mondiale se poursuit, avec la disparition de plus de 40% des espèces animales et végétales recensées à ce jour.

La concentration de CO2 dans l’atmosphère bat des records, notamment sous l’effet de la fonte du permafrost, une couche de glace présente en Sibérie, en Alaska et au Canada, qui stockait jusqu’alors plusieurs dizaines de gigatonnes de CO2 par an. Les phénomènes météorologiques extrêmes (raz-de-marée, cyclones, canicules…) sont de plus en plus violents.

Le coût financier de ces catastrophes devient incontrôlable, représentant 20% à 30% du PIB mondial, conformément aux calculs de l’économiste britannique Nicholas Stern. Surtout, cliniques et hôpitaux ne parviennent plus à faire face à l’afflux de personnes victimes de catastrophes naturelles ou de maladies liées à la dégradation de l’environnement.