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Rio+20

130 chefs d’Etat et de gouvernement vont être aujourd’hui et ce jusqu’au 22 juin 2012 à Rio de Janeiro, pour la conférence sur le développement durable, organisée par les Nations-Unies.

La conférence a été appelée « Rio+20 », en référence à la conférence qui s’est tenue il y a 20 ans dans cette même ville. Son objectif est d’arriver à la production finale d’un texte commun, déjà intitulé « L’avenir que nous voulons. »

Le texte est en fait déjà discuté, consistant en un projet de déclaration finale de 49 pages. L’objectif est d’éviter que les débats se poursuivent lorsque les chefs d’Etat sont là, n’en finissent plus et ruinent l’image des dirigeants.

Car l’ombre d’une autre conférence plane cependant : celle du climat, qui s’est tenue à Copenhague, en 2009, et a été un fiasco complet.

Nous en avions parlé (Le lamentable fiasco de Copenhague!), et aussi de Duflot qui partait à Copenhague en train devant les caméras pour revenir en avion le lendemain pour passer à la télévision

On sait déjà, en tout cas, que Rio+20 n’aura pas des objectifs supérieurs à ceux de 1992. La conférence n’est pas prise vraiment au sérieux, crise économique oblige d’un côté, et pression agro-industrielle de l’autre.

Et si Greenpeace prétend qu’il y a eu des amélioration contre la déforestation depuis, c’est de la poudre aux yeux : en Amazonie la déforestation illégale continue d’avancer, sans parler de l’écocide en Malaisie et en Indonésie pour l’huile de palme, qui ces 20 dernières années a explosé.

D’ailleurs, Obama ne viendra pas : on aurait pu penser qu’il y viendrait pour se faire bien voir pour les élections, mais justement l’écologie est « passée de mode. »

Quant à François Hollande, il viendra mais ne restera pas pour la clôture, ce qui est un signe très fort comme quoi il montre de l’intérêt pour la question, mais n’éprouve pas pour autant le besoin de s’engager.

Il y a donc d’un côté un site internet du gouvernement français consacré à Rio+20, mais aucune volonté derrière.

Ce qui n’empêche tout le monde de savoir que l’on coure à la catastrophe. Achim Steiner, le président du PNUE (programme des Nations unies pour l’environnement) résume bien ce qui apparaît comme une évidence :

« Si la tendance actuelle se poursuit, si les modes actuels de production et de consommation de ressources naturelles perdurent et ne peuvent être inversés, les États connaîtront un degré sans précédent de dégâts et de dégradations. »

Greenpeace, qui est légaliste et espère toujours pouvoir faire avancer les choses, ne peut pas dire autre chose. Le le directeur des politiques publiques de Greenpeace international, Daniel Mittler, n’a pas hésité à se lancer dans une critique complète :

«On nous avait promis “L’avenir que nous voulons” mais maintenant nous serons reconnus uniquement comme une machine polluante qui va cuire la planète, vider les océans et détruire les plantes tropicales. »

Nicolas Hulot ne sera pas à la conférence, c’est aussi un signe de toute une époque. Yann Arthus-Bertrand y sera, mais de manière dépité. Voici ce qu’il dit dans une interview au site Futura-Sciences :

Futura-Sciences : Pensez-vous qu’il sortira de bonnes choses de cette réunion ?

Yann Arthus-Bertrand : Je n’y crois pas… J’ai cru à Copenhague. J’ai cru à Cancùn. Et avant cela le sommet de Rio en 1992 avait été un énorme moment d’optimisme. Mais depuis peu de choses ont été faites. C’est le bilan que nous avons fait dans notre dernier livre, 20 ans après… La Terre ?. En France par exemple, on n’arrive pas à résoudre le problème des algues vertes en Bretagne. Et l’on commence seulement à admettre que les moteurs diesel sont dangereux… À l’échelle de la planète, la surpêche est une catastrophe, surtout avec l’explosion des pavillons de complaisance, quand 1 % de la flotte réalise 50 % des prises. Je suis persuadé qu’il faudrait une gouvernance mondiale pour régler ce genre de problème.

Des progrès ont été réalisés, tout de même, non ?

Yann Arthus-Bertrand : Oui, bien sûr, il y a eu des petits pas. Mais il faut être plus radical. Actuellement, nous sommes dans le déni collectif. C’est très difficile de demander à des pays de faire ce qu’ils ne veulent pas faire… Ici, au Brésil, les problèmes de grande ampleur, par exemple avec la déforestation et le nouveau code forestier. Ce pays en est à 3,5 ou 4 % de croissance annuelle. Dans le monde, beaucoup adoreraient polluer comme la Chine ! L’ampleur de notre impact est devenue énorme. Rendez-vous compte, l’Homme et les animaux domestiques représentent 98 % de la masse de vertébrés sur Terre.

(…)

Est-ce un combat politique ?

Yann Arthus-Bertrand : En un sens oui, mais je ne crois pas beaucoup à l’écologie politique. Pour moi, elle est morte. Il n’y a pas d’un côté les bons et de l’autre côté les méchants. On a souvent trop tendance à demander à l’autre ce qu’on rechigne à faire soi-même…

Yann Arthus-Bertrand a tort, c’est sa pseudo écologie qui est morte, dépassée par l’ampleur de la crise. Des gens comme lui ou Hulot, ou encore Greenpeace, pouvaient faire illusion ces dernières années encore.

Ce qui se passe est simple à comprendre : l’humanité s’est développée et s’est imaginée indépendante de la planète Terre. Elle a pris cette dernière pour un gros caillou, alors qu’elle forme un grand tout abritant la vie de manière équilibrée connaissant des évolutions (d’où notre utilisation du terme symbolique de Gaïa).

C’est cela la question essentielle, qui ne sera pas vue à Rio+20, qui sera ainsi un échec.

Voici enfin pour finir quelques graphiques parlants.

Tout d’abord, voici la progression de l’émission de Co2 entre 1990 et 2010, où l’on voit que l’on suit le scénario du pire…

Ce tableau montre l’érosion des sols: en rouge l’érosion est forte, en jaune elle existe, en blanc la situation est stable (en gris, la zone est sans végétation).

Voici quelques autres statistiques concernant la planète.

Voici enfin une liste de pays pollueurs, où il faut cependant bien noter qu’une bonne partie de la production de la Chine nous est destinée, comme la Chine est “l’usine du monde” travaillant pour des grands groupes d’Europe et des États-Unis. Les gens en Chine sont d’ailleurs aux premières loges pour assister à l’explosion de la pollution…

Conférence de Durban sur le réchauffement climatique: la honte!

Jamais le slogan « La Terre d’abord ! » n’aura eu autant de signification. S’il y avait des gens qui avaient encore des illusions sur les possibilités de l’humanité à « continuer comme avant » tout en gérant le réchauffement climatique, cette fois c’est bien terminé !

La conférence de Durban a été un scandale. Et à l’heure où nous écrivons, elle est encore un scandale.

Elle n’est en effet pas terminée. Vendredi il devait y avoir le document de prêt, mais c’est l’échec complet.

La désorganisation a été énorme, des documents non imprimés, un faux texte circulant, les réunions mal ficelées, au point qu’il a fallu en catastrophe rajouter une journée au programme.

Hier samedi a donc été une journée de discussion « en plus », avec comme seule exigence celle de ne pas perdre la face face aux médias et surtout aux populations.

A midi des documents sont arrivés, présentés comme officiels, puis ils ont été enlevé de nouveau ; des petits groupes tenaient des mini-conférences à l’écart, alors que les représentants des pays pauvres stressaient pour leur billet d’avion, se demandant si le report permettrait de les garder valables tout de même.

Le gouvernement sud-africain a tenté d’ouvrir une porte de sortie, en proposant que les négociations continuent pour… une année de plus !

Car pour l’instant ce qui se profile, c’est un document plus ou moins bidon, avec une véritable conférence en 2015, rendant des objectifs contraignants à partir de… 2020.

« La Terre doit redevenir bleue et verte » : notre slogan n’a pas qu’une valeur sentimentale, c’est une nécessité pratique et absolue ! C’est une bataille pour Gaïa qui s’annonce!

Nous attendons donc les résultats du sommet, qui doit se terminer aujourd’hui sans doute, pour analyser les décisions prises… si décisions il y a.

“A la veille de Durban: pas d’accord climatique avant 2020!”

Hier s’est ouvert la conférence de Durban sur le réchauffement climatique. Ce qui va en ressortir, le 9 décembre 2011 lorsqu’elle se terminera, c’est l’incapacité totale des sociétés humaines à comprendre la situation et y faire face.

Nous ferons bien entendu un bilan, et en attendant, voici un document intéressant du Nouveau Parti Anticapitaliste. Intéressant car il présente des faits, simplement, sans pour autant atteindre la substance de la question. Il est dit grosso modo que tout est mal géré – ce qui est vrai, mais ne pose pas pour autant la question de fond: celle des valeurs.

Ou dit autrement: il manque Gaïa, qui justement est la question mais aussi la réponse. Mais si elle est la réponse, alors comment ne pas assumer la libération animale et la libération de la Terre?

A la veille de Durban : pas d’accord climatique avant 2020

samedi 26 novembre 2011

Au risque de lasser le lecteur, rappelons les conditions à remplir pour que la hausse de la température de la Terre ne dépasse pas trop 2°C (entre 2 et 2, 4°C) :

1°) Réduction absolue de 50 à 85% des émissions globales d’ici 2050, à entamer dès 2015 au plus tard ;
2°) Réduction absolue de 80 à 95% des émissions des pays développés d’ici 2050, et de 25 à 40% d’ici 2020, par rapport à 1990 ;
3°) Réduction des émissions des pays en développement de 15 à 30% par rapport aux projections.
Si ces objectifs étaient adoptés, la dilatation thermique des masses d’eau océaniques provoquerait néanmoins, à elle seule, une élévation moyenne du niveau des mers comprise entre 40 cm et 1, 4 m. « A elle seule » parce que cette projection n’inclut pas la dislocation des calottes glaciaires.

Durban

Or, ces objectifs ne seront pas adoptés. A la veille du sommet de Durban, les pays développés admettent tous que le Protocole de Kyoto, qui ne va pas au-delà de 2012, n’aura pas de successeur avant 2016, au plus tôt. Compte tenu du temps nécessaire à la ratification, cela signifie qu’un éventuel accord international ne sera pas d’application avant 2020. Trop tard pour rester entre 2 et 2, 4°C de hausse, pour ne pas parler de rester sous les 2°C.

Sans un accord mondial contraignant pour organiser le transfert de technologies propres et distribuer les efforts de réduction en fonction de la responsabilité historique de chaque pays, la concurrence capitaliste conduira inévitablement à une poursuite de la croissance des émissions, donc du réchauffement. Selon l’Agence Internationale de l’Energie, les émissions de CO2 provenant de la combustion des combustibles fossiles ont augmenté de 5% en 2010, en dépit de la récession la plus grave depuis les années trente.

Les gouvernements cachent l’extrême gravité de la situation. Ils continuent à faire comme si leur objectif était de maintenir le réchauffement au-dessous de 2°C, feignant d’ignorer que, par leur faute, cette limite ne peut déjà plus être respectée.

L’Union européenne mériterait le premier prix de la poudre aux yeux. Avec son « paquet énergie-climat », elle se présente comme le champion de la lutte pour la planète. Or, non seulement les 20% de réduction des émissions en 2020 sont totalement insuffisants, non seulement ils seront réalisés sans effort (en 2009 les émissions de l’UE étaient inférieures de 17, 6% au niveau de 1990), non seulement les chiffres ne tiennent pas compte des émissions « grises » (découlant de la production dans les pays émergents des marchandises consommées en Europe), mais en plus l’UE n’a plus aucune réticence face aux achats de « droits de polluer » dans les pays du Sud.

En route pour +4°C

Vers quoi tout cela nous entraîne-t-il ? Vers une hausse de la température de 4°C environ d’ici la fin du siècle, qui ferait probablement monter le niveau des mers de plusieurs mètres d’ici la fin du siècle, par suite notamment de la dislocation des calottes glaciaires. C’est ce que répète depuis 20 ans J. Hansen, le climatologue en chef de la NASA.

Le GIEC vient de consacrer un rapport aux événements météo extrêmes. Peu suspect de communisme, un directeur de la London School of Economics, Bob Ward, l’a résumé en disant que, faute d’une réduction immédiate des émissions, les canicules, sécheresse et inondations « dépasseront probablement toute tentative que les populations humaines pourraient prendre pour s’adapter à leurs impacts ».

Toutes ces données sont connues des décideurs politiques. Ils les ignorent allègrement parce que, sinon, ils devraient envisager d’arracher le secteur de l’énergie des mains du patronat et de prendre l’argent là où il est pour financer une transition planifiée vers une économie économe et non productiviste, sans fossiles ni nucléaire.

Mobilisation écosocialiste

Au début de son histoire, le capitalisme a parfois pris des décisions défavorables à l’intérêt immédiat des capitalistes individuels, parce qu’elles étaient nécessaires à la stabilité à long terme du Capital dans son ensemble. Aujourd’hui, il n’en est plus capable. Même face à la menace de catastrophes terribles, irréparables, les décideurs restent les bras ballants.

Pire : les plus cyniques misent sur les catastrophes comme des armes géostratégiques. La montée en puissance des capitalismes chinois ou indiens devient gênante ? Rira bien qui rira le dernier : on verra comment ils gèreront la montée des océans, la fonte des glaciers de l’Himalaya et leurs millions de réfugiés climatiques…
On ne peut mieux illustrer la profondeur de la crise de ce système pourri. Face à cette barbarie climatique qui menace, il est totalement illusoire de miser sur le lobbying auprès des gouvernements. Seule la mobilisation la plus large pour des objectifs à la fois sociaux et écologiques –écosocialistes – offre une alternative.

Action de l’ELF au Mexique à l’occasion du sommet de Cancun

Les médias n’en ont bien entendu pas parlé, mais une action de l’ELF a eu lieu parallèlement au sommet de Cancun au Mexique, dont nous parlions il y a trois jours. Voici le communiqué (on peut lire l’original ici).

Dans la nuit du 7 décembre, nous, le Front de Libération de la Terre, avons de nouveau attaqué l’ordre social esclavagiste et monotone.

Au moyen d’un engin explosif composé de deux bouteilles de gaz butane, une bouteille d’essence et un tuyau de métal galvanisé rempli de dynamite, nous avons répondu aux institutions détruisant la planète et les complices de la dévastation environnementale ; nous avons répondu à la manipulation de l’écosystème en criant encore une fois :

Nous sommes la rage incendiaire d’une planète mourante et nous continuons la guerre!

Une de ces institutions sont les banques qui, s’il est vrai que les entreprises multinationales ont de si larges accords avec elles, pensent qu’elles possèdent la Terre.

C’est pourquoi elles sont notre cible. Pour cette raison, nous avons placé notre bombe artisanale à l’intérieur de la zone des distributeurs automatiques de billets de la BBVA Bancomer, dans la municipalité de Tlalnepantla, dans l’Etat de Mexico, sur l’avenue Gustavo Baz.

L’action a été rapide, la silhouette d’un individu habillé en noir avec son visage rendu méconnaissable a de nouveau été enregistré par les caméras de sécurité de la banque, montrant que nous continuons, à l’extérieur, qu’ils ne nous ont pas arrêtéEs et qu’ils ne nous stopperont pas même s’ils mettent en place des inquisitions du type italien ou chilien.
Une nouvelle fois l’action a été censurée par la police et les médias locaux et nationaux ; notre engin a fonctionné ce qui a été prouvé par l’intense mobilisation des polices locale et d’Etat dans la municipalité, quelques minutes après l’attaque.

Serait-il possible que le salopard de gouverneur Peña Nieto essaie de faire croire que l’Etat de Mexico est un endroit où il ne se passe rien, alors qu’il est candidat pour l’élection présidentielle mexicaine de 2012?

Ou serait-il possible que les coups que nous avons porté aient été menés sous le nez de ses poupées subordonnées, et que la démoralisation d’une nouvelle attaque éco-anarchiste est humiliante pour les membres dirigeants de la police, et contredit leurs systèmes de haute sécurité qui ont coûté des millions de pesos à la municipalité de Tlalnepantla?

Il serait possible que ces affirmations soient vraies et que cela montre que les yeux sont maintenant encore plus tournés vers le Mexique après le COP16 [la conférence de l’ONU sur le changement climatique] et une altercation comme celle-ci discréditerait à la fois le gouvernement de l’Etat comme le gouvernement fédéral.

Cela ne fait rien qu’ils censurent nos actions, nous savons les communiquer et les rendre publiques, ce que la police ne connaît que trop bien les dommages que nous avons causés.

Pour la Liberté Absolue des éco-prisonniers Abraham López, Adrian Magdaleno and Braulio Duran !

Solidarité directe avec ceux et celles emprisonnéEs au Chili le 14 août et le 1er novembre en Grèce !

Pour la libération animale et de la Terre !

Actions incendiaires et insurectionnelles contre la civilisation !

Agitant contre le COP16 [la conférence de l’ONU sur le changement climatique] à Cancun, bien qu’ils nous censurent : Frente de Liberación de la Tierra!

La supercherie du sommet de Cancún

A Cancún, au Mexique, vient donc de se terminer une conférence internationale sur le réchauffement climatique, organisée sous l’égide de l’ONU et avec la participation de presque 200 pays.

Cette conférence a consisté en 12 jours de négociations, et finalement l’adoption d’un texte final, salué comme une « réussite. »

Pour son contenu ? Non ! Simplement… parce qu’il existe. C’est cela les résultats concrets dont parlent les personnes suivantes:

“L’accord obtenu comporte des avancées concrètes notamment en matière de lutte contre la déforestation, de transfert de technologies et de financement. Il lance une vraie dynamique en vue de la conférence de Durban l’année prochaine. »
Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’écologie

« Après l’échec retentissant de Copenhague, les négociations onusiennes ont prouvé qu’elles pouvaient aboutir à des résultats concrets, notamment sur la protection des forêts, l’aide financière aux pays en développement ou la vérification des promesses. »
Yannick Jadot, eurodéputé EELV

« Je crois que c’est une chose positive de voir un accord mondial, incluant toutes les grandes économies. »
Todd Stern, représentant américain au sommet

Prenons par exemple le « Fonds vert. » Il s’agit d’un fonds destiné à aider les pays « en développement » à affronter les changements climatiques et à essayer de les ralentir.

Premier point : il ne s’agit pas de stopper le réchauffement climatique, mais ici de l’accompagner, de le freiner plus ou moins.

Second point : les pays riches ont promis 75 milliards d’euros, mais il n’y a aucun plan de financement.

Troisième point : le système de compensations pour lutter contre la déforestation est purement théorique, il n’y aucun chiffre, rien n’a été décidé.

Quatrième point : ce « Fonds vert » sera mis en place en… 2020.

On peut donc être certain que, d’ici 2020, tout aura été chamboulé…

Prenons un second exemple, avec le protocole de Kyoto, qui doit expirer en 2012. Rappelons juste ici que selon ce protocole, les pays riches doivent réduire leurs émissions de 5,2%.

Rappelons aussi que ce protocole n’a pas été signé par les USA, qui se justifie en disant que la Chine (qui est l’usine des pays riches) ne doit pas réduire ses émissions ; il y a quelques années le Canada avait qualifié les objectifs du protocole de «irréalistes et inaccessibles » ; l’année dernière à Copenhague 85 pays ont promis de réduire ou freiner leurs émissions, mais sans aucun accord contraignant, etc.

Et là, qu’est-ce qui a été décidé à Cancun ? Strictement rien !

Il a simplement… été promis de discuter de cela, lors de la conférence de Durban, en Afrique du Sud, l’année prochaine !

On comprend quand on voit cela que la ministre de l’écologie explique au sujet de ce sommet de Cancun:

« Il confirme l’objectif de limiter l’augmentation de la température de plus de 2 C et va au-delà en ouvrant la perspective d’un objectif mondial et partagé de réduction des émissions à l’horizon 2050. »

Horizon 2050 ! Et oui, voilà comment les gens qui ne respectent pas la planète voient les choses.

Mais cela est logique : pour ces gens, il y a le temps. La destruction des vies animales et de la nature n’est, pour eux, pas un drame auquel il faut mettre fin. Cela ne les marque pas, cela ne les frappe pas.

A peine s’ils peuvent le remarquer, parce que cela menace l’équiblibre du monde, sa gestion. Pour ces gens-là, il s’agit bien seulement de gérer. La nature, en soi, ne les intéresse pas, à part comme paysage, à part en arrière-plan.

Comme l’a expliqué Yannick Jadot d’Europe écologie avant le sommet, la question centrale n’est pour eux pas la nature, mais la gestion:

« Les négociations risquent d’être difficiles, pourtant l’issue de cette conférence sera déterminante: si nous obtenons un bon résultat sur la déforestation, les transferts de technologie et un fond de soutien aux pays du Sud – même sans accord global – alors cela signifiera que le processus onusien n’est pas complètement vain. Pour cela, il faut que les pays du Nord tiennent leur promesse. »

Processus onusien, « bon résultat »… voilà le discours de la gestion, un discours qui est le contraire de la sensibilité dont on a besoin. Nous avons besoin de gens qui voient le film Green, qui sont meurtris ne serait-ce que par l’idée d’une route dans le parc du Serengeti, qui ressentent des émotions et veulent protéger Gaïa, pas de gens dénaturés pratiquant la “gestion”!

La seule gestion valable, c’est celle qui assume l’appartenance de l’être humain à Gaïa: la planète doit redevenir bleue et verte!

Le lamentable fiasco de Copenhague!

Les 15 jours durant lequels eut lieu de sommet de Copenhague furent un véritable gâchis d’argent (imposant dispositif policier, champagne de luxe, foie gras et caviar à volonté etc) et encore une source de pollution pour l’environnement (à cause des déplacements des politiques en avion privé).

Et le sommet qui s’est terminé vendredi nous montre une fois de plus que l’environnement et le réchauffement climatique laissent tout le monde indifférent. Autant d’argent gâché pour rien, tout ça pour ça!

Car les négociations n’ont évidemment abouties à rien de concret.

La déclaration finale prévoierait de limiter le réchauffement planétaire à 2°C d’ici à 2050, ce qui était l’objectif majeur et annoncé du sommet. Mais elle ne fixe pas pas d’objectifs à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, et n’envisage pas de sanctions pour les pays qui ne respecteraient pas le protocole.

Quant aux forêts, l’Australie, la France, le Japon, la Norvège, le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont annoncé le 16 décembre une aide de 3,5 milliards de dollars sur les trois prochaines années pour lutter contre la déforestation.

Face à cet échec, les politiciens des pays industrialisés, qui se soumettent bien évidement aux capitalistes en quête de profit, se dédouanent en inventant des solutions fictives.

Sarkozy compte ainsi sur les négociations prévues à Bonn en juin, en Allemagne, destinées à préparer la prochaine conférence climat de Mexico fin 2010, pour remettre l’objectif de 50% de réduction des émissions d’ici 2050 en piste…

“Sage décision” de notre président que d’attendre encore plusieurs mois, pour évidemment aucun résultat comme on peut le craindre en étant tout à fait réaliste.

Il n’y a que le monde politique pour se permettre de dire que la crise climatique n’est pas urgente et peut encore bien attendre.

Alors c’était bien la peine que Nicolas Sarkozy perde son temps en nous parlant de “succès” et en évoquant lors de sa conférence de presse un accord “juridiquement contraignant”.

Ce qu’il ne dit pas, c’est que chaque pays décide lui-même de ce qu’il s’impose.

Dans tous les cas donner un accord par écrit, qui sera valable dans 10 ans, est une insulte à la planète! Ces soit-disants accords futurs ne sont qu’un masque donné afin de calmer les esprits, et de faire croire que le réchauffement climatique n’est ni grave, ni important, ni urgent, et que tout sera réglé bien tranquillement.

Dès le début des années 1970, les Etats membres de l’ONU ont prétendu prendre conscience de l’urgence à prendre en charge la préservation de l’environnement au niveau mondial. Nous arrivons en 2010 et pouvons tristement constater que tout cela n’était que balivernes.

Tous les sommets organisés au nom du climat ne sont qu’une honteuse perte d’argent, une cause de pollution et une occasion de “rassurer” la population dans le but de lui faire croire que le sort de la Terre est pris au sérieux.

Pourtant, nous détruisons Gaïa et tous ses habitants. Les conséquences s’en ressentent déjà depuis un moment et bon nombre des pires scénarios émis par des scientifiques pourraient très bien se produire! Car nous ne pouvons pas prévoir la réaction de Gaïa face à sa destruction.

Voici par exemple des scénarios catastrophes publiés sur le site de Géo (on notera bien évidemment au passage que les scénarios partent uniquement du point de vue des humains et de leurs intérêts, l’écosystème n’étant qu’une “ressource”).

Depuis le début de l’ère industrielle, la température de l’air s’est réchauffée de 0,7°C. Mais l’accélération du phénomène ces dernières décennies va entraîner une augmentation beaucoup plus importante et rapide des températures. “La température moyenne de l’air devrait se réchauffer entre 2 et 7 degrés en 2100 par rapport à la période industrielle”, écrit l’Institut de recherche sur les impacts du climat de Potsdam, dans une synthèse publiée fin novembre des différentes études scientifiques parues depuis 2007.

Les scénarios de réchauffement

+1°C : moins de glace, plus de pluie
Un réchauffement de la température de l’air d’au moins 1°C est inévitable à moyen terme. Il se traduit par un dérèglement important du rythme des moussons asiatiques. La fréquence et l’intensité de ces précipitations augmentent le risque d’inondations et de destruction des cultures.

Un degré supplémentaire signifie également la fonte accélérée d’une grande partie des glaces de la calotte Arctique ainsi qu’une panne du système des courants océaniques comme le Gulf Stream, qui contribue à rafraîchir le climat en Europe.

+2°C : mort du corail et érosion des sols
A force d’absorber des quantités toujours plus grandes de CO2, les océans s’acidifient. Un phénomène qui met en péril la survie des récifs coralliens, qui constituent un réservoir de biodiversité exceptionnel. La faune et la flore terrestres ne sont pas épargnées non plus, puisqu’un tiers des espèces vont quitter leur habitat naturel pour tenter de survivre au changement climatique, certains écosystèmes ayant atteint leur point de rupture.

Autre conséquence d’un réchauffement de deux degrés : la sécheresse, qui érode les sols, compromettant la fertilité des terres arables. La production alimentaire pourrait même baisser de près de 40% en Afrique subsaharienne, en Amérique centrale ou en Asie du Sud-Est, entraînant un hausse significative du nombre de personnes souffrant de la faim (plus d’un milliard en 2009).

+3°C : montée des eaux et forêts asséchées
Un réchauffement de 3°C signifie une hausse importante du niveau des océans, notamment sous l’effet de la fonte de la banquise. Des études scientifiques récentes indiquent que cette hausse pourrait atteindre un à deux mètres, des chiffres bien supérieurs aux prévisions initiales du GIEC (de 18 à 59 cm). Le phénomène menace plus de 380 millions de personnes vivant dans des régions côtières situées à moins de 10 mètres d’altitude, notamment dans les mégalopoles d’Asie du Sud-Est.

La hausse des températures augmente le taux d’évaporation de l’air et donc la fréquence de pluies toujours plus acides du fait de la concentration de CO2 dans l’atmosphère. Maintenu en état par la capacité de la forêt amazonienne à stocker du carbone, le cycle des pluies en Amérique du sud risque d’être complètement bouleversé. Victimes de la sécheresse, les autres forêts tropicales, comme celle du Bassin du Congo, deviennent des puits de carbone de moins en moins efficaces.

+4°C : des catastrophes naturelles au quotidien
La sécheresse augmente la pression déjà importante sur les ressources en eau ainsi que le risque d’incendies, notamment dans les forêts boréales de Russie.

Près de la moitié des marécages et zones humides disparaissent sous l’effet conjugué des vagues de chaleur et de la montée des eaux. Des dizaines de millions de réfugiés climatiques fuient leur pays d’origine, notamment dans les régions les plus exposées au changement climatique (sous-continent indien, îles du Pacifique, Afrique de l’Ouest…).

La pression sur les ressources en eau devient insupportable. Les glaciers himalayens, qui alimentent aujourd’hui 85% des réseaux d’eau douce en Asie du Sud-Est, fondent à cause de la hausse des températures. La destruction des milieux naturels et la crise alimentaire favorisent le développement de maladies mortelles comme la diarrhée, la dengue ou la malaria.

+5° à +7°C : le chaos
L’extinction de la biodiversité mondiale se poursuit, avec la disparition de plus de 40% des espèces animales et végétales recensées à ce jour.

La concentration de CO2 dans l’atmosphère bat des records, notamment sous l’effet de la fonte du permafrost, une couche de glace présente en Sibérie, en Alaska et au Canada, qui stockait jusqu’alors plusieurs dizaines de gigatonnes de CO2 par an. Les phénomènes météorologiques extrêmes (raz-de-marée, cyclones, canicules…) sont de plus en plus violents.

Le coût financier de ces catastrophes devient incontrôlable, représentant 20% à 30% du PIB mondial, conformément aux calculs de l’économiste britannique Nicholas Stern. Surtout, cliniques et hôpitaux ne parviennent plus à faire face à l’afflux de personnes victimes de catastrophes naturelles ou de maladies liées à la dégradation de l’environnement.