Camp Action Climat au Havre, 22 juillet – 1er août

Tout comme a lieu un camp “action climat” en Belgique, il y en aura un cet été en Normandie, au Havre. Voici le texte de présentation, plus d’informations sur le site du camp: campclimat.org.

Bienvenue au Camp Action Climat !

En organisant ce camp au Havre, nous voulons comparer nos envies d’alternatives et de bonheur à ce spectacle de désolation que représente le capitalisme industriel.

Nous voulons construire ensemble un camp action climat où nous puissions commencer à vivre ici et maintenant selon nos aspirations, retrouver dignité et enthousiasme, sans attendre le grand soir. Cette nouvelle zone d’autonomie temporaire, nous voulons qu’elle en appelle d’autres.

Mais nous voulons aussi nous frotter au plus dur, à ce qui menace l’existence même de l’humanité, à cette folie qui, pour accumuler toujours plus de fric et de pouvoir, amasse des montagnes de déchets toxiques, souffle dans l’air des fumées cancérigènes, exproprie les peuples, fait grandir la misère et organise la répression pour étouffer les cris de rébellion.

Nous voulons, en organisant ce camp ici, au pied des cheminées, que se rencontre ce qui pourrait être et ce qui est, et qu’en nous touTEs l’expérience de cette contradiction exacerbe l’espoir et la rage. Que cette rencontre nous donne assez d’énergie et de courage pour sortir enfin de l’ère pétroléo-capitaliste et ouvrir d’autres possibles.

Attisez votre révolte, attisez votre amour, ensemble, on reprends nos vies en main !

Pourquoi un CAMP ACTION CLIMAT ?

Alors que la croyance dans le futur qu’on nous propose s’écroule, une ligne de plus en plus claire devient visible entre celles-eux qui croient qu’une solution est possible à l’intérieur du système capitaliste, et celles-eux qui n’y croient pas. Pendant que le monde est secoué par des crises, un nombre grandissant de populations sur la terre se trouvent du côté de ceux qui doutent des structures actuelles du pouvoir et du capital.

La Crise Climatique semble avoir ouvert la possibilité d’unir un large spectre de luttes contre le capitalisme : des peuples autochtones aux syndicats de travailleur-euses, des sans-terre aux autonomes européens-ennes, des campeurs-euses des camps action climat aux jeunes des banlieues de métropoles, des anti-industrialistes aux anarcho-syndicalistes. Aussi varié que l’éventail des stratégies, des tactiques et des rêves.

Même si les divisions entre les mouvements radicaux de lutte des classes et les mouvements environnementaux sont réelles, en montant ce camp nous cherchons les connections : Quels intérêts communs pouvons nous avoir face à la « Crise Climatique » ? Comment les changements climatiques et les mesures prises par les dirigeants vont influencer nos conditions de luttes et de vies dans le futur ? Et la question inévitable : Comment stopper la dévastation ?

LES RAISONS D’AGIR

Les modèles climatiques actuels testés suggèrent que dans les dix ans, nous aurons relâché suffisamment de gaz à effet de serre dans l’atmosphère pour provoquer un réchauffement global de 20°C.

À ce point, la fonte des calottes glacières (qui aujourd’hui reflètent largement les radiations solaires), le relâchement du méthane actuellement stocké sous le permafrost de Siberie (le méthane est un gaz plus réchauffant que le CO2), l’augmentation de la vapeur d’eau atmosphérique (qui piège la chaleur du soleil), et les dégagements supplémentaires du CO2 actuellement stocké dans les océans dus à la baisse de leur taux d’absorption causée par le réchauffement, auront un effet cumulatif dans l’augmentation des températures globales de 5 à 6 degrés d’ici la fin du siècle.

Peu d’espèces vivantes aujourd’hui ont survécu à un monde aussi chaud dans le passé, et nous devrons nous adapter ou nous éteindre, alors que les océans s’acidifient, que les régions désertes s’étendent et que les zones côtières s’inondent.

Il y a un certain nombre de possibilités : la meilleure de toutes est que dans les dix prochaines années, des vagues de révolte renversent l’Etat, qui est le défenseur en chef et l’administrateur des structures du capitalisme basé sur les énergies fossiles ; toutes les centrales à charbon sont fermées ; toutes les voitures sont enlevées de la route à part peut être un tout petit nombre qui peut rouler à l’huile végétale ; les transports aériens sont abolis ; l’électricité est abandonnée ou produite localement de façon renouvelable et à petite échelle ; l’agriculture passe des méthodes actuelles dirigées par le pétrole à des méthodes traditionnelles ou de permaculture, ce qui signifie qu’une immense portion de la population humaine devra de nouveau s’occuper de faire pousser la nourriture de leur communauté ; et une énorme quantité de dioxyde de carbone est retirée de l’atmosphère par la reforestation des autoroutes abandonnées, des zones commerciales, des terrains de golf, et à travers le passage à l’état sauvage des exploitations forestières commerciales extensives de la planète (la plus grande quantité de carbone stocké par une forêt est dans les couches de feuilles et autres débris organiques du sol , qui va de pair avec une biodiversité qui n’existent pas dans les plantations d’arbres).

C’est aussi ce qui devra arriver si nous dépassons le point de non retour, mais dans ce cas là ce sera beaucoup moins plaisant pour nous touTEs.

Nous ne sommes pas face à un effondrement total, mais face à un approfondissement de la misère qui va plus loin que ce qu’aucunE de nous ne peut imaginer. La crise climatique ne détruira pas le capitalisme. Aussi aveuglément idiots que le sont les puissants, ils regardent aussi vers le futur.

Au récent sommet de l’OTAN à Strasbourg, le gouvernement du monde discuta de ses solutions au désastre annoncé : des frontières militarisées et des mesures internes de sécurité plus strictes comme les cartes d’identité biométriques et la surveillance. Les puissants sont bien informés que les importantes baisses de productivité agricole liées au réchauffement global, coïncidant avec le pic de population humaine projeté à 9 milliards, résultera à des famines massives. Les populations humaines commencent déjà à migrer à grande échelle pour survivre.

Ça doit être une sorte de force religieuse qui garde les gens ligotés au capitalisme. C’est la force que Debord appelle le spectacle, la force du divertissement et de la publicité, lorsque les relations entre les humains passent non seulement par des commodités, mais par des images produites par le capital qui colonisent nos vies.

Révolution totale.

Même si un capitalisme « vert » zéro-carbone était possible il transformerait inexorablement les ressources naturelles vivantes en capital mort. Si ce n’est pas le carbone, ce sera l’eau, l’atmosphère, la vie elle-même, sacrifiés à l’appétit insatiable du capital pour la reproduction de commodités, même si cela signifie la fin de la reproduction de la vie. Le capitalisme est l’origine de la bio-crise, la dernière et la crise finale du capitalisme.

Camp Action Climat Belgique 29 juillet – 4 Août

Cet été aura lieu un camp “action climat” en Belgique, à Liège, c’est-à-dire une réunion de gens dans “un camp qui soit neutre en matière d’émissions de CO2 et organisé de façon horizontale, orienté vers l’action directe et l’éducation.”

Le lieu exact est encore tenu secret, mais voici une présentation de cette action. On notera toutefois de manière critique que s’il est parlé de crise climatique, il n’est jamais parlé de crise de la situation des animaux sur cette planète.

La crise climatique n’est ici vue que sous l’angle des intérêts humains, ce qui à nos yeux ne donne qu’une vision partielle de la situation… et donc des tâches à mener!

Nous ne voulons pas de FAUSSES SOLUTIONS ni de « GREENWASHING* »

Copenhague aura au moins vu briller une étincelle, qui devrait nous encourager à la construction de notre mouvement à l’avenir: alors que le sommet « officiel » sur le climat fut un échec total, de nombreuses personnes ont montré qu’elles étaient déterminées à agir par elles-mêmes.

En dépit de toute la répression et du manque évident d’ambition dans les discussions à l’intérieur du Bella Center, des protestations à l’extérieur nous laissaient entendre l’appel au changement. C’est sur ce sol que nous pourrions impulser l’élan de notre mouvement pour la justice climatique. Cela ne cesse de se confirmer: nous ne devons pas attendre de vraies solutions de la part de nos dirigeants politiques, mais devenir actifs nous-mêmes!

Au quotidien, de nombreux politiciens, les médias et le monde des entreprises matraquent les citoyens de « vert », tout en continuant à fonctionner comme avant. Leurs solutions ne représentent qu’un lavage de leur produit habituel à la teinture « verte », dans la tentative de maintenir l’insoutenable système capitaliste actuel, par la proposition de mesures qui se conforment au marché libre. Cette approche est de toute évidence loin d’être efficace.

Les sociétés réalisent des bénéfices énormes grâce au commerce des émissions de carbone, alors que les problèmes réels sont dissimulés: un système économique inepte, basé sur le profit, une croissance illimitée et une augmentation constante des inégalités sociales. Les crises économique et climatique actuelles démontrent plus que jamais leurs conséquences désastreuses.

Le changement climatique se produit… maintenant !

Pendant ce temps, le changement climatique s’accentue. Les conséquences pour l’écosystème et les êtres humains deviennent plus claires de jour en jour, particulièrement dans les pays du Sud, parmi les populations les plus pauvres et dans les écosystèmes les plus vulnérables.

Les engagements actuels des pays n’amèneront qu’à limiter l’augmentation de la température à 3 ou 4°C, ce qui correspond à un bouleversement climatique catastrophique.

IL EST TEMPS DE PASSER A L’ACTION

Il est temps de passer à l’action. Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté pour une politique climatique socialement juste et efficace à Copenhague. Des milliers d’activistes ont essayé de pénétrer le lieu de conférence pendant l’action « Reclaim Power », afin de faire pression pour la mise à l’ordre du jour d’une justice climatique et sociale.

Certaines des grandes revendications

À la lumière de la situation politique, le mouvement mondial pour la justice climatique prend de l’allure, favorisant de véritables solutions alternatives. Nos idées et propositions rejoignent les réclamations de CJA (« Climate Justice Action »), un réseau international pour la justice climatique.

  • Nous devons laisser des combustibles fossiles dans le sol. Par contre, nous devons investir dans des énergies renouvelables qui soient contrôlées par la communauté, et réduire rigoureusement l’asservissement à l’énergie de la société actuelle.
  • Le capitalisme global est insoutenable par définition. Nous devons enrayer la surproduction destinée à la surconsommation. Une croissance illimitée n’est pas possible sur une planète aux ressources limitées.
  • Tout le monde devrait pouvoir accéder de manière égale aux biens communs par le contrôle et la souveraineté de la communauté concernant l’énergie, les forêts, la terre et l’eau.
  • Nous devons reconnaître la responsabilité historique de l’élite mondiale et des pays riches du Nord, d’avoir causé cette crise. L’équité entre le Nord et le Sud est essentielle.

Si nous plaçons l’humanité avant le profit et la solidarité au-dessus de la compétition, nous pouvons vivre des vies étonnantes sans détruire notre planète.

Sois actif, viens au Camp Climat!

C’est en ayant tout ça à l’esprit qu’un large groupe d’activistes de Belgique et de l’étranger se sont rassemblé.e.s pour créer cet été un Camp d’Action pour le Climat. Celui-ci aura lieu du 29 juillet au 3 août en région liégeoise. Inscris-toi à notre newsletter trilingue pour être tenu.e au courant des préparatifs (on ne surchargera pas vos boîtes mail!).

Alors que depuis quelques années, des camps régionaux préparaient le terrain pour des actions en faveur du climat, un premier « camp climat » national a eu lieu dans le port d’Anvers en août 2009. Plus de 400 personnes ont ainsi participé à une semaine riche de formations, actions directes, rencontres et échanges.

Des actions furent menées contre l’industrie de la viande, le projet du « Lange Wapper », l’énergie nucléaire, etc. Le temps d’une journée, nous avons également occupé l’entreprise de transbordement de charbon la plus importante du port.

Tout le monde est bienvenu

Nous voulons que le camp soit aussi inclusif que possible et qu’il touche tou.te.s celles/ux qui partagent notre vision. Le camp est un endroit pour les gens qui cherchent des solutions au-delà de la rhétorique creuse des gouvernements et des grosses entreprises ; pour chacun.e qui s’inquiète du fait que les petites mesures prises par ceux-ci ne soient pas assez efficaces pour couvrir l’étendue du problème ; pour tou.te.s celles/ux qui pensent que les politiques actuelles concernant le climat ne font qu’augmenter les inégalités et les injustices ; pour quiconque souhaite trouver des alternatives concrètes ici et maintenant ; pour quiconque s’inquiète de notre futur et souhaite réagir.

Ce n’est pas seulement un endroit pour les activistes expérimenté.e.s, mais également pour tou.te.s celles/ux qui sont intéressé.e.s par la démarche, qui veulent apprendre plus, et cherchent des manières de devenir actifs/ves. Et bien sûr, chacun.e est libre de participer aux actions directes, ou pas !

Nous essayons d’organiser le camp de manière écologique et sans émission de carbone. Permettre aux gens de se rassembler au camp est notre manière de construire un mouvement pour la justice climatique capable de s’atteler à la suspension des causes premières du changement climatique.

Implique-toi !

Viens au camp, ou encore mieux, associe-toi aux étapes de préparation! Nous sommes tous des volontaires et toute aide est la bienvenue. Quel que soit ton bagage, il y a de quoi faire.

Plus d’info et inscriptions à notre newsletter sur http://www.campactionclimat.be.

* « Greenwashing » : « Whitewashing » signifiant « blanchiment », les anglo-saxons ont inventé le terme « greenwashing » pour dénoncer l’action des garants du capitalisme qui vise à « verdir » les produits de façon à ce que ceux-ci « passent mieux » (maintenant que l’état de la planète inquiète), à la manière dont on « blanchit » l’argent sale. Terme difficile à traduire sans y perdre de sa pertinence…