“Hôtel de très grand luxe pour les plus fortunés des cabots”

Avec la crise, s’occuper des animaux et de leur libération serait une activité “petite-bourgeoise” selon ses détracteurs. Nous avions parlé de cette vision anthropocentriste au sujet d’Amnesty International et de l’Observatoire International des prisons (La fausse opposition animaux / humains: quelques exemples très parlant), en voici ici un nouvel exemple.

Il s’agit d’un article publié sur le blog “Great America” qui est tenu par la correspondante à Washington du quotidien Libération. Il traite d’un hôtel pour chiens (on peut voir ici une vidéo de deux minutes à ce sujet).

Et la manière dont le sujet est traité montre le degré de démagogie des anti-animaux, prêts à prendre n’importe quel prétexte – ici le snobisme dénaturé des riches – pour tacler la cause animale dans son ensemble.

La crise? C’est pas pour les chiens

La morosité économique ne semble pas trop affecter les chiens, du moins pas les plus riches d’entre eux.

En Une ce week-end, le Wall Street Journal annonce l’ouverture ce mois-ci à Fort Worth (Texas) d’un nouvel hôtel de très grand luxe pour les plus fortunés des cabots. Le Spa Paws Hotel, exclusivement réservé aux chiens et chats, a représenté un investissement de 4,4 millions de dollars.

La nuit (pour les bêtes seulement, les maîtres devront aller nicher ailleurs) y coûtera jusqu’à 200 dollars par quadrupède. A ce prix, les clebs pourront profiter de vrais lits, avec couvertures en satin, et téléviseur à écran plat. A la boutique de souvenirs, on vendra des colliers Swarovski et des costumes canin de haute couture.

Au salon de soin, le meilleur ami de l’homme sera bichonné selon les principes de la médecine orientale. Le Spa Paws Hotel prévoit aussi d’organiser fêtes de mariage ou d’anniversaire, pour mammifères toujours.

Bien sûr, cela se passe au Texas et dans une ville où les “Paris Hilton girls” ne sont pas rares, souligne le Wall Street Journal, mais ce n’est pas non plus un phénomène isolé.

Toute l’industrie de l’animal domestique a doublé son chiffre d’affaires depuis 2000, elle représentait un total de 4,4 milliards de dollars en 2008 et pourrait atteindre 5,1 milliards en 2011. A Fort Worth même, il existe déjà un hôtel comparable, le Grand Pet Resort and Spa, avec piscine en forme d’os. Les maîtres qui y déposent leurs trésors peuvent aussi acheter des minutes de caresses, appelées PDA pour « Personal Displays of Affection ». Il en coûte 8 dollars pour 10 minutes d’affection.

Les Etats-Unis ne sont pas seuls d’ailleurs à proposer ce genre d’établissements. En vidéo, on peut en visiter d’autres, à Taïwan ou au Québec par exemple.

[Photo de Shannon Stapleton pour Reuters, lors d’un “dog show” à New York, février 2010. Le revers pour les chiens de riches est qu’il faut aussi s’adonner au fitness… (ici jogging sur un tapis roulant)]

Rien que le titre “La crise c’est pas pour les chiens” montre sur quoi joue cet article: sur la remise en cause de “privilèges” qu’auraient les animaux, alors que tant d’humains souffrent. Il est d’ailleurs clairement dit que la “morosité économique ne semble pas trop affecter les chiens”, à quoi est rajouté simplement pour la forme: “du moins pas les plus riches d’entre eux.”

Il s’agit clairement de jouer sur les préjugés, de rapetisser les esprits, de faire un article racoleur et grotesque pour attirer un semblant de lamentable attention.

Voilà pourquoi il est parlé de “clebs” et de “cabots”, il est expliqué qu’il y a un marché en pleine expansion, etc. Tout cela pour monter les lecteurs et lectrices contre ce phénomène.

L’article original du Wall Street Journal explique dans le même ordre d’idée que les refuges élèvent leurs standards… Alors qu’évidemment, la situation des refuges est tout aussi terrible que ceux en France.

Tout cela est lamentable, et montre l’incapacité à voir tous les aspects d’une question dès que les animaux rentrent en jeu. Car nous le snobisme des riches ne nous intéresse pas, mais l’existence de ces hôtels montre qu’en pratique l’humanité pourrait avoir un rapport totalement différent avec les animaux.

Les moyens existent! Il manque juste la culture pour cela!

Voilà ce dont témoigne l’existence de cet hôtel. L’humanité pourrait faire bien mieux que saccager et détruire la planète, exploiter et dominer les animaux.

La journaliste à l’origine de l’article ne peut évidemment pas voir les choses ainsi: ce qui l’intéresse c’est le racolage. Elle fait d’ailleurs la performance de faire un blog sur les USA depuis décembre 2009, avec seulement trois articles sur les animaux (celui dont nous parlons ici, un sur des chiens employés par un tribunal pour rassurer des enfants, un sur la politique).

Ce qui montre bien qu’est ici présent l’idéologie de la soumission de la nature et des animaux. La défense de la Terre et de la nature non enchaînée est un critère essentiel pour savoir qui est dans le bon camp, et qui ne l’est pas!

Front de Libération de la Terre

Steve Jones, un membre du comité d’administration de la Bank of America, le principal investisseur des Etats-Unis pour les mines de charbon à ciel ouvert dans les montagnes, a vu sa maison en Caroline du Nord visité deux fois par le Front de Libération de la Terre, à deux semaines d’intervalles. Les activistes ont commis de mineurs actes de vandalisme (autocollants, peinture noire, etc.) comme avertissement. La Bank of America locale a également été visée.

La couleur noire a été choisie (au lieu du rouge traditionnel) comme symbole de la pollution causée par les mines dans le Tennessee. L’exploitation des mines de charbon à ciel ouvert dans les montagnes est combattue depuis longtemps par les activistes pour la planète aux USA (ici un PDF avec une petite liste des films, articles, livres et sites à ce sujet).

L’opération nécessite en effet la déforestation, la destruction de toute vie locale, la démolition continue de la montagne à coup d’explosifs, le passage incessant de camions, la destruction des ruisseaux et de toute nature dans l’environnement immédiat, la pollution continue de la région, etc.

Ici on a quelques photos des activités d’une telle mine en France, là de très impressionnantes photos de la mutilation des montagnes.

Le communiqué se termine par: « Pour les enfants, pour les ours, pour les montagnes, pour les loups, pour les poissons, pour notre mère [=la Terre], nous reviendrons. Front de Libération de la Terre. »

Ici le communiqué original en anglais, publié le 17 juillet par l’office de presse de l’ELF pour l’Amérique du Nord:

North Carolina: Steve Jones, a member of the board of directors for Bank Of America, the United States’ primary investor in mountain top removal coal mining, had his house visited twice during the night recently.

On the eve of the Summer Solstice, we visited him the first time, smashing the front window on the cute lamp in his driveway and leaving a sticker on the post to let him know why we’d visited. Also on this night we glued the locks and put stickers on a Bank Of America branch in his town. 2 weeks later, on the eve of the full moon we returned to his house and smashed to bits the rest of the lamp and splattered black paint all over the sign with his address/mail box and steps/walkway.

Animal rights activists have long used red paint to mark murderers of many sorts; we chose black paint because it is black like the coal sludge that covers Tennessee, making the earth toxic in a disaster said to be worse than the Exxon Valdez spill. This disaster was uncommon only in that it got press coverage.

It is black like the water that comes out of the taps when people in effected communities turn on their taps for water. And it is black like your heart. For the kids, for the bears, for the mountains, for the wolves, for the fish, for our mother, we will be back. ELF.