• Le bilan de la COP23

Le mouvement anti-CASTOR en Allemagne et le ballast

Sur les voies de chemin de fer, on trouve des rails mais également du gravier, des pierres. On appelle cela le ballast, et cela sert à intercepter les vibrations, afin que ni les rails ni le sol ne se déforment.

La campagne contre le CASTOR en Allemagne vise à bloquer les rails mais également à dégager tout le ballast. Inévitablement, cela demande du temps, et il est évident que qui dit temps dit affrontement, car la police ne laissera pas faire.

C’est de cela que parlent les « groupes autonomes » dans le texte suivant et diffusé en Allemagne : il salue le courage du mouvement anti-nucléaire dans son ensemble à chercher le blocage véritable du CASTOR, mais tout le monde est-il prêt à payer le prix pour cela?

Pensées de quelques groupes autonomes à la campagne « Castor ? Ballastons! »

Joie

L’appel « Castor ? Ballastons! » promet bien plus que par exemple le blocage du G8 pendant sa réunion en 2007 à Heiligendamm. A l’époque, le concept de la campagne ne devait pas remettre en question le grillage de sécurité, et cela a également été imposé par les organisateurs de l’union contre le G8.

Lors du Castor de cette année, une action de masse doit rendre impraticable, pour le transport du Castor, la voie entre Luneburg et Dannenberg. Nous pensons également que c’est le but adéquat, parce que rester devant les rails et exprimer son mécontentement là-bas de manière bruyante est certainement important, mais également frustrant, et ayant peu d’effet.

L’action s’appuie sur un moyen qui a déjà fait ses preuves dans le Wendland, le ballastage. La forme d’action suit le principe éprouvé des cinq doigts : des milliers de gens tentent d’arriver aux rails, d’éjecter le plus possible de ballast et de rendre impraticable la voie, par différents moyens.

Tout le monde est invité à participer, autonome comme agricultrice, anarchiste comme activiste écologiste. Un projet osé, car jusqu’à présent dans le Wendland les différents courants menaient parallèlement leurs actions.

L’unité consistait simplement à s’accepter mutuellement et de ne pas se mettre de bâtons dans les roues, c’est-à-dire de laisser les différentes formes de résistance se dérouler, de manière multiple : ici on parle, là-bas on résiste, ici on forme des barricades, qui sont incendiées par d’autres, là-bas on jette des oeufs ou des pierres et tout cela, sans que les années passées à l’intérieur du mouvement du Wendland ou de protestation anti-nucléaire on en soit venu à de réelles brouilles.

Cette acceptation et ce respect mutuel n’a jamais été discuté en 30 années de résistance dans le Wendland (oui, oui, il y a des exceptions). Et cette année également il y a des actions variées : résister, la campagne de blocage, les agriculteurs, etc. Avec la campagne « Castor ? Ballastons! » il y a la tentative d’amener à lutter ensemble beaucoup de gens ayant des expériences pratiques différentes et des formes de résistance différentes. Les autonomes aux côtés des soit-disant non-violents – cela promet d’être captivant et nous espérons qu’il y aura solidarité et un respect mutuel.

Selon le consensus de l’action… « nous dépasserons ensemble les blocages policiers, en les contournant ou en y allant massivement (…). Notre but est de rendre impraticable les rails, et non pas d’attaquer la police. » Nous pouvons soutenir cela, parce que les rails cassés sont l’objectif de l’action. La question qui reste : que se passe-t-il quand les flics attaquent ?

Et « action de désobéissance civile » ou bien « action non-violente » : les flics nous attaqueront, et cela non pas de manière douillette, mais bien avec des matraques, des gazeuses au poivre, des canons à eau.

Parce que la situation dans le Wendland est différente de par exemple l’action de masse à Heiligendamm. Là-bas, les décisions politiques et les routes déviées pour les délégations ont amené une intervention policière plus mesurée, lors de l’action de masse pour bloquer le G8. Dans le Wendland, il n’y a pas de déviations, et la décision politique quant au transport de Castor a été faite par tous les partis politiques lors de leur présence au pouvoir, et ce jusqu’à aujourd’hui.

Le transport passera, à coups de matraques, et la question de la défense reste donc posée.

« Castor ? Ballastons! » donne comme mot d’ordre : une protection face aux forces de police intervenantes est clairement souhaitée « afin de rester suffisamment de temps sur les rails, pour pouvoir rendre impraticable la voie. »

Est également souhaité expressément l’utilisation de moyens, qui ne sont pas en tout cas « non violents », comme les habits de protection, des coussins, des matelas pneumatiques, des banderoles, etc. tant que l’idée de base n’est pas torpillée et ne menace évidemment pas les autres participantEs de l’action.

Nous trouvons cela juste, et donc à toutes les personnes impétueuses : pas de jets de pierre depuis le trentième rang, qui n’atteignent que nos propres gens ! L’utilisation de moyens de défense doit être réfléchie et tactique, que ce soit les coussins, les pierres ou les gazeuses.

C’est également une bonne nouvelle que l’union « Castor ? Ballastons! » s’est exprimée en faveur de la solidarité : toute personne poursuivie par la police trouvera protection dans les rangs de l’action principale, que ce soit quelqu’un participant à un sit-in de blocage, quelqu’un dégageant dix tonnes de ballast, ou bien soutient par le jet de pierres tactique un blocage ou bien le dégagement du ballast.

Il n’en a pas toujours été ainsi dans les actions communes, comme lors du sommet du climat à Copenhague. Le comportement solidaire est pourtant pour nous une précondition au fait de mener des actions communes.

Scepticisme

Jusqu’à présent, la résistance dans le Wendland a réussi à construire de nombreuses choses, sans le grand soutien de « personnalités » ou de figures politiques. Justement parce que la résistance est auto-organisée, les groupes autonomes en font partie depuis des décennies. Sans grande organisation centrale, les initiatives à la base les plus diverses ont organisé ensemble la protestation, dans le Wendland et à partir du mouvement anti-nucléaire, pendant des décennies, par l’organisation régulière de « conseil. »

Nous craignons ainsi que les prétendus managers du mouvement fassent vaciller cette structure démocratique à la base, et que la résistance dans le Wendland, après les protestations comme les sommets, est pour eux un nouveau terrain de jeu, où ils comptent imposer leurs règles.

Nous nous demandons également quel est le sens de la grande action « Castor ? Ballastons! » si elle s’appuie sur le fait d’être rejoint par le plus possible de représentants connus des partis politiques et de la vie publique.

L’expérience a montré plus d’une fois que ceux qui se pressent dans les mouvements de base (pour des raisons purement populistes) en parlent mal dès qu’ils sont arrivés au pouvoir, s’en distancent, empêchant et pacifiant toute nouvelle résistance.

La compréhension du fait que cela se passe comme cela a amené justement par la pression des initiatives anti-nucléaire que soient exclus du soutien à l’action les partis « Les Verts » et le « Parti Socialiste. » Pourquoi justement le parti « La Gauche » est permis et agirait différemment dans le futur, cela reste le secret du cercle de préparation de l’action.
La distanciation n’est cependant pas venue dans le passé que des personnalités, mais également des porte-paroles des grandes actions, justement quand les gens ne s’en tiennent plus aux consignes des organisateurs de l’action, prenant leur propre destin dans les mains. Par exemple quand ils jettent ensuite peut-être une pierre, ou un oeuf rempli de peinture sur un canon à eau, qui lui projette des milliers de litres de mélange de gaz et d’eau sur les participants autour. Par exemple quand ils empêchant une voiture de flic de continuer sa route, alors qu’elle amène un renfort de Robo-Cops suréquipés.

La colère et la décision de s’opposer à l’Etat atomique avec toutes ces facettes, et d’attaquer de manière offensive ceux qui permettent le transport par la violence, est quelque chose qui grandit avec chaque transport de Castor de plus.

Et maintenant ?

Ce qui reste, c’est la question de savoir si cela a tout de même un sens de participer à l’action, en tant que groupes autonomes. Beaucoup de groupes autonomes pensent que oui, parce que l’objectif est juste et que le consensus quant à l’action montre que cet objectif peut être atteint par différents moyens.

Le cadre de l’action prévoit d’aller de manière décidée et avec confiance en soi pour se protéger des flics, ce qui donne à toute l’action une chance réelle de réussir. Mais il est évident que cela va être violent au niveau des rails.

Cette action ne se déroulera pas de manière « non violente. » Les images à la télévision montreront des nez ensanglantés par des coups de matraque, des yeux rougis par les gazeuses policières, il y aura le radotage sur les « casseurs autonomes » et tel ou tel policier blessé sera interviewé.

Nous espérons qu’il y aura également les images de gens s’opposant aux flics de manière décidée, avec des matelas, des banderoles, des coups de pieds, des jets de pierre et des coups de poing, des images de gens éjectant des tonnes de ballast et qui montrent ses limites à l’Etat atomique.

Et également des images de gens qui par autodéfense font que les flics restent à distance, afin que vraiment il ne reste aucun ballast. Est-ce que la campagne « Castor ? Ballastons! » se distanciera par la suite de ces images, nous le verrons. Nous espérons que non – car nous voulons lutter ensemble et ce n’est qu’ensemble que nous ferons vaciller le pire.

Quelques groupes autonomes

Compte-rendu de l’initiative anti-vivisection

Voici le communiqué de la Coalition Anti Vivisection au sujet de la manifestation à laquelle elle appelait samedi dernier.

Dimanche, 26 Septembre, 2010

La majorité des personnes qui étaient présentes sont des acteurs de l’univers militant et font partie d’un noyau dur qui doit rester uni pour les animaux.

C’est à nous d’informer le public sur les conditions de vie des animaux de laboratoire et de lui expliquer que l’expérimentation animale n’est pas un mal nécessaire. N’hésitez pas à vous appuyer sur les ouvrages de Hans Ruesch car, à l’instar de l’Italie, nous devons perpétrer le message de ce grand homme.

Le samedi 25 septembre 2010, des manifestations ont eu lieu à Paris, Rome et Catane pour dénoncer les atrocités de l’expérimentation animale et réclamer une science efficace, sans animaux.

Nous ne sommes pas surpris d’apprendre que ce sont plusieurs milliers de manifestants italiens à s’être mobilisés à Rome.

En effet, l’Italie a un passé anti-vivisectionniste beaucoup plus important qu’en France. C’est là bas qu’a le plus œuvré le père de ce mouvement, Hans Ruesch.

Ce dernier a démasqué les spéculateurs de la grande fraude médicale, illustrant scientifiquement et humainement tout le mal causé par l ‘expérimentation animale, et dévoilant au grand jour les liens étroits existant entre pouvoir politique et industrie pharmaceutique.

Hans Ruesch s’est battu inlassablement pendant plus de 30 ans contre la scandaleuse notion de « mal nécessaire », par laquelle la recherche essaye froidement de justifier les tortures inutiles qu’elle inflige à des êtres fragiles, apeurés et sans défense.

L’annonce de la participation française, à cette journée de manifestations, a été accueillie avec surprise, enthousiasme et admiration par la population italienne.

Si pour la marche nous n’étions pas des milliers de manifestants mais plusieurs centaines, une telle mobilisation était tout de même exceptionnelle pour un sujet encore très tabou en France.

Par cette impressionnante mobilisation, nous avons enfin pu prouver aux politiciens, aux forces de l’ordre et aux médias (qui couvraient un événement sans profondeur), que le sujet de l’expérimentation animale peut déplacer les foules.

Nous devons décupler le nombre de manifestants pour la prochaine marche qui aura lieu à l’occasion de la SMAL (Semaine Mondiale pour la libération des Animaux de Laboratoire) d’avril 2011 !

Merci à tous les participants d’avoir donné de la crédibilité à cette cause et permis de montrer que nous voulons la mise en place d’une politique volontaire de la part du gouvernement français, notamment par le financement de méthodes substitutives non-animales.

T-shirts et mugs anti-vegans

Rien ne va jamais en ligne droite. Plus le veganisme avance, plus il se confonte à l’anti-veganisme. Voilà pourquoi il y a toujours eu une partie des personnes veganes qui capitulent.

Et il est faux de penser: “elles ne l’étaient pas vraiment”. Non, en fait elles ont cédé devant la pression, dont voici un exemple pathétique mais représentatif: des t-shirts, des mugs, des cravates anti-vegans.

On ne devient pas vegan pour soi, mais pour les animaux. Perdre cela de vue est un pas vers la capitulation dans la bataille pour la libération animale.

Les fédérations des chasseurs tentent d’enrayer la chute de leurs effectifs

Les chasseurs, unis à De Villiers lors des élections europénnes (liste “Libertas”), ont parfois eu de très bons scores. Leur capacité de mobilisation est réelle! Ici un communiqué du rassemblement anti-chasse au sujet d’une récente campagne des chasseurs:

Depuis plusieurs dizaines d’années, le nombre de chasseurs en France est en nette diminution.

Voyant leur force électorale -la seule force dont ils disposent- se réduire, les chasseurs s’inquiètent de cette perte d’effectifs et tentent d’y remédier.

Nous avons constaté qu’ils utilisent deux principaux moyens.

-Les interventions dans les écoles pour recruter la jeunesse :

Il est de plus en plus fréquent que les chasseurs se déplacent dans des écoles primaires. Cela concerne particulièrement les enfants de 8 à 10 ans, étant sans doute ceux dont l’esprit critique n’est pas encore bien développé, donc les plus intéressants…

Il y a d’ailleurs eu récemment un accord entre le président de la fédération nationale des chasseurs et le ministre de l’Education Nationale pour que les chasseurs puissent bénéficier d’une “labellisation” afin de pouvoir intervenir encore plus facilement dans les classes.

Ils essayent également d’encourager les enseignants à emmener leurs élèves visiter des “maisons de la chasse et de la nature”.

Le Rassemblement Anti Chasse s’oppose vivement à ce procédé honteux. Comment le principe de neutralité peut-il être respecté lorsque les chasseurs viennent redorer leur blason dans les écoles ? Le rôle de l’Education nationale est-il d’apprendre à tuer, d’inciter à la violence et au mépris de la vie ? Protégeons nos enfants de ce prosélytisme insalubre ! Interdisons à ce groupe de pression d’intervenir dans les écoles.

-Le remboursement, total ou partiel, des frais liés au permis de chasse :

D’une « réduction de 50 % sur le prix de la carte » à un « régime de gratuité totale » en passant par la possibilité de chasser pour « la somme symbolique d’un euro », chacun choisit son offre pour attirer de nouveaux chasseurs, en particulier les jeunes, pour qui les remises sont généralement plus importantes.

Car chaque année de nombreux chasseurs ne renouvellent plus le permis de chasse. Encore une fois, l’incitation financière est à la clef : « Le but est de conduire ces chasseurs à re-valider leur permis, grâce à un système de parrainage ».

Le Rassemblement Anti Chasse trouve ce procédé malsain. N’ont-ils pas encore compris que le manque de nouveaux chasseurs n’est pas lié à un problème pécuniaire, mais à un désintérêt pour la chasse ? La notion du respect de l’animal se développe, en particulier chez les jeunes. Que faire si tuer des animaux pour se distraire ne leur plaît plus ?

Le RAC est dans la presse :

Nous remercions notre délégation locale du Poitou-Charentes qui vient de réagir, auprès de la presse, à l’une de ces opérations de “racolage”. Celle-ci a eu lieu à la Foirexpo de Niort, où les frais d’inscription au permis de chasse ont été offerts à 69 visiteurs. L’article est disponible sur ce lien.

Manifestation anti-écologie

Interview de Jean-Louis Butré, l’un des organisateurs de la manifestation anti-éolienne du samedi 4 octobre à Paris. « Nous sommes horrifiés à l’idée de voir 15.000 mâts qui vont tourner sur la France alors qu’on a un des pays les plus beaux au monde, que certains veulent uniformiser. »

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