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Le Parlement européen ne se prononce nullement pour la fin des lapins en cage

Voici un exemple tout à fait exemplaire de l’escroquerie que représente le bien-être animal.

Il s’agit, encore une fois, de la journaliste Audrey Garric qui est à l’oeuvre, à travers le blog écologie du journal Le Monde, avec un article au titre racoleur :

Le Parlement européen se prononce pour la fin des lapins en cage

Il est expliqué la chose suivante :

« Mardi 14 mars, les députés européens ont voté, en séance plénière, un rapport d’initiative demandant l’élaboration de « normes minimales » pour améliorer le bien-être de ces mammifères et notamment la suppression progressive des cages.

Ils ont également appelé la Commission européenne à adopter une législation spécifique sur cet élevage industriel répandu mais qui reste méconnu. »

Est-ce vrai ? Absolument pas. Ce ne sont pas les députés qui ont voté, mais ceux de la commission de l’agriculture.

Il ne s’agit pas d’un rapport au sens strict, mais d’un projet de résolution.

Par conséquent, et naturellement, cette résolution est symbolique, c’est une proposition.

[Le parlement a bien voté en faveur de la résolution – qui est purement symbolique, rappelons le – à la suite de sa mise en place, avec 29 voix pour, 7 contre et 9 abstentions, sur un total de… 751 députés, la quasi totalité ne s’étant donc pas déplacé pour l’occasion, voyant « l’inutilité » de la chose!]

Le titre expliquant que « le Parlement européen se prononce pour la fin des lapins en cage » est donc entièrement mensonger. Il n’est pas que trompeur, il ne consiste pas en une erreur.

Il est un mensonge qui relève de l’idéologie du pseudo-progrès vanté par les partisans du « bien-être animal ».

L’article donne d’ailleurs à plusieurs reprises la parole à Léopoldine Charbonneaux, directrice de CIWF France (à la quelle était liée la « Protection mondiale des animaux de ferme »).

En voici un exemple :

« C’est une victoire formidable, un changement de paradigme. Ce combat était difficile car les lapins sont souvent associés aux clapiers. Mais les cages sont bien pires.

Nous nous réjouissons que le texte parle de leur fin progressive et non de leur aménagement, se félicite Léopoldine Charbonneaux, qui avait remis aux ministres européens de l’agriculture une pétition de 600 000 signatures en ce sens.

C’est un signal fort que la Commission ne peut ignorer. »

L’article est pourtant lui-même obligé de concéder que ce n’est pas le cas du tout :

« L’exécutif européen n’a aucun projet en ce sens, a toutefois indiqué dans l’hémicycle la commissaire chargée des consommateurs, Vera Jourova. Les lapins, a-t-elle rappelé, sont déjà protégés par une directive du Conseil concernant l’ensemble des animaux dans les élevages, datant de 1998.

En outre, « la Commission est d’avis que les Etats membres concernés sont les mieux placés pour gérer les problèmes relevant de la production de lapins« , a-t-elle ajouté. »

Mais donc pourquoi alors ne pas constater l’inanité de l’initiative, sa vanité ?

Tout simplement, parce qu’il y a besoin de prétendre qu’il y ait un progrès, il y a le besoin de faire miroiter l’espoir fumeux que les choses changent, même lentement.

On est ici dans une escroquerie morale, une arnaque pratique qui permet aux associations de bien-être animal de siphonner les personnes engagées et les moyens, tout cela pour amener dans un cul-de-sac complet.

La responsabilité historique de ces gens est énorme. Tout comme par ailleurs ceux, bien entendu, qui ont organisé cette résolution à la commission de l’agriculture.

Voici d’ailleurs ce qu’on lit dans l’exposé des « motifs » de la résolution. Le passage est long, mais il est nécessaire de l’avoir en entier, pour bien comprendre que de bout en bout, il est ici lutté pour la pérennité de l’exploitation animale, sa modernisation, l’amélioration de son image…

« Avec ce rapport d’initiative, votre rapporteur entend lancer un vaste débat sur l’élevage de lapins dans l’Union européenne et sur les méthodes de détention des lapins d’élevage, et encourager la Commission européenne à présenter une proposition législative ambitieuse.

La proposition devrait viser à combler les lacunes existantes qui donnent lieu à de graves abus en matière de bien-être animal dans la détention, l’élevage, la production, le transport et l’abattage des lapins d’élevage.

Dans l’Union européenne, les conditions de bien-être et les besoins propres à l’espèce des lapins sont la plupart du temps ignorés dans l’Union européenne.

Dans la majorité des États membres, il n’y a pas de législation spécifique contenant des exigences minimales obligatoires pour la protection des lapins dans l’agriculture.

L’application, la mise en œuvre et le respect des réglementations européennes et nationales sur le bien-être animal en général sont globalement insuffisants et les installations habituellement utilisées dans l’Union pour l’élevage et l’engraissement des lapins destinés à la production de viande ne satisfont même pas aux normes les plus élémentaires de bien-être animal.

Il est urgent d’améliorer la situation des lapins d’élevage dans l’Union et, de l’avis de votre rapporteur, la meilleure voie à suivre serait l’adoption d’une législation européenne imposant des normes minimales pour la protection des lapins dans les élevages.

Votre rapporteur a formulé plusieurs recommandations dans le présent rapport et dans le document de travail qui l’a précédé.

En bref, il est impératif d’éliminer progressivement l’élevage de lapins en batterie dans des cages stériles grillagées et de s’orienter vers d’autres méthodes d’élevage telles que les systèmes de parcs qui prévoient un espace suffisant par lapin et dans lesquels les lapins peuvent être élevés en groupes.

Les éleveurs procédant à cette reconversion devraient recevoir un soutien dans le cadre des programmes de développement rural de la PAC. Les systèmes de logement pour les lapins devraient comporter des plates-formes ou un espace similaire surélevé et suffisamment de matériaux d’enrichissement.

En outre, les temps de transport devraient être aussi limités que possible, en raison de la sensibilité de l’espèce, et les lapins devraient être nourris avant le transport et devraient disposer de suffisamment de nourriture, d’eau et d’espace pendant le transport.

Les caisses et cages de transport devraient permettre une position normale. Enfin, les lapins devraient être complètement étourdis avant l’abattage, en veillant à ce qu’il n’y ait ni souffrance, ni douleur ou stress. L’abattage devrait être fait en évitant que l’animal étourdi reprenne conscience.

Par ailleurs, votre rapporteur estime que l’adoption d’une législation européenne assurerait une interprétation uniforme, créerait des conditions de concurrence équitables et répondrait à la demande croissante des consommateurs d’une meilleure protection des animaux dans l’agriculture.

Ces dernières années, les grandes organisations et ONG européennes actives dans la protection du bien-être animal ont de plus en plus souligné la question de l’élevage de lapins et ont lancé des campagnes pour l’abolition des cages en batterie. On peut s’attendre à une augmentation de la pression du public sur cette question dans un avenir proche.

Enfin, compte tenu des maladies propres à l’espèce et du taux élevé de mortalité associés à l’élevage des lapins, l’administration systématique et généralisée d’antibiotiques est devenue une nécessité. Cette réalité exacerbe les problèmes liés à l’augmentation de la résistance antimicrobienne.

L’élevage des lapins sous sa forme actuelle pose ainsi également un problème de santé publique, d’autant plus que des antibiotiques très puissants, de dernier ressort ou de réserve, sont utilisés dans ce domaine.

Votre rapporteur est convaincu que le remplacement de l’élevage en cages par des systèmes d’enclos réduirait la nécessité de recourir à des antibiotiques et diminuerait ainsi les risques pour la santé publique.

Votre rapporteur est d’avis que, si ces recommandations étaient reprises dans une proposition législative future imposant des normes minimales pour la protection des lapins d’élevage et si, afin d’assurer des conditions équitables, ces mêmes normes s’appliquaient aux produits à base de lapins qui sont importés, nous pourrions alors commencer à améliorer la santé et le bien-être de millions de lapins élevés dans l’Union européenne et satisfaire aux exigences des consommateurs qui demandent des normes plus strictes en matière de bien-être animal dans l’agriculture. »

L’exploitation animale a un allié de poids avec les partisans du « bien-être animal » !

« Animal Politique », fédération du réformisme du « bien-être » animal

Hier s’est tenu à l’Assemblée Nationale un colloque dont le titre était « Animal Politique-La condition animale au coeur des enjeux politiques ».

Les deux organisatrices étaient Laurence Abeille, députée EELV du Val-de-Marne, et Geneviève Gaillard, députée socialiste des Deux-Sèvres, avec comme « ambition de mettre la condition animale au cœur des enjeux politiques dans la perspective d’une année électorale décisive, 2017 ».

C’est donc une tentative d’institutionnalisation de la question animale, soutenue par la liste suivante d’associations :

Alliance Anticorrida – Antidote Europe – ASPAS (Association pour la Protection des Animaux Sauvages) – Association Stéphane Lamart – AVF (Association Végétarienne de France) – C’est Assez ! – CIWF France (Compassion In World Farming) – CNSPA (Confédération Nationale des SPA) – Code Animal – CRAC Europe (Comité Radicalement Anti Corrida) – FLAC – Fondation Assistance aux Animaux – LFDA ( La Fondation Droit Animal, éthique et sciences) – Fondation Brigitte Bardot – Fondation 30 millions d’amis – FUDA – IFAW France (International Fund for Animal Welfare) – L214 – OABA (Oeuvre d’Assistance aux Bêtes d’Abattoirs) – One Voice – PETA France (People for the Ethical Treatment of Animals) – Welfarm – Pro Anima – SNDA (Société Nationale pour la Défense des Animaux) – Sea Shepherd – la SPA (la Société Protectrice des Animaux) – 269 Life France.

Une telle logique de « fédération » était le rêve de feue l’association « Droits des animaux », le voici se réalisant comme plate-forme pour le « bien-être animal ».

Car on se doute bien que dans une telle perspective, le véganisme ne saurait être qu’entièrement accessoire, une variante plus « radicale », mais certainement pas la base du processus.

D’ailleurs, la présidente de la Société protectrice des animaux (de Paris) est très claire dans ses propos à l’Humanité : les lois sont suffisantes, il suffit juste de les appliquer, le véganisme c’est non.

De nouvelles mesures législatives sont-elles nécessaires pour assurer le bien-être animal ?

Natacha Harry : « La loi a déjà évolué, mais cela n’a pas été suivi d’effet. La reconnaissance de l’animal comme être sensible est resté de l’ordre du symbolique.

Mais elle n’est pas appliquée sur le terrain. Nous sommes chaque jour confronté à ce paradoxe et nous interpellons régulièrement les pouvoirs publics. On peut toujours faire une loi qui s’additionnera aux autres, mais appliquons déjà celles qui existent. Nous essayons d’avoir une démarche pragmatique. Ce qui est inscrit dans le code civil notamment est déjà très clair. »

N’y a-t-il pas à l’inverse un extrémisme de la cause animal pour arrêter toute consommation de produit animal ?

Natacha Harry : « Nous ne sommes pas sur ce dogme. A la SPA, nous respectons ceux qui mangent de la viande comme ceux qui n’en mangent pas. Ce que nous ne pouvons admettre, c’est que l’animal soit abattu de manière indigne. »

Des propos qui ne sont guère surprenants de cette personne qui a fait des études de vétérinaire et de marketing à HEC, ayant présenté et produit ensuite des émissions comme « Le Magazine de l’élevage [de chevaux]. » On peut se demander ce qu’elle peut bien penser de l’association 269 dont l’une des démarches connues d’activistes est de se faire marquer 269 au fer rouge!

Mais tout cela est bien secondaire sans doute, puisque la fédération à naître compte coordonner l’ensemble sans accrocs :

« Animal Politique », ce sont 27 organisations nationales de protection animale associées pour lancer la mobilisation associative et citoyenne.

Un colloque, des intervenants et des prises de positions, qui au delà des questions, apportent des propositions pour un nouveau projet de vie avec le monde animal.

Le colloque présentera un premier état des lieux et des perspectives envisagées pour la condition animale, avec l’objectif de proposer un « manifeste » commun dont l’ambition est de peser fortement sur les élections présidentielles et législatives de 2017. Ce manifeste, rédigé par les associations fédérées en groupes de travail, sera présenté à l’automne, lors d’un second événement national.

Il est tout à fait logique de voir que L214 fait partie des associations : peu importe la morale, on est ici dans le pragmatisme pur et dur. Ce que nous appellerons de la naïveté (ou de l’hypocrisie), car croire que dans un pays socialement en catastrophe on puisse faire avancer la question sans s’affronter aux grandes entreprises et en contournant le peuple, c’est totalement absurde…

Concluons sur le programme et posons une dernière question éthique : est-il cohérent de donner la parole à des personnes non-véganes et de proposer des adresses de restaurants non végétaliens pour parler de la question animale ?

« ANIMAL POLITIQUE » : le programme

9h : passage des contrôles de sécurité avec pièce d’identité obligatoire et votre invitation. Accueil et café
9h30 : ouverture du colloque par les députées Laurence Abeille et Geneviève Gaillard

10h00 – Comment ce que nous savons des animaux doit nous mobiliser pour changer les politiques ?
Briser l’écart entre l’état des connaissances scientifiques et la prise en compte sociétale de l’animal.
Avec :
Pierre Jouventin, directeur de Recherche au CNRS en éthologie des oiseaux et mammifères,
Vincent Message est écrivain et maître de conférences en littérature générale et comparée et création littéraire à l’université Paris 8 Saint-Denis.
Martin Gibert, philosophe,
Geneviève Gaillard, députée des Deux-Sèvres et présidente du groupe d’études « protection animale » à l’Assemblée Nationale.
Débat avec le public.

Pause déjeuner.
12h15 – 13h30 : pause déjeuner, au retour, prévoir le temps de repasser les contrôles de sécurité
14h00 – reprise du colloque

14h00 – Comment les médias et les lanceurs d’alertes contribuent à la mobilisation associative et citoyenne ?
Historique et moyens des acteurs de la protection animale, vers une mobilisation qui peut gagner en efficacité.
Avec :
Audrey Garric, journaliste, chef adjointe du service Planète/Sciences pour « Le Monde »,
Audrey Jougla, journaliste et écrivain,
Hélène Thouy, avocate et co-fondatrice de l’association Animal Justice et Droit.
Débat avec le public.

– Comment les connaissances actuelles influencent l’intégration de la question animale dans le droit et l’enseignement ?
L’intégration de la question animale dans les cursus universitaires et les formations professionnelles, levier d’évolution sociétale et politique.
Avec :
Florence Burgat, philosophe, directrice de recherche à l’INRA, co-rédactrice en chef de la revue semestrielle de droit animalier.
Jean-Pierre Marguénaud, professeur de droit privé et de sciences criminelles, membre de l’I.D.E.D.H (Institut de Droit Européen des Droits de l’Homme) et directeur de la Revue Semestrielle de Droit Animalier
Débat avec le public.

– « Animal politique » ? Comment construire un projet politique pour la condition animale et lancer la mobilisation ?
Consacrer le respect du bien-être animal dans la mobilisation politique
Avec :
Melvin Josse, doctorant en sciences politiques à l’université de Leicester, auteur de Militantisme, politique & droits des animaux.
Corine Pelluchon, professeur de philosophie, spécialisée en philosophie politique et en éthique appliquée, auteure de nombreux ouvrages, notamment : Les Nourritures. Philosophie du corps politique, Paris, Seuil, coll.  » L’Ordre philosophique », 2015.
Laurence Abeille, députée du Val-de-Marne et présidente du groupe d’études sur la biodiversité -à l’Assemblée Nationale
Débat avec le public.
Fin du colloque – Clôture par Laurence Abeille et Geneviève Gaillard

« ANIMAL POLITIQUE » : les informations pratiques !
Lieu : Assemblée Nationale, salle Victor Hugo,
101 rue de l’Université, 75007 Paris.
Métro : Invalides ou Assemblée nationale

Pour déjeuner :
Le Bourbon
01 45 51 58 27
1 Place du Palais Bourbon, 75007 Paris

Casa Germain (italien)
83 Rue de l’Université, 75007 Paris.
01 44 18 07 04

Café des ministères
83 Rue de l’Université, 75007 Paris
01 47 05 43 62

Bistrot saint-Dominique
131 Rue Saint-Dominique, 75007 Paris
01 45 55 80 42

Cuisine végétarienne

La verrière
24 Avenue de Tourville, 75007 Paris
01 77 18 39 16

Veggie
38 Rue de Verneuil, 75007 Paris
01 42 61 28 61

Le Monde fait l’éloge de L214

C’est une opération de promotion de la plus haute qualité. Hier, le quotidien a mis l’association L214 en tête d’affiche de sa version papier, ainsi que sur le site du Monde, avec plusieurs articles mis en avant, et deux actualités.

La première est un article intitulé « Un nouveau cas de cruauté mis au jour dans un abattoir français« , avec une vidéo vue en exclusivité par Le Monde. Ce qui signifie bien évidemment que cela a été préparé en amont, avec l’aval de la direction du quotidien, à l’occasion d’une vidéo « choc » où l’on voit des animaux martyrisés lors de leur mise à mort.

La seconde, intitulée « L214, la méthode choc pour dénoncer les abattoirs » mais disponible en lien sous le titre « L214, des végans contre les abattoirs », consiste en une biographie des deux dirigeants.

Les deux articles ont été écrits par la journaliste du Monde Audrey Garric, que nous critiquions tout récemment en raison de sa position relativiste par rapport à un écocide de manchots (voir Écocide de manchots : « la réalité est beaucoup plus nuancée »).

Sur le fond, elle a « très bien travaillé » : L214 est présentée comme une association entendant radicalement abolir l’exploitation animale, avec des dirigeants sérieux et légalistes actifs depuis longtemps dans cet esprit institutionnel et médiatique, disposant d’un vaste budget de 600 000 euros par an, etc.

On trouve également, preuve de la bonne organisation, deux réactions suite à ce nouveau scandale de maltraitance dans un abattoir (ce qui est tout de même un pléonasme) : celle du directeur « choqué » de l’abattoir, ainsi que du directeur général de l’alimentation, qui exprime des propos allant dans le sens de L214, ce qui ne doit bien entendu rien au hasard :

« S’ils sont confirmés, ces faits sont inacceptables, et entraîneront une enquête judiciaire et administrative, avance Patrick Dehaumont, directeur général de l’alimentation, qui dépend du ministère de l’agriculture, avant d’avoir pu voir les images. S’il y a bien une nouvelle dérive, nous ne pourrons pas en rester là : il faudra renforcer les contrôles, avec une présence d’agents plus fréquente et peut-être une pose de caméras. »

Par la suite, l’abattoir en question a été fermé, le ministère de l’agriculture a demandé une enquête dans chaque abattoir dans les trente jours, le vice-président de la Confédération française de la boucherie s’est dit sur BFMtv scandalisé par ce qu’on voit dans la vidéo,  etc.

C’est un fait que l’on peut sans doute qualifier d’historique. Il faut voir les choses de manière concrète, et cela signifie comprendre que l’Angleterre a eu dans les années 1990 l’ALF, porté par les gens aimant les animaux et liés aux refuges, faisant face à une répression totale, une criminalisation terrible.

La France a, quant à elle, eu dans les années 2010 une vague de « végéta*isme » bobo et médiatique, cherchant à tout prix un ancrage institutionnel et commercial, avec le rêve de devenir professeur de faculté ou d’ouvrir son restaurant au moyen d’appel à financement fait en ligne.

Il n’est guère étonnant qu’un système prompt à s’aménager et à se réaménager soit tout heureux de dévoyer la cause animale dans un tel cul-de-sac. Au lieu d’appeler cet article « Le monde fait l’éloge de L214 », il aurait d’ailleurs été peut-être plus clair de dire : « Le quotidien des milliardaires Pierre Bergé, Matthieu Pigasse, Xavier Niel fait l’éloge de L214 ».

Il s’agit véritablement de deux approches qui, culturellement n’ont rien à voir et les gens de L214 en sont totalement conscients, puisque historiquement ils représentent les lignes anti-ALF et anti-Nature portées par les Cahiers Antispécistes.

On peut lire à profit comment par exemple la revue anglaise Arkangel – nous conseillons vivement nos articles La revue Arkangel, Les couvertures d’Arkangel, La couverture d’Arkangel numéro 12 – se faisait dénoncer par les Cahiers Antispécistes pour sa position pro-ALF et pro-Nature.

Ont également un intérêt certain les propos tout récents du porte-parole de L214 expliquant que, dans certains cas, il peut manger des oeufs et cautionner la vivisection.

Il y a deux visions du monde et la nôtre est très claire : ce n’est pas l’antispécisme, mais la défense de notre mère la Terre, l’amour des animaux, la libération animale comme valeur universelle non négociable, le véganisme démocratique porté par les gens.

Ecocide de manchots : « La réalité est beaucoup plus nuancée »

Se moquer des défenseurs des animaux et les faire passer pour des gens « qui exagèrent » est un style traditionnel des ennemis de la cause animale. Il s’agit de faire passer les personnes aimant les animaux pour des gens « qui en font trop », qui seraient incapables de rationalité, etc.

Audrey Garric, tout sauf une amie de la cause animale et de l’écologie radicale, a publié justement hier sur son blog du Monde « chroniques pour une économie sociale et durable » un article intitulé « Non, 150 000 manchots ne sont pas morts en Antarctique à cause d’un iceberg ».

L’auteur reprend le thème dont nous parlions il y a quelques jours (Ecocide de manchots au Cap Denison en Antarctique) et utilise l’argumentaire classique : il y a sur-réaction, encore une fois les défenseurs des animaux ont réagi avec émotion et non raison, etc.

On lit ainsi des choses comme :

« La réalité est beaucoup plus nuancée, et les manchots sont plus probablement déplacés que morts. »

« Un des facteurs de confusion – au-delà de la tendance des médias à reprendre en boucle les mêmes informations – réside sans doute également dans le manque de clarté de l’étude, qui peine à établir des recensements précis et comparables. »

« Quand, en conclusion de l’étude, les auteurs préviennent que la colonie de Cap Denison pourrait être éteinte d’ici à vingt ans, cela signifie donc simplement que les manchots ne reviendront plus sur ce cap rocheux pour se reproduire et non pas leur extinction massive. »

Cerise sur le gâteau, on a le fameux relativisme à la française, avec ici le changement climatique bâclé au passage :

« Faut-il y voir un effet vicieux du changement climatique ? Difficile à dire, tant les facteurs qui régissent l’état de la glace de mer et le mouvement des icebergs sont nombreux et complexes. »

Nous ne savons pas si les autres journaux ont lu l’article scientifique en question, intitulé « The impact of the giant iceberg B09B on population size and breeding success of Adélie penguins in Commonwealth Bay, Antarctica », mais nous, nous y avons porté notre attention pour en parler justement.

Or, tout d’abord l’article parle bien de l’émigration des pingouins, à la fin de l’article, mais justement uniquement en passant. Car quel est le problème que n’a pas vu le blog lié au Monde qui fait partie, on ne le rappellera jamais assez, d’un groupe de presse catholique ?

Eh bien justement que les manchots se reproduisent. Les religieux, avec leur conception magique de la vie, oublient toujours cette question qui remet en cause leur conception, car en réalité la vie amène la vie, et non pas Dieu.

Si donc on passe, comme le tableau de la recherche l’indique, de 160 000 – 200 000 manchots à quelques milliers sur les îles Mackellar, ce n’est pas seulement qu’il y a eu émigration des manchots, et d’ailleurs cela reste encore à prouver.

Il y a eu au moins, au cours de ce processus, des naissances qui ont échoué.

Preuve de cela, l’article mentionne la présence, en 2013, de centaines d’oeufs abandonnés, de carcasses gelées de petits des années précédentes.

Sur une sous-colonie de 35 nids, furent retrouvés sept œufs intacts abandonnés et sept « restes » de petits, ainsi que d’autres restes d’oeufs et de petits aux alentours.

« During the census in December 2013, the impact of B09B on the penguins was considerably more dire than the census numbers alone would suggest. Hundreds of abandoned eggs were noted, and the ground was littered with the freeze-dried carcasses of previous season’s chicks. For example, in one sub-colony with 35 occupied nests there were seven still intact abandoned eggs and seven dead chicks from last season within the colony perimeter alone. Other dead chicks were found close by and eggshell fragments indicated even greater egg loss. It is probable that South Polar skuas had eaten or removed other eggs or chicks from the sub-colony. Observations in other nesting areas indicated a similar attrition rate of chicks and eggs, but due to time constraints no further such data was obtained. »

Le constat est donc sans appel. L’article du blog du Monde le sait mais cela n’empêche pas qu’il soit dit en même temps qu’il n’y a pas 150 000 manchots de morts. C’est juste que les petits ne sont pas comptés, aussi simplement que cela…

Mais au-delà des faits, qu’est-ce qui compte ? Qu’on a là un exemple patent d’attaque contre une affirmation en faveur des animaux. Une attaque, et non pas une critique constructive : c’est bien là, de la part du blog du Monde, une dénonciation s’appuyant sur la base des préjugés les plus classiques à l’encontre des défenseurs des animaux.