• L'escargot et sa coquille

Encore une tribune pro-cannabis dans Libération

La pression en faveur du cannabis ne cesse pas. C’est logique : la pression ultra-individualiste est toujours plus forte, appelant chaque personne à se concevoir comme une sorte d’entité entièrement dépendante de tout, vivant à l’écart, étant auto-suffisante.

Le cannabis profite de cet engouement pour le « choix » individuel, le culte du « libre-arbitre », c’est-à-dire le refus d’une vie naturelle, hors de tout culte de son ego.

Le titre de la tribune publiée dans Libération, « Oser la régulation du cannabis », révèle bien sûr le fond de la démarche : ce serait pour « gérer » le cannabis qu’il faudrait le légaliser.

Les auteurs, Pierre-Yves Geoffard qui est professeur à l’Ecole d’économie de Paris et directeur d’études à l’EHESS, Jean-Pierre Couteron, président de la Fédération Addiction, développent l’argumentaire classique et hypocrite de ceux qui veulent capituler devant le cannabis.

On ne pourrait pas bloquer la consommation du cannabis, ni la faire reculer ; on gagnerait des moyens financiers à le légaliser.

C’est le masque de l’ultra-individualisme, du refus de la Nature, de la capitulation devant la fuite dans les paradis artificiels, par incapacité à apprécier la vie naturelle.

Les drogues ne sont pas des produits ordinaires : modifiant l’état de conscience, pouvant entraîner des situations de dépendance chez certains usagers, leur consommation comme leur production sont le plus souvent strictement encadrées par la loi.

Mais les modalités de l’encadrement varient beaucoup d’un pays à l’autre, et s’adaptent aussi aux différentes drogues et à des modes de consommation qui évoluent eux-mêmes rapidement.

A l’heure où le nouveau président de la République a évoqué son désir de restaurer dans notre pays un esprit de conquête, où il oppose «les conservateurs passéistes qui proposent au Français de revenir à un ordre ancien et les progressistes réformateurs qui croient que le destin français est d’embrasser la modernité», il est temps de faire évoluer radicalement la politique française des addictions.

Ne pas voir que la production, le commerce, l’offre et les fonctions ont profondément changé nous condamnerait à poursuivre l’échec d’une politique de prohibition ouverte dans les années 70.

Cet échec est chiffré et documenté : l’augmentation des usages, la diversification des substances, la multiplication des personnes qui en consomment, une politique pénale inégalitaire et qui cible des populations plus que d’autres, un coût budgétaire énorme.

Echec et fausses évidences

Cet échec a aussi impacté les pratiques professionnelles, les enfermant dans le piège d’addictions pensées exclusivement comme un délit où une maladie.

La prévention a été réduite à agiter la peur, celle de la sanction ou celle de la maladie, oubliant l’éducation et la réduction des risques.

Enfin, la prohibition a aussi enfermé l’opinion publique dans de fausses évidences: aujourd’hui encore, la crainte de trop de nos concitoyens est que la non pénalisation de l’usage soit un retrait de l’Etat aggravant le vide et l’absence de repères.

La grande banalisation de l’offre d’alcool, encore plus depuis le récent nouvel assouplissement de la loi Evin, renforce dangereusement l’écart de perception entre les drogues illicites, dont le cannabis, et l’alcool, dont les risques d’abus sont encore trop sous-estimés.

Le ministre de l’Intérieur a annoncé la mise en œuvre d’ici trois mois d’une réponse par la contravention aux faits d’usage de cannabis.

Présentée comme une volonté d’alléger le travail des forces de police, on ignore encore quasiment tout des aspects pratiques de cette mesure : quelles seront les mesures d’accompagnement des consommateurs les plus en difficultés et les plus vulnérables ?

Comment ne pas accentuer la pression judiciaire sur des personnes dont l’usage ne nuit pourtant pas fondamentalement à l’ordre public ?

Avec cette mesure, le statut pénal de la sanction serait certes changé, mais les problèmes sociaux posés par la circulation du cannabis resteront entiers tant que la production et la distribution resteront clandestines, soumises au règne de réseaux criminels qui détruisent tant de quartiers.

Pour une approche économique du problème

Il ne s’agit donc pas de toiletter et simplifier les pratiques policières, mais de réformer une politique qui a échoué.

Un soutien aux familles en déployant enfin les différents programmes de développement des compétences psychosociales dont l’utilité a été largement prouvée, une diversification de l’accompagnement des personnes qui consomment, par l’approche d’intervention précoce qui a commencé à remporter de vrais succès dans les Consultation jeunes consommateurs, en instaurant un accès au cannabis thérapeutique et une politique de réduction des risques validée.

Tout cela est prêt, tout cela peut être accentué. Mais pour que la mutation soit complète, il faut instaurer une vraie politique de régulation du cannabis.

Ce qui se prépare dans d’autres pays, à l’instar du Canada, de la Californie et qui prévaut déjà dans de nombreux Etats américains comme le Colorado, doit être possible en France.

Définir les conditions de circulation de ces produits, leurs modalités de vente et d’achat, et donner à l’Etat les moyens d’une intervention plus équilibrée sur l’ensemble des opérations permettraient une approche économique des problèmes.

La production de cannabis pourrait tout à fait être réalisée sur le territoire français, métropolitain ou ultramarin, créant ainsi des dizaines de milliers d’emplois.

La distribution pourrait être encadrée, ce qui permettrait de restreindre l’accès aux mineurs plus efficacement qu’aujourd’hui, et de mieux détecter les usagers problématiques pour les aiguiller vers une prise en charge sanitaire adaptée.

La légalisation encadrée permettrait également de mettre en place des droits d’accise spécifiques, à l’instar du tabac et de l’alcool.

Au vu du volume actuel de la demande, ce sont plusieurs milliards d’euros qui alimenteraient les caisses de Sécurité sociale, au lieu de nourrir des réseaux criminels.

Encore une tribune du Monde appelant à la dépénalisation du cannabis

Le Monde a de nouveau publié une tribune s’exprimant en faveur de la légalisation du cannabis. Son auteur est Yann Bisiou, maître de conférences en droit privé et sciences criminelles, à l’Université Paul Valéry – Montpellier III.

Son CV nous donne des précisions sur quelques unes de ses activités qu’il vaut le coup de mentionner ici : membre du Conseil Scientifique de l’Office Européen des Drogues et des Toxicomanie (OEDT – Commission Européenne depuis juillet 2002), membre du Conseil Scientifique de la Mission interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie (1999-2002), expert juridique auprès de la Commission d’enquête indépendante sur les drogues du Ministère de l’intérieur britannique (1999-2000), expert juridique auprès de l’Union Européenne pour différents programmes de recherches sur la toxicomanie (1996, 1999, 2000), expert associé, conseiller juridique auprès du Programme des Nations-Unies pour le Contrôle International des Drogues (PNUCID), à Vientiane, R.D.P. du Laos (1995-1996)…

Toute cette expertise pour, finalement, appeler à capituler et à considérer que puisque le cannabis va désormais amener une « contravention », alors il faut aller jusqu’au bout de la logique et procéder à la dépénalisation…

TRIBUNE.

Contravention pour usage de cannabis : une fausse bonne idée

Le nouveau ministre de l’intérieur vient de confirmer l’intention du gouvernement de transformer l’usage de cannabis en simple contravention d’ici 3 à 4 mois.

Pour un gouvernement soucieux de maîtriser sa communication, le fait que l’annonce vienne du ministre de l’intérieur et non de la ministre de la santé ou du ministre de la justice est révélateur. L’usage de stupéfiants n’est ni une question de santé publique, ni une question de libertés individuelles ; c’est devenu un problème d’ordre public, une incivilité.

En cela, le gouvernement rompt avec les principes qui justifient depuis l’origine la pénalisation de l’usage des stupéfiants en France. La loi du 31 décembre 1970 avait admis la sanction pénale des usagers pour renforcer l’incitation au soin.

Créer une contravention pour sanctionner sans soigner n’a aucun sens. Soit l’usage de cannabis est un problème de santé publique et la réponse doit être sanitaire, ce qu’une contravention ne permet pas, soit ce n’est pas un problème de santé publique et dans ce cas pourquoi ne pas légaliser l’usage de cannabis comme le font de plus en plus de pays ?

Pas une surprise

Pour autant cette annonce ne constitue pas une surprise. Elle confirme la tendance à aborder la problématique de l’usage de cannabis sous l’angle de « la lutte contre les nuisances publiques ». L’usage est considéré comme un danger potentiel pour la société qui justifie des sanctions en dehors de toute préoccupation de santé.

C’est déjà le cas de l’infraction de dépistage positif au volant qui n’offre aucune alternative sanitaire spécifique et sanctionne l’usager indépendamment de tout risque réel pour autrui (art. L235-1 du Code de la route).

C’est aussi le sens de la décision du Conseil d’État autorisant, le 5 décembre 2016, les tests salivaires en entreprise par un supérieur hiérarchique au nom de l’obligation générale de sécurité de l’employeur. C’est encore la volonté exprimée par Valérie Pécresse de développer le dépistage salivaire dans les lycées en Ile-de-France (Le Monde du 14 janvier 2016), ou la décision de Robert Ménard de mettre ces tests à disposition des parents dans les maisons de quartier à Béziers (Midi Libre web, 25 février 2017).

En théorie, l’usage est un délit puni d’une peine maximum d’un an d’emprisonnement et de 3 750 € d’amende. En réalité depuis plusieurs années, l’amende est la principale réponse à l’usage simple de cannabis et son montant est en moyenne de 450 €. Cette contraventionnalisation de facto n’a rien apporté, ni aux usagers, ni à la société. L’usage n’a cessé de progresser et les usagers d’être interpellés.

Faciliter la répression

La mesure annoncée par le ministre de l’intérieur n’a d’autre finalité que de faciliter la répression en rendant la procédure plus expéditive.

Elle ne réglera pas la question du trafic et de la délinquance associée. L’amende, plus systématique, va peser sur les usagers les plus précaires et les plus jeunes, ceux qui sont interpellés lors de contrôles d’identités sur la voie publique.

Enfin, elle risque de renforcer une pratique policière condamnée par la Cour de cassation qui consiste à poursuivre les usagers pour « détention de stupéfiants », un délit punit de 10 ans d’emprisonnement (Cour de cassation, 22 février 2017, n° 16-82412).

Parce que les pouvoirs d’enquête sont plus étendus pour un délit que pour une contravention et que tout usager « détient » le cannabis avant de le consommer, la qualification pourra, en effet, varier en fonction des besoins de la procédure.

Au contraire, à l’image de ce qui se met en place au Canada avec les deux projets de loi sur la dépénalisation du cannabis et la prévention de la conduite sous influence des drogues (Projets C45 et C46, 13 avril 2017), c’est à une société plus inclusive pour les usagers de cannabis qu’il faut œuvrer.

C’est le sens de la réduction des risques que Marisol Touraine a voulu conforter dans la loi Santé du 26 janvier 2016 et c’est dans cette voie que le gouvernement devrait s’engager.

Il faut faire l’effort de définir les comportements réellement susceptibles de causer un risque à autrui, prendre en compte la question de l’usage de cannabis, dans la société, au lycée ou dans l’entreprise, pour en réduire les effets les plus néfastes et non persévérer dans une prohibition qui a échoué.

La police française capitule devant le cannabis

L’annonce comme quoi la possession de cannabis allait amener désormais une simple contravention a eu un écho énorme.

Personne n’est dupe! Voici ce que dit RTL :

Une simple contravention pour le cannabis, un pas vers la légalisation ?

La Tribune joue avec le nom du mouvement d’Emmanuel Macron :

En marche vers la dépénalisation du cannabis

La conclusion est la suivante :

Si le gouvernement et son ministère de l’intérieur tiennent leurs promesses et mettent en place ce système de contravention pour l’usage du cannabis, on s’oriente donc bien vers une dépénalisation du cannabis. En attendant que le débat soit lancé sur la légalisation ?

La Croix donne la parole à Philippe Capon, secrétaire général du syndicat Unsa-Police, qui appuie la proposition.

C’est la capitulation devant le cannabis, complète. La police prétend défendre la population : ici, on voit bien que ses valeurs consistent simplement à défendre l’ordre social tel qu’il existe…

Voici ce qu’il répond à la question suivante : « Une contravention permettra-t-elle de mieux lutter contre l’usage de cannabis ? ».

Nous sommes favorables à la mise en place d’amendes pour lutter contre la consommation de petites quantités de drogues, car le système actuel est en réalité complètement hypocrite. Les policiers réalisent chaque année 130 000 procédures pour usage de cannabis, mais 2 000 seulement aboutissent à des poursuites. Les 128 000 autres se terminent par un simple rappel à la loi.

Concrètement, cela signifie que nous devons interpeller le consommateur, le conduire en garde à vue, rédiger des procès-verbaux, faire procéder à une visite médicale, avoir l’intervention d’un avocat…

La procédure pénale française étant très lourde, les avocats passent plus de temps à chercher des erreurs de forme, plutôt que des éléments de fond, pour faire tomber nos procédures. Au final, la personne est, au mieux, convoquée par le juge pour un rappel à loi. Le plus souvent, ça se termine par un simple courrier.

Les policiers en ont donc assez de perdre leur temps comme ça. Actuellement, les officiers de police judiciaire ont jusqu’à 150 ou 200 dossiers chacun : si on peut les soulager des procédures pour usage de cannabis, ce sera un progrès.

Quant aux 2 000 procédures qui aboutissent, elles visent en réalité des personnes que l’on a déjà interpellées deux, trois, quatre fois, ou pour lesquelles on a une suspicion de trafic. Celles-là nécessitent que l’on enquête et elles finissent par être jugées. C’est une bonne chose et cela continuera : de ce que l’on sait, l’amende ne devrait être réservée qu’aux primo-consommateurs.

L’avantage, c’est que dresser un PV électronique est extrêmement simple pour la police : comme pour les contraventions routières, on entre dans un boîtier les coordonnées de la personne, puis l’administration fiscale prend le relais pour obtenir le règlement. Si la personne ne paie pas, il y a des majorations. On ne sait pas encore exactement comment cela fonctionnera pour le cannabis, mais si c’est ce modèle qui est mis en place, on s’en félicite.

Reste la question du montant de l’amende. Si c’est une contravention de 3eclasse, ce sera 68 €. Certains trouveront que c’est faible, mais n’est-ce pas mieux que rien ? C’est inutile de fixer des montants exorbitants dont les gens ne pourront pas s’acquitter : on retournerait alors vers des procédures longues.

Certains diront par ailleurs qu’il faut maintenir le système répressif en l’état. Mais encore une fois, c’est un échec. Les trafics ne cessent d’augmenter. Avec les procédures, on fait du chiffre, de l’affichage, mais on ne fait progresser ni la sécurité ni la lutte contre les trafics. Essayons donc ce nouveau système qui permettra de sanctionner immédiatement les personnes et de libérer du temps pour les officiers de police judiciaire qui ont mieux à faire.

Au lieu de raisonner en termes de société, de valeurs, on a ici un raisonnement pragmatique de fonctionnaire, d’administration répressive au service du capitalisme et de sa vie quotidienne.

C’est la faillite totale devant le cannabis. Seule une initiative réellement progressiste peut bloquer l’émergence générale de ce fléau qu’est le cannabis!

Vers la dépénalisation du cannabis

C’est un thème que nous avons abordé de manière récurrente ces derniers temps : la légalisation du cannabis. Nous avons présenté celle-ci comme malheureusement inéluctable de par l’hégémonie complète du libéralisme.

Le refus d’une vie naturelle, la tolérance devant n’importe quelle forme d’expression individuelle, la « tolérance » consistant en le relativisme et la négation des valeurs en général… Tout cela fait que le cannabis est de plus en plus ancré dans les moeurs et la culture.

Il ne manque plus que la légalisation, vers laquelle on va avec un premier pas : la dépénalisation.

Hier, le ministre de l’intérieur Gérard Collomba a annoncé sur BFMTV et RMC une mesure qui va être prise dans les 3-4 mois prochains :

« Ce que dit Emmanuel Macron, c’est qu’on peut dresser une contravention tout de suite.

Parce que le problème aujourd’hui, c’est que quelqu’un est arrêté pour un trafic de stups et il ne se passe rien, deux jours après il revient dans son quartier et il refait le même trafic. »

Il ne faut pas être dupe : c’est un pas vers la légalisation. Le quotidien Libération l’a tout à fait compris :

Comme le mentionne l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), «la dépénalisation peut être définie comme le processus tendant à réduire l’application de sanctions pénales à l’égard d’un comportement déterminé, cette réduction pouvant aboutir à leur suppression pure et simple».

La contraventionnalisation est donc bel et bien une mesure s’inscrivant dans un processus de dépénalisation.

On est loin cependant de la légalisation du cannabis promue notamment par Benoît Hamon qui, selon lui, permettrait de «tarir l’économie souterraine et les violences».

Timide, la mesure proposée par Collomb et Macron devrait néanmoins être dénoncée comme laxiste par ses détracteurs.

Il est évident qu’Emmanuel Macron compte à terme légaliser le cannabis. C’est un libéral authentique, il sait qu’il peut jouer sur deux tableaux : d’abord, cela fera des rentrées économiques pour l’Etat par les taxes.

Ensuite, il peut se donner une image positive envers une gauche et une jeunesse totalement contaminée par l’individualisme et la fuite vers les paradis artificiels.

Le refus de la Nature est tel en France que la possibilité d’une vie heureuse est niée, au profit d’une quête de toute-puissance de l’égo, des choix personnels, de l’individu considéré comme entièrement séparé de tout à part de lui-même.

Le cannabis serait un choix personnel, une manière comme une autre de consommer quelque chose amenant des sensations.

C’est le déni complet de la réalité et c’est pourquoi il faut batailler contre le cannabis. Sa reconnaissance serait le triomphe total pour une longue période de la logique de l’individualisme le plus complet, du culte de l’individu-roi, méprisant la réalité et ne l’évaluant que par rapport à ses propres envies, ses propres choix.

Le cannabis, c’est le symbole même du repli sur soi, de la négation de la réalité pour plonger dans l’artificialité. C’est la destruction de l’esprit, la tentative d’éteindre son rapport au monde réel.

Le cannabis est un piège, comme tout ce qui rend dépendant. Il doit être refusé, il doit être combattu, il doit être vaincu.

Le cannabis et le danger pour les logements

Nous parlions il y a quelques jours des kits pour produire du cannabis chez soi : comme au Canada, le cannabis va être légalisé comme dit il y a également quelques jours, c’est la panique chez les syndics de logement.

En effet, les appartements ne sont pas faits pour accueillir une telle production ! Radio Canada a produit un article exhaustif à ce sujet.

Cela souligne encore une fois, d’ailleurs, le danger que représente le cannabis.

Soit il est un retour en arrière, sur un mode ultra-individualiste, du petit propriétaire avec son potager et sa plantation. Soit il est un projet à l’échelle de la société, ce qui fait de l’Etat un narco-Etat et avec la dépendance inscrite au coeur des valeurs…

Quatre-vingt pour cent des propriétaires au Québec se disent «peu capable» ou «aucunement capable» de forcer leurs locataires à respecter des normes de culture proposées la semaine derniere par le gouvernement canadien dans son projet de loi sur la légalisation de la marijuana.

L’Association des propriétaires du Québec (APQ) estime que ce projet de loi autorisant la possession, la consommation et la production de cannabis constitue un danger pour le parc locatif et la vie sociale en logement.

Les trois quarts des propriétaires d’immeubles à logements s’inquiéteraient face à la légalisation du cannabis à des fins récréatives, selon un sondage réalisé par la CORPIQ, la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec.

Les principales inquiétudes portent sur les plaintes des autres locataires relativement aux odeurs, sur les dommages au logement liés à la culture et à la consommation, ainsi que sur le comportement des locataires ou de leurs invités.

Martin Messier affirme que les plantations intérieures peuvent causer de sérieux dommages aux immeubles. Il estime « extrêmement inquiétant » que la possibilité de cultiver 4 plants chez soi soit considérée à l’intérieur du projet de loi.

Il rappelle que les propriétaires sont déjà aux prises avec des installations illégales dans leurs logements, amenant une forte consommation d’électricité supplémentaire.

De plus, des modifications dangereuses aux installations électriques causent de l’humidité extrême, de la moisissure et d’autres dégradations aux immeubles.

Selon le président de l’organisme, Martin Messier, le gouvernement Trudeau ne semble pas prendre en considération les impacts d’une telle loi dans les « petites communautés » que sont les immeubles résidentiels.

Il souligne que, de plus en plus, les locataires cherchent des milieux sans fumée, et que les effluves de marijuana constituent une nuisance encore bien plus grande, à l’origine de nombreuses plaintes.

Questionnés sur leur degré de confiance envers la police pour faire respecter une éventuelle limite par résidence de quatre plants, les propriétaires répondent qu’ils ont « peu confiance » ou « aucunement confiance » dans une proportion totalisant 81 %.

La CORPIQ demande au fédéral de renoncer à permettre la production de cannabis lorsque l’occupant de l’habitation n’en est pas le propriétaire.

En ce qui a trait à la consommation, la CORPIQ réclame, pour les propriétaires qui y voient la nécessité, le droit de modifier unilatéralement leurs baux déjà en vigueur pour y inclure une clause interdisant la consommation de marijuana.

Le projet de loi de légalisation du cannabis au Canada

Le gouvernement libéral canadien a déposé un projet de loi pour légaliser le cannabis en juillet 2018. Voici un résumé de ce qui est autorisé et interdit suivant ce projet.

Voici déjà ce qui est autorisé. On comprend tout de suite que l’Etat se pose comme narco-Etat, puisqu’il compte tout superviser. C’est un mélange de capitalisme sauvage et d’Etat superviseur…

Le « problème » bien entendu est alors la contradiction entre le capitalisme sans limites et la supervision : une fois le cannabis légalisé, comment justifier une interdiction de sa diffusion ?

Voici les interdits, laissant donc de nombreuses choses en suspens…

Le Journal de Montréal pointe logiquement les grands problèmes qui en découlent.

  • Tout ce qui a trait à la vente du cannabis: qui, comment, où, à quel prix?

  • Y aura-t-il une taxe fédérale et, si oui, qui empochera les profits?

  • Où les gens pourront-ils consommer? Entre autres, pourra-t-on fumer en public (dans la rue, par exemple)?

  • Les produits dérivés, dont les produits comestibles à base de pot (chocolats, biscuits, bonbons, etc.) seront disponibles plus tard pour la vente, après un examen plus poussé. Comment et selon quels critères?

  • Les emballages devront-ils être neutres ou pas?

  • Comment ça va se passer aux douanes américaines?

  • Pourra-t-on vendre dans un endroit où il y a déjà de l’alcool?

Pourquoi le projet de loi n’aborde-t-il pas cette question ? La réponse est très simple : il faut pour rassurer prétendre gérer au début.

Puis, par la suite, une fois les limites tombées, tout découle inévitablement de par l’absence de règles…

Il sera alors impossible d’imposer le moindre interdit, comme pour l’alcool (à part au volant), et le cannabis sera installé de manière solide comme nouveau marché…

Graines de cannabis et matériel de production personnelle…

Le cannabis est en train de s’implanter en France de manière massive. Tout récemment, une émission de M6, Dossier tabou, a largement présenté par exemple les moyens de le produire soi-même.

Voici par exemple des packs que google propose même directement, en mode shopping…

Tout cela passe par le fait que les graines de cannabis n’ont pas le droit d’être plantées, mais on a le droit de les avoir, tant qu’il n’y a pas la preuve de les utiliser…

Voici la très subtile présentation d’une entreprise, LaMota, à ce sujet : elle vend des graines, dit qu’on n’a pas le droit de les faire germer, pour en même temps expliquer comment faire!

Est-il légal d’acheter des graines de cannabis?

L’achat des graines de cannabis est légal en Espagne, Irlande, Angleterre, Ecosse, Pays-Bas, Belgique, Suisse, Autriche, Pologne, Russie, Italie, Canada, Japon, etc. La possession de graines de cannabis en Espagne ne constitue pas un délit (Convention de Vienne de 1961).

La culture du cannabis peut faire l’objet de sanctions administratives et pénales (Art. 25.1 de la Loi Organique relative à la protection de la sécurité citoyenne et Art. 368 du Code Pénal). La législation varie selon le pays. Vous devez vous informer des lois locales avant d’acheter. Il est illégal de faire germer les graines dans tous les pays. LaMota vend des graines à la condition qu’elles ne soient pas germées.

Comment faire germer mes graines?

Souvenez-vous que la seule possibilité de germination légale sera le jour où les législations changeront et que la culture de cannabis à usage personnel sera légalisée.

Dans ce cas, pour optimiser les résultats de votre germination, nous vous conseillons de procéder ainsi:

Humidifiez un Jiffy-7 et introduisez la graine à une profondeur de 0,5 cm.

Entretenez une lumière constante. Vous pouvez utiliser un tube fluorescent compact de 100W ou une lampe sodium de 400W, pendant 18 heures à 25ºC.

Notez que nous envoyons les graines à la condition qu’elles ne soient pas utilisées par des tiers en contravention avec la législation, lamota.org ne prétend inciter personne à agir contre la loi. Nous voulons souligner explicitement que les personnes qui achettent nos graines se rendent responsables de ses futurs actes.

Voici un autre exemple d’hypocrisie, avec un magasin qui vient d’ouvrir à Tarbes, « Histoire de graines« . Officiellement, les graines sont vendues… pour en faire collection!

D’autres produits, relevant du folklore du cannabis, sont également vendus, pour prétendre être un marchand comme un autre…

Voici une présentation par La Dépêche.

Une nouvelle graine commerciale a germé au 72, rue Georges-Lassalle. Un jeune Tarbais, Julien Arbes, vient de «semer» une boutique «stupéfiante», spécialisée dans les graines, plus particulièrement de cannabis, mais pas seulement.

Il a ouvert son commerce en franchise sous l’enseigne Histoire de graines, qui existe déjà à Montélimar, capitale du nougat mais visiblement aussi de la graine… de cannabis.

On peut ainsi y trouver des graines «de collection, d’origine française ou espagnole, à ne pas faire germer dans l’Union européenne», précise le jeune commerçant, mais aussi de multiples produits déclinés à base de chanvre : des variétés de fleurs séchées à consommer en infusion pour se relaxer, de la farine, des graines «riches en vitamines» à consommer, par exemple, avec des salades, de l’huile végétale, de la purée d’amandes, des suppositoires, du pollen, du stick à lèvres, du chewing-gum, des huiles essentielles…

Bref, tous les amoureux de la plante aux effets stupéfiants pourront trouver leur bonheur sur n’importe quelle étagère.

Histoire de graines propose également produits de lait d’ânesse (baume après rasage, crème hydratante anti-âge), des semences potagères bio de la ferme de Sainte-Marthe et des crunchs à base de chocolat blanc, de riz soufflé et de thé japonais avec au choix des fruits rouges, de la noix de coco, des cacahuètes ou des graines de chanvre. Seuls les tee-shirts vendus ne sont pas fabriqués avec du chanvre. «Mais cela ne saurait tarder», assure Julien Arbes.

Graines de cannabis et matériel de production personnelle, vendus massivement, de manière décentralisée… tout en prétendant n’avoir aucun rapport avec la consommation de cannabis.

Toute cette hypocrisie montre que l’Etat a totalement capitulé devant le cannabis. C’est une manière de mettre devant le fait accompli.

Encore un « appel citoyen » en faveur de la légalisation du cannabis…

Voici le texte d’une pétition, lancé par l’association ECHO (Expertise Citoyenne HOrizontale) et relayé par le quotidien Le Monde comme tribune (Drogues : « L’échec d’une politique publique fondée quasi exclusivement sur la répression »).

Il s’agit bien entendu d’un appel de plus à ce qui consiste immanquablement à un appel à banaliser le cannabis et ce qui est d’autant plus grave c’est que parmi les signataires, on trouve de grandes figures institutionnelles…

On retrouve notamment :

– Françoise Sivignon, présidente de Médecins du Monde,

– Christine Lazerges,  Présidente de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH),

– Bernard Kouchner, ancien Ministre de la Santé et des Affaires Étrangères,

– Jean-Pierre Havrin, contrôleur général honoraire de la police nationale française,

– Alain Brillet, ancien Commandant de police ; Ex-responsable du Syndicat des cadres de la sécurité intérieure,

– Michel Kazatchine, ancien directeur du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme ; actuel Envoyé Spécial de l’ONU pour le VIH/SIDA pour l’Europe de l’Est et l’Asie Centrale; Membre de la Commission Mondiale sur les Politiques de Drogues,

– Roselyne Bachelot, ancienne Ministre de la Santé et désormais animatrice télévision/radio,

– Arnaud Robinet, député Maire de Reims – Les Républicains,

– Marylise Lebranchu, ancienne Garde des sceaux et Député du Finistère – PS,

– Michel Henry, Journaliste indépendant et auteur du livre « Drogues, pourquoi la légalisation est inévitable”,

– Eric Piolle, maire de Grenoble – EELV,

– Daniel Vaillant, ancien Ministre de l’Intérieur ; Député de Paris – PS.

Et encore ne sont pas mentionnés ici les nombreux chercheurs au CNRS, responsables dans les hôpitaux, élus et responsables politiques, à quoi s’ajoutent les principales figures partisanes de la légalisation, comme par exemple Christian Tharel, président des « Collectifs d’Information et de Recherche Cannabique »…

On l’aura compris : on est ici au royaume des hypocrites. C’est un signe de plus de la capitulation devant l’esprit libéral-libertaire niant toute possibilité de bonheur naturel sur Terre.

Et c’est masqué encore une fois derrière une pseudo préoccupation pour la santé, comme en témoigne le logo mis en avant par l’association pour son appel.

Voici le texte de l’appel.

POLITIQUES PUBLIQUES DES DROGUES,
LES CITOYENS LANCENT LE DEBAT
Pétition pour ouvrir un débat national sur la législation des drogues en France

Les politiques publiques en matière de drogues font aujourd’hui l’objet d’intenses débats et de profondes remises en question. Les citoyens se réapproprient le sujet et demandent des comptes en matière de libertés individuelles, de justice sociale, de lutte contre le trafic et d’efficacité de l’action gouvernementale.

Des Etats-Unis au Canada, de l’Islande au Mexique, en passant par l’Uruguay, sans oublier le Portugal, l’Allemagne, le Danemark et la Suisse, nombreux sont les pays à avoir entamé des réformes majeures.

Ces réformes sont le résultat d’une prise de conscience : celle de l’échec d’une politique fondée quasi-exclusivement sur la répression. Il est dorénavant établi qu’en dépit des moyens considérables mobilisés pour y parvenir, la vision d’un monde sans drogues, promue depuis plus de cinquante ans, a eu des conséquences dramatiques sans pour autant atteindre ses objectifs.

La France reste à l’écart de ce mouvement malgré un bilan qui ne cesse de s’aggraver.

Notre pays possède entre autre, les taux de consommation les plus élevés d’Europe pour l’usage du cannabis chez les 15-34 ans ; près de 90 % de l’action policière liée aux stupéfiants concerne l’interpellation pour usage simple (sans trafic) de cannabis ; et le “coût social” des drogues pour les finances publiques est évalué à environ 1 % du PIB national. Ce constat est grave : que faut-il attendre de plus pour réagir ?

Le vent semble néanmoins tourner. Un sondage IPSOS rendu public le 10 octobre 2016 révèle que 52 % des français sont favorables à l’ouverture d’un débat sur la question des drogues lors de la prochaine campagne présidentielle.

Plus significatif encore, 84 % considèrent que la législation actuelle est inefficace.

Cette évolution reflète la prise de conscience qu’une société sans drogues n’existe pas, mais qu’il appartient aux États modernes de protéger les citoyens des éventuels dommages causés par celles-ci.

Le contexte actuel semble propice et les citoyens réceptifs. En collaborant avec la société civile et en s’éloignant de positions partisanes manichéennes, nos élus ont ici un rôle central à jouer.

Il est donc temps que la France s’engage à son tour dans un véritable débat national sur le bien-fondé des politiques menées depuis bientôt 50 ans avec l’adoption de la loi du 31 décembre 1970, principal fondement de l’arsenal juridique national sur les drogues.

Seules des assises publiques nationales permettront de sortir de l’impasse.

Acteurs des secteurs associatifs et médicaux, avocats, universitaires, magistrats, journalistes, policiers, élus locaux et nationaux, entrepreneurs et citoyens de tous bords politiques, nous appelons au rassemblement le plus large possible autour de la démarche ECHO pour débattre de nouvelles politiques publiques en matière de drogues.

Chacun peut, dès maintenant, soutenir cet appel.

Maroc : cannabis et karkoub

Nous parlions il y a peu de la possible légalisation du cannabis au Maroc ;  voici quelques informations au sujet de l’importance de cette industrie, le département d’Etat américain ayant fait un rapport sur la production de drogues.

On y apprend que le Maroc est à la fois le premier producteur et le premier exportateur de cannabis. La section drogues et criminalité de l’ONU évalue d’ailleurs la production total de cannabis à 700 tonnes pour l’année 2015-2016.

Or, la valeur de ces 700 tonnes équivaut à pas moins de 23% du PIB marocain !

On s’imagine par conséquent la signification du cannabis pour l’économie marocaine. En fait, cette économie elle-même est dépendante de la drogue.

Une légalisation en France aurait une conséquence énorme sur elle, provoquant une déstabilisation sans pareil. En même temps, il est inévitable que pour devenir un véritable pays développé, le Maroc rompt avec une telle production.

Non seulement parce que cela maintient le Maroc au statut de traditionnel pays du tiers-monde produisant de simples matières premières, mais aussi de par les conséquences sur le plan des mafias.

Le pays est ainsi en train de devenir un lieu de passage pour la cocaïne sud-américaine exportée vers l’Europe. Ici, des pauvres hères d’Afrique de l’ouest sont notamment utilisés comme mule à l’aéroport international de Casablanca, notamment par l’ingestion de sachets.

A cela s’ajoute la diffusion massive du « karkoubi », la drogue des pauvres. Il s’agit d’anxiolytiques ou d’anti-épileptiques, connu sous le nom de « Ibolha hamra » pour le Rivotril, « 2 points » pour le Valium, La Roche pour un des médicaments de ce laboratoire pharmaceutique.

Leurs conséquences sont des hallucinations et une désinhibition complète, au point par exemple de s’automutiler sans pratiquement le remarquer.

Pour renforcer dans l’horreur, la dépendance est très importante, leur prix relativement bas (autour d’un euro l’unité) et cette drogue a pénétré les milieux scolaires, étant parfois consommée dès l’âge de 10-11 ans.

Au Maroc, des centaines de jeunes se sont mutilés les bras, le visage, etc., alors que 80% des agressions dans le pays sont considérées comme étant liées à la consommation de tels stupéfiants. Parmi les drames connus, un garçon de 14 ans étrangle son père avec le câble d’une antenne parabolique, un autre de 15 ans tue un ami d’un coup de couteau dans le ventre pour un demi-litre de vin rouge, etc.

Une version parmi les plus dangereuses de ces drogues est appelé « al katila », c’est-à-dire la tueuse. Elle est composée d’une petite boule de farine, avec un cocktail de gouttes de ces psychotropes et de cannabis.

Bref, c’est toute une culture, et aurait-elle été possible sans la présence du cannabis ?

Il faut noter ici également une triste mentalité, qui nuit au combat contre les drogues : le cannabis en Algérie provient du Maroc, la drogue Karkoubi présente au Maroc provient d’Algérie.

Ce qui montre bien que les drogues sont une problématique mondiale et que la seule réponse possible est le refus général, sans compromis.

Benoît Hamon : légaliser le cannabis… car il est dangereux?!

Benoît Hamon, le candidat socialiste, est un partisan de la légalisation du cannabis.

Il vient de se rendre au Portugal, où il a tenu des propos en ce sens, à l’occasion d’une rencontre avec le président de l’institut de lutte contre la toxicodépendance de Lisbonne.

« Le Portugal a fait un choix qui était audacieux, celui de décriminaliser l’usage et la consommation personnelle de toutes les drogues.

Ce qui n’est pas le choix que je préconise pour la France, puisque je préconise pour ce qui me concerne que l’on sorte du déni d’une prohibition du cannabis qui a comme double conséquence de maintenir un trafic de drogue qui tue chaque année des dizaines de personnes et, d’autre part, de ne pas regarder une réalité qui est celle de l’augmentation du nombre de consommateurs de cannabis en France.

La voie que je préconise, c’est la légalisation du cannabis comme un moyen de tuer les trafics plutôt que les trafics tuent les personnes aujourd’hui, comme c’est le cas en France, on le voit à Marseille, on le voit en Seine-Saint-Denis, on le voit dans beaucoup de territoires français.

Mais, au-delà de cela de faire en que, eh bien demain, l’on prenne en charge les conditions dans lesquelles cette drogue est consommée, plutôt que de la laisser consommer comme c’est le cas aujourd’hui sans aucune prise en charge en termes de santé publique (…).

C’est parce que je pense qu’il est dangereux de se droguer qu’il faut légaliser. »

On a ici un coup déjà utilisé par Jean-Luc Mélenchon, de se dire pour le cannabis, car contre (Jean-Luc Mélenchon est pour la légalisation du cannabis car il est contre). Seule la légalisation permettrait le recul du cannabis, ce qui est absurde.

Il y a cependant un élément de plus : l’argument de la prise en charges est employé. C’est pour cela que Benoît Hamon l’a mis en avant au Portugal.

Ce pays propose en effet une prise en charges, par l’intermédiaire de conseillers juridiques, de psychiatres et de travailleurs sociaux, qu’on est obligé de voir si on est contrôlé avec des drogues sur soi en petite quantité.

Sauf que cela n’a rien à voir avec ce que propose Benoît Hamon. Car au Portugal, ces drogues restent interdites : il y a dépénalisation du fait d’en avoir une petite quantité, nullement une légalisation.

Or, Benoît Hamon propose la légalisation…

Et juridiquement, une légalisation empêcherait une obligation d’aller voir des conseillers ou des assistants sociaux ! Donc son argument sur la prise en charges ne tient pas debout.

Un autre souci, et non des moindres, est la négation par Benoît Hamon de la mafia. En effet, les mafias installées visent le gain. Si on leur enlève leurs moyens de se les procurer, elles seront à autre chose… Comme par exemple le proxénétisme.

Qui sont d’ailleurs les morts dont Benoît Hamin se plaint ? Des trafiquants se concurrençant et se tirant dessus. Au lieu de plaindre ces morts, il ferait bien de regretter que les mafias ne soient pas écrasées en général et qu’il n’y ait pas de vastes campagnes anti-drogues, ce qui va de pair avec changer le monde.

Mais Benoît Hamon ne veut pas changer le monde, il veut juste calmer les choses, sans voir que tout part déjà dans tous les sens, faisant au passage le bonheur de Marine Le Pen.

Aux gens conscients d’assumer la culture straight edge, le refus des mafias, la lutte pour une démarche tournée vers la Nature, un mode de vie qui ne se fonde pas sur la destruction !

Le monopole de la « Française du cannabis »

La proposition de loi sur le cannabis propose l’établissement d’une « Française du cannabis ». Voilà comment la chose est formulée.

« Article 7

Il est créé un monopole de production et de distribution du cannabis et des produits du cannabis, la Française du cannabis, auquel l’État donne pour mission de lutter contre le trafic de stupéfiants et de protéger la santé et la sécurité publique.

Le cannabis n’est pas une marchandise ordinaire. C’est une drogue psycho-active qui suscite une dépendance et une tolérance susceptibles de provoquer des abus dangereux pour les consommateurs et pour les tiers. La politique de l’État vise donc à instaurer une éthique de la modération grâce à des mesures de contrôle adaptées à sa dangerosité.

Le monopole a pour objet d’encadrer et de contrôler strictement sa consommation, son commerce et sa production sur le territoire métropolitain et dans les départements et territoires d’outre-mer. »

Cela signifie ici non pas que l’État autorise à certains niveaux une drogue, mais qu’il devient lui-même dealer. Dealer au sens strict du terme, par ailleurs, parce que l’État ne produirait pas lui-même.

Il achèterait une production qu’il supervise et qu’il prétend vouloir…. écologique. Les bobos veulent du business, et un business qui renforce leur approche d’une écologie réduite à une consommation « propre ».

« Article 8

Le monopole délimite les régions et définit les parcelles où la culture du cannabis est autorisée. Seules les personnes agréées par le monopole ont le droit de se livrer à cette culture. Le monopole fournit les graines aux planteurs qui doivent lui livrer la totalité de leur récolte. Il conclut avec chaque planteur un contrat de culture qui définit les conditions d’exploitation de sa parcelle et autorise ses agents à y pénétrer afin de contrôler le nombre de plants cultivés ainsi que la production livrée.

La culture du cannabis à la lumière artificielle est interdite en dehors de celle qui a pour objet la production de cannabis thérapeutique en laboratoire. L’utilisation de pesticides ou d’engrais chimiques est proscrite.

De façon générale la production de cannabis doit être écologique et respectueuse de l’environnement. »

Cela veut dire, forcément, que l’État décide de la production, de la quantité de cannabis produite. Voici le passage concerné, où l’on remarque la pseudo tentative de présenter tout cela comme une expérimentation, comme quoi on pourrait retourner en arrière le cas échéant !

Oui, on le pourra, mais pas sans révolution…

« Dans un délai de cinq ans à compter de la date d’entrée en vigueur de la présente loi, un rapport d’évaluation de la politique de légalisation contrôlée du cannabis et des produits du cannabis est adressé par le Gouvernement au Parlement. Le rapport précise en particulier les quantités produites et distribuées chaque année ainsi que l’évolution du nombre de consommateurs modérés et excessifs au cours des cinq années d’activité.

Il propose, le cas échéant, la fin de l’expérimentation de cette politique ou, si elle mérite d’être poursuivie, les adaptations nécessaires de la présente loi. »

Dans ce cadre, c’est aussi l’État qui décide quels coffeeshops (le terme n’est pas employé) peut ouvrir et les prix ne seront pas libres.

Seulement voilà : nous sommes dans un capitalisme toujours plus libéral, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de très grandes entreprises. Or, si celles-ci peuvent décider du prix qu’elles veulent de par leur poids, l’État français va buter ici sur deux obstacles.

D’abord, dans le cadre de la libre-concurrence, les prix fixes sont impossibles. Ensuite, l’idée même de monopole étatique se heurte de front aux directives européennes.

En clair, à terme le marché du cannabis sera inéluctablement libéralisé, tout comme la Poste l’a été.

L’idée même d’imposer des prix aux coffeeshops est de toute manière impossible dans les dispositions légales du capitalisme, car les coffeeshops étant formellement indépendant juridiquement, on ne peut pas lui imposer de prix par une entité extérieure.

Pareillement, il est expliqué qu’une partie du prix de vente, hors cannabis thérapeutique, ira à la sécurité sociale.

Là aussi, c’est impossible, car nous ne sommes plus en 1944-1945 avec le conseil national de la résistance instaurant la sécurité sociale. On est au contraire en pleine liquidation de celle-ci. Par conséquent, inévitablement ce dispositif servant uniquement à faire accepter la légalisation du cannabis disparaîtra à terme.

Cette proposition de loi n’est rien d’autre qu’un hold up politique visant à faire passer, coûte que coûte, la légalisation du cannabis.

Erreurs et aberrations de la proposition de loi sur la légalisation du cannabis

Accordons notre attention au contenu de la proposition de loi dont nous parlions hier (Premier pas vers le référendum sur la légalisation du cannabis) et qui vise à légaliser le cannabis au moyen d’un référendum. Il y a un nombre d’erreurs et d’aberrations qui est tel que cela en est tout de même surprenant.

Il ne s’agit pas ici du fait que, chose terrible, le cannabis y soit défini comme « stupéfiant », comme n’étant « pas une marchandise ordinaire », comme « une drogue psycho-active qui suscite une dépendance et une tolérance susceptibles de provoquer des abus dangereux pour les consommateurs et pour les tiers ».

Ce serait la reconnaissance par la loi de la légalité d’une drogue. C’est terrible, c’est une terrible défaite culturelle, la liquidation de tout projet de société idéale, c’est reconnaître qu’il faut faire avec, que finalement la vie est ce qu’elle est, c’est-à-dire dure, amère parfois, qu’il faut savoir fuir, etc.

Mais les erreurs et les aberrations vont au-delà : on sombre dans l’incohérence, avec une proposition de loi tellement pleine d’hypocrisie que le bricolage est mal fait.

On apprend par exemple que la consommation de cannabis est interdite dans les lieux et les transports publics, sous peine d’une contraventions de deuxième classe (22 euros).

On sent déjà l’absurdité de la chose : déjà que tout le monde fume partout dans les grandes villes, avec la légalisation une répression serait d’autant plus impossible…

On note une dérogation possible, à demander au préfet, pour les lieux publics : les coffeeshops (le terme n’est pas mentionné) et les manifestations publiques.

Ce qui revient à placer le cannabis simplement au niveau de l’alcool. Ce n’est pas faux en soi, nous sommes à ce titre contre l’alcool et contre le cannabis. Mais déjà que l’alcool est un vrai problème, là on voit qu’avec la loi proposée, la société assumerait encore un autre problème !

Cela montre une première erreur : prétendre gérer le cannabis comme l’alcool ou les cigarettes. Le libéralisme ne distingue rien, or tout cela n’amène que des problèmes.

Autre rapprochement, d’ailleurs, avec l’alcool, il est précisé que le cannabis ne doit pas être vendu ni offert aux mineurs.

C’est naturellement invérifiable, comme pour l’alcool et les cigarettes, c’est donc une erreur… ou de l’hypocrisie.

Mais d’ailleurs, où le cannabis va-t-il être vendu ? Ce n’est pas dit. Ce qui est absurde pour une proposition de loi…

Il est parlé des « débits à consommer sur place », des « débits à emporter du cannabis ou des produits du cannabis », mais on ne sait pas si ces endroits seront les mêmes.

On devine la reconnaissance des coffeeshops, mais pourquoi n’est-ce pas dit alors ? Et auront-ils le droit de vendre ? Cela sera-t-il vendu par les pharmacies ? Les débits de tabac ?

En tout cas, il est précisé que les coffeeshops n’auront pas le droit de vendre de l’alcool, mais par contre celui de vendre des boissons non alcoolisés. On notera pour l’anecdote que la proposition de loi par les des « boissons alcooliques des groupes 2 à 4 », en sachant que le groupe 2 n’existe plus : on sent tout de même un léger amateurisme juridique…

Il sera également interdit de fumer. En clair, cela sera des bars à chicha, mais à cannabis. Sauf que… les bars à chicha, ce n’est pas légal. On n’a pas le droit de fumer dans un espace public…

Pourtant, les bars à chicha existent bien ! Et ils pourraient donc être illégaux, mais pas les coffeeshops… A moins de devenir coffeeshop. Belle incitation !

D’autres aberrations sont par ailleurs présentes et plus marquées encore.

Ainsi :

« L’exploitant doit tenir à la disposition des clients quittant son établissement des éthylotests leur permettant d’évaluer leur degré d’imprégnation alcoolique. »

Juridiquement, cela ne tient pas, car l’endroit n’est pas censé vendre de l’alcool, donc aucune obligation juridique sur ce plan ne peut exister…

Plus délirant, il est précisé la chose suivante :

« Art. L. 3611-6. – Toute forme de propagande, de promotion ou de publicité en faveur du cannabis ou des produits du cannabis est rigoureusement interdite.

Cette interdiction ne s’applique pas aux enseignes des débits à emporter ou à consommer sur place, ni aux affichettes disposées à l’intérieur de ces établissements, non visibles de l’extérieur, à condition que ces enseignes et affichettes soient conformes aux prescriptions d’un arrêté du ministre chargé de la santé. »

En clair, la promotion du cannabis est interdite, mais les coffeeshops sont autorisés. Pourtant, les coffeeshops sont en soi une promotion du cannabis, donc ils devraient être interdits. CQFD.

Plus humoristique, on peut aussi lire :

« Art. L. 3611-7. – Il est interdit de vendre des quantités de cannabis de plus de cent grammes sauf si l’acheteur justifie de son identité et des raisons de son acquisition. »

Quelles pourraient être ces raisons, justement ? Cela n’est pas dit. Donc juridiquement, cela n’a juste aucun sens.

Pareillement, voici ce qu’on lit sur la question de la conduite :

« Même en l’absence d’ivresse manifeste, le fait de conduire un véhicule sous l’influence du cannabis caractérisé par une concentration de tétrahydrocannabinol dans le sang égale ou supérieure à 8 nanogrammes par litre est puni de deux ans d’emprisonnement et de 4 500 euros d’amende. »

Amateurisme, encore une fois, car il s’agit de millilitres, pas de litres. Et il faut savoir qu’un taux supérieur à 1 ng/ml signifie qu’on a fumé au moins dans les six heures précédentes.

Donc non seulement il s’agit de millilitre et pas de litre, mais en plus le chiffre de 8 est énorme et permet de consommer du cannabis juste avant de conduire !

Cette proposition de loi montre qu’il s’agit d’un prétexte pour légaliser entièrement le cannabis, avec quelques petits aménagements comme pour l’alcool.

Le bricolage est tel qu’on sent qu’il s’agit juste d’une contribution pour faire pencher la balance de l’opinion publique.

Premier pas vers le référendum sur la légalisation du cannabis

C’est la grande offensive pro-cannabis. Le thème a été abordé de manière ouverte lors du second débat de la primaire du parti socialiste…

Francetvinfo se demande A quoi ressemblerait la France si le cannabis était légalisé ? en interrogeant les proches des candidats pro-cannabis (Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon, François de Rugy, Yannick Jadot, Sylvia Pinel, Jean-Luc Bennahmias)…

Quant au Figaro, il nous explique que Les buralistes attendent avec impatience la légalisation du cannabis.

Mais où est alors le référendum dont nous annoncions la venue depuis quelques temps déjà ?

Eh bien cette fois le processus est enclenché, puisque onze députés ont en effet fait une proposition de loi de légalisation du cannabis, avec un appel à un référendum d’initiative partagée, sorte d’initiative forçant à un référendum.

Les onze députés sont surtout d’EELV : Laurence Abeille, Danielle Auroi, Michèle Bonneton, Sergio Coronado, Cécile Duflot, Jean-Louis Roumégas.

On a également Isabelle Attard apparentée EELV et Noël Mamère, qui a quitté EELV en 2013. A cela s’ajoute Philippe Noguès qui a quitté le PS en 2015, ainsi que Sylviane Alaux et Mathieu Hanotin, tous deux du PS.

Voici le préambule de cette proposition de loi, qui explique  justement comment le référendum peut être « forcé ».

L’article 11 de la Constitution prévoit depuis la loi constitutionnelle du 23 juillet 2008 et la loi organique du 6 décembre 2013 un référendum d’initiative partagée.

Celui-ci ne peut être organisé qu’à « l’initiative d’un cinquième des membres du Parlement soutenue par un dixième des électeurs inscrits ».

Il faut donc réunir 185 parlementaires (sur un total de 925 députés et sénateurs) et environ 4,6 millions de Francais pour pouvoir consulter le peuple.

La procédure référendaire longue et complexe exige tout d’abord le dépôt d’une proposition de loi relative à la « politique économique, sociale ou environnementale de la Nation ».

Tel est le cas de la présente proposition sur la légalisation contrôlée du cannabis qui remplit parfaitement cette condition.

Ce texte propose en effet la création d’un monopole national de production et de distribution, la Française du cannabis, pour remplacer la prohibition actuelle au profit du crime organisé.

On peut en attendre 20 000 à 30 000 emplois dans l’agriculture, l’industrie, le commerce et les services ainsi que 2 à 3 milliards d’euros de recettes et d’économies pour l’État.

Il remplace les réseaux de trafiquants qui menacent et pourrissent la vie des citoyens par une nouvelle filière d’emplois marchands et honnêtes.

La légalisation contrôlée ne se confond pas pour autant avec la dépénalisation. Tout en tolérant l’usage par un majeur à son domicile privé, le monopole national lutte contre les abus préjudiciables à la société et aux tiers.

Le texte prévoit donc d’importants garde-fous (interdiction de vente aux mineurs, d’usage public, de conduite sous l’influence du cannabis, de publicité, etc..) pour protéger la santé et la sécurité publique.

On comprend pourquoi en octobre 2016 une majorité de Français (54 % selon l’institut Yougov) se sont déclarés favorables à cette légalisation sous le contrôle de l’État. Un pourcentage qui passe à 62 % chez les 25-34 ans pour atteindre 77 % chez les 18-24 ans.

En clair la jeunesse est massivement pour la légalisation du cannabis dans laquelle elle voit une source de richesse et d’emploi. Elle regrette cependant qu’aucune offre politique ne corresponde à ses aspirations, car si elle est puissante sur les réseaux sociaux elle n’est pas représentée au Parlement.

Elle s’adresse donc à l’ensemble de la représentation nationale dans une démarche engagée mais apolitique. Considérant que la légalisation du cannabis est une mesure d’intérêt général, elle souhaite que sa proposition soit soumise au débat public ses dispositions pouvant être discutées.

En tout état de cause, dans le référendum d’initiative partagée, qui reste sous le contrôle du Conseil constitutionnel, les élus ont le dernier mot. Autre avantage, cette procédure démocratique permet de réconcilier les élites et le peuple grâce à une action commune des parlementaires et la jeunesse.

La dimension démagogique est ouvertement expliquée : on se rapprocherait du peuple avec une mesure attendue… Quelle démagogie !

Et les précautions prises pour expliquer la loi proposée amènent à des choses aberrantes conceptuellement, avec l’invention d’une légalisation « contrôlée ».

La clef du problème se retrouve dans la phrase suivante :

La légalisation contrôlée ne se confond pas pour autant avec la dépénalisation.

On est ici dans une absurdité juridique, car légaliser c’est rendre légal. Or, est légal ce que la loi autorise.

Dépénaliser signifie abandonner toutes sanctions pénales, c’est-à-dire cesser de considérer comme un délit, mais il peut exister des amendes.

Donc la phrase explique qu’on va légaliser quelque chose, c’est-à-dire le reconnaître juridiquement, donc en l’encadrant, tout en continuant de le considérer comme un délit, ce qui est un non-sens.

C’est intenable et on se doute bien que si le cannabis est dépénalisé, il sera légalisé entièrement par la suite…

Alors pourquoi cette construction intellectuelle étrange ? C’est pour obtenir la majorité au référendum justement, au moyen du simple mot « contrôlé » qui est là pour rassurer.

C’est le concept clef, la clef de voûte de la campagne pro-cannabis.

Il a d’ailleurs déjà été présent tout récemment : dans la pétition signée à Marseille, il y a quelques jours, en faveur d’une légalisation « contrôlée » du cannabis, ainsi que lors d’une conférence qui s’est déroulée au sénat en octobre.

La question du cannabis devient donc ouverte et la campagne en sa faveur s’appuie désormais sur le concept de « légalisation contrôlée », qu’il va s’agir de critiquer.

« Pour une légalisation raisonnable du cannabis »

C’est une ironie qui en dit long : à quelques heures près, on trouvait deux tribunes pro-cannabis publiées sur internet, l’une expliquant que c’est quelque chose forcément de gauche, l’autre affirmant que c’est au conforme au libéralisme!

Le Monde a ainsi publié Rénover la gauche : « Légalisons le cannabis » de l’économiste Christian Ben Lakhdar, tandis que Les échos publiaient Pour une légalisation raisonnable du cannabis.

Voici cette dernière tribune, écrite par Gaspard Koenig, / philosophe et president du Think Tank Generation Libre.

Elle est le signe que le champ s’est élargi : désormais des libéraux à Jean-Luc Mélenchon, la légalisation avec des formes plus ou moins variées du cannabis a le vent en poupe.

Au moment où Emmanuel Macron, pris d’une soudaine crise paternaliste, promet une « génération sans tabac », cent cinquante personnalités marseillaises font le pari d’une « génération cannabis » en publiant une tribune en faveur de sa légalisation.

Les arguments favorables, que j’ai déjà eu l’occasion d’exposer dans cette colonne, se fondent sur la régulation intelligente d’un marché aujourd’hui souterrain : élimination des réseaux de trafiquants, baisse de la criminalité, développement économique, diversification agricole, hausse des recettes fiscales, mise en place de contrôles sanitaires, et renforcement de la prévention – sans même mentionner la liberté fondamentale, garantie par notre Déclaration des droits de l’homme, de pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui…

Ce qui restait une hypothèse théorique est désormais validé par les retours d’expérience positifs des deux Etats américains qui ont franchi le pas depuis 2013 (Colorado et Washington), rejoints depuis par six autres.

Il va sans dire que légaliser le cannabis ne revient pas à encourager sa consommation ni à minimiser ses effets parfois dévastateurs, mais à le traiter pour ce qu’il est : une drogue douce, généralement considérée comme moins addictive et moins nocive que le tabac ou l’alcool, et dont les vertus médicinales sont connues depuis l’Antiquité.

Les derniers doutes qui pouvaient me rester ont été balayés – ou plutôt : évaporés… – par la lecture de Bruce Barcott, un journaliste américain qui a enquêté sur l’histoire du cannabis aux Etats-Unis et en a tiré un livre au titre incitatif : « Weed the People ».

On y découvre comment la politique de prohibition fut l’oeuvre d’intérêts bureaucratiques puis politiques, parfaite illustration de la théorie des choix publics.

Son architecte en chef, Harry Anslinger, directeur du bureau fédéral des narcotiques, se cherchait une raison d’être dans l’Amérique de la Grande Dépression, et se lança dans une croisade idéologique tous azimuts, multipliant les corrélations hasardeuses et les dénonciations abusives (il s’indignait par exemple que la marijuana tende à favoriser les relations sexuelles entre femmes blanches et hommes noirs).

Le rapport La Guardia de 1944, reprenant les conclusions de l’Académie de médecine de New York, conclut pourtant à l’innocuité du cannabis ; près de trente ans plus tard, la commission Shafer, présidée par des républicains conservateurs, demanda sa dépénalisation.

Mais les névroses de Richard Nixon puis de Nancy Reagan eurent raison de l’évidence scientifique. Et la France, en criminalisant à son tour le cannabis dans les années 1970, n’a fait que suivre la tristement inefficace « guerre contre la drogue » lancée outre-Atlantique.

Depuis, nos gouvernants s’appliquent eux aussi à enterrer les rapports, comme l’année dernière les conclusions de la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives, qui préconisait à tout le moins de transformer le délit de consommation de cannabis en simple contravention.

Faute de quoi, les 17 millions de Français ayant déjà fumé du cannabis restent toujours passibles d’un an de prison…

La question n’est donc plus d’évaluer les mérites d’une prohibition qui n’aurait jamais dû voir le jour, mais de comprendre qui peut encore s’opposer à une politique de légalisation raisonnable, éprouvée, respectueuse de l’individu et bénéfique pour la société.

Les signataires de la tribune marseillaise dénoncent à juste titre « un ordre moral qui ne repose sur aucun élément prouvé par la science ».

Ils auraient pu ajouter que, bien souvent, les mêmes qui s’opposent à la légalisation au nom de principes indicibles, se lamentent que la France n’ait pas encore mis en place ces fameuses réformes-structurelles-que-tout-le-monde-connaît. Comme si la rationalité politique devait s’exercer dans un cas, mais pas dans l’autre.

Comme si l’on pouvait faire confiance à l’individu pour « se former », « être flexible », « entreprendre sa vie », mais pas pour gérer convenablement ses plaisirs. Si vous vous pensez réformateur vis-à-vis du droit du travail, élargissez la lunette, poussez le raisonnement, regardez le cannabis sous toutes ses facettes. Concluez.

Les caves de l’Elysée contiennent, dit-on, quinze mille bouteilles des meilleurs vins français. Il est temps que son prochain occupant en tire les conséquences, et permette à ses compatriotes de savourer sans craindre le gendarme les moments de détente du corps et de l’esprit que la République offre si généreusement à ses hôtes.

Campagne forcenée pro-cannabis à Marseille

Cette tribune rendu publique hier dans le Journal du Dimanche est une énième provocation de plus en faveur du cannabis. Elle a cela d’on ne peut plus hypocrite, cependant, qu’elle vient… de Marseille.

Une ville gangrenée par la mafia, et certainement pas uniquement par la mafia du cannabis ! Prétendre donc pacifier Marseille au moyen de la légalisation « contrôlée » du cannabis est donc ridicule.

Il est vrai que les actions spectaculaires des mafieux ces derniers temps à Marseille ont marqué les esprits. Mais pense-t-on réellement que ces pratiques et la culture qui va avec vont disparaître aussi simplement?

C’est le profit facile qui est l’objectif des mafieux, qui est le moteur des mafias. Qu’il y ait une répercussion sociale pour le petit dealer tentant de gagner sa vie, c’est relativement vrai mais ce n’est nullement le moteur réel de la mafia.

Quel rapport alors avec « l’ordre moral » et l’exclusion des personnes dépendantes dénoncés dans le texte?

Notons au passage que Patrick Mennucci a signé également cette tribune. Aux élections municipales marseillaises de 2014, il a terminé derrière l’UMP et le FN. S’il croit que c’est avec ce genre de choses qu’il va revenir dans la course, c’est raté…

Quant à une autre signataire marseillaise, Marie-Arlette Carlotti, député dans les Bouches du Rhône, citons au passage un de ses propos pro-corrida :

« Au début j’avais peur. Mes amis m’y ont amenée. Quand ça vous prend, ça ne vous lâche plus. Maintenant, c’est sans culpabilité. »

Pas de rapport avec le cannabis, mais il y a tout de même un fond commun : l’incapacité à proposer une utopie positive, des valeurs morales, des principes universels, le tout en adéquation avec une vie naturelle.

Voici la tribune.

« Depuis près d’un demi-siècle, la loi qui s’applique à la consommation du cannabis est prohibitionniste, répressive et punitive. Pourtant la dangerosité du cannabis est sans commune mesure avec celle du tabac (60.000 morts par an) et de l’alcool (40.000 morts par an), qui sont des drogues licites.

La prohibition du cannabis est un échec :

• Elle est directement responsable, chez nous, de réseaux, de trafics très organisés, qui brassent des sommes considérables et gangrènent de nombreux quartiers. Les règlements de comptes (2014 : 15 faits, 10 décès, 2015 : 13 faits, 14 décès, 2016 : 34 décès) sont très majoritairement liés au trafic de cannabis. 20% de l’activité policière concerne le trafic de cannabis (9.095 procédures pour infraction à la législation sur les stupéfiants en 2015, à 90% pour le cannabis, contre 6.808 en 2012, soit une augmentation de 25%).

• La répression a un coût important (santé, police, justice, prison) qui ne va pas aux investissements nécessaires et productifs (santé, logement, école, travaux publics, sécurité).

• Elle est dommageable pour la santé, car la clandestinité des pratiques éloigne les consommateurs de la prévention, de la réduction des risques et des soins. Le rajeunissement constaté des premières consommations impose des mesures innovantes auprès des jeunes ; mais aucun dispositif spécifique opérant n’existe dans les établissements scolaires, des points accueil écoute jeunes ferment, et les consultations jeunes consommateurs peinent, du fait de la prohibition, à attirer de jeunes usagers inquiets d’exposer leurs questionnements.

• La prohibition génère de l’exclusion puisque des personnes présentant un mode de vie particulier ou une pathologie addictive sont stigmatisées, rejetées, punies, rendues responsables de méfaits dont elles sont souvent les victimes. Et ce, au nom d’un ordre moral qui ne repose sur aucun élément prouvé par la science.

«C’est pourquoi nous lançons de Marseille cet appel à la France, pour que le débat sur la légalisation du cannabis soit ouvert»
Nous, Marseillais, conscients du désastre que cause le trafic dans notre ville, appelons aujourd’hui à une légalisation contrôlée de la production, de la vente et de la consommation, telle qu’elle existe déjà dans plusieurs pays, comme la solution raisonnée que nous devons choisir.

La fin de la prohibition aurait de nombreux effets positifs : la fin des réseaux mafieux qui prospèrent sur l’interdit, et qui tuent ; les économies substantielles qui bénéficieront à notre économie ; une taxation légitime sur la vente qui ferait rentrer de l’argent dans les caisses de l’État ; la réorientation de l’activité de la police et de la justice vers d’autres actions de sécurité ; l’amélioration de la santé des jeunes consommateurs parfois piégés dans un usage nocif ou une dépendance, et une vraie politique de prévention qui serait connexe à la légalisation ; la sortie de l’exclusion et une amélioration de la citoyenneté des personnes qui consomment et que la criminalisation de leur comportement rejette dans l’illégalité ; une organisation nouvelle de la production qui créera des emplois dans l’agriculture.

Il est temps d’agir. Marseille souffre des dommages causés par la prohibition du cannabis. Nous voulons porter le changement et appeler à une politique plus efficace et plus humaine. C’est pourquoi nous lançons de Marseille cet appel à la France, pour que, dans la période électorale qui arrive, le débat sur la légalisation du cannabis soit ouvert. »

La liste des signataires :

Menucci Patrick, Député
Stambul Béatrice, Psychiatre. Présidente d’honneur de l’Association Française de Réduction des Risques
Granger Yann, Coordinateur du CAARUD du Bus 31/32
Pérez Fabien, Avocat

Adloff Céline, Éducatrice spécialisée
Appia Brigitte, Retraitée
Apostolidis Thémis, Professeur de psychologie sociale
Battesti Emma, Comédienne
Bagnis Olivier, Médecin référent CSAPA des Baumettes
Barles Sébastien, Enseignant, Chargé de Mission au Parlement Européen
Bartolo Karine, Psychiatre addictologue
Bartolomei Christine, Magistrat retraitée
Bartolomei Louis, Magistrat retraité
Bayet Guillaume, PH Unité Sanitaire des Baumettes APHM
Beau Sophie, Directrice d’association humanitaire
Beaucamp Aurélien, Président AIDES
Beetlestone Emma, Psychiatre
Beitone Alain, Professeur retraité
Benmaria Nassera, Conseillère d’arrondissement, députée suppléante
Benmohammed Djamel, Coordinateur ASUD
Bennahmias Jean-Luc, Président du Front Démocrate UDE
Bensussan Agnès, Sociologue
Billy Pierre, Chef de service Foyer d’Accueil Médicalisé
Blaine Julien, Poète
Blanc Dominique, Médecin généraliste UCSA Baumettes
Bonnemain Tristan, Graphiste
Bonnet Didier, Association ADRETS
Boulanger Sylvie, Psychologue clinicienne Réseau Marseille Santé Sud
Bourelly Michel, Militant associatif, Moniteur d’études en sciences sociales ANRS
Bourlière Marc, Chef de service Hépatogastroentérologie Hôpital Saint-Joseph
Bret Robert, Retraité, ancien parlementaire, militant associatif (OIP)
Breton Christine, Conservateur honoraire du Patrimoine
Brollo Sylvie, Psychologue CSAPA Prisons de Marseille
Brun François, Médecin généraliste
Bruschi Christian, Professeur émérite des facultés de droit, avocat honoraire
Bruschi Myrtho, Avocat Honoraire
Camil Silvie, Directrice ASUD Mars Say Yeah
Cano Lucia, Architecte
Carlotti Marie-Arlette, Députée
Carouge Clément, Fondateur de la Nuit Magazine
Carrieri Patrizia, Chercheure INSERM
Chabannes Jean-Marc, Psychiatre APHM
Chapiro Claude Renard, Intervenant culturel
Chappe Cécile, Technicienne d’études cliniques Hôpital St Joseph
Chevalier Marielle, Éducatrice spécialisée
Chuzeville Marie-Claude, Ancienne Principale de collège
Clarte Florian, Moniteur d’escalade
Clarte Renaud, Psychiatre APHM
Condro Salvatore, Sociologue
Correard Régis, Salarié
Corsini Lionel, Dj Oil
Cottereau Joris, Moniteur éducateur
De Boissezon Bruno, Chef d’entreprise
Decamps Yann, Comédien
De Cerou Jean-Baptiste, Haut fonctionnaire
De Leusse Christian, Responsable associatif
Denambride Alix, Metteure en scène
De Severac Marie-Laure, Médecin
Desgranges Béatrice, Directrice de festival
Marie Dijon, Chef de cuisine
Dinard Michel, Auteur Compositeur Interprète
Diakhaté Lamine, Responsable PS sénégalais à Marseille
Djaffri Abdelghani, Intervenant de proximité
Doumenc Camille, Éducatrice spécialisée, coordinatrice CSAPA
Duport Claire, Sociologue
Febvrel Didier, Médecin de Santé Publique
Félius Stéphane, Chef de service structure Médico Sociale
Fieulaine Matthieu, Coordinateur Association SANTé!
Fourest Alain, Responsable associatif
Frappas Mylène, Cadre de Santé Publique – Marseille
Freschel Agnès, Journaliste
Gadelius Hans, Médecin addictologue
Galinier Anne, Coordinateur Espace Santé APHM
Gasiglia Caroline, Présidente CAARUD Le Tipi
Gaudion Lucien, Artiste
Girard Vincent, Psychiatre APHM
Goldet Hélène, Présidente du CIQ
Granjon Bernard, Président d’Honneur de Médecins du Monde
Hadj-Chick Haouaria, Conseillere départementale
Hariton Bernard, Médecin généraliste
Hazer Bénédicte, PH Médecin urgentiste
Hispa Dorian, Responsable EELV
Hoareau Emmanuelle, Sociologue InCITTA et GVRS
Hourrier Ketty, Éducatrice spécialisée
Iivanez Philippe, Artiste & Cuisinier
Jordan Claude, Directeur CSAPA/CAARUD
Kerdudo Olivier, L’Amateur (Artiste et programmateur)
Kerimel Eric, Directeur général d’Habitat alternatif et Social
Kilidjian Dro, Programmateur musique
Laberthe Sandra, Infirmière
Lacoste Patrick, Responsable associatif
Lagati Nadia, Artiste & Cuisinière
Lancon Christophe, Psychiatre APHM
Lardillier Dominique, Médecin
Lasolle Claire, Citoyenne – Trésorière de l’association SOLARIS / Videodrome 2
Laurent-Crippa Dominique, Infirmière de secteur psychiatrique
Lebrun Maela, Infirmière Cheffe de service
Le Flour Marine, Artiste Plasticienne et Dj Pé Pé, Régisseuse
Lenoir Sylvia, Chef de service CHRS et CAARUD
Levi Joachim, Association Nouvelle Aube
Longère Serge, Directeur d’établissements médico-sociaux
Lyon Delphine, Policière
Mahachi Osman, Militant associatif
Malaval Isabelle, Coordinatrice générale PACA Médecins du Monde
Martel Frédéric, Journaliste/ Ecrivain
Martin Victor, Intervenant de réduction des risques
Matenot Nicolas, Psychologue Social de la Santé
Mélère Julie, Professeur de lettres modernes
Mélia Corinne, Coordinatrice Réseau Santé OEB
Merbah Nasser, Professeur d’EPS
Mikowsky Sonia, Scénographe
Mokhtari Saadia, APHM Médecin maladies tropicales
Monge Axelle, Chef de projet culture
Moukomel Marianne, Orthophoniste retraitée
Musso Sandrine, Antropologue
Nave Constance, Présidente SOS Hépatites PACA
Naudin Jean, PUPH Psychiatre, Docteur en philosophie
Noël Benoît, Chef de service établissement médico-social
Nugoli Hélène, Policière
Ohanessian Yannick, Elu CESER PACA
Olenine Alexandre, Animateur de prévention
Paraponaris Hervé, Artiste, Enseignant chercheur
Pendaries Jean-René, Citoyen
Pétrot Jean-Philippe, Infirmier psychiatrique
Pigamio Marion, Cheffe d’entreprise
Pigamo Nathalie, Conseillère Métropolitaine
Policard Yael, Etudiant
Poitevin Christian, Adjoint à la culture Marseille 89-95
Putzschel Dirk, Médecin addictologue APHM
Richez-Battesti Nadine, Enseignante – chercheur AMU
Rooijackers Jean-Régis, Coordinateur de structure médico-sociale
Roux Perrine, Chercheure INSERM
Saint-Girons Nicolas, Enseignant
Santucci Jean-Jacques, Directeur Addictions Méditerranée
Scheidt Bertrand, Producteur de spectacles
Scotto Eric, Commerçant
Simon Nicolas, Psychiatre APHM
Spire Bruno, Ancien Président de AIDES
Sportis Cécile, Ancienne diplomate
Stambul Édouard, Professeur
Stambul Pierre, Professeur retraité
Stambul Samuel, Architecte
Tagawa Anne-Marie, Éducatrice de Prévention Quartiers Nord retraitée
Tiran Emma, Fonctionnaire Territoriale
Toubiana Pierre, Médecin de Santé Publique retraité
Trignac Cyrille, Militant associatif, politique, syndical
Tur Vera, Directrice d’école maternelle
Vassas Stéphanie, Directrice ANPAA
Vercey Renaud, Réalisateur multimédia
Viard Jean, Chercheur
Vidal Anne, Psychologue clinicienne
Vigier Emmanuel, Réalisateur
Zurbach Etienne, Coordinateur TREND SINTES

Sylvia Pinel et la légalisation du cannabis comme « extension du champ des libertés individuelles »

Sylvia Pinel est la présidente du parti radical de gauche, qui va participer aux primaires organisées par le parti socialiste. Au début, elle comptait se présenter directement, mais les sondages lui accordaient 0 % donc elle a décidé d’accepter les primaires rejetées ouvertement auparavant.

Sa ligne est libérale-libertaire mais, naturellement, difficile encore de le dire tel quel. Aussi y a-t-il le thème de la sécurité qui a été saupoudré sur la justification de la légalisation du cannabis…

Voici à quel point c’est mal fait et révélateur d’une sacrée hypocrisie, au moyen de son « projet présidentiel ».

Cela commence donc de la manière suivante :

« Une République forte pour assurer la sécurité de tous.
Notre sécurité est un devoir. Je dégagerai tous les moyens pour lutter contre le terrorisme et la radicalisation. J’engagerai par ailleurs un combat déterminé contre les réseaux mafieux liés à la drogue par la légalisation encadrée du cannabis. C’est aussi une exigence de santé publique. »

Quand on lit cela, on comprend donc que la légalisation du cannabis est motivée par la lutte contre les mafias.

Cependant, que lit-on un peu plus loin ?

Qu’en fait, la consommation du cannabis serait un « droit ». Pour bien le souligner, c’est mis côte à côte avec d’autres « droits » considérés comme « nouveaux » à obtenir…

« INSTITUER DE NOUVEAUX DROITS

Le droit de mourir dans la dignité
La possibilité pour toutes les femmes de recourir à la PMA sans conditions
Le droit de vote pour les étrangers résidents en situation régulière
La légalisation de l’usage du cannabis, sous contrôle de l’État »

La contradiction est ici totalement évidente. Et comme le « projet présidentiel » fait 54 pages, il a fallu bien aborder cela.

Voici comment Sylvia Pinel tente de s’en sortir, au prix de multiples contorsions :

« La légalisation du cannabis, que je propose, ne doit pas être seulement regardée comme un élément d’extension du champ des libertés individuelles. Elle doit également s’analyser comme un moyen efficace de lutte contre les réseaux de trafic et la délinquance organisée.

La légalisation du cannabis devra s’accompagner de mesures destinées à prévenir les usages nuisibles à la santé, comme à la sécurité : Les ventes seront contrôlées par l’État sur le modèle de la commercialisation d’alcool.

Le cannabis sera en accès libre dans les pharmacies. Le prix d’achat sera calibré. Il devra être suffisamment élevé pour ne pas encourager les ventes, mais suffisamment bas pour prévenir le développement de réseaux souterrains.

Les sanctions contre l’usage de cannabis au volant seront fortes et les contrôles plus fréquents. Les tests salivaires pourraient être systématiquement effectués lors des contrôles. Des contrôles stricts seront effectués sur la qualité de ces produits pour répondre à la problématique de santé publique que posent les substances actuelles. Les risques en seront atténués.

J’ajoute que l’intervention de l’Etat dans le dispositif de production, de commercialisation et de contrôle du cannabis génèrera de nouvelles recettes publiques, de l’ordre de 2 milliards d’euros. »

On l’aura compris : l’argument des recettes publiques est censé justifier le tout.

La lutte contre les mafias est bien ce qui est secondaire par rapport à ce qui est bien défini comme une « extension du champ des libertés individuelles ».

Un peu plus loin, on trouve toutefois ce petit rappel :

« Légaliser l’usage du cannabis Pour être pleinement comprise, cette mesure de libéralisation doit être mise en rapport avec la politique de sécurité intérieure (voir ci-dessus). »

C’est là que toute l’hypocrisie se révèle : l’argument anti-mafias est juste censé rassurer, donner un justificatif social positif à quelque chose qui doit être considéré pour ce que c’est, à savoir une véritable régression !

Légalisation du cannabis aux États-Unis et banalisation

C’est une information intéressante diffusée par La Dépêche :

« La consommation de cannabis des 13-14 ans et 15-16 ans aurait augmenté respectivement de 2% et 4% dans l’État de Washington depuis la loi de 2015 autorisant l’utilisation récréative de la substance, selon des chercheurs de l’université de Californie à Davis (UC Davis) et de l’université de Columbia.

D’après cette étude, menée auprès de 254.000 adolescents dans l’État de Washington et le Colorado, la perception négative du cannabis a chuté de 14% et de 16% depuis la légalisation auprès des mêmes catégories d’âge. »

Dans d’autres médias, on peut trouver des informations expliquant plus moins le contraire.

Cependant, dans tous les cas, on peut partir du principe suivant : un bien de consommation légalement disponible perd de facto toute perception négative.

Nous vivons en effet dans une société de consommation : si le marché le propose, c’est que c’est acceptable. C’est bien pour cela que les gens achètent de la viande. Ils ne sont pas « spécistes », mais simplement consommateurs.

Cela ne veut d’ailleurs pas dire qu’il faille les convaincre de « consommer » différemment, car on ne combat pas l’aliénation en tentant de la dévier. Culturellement, les gens mangeant du simili-carné, selon nous, reviendront au carné (ou bien romprons avec le simili-carné).

Il faut envisager les choses comme producteur, pour un monde entièrement différent. C’est une approche universelle.

Le cannabis, s’il était vraiment quelque chose de positif, serait d’ailleurs mis en avant comme universel, devant être assumé par l’État au service de la société.

Ce n’est pas du tout ce qui arrive : c’est sous la forme du libéralisme le plus mercantile que le cannabis est valorisé.

Et, par définition dans notre société, ce qui est valorisé économiquement est valorisé culturellement. Si le cannabis devient une marchandise, alors il a une valeur en tant que telle.

Il participe à l’ensemble de l’économie, il devient un bien comme un autre.

Donc il devient banal pour les jeunes générations n’ayant pas de recul et partant de là, cette drogue s’installe.

C’est une raison pour laquelle les personnes plus âgées doivent absolument assumer leur responsabilité envers la jeunesse et réfuter toute banalisation du cannabis.

Plus le cannabis aura l’air de pouvoir être légalisé, plus il se banalisera, plus il sera présent dans la vie quotidienne. Ce qui renforcera le mouvement en faveur de la légalisation, formant un cercle vicieux.

A quoi il faut opposer le cercle vertueux : respect de soi même – refus de la dépendance – opposition au cannabis – refus de toutes les drogues.

Refuser franchement le cannabis

« La légalisation du cannabis, enjeu inattendu de la primaire à gauche » dit l’Express : c’est faux et nos articles ont l’utilité de tracer le parcours de la grande opération qui a lieu depuis plusieurs mois en faveur de cette légalisation.

Car l’affaire est entendue : le cannabis va devenir l’un des grands thèmes « mobilisateurs » à gauche. C’est une catastrophe, parce que cela signifie qu’il ne s’agit plus du tout de changer le monde, mais au mieux de le gérer.

Et c’est vrai pour cinq des sept candidats à la primaire à gauche, à quoi s’ajoute Jean-Luc Mélenchon, ainsi qu’Emmanuel Macron si jamais on le classe à gauche.

On le savait déjà, toutefois, que la gauche était devenue une sorte de gestionnaire social du capitalisme, mais la question du cannabis fait que là les choses sont vraiment visibles : quand on capitule devant la drogue, alors cela veut dire qu’on est prêt à tout accepter, qu’on a plus aucun idéal.

Il appartient aux gens qui ont une conscience sociale de réagir, et de sortir d’un piège.

En effet, il ne s’agit plus ici d’être sympathique individuellement, tolérant ou libéral et de dire qu’une personne qui fume par-ci par-là, après tout cela n’est pas grave. La question va bien plus loin, elle concerne la définition même de ce que peut être une vie heureuse, une vie sans dépendance.

Car le cannabis signifie à la fois la dépendance et la fuite vers un paradis artificiel. Et l’enfer est pavé de bonnes intentions : sous prétexte de dire qu’après tout, fumer du cannabis ne cause pas de préjudice à autrui, que ce n’est pas si toxique, on rentre dans l’engrenage d’accepter le cannabis en tant que tel.

Pourtant, il est évident qu’il faut bien mettre une limite. Et au moins la question de la légalisation du cannabis a le mérité d’apporter de la clarté en ce domaine.

Il faut arrêter la tolérance et le fait d’imaginer qu’on serait un rabat-joie si on se dénonce le cannabis, au lieu de se contenter de se mettre à l’écart. Il faut de l’intervention ! Il faut de la dénonciation !

Cela ne veut pas dire qu’il faille faire cela n’importe comment, mais c’est impératif ! Sans cela, non seulement le cannabis va être légalisé, mais en plus la principale forme d’opposition à cela va consister en les religieux et les conservateurs.

Étant donné que le nombre de personnes qui consomme du cannabis en France est très important, on a ici un thème vraiment essentiel du débat public.

Les gens vont en parler, les gens vont en débattre, il va y avoir beaucoup de discussions et il faut que les gens conscients s’arment d’arguments et d’éléments culturels pour dire non au cannabis, pour refuser sa reconnaissance légale.

L’humanité a besoin d’avoir la tête claire, libre de drogues, en étant joyeuse en profitant de la vie, dans la reconnaissance de la Nature. Pourquoi fuir une réalité qui pourrait être tout à fait différente ?

Comme si d’ailleurs fuir était possible ! La drogue, toute drogue y compris le cannabis, ne signifie rien d’autre que l’auto-destruction, la mise en parenthèse de ses propres exigences.

L’ivresse du cannabis est un abrutissement, un écrasement de sa propre personnalité.

Alors qu’il faut épanouir sa personnalité, ce qui passe déjà par le respect de soi !

Et cela veut dire refuser franchement le cannabis.

Cannabis au Canada : les mesures pour « minimiser les dangers »

Le Canada a rendu public un « cadre pour la légalisation et la réglementation du cannabis au Canada », en tant que « rapport final du Groupe de travail sur la légalisation et la réglementation du cannabis ».

C’est un document très long, dont voici un passage nous concernant, puisque de nombreuses personnalités politiques, dans notre pays, se sont prononcées en faveur de la légalisation.

Il s’agit des mesures de sécurité visant à encadrer un produit censé être inoffensif… Et on s’aperçoit ici qu’il va y avoir toute une réglementation permettant d’épauler la naissance de ce nouveau marché du cannabis.

On est ici dans un processus très complexe, mêlant drogues et capitalisme, avec un objectif très clair : bien encadrer dès le départ, pour empêcher par la suite tout recul concernant la légalisation…

Afin de minimiser les dangers, le Groupe de travail recommande au gouvernement fédéral ce qui suit :

Établir un âge minimum national à 18 ans pour l’achat, en reconnaissant le droit des provinces et des territoires de l’harmoniser avec leur âge minimum pour l’achat d’alcool
Appliquer des restrictions exhaustives à la publicité et la promotion du cannabis et de marchandises connexes par quelque moyen que ce soit, y compris par parrainage, par endossement et par valorisation de la marque, comme pour les restrictions sur la promotion des produits de tabac
Permettre une promotion limitée dans des endroits qui sont accessibles aux adultes, semblable aux restrictions sous la Loi sur le tabac
Exiger un emballage simple pour les produits de cannabis qui permet les renseignements suivants sur les emballages : le nom de la compagnie, le nom de la souche, le prix, les teneurs en delta-9-tétrahydrocannabinol (THC) et en cannabidiol (CBD), et les avertissements ainsi que d’autres exigences en matière d’étiquetage
Imposer des sanctions strictes sur les promotions fausses ou trompeuses, ainsi que les promotions qui encouragent la consommation excessive, lorsque la promotion est permise
Exiger que toutes les allégations thérapeutiques faites dans la publicité soient conformes à la loi applicable
Fournir des ressources et permettre la détection et l’application en cas de violations des restrictions en matière de publicité et de marketing, y compris par l’entremise de médias traditionnels et sociaux
Interdire tout produit jugé attrayant pour les enfants, y compris les produits qui ressemblent ou qui imitent des aliments familiers, dont l’emballage ressemble à celui de bonbons ou qui sont de couleur vive ou avec des personnages de dessins animés ou d’autres dessins ou images qui attireraient les enfants
Exiger un emballage opaque, refermable, à l’épreuve des enfants ou protège-enfants, en vue de limiter l’accès des enfants à tout produit à base de cannabis
De plus, en ce qui concerne les produits comestibles :Mettre en œuvre l’emballage avec une portion individuelle standardisée, avec un symbole universel de THC
Fixer une quantité maximale de THC par portion et par produit
Interdire les produits mélangés, par exemple les boissons alcoolisées infusées au cannabis ou les produits à base de cannabis avec du tabac, de la nicotine ou de la caféine
Exiger un étiquetage approprié sur les produits à base de cannabis, incluant ce qui suit :Étiquette avec un texte de mise en garde (p. ex. « TENIR HORS DE LA PORTÉE DES ENFANTS »)
Degrés de THC et de CBD
Pour les produits comestibles, les exigences en matière d’étiquetage qui s’appliquent aux produits alimentaires et aux boissons
Créer un cadre législatif souple qui pourrait être adapté à de nouvelles preuves sur des types de produits particuliers, sur l’utilisation d’additifs ou d’édulcorants ou sur la précision de limites de THC ou d’autres composantes
Assurer la surveillance réglementaire des concentrés de cannabis afin de réduire au minimum les risques associés à la production illicite
Élaborer des stratégies pour encourager la consommation de cannabis moins puissant, y compris un régime de prix et fiscal fondé sur la puissance pour décourager l’achat de produits très puissants
Exiger que tous les produits de cannabis comprennent des étiquettes identifiant les teneurs en THC et en CBD
Permettre un cadre législatif souple qui pourrait s’adapter aux nouveaux éléments de preuve afin de fixer des règles pour les limites de THC ou d’autres composants
Élaborer et mettre en œuvre des stratégies factuelles d’éducation du public pour informer les Canadiens sur les risques liés à la consommation problématique et pour fournir une orientation sur la consommation à risque plus faible
Effectuer l’analyse économique nécessaire en vue d’établir une approche fiscale et de prix qui établit un équilibre entre la protection de la santé et le but de réduire le marché illicite
Collaborer avec les gouvernements provinciaux et territoriaux pour déterminer un régime fiscal qui inclut la répartition équitable des recettes
Créer un système souple qui peut adapter les approches fiscales et de prix aux changements qui surviennent dans le marché
S’engager à utiliser certaines recettes provenant du cannabis comme source de financement pour l’administration, l’éducation, la recherche et l’application de la loi
Concevoir un régime fiscal fondé sur la puissance du THC pour décourager l’achat de produits très puissants
Mettre en œuvre dès que possible une campagne d’information du public fondée sur des données probantes, visant l’ensemble de la population, mais qui met l’accent sur les jeunes, les parents et les populations vulnérables
Coordonner les messages avec les partenaires provinciaux et territoriaux
Adapter les messages éducatifs en fonction de l’évolution des éléments de preuve et de la compréhension des risques pour la santé, en travaillant avec les partenaires provinciaux et territoriaux
Faciliter et surveiller les activités continues de recherche sur le cannabis et l’affaiblissement des facultés, en tenant compte des incidences sur les politiques en matière de santé et de sécurité au travail
Travailler avec les organismes fédéraux, provinciaux et territoriaux existants pour mieux comprendre les problèmes potentiels de santé et de sécurité au travail liés à l’affaiblissement des facultés par le cannabis
Collaborer avec les provinces, les territoires, les employeurs et les représentants syndicaux pour faciliter l’élaboration de politiques sur facultés affaiblies au travail

« Le cannabis, ce nouveau fléau du bâtiment »

Les partisans du cannabis ont su faire en sorte que l’aspect récréatif soit le seul pris en compte. Le cannabis serait une sorte de passe-temps, l’équivalent d’une bière, d’une cigarette, etc.

Or, son inscription dans la vie quotidienne signifie également son intégration dans le temps de travail. Europe 1 a mené un vrai travail d’enquête, donnant comme titre à l’article : « Le cannabis, ce nouveau fléau du bâtiment ».

Ce sont les entreprises du bâtiment qui sont en panique :

La consommation de cannabis est un véritable casse-tête pour les chefs d’entreprises du bâtiment. Ils se disent démunis face à une consommation dont les conséquences peuvent être dramatiques.

Pendant des années le secteur du bâtiment s’est battu contre l’alcoolisme sur les chantiers. Aujourd’hui il lutte aussi contre le cannabis.

Le sujet reste très tabou, alors que s’ouvre la deuxième journée nationale de la prévention des conduites addictives en milieu professionnel.Pourtant les risques sont très importants.

Par exemple, après un accident et la mort d’un ouvrier sur un chantier de la région Rhône-Alpes, une enquête a révélé que deux ouvriers, un conducteur de grue et celui chargé d’accrocher une dalle de 300 kilos qui est tombée du haut de la grue, avaient fumé du cannabis.

Il y a en effet deux soucis : quelqu’un qui a fumé ne se repère pas forcément, comparé à quelqu’un de saoul. Ensuite, pour les métiers pénibles comportant des dangers soudains, c’est naturellement très problématique.

Et, comme on peut s’en douter, les gens qui font des métiers pénibles plongent d’autant plus facilement dans les drogues et l’alcool.

La dernière étude sur cannabis et bâtiment remonte à 2010. Selon cette enquête de l’institut national de la prévention, 13% des salariés du bâtiment consomment quotidiennement du cannabis.

C’est quasiment deux fois plus que le reste des actifs.

La fédération des travaux publics du Languedoc-Roussillon a également mené une enquête locale et les résultats sont « effarants ».

« On s’est rendu compte que quasiment deux salariés sur dix consomment des stupéfiants », constate Olivier Giorgiucci, le président de la fédération.

« C’est dramatique, car on a des chauffeurs de poids lourd, des chauffeurs de grosses pelles. Ce sont des gens qui manipulent des objets qui sont dangereux. »

En cas d’accident grave, retrait de permis, prison et perte d’emploi peuvent survenir. « L’employeur peut se retrouver totalement complice s’il n’a rien fait dans son entreprise pour mettre en place des systèmes de prévention », ajoute Olivier Giorgiucci.

Bon, évidemment, les patrons sont surtout inquiets pour leur mise en cause juridique, surtout que les dépistages passent par un prélèvement salivaire nécessitant un médecin ou une infirmière.

Reste qu’on se doute qu’en général, une personne ayant fumé du cannabis sera dans un état second et que la banalisation du cannabis, surtout qu’elle n’est pas forcément aisée à voir, va produire des situations de dangers très importants.

L’individualisme du libéralisme libertaire sépare l’individu du reste de la société : le fumeur du joint va avec l’image d’une personne « fumant son spliff » sur son canapé.

Sauf que justement, l’individu n’est pas séparé de la société et le cannabis est quelque chose d’anti-naturel, un moyen de fuir la réalité : il est donc présent tout au long du quotidien, comme l’alcool.

Le cannabis va donc inévitablement de pair avec des comportements anti-sociaux, mais aussi avec des actes du quotidien pouvant avoir des conséquences dramatiques pour soi… et pour les autres !

Jean-Luc Mélenchon est pour la légalisation du cannabis car il est contre

Nous le disions à la mi-octobre : Jean-Luc Mélenchon allait faire passer dans son programme la revendication, comme « tombée du ciel » de la légalisation du cannabis.

C’est chose faite, mais de quelle manière !

On savait que les hommes politiques étaient capables de couper les cheveux en quatre, de justifier tout et son contraire, mais là l’exemple est tout de même brutal.

Jean-Luc Mélenchon se prête désormais à des vidéos youtube et il répond aux questions posées par twitter, facebook et mail : une manière de se prétendre moderne et proche du peuple, alors que c’est de la mise en scène sans contenu.

Inévitablement, il y a la question sur le cannabis et Jean-Luc Mélenchon de se lancer dans une fausse colère comme il sait les faire : le cannabis, c’est mal, cela empoisonne le corps, je suis totalement contre, l’impact économique et social d’une légalisation ne l’intéresse pas mais seulement la santé, etc.

Tout cela pour finalement… appeler à la légalisation du cannabis, car on ne pourrait faire campagne contre le cannabis que lorsque celui-ci sera légalisé…

Le passage est à 20 min 20.

La position de Jean-Luc Mélenchon n’est pas nouvelle et c’est cela qui est intéressant justement. Il dit la même chose depuis 2012 et là fait semblant d’avoir « compris quelque chose ».

C’est tout à fait ridicule, mais cela a une fonction très précise : faire passer la pilule de la légalisation du cannabis, qu’aucune personne réellement progressiste ne peut accepter.

Jean-Luc Mélenchon a bien vu que la gauche française est libérale-libertaire, elle est dominée par une culture mélangeant bobos, hipsters et cégétistes, dans un croisement étrange de quinoa et de merguez.

Lui veut ratisser large pour l’élection présidentielle, il n’a pas spécialement de valeurs et encore moins de principes réels, donc selon lui au final autant y aller dans la légalisation…

Et après, Jean-Luc Mélenchon, qui explique qu’il est donc pour la légalisation du cannabis, car il est contre le cannabis, demande qu’on ne le traite pas d’hypocrite pour cela ?

Comment pourtant éviter qu’on ne l’accuse d’hypocrisie ? Les sophistes de l’antiquité grecque sont écrasés, les énarques dépassés ! On a ici un exemple même de schizophrénie et d’absurdité.

Et c’est d’autant plus frappant quand on voit ce que sont censées être les valeurs de Jean-Luc Mélenchon.

Il prétend s’opposer à l’ultra-libéralisme et il soutient l’une des mesures les plus ultra-libérales qui soit.

Il prétend rétablir l’État, il assume la capitulation complète de celui-ci devant l’existence du cannabis.

Il prétend vouloir une « France insoumise », mais il part du principe que puisque tout le monde fume, on ne pourra rien y changer.

Il prétend ne pas être pareil que les autres hommes politiques, mais fait comme eux : il annonce par en haut des décisions choisies selon ses intérêts électoraux !

Comme quoi on peut imaginer comment François Fillon va triompher comme rouleau compresseur catholique – avec des valeurs, mais mauvaises – contre une « gauche américaine » sans valeurs…

Conférence pro-cannabis dans une université parisienne

Après une petite période de battement, la campagne pour la légalisation du cannabis reprend. Une conférence  intitulée « Comment régulerait-on une économie légale du cannabis en France ?  » va ainsi se tenir demain à l’Université Paris-Diderot.

On remarquera le conditionnel, qui masque le fait qu’en réalité, il s’agit bien entendu de propagande en faveur du cannabis.

La présentation est du même acabit :

En Europe, les Français sont les premiers consommateurs de cannabis malgré des politiques publiques extrêmement répressives. Coûteuse et inadaptée à la réalité des trafics et à la complexité des modes de consommation, la législation actuelle ne fait chuter ni l’offre ni la demande.

Tandis que le débat sur le cannabis a longtemps été centré autour de problématiques liées à la santé et à la sécurité, ce sont désormais ces questions économiques qui concentrent l’attention des chercheurs et des politiques.

Selon l’OFDT (Observatoire français des drogues et des toxicomanies), le marché illicite du cannabis se chiffre à plus de 830 millions d’euros par an, alors que certains pays (Etats-Unis, Uruguay, Portugal, Pays-Bas…) renflouent leurs caisses en taxant la vente de cannabis légal pour financer des politiques sanitaires de prévention, de contrôle de qualité.

Si on part de l’hypothèse selon laquelle la légalisation du cannabis en France (dans son usage aussi bien récréatif que médical) est effective, quelles seraient alors les questions qui se poseraient du point de vue des trafiquants, des institutions publiques et de la société ?

L’État devrait-il s’approprier le marché en monopole public ou bien soumettre ce commerce aux lois du marché ? Quelles seraient les mesures de régulation à mettre en place, notamment dans la qualité du produit devenu légal ?

Comment l’État gèrerait-il les recettes et les coûts engendrés par la légalisation du cannabis ? Comment ce commerce dépénalisé s’insèrerait-il dans la législation européenne ? Comment évolueraient, en France, les zones de marchés et les réseaux illégaux ? Quel impact un marché légal du cannabis aurait sur les trafics des autres drogues considérées comme « dures » ?

L’argent, la qualité, la sécurité, voilà tous les arguments de ces partisans du cannabis et du commerce débridé, de la toute-puissance du marché et de l’individualisme.

Voici d’ailleurs la liste des invités, censés justifier le côté « scientifique » de la conférence qui est un soutien ouvert à la légalisation, profitant du « prestige » universitaire :

– Christian Ben Lakdhar, Economiste de la santé et des addictions
– David Weinberger, Sociologue, Institut National des Hautes Etudes de la Sécurité et de la Justice
– HYPE, Rappeur et ancien trafiquant
– Sébastien Beguerie, Entrepreneur, PDG de Alpha-CAT
– Stéphane Gatignon, Maire de Sevran
Animation par le journaliste Yérim Sar (VICE, Première)

C’est ici la faillite complète d’une certaine morale éducative. L’université elle-même bafoue le droit, puisque le cannabis et sa promotion sont encore interdits…

C’est l’agonie de toute une prétention à avoir certaines valeurs. Voici d’ailleurs également deux vidéos de Renaud Colson, maître de conférences en sciences criminelles à l’Université de Nantes.

Ces vidéos sont des productions officielles de l’université, et on peut voir le discours d’un professeur fervent partisan de la légalisation du cannabis, qu’il présente comme étant inéluctable, une avancée pour la santé, la sécurité, etc.

Là encore, c’est inégal. Mais l’Etat a décidé d’abdiquer devant l’individualisme. L’heure est au refus de l’universel et de la culture, la mode est aux Donald Trump, aux François Fillon et aux Emmanuel Macron.

La droite française se positionne sur la dépénalisation du cannabis

Prenant comme prétexte le rapport récent de l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice sur l’argent de la drogue (nous en parlions ici), Le Figaro s’est lancé dans la question du cannabis.

Son choix est très clair et reflète la stratégie présidentielle de la droite.

Face à la gauche sociétale à l’américaine, le choix est celui d’apparaître comme le garant de l’ordre face au chaos.

C’est très exactement la ligne qui a amené le succès de Donald Trump, de l’extrême-droite en Europe, etc. La droite française voit une brèche, il s’y engouffre… Et on peut être certain que cela va marcher en bonne partie.

Pour les gens, même pour des gens tolérant la « fumette », légaliser le cannabis serait vraiment la démission complète de la culture…

Quand on voit d’ailleurs qu’Arte va diffuser une série en décembre intitulée Cannabis, sur le trafic entre la France et l’Espagne, on voit la décadence entretenue par les libéraux-libertaires…

Voilà comment la droite parvient, malheureusement, à être populaire et avoir à une bonne image.

Voici ce que cela donne sur la page internet du Figaro. Rappelons qu’elle est extrêmement lue, Le Figaro étant d’ailleurs pratiquement le quotidien le plus vendu.

Voici le début du premier article, qui présente un panorama affligeant :

Le trafic de drogue ne cesse de progresser en France, gangrenant de plus en plus de villes et empoisonnant la vie de leurs habitants.

En 2015, les saisies de cannabis ont augmenté de 65% (60,8 tonnes de résine et 16,8 tonnes d’herbe) mais le «marché» criminel reste immense, entretenu par une demande en hausse constante. «Deal» au vu et au su de tout le monde, vandalisme pour détruire les caméras de vidéosurveillance, règlements de compte en pleine agglomération…

Les maires sont aujourd’hui désarmés face à cette explosion de violence. D’autant plus désarmés que la riposte policière n’est pas toujours efficace et que la réponse judiciaire est jugée insuffisante par nombre d’édiles.

Désemparés, les élus sont aujourd’hui partagés. Certains, à gauche surtout mais aussi à droite, prônent la dépénalisation (réduction ou assouplissement des peines prévues par la loi), préférant une amende à une longue procédure. D’autres, plus rares, sont partisans de la fin de la prohibition en «légalisant» le cannabis.

Les derniers, une opinion majoritaire à droite, veulent une répression accrue et surtout une riposte judiciaire plus dure. Dans l’intervalle, le fléau continue ses ravages.

Le message est clair : le cannabis va être un thème de campagne. Puisque la gauche se la joue sociétale et se coupe des gens, et qu’il lui faut concurrencer l’extrême-droite sur le terrain de l’ordre, la droite va se la jouer « dure ».

En expliquant que les partisans d’une telle ligne sont majoritaires à droite, la tendance est officialisée.

Un petit billet de Yves Thréard vient en appui à cette ligne, le voici.

Cycle infernal

La récente attaque au cocktail Molotov de quatre policiers dans l’Essonne a une nouvelle fois braqué les projecteurs de l’actualité sur le trafic de cannabis.

Partout en France, de plus en plus de quartiers vivent au rythme de cette juteuse économie parallèle. Ils sont aux mains de mafias organisées qui imposent leur loi. Régulièrement, des maires, excédés et dépassés, tirent la sonnette d’alarme.

Ainsi, depuis des années, revient le débat sur la légalisation du cannabis ou la dépénalisation de son usage, présentées l’une et l’autre comme de possibles solutions. Et nul doute qu’il se trouvera des candidats à la présidentielle pour le relancer.

La prohibition, disent ses détracteurs, favorise la délinquance sans empêcher la hausse de la consommation. À les écouter, l’État aurait intérêt à mettre la main sur ce commerce. Le trafic diminuerait et la santé des clients serait mieux contrôlée.

Même les finances publiques y gagneraient. Les promoteurs de cette politique tentent d’étayer leur démonstration sur quelques exemples étrangers. Aucun de leurs arguments ne tient la route.

Pas plus que les expérimentations menées ici ou là ne sont convaincantes. Le marché noir du cannabis existera toujours et il serait intolérable que l’État devienne le partenaire commercial des caïds qui le développent…

Les choix sont faits : la gauche libérale-libertaire de François Hollande pense triompher aux présidentielles, au moins en partie, en se positionnant en faveur de la dépénalisation. La droite va se poser en tendance contraire.

Dans tous les cas, les partisans de l’utopie seront perdants, bloqués entre Charybde et Scylla, entre les conservateurs réactionnaires et les libéraux-libertaires.