• "Une amende forfaitaire en cas d’usage de stupéfiant"

Le premier quotidien français, l’armée et les poules

Hier, nous parlions d’un journal du sud de la France, allons maintenant en Bretagne. Nous abandonnons donc le Midi libre (qui tire à 170.000 exemplaires) pour étudier les propos d’un monstre de propagande: Ouest-France tire lui quotidiennement à… 800.000 exemplaires.

C’est même le premier quotidien français en termes de tirage ! Ce qu’on y lit est évidemment tout aussi édifiant que dans le Midi libre:

4 800 poules mortes de peur à Pléguien (Côtes-d’Armor)

Faits divers jeudi 26 août 2010

Deux avions militaires sont passés bas au-dessus de poulaillers des Côtes-d’Armor, mardi midi. Les volailles ont été épouvantées.

« On était dans la maison en train de manger. Quand ils sont passés, ça nous a fait des vibrations dans le dos, tellement c’était fort », témoigne Etienne Le Méhauté. Il était un peu plus de 13 h.

Cet éleveur de poules de Pléguien (Côtes-d’Armor) n’a pas eu le temps de voir les avions, mais les ramasseurs de cocos paimpolais, qui travaillaient dans ses champs, les ont bien vus, voler à basse altitude. Une voisine a été abasourdie, une autre en a tremblé.

Quand il s’est précipité dans ses poulaillers, le mal était fait : « Les poules ont été épouvantées. Elles se sont entassées sur plusieurs couches, sur le même côté, dans les trois bâtiments. Si on n’avait pas été là, ça aurait été pire, on a séparé celles qu’on a pu. »

4 800 animaux de dix semaines ont été retrouvés morts sur les 68 000 que compte l’élevage. Préjudice : entre 12 000 et 15 000€.

Une vétérinaire spécialiste avicole a autopsié quelques poules. Elle a délivré un certificat indiquant qu’aucune mortalité n’est survenue avant l’heure du passage des avions. « Le lien est certain », déduit l’éleveur qui a fait une déclaration à la gendarmerie.

« Ces animaux appartiennent à la coopérative. Je vais avoir une franchise de 3 000 € à payer alors que je n’y suis pour rien. Si un chasseur fait du bruit près de mon poulailler, je peux me retourner contre son assurance. Mais l’armée ! À qui vais-je m’adresser ? »

Comme on peut le voir, exactement comme dans le Midi libre, la souffrance des poules n’est même pas prise en compte, que ce soit concernant la terreur éprouvée que leur terrible situation dans les fermes. On est dans un cas typique de considérations abstraites sur « l’animal-machine. »

Tout est une question de profit, de prise en compte du profit, de valeur, etc. Les animaux sont ici des marchandises, qu’il faut préserver en tant que marchandises.

Si on ne comprend pas cela, si on ne saisit pas l’ampleur de cet aspect, on se retrouve avec des principes moraux face à… une propagande diffusée à 800.000 exemplaires, lue par à peu près deux millions de personnes.

Autant dire que c’est démoralisant.

Si on comprend cela par contre, on comprend les véritables ressorts de la souffrance animale : l’exploitation animale. Une exploitation qui va avec la considération que notre planète n’existe que pour se faire littéralement piller, jusqu’à n’être plus qu’une planète morte comme la Lune.

Et là on peut construire une nouvelle culture, une nouvelle identité, de plus en plus partagée, une identité positive : la libération animale et la libération de la Terre!