• Les chasseurs et le Diplôme d’Université en droit animalier

Mini bilan du Camp climat

Début juillet nous annoncions la tenue d’un camp climat au Havre, du 22 juillet au 1er août. Voici quelques questions posées à une personne vegan straight edge qui y est allé.

Les réponses ne prétendent pas à l’exhausitivité, ni à un bilan global. Il s’agit juste d’un aperçu, mais qui a sa valeur de par son approche.

Après l’interview, nous reproduisons l’appel pour le blocage de la raffinerie Total de Gonfreville l’Orcher le 16 octobre 2010.

On notera toutefois que l’appel, mentionnant les victimes du business pétrolier, ne parle pas de la nature, ni même des animaux!

1. Tu as été au camp climat. Comment as-tu trouvé l’esprit de cette initiative? Où cela s’est-il déroulé?

Le camp a eu lieu en périphérie de la ville du Havre, sur les hauteurs de Harfleur, dans un champ avec vue sur l’immense et immonde zone industrielle du Havre !

Je partais avec un apriori très positif après avoir lu le texte d’appel et parcouru le site web. L’esprit semblait sans compromis avec le système capitaliste !

2. Quel était le principe? Les objectifs?

Le principe du camp action climat est de se regrouper afin d’échanger et d’agir contre le réchauffement climatique. Concrètement cela veut dire vivre sur le camp de manière la plus écologique possible, échanger des pratiques lors d’ateliers et de discussions, organiser des actions, etc.

Le premier camp action climat en France à eu lieu l’an dernier pour s’opposer à la construction de l’aéroport Notre-Dame-Des-Landes, entre Nantes et Rennes.

Cette année le camp s’est tenu au Havre, où il y a une raffinerie Total.

3. Avez-vous parlé de la réserve de l’estuaire de la Seine, qui touche le port du Havre? Il s’agit d’une réserve de 8500 hectares ouverte en 1997, sauf que… la chasse y est tolérée sur 75% de sa surface! Il y a près de 2000 chasseurs qui tirent depuis des abris cachés, attirant les canards au moyen d’autres canards enfermés dans des cages.

Des abris comme cela il y en a 203… La commission européenne a demandé qu’on en détruise 7, quatre ont été détruits et les chasseurs ont touché entre 15.000 et 25.000 euros pour chacun de ces abris détruits. Ce qui ne les a pas empêché d’en reconstruire deux de manière illégale (et tout à fait visibles) juste après…

La commission européenne bloque d’ailleurs en raison de cela 180 millions d’euros devant servir au doublement du port du Havre.

Je ne suis passé au camp que deux journées, je ne prétends donc pas avoir une vision d’ensemble. Mais cela m’a tout de même permis d’avoir un avis général sur ce camp climat.

Pour ce qui est de la question non il ne me semble pas que ce sujet ai été évoqué durant mon passage au camp et je ne crois pas qu’il été prévu qu’il soit abordé.

Malheureusement je n’ai pas l’impression que la question des animaux faisait partie des préoccupations principales du camp.

4. Parlons du mode de fonctionnement. Il y avait ainsi un fonctionnement en quartiers?

Oui, le camp était divisé en plusieurs quartiers. Chaque matin avait lieu une assemblée de quartier où il y était organisé la vie quotidienne (gestion des déchets, du bruit, de la cuisine, etc.).

Des délégués de chaque quartier se retrouvaient chaque jour en assemblée de campement qui permettait de centraliser les décisions concernant l’ensemble du camp (question des médias, de la police, de l’accueil des nouveaux arrivants, etc.).

Il y avait également des commissions concernant des points précis tels que les médias, l’électricité, la medical team, la legal team ou l’équipe de médiation. Chacun et chacune étaient libres d’intégrer les commissions.

Il faut préciser que des décisions importantes d’ordre générale avaient déjà été prise avant la tenu du camp, lors d’assemblée se regroupant chaque mois et où chacun et chacune pouvait se rendre.

Je pense que cela est indispensable pour le bon fonctionnement de ce genre de rendez-vous, cela permet de faire vivre une vraie démocratie au sein du camp.

5. La nourriture était-elle végétarienne? Végétalienne?

La nourriture était exclusivement végétalienne, mais plus par soucis écologique que pour les animaux.

Il m’a d’ailleurs semblé que très peu de personnes étaient vegan. J’ai même entendu des éleveurs s’exprimer dans certains débat sans que cela pose problème.

Mais la plupart des gens n’étaient pas non plus hostile au véganisme.

6. Le 16 octobre aura lieu le blocage de la raffinerie. Peux-tu nous en parler?

Il n’y a pas grand chose à dire. L’idée c’est que plusieurs groupes autonomes se constituent avec chacun leur stratégie et leurs modes d’actions.

Mais tout ça est encore en cours de discussion.

7. Tes impressions, finalement?

Mon avis est mitigé. Je trouve que l’initiative de base va vraiment dans le bon sens. Nous avons besoin de rassemblement entre personnes qui veulent vraiment agir pour la planète et qui ne se font aucune illusion sur le capitalisme.

C’est aussi important pour faire vivre une nouvelle culture, pour échanger et s’organiser afin d’agir concrètement au quotidien.

Cependant je trouve que l’esprit du camp était assez éloigné de la culture vegan straight edge, de l’engagement pour la libération animale et la libération de la Terre.

Par exemple j’ai été très déçu de voir qu’une très grande partie des gens fumait et picolait.

L’esprit dominant était très pacifiste, un peu “mou”… je pense par exemple à un rassemblement de clown ou a de nombreux symbole de paix. Comment prôner le pacifisme alors que les animaux sont
exploités et assassinés et que la planète toute entière est à l’agonie ?!

Je pense aussi au fait que malgré qu’il était clairement précisé que les voitures étaient strictement interdites sur le camp il a fallu cinq jours pour que cela soit respecté.

Et puis il y a aussi eu une banderole de très mauvais goût, déployé en grand sur une des cuisines, où il y était représenté Ronald Mc Donald avec la moustache de Hitler !

Quel est le rapport entre les fast food et le régime nazi? Les auteurs de cette banderole ne se
justifiaient même pas en parlant des abattoirs industriels. Ils et elles critiquaient le “totalitarisme de Mc donald” qui “imposerait” par diverses “manipulations” ses sandwichs.

Bref une histoire lamentable mais qui révèle bien un certain esprit plus porté sur l’anti-américanisme chauvin que sur une véritable remise en cause du capitalisme.

Pour finir donc je dirai que l’idée de base est vraiment bonne, mais il faut que la culture suive.

Je ne suis d’ailleurs pas hostile à l’idée d’y retourner l’année prochaine et de m’impliquer dans l’organisation, car il y avait quand même un certain nombre de personnes intéressantes, notamment dans les organisatrices et les organisateurs.

Action directe de masse : LE 16 OCTOBRE ARRÊT TOTAL !

Pour sortir de la crise climatique, il est urgent de laisser les énergies fossiles dans les sols. Pour ça, nous devons sortir du pétrole et changer radicalement les modes de production et de consommation qui en dépendent. Comme nos dirigeants sont trop liés au business du pétrole pour faire quoi que ce soit qui entrave son développement, c’est à nous d’agir ! Le 16 octobre, on commence en bloquant la raffinerie Total de Gonfreville l’Orcher !

Du 12 au 16 octobre, les réseaux internationaux Global Minga et Climate Justice Action appellent à des journées d’actions directes pour la justice climatique. Ce n’est pas le moment de faire un défilé ou une pétition, c’est le moment de faire exister concrètement les changements nécessaires pour un monde durable et juste. C’est le moment d’arrêter l’exploitation des combustibles fossiles qui pourrissent les conditions de vie de touTEs sur terre.

Destructions, migrations forcées, exploitation des travailleuSEs, guerres pour s’approprier les ressources, confiscation de terres, production d’engrais et de pesticides, crise énergétique, fausses solutions technologiques, néo-colonialisme, esclavage économique,… Total, c’est beaucoup plus que des émissions de CO2.

Nous allons stopper la plus grande raffinerie du pays, la raffinerie de Normandie, dirigée par le groupe aux mains sales, Total. Nous agirons en solidarité avec celles et ceux victimes du business du pétrole : ouvrierEs exploités, habitantEs intoxités, peuples autochtones anéantis, victimes des catastrophes climatiques et pétrolières. La sortie du pétrole est vitale pour touTEs. Nous devons dès aujourd’hui entamer cette transition sociétale.

Sortons du pétrole, reprenons le pouvoir, Arrêt Total !!!!

Comment est ce qu’on va s’y prendre ?

L’action de masse du 16 octobre vise à rassembler un maximum de gens aux cultures d’action diverses pour parvenir à notre objectif.

Différents groupes d’action seront constitués, en fonction des envies de chacunNE. On pense par exemple, mais ce n’est pas exhaustif, à : un groupe rose, pour une manif tranquillou où on pourra venir en famille avec grand-mère et son vieil oncle célibataire un groupe bleu, qui constituera une flotte pirate sur l’estuaire de la Seine un groupe vert, pour un assaut terrestre un « bike block », ou groupe à vélo, qui constituera notre brigade mobile plein de groupes autonomes qui définiront leur stratégie en petits groupes

Pendant le campement, nous élaborerons les différentes stratégies. Entre la fin du camp et le 16 octobre, ce sera le moment de motiver les potes et de construire des chevaux de Troie et des raffios pour partir à l’abordage.