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Quand les universitaires s’emparent de la clandestinité et de l’illégalité…

Nous avions parlé de Steven Best, un universitaire américain partisan de la libération animale. Best a une conception proche de la nôtre, car il ne fait pas d’ailleurs qu’assumer la libération animale : il assume également la libération de la Terre.

Cela l’amène à prôner une alliance de toutes les personnes que l’on peut définir comme « progressistes », afin d’obtenir la « libération totale » ; nous en parlions dans l’article Critique de Gary Francione par Steven Best (et proposition d’un abolitionnisme radical pratiquant les alliances à l’extrême-gauche).

Mais Best a une autre particularité : il prône l’utilisation de la violence dans la lutte pour la libération animale. Comme nous l’expliquions, les particularités de la loi américaine font qu’il peut assumer légalement une position ouvertement en faveur des actions illégales, comme par exemple celles de l’ALF.

Évidemment, cela peut sembler étrange, et en fait ça l’est. Nous avons déjà pointé la contradiction qu’il y a chez Best à d’un côté refuser les institutions, et de l’autre à être reconnu comme intellectuel institutionnel.

Prôner la lutte armée à l’abri d’un emploi bien rémunéré et d’une reconnaissance d’intellectuel, c’est tout de même moralement assez surprenant, pour le moins…

Il est d’ailleurs paradoxal à nos yeux (mais nullement étonnant si on y pense) de voir que Best s’est retrouvé lundi dernier à… Sciences-Po à Paris, pour débattre de la question : « Jusqu’où défendre les animaux ? »

Une telle démarche n’a littéralement aucun sens et est totalement hypocrite. Par exemple, pour obtenir des casques infrarouges où est diffusé une traduction, il y avait ce point :

Une pièce d’identité vous sera demandée sur place pour tout emprunt d’un casque, qu’il ait été réservé ou non. Merci de votre compréhension.

Cela est en contradiction complète avec une conception « clandestine », sans même parler de l’idée d’aller à une telle conférence au sein d’une institution plus que reconnue… Conférence qui ne peut rassembler par définition que des intellectuels débattant dans un jargon universitaire incompréhensible par 99% de gens, sans avoir pour autant une quelconque valeur.

Cela est totalement hypocrite, surtout quand on sait que personne en France n’a parlé de quelqu’un comme Walter Bond, sans même parler de simplement publier les communiqués de l’ALF.

N’est-il pas étrange de voir ces universitaires oublier Walter Bond, mais inviter Steven Best ? Il est tout de même très ironique et très révélateur de voir que les personnes opposées à la violence organisent un colloque sur la “violence” !

Il n’y a ici nul débat, mais carrément une tentative d’anéantir toute réflexion à ce sujet, en la faisant passer pour un débat bien au chaud dans une université, dans un langage juridique. C’est une manière de s’approprier une image « radicale » à très peu de frais.

Et cela est d’autant plus évident que par définition même, la France n’étant pas les États-Unis sur ce point, jamais d’éventuels personnes prônant la violence ne pourraient s’exprimer !

Rappelons que des personnes l’ont fait il y a quelques années, sur une base antispéciste, et ont eu systématiquement maille à partir avec la police pour leur propagande de ce genre d’actions.

La conférence avec Steven Best est donc une totale hypocrisie, et on peut bien se demander ce qu’il est allé faire dans cette galère… Sauf si on se rappelle que lui aussi est universitaire.

Et il saute aux yeux d’ailleurs ici qu’il n’y a au fond pas de muraille de Chine entre le réformisme armé prôné par Steven Best et les postures universitaires.

Dans les deux cas, il y a le mépris de la population, la croyance que les gens sont idiots, incapables de comprendre le véganisme et d’assumer à grande échelle le véganisme.

Cela est particulièrement visible quand Steven Best dit qu’il ne faut pas se soucier de si l’opinion publique apprécie ou pas la libération d’animaux dans un laboratoire ; même si l’opinion publique n’apprécie pas, cela serait justifié moralement.

Ce qu’il ne comprend pas, c’est que seule une infime minorité accepte la vivisection, celle qui est riche et qui domine ; la grande majorité des gens ne veut rien avoir à faire avec la vivisection et ses crimes, et ne critiquera certainement pas une action de libération d’animaux dans un laboratoire…

Il manque quelque chose à Steven Best et à tous les universitaires, à tous les gens pour qui le véganisme équivaut à une vision pessimiste du monde : la compréhension que la planète doit et va redevenir bleue et verte, parce que c’est le seul chemin possible et nécessaire !

Voici le texte de présentation de la conférence. Un résumé des propos de Steven Best peut être trouvé ici.

Jusqu’où défendre les animaux?

La question des « droits des animaux » connaît ces dernières années une évolution sans précédent dans les discussions entre philosophes, juristes, scientifiques et religieux. Parallèlement, ces discussions engagent également les citoyens « ordinaires », les associations et les ONG. Mais ces réflexions sont loin d’aller dans le même sens. Elles ne proposent ni les mêmes justifications, ni les mêmes fins, ni les mêmes moyens.

Le problème du fondement du mouvement pour les droits des animaux est du point de vue philosophique le plus fondamental. Est-ce l’utilité, entendue au sens d’un calcul général des plaisirs et des peines, qui permet de défendre les animaux contre les souffrances inutiles? Est-ce plutôt une théorie des droits, fondée sur la sensibilité des animaux ou sur leur subjectivité, qui, à la manière d’un atout, coupe sur les intérêts que les êtres humains pourraient avoir à leur exploitation. Ou bien faut-il accorder à certaines féministes éthiciennes du care que le langage des droits est symptomatique de modes de pensée patriarcaux et que le fondement de la défense des animaux ne peut relever que du soin, du souci et de la sollicitude ?

La réponse à la question des fondements ouvre sur la question des fins. S’agit-il de réformer certaines pratiques nuisibles au bien-être des animaux, « d’agrandir les cages », comme on l’entend dire parfois, ou d’améliorer les conditions d’abattage ? Faut-il aller plus loin et exiger l’abolition de certains usages jugés particulièrement cruels, comme l’élevage industriel ou la corrida ? Ou, plus radicalement, est-ce que respecter les animaux au sens fort n’exige pas l’abolition de leur exploitation pour la nourriture, les loisirs et la science ?

Enfin, la question de savoir jusqu’où défendre les animaux intéresse celle des moyens. L’engagement politique et institutionnel (éducation, information, manifestations, vote) est-il le seul geste démocratique envisageable ? La désobéissance civile peut-elle être légitime ? Et s’il est vrai, comme l’a suggéré le prix Nobel de Littérature Isaac Bashevis Singer, que l’exploitation des animaux a quelque chose de comparable à une domination totalitaire, certaines actions directes peuvent-elles être justifiées moralement?

Contre le nucléaire et son monde

La semaine dernière, un groupe de gens a interrompu une conférence sur la catastrophe de Fukushima ayant lieu à Paris (rappelons que nous faisons un compte-rendu quotidien de la situation sur http://catastrophe-de-fukushima.fr). Voici un compte-rendu de l’action par les médias.

Un groupe d’activistes anti nucléaires a fait irruption dans l’amphi Raymond Aron de l’Université Paris Dauphine lors de la conférence organisée par le Centre de Géopolitique de l’Energie et des Matières Premières (CGEMP) sur la crise nucléaire de Fukushima, le 6 avril 2011.

Le professeur Tatsuo MASUDA avait remercié la France pour son aide et évoquait depuis une demi-heure l’enchaînement de la tragédie du Fukushima et les conséquences possibles lorsque, vers 18h30, la dizaine d’activistes aux visages masqués a fait irruption dans cette salle du 2ème étage de l’Université.

Les militants ont crié des slogans anti nucléaires et ont jeté divers projectiles, de la peinture verte indélébile et des tracts anonymes sur les participants.

Le service de l’ordre et le Président de l’Université, Laurent Batsch, sont intervenus rapidement, sans pourtant identifier et maîtriser les agresseurs.

Différents participants à cette conférence ont porté plainte pour avoir été touché par “des projectiles et de la peinture verte.” Voici le compte-rendu fait par les personnes ayant mené l’action. On notera toutefois qu’il y a eu confusion: Tatsuo Masuda n’a pas fait partie de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique, mais de l’Agence Internationale de l’Energie…

Contre le nucléaire et son monde : intrusion chez des pourris de haut vol

Le 6 avril, à l’université de Paris Dauphine M. Masuda, ancien directeur à l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) devait parler de « la catastrophe nucléaire de Fukushima du 11 mars et ses suites ». Une vingtaine d’individus s’est invitée à la conférence, a lancé des œufs de peinture, insulté les participants, éclaté quelques boules puantes et laissé une cinquantaine de tracts (voir ci-joint).

Spéciale dédicace aux compagnons italiens que l’Etat aimerait mettre au pas. Ce même jour en effet, dans 16 villes d’Italie, 300 flics menaient 60 perquisitions parmi des compagnons, sous l’accusation d’« association de malfaiteurs à finalité terroriste », la presse parlant de diverses attaques contre l’ENI (équivalent italien d’EDF), contre des entreprises et associations humanitaires collaborant à la machine à expulser, contre divers groupes d’extrême-droite… 5 personnes ont été incarcérées, 26 personnes mises en examen, et le local anarchiste Fuoriluogo à Bologne a été mis sous séquestre.

Leur répression n’arrêtera pas la lutte !
Contre le nucléaire et son monde et tous ceux qui voudraient nous enchaîner !

Voici le texte laissé à la conférence :

« A l’heure où un pays entier s’enfonce pour des dizaines d’années dans le développement durable de la mort qu’engendre nécessairement le nucléaire, ici, c’est dans l’ambiance studieuse et conquérante d’une faculté de « pointe » qu’on vient réduire le désastre à un nouveau défi à surmonter.

Ainsi, le Centre Géopolitique de l’Energie et des Matières Premières (CGEMP), outil de propagande universitaire créé par un ministre pour justifier les choix énergétiques des entreprises et de l’Etat français, nous fait la grâce d’inviter le grand spécialiste Tatsuo Masuda. Il vient parler de la catastrophe nucléaire de Fukushima, du 11 mars et de ses suites.

Sans doute, l’expert en mal de fans aura-t-il dû revoir un peu sa copie. Il ne pourra plus faire la même leçon. Il ne pourra plus comme c’était le cas juste avant vendre le modèle économique nippon. Il ne pourra plus affirmer que le « Japon s’est développé comme la société au monde la plus efficace énergétiquement ».

Invitant même à tirer des enseignements de ses cours, il ne pourra plus fièrement tenir un discours où le « Japon pourrait offrir un modèle pour le monde dans les efforts internationaux pour minimiser l’impact des activités humaines sur la planète à travers la mise en œuvre de politiques énergétiques et environnementales ».

C’est certain, cette page-là est tournée. Mais Tatsuo a de la bouteille dans les petits arrangements avec la vérité pour que les intérêts économiques des puissants demeurent inchangés. Il a d’ailleurs une belle carrière de pourri en la matière. Prof qui vend son conseil à des boîtes comme JAPEX ou la Japan Petroleum Exploration, il prend du galon en multipliant les casquettes.

D’un côté, il bosse pour l’industrie mortifère du pétrole en étant vice-président de la Japan Oil Corporation (JNOC) (début 2000), de l’autre pour la recherche non moins mortifère à l’Asia Pacific Energy Research Center (APERC). Diplomate depuis 1972, il cherche aussi à occuper un rôle de conseiller du prince en matière de pétrole et de politique énergétique, s’assurant que ce monde continue son entreprise d’empoisonnement généralisé. Il est donc normal de le voir à un poste de directeur à l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) entre 1996 et 2001.

Pour les auditeurs qui sont venus l’écouter, son parcours est rassurant, il vient apporter du crédit à ses paroles. Dans leur univers qui marche les pieds sur la tête, c’est même quelque chose de respectable. C’est sûr que quelqu’un qui a travaillé pour l’AIEA est bien placé pour parler d’une catastrophe dont cet organisme est en partie responsable.

N’est-ce pas cette institution qui a fait un incessant travail de lobbying et de chantage depuis son existence en 1956 pour l’utilisation de l’énergie nucléaire concernant la production d’électricité ? N’est-ce pas elle qui a toujours voulu cacher les liens entre le civil et le militaire en faisant semblant de s’opposer à la prolifération des armes nucléaires, alors qu’elle ne faisait qu’avaliser le choix d’un petit nombre d’Etats de rester maîtres en la matière ?

N’est-ce pas elle qui refuse aujourd’hui de considérer comme des armes atomiques les missiles à l’uranium appauvri massivement utilisés en Irak et maintenant en Libye promettant des désastres sur la santé des populations qui ont le malheur de vivre là et ce, pour des générations et des générations ?

N’est-ce pas elle qui a institutionnalisé le mensonge concernant les conséquences de la radioactivité sur la santé, sujet dont elle a réussi à obtenir le statut de « secret défense », faisant des accords avec l’OMS, surveillant toutes les recherches en la matière, censurant les conclusions des rapports, et quand ce n’est pas possible, niant les vérités les plus flagrantes ?

N’est-ce pas elle qui a menti et ment toujours sur les retombées de Tchernobyl en minimisant encore en 2001 ce massacre à 31 morts, 300 malades souffrant d’irradiation aiguë et 2000 cancers « évitables » de la thyroïde chez l’enfant ? N’est-ce pas elle qui fait passer sa mission pour une œuvre de pacification alors que la sûreté des installations nucléaires comme l’après-catastrophe implique une gestion militaire ?

Mais si la grande AIEA, comme le ridicule Tatsuo sont bien obligés de revoir leur discours après la catastrophe de Fukujima, ni l’une, ni l’autre ne remettront l’essentiel en cause. Après un Conseil des gouverneurs le 21 mars à Vienne, Yukiya Amano, le directeur général de cette agence à la botte de l’ONU se contente de déclarer qu’il faut réexaminer « le cadre actuel de réponse aux situations d’urgence », qui a été « dans les grandes lignes conçu suite au désastre de Tchernobyl en 1986, avant la révolution de l’information ».

Autrement dit, l’AIEA ne veut surtout pas prôner l’abandon de cette technologie, elle entend juste améliorer la communication en cas de catastrophe. C’est la rançon du « progrès ». Tant pis pour les Japonais réduits à n’être que des bestiaux gérés militairement, confinés, évacués, contraints à une vie en camp. Tant pis pour tout ceux qui sont en train de crever à petit feu et qui ont comme seule perspective d’obéir aux autorités sous peine de mourir encore plus vite.

Quant à Masuda, étant donné son pedigree chez les nababs du pétrole et de l’énergie, ce n’est pas lui qui va dire un mot sur les appétits dévorants du capitalisme dont la catastrophe de Fukushima n’est qu’une des conséquences.
Il n’y a rien de plus à attendre ici même dans ce temple de l’économie, où quasi tous espèrent tirer leur épingle du jeu. Ils ne peuvent que trop bien s’accommoder du jeu actuel. Tant qu’ils sont en haut, ils se fichent éperdument de tous ceux qui sont en bas. Tant qu’ils peuvent éveiller ce qu’il leur reste de sensations dans une consommation vide de sens, l’administration du désastre peut continuer.

Dans ce cadre, il est donc complètement irrationnel de parler de liberté, d’autonomie individuelle, de réciprocité, de tout ce dont le nucléaire et son monde nous prive chaque jour un peu plus. La seule chose raisonnable qu’il y ait à faire avec des pourris, c’est de les pourrir. »

La supercherie du sommet de Cancún

A Cancún, au Mexique, vient donc de se terminer une conférence internationale sur le réchauffement climatique, organisée sous l’égide de l’ONU et avec la participation de presque 200 pays.

Cette conférence a consisté en 12 jours de négociations, et finalement l’adoption d’un texte final, salué comme une « réussite. »

Pour son contenu ? Non ! Simplement… parce qu’il existe. C’est cela les résultats concrets dont parlent les personnes suivantes:

“L’accord obtenu comporte des avancées concrètes notamment en matière de lutte contre la déforestation, de transfert de technologies et de financement. Il lance une vraie dynamique en vue de la conférence de Durban l’année prochaine. »
Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’écologie

« Après l’échec retentissant de Copenhague, les négociations onusiennes ont prouvé qu’elles pouvaient aboutir à des résultats concrets, notamment sur la protection des forêts, l’aide financière aux pays en développement ou la vérification des promesses. »
Yannick Jadot, eurodéputé EELV

« Je crois que c’est une chose positive de voir un accord mondial, incluant toutes les grandes économies. »
Todd Stern, représentant américain au sommet

Prenons par exemple le « Fonds vert. » Il s’agit d’un fonds destiné à aider les pays « en développement » à affronter les changements climatiques et à essayer de les ralentir.

Premier point : il ne s’agit pas de stopper le réchauffement climatique, mais ici de l’accompagner, de le freiner plus ou moins.

Second point : les pays riches ont promis 75 milliards d’euros, mais il n’y a aucun plan de financement.

Troisième point : le système de compensations pour lutter contre la déforestation est purement théorique, il n’y aucun chiffre, rien n’a été décidé.

Quatrième point : ce « Fonds vert » sera mis en place en… 2020.

On peut donc être certain que, d’ici 2020, tout aura été chamboulé…

Prenons un second exemple, avec le protocole de Kyoto, qui doit expirer en 2012. Rappelons juste ici que selon ce protocole, les pays riches doivent réduire leurs émissions de 5,2%.

Rappelons aussi que ce protocole n’a pas été signé par les USA, qui se justifie en disant que la Chine (qui est l’usine des pays riches) ne doit pas réduire ses émissions ; il y a quelques années le Canada avait qualifié les objectifs du protocole de «irréalistes et inaccessibles » ; l’année dernière à Copenhague 85 pays ont promis de réduire ou freiner leurs émissions, mais sans aucun accord contraignant, etc.

Et là, qu’est-ce qui a été décidé à Cancun ? Strictement rien !

Il a simplement… été promis de discuter de cela, lors de la conférence de Durban, en Afrique du Sud, l’année prochaine !

On comprend quand on voit cela que la ministre de l’écologie explique au sujet de ce sommet de Cancun:

« Il confirme l’objectif de limiter l’augmentation de la température de plus de 2 C et va au-delà en ouvrant la perspective d’un objectif mondial et partagé de réduction des émissions à l’horizon 2050. »

Horizon 2050 ! Et oui, voilà comment les gens qui ne respectent pas la planète voient les choses.

Mais cela est logique : pour ces gens, il y a le temps. La destruction des vies animales et de la nature n’est, pour eux, pas un drame auquel il faut mettre fin. Cela ne les marque pas, cela ne les frappe pas.

A peine s’ils peuvent le remarquer, parce que cela menace l’équiblibre du monde, sa gestion. Pour ces gens-là, il s’agit bien seulement de gérer. La nature, en soi, ne les intéresse pas, à part comme paysage, à part en arrière-plan.

Comme l’a expliqué Yannick Jadot d’Europe écologie avant le sommet, la question centrale n’est pour eux pas la nature, mais la gestion:

« Les négociations risquent d’être difficiles, pourtant l’issue de cette conférence sera déterminante: si nous obtenons un bon résultat sur la déforestation, les transferts de technologie et un fond de soutien aux pays du Sud – même sans accord global – alors cela signifiera que le processus onusien n’est pas complètement vain. Pour cela, il faut que les pays du Nord tiennent leur promesse. »

Processus onusien, « bon résultat »… voilà le discours de la gestion, un discours qui est le contraire de la sensibilité dont on a besoin. Nous avons besoin de gens qui voient le film Green, qui sont meurtris ne serait-ce que par l’idée d’une route dans le parc du Serengeti, qui ressentent des émotions et veulent protéger Gaïa, pas de gens dénaturés pratiquant la “gestion”!

La seule gestion valable, c’est celle qui assume l’appartenance de l’être humain à Gaïa: la planète doit redevenir bleue et verte!

Le scandale Eva Joly et l’objectif nécessaire: saboter Europe Ecologie et construire l’alternative écologiste radicale!

L’université d’été des Verts / Europe écologie s’est ouverte hier, et nous appelons toutes les personnes écologistes à saisir l’enjeu de ce qui se passe: une main-mise complète des bobos sur l’écologie, un véritable hold up électotral aux dépens du projet de protéger la planète!

Nous avons sur LTD critiqué à de nombreuses reprises les Verts, ou plus exactement Europe écologie. Nous avions parlé de Duflot qui était partie à la conférence de Copenhague en train devant les journalistes pour revenir vite fait en avion pour passer à la télévision, ou de ses voyages au bout du monde…

Et nous avons parlé d’Eva Joly. Pourquoi? Parce qu’elle n’a rien à voir avec l’écologie, et pourtant elle est devenue le personnage principal de l’écologie en France.

Or, nous ne voulons pas de cela, nous voulons une écologie véritable, capable d’affronter les institutions pour préserver les intérêts de Gaïa, puis de regagner du terrain.

Nous ne voulons pas d’une écologie de carriéristes… Quand on voit que Rama Yade a commencé sa carrière chez les Verts, on peut aisément comprendre la profondeur du problème! Il faut rappeler ici que Cohn-Bendit voulait que Rama Yade revienne faire un petit coucou à l’université d’été des Verts… en prétextant un débat sur… le football!

Rama Yade, le football… et Eva Joly. Tout cela est lamentable.
Or, justement, comme dans toute structure où les personnalités priment sur le contenu, Eva Joly a annoncé dans les médias sa candidature, avant l’université d’été…

Ce qui montre clairement que les Verts ne sont plus qu’une machine électorale. D’ailleurs, les Verts sont bons pour la casse: ils sont en train d’être avalés par la machinerie électorale appelée Europe écologie.

Noel Mamère a ainsi expliqué hier sur France inter, à l’occasion de l’ouverture de l’université d’été des Verts:

“Nous allons mettre en place un nouveau mouvement (…), une nouvelle offre politique, capable de laisser la place à des personnalités issues de la société civile.”

Et qu’a dit Mamère au sujet d’Eva Joly? Voilà ses propos, vides de toute culture écologiste:

“Son expérience de juge d’instruction et le regard qu’elle porte sur l’ensemble de la planète constituent sa force.”

Au cas où certaines personnes auraient encore des doutes sur cette stratégie, voici encore des propos de Mamère:

“Nous sommes adeptes de la biodiversité. Nous sommes déjà d’accords sur un certain nombre de mesures. Il y a des ateliers de travail à l’œuvre depuis les européennes.”

Cet “humour” doit avoir une réponse absolument nette. Il faut choisir: ou bien la biodversité politique, ou bien la biodiversité des carriéristes!

Même Cohn-Bendit est obligé de constater qu’Europe écologie est un projet opportuniste; il ne participe même plus et dénonce les “personnalités qui ne rêvent que d’avoir un appareil en main. C’est leur vie, si je n’étais pas poli, je dirais que ça les fait bander”…

A la mi-novembre à Lyon auront ainsi lieu les “assises” qui amèneront la fusion entre les Verts et Europe Ecologie.

Nous espérons que les gens qui sont (encore) aux Verts agiront de manière conséquente et abandonneront une structure pourrie, pour construire à la base une structure en rupture avec les institutions… et avec un objectif clair: la libération de la Terre!

C’est un scandale éthique que cette candidature aux présidentielles d’Eva Joly, qui a été proche de Bayrou et du MODEM, avant d’aller chez Europe Ecologie pour y être élue quelques mois plus tard député europénne!

Car il faut que le contenu soit mis en avant, pas la “forme” des carriéristes.

Si Europe écologie arrive à se construire, l’écologie sera torpillée et son élan populaire sera brisé sur l’écueil des bobos, les bourgeois bohèmes parasitant des quartiers populaires.

Ecologie bobo ou bien libération de la Terre comme programme: il faut choisir!