• Le droit des pigeons à boire, ainsi qu'à prendre des bains

La COP 21 et le développement durable

Regardons maintenant ce que dit la COP 21 sur le développement durable, alors qu’hier le cuisinier Marc Veyrat, qui avait cuisiné pour les chefs d’État lors de la conférence, a été condamné dans un procès pour avoir défriché 7.000 m2 de bois et de forêt sans autorisation, ainsi que pour avoir porté atteinte à des zones humides sur une surface de plus de 10.000 m2.

Une bonne idée, en théorie, pourrait être de lire ce que dit Céline Ramstein, chef de projet COP21 à l’Institut du développement durable et des relations internationales.

Cet institut est en fait un projet réalisé par Sciences Po à Paris, le CNRS, l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie, mais aussi EDF, GDF-Suez, Véolia. Sa fondatrice, Laurence Tubiana, est même une des 26 personnes membres du Conseil consultatif scientifique de l’Organisation des Nations unies.

Tout cela est on ne peut plus « sérieux » et donc, la chef de projet COP21 de cet institut, déclare dans une longue interview à touteleurope.eu :

« Plus généralement, il faut bien dire que cet accord est bon, alors même que, jusqu’au dernier moment, c’était assez tendu. (…)

Le monde et le climat ne sont pas sauvés, mais la COP21 offre un cadre et une vision de long terme pour mettre en place les politiques publiques nécessaires dans les différents pays. (…)

La COP21 n’allait jamais, d’un coup de baguette magique, régler le problème climatique. »

C’est étrange, nous pensions justement que c’était la mission de la COP 21 que de tracer une voie pour régler justement le problème climatique…

Enfin, passons et regardons ce qui est dit sur le développement durable, afin de se faire une idée.

Or, le problème, c’est que dans cette longue interview, cette personne qui est chef de projet COP21 à l’Institut du développement durable et des relations internationale… ne parle pas une seule fois de la question des énergies renouvelables !

C’est tout à fait étrange… Ou peut-être pas tant que cela. Aussi, allons voir ce que dit l’accord final de la COP 21. Que trouve-t-on sur le développement durable.

Déjà, contrairement à ce qu’on a pu voir pour d’autres concepts, celui-ci est bien présent, étant même une expression revenant régulièrement et sur laquelle l’accord s’appuie pratiquement.

Voici quelques exemples de phrases :

« Considérant la nécessité de promouvoir l’accès universel à l’énergie durable dans les pays en développement, en particulier en Afrique, en renforçant le déploiement d’énergies renouvelables »

« Reconnaît l’intérêt social, économique et environnemental des mesures d’atténuation volontaires et leurs retombées bénéfiques sur l’adaptation, la santé et le développement durable »

« Soulignant qu’il existe des liens intrinsèques entre l’action et la riposte face aux changements climatiques et à leurs effets et un accès équitable au développement durable et à l’élimination de la pauvreté »

« Reconnaissant également que des modes de vie durables et des modes durables de consommation et de production, les pays développés parties montrant la voie, jouent un rôle important pour faire face aux changements climatiques »

« Recommande à la Conférence des Parties agissant comme réunion des Parties à l’Accord de Paris d’adopter les règles, modalités et procédures applicables au mécanisme pour le développement durable »

« Les Parties reconnaissent que certaines Parties décident d’agir volontairement en concertation dans la mise en œuvre de leurs contributions déterminées au niveau national pour relever le niveau d’ambition de leurs mesures d’atténuation et d’adaptation et pour promouvoir le développement durable et l’intégrité environnementale. »

« Les Parties, lorsqu’elles mènent à titre volontaire des démarches concertées passant par l’utilisation de résultats d’atténuation transférés au niveau international aux fins des contributions déterminées au niveau national, promeuvent le développement durable et garantissent l’intégrité environnementale et la transparence, y compris en matière de gouvernance »

« Il est établi un mécanisme pour contribuer à l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre et promouvoir le développement durable, placé sous l’autorité de la Conférence des Parties agissant comme réunion des Parties à l’Accord de Paris »

« Promouvoir l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre tout en favorisant le développement durable »

Cette dernière phrase est sans doute la plus importante. Il faut d’un côté atténuer les émissions, de l’autre favoriser le développement durable.

En fait, l’un ne va pas sans l’autre, mais il s’agit ici d’arracher diplomatiquement la reconnaissance de la mise en valeur du développement durable.

Mais comment peut-on parler de développement durable sans parler des énergies qui en sont le moteur ? On ne trouve pas un mot sur l’énergie solaire, les éoliennes, l’énergie hydroélectrique !

Une preuve que, comme les médias sérieux l’ont reconnu, la COP 21 a été un succès diplomatique, sans perspective concrète.