• Le bilan de la COP23

“Journée Mondiale de Prière pour la Sauvegarde de la Création”

Le pape François est talentueux. « Petite révolution au Vatican » titre le Nouvel Observateur, qui explique que le pape a demandé que les prêtres « accordent le pardon à tous les catholiques qui ont avorté ou provoqué l’avortement, pourvu qu’il y ait une démarche de repentir. »

Or, cela n’a strictement rien de nouveau… Et le terme utilisé s’appelle d’ailleurs… une « indulgence », terme bien connu car dénoncé par Luther et Calvin comme une escroquerie. On peut toujours se “racheter”…

D’ailleurs, le pape François entend bien à la fin de cette année réintégrer dans l’Église catholique des prêtres de la Fraternité Saint Pie X, ces « ultras » réactionnaires.

La fin de l’année, c’est aussi la COP21, et le pape François a expliqué à l’évêque (sans évêché) Gaillot, qui vient de lui rendre visite qu’a priori il ne prévoyait pas de visite en France bientôt.

On le voit mal ne pas venir, pourtant. Cela sera certainement le “clou du spectacle”.

D’ailleurs, le pape a célébré hier une prière pour la « sauvegarde de la Création », dans le cadre de la « Journée Mondiale de Prière pour la Sauvegarde de la Création », instituée par une lettre du pape François le 6 août dernier.

Il s’agit d’une « unité » avec l’Église orthodoxe, qui a initié cette journée, pour renforcer le poids religieux à l’occasion de la COP21…. Mais également d’une opération de reconquête : les fidèles de France sont invités à aller prier en commun avec les orthodoxes, mais aussi les protestants, par exemple…

C’est l’OPA généralisé et on devine à quoi va ressembler la COP21. Voici ce que diffuse l’Église catholique à ses ouailles, entre autres, comme proposition de mobilisation pour hier et le mois suivant:

« Des idées pour un temps de partage

Repas :

Proposer un repas partagé dans une salle paroissiale ou chez soi en invitant quelqu’un de la communauté qu’on ne connaît pas avec une proposition originale: local, végétarien, autour d’un fruit décliné, ou d’une couleur.

Échange autour d’un texte ou d’un film

– La plaquette «Habiter autrement la création» et échanger à partir des questions proposées à la fin de chaque thématique abordée.

– Des textes bibliques sur la Création et partager ce que la lecture évoque à chacun. (cf Quelques textes bibliques)

– Un passage de l’Encyclique

Sortie en groupe

– Sortie contemplative : organiser une sortie dans un lieu naturel qui invite à la contemplation (mer, montagne, plaine, …)

– Visite écologique: organiser la visite de lieux écologiques pionniers (monastère, congrégation religieuse alliant écologie, prière, engagement pour la terre, éco-quartier, jardin bio, ressourcement,…) »

On a aussi des choses du genre :

« Des idées de gestes individuels et collectifs

– Défi des jeunes : devenir Acteurs dans la Création [D’ici la Cop21,deviens acteur de la Création! Avec imagination, crée des images, films, objets, symboles de ton lien avec la nature et ses êtres vivants.]

– Action de nettoyage de la nature

– Faire un Jeûne pour le climat tous les 1ers de chaque mois

– Participer aux manifestations, veillées, débats en vue de la COP21

– Se proposer pour héberger des chrétiens participant à la COP21 sur ephatta.com

– Des actions à mettre en place dans le cadre de sa paroisse ou de son mouvement: tri de déchets, co-voiturage, bilan énergétique…

– Semer des graines en pot, planter un arbre. »

Tout cela est parfaitement rodé. On voit mal comment l’écologie radicale pourrait avoir une quelconque place comme contre-projet à la fin de l’année, face à un tel rouleau compresseur.

Notons enfin au passage ce passage, absolument immonde, de ce qui a été expliqué hier au Vatican et retranscrit par Radio Vatican:

“Certes, le récit biblique « met en lumière une hiérarchie d’importance », une « hiérarchie de la vie et inscrite dans toute la nature », mais celle-ci est « pour la vie, pas contre elle ». Mais elle est « violée, poursuit le père Cantalamessa [prédicateur de la Maison pontificale], quand par exemple de folles dépenses sont faites pour des animaux alors que nous laissons mourir de faim et de maladie sous nos propres yeux des millions d’enfants ».”

C’est une ignominie totale, mais cela n’a rien d’étonnant. Ce qui compte surtout, c’est que tout est parfaitement organisé, verrouillé… Cela montre l’ampleur du problème religieux!

Sur un aspect de “Laudato si”

Le site “alternatif” sur la COP 21 a publié un nouvel article sur l’encyclique Laudato si, qui jouera malheureusement un si grand rôle en décembre. Le voici :

Jusqu’ici, le pape a exposé les motivations derrière cette encyclique et expliqué en quoi la religion était un moyen de faire face au réchauffement climatique et aux enjeux écologiques. Le troisième chapitre se nomme « La racine humaine de la crise écologique », il permet au pape d’exprimer sa vision du progrès et de la modernité, d’expliquer les risques et les perspectives que la technologie renferme, et enfin de s’attaquer à ce qu’il appelle « l’anthropomorphisme moderne ».

En ce sens, l’homme est nu, exposé à son propre pouvoir toujours grandissant, sans avoir les éléments pour le contrôler. Il peut disposer de mécanismes superficiels, mais nous pouvons affirmer qu’il lui manque aujourd’hui une éthique solide, une culture et une spiritualité qui le limitent réellement et le contiennent dans une abnégation lucide. (par. 1.5)

L’anthropocentrisme moderne, paradoxalement, a fini par mettre la raison technique au-dessus de la réalité, parce que l’être humain « n’a plus le sentiment ni que la nature soit une norme valable, ni qu’elle lui offre un refuge vivant. (par. 115)

La position du pape se veut équilibrée: pas foncièrement contre le progrès technologique, mais il insiste sur les dérives qui y sont liées, (de son point de vue).

De la même manière qu’aux premier et deuxième chapitres, il y a le même discours de fond: la seule perspective est la religion. Le discours se veut équilibré mais en réalité, il ne l’est absolument pas. Pour le pape, l’humanité a perdu ses repères et se comporte comme un dieu sur Terre, les dérives de la technologie et de la finance en sont deux des principales manifestations.

Il ne sert à rien de décrire les symptômes de la crise écologique, si nous n’en reconnaissons pas la racine humaine. Il y a une manière de comprendre la vie et l’activité humaine qui a dévié et qui contredit la réalité jusqu’à lui nuire. Pourquoi ne pouvons-nous pas nous arrêter pour y penser? Dans cette réflexion, je propose que nous nous concentrions sur le paradigme technocratique dominant ainsi que sur la place de l’être humain et de son action dans le monde. (par. 101)

Les critiques visant le « paradigme technocratique » sont pour le moins très tranchées et s’accompagnent d’une certaine vision du monde.

Il n’est pas permis de penser qu’il est possible de défendre un autre paradigme culturel, et de se servir de la technique comme d’un pur instrument, parce qu’aujourd’hui le paradigme technocratique est devenu tellement dominant qu’il est très difficile de faire abstraction de ses ressources, et il est encore plus difficile de les utiliser sans être dominé par leur logique. (par. 108)

Le paradigme technocratique tend aussi à exercer son emprise sur l’économie et la politique.L’économie assume tout le développement technologique en fonction du profit, sans prêter attention à d’éventuelles conséquences négatives pour l’être humain. Les finances étouffent l’économie réelle.(par. 109)

L’idée au final et que la technique n’est pas un instrument neutre, elle modèle la société pour répondre à ses intérêts propres. Ce développement est la conséquence d’une perte de repères, de spiritualité. Il convient alors de réguler et contrôler la technique. Ceci va de pair avec le mouvement d’une humanité qui reprend conscience de sa place sur Terre.

Au chapitre précédent, le pape tenait à montrer que la religion apportait des réponses et des respectives. Cette idée revient tout logiquement ici:

La culture écologique ne peut pas se réduire à une série de réponses urgentes et partielles aux problèmes qui sont en train d’apparaître par rapport à la dégradation de l’environnement, à l’épuisement des réserves naturelles et à la pollution. Elle devrait être un regard différent, une pensée, une politique, un programme éducatif, un style de vie et une spiritualité qui constitueraient une résistance face à l’avancée du paradigme technocratique. (par. 111)

Pour le pape, tout cela a une cause : anthropocentrisme moderne, un anthropocentrisme « dévié ». Dévié, car pour le pape le rôle de l’humanité est de prendre soin de l’ensemble de la Création, de la ramener avec elle vers Dieu. Il critique donc le « bio-centrisme », car ce n’est pas pour lui la réponse correcte: c’est une autre forme de déviation.

Un anthropocentrisme dévié ne doit pas nécessairement faire place à un “bio-centrisme”, parce que cela impliquerait d’introduire un nouveau déséquilibre qui, non seulement ne résoudrait pas les problèmes mais en ajouterait d’autres. (par. 118)

Avant de terminer, il y a deux paragraphes sur lesquels nous aimerions nous arrêter. Le premier évoque les tests sur les animaux.

Dans la vision philosophique et théologique de la création que j’ai cherché à proposer, il reste clair que la personne humaine, avec la particularité de sa raison et de sa science, n’est pas un facteur extérieur qui doit être totalement exclu.

Cependant, même si l’être humain peut intervenir sur le monde végétal et animal et en faire usage quand c’est nécessaire pour sa vie, le Catéchisme enseigne que les expérimentations sur les animaux sont légitimes seulement « si elles restent dans des limites raisonnables et contribuent à soigner ou sauver des vies humaines».

Il rappelle avec fermeté que le pouvoir de l’homme a des limites et qu’« il est contraire à la dignité humaine de faire souffrir inutilement les animaux et de gaspiller leurs vies ». Toute utilisation ou expérimentation « exige un respect religieux de l’intégrité de la création ». (par. 130)

Après avoir exposé et vanté son « écologie intégrale », rappelé que l’écologie ne doit pas oublier les plus pauvres, critiqué très violemment ce qu’il appelle le « paradigme technocratique »…après avoir été en quelque sorte un défenseur des pauvres et de l’environnement contre toutes les dérives modernes qui, selon lui, ont amené l’humanité et la Terre à cette situation, le pape tient exactement le même discours que l’industrie autour des expérimentations animales.

Il nous semble atypique de se dire écologiste et d’aborder la question des expérimentations animales avec autant de légèreté: car au-delà de la forme, il n’y a rien. Quel laboratoire va se vanter de faire « souffrir inutilement » des animaux ?

De faire des tests « pour le plaisir » ? De faire des tests sans aucune raison ? Aucun. Au contraire, toute la chaîne des entreprises qui « fournissent » les laboratoires en animaux aux laboratoires eux-mêmes aura pour principal argument que cela permet de sauver des vies.

Encore une fois, le pape semble mettre de côté toute une partie de la « création » dans son écologie « intégrale ».

Le deuxième paragraphe concerne l’avortement. Nous trouvons important de nous y arrêter car nous trouvons la manière d’aborder le sujet dérangeante. Tout comme pour les tests sur les animaux, le pape traite ce sujet en quelques lignes après en avoir consacré des dizaines au « paradigme technologique » ou à « l’anthropocentrisme dévié ». Il s’agit pourtant d’un sujet sensible et complexe.

Puisque tout est lié, la défense de la nature n’est pas compatible non plus avec la justification de l’avortement.

Un chemin éducatif pour accueillir les personnes faibles de notre entourage, qui parfois dérangent et sont inopportunes, ne semble pas praticable si l’on ne protège pas l’embryon humain, même si sa venue cause de la gêne et des difficultés : « Si la sensibilité personnelle et sociale à l’accueil d’une nouvelle vie se perd, alors d’autres formes d’accueil utiles à la vie sociale se dessèchent ». (par. 120)

La position de l’Église sur le droit à l’avortement est bien connue et on pourra arguer que le pape n’a pas besoin de s’exprimer davantage sur le sujet dans une encyclique sur l’écologie. Toutefois, un tel sujet ne peut être discuté sans le prendre entièrement en considération : l’embryon et la femme qui le porte.

Un des mots d’ordre de l’écologie « intégrale » du pape est de n’oublier personne. Pourtant ce paragraphe parle d’embryons mais pas des femmes, soit la moitié de l’humanité et première concernée par la question de l’avortement.

François Hollande sur la COP21 à la “Semaine des Ambassadeurs”

Hier, François Hollande a tenu un discours très important aux ambassadeurs, avec la “Semaine des Ambassadeurs”. C’est ni plus ni moins que la position de la France qui a été exposée après avoir été bien soupesée. On a déjà la ligne qui sera celle lors de la COP21 : on peut déjà s’en faire plus qu’une idée.

Voici l’extrait du discours qui traite donc de la COP21 en tant que telle, et on accordera une attention particulière aux allusions au soutien aux religions, ainsi qu’à l’énergie nucléaire, considérée comme “propre”.

Il ne s’agit pas non plus, parce que nous sommes un pays qui fabrique des armements et les exporte, d’abandonner nos convictions et nos principes. Les droits de l’Homme, la démocratie, la lutte contre la corruption sont en toutes occasions rappelés dans mes déplacements, par moi-même, par le Premier ministre, par les membres du Gouvernement. C’est ce qui fait que nous sommes un pays respecté, en position centrale, capable de parler avec tous.

C’est sûrement ce statut qui nous a valu l’honneur d’organiser la Conférence sur le climat.

C’est donc un défi majeur que de réussir ce rendez-vous. Les signaux positifs sont là, nous avançons. Les Etats-Unis ont présenté un plan courageux, le Président OBAMA s’est engagé personnellement pour la transition énergétique, l’économie bas carbone. Le Premier ministre chinois a annoncé depuis Paris, dans cette salle même, une contribution sérieuse de son pays à la réduction des émissions de CO2.

L’Europe a pris des engagements qui correspondaient aux objectifs qui étaient les nôtres. La loi sur la transition énergétique a été regardée comme un texte exemplaire. Au moment où je m’exprime, 56 pays représentant plus de 60 % d’émissions de gaz à effet de serre ont soumis leur contribution. J’appelle tous les autres, il y en a encore beaucoup, à le faire.

Il y a également l’expression des consciences, et la voix du Pape a été particulièrement entendue à travers son encyclique. Qu’il puisse venir à l’assemblée générale des Nations Unies pour rééditer son appel est un appui important.

Il y a également la mobilisation de beaucoup d’acteurs, organisations non gouvernementales, nous n’avions pas de doutes à ce sujet.

De grandes associations, sociétés civiles, mais également les collectivités locales, nombreuses, ont pris l’initiative. Les entreprises sont conscientes maintenant que ce sera un enjeu pour leur compétitivité ou pour leur avenir.

Cette mobilisation a produit des résultats, mais ils ne sont pas suffisants. Il ne faut rien relâcher. Je sais les efforts de Laurent FABIUS pour aller partout où cela est nécessaire. Ségolène ROYAL est également allée en Afrique, les ministres sont pleinement engagés, et je sais qu’ici, notre réseau d’ambassadeurs a la volonté de convaincre et d’informer.

Je me rendrai moi-même à Pékin au début du mois de novembre, pour travailler avec le Président chinois à une nouvelle avancée.

J’irai également à Séoul. Séoul, où siège le Fonds Vert, car nous savons que la question des financements va être essentielle. En ce qui concerne la négociation elle-même, les coprésidents du groupe de travail chargés de présenter le projet d’accord ont soumis le 24 juillet un texte, mieux structuré, resserré, qui permettra d’avoir une discussion lors de la session qui va s’ouvrir à Bonn dans quelques jours. Voilà, nous avançons.

Je l’ai dit, le plus difficile reste à venir, c’est-à-dire l’accord lui-même. Nous devons donc accélérer. Lors de l’Assemblée générale des Nations Unies, nous voulons, avec le secrétaire général Ban KIMOON, qui sera avec nous aujourd’hui, organiser une réunion de chefs d’Etat et de Gouvernement permettant justement de créer la mobilisation et de donner l’impulsion nécessaire. L’objectif n’est pas de nous substituer à la négociation elle-même mais de fixer le niveau d’ambition globale et les moyens pour y parvenir.

A la Conférence de Paris, j’ai pensé que le mieux était d’inviter les chefs d’Etat et de Gouvernement au tout début de la Conférence, pas à la fin. A la fin, il est parfois trop tard et même leurs incantations ne suffisent plus à convaincre et à conclure.

Cela sera donc au début de la conférence, c’est l’expérience que nous avons tirée de Copenhague. Je connais néanmoins les obstacles qui sont encore devant nous. D’abord, de nombreux de pays en développement ou émergents s’inquiètent des effets de la lutte contre le changement climatique par rapport à leur propre croissance. Nous devons donc les rassurer et leur apporter tout de suite des solutions technologiques, notamment pour l’énergie.

Nous devons démontrer que les solutions existent pour concilier tous les objectifs. Avec l’Inde par exemple, nous avons mis en place un plan pour le solaire, parce que nous savons que ce grand pays veut faire du solaire sa priorité. Nous avons également, avec l’Afrique un grand plan sur les énergies renouvelables. Nous devons aussi écouter les pays vulnérables.

Il y a quelques mois, nous étions aux Philippines, avec Nicolas HULOT, dont je salue l’inlassable engagement. Nous avions justement voulu adresser un appel, l’appel de Manille, pour montrer que ces catastrophes peuvent d’abord toucher les pays les plus vulnérables, mais que tous les continents sont concernés.

Je suis également allé dans le Pacifique, dans les Caraïbes, pour porter le message des Etats insulaires pour lesquels la Conférence de Paris n’est pas une négociation comme les autres, parce que c’est de leur propre avenir, dans dix ans ou dans vingt ans, qu’il est question. Si nous voulons réussir Paris, il faudra des engagements politiques sans doute, un accord, il y faudra des financements. C’est là que nous devons mobiliser toutes les solutions et les énergies. Cent milliards de dollars pour 2020.

C’était déjà une promesse qui n’a pas été tenue, cela doit être maintenant une obligation. C’est absolument indispensable pour qu’il y ait un accord. Sans les cent milliards, il n’y aura pas d’accord à Paris. Parce que ces sommes-là sont absolument indispensables pour les efforts d’adaptation et pour les transferts de technologies.
Nous avons également eu le Sommet d’Addis-Abeba, qui a été, là aussi, un moment important pour le financement du développement. Là aussi, il y aura des effets pour la Conférence de Paris.

A un peu moins de cent jours de la COP21

Nous sommes à un peu moins de cent jours de la COP21 qui se déroulera à Paris ; déjà commence l’escroquerie sur la question de la réduction des effets de serre, en procédant à un jeu sur l’année de référence (1990 ou 2005), comme le constate le site conference-paris-climat-2015.fr

Pour l’instant, il n’y a guère de mobilisation, à part du côté des institutions (pour le prestige) et des associations institutionnelles qui entendent marquer le coup (pour le prestige).

Ce qui est mis en place est vain et relève pratiquement du “charity business”. Il y a un mois, il y avait par exemple eu le “Sommet des Consciences”, organisé par Nicolas Hulot le 21 juillet, avec 40 “personnalités”, artistes, prix Nobel, figures religieuses, etc., tous ayant signé l’appel, avec des explications très souvent ultra-religieuses.

Sera-t-on étonné de trouver parmi les soutiens à cette initiative le groupe Bayard (éditant notamment La Croix) et l’ARC (alliance pour les religions et l’environnement)?

Dans son discours à cette occasion, François Hollande a souligné cette dimension mystique, conservatrice, avec un soutien ouvert aux religions:

“Nous avons besoin de tous pour parvenir à ces accords. Nous avons besoin des chefs d’Etat et de gouvernement qui représentent la légitimité, besoin des acteurs locaux qui s’engagent, besoin des entreprises ; mais nous avons aussi besoin des citoyens du monde. Nul ne peut prétendre les représenter. Ils sont eux-mêmes uniques et multiples : des milliards d’individus qui s’interrogent sur ce qu’est la destinée humaine.

D’une certaine façon, c’est vous qui les représentez. Ils se reconnaissent dans les convictions que vous portez, dans les cultes que vous pratiquez, dans les philosophies que vous partagez, dans les cultures que vous incarnez. (…)

Lorsque Nicolas HULOT m’a suggéré d’organiser un Sommet des consciences pour le climat, il m’avait dit qu’il s’agissait d’en faire un moment de pause, – nous y sommes – de réflexion, – je l’espère – en amont de la Conférence sur le climat de décembre prochain pour répondre à une crise de civilisation qui ne dit pas son nom.

Lui-même avait souhaité que les autorités morales et religieuses puissent venir aider les Etats, ce n’était pas une proposition simple dans un pays comme la France, laïque, et qui considère que c’est le temporel qui doit l’emporter sur le spirituel, mais c’est une conception qui n’est pas la bonne de la laïcité. La laïcité, c’est de permettre justement à toutes les convictions, à toutes les religions, à toutes les philosophies, aux croyants comme aux non croyants, de participer à la réflexion commune.

Je vous remercie d’avoir accepté cette invitation, pour nous aider à retracer un chemin dans un monde caractérisé par une profusion de science et, comme le disait Nicolas HULOT, un déficit de conscience.

C’est dans cet état d’esprit aussi que j’ai lu l’Encyclique du Pape François, qui propose à tous les êtres humains d’entrer en dialogue avec tous, en ce qui concerne notre maison commune. Ce texte cite les précieuses réflexions conduites par d’autres religions sur le thème de l’écologie, et il rend aussi hommage à votre contribution cher Patriarche Bartholomée, qui m’avez accompagné aux Philippines il y a peu.

Plus récemment, François Hollande a commencé son opération visant à montrer que lui est pour un accord, mais que celui-ci va être difficile, voire impossible, malgré la “bonne volonté” française. Il y a deux jours, voici ce qu’il a dit dans ses Propos conclusifs de la table ronde à l’Institut national de l’énergie solaire (INES) de Bourget-du-Lac :

“Un mot sur l’exportation, parce que c’est très important. Si nous avons un accord sur le climat – et nous devons le rechercher – , mais quoi qu’il arrive, même si nous n’en n’avions pas, ce qui serait une catastrophe, l’enjeu est d’être capable de proposer à beaucoup de pays, qui vont s’engager dans la transition énergétique, des solutions. S’il y a un accord sur le climat cela ne sera pas simplement un accord sur des règles, sur des mécanismes – ce sera déjà un acquis – ce sera aussi un accord sur les financements.”

Demain commence la “Semaine des ambassadeurs”, où François Hollande posera définitivement la ligne “diplomatique” française à ce sujet…

A ce titre, lors d’une conférence de presse sur la loi de transition énergétique, la ministre de l’Ecologie, de l’Environnement et du Développement durable Ségolène Royal s’est montrée confiante… non pas tant pour les résultats de la COP21, que surtout pour son déroulement, en soulignant l’implication française

“J’ai confiance, je suis optimiste sur le bon déroulement de la préparation de la conférence sur le climat, de sa finalisation. (…) Contrairement à ce qu’il s’est passé lors des précédents sommets, vous voyez les chefs d’Etat et de gouvernement qui s’impliquent personnellement et c’est comme ça que ça peut marcher.”

En attendant, Ségolène Royal a surtout fait rire pour son communiqué sur twitter d’un vocabulaire franco-anglais plutôt douteux pour quelqu’un censé avoir des responsabilités de ce niveau:

“Congratulations to président OBAMA for his engagement before Paris #COP21. French parlement adopted transition energetique bill.”

Mais c’est anecdotique, tout comme l’annonce par le secrétaire du Parti Socialiste Jean-Christophe Cambadélis au sujet de l’université d’été socialiste se déroulant dans quelques jours :

“La star, ce sera la COP 21! (…) On va vivre une université d’été extrêmement écolo, l’heure de la social-écologie a sonné.”

Autre chose anecdotique, l’initiative occupy.paris d’EELV. Il s’agit d’une application qui ne sert strictement à rien, où l’on peut cliquer pour “occuper” symboliquement Paris. Si ce n’est pas de l’orchestration au service du gouvernement et pour “buzzer”, c’est quoi? C’est aberrant d’avoir un contenu aussi vide.

Voici la présentation officielle:

EELV lance aujourd’hui un outil décisif : «occupy.paris», portail qui vous permet d’occuper symboliquement Paris où se tiendra la COP 21 et prouver à l’ensemble des chefs d’Etats que nous sommes les 99% seuls à même de sauver le climat, voire l’avenir de l’humanité.

Pour participer, rendez-vous sur le site ou tweeter votre message (un tweet générique vous est proposé) avec le hashtag #OccupyParis qui vous permettra d’apparaître sur la carte. Soyons le plus nombreux alors même que le 29 novembre prochain se tiendra à Paris la grande marche mondiale pour le climat rassemblant des millions de citoyens de tous les pays.

Occupez symboliquement Paris, pour sauver la planète et faire entendre votre voix !

Voici également l’appel pour cette “marche du 29 novembre”, diffusé par le site Avaaz.

Participez à la Marche Mondiale pour le Climat

Un scientifique de renom vient de s’effondrer en pleurs pendant une interview sur la pollution due au carbone. Il décrivait un futur sombre où les océans mourraient. Que son cauchemar devienne ou non réalité ne dépend que de nous.

Le sommet sur le climat le plus important de la décennie aura lieu dans quatre mois exactement, et nos dirigeants pourraient décider d’y adopter un objectif révolutionnaire pour éradiquer les énergies fossiles. Cette solution pourrait nous épargner une catastrophe climatique et alerter les responsables politiques, les dirigeants d’entreprises et les marchés que l’ère des énergies fossiles est terminée. Nous ne gagnerons pas facilement, mais si nos dirigeants comprennent combien ce mouvement est puissant, nous pouvons l’emporter.

L’année dernière, notre mouvement a participé à la plus grande mobilisation pour le climat de l’histoire lors de la Marche Mondiale pour le Climat. Le 29 novembre prochain, quelques heures avant que les dirigeants n’arrivent à Paris pour le Sommet sur le climat, il nous faudra être encore plus nombreux!

Cliquez ci-contre pour dire: “Je participe” à la Marche Mondiale pour le Climat de cette année! Avaaz se mettra en contact avec vous par téléphone ou par email pour vous donner des informations au sujet de cet évènement.

Y aura-t-il dans cette manifestation un “bloc” en faveur de l’écologie radicale? Pour l’instant, on en est très loin. C’est surtout parti pour une manifestation folklorique d’associations institutionnelles, avec des “anticapitalistes” qui vont raconter que le capitalisme détruit la Nature, ce qui est vrai, mais sans qu’eux-mêmes ne se préoccupent sincèrement de la Nature….

Mais cela ne changera rien au fait que les mentalités vont changer en profondeur, et que la demi-mesure ne pourra pas empêcher une prise de conscience essentielle.

Hulot signe la préface de l’encylique “Laudato Si”

L’Eglise catholique a bien évidemment fait imprimer la version française de l’encyclique “Laudato Si” du pape François. On y trouve deux préfaces : une est écrite par le cardinal Philippe Barbarin, qui est le “primat des gaules” c’est-à-dire grosso modo le chef de l’Eglise catholique en France, et une autre est écrite… par Nicolas Hulot! La voici.

Préface de Nicolas Hulot

En ce début du XXIème siècle, notre intelligence est mise en demeure de prendre en charge les manifestations de son propre succès. La crise climatique n’est pas une simple crise environnementale. Elle est le symptôme visible d’une profonde crise anthropologique.

Nier ou réduire sa dimension, c’est prendre le risque d’ajouter de la misère à la misère, de la souffrance à la souffrance. N’oublions jamais que le changement climatique frappe prioritairement les enfants, les femmes et les hommes les plus vulnérables. Rétablir les équilibres climatiques est la pierre angulaire de la dignité humaine, de la justice sociale et de la paix.

Nous focaliser sur les effets du changement climatique sans en comprendre les causes, sans sonder les racines du mal, ne nous épargnera que provisoirement. L’humanité a avec elle-même un rendez-vous critique qu’elle ne doit pas esquiver. L’âme du monde est malade et nous divaguons dans une profonde crise de sens.

L’homme n’est plus relié à rien, c’est son désarroi tragique. L’homme s’est désolidarisé du futur, du passé de la terre et du reste du vivant. Privé d’horizon, l’homme est mutilé.

Dans cette crise de civilisation, la politique, l’économie, la technologie, la science devront être totalement mobilisées.

Mais à cette dimension horizontale, il faut apporter une dimension verticale : replacer l’Homme dans l’univers, dans la Nature, redéfinir collectivement les fins et les moyens, redonner du sens au progrès, voilà le préalable à la solution durable.

Où est l’Homme universel, fraternel ? Où est sa dimension spirituelle, sa sagesse ? Où est l’unité entre l’homme et la Nature ? Où sont le respect et la paix ?

Autant de questions et de réponses qui ne jailliront pas spontanément dans la société d’aujourd’hui. Ses codes d’expression et son rythme sont incompatibles avec une telle introspection.

L’encyclique Laudato si’, comme la voix du pape François, peuvent largement y contribuer. Ce texte peut élever la réflexion et forcer l’esprit humain à partager une vision. Il peut être une boussole providentielle dans un monde désorienté pour retrouver du sens. Une passerelle inespérée pour renouer avec l’humilité, la modération et la solidarité.

L’humanité est à l’aube d’une métamorphose. L’avenir n’est désespérant que si on laisse le temps décider à notre place. La famille humaine doit écrire un nouveau chapitre de son odyssée. Cette encyclique doit être un substrat fécond pour inspirer notre imagination et orienter nos énergies.

Le pape François solennise et sacralise l’enjeu écologique. Il scelle un diagnostic en associant science et morale. En nous invitant au courage et à l’honnêteté, François propose une nouvelle feuille de route pour l’humanité, il ouvre un chemin de maturité jalonné de valeurs incontournables.

Voilà bien l’écologie en mode anthropocentriste, rejetant catégoriquement la Nature! Et voici également, avec un soutien moins ouvert mais en disant long tout de même, la position officielle du ministère des affaires étrangères sur l’encyclique, au moment de la publication de celle-ci:

Publication de l’encyclique « Laudato Si » sur la question écologique – Déclaration de Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international et président de la COP21 (18 juin 2015)

Je salue la publication de l’encyclique « Laudato Si » de Sa Sainteté le Pape François, première encyclique de l’histoire de l’Eglise catholique consacrée à la question écologique.

Son titre, tiré des écrits de Saint François d’Assise, et son statut – il s’agit du document de la valeur la plus élevée que puisse produire le souverain pontife -, témoignent de l’importance accordée à la protection de l’environnement par le Pape.

En cette année décisive pour la lutte contre le dérèglement climatique, ce geste sans précédent contribuera à renforcer la mobilisation de la communauté chrétienne et plus largement de l’ensemble des citoyens du monde qui sont sensibles aux messages du Pape. C’est donc une contribution importante pour le succès de la COP21.

Les masques tombent. L’écocide est de plus en plus grand, il faut choisir son camp, et les anthropocentristes sont obligés de montrer le caractère de leur “écologie”…

EELV : “Je hais le tofu, mais je sauve le climat”

Europe Ecologie Les Verts touche encore le fond… On a beau se dire que c’est toujours plus lamentable et inintéressant, il faut malheureusement bien documenter cela…

Voici donc la pseudo mobilisation générale revendiquée par EELV, 200 jours avant la conférence de l’ONU sur le climat à Paris…

Les écologistes décrètent la mobilisation générale pour la Cop21

J-200 ! A quelques mois du grand rendez-vous de la conférence de l’ONU sur le climat qui se tiendra à Paris-Le-Bourget, EÉLV lance sa campagne de mobilisation avec le #JeSauveLeClimat.

Samedi 9 mai après-midi, les écologistes ont donné le coup d’envoi d’une grande mobilisation citoyenne. Objectif : montrer l’urgence d’agir et la nécessité d’engager un mouvement social pour le climat qui se poursuivra bien après décembre prochain.

Le message est clair : si le sommet international de l’ONU réunira 195 chefs d’Etats et au moins autant de diplomates autour des tables de négociations pour remédier au défi climatique, chacune et chacun d’entre nous, citoyennes et citoyens, pouvons prendre notre destin en main pour gagner cette bataille de civilisation.

Toutes et tous, vous pouvez participer à l’opération en utilisant le générateur de tract et composer votre propre slogan. Soyez originaux et créatifs, et n’oubliez pas de le partager sur les réseaux sociaux avec le #JeSauveLeClimat.

Le climat nous appartient : nous en sommes toutes et tous ses meilleurs ambassadeurs du quotidien. Alors mobilisons-nous, ensemble, car il est plus que jamais décisif de faire entendre notre voix.

On l’aura donc compris, la seule chose qu’il y a comme contenu, c’est donc ce générateur de « tract »… On écrit son texte et dans la foulée on a une image avec le texte et en-dessous inscrit « je sauve le climat ».

Voici deux exemples d’une niaiserie assez exemplaire… Dans le genre on veut ridiculiser les écologistes, c’est parfait!

A la grande réunion d’EELV pour l’occasion – rappelons qu’EELV est au bord de craquer en deux structures différentes, en fonction du degré d’opportunisme pour avoir un ministère au gouvernement, surtout au moment de la conférence de l’ONU – on pouvait donc voir tous les gens d’EELV avec des panneaux de ce type.

Maintenant, regardons celui d’Emmanuelle Cosse, la responsable d’EELV…

Avec un autre angle, cela sera plus lisible…

“Je hais le tofu, mais je sauve le climat”… On aura vraiment tout vu avec EELV. A la limite encore, dire qu’on aime pas le tofu, pour dire qu’on peut faire sans tofu, mais “je hais le tofu” c’est attaquer directement le végétalisme…

Sur Facebook quelqu’un a posé une question à ce sujet, ce qui donne :

EELV prétend donc, officiellement sur son facebook:

Vous n’avez pas besoin d’aimer le tofu pour lutter contre le changement climatique. Vous pouvez très bien être végétarien sans manger de tofu.

Quel rapport? Aucun, il s’agit simplement de se dédouaner. EELV, ce sont des “beaufs”, des “beaufs” qui sont des bobos, qui veulent un cadre de vie agréable à leurs yeux, qui veulent un capitalisme pas trop brutal (pour eux et leur mode de vie).

Mais la Nature, les animaux… et leur défense, c’est une autre planète…

La personne demande d’ailleurs à EELV,  les prenant à leur propre piège en poussant jusqu’au bout leur raisonnement individualiste:

“Donc je peux brandir une affiche avec sérieux comme vous, avec écrit dessus “je hais les transports en commun mais je sauve le climat”?

Et EELV de répondre:

“Oui, si vous vous déplacez à pieds ou à vélo.”

Difficile de faire de plus bobo comme style et comme contenu!

L’appel de Manille

Le show de François Hollande ne fait que commencer que déjà sa vanité éclate au grand jour. Voici le document intitulé l’appel de Manille, lue par… l’actrice Marion Cotillard. On peut voir la vidéo ici, voici le document lui-même, suivi du contenu d’une déclaration de François Hollande juste après.

Comme il se doit, et c’est terriblement révélateur, on ne trouve pas les mots “animal”, “animaux”, ni “Nature”, dans ce dernier cas on n’aura juste… “catastrophes naturelles”. Tout est vu par le prisme de l’anthropocentrisme.

Appel de Manille à l’action pour le climat

1. Nous, chefs d’État de la République des Philippines et de la République française, et personnalités de différents pays déterminés à agir pour le climat, réunis à Manille aujourd’hui, désirons rappeler à la communauté internationale, à l’ensemble des acteurs et à l’opinion publique mondiale qu’il est urgent de lutter contre le changement climatique de manière sérieuse, efficace et équitable.

2. À moins d’un an de la 21ème Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP 21) qui se tiendra à Paris en décembre 2015 et dont les résultats concerneront la vie de milliards de personnes, nous appelons la communauté internationale à conclure un accord ambitieux, équitable et universel sur le climat, qui soit conforme aux recommandations scientifiques du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, afin de préserver notre planète pour permettre aux générations futures d’y vivre. À Manille aujourd’hui, nous espérons que nous écrirons ensemble l’Histoire à Paris en décembre et que nous ne nous contenterons pas de la regarder se dérouler en simples spectateurs.

3. Nous appelons à agir pour le climat.

4. En nous réunissant aux Philippines où la population a subi une série sans précédent d’événements climatiques extrêmes ces dernières années, nous prenons conscience que les pays en développement, qui ont le moins contribué au changement climatique, sont ceux qui souffrent le plus de ses effets. Certes, nous sommes confrontés à des menaces analogues et nous partageons les mêmes faiblesses, mais nous disposons aussi d’atouts et de moyens différents pour relever ces défis. Cependant, nous croyons qu’il est possible de réduire nos vulnérabilités et notre exposition aux aléas du climat. La population philippine a fait preuve d’une extraordinaire résilience à cet égard.

5. Nous appelons à la solidarité et à la justice face au changement climatique.

6. Nous avons besoin d’un accord négocié et accepté par tous et pour tous, qui tienne compte de toutes les différences de situation et fasse converger diverses perspectives pour accélérer l’action collective. Nous avons besoin d’un accord pour réduire les émissions, créer des opportunités économiques et nous doter des moyens de gérer les risques associés qui sont déjà prévisibles dans un avenir proche.

7. Nous appelons à coopérer face au changement climatique.

8. La croissance économique, le développement durable et la lutte contre la pauvreté sont des objectifs qui doivent et peuvent être atteints ensemble. Mais assurer un accès équitable au développement durable pour tous nécessitera de disposer de moyens de mise en oeuvre accrus.

9. Nous appelons à la solidarité financière et technologique.

10. Considérant que nous atteignons le point de non-retour en matière de changement climatique et que nous devons passer des intentions à l’action, nous appelons solennellement :

A) tous les États à travailler concrètement et rapidement pour lutter contre le changement climatique, en particulier contre ses impacts, et nous les invitons à présenter leurs contributions prévues déterminées au niveau national, en fonction de leurs situations et capacités nationales respectives ;

B) les pays développés et les pays en développement capables et désireux de le faire, à fournir aux pays les plus pauvres et les plus vulnérables des moyens de mise en œuvre adéquats pour les aider à se transformer en territoires résilients et en économies sobres en carbone ;

C) tous les acteurs, les États, les collectivités territoriales, les entreprises, le secteur privé, la société civile, les organisations non gouvernementales, les universités et les citoyens à jouer pleinement leur rôle dans la lutte contre le changement climatique et en particulier contre ses effets, et la réduction des risques de catastrophes naturelles liées au climat, par des efforts individuels ou des initiatives en coopération; et,

D) chacun à diffuser cet appel et à faire prendre conscience de la nécessité d’agir rapidement et partout, et de parvenir à un accord mondial sur le climat en décembre à Paris.

Déclaration à la suite de l’appel de Manille

LE PRESIDENT : L’appel a été lancé et je remercie la sénatrice et Marion COTILLARD de l’avoir prononcé. Nous sommes en effet réunis ici, tous ensemble, responsables politiques, dirigeants de grandes organisations internationales, personnalités économiques, culturelles, universitaires, pour convaincre le monde, pour mobiliser les opinions publiques.

Je remercie Nicolas HULOT d’avoir pris cette initiative parce que si nous voulons réussir en décembre prochain, il faudra que les diplomates soient au meilleur ; ils le sont. Il faudra que les instances de l’ONU puissent accompagner ce processus ; elles y sont prêtes. Il faudra que nous puissions avoir avec les dirigeants de la planète les explications nécessaires, de manière à ce que les engagements soient pris. Mais il faudra aussi et surtout la mobilisation de l’opinion publique. C’est le sens de cet appel.

C’est un appel qui se fait ici, à Manille. Manille qui est, aux yeux du monde, un symbole de souffrance et d’espoir. La souffrance, c’est celle qu’ont vécue hélas les victimes des typhons, des tsunamis, des catastrophes, des tremblements de terre. Ce sont des centaines de milliers de Philippins qui ont été déplacés. La souffrance, c’est celle aussi que beaucoup imaginent avec la montée des eaux, la disparition des îles, l’augmentation et l’intensité même des tempêtes. Mais il y a l’espoir qui est aussi ici, à Manille. Espoir d’un peuple qui résiste, qui lui aussi face à l’épreuve, se soulève, se redresse et s’organise. C’est pourquoi nous voulions que ce soit à Manille que l’appel puisse être lancé.

Quel est le sens de cet appel ? C’est de pouvoir conclure à Paris, lors de cette conférence sur le climat, un accord général et contraignant, pays par pays, pour assurer que le monde ne connaîtra pas un réchauffement qui l’exposerait à des catastrophes encore bien plus considérables que celles que nous avons connues.

Il y fallait une voix, la vôtre, Monsieur le Président AQUINO, votre voix telle que je l’ai entendue lors des sommets internationaux, à l’ONU, où vous avez dit que nous pouvions tous faire quelque chose, prendre notre part, jouer notre rôle. Il fallait aussi des voix multiples, celles qui sont entendues ici. Il y fallait la voix française parce que la France, et c’est son honneur, c’est aussi son devoir, sait prendre lorsque c’est nécessaire ses responsabilités. Nous l’avons montré dans d’autres circonstances, face à d’autres épreuves.

Quel est maintenant le sens de cet appel ? C’est un appel à la justice. L’appel de Manille, c’est pour que le monde soit plus juste, entre les pays développés et les pays fragiles, entre les pays riches et les pays pauvres, entre les générations aussi, celles qui ont eu tout le temps, tout le loisir pour prélever des ressources sur la planète mais qui maintenant ont le devoir d’agir pour que leurs enfants, leurs petits-enfants puissent vivre, vivre tout simplement sur cette planète.

La justice, c’est aussi de permettre que tous les progrès de la science, de la technologie, de l’imagination humaine, de l’économie soient au service de la construction, de la préservation, de la réparation, de la prévention et non pas de la destruction. C’est la raison pour laquelle une alliance doit être conclue entre toutes les forces. Les forces des Etats, les forces économiques, les forces associatives, les forces culturelles pour que nous puissions faire vivre l’appel de Manille.

L’appel de Manille, c’est aussi l’imagination. C’est notamment à travers le Fonds vert, les financements innovants, tout ce qui peut permettre de capter, de mobiliser des ressources pour les mettre au service du développement. L’appel de Manille, c’est un appel à l’invention parce que la lutte contre le changement climatique, qui est à la fois une obligation, c’est aussi une opportunité, puisque ça va nous permettre d’inventer une croissance nouvelle, une croissance verte.

Nous allons être meilleurs. Meilleurs parce que nous sommes contraints de l’être ; meilleurs pour les énergies renouvelables ; meilleurs pour stocker de l’énergie ; meilleurs pour organiser nos villes, pour assurer nos déplacements ; meilleurs pour inventer des technologies zéro carbone ; meilleurs pour organiser notre fiscalité ; meilleurs pour même établir une concurrence entre les entreprises avec un prix carbone. C’est l’agenda des solutions qui sera finalement l’expression de notre invention.

Enfin, l’appel de Manille c’est un appel à la promotion d’un monde nouveau parce que ce qui est en cause, c’est un nouveau mode de développement plus juste, plus respectueux. C’est un monde où nous puissions nous dire que ce que nous faisons est utile, un monde où chaque pays prendra ses responsabilités en fonction de ses propres capacités, un monde où une solidarité nouvelle pourra voir le jour entre pays riches et pays émergents. Beaucoup ont, à un moment dans leur démarche politique, imaginé un monde nouveau. Ils n’ont pas toujours construit un monde meilleur mais celui que nous avons à l’esprit, c’est un monde vivable, c’est un monde humain et c’est ce qui nous permet de nous rassembler.

C’est LEVI-STRAUSS qui disait que « l’arc-en-ciel des cultures humaines aura fini de s’abîmer dans le vide creusé par notre fureur ». Il faut mettre un terme à la fureur et il faut mettre, dans le ciel, l’arc-en-ciel des cultures humaines. Ce monde, si nous le voulons, il sera dessiné à Paris dans trois cents jours. J’appelle donc les chefs d’Etat et de gouvernement à tout mettre en œuvre pour conclure un accord en décembre. J’appelle les forces de la jeunesse, les citoyens mais aussi les acteurs économiques, les artistes, les universitaires, à s’engager, à s’organiser pour nous élever, pour porter une cause qui peut tous nous rassembler.

Face à l’Histoire, il y a ceux qui la regardent, qui la contemplent, et il y a ceux qui la font. Aujourd’hui, il nous faut l’écrire. Ce sera à Paris dans trois cents jours.

Accélération de l’élévation du niveau de la mer

Voici l’éditorial du “site alternatif” sur la conférence de l’ONU sur le climat qui va se dérouler à la fin de cette année, et surtout un article qui traite de l’accélération de l’élévation du niveau de la mer. Il y a de nouvelles études montrant, en effet, que celle-ci n’a pas été suffisamment pris en compte, voire au sérieux.

Une raison de plus de se focaliser sur la défense de la planète!

Accélération de l’élévation du niveau de la mer

Jusqu’ici l’élévation du niveau de la mer sur la période 1900 à 1990 était estimée à 1,6 – 1,9 mm par an. A partir de 1993, les mesures deviennent beaucoup plus précises notamment grâce aux satellites et l’élévation du niveau de la mer est depuis de 3,2 mm ± 0,7mm par an.

Le problème pour la première période était qu’avec cette valeur, il n’était pas possible d’expliquer d’où proviendrait toute cette quantité d’eau supplémentaire : les calculs n’arrivaient qu’à une élévation de 0,5 mm en moins.

Une étude récente, publiée le 14 janvier dans le magazine Nature, a trouvé à l’aide de nouvelles méthodes statistiques que l’élévation pour cette période (1901-1990) ne serait que de 1,2 mm ± 0,2 mm par an.

Mesurer le niveau de la mer est une chose très complexe, comme le rappelle Carling Hay, un des auteurs de l’étude. En effet, s’il existe des données produites par des marégraphes (instruments permettant une mesure à un endroit donné sur une durée déterminée), en activité depuis des siècles pour certains, utiliser ces données pour mesurer efficacement l’élévation du niveau de la mer dans le temps comporte de nombreux problèmes.

Premièrement, la plupart se trouvent à des latitudes moyennes dans l’hémisphère nord, sur des sites côtiers, ils ne sont donc pas très bien répartis. Ensuite, différents facteurs viennent perturber les mesures comme le mouvement des plaques tectoniques (ce qui modifie le niveau des marégraphes), les prélèvements d’eau, le mouvement des océans, etc.

Cette nouvelle estimation s’appuie sur un autre projet visant à établir une sorte d’empreintes digitales du niveau de la mer. L’idée générale est que lorsque les calottes glaciaires fondent, les effets sur le niveau de la mer sont variables d’une calotte glaciaire à une autre et il est possible de déterminer d’où provient un changement de niveau.

« Cette variation du niveau de la mer est le résultat, en partie, de la taille de la calotte glaciaire, qui est si massive qu’elle attire l’eau à elle, créant ses propres marées.

Bien qu’une fonte des glaciers puisse déverser des millions de litres dans l’océan, cela réduit en même temps le volume de la calotte glaciaire, réduisant cet effet de marée. » (Jerry Mitrovica, de l’Université Harvard dans Harvard Gazette)

Chaque calotte glaciaire a ainsi un motif qui lui est propre, c’est ce motif qui constitue cette « empreinte digitale ». A partir d’un ensemble d’observations, l’étude a cherché à retrouver le poids de chaque calotte glaciaire dans l’élévation globale du niveau de la mer.

« Nous devons tenir compte des signaux de l’âge de glace, et nous devons comprendre comment les modèles de circulation océanique sont modifiés et comment l’expansion thermique contribue à la fois aux motifs régionaux et à la moyenne mondiale.

Nous essayons pour tous ces signaux d’utiliser nos simulations et nos méthodes statistiques, et ensuite de regarder ce qu’il reste et de voir si cela correspond aux modèles auxquels nous nous attendons pour chaque calotte glacière. » (Carling Hay, de l’Université Harvard dans Harvard Gazette)

Avec cette méthode les chercheurs ont donc trouvé une augmentation de 1,2 mm ± 0,2 mm par an, ce qui coïncide avec les valeurs trouvées par calculs auparavant. L’élévation du niveau de la mer pour la période 1900-1990 semble donc avoir été surestimé. Si les résultats de l’étude sont confirmés par des pairs, alors cela signifierait que le rythme de l’augmentation du niveau de la mer depuis 1993 est bien plus rapide que ce nous pensions.

Édito du 4 février 2015

À peine l’année débutée, la conférence Paris Climat 2015 – COP21 se trouve déjà au cœur de l’actualité.

Après avoir appris la semaine dernière que l’engagement de François Hollande à supprimer les subventions pour les pays utilisant des centrales à charbon risquait de passer à la trappe, c’est au tour du Business and Climate Summit d’être controversé, avec notamment la présence dans son organisation d’Areva, ou encore de Total.

Ce sommet, initié par l’ONU, rassemblera en mai des dirigeants d’entreprise, afin de soumettre des solutions pour le climat lors de la COP21. L’objectif est (selon l’intitulé d’une des séances plénières du sommet) d’ « intégrer le climat dans l’économie mondiale » et bien évidemment pas d’adapter l’économie au climat, aux besoins de la planète.

Ce n’est sûrement pas la pression des monopoles, soumis aux intérêts économiques à court terme, qui mèneront la conférence Paris 2015 à être un succès. Au contraire, il n’y a qu’un vaste mouvement populaire et démocratique qui puisse faire espérer une issue positive à cette COP.

Notons également le lancement, en début de semaine, par France Info du label « #maplanète »qui doit récompenser et mettre en avant « des actions, idées et événements » en vue de la Conférence Paris Climat. Sans savoir exactement quelles genres d’initiatives seront primées on peut toutefois regretter le nom de ce label : « ma planète ».

Nous considérons que loin d’un anthropocentrisme individualiste nous avons besoin d’une vision différente de la planète, d’une vision globale où l’espèce humaine n’est plus ni au centre ni au dessus du reste, mais une partie d’un tout. Avec néanmoins une responsabilité particulière conférée par des millions d’années d’évolution.

Ainsi, être la ministre de l’écologie du pays organisateur de la COP21 et autoriser le braconnage des oies comme l’a fait Ségolène Royale est une aberration, une honte.
La planète n’appartient ni à un individu, ni à l’espèce humaine.

“Une année de kairos pour l’avenir de la planète et de l’humanité”

En prévision de la future conférence de l’ONU sur le climat, la Conférence des évêques de France a publié un document de travail, alors que l’Eglise catholique organise en août des Assises Chrétiennes de l’Ecologie, à Saint-Etienne. De leur côté les protestants ont publié un ouvrage appelé “Les changements climatiques“.

Voici des extraits du document des évêques de France, qui montre comment l’Eglise va utiliser la conférence pour promouvoir ses fins. Le grand risque pour elle est une vague d’athéisme provoqué par la reconnaissance de Gaïa comme lieu de vie où tout est inter-relié.

Afin de préserver l’anthropocentrisme, l’Eglise met donc en avant le “bon moment”, le “moment opportun”, c’est-à-dire la capacité qu’aurait l’être humain à intervenir en toute intelligence, de par la puissance du libre-arbitre, etc.

A cela est ajouté une pincée de doctrine sociale de l’Eglise, un soupçon de millénarisme, une larme de tiers-mondisme, un brin de critique de la “société de consommation”… Le tout afin de nier la Nature et de ne surtout pas parler des animaux.

Entre ça et la ZAD, on assiste à une affreuse montée en puissance de la critique “spirituelle” de la société de consommation, en mode “avant c’était différent”, typiquement dans l’esprit des années 1930.

Le tragique qui ouvre un nouveau possible

Le défi auquel est aujourd’hui confrontée la communauté internationale peut être mis en résonance avec une figure majeure de la tradition chrétienne : le kairos.

Cette notion grecque renvoie à une expérience particulière du temps, celle du « moment opportun ». Il s’agit d’un instant de grâce où tout peut basculer, mais cette ouverture au radicalement nouveau est toujours précédée d’un événement tragique.

Le kairos dit cette conjonction paradoxale entre la mort et la vie, entre la perte et le nouveau possible. Les récits bibliques qui parlent du kairos illustrent bien ce paradoxe. Les évangiles utilisent ce mot au moment où Jésus sort de l’anonymat et commence sa vie publique. Un événement tragique est associé à ce début : la décapitation de Jean-Baptiste.

Plus tard ce seront les disciples de Jésus qui partiront proclamer l’Evangile dans le monde entier, et encore une fois c’est la mort en croix de Jésus et l’expérience qu’ils font de sa résurrection qui en constitue l’évènement déclencheur. Au moment où la réalité sombre dans le désespoir, le kairos désigne l’émergence d’un radicalement nouveau. Le dérèglement climatique pourrait être un kairos pour nos sociétés contemporaines.

Nous vivons en effet, la fin d’une époque et d’un modèle : le changement climatique en est le signe. Le modèle sur lequel les sociétés se sont développées est celui de la croissance économique et de la prospérité partagée. L’imaginai
re de vie bonne de ce modèle de développement est fondé sur l’idée d’une production et d’une consommation en augmentation permanente.

Or, ce modèle qui a permis une amélioration sans commune mesure des conditions de vie, notamment dans les pays dits développés, se révèle aujourd’hui inviable à cause de l’épuisement et de la dégradation des ressources naturelles qu’il a provoqués.

Les risques de mort associés au réchauffement climatique en sont la preuve. Serons-nous capables d’inventer une autre forme de développemen t et de dresser un autre imaginaire de la vie bonne ? Saurons-nous « choisir la vie » entre vie et mort, entre bénédiction et malédiction, comme nous y invite le livre du Deutéronome (Dt, 30, 15-20)?

Un signe d’espoir

Un signe des temps encourage à répondre positivement à cette question : cette même année 2015 où aura lieu la COP21, arrivent à échéance les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), définis de commun accord en l’an 2000 par tous les pays des Nations Unies. Certains de ces objectifs ont été atteints, notamment celui de réduire de moitié la pauvreté extrême (les personnes qui vivent avec moins de 1,25 dollars par jour) au niveau mondial.

Ce résultat constitue un signe d’espoir : la pauvreté n’est pas une fatalité et son éradication est possible. Mais cette pauvreté reste pourtant très concentrée dans certaines régions du monde (notamment le continent africain) : la pauvreté mondiale s’est réduite mais l’inégalité entre les pays et à l’intérieur même de chaque pays s’est accentuée. Ces résultats porteurs à la fois d’espoir et de déception sont à la base des négociations internationales actuellement en cours, visant à définir de nouveaux objectifs en faveur du développement pour les 15 ans à venir.

Or, cette convergence dans la même année de la conférence sur le climat et de la reformulation des OMD pour les années à venir, constitue une opportunité pour articuler d’une manière nouvelle la question écologique avec la que
stion économique et sociale. Cette coïncidence au niveau du calendrier renforce les conditions pour faire de l’année 2015 une année de kairos pour l’avenir de la planète et de l’humanité.

D’au tant plus que les OMD vont très probablement être re-baptisés « Objectifs du développement durable » et qu’ils auront un caractère universel, c’est-à-dire qu’ils ne concerneront pas seulement les pays les moins avancés, mais la totalité des pays, qu’ils soient riches ou pauvres. Une chance historique pour redéfinir le développement comme un modèle porteur de vie pour la famille humaine universelle.

La contribution de la foi chrétienne

L’Eglise veut participer et contribuer à ce changement d’époque avec ses ressources propres. Les défis auxquels la planète et l’humanité sont au jourd’hui confrontées touchent les fondements même de la foi chrétienne : l’espérance
face à l’avenir, l’universalité du bien commun, et la solidarité comme socle du vivre ensemble.

Nous reprenons chacun de ces trois fondements en précisant à chaque fois les termes du kairos, c’est-à-dire le tragique constaté et le nouveau possible qui commence à se dessiner, par rapport à chacun des trois domaines concernés : la représentation de l’avenir, du bien commun et du vivre ensemble.

L’espérance face à l’avenir

La crise – écologique, économique et sociale – trouble notre regard sur l’avenir qui apparaît aujourd’hui bouché et menaçant. Le développement n’est pas seulement compromis au Sud, il l’est également au Nord. Un monde est en train d
e s’écrouler : celui qui pensait le développement comme croissance infinie.

L’humanité fait face à l’expérience angoissante de sa finitude. Sommes-nous capables aujourd’hui de faire entendre à nos contemporains une nouvelle promesse d’avenir ? Comment parler d’infini dans un monde fini ?

L’espérance chrétienne est fondée sur une idée de promesse qui n’est pas celle d’un but prédéfini à atteindre, mais celle d’un appel qui met en marche vers un meilleur possible. L’image de la « terre promise » qui va mettre en marche le peuple de Dieu premièrement derrière Abraham, et ensuite derrière Moïse, illustre bien cette idée d’une promesse qui met debout et en chemin vers un avenir meilleur mais dont on ne connaît pas la forme concrète qu’il pourra avoir.

Aujourd’hui c’est le moment opportun pour dessiner à nouveau cet imaginaire de la « terre promise » et d’un développement qui pourrait être porteur de vie « pour tout l’homme et pour tous les hommes ». Un nouveau style de vie qui mobilise une autre manière de consommer et de produire, de se déplacer et d’habiter l’espace est déjà en
construction.

Une autre expérience du temps qui valorise la lenteur et le long terme plutôt que l’immédiateté et le court-termisme est envisageable. Une nouvelle représentation de « la vie bonne » est aujourd’hui à construire : une vie qui assure à chacun la possibilité d’être reconnu comme co-créateur et pas seulement comme consommateur.

François Hollande : “je dis il y a urgence”

Voici de nouveau un article du site ayant ouvert pour informer de manière (critique) sur la conférence sur le climat de Paris en décembre 2015, parce qu’il serait dommage de ne pas informer sur la continuité de la projection de poudre aux yeux qui est en train d’être faite (avec la complicité de Duflot et d’EELV comme on l’a vu hier).

François Hollande a déclaré ce matin, sur France Inter, vouloir instaurer d’ici 2017 une taxe sur les transactions financières européennes qui « devrait être mise au service du climat, de la lutte contre le réchauffement climatique » afin notamment de financer le « fond vert » qui a été fixé à 100 milliards de dollars pour 2020 lors de la dernière Conférence sur le climat, à Lima.

Une telle déclaration est d’autant plus étonnante qu’en décembre dernier s’est tenue une réunion des ministres des finances des 11 pays qui devaient s’entendre sur les bases d’une telle taxe (appelée taxe Tobin). Or, c’est le ministre français Michel Sapin qui a bloqué le processus en ne proposant qu’un accord a minima.

Il ne fait pas de doute que la Conférence Paris Climat 2015 en fin d’année est une date clef pour François Hollande qui décide donc de prendre un virage « écologique ». Notons que cela ne l’empêche d’ailleurs pas, dans la même matinée, de confirmer qu’une fois tous les recours en justice épuisés, le chantier de l’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes sera bel et bien lancé.

Voici la totalité des déclarations de François Hollande, au micro de France Inter, à propos du climat et de la Conférence Paris Climat 2015.

« Qu’est ce qu’on va faire de cette taxe [sur les transactions financières européennes, NDLR] ? C’est pas simplement pour récolter de l’argent. Moi je pense que cette taxe devrait être mise au service du climat, de la lutte contre le réchauffement climatique.

Vous savez que beaucoup de pays émergents ne sont prêt à signer un accord sur le climat parce qu’ils disent « nous on a pas les moyens d’investir pour notre transitions énergétique ». Il faut trouver 100 milliards de dollars sur un fond vert. Et bien une partie de la taxe, peut être même la totalité de la taxe sur les transactions financières devrait être mise au service de ce fond vert.

Selon quels critères la conférence sur le Climat de Paris 2015 sera un succès ?

Trois critères :
1- Est-ce qu’il y aura un accord général, contraignant, pays par pays, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre ? Contraignant c’est à dire avec surveillance et évaluation, et notamment pour les plus grands pays émetteurs (Chine, États-Unis, mais aussi pour d’autres).

2- Est-ce qu’on peut dégager ces 100 milliards de dollars pour le fond vert pour soutenir les investissements, les reconversions, les innovations, dans les pays émergents ?

3- Est-ce qu’on est capable de dégager des financements innovants ? Tout à l’heure on parlait de la taxe sur les transactions financières, est-ce qu’on est capable d’imaginer de nouvelles contributions, et notamment le prix du carbone qui pourrait justement permettre à tous les acteurs économiques de savoir que les ressources fossiles sont un prélèvement sur la planète.

Si ces trois critères sont réunis je pourrais dire « nous avons réussi ».

Et je pense que pour la France, ce n’est pas seulement un enjeu franco-français « est-ce que l’on va réussir ». C’est : est-ce que les devoirs de l’humanité, les devoirs qui sont les nôtres, vont pouvoir être fixés dans un texte contraignant pour les années qui viennent ?

On dit « est-ce que François n’est pas devenu écologiste comme ça, par circonstance ? ». Moi, depuis que je suis responsable, toutes les informations qui me sont données, toutes, tous les experts, c’est alarmant. Nous avons vécu les trois années les plus chaudes de notre siècle. À Paris il a gelé deux nuits en 2014, généralement c’était 25. Le niveau de la mer ne cesse de monter, des îles vont disparaître, la calotte polaire est en train de fondre.

Je ne suis pas là pour faire du catastrophisme, je dis il y a urgence.

La conférence sur le climat c’est à Paris et c’est une responsabilité énorme pour la France et on va réussir. Et pour la France c’est aussi un bel enjeu, être capable de montrer que c’est à Paris, une fois encore, que les droits humains vont être prononcés. »

Vers la conférence sur le climat de Paris…

Un site a ouvert pour informer au sujet de la conférence sur le climat à Paris en décembre 2015.

En voici l’éditorial et le bilan proposé de la dernière conférence de l’ONU, articles donnant le ton du site.

Édito du 1er janvier 2015

Encore une année de passée. Une année où le réchauffement climatique a non seulement pu être observé scientifiquement avec notamment le 5ème rapport du GIEC mais aussi avec les mesures d’une température annuelle moyenne planétaire record depuis le début des relevés de température en 1880.

Mais les conséquences du réchauffement on aussi pu être directement observées, évidemment dans la zone Arctique, qui est en première ligne, mais aussi plus proche de nous avec les graves intempéries qui ont touché le sud est de la France, directement liées aux hautes températures de l’année.

Le reste du monde n’a pas été épargné, comme l’est de l’Asie qui a été touché par de très nombreux et violents typhons jusque tard dans l’année.

Les effets du réchauffement climatique se font chaque année de plus en plus virulents, soulignant l’état d’urgence de la situation planétaire, pour les humains, pour les animaux, pour l’environnement.

Malheureusement 2014 n’aura toujours pas été l’année d’un vaste accord coopératif international pour prendre, enfin, les choses en main. La Conférence de Lima a même été un échec.

Difficile donc d’être optimiste en vue de la conférence Paris Climat 2015 qui aura lieu en décembre prochain. Pourtant il n’est plus possible de passer encore une année dans l’inaction, à repousser les échéances, à trouver l’accord minimum qui n’engage à rien. Il faut que les choses changent, pas demain, pas en 2020, mais maintenant !

Voici le bilan de la dernière conférence de l’ONU:

Bilan de la Conférence de Lima / COP20

L’objectif annoncé de la Conférence de Lima (COP20) qui s’est tenue en décembre dernier était de préparer la conférence de Paris 2015 censée elle déboucher sur un accord international visant à limiter les émissions de gaz à effet de serre afin de ne pas dépasser un réchauffement planétaire de plus de 2°C d’ici 2100.

Il fallait ainsi absolument aboutir à un texte commun. Ce fut chose faite, comme souvent en jouant les prolongations (la conférence s’est conclu le 14 décembre au lieu du 12 initialement prévue), avec un accord a minima.

Beaucoup d’officiels se sont félicités de ce résultat.
Il est pourtant difficile de se réjouir d’un texte qui n’est là que pour sauver les apparences et repousser l’échéance à l’année prochaine.

La situation du changement climatique, de la planète, est bien trop urgente pour se réjouir d’un accord minimum.
Car tout ce qui en est ressorti est un engagement de tous les pays à transmettre courant 2015 (à une date qui a été repoussée à plusieurs reprises) leurs contributions (c’est à dire leurs intentions pour agir pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre) au secrétariat de la Convention.

On est loin des prétentions que beaucoup affichaient à l’ouverture de la conférence, début décembre.

Une avancée importante est censée être le « fond vert » qui doit passer à 100 milliards de dollars par an à partir de 2020. Sauf que comme pour le reste aucune précision n’a été donnée. D’où viendra cet argent ? Les canaux de financement reste un mystère.

De la même manière alors qu’à la base un « papier technique » devait analyser les différentes contributions afin de donner un avis sur leurs effets combinés, ce papier a été remplacé par un « rapport de synthèse » qui ne donnera pas de recommandations.

Et quand bien même on pourrait espérer qu’il en sera tenu compte, il sera rendu le 1 novembre 2015, une date bien tardif pour tirer les conséquences et améliorer conjointement les propositions.

Cela est assez révélateur de l’état d’esprit, bien loin d’un grand élan mondial pour lutter contre le réchauffement. Le minimum est fait, pour faire illusion, tant que c’est encore plus ou moins possible.

Puisque la conférence de Lima devait préparer la conférence de Paris il y a donc toute les raisons d’être pessimiste. Si la direction prise reste la même l’accord qui verra le jour sera un accord où chaque pays fera comme il le souhaite, sans réelle concertation ni coopération avec les autres et sans contrainte de tenir les objectifs fixés.

L’environnement et les animaux continuent, malgré les sonnettes d’alarmes tirées aussi bien par de nombreux scientifiques que par la planète elle-même, à passer après les intérêts des grands groupes économiques nationaux bloquant (ou au mieux limitant) toute coopération et action concrète et tangible au niveau mondial.

Il est plus que temps que cela change.

Hulot, Hollande, le pape et la conférence de Paris de 2015

La conférence sur le changement climatique qui aura lieu à Paris en décembre promet d’être un fiasco complet. Pour autant, François Hollande a donné une consigne interne très claire : il faut faire en sorte que la France en sorte avec une bonne image, celle du pays modéré qui veut aller de l’avant (c’est d’ailleurs un style diplomatique français traditionnel, comme c’est le cas avec la Palestine, la guerre en Irak, l’Afghanistan, etc.).

Adepte par conséquent de la fuite en avant, on a pu voir une entrée en la matière en deux temps. Tout d’abord, lors de ses vœux, François Hollande a souligné l’importance de la conférence (histoire qu’on ne lui reproche rien a posteriori sur ce plan) :

« 2015, mes chers compatriotes, ce sera une année essentielle aussi et j’allais dire avant tout pour la planète.

La France va accueillir la conférence sur le climat en décembre prochain. Elle rassemblera tous les chefs d’Etat et de gouvernement du monde entier.

C’est une magnifique opportunité pour nous rassembler d’abord nous-mêmes au-delà de nos différences, pour mettre en commun ce que nous avons de meilleur, pour redonner du sens au progrès. La France, elle doit être exemplaire – elle l’est – avec la loi sur la transition énergétique qui a déjà été votée par l’Assemblée nationale, avec la loi sur la biodiversité.

La France, elle a été capable il y a maintenant 70 ans, de réunir une grande conférence pour les droits universels de l’homme. Maintenant, nous devons entraîner le monde pour qu’il puisse adopter à son tour une déclaration pour les droits de l’humanité pour préserver la planète.

Et je ferai tout pour qu’à Paris, en 2015, la conférence soit un succès, parce que je veux que lorsque nos enfants nous interrogeront ou nos petits-enfants, sur ce que nous avons été capables de faire en 2015, nous puissions être fiers et leur dire que nous avons contribué à préserver la planète toute entière. »

La seconde étape fut hier « l’entretien avec Nicolas Hulot, envoyé spécial pour la protection de la planète », dont on n’a rien appris d’officiel à part deux photos.

Même le facebook officiel de Nicolas Hulot (« géré par son équipe ») ne dit rien. Les articles de ce facebook ont été arrêtés juste avant Noël, comme d’ailleurs son Tumblr officiel, où par contre il y a les photos de lui au Vatican, puisqu’il est allé négocier l’intervention du pape à Paris.

Comme cela tout le monde serait content : le pape continuerait d’avoir sa bonne image de brave gars qui veut changer les choses (mais les gens sont méchants seul Dieu est bon etc.), François Hollande aurait une conférence « réussie », etc.

Voici ce que dit là-dessus Nicolas Hulot sur son tumblr :

Entretien avec le Cardinal Parolin, Secrétaire d’État du Vatican

C’est avec le Cardinal Parolin qu’a été évoquée la question du déplacement du Pape en France, et la nécessité, s’il vient en 2015, que le Saint Père s’exprime fortement sur la question du Climat.

Très au fait de l’avancée des négociations climatiques, le Cardinal a formulé le souhait que les Chefs d’État et de Gouvernement parviennent à un accord ambitieux et rappelé que la publication de l’Encyclique sur l’Écologie sera un moment important de l’année 2015.

«Nous sommes convaincus de l’importance du sujet et nous partageons votre préoccupation. Au fond, c’est une question spirituelle et éthique que nous avons tenté d’écarter mais elle revient » a-t-il conclu.

Ce n’est pas tout ! Il y a une « encyclique » sur l’écologie qui est prévue et qui ne devrait pas tarder à sortir. Il va de soi que nous étudierons cela en détail. On l’aura compris en tout cas , c’est une offensive tout azimut afin de renouveler l’Église catholique et de la rendre plus « dans son temps ».

Voici un exemple de ce à quoi il faut s’attendre, avec cette information officielle du Vatican, datant d’il y a un mois :

Cité du Vatican, 11 décembre 2014 (VIS).

Le Saint-Père a adressé un message au Ministre péruvien de l’environnement, qui préside à Lima la XX Conférence des Nations-Unies sur le climat (1 – 12 décembre), dans lequel il encourage les participants dans leurs débats sur un sujet “qui a une incidence sur l’humanité entière, et tout particulièrement sur les pauvres et les jeunes.

Il s’agit d’une grande responsabilité, également morale… Les changements climatiques font sentir leurs effets dans de nombreux pays, surtout côtiers et insulaires du Pacifique. Ceux-ci soulignent l’incurie et l’inaction alors que les délais se réduisent pour trouver des solutions. Or ces solutions ne peuvent se trouver qu’ensemble et dans la concorde…

Une lutte efficace contre le réchauffement ne peut être conduite que collectivement, après avoir surmonté les intérêts particuliers et écarté le poids des pressions politiques et économiques…

Il faut donc en passer par une culture de la solidarité et du dialogue, qui soit en mesure de prouver l’absolue nécessité de protéger la planète et l’humanité”. Les travaux de cette conférence doivent “se fonder sur la justice, l’équité et le respect”.

Un simple tweet (officiel, du pape) résume peut-être tout aussi bien:

Nicolas Hulot, dans une rapide interview donnée dans la rue à côté de l’Elysée, expliquait dans le même ordre d’idées qu’il en allait de la survie de l’humanité. Avec un tel anthropocentrisme, cette conférence a déjà une très mauvaise base…

De la COP20 de Lima à la COP21 de Paris

Aujourd’hui se conclut la Conférence sur le climat de Lima (au Pérou), qui fait partie de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Commencée le 1er décembre et vingtième du genre, elle est censée apporter la base de « grandes » décisions qui seront prises l’année prochaine lors de la conférence suivante.

Un texte va sortir, comme toujours, au dernier moment. Mais que dira-t-il ? Car le problème est gigantesque. Le réchauffement climatique n’a pas été freiné. Les chiffres sont toujours plus alarmants.

Et pourtant, il ne se passe rien. La crise économique, la bataille pour le profit, la logique anthropocentriste… forment une dynamique de l’anéantissement des mondes végétaux et animaux.

La machine s’est emballée et la concurrence est telle que le nouveau protocole qui doit être décidé l’année prochaine risque bien d’être le dernier. Aussi y verra-t-on compromis sur compromis, afin de ne risquer de froisser personne tout en maintenant, face à l’opinion publique mondiale, l’illusion d’une gestion de la question.

Et nous serons en France aux premières loges, puisque la « COP 21 » accueillera au Bourget, en banlieue parisienne, des milliers de délégués internationaux.

Cela signifie bien entendu que tout doit être parfaitement encadré, et les ennemis de l’écologie sont bien organisés. Par exemple, à Lima, la ministre de l’écologie Ségolène Royal n’a trouvé rien de mieux à dire que « la mesure principale est de lutter contre les gaspillages, tout le monde peut le faire », c’est-à-dire la même chose que le collectif « écologiste » du Front National fondé hier.

Il y a également, à coté de cela, « Solutions COP21 ». C’est une structure fondée en juillet, avec comme but d’influer massivement sur la COP21.

Elle se présente ainsi :

« Initié par le Comité français pour le développement durable, le Comité 21, avec le Club France Développement durable (regroupement de plus de 70 réseaux français), cette initiative a vocation à présenter les solutions et initiatives des entreprises, institutions, centres de recherche, collectivités et associations impliqués dans la lutte contre le dérèglement climatique.

L’objectif: montrer à un large public les multiples produits, services, process et innovations existants et en projet à travers le monde pour lutter contre le dérèglement climatique et ses impacts. »

Le Comité 21 est un regroupement de 500 structures telles que des entreprises, des fédérations professionnelles, des collectivités territoriales, des associations, etc.

Le Club France développement durable représente également une liste énorme de structures, telles que la Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises, l’Association des Maires de France, la Fondation Nicolas Hulot, la Conférence des présidents d’universités, la CFDT, etc.

N’oublions pas de citer « Entreprises pour l’Environnement » où l’on trouve , AXA, La Poste, Saint Gobain, Renault, Société Générale, Thalès, Vinci, Total, etc.

En pratique cela veut dire que c’est la sainte-alliance des grandes entreprises et des institutions, mélangeant Veolia et Carrefour, GDF Suez et le CRNS, Schneider Electric et Generali, Rexel et Sofiprotéol, la ville de Paris et Suez environnement, etc.

C’est un projet alliant institutions et capitalisme pour gérer au mieux la COP 21… Et le Grand Palais à Paris sera leur base pendant une semaine en décembre, sur 4000 m², pour des « espaces pédagogiques », des « expositions » et des « conférences », bref toute la propagande possible.

Y aura-t-il un contre-projet ? Y aura-t-il une bataille pour l’opinion publique menée depuis le camp des personnes voulant défendre la Nature ? Ou bien en décembre 2015 y aura-t-il une vague unilatérale en faveur de cette pseudo écologie comme simple gestion par en haut du « gaspillage » ?

Tout cela va dépendre de nous !

La future conférence Conférence Paris Climat 2015

La “grande” conférence sur le réchauffement climatique aura donc lieu en France en 2015, à Paris, et aura comme nom “Conférence Paris Climat 2015.” Les “festivités” ont déjà commencé, avec par exemple cette initiative sans intérêt que d’inscrire ce nom sur la tour Eiffel…

C’est une sacrée interprétation de l’écologie qu’il faut avoir pour mettre en avant cette conférence en utilisant le symbole de la technique pour la technique qu’est la tour Eiffel, symbole français s’il en est…

Cela commence très mal…Et on peut se douter que les illuminations sont justifiées par le nucléaire, qui permet de produire moins de Co2 (ce qui permet de masquer la question des déchets).

Voici d’ailleurs le petit texte ministériel expliquant les “motivations” de la candidature à la tenue de cette conférence:

Les raisons de la candidature française

Chaque année, la Conférence se déroule par rotation dans un des pays des cinq groupes régionaux de l’Organisation des Nations Unies (PDF) : Asie-Pacifique, Europe de l’Est, Amérique Latine – Caraïbes, Europe de l’Ouest élargie (WEOG) et Afrique. Le choix du pays hôte se fait en interne au groupe.

La Pologne a été choisie comme pays-hôte pour 2013, le Venezuela pour la réunion préparatoire de 2014, et enfin le Pérou pour la Conférence proprement dite fin 2014. En 2015, la présidence de la Conférence sur le climat reviendra à la France qui s’est portée candidate pour la zone de l’Europe de l’Ouest.

La France a engagé sa transition écologique et énergétique avec pour objectif de réduire sensiblement ses émissions de en carbone. Ses émissions de gaz à effet de serre par habitant sont déjà parmi les plus faibles des pays développés.

Elle travaille étroitement par ailleurs avec les pays en développement, par le biais de son aide au développement, pour favoriser des transitions vers des économies sobres en carbone. Au sein de l’Union européenne, la France défend une position ambitieuse, axée sur un objectif de -40% d’émissions de gaz à effet de serre en 2030 puis de -60% en 2040 (par rapport à 1990), pour que l’Union européenne maintienne une approche ambitieuse et exemplaire.

Forte de cette expérience et de cette ambition, la France a été désigné pour accueillir la COP21 en 2015.

En gros et pour résumer, c’est donc une manière pour la France de continuer son petit jeu consistant à se prétendre la patrie des droits de l’Homme et de l’universalisme, en jouant sur la corde “nous, on est pas comme les Américains”, “nous, on est proches du tiers-monde”, etc.

Sauf que dans l’histoire, ce qui devrait compter c’est la Nature, et non pas une “opération de com” aux dépens de l’urgence face au réchauffement climatique… Le texte ne parle que de la France, de la France et de la France, ce qui est totalement décalé par rapport à l’horizon nécessaire… Il n’y a même pas une ligne sur l’océan, dont une partie “dépend” de la France…

Forcément, cela se révèle dans un autre article ministériel, qui présente les enjeux. Là encore, on retrouve la dynamique commerciale, où la France “se place” en se prétendant “différente” des Américains, etc. et proches du tiers-monde, entendant tirer son épingle du jeu avec un nouveau modèle économique, etc.

Il n’y a aucune remise en cause, aucune compréhension de la nécessité de protéger la vie végétale et animale, rien: on est dans un simple anthropocentrisme.

Les enjeux de la COP21

Cette conférence devra marquer une étape décisive dans la négociation du futur accord international pour l’après-2020, en adoptant ses grandes lignes comme convenu à Durban, avec comme objectif que tous les pays, dont les plus grands émetteurs de gaz à effet de serre – pays développés comme pays en développement – soient engagés par un accord universel contraignant sur le climat.

La France souhaite un accord applicable à tous, suffisamment ambitieux pour permettre d’atteindre l’objectif des deux degrés, et doté d’une force juridique contraignante. Celui-ci devra trouver un équilibre entre l’approche de Kyoto – une division mathématique des engagements de réduction d’émissions, à partir d’un plafond commun – et celle de Copenhague, un ensemble d’engagements nationaux non contraignants et sans caractéristiques comparables.

L’accord devra enfin mettre en œuvre un changement de paradigme, prenant en compte le défi climatique non comme un nécessaire « partage du fardeau » des émissions, mais également comme une opportunité de créations d’emplois et de richesses, d’invention de nouveaux modes de production et de consommation.

L’échec inévitable de la future conférence Conférence Paris Climat 2015 tient précisément à cette approche totalement pragmatique, à cette vision du monde anthropocentrique.

Plus le temps passe, moins on peut faire semblant, et en 2015 on peut s’attendre à l’effondrement de la façade faussement écologiste, la brutalité destructrice se révélant ouvertement, dans un grand mouvement d’égocentrisme et d’égoïsme, de tribalisme au niveau national.