• Déjà 20 000 personnes réclament la démission du préfet de l'Oise

Faléa, la menace d’une mine d’uranium

Faléa est une commune d’un peu moins de 20 000 personnes au Mali, et comme la destruction de la planète ne connaît pas de frontières, l’industrie du nucléaire compte s’approprier la zone pour y établir une mine d’uranium. Comme il se doit dans ce cas là, l’absence complète de démocratie est la règle.

Une exposition itinérante à ce sujet se tient à Genève, en Suisse, et il y a vraiment lieu de s’intéresser à ce qui se passe à Faléa. Il y a ici quelque chose de vraiment classique dans la destruction de la planète: loi du profit, décision par en haut, écocide…

Voici une présentation par… la ville de Genève, qui soutient ouvertement le refus de la mine d’uranium.

Exposition «Faléa, la menace d’une mine d’uranium»

Après avoir été présentée au Forum Social Mondial de Dakar, au Sénégal, l’exposition «Faléa, la menace d’une mine d’uranium» s’arrête à Genève, à la Maison des arts du Grütli, du 3 au 15 mai 2011. Soutenue par la Ville de Genève, elle est accompagnée de projections et de débats visant à informer le public des enjeux liés à l’exploitation de l’uranium en Afrique.

Depuis Three Miles Island en 1979, Tchernobyl en 1986 et maintenant Fukushima, il n’y a plus aucun doute: les centrales nucléaires sont des bombes à retardement implantées au milieu de nos paysages. Les déchets nucléaires contamineront pendant des millénaires les générations futures.

Ce constat est largement partagé. Mais que les mines d’uranium laissent également des déchets pour des millénaires et contaminent des régions entières est un constat plutôt écarté du débat public. Ceci mérite également notre attention.

Le village de Faléa au Mali est une commune de 17’000 habitants répartis sur une vingtaine de hameaux. Il est situé sur un haut plateau doté d’une faune et d’une flore très riches et possède dans son sous-sol, enfoui dans les profondeurs géologiques, de l’uranium.

L’une des conséquences inéluctables de l’extraction de l’uranium est la contamination radioactive. Pour empêcher cette contamination et pour éviter la transformation du paysage de Faléa en mine, des habitants et l’Association des ressortissants et amis de la Commune de Faléa (ARACF) informent l’opinion publique. La Ville de Genève accueille, en coopération avec le Forum Civique Européen, ces témoignages sous forme d’exposition, de conférences, de films et de débats.

La Ville de Genève s’est positionnée à plusieurs reprises contre l’utilisation de l’énergie nucléaire. Suite à la catastrophe de Fukushima, elle a récemment lancé un appel pour un arrêt progressif mais définitif de la production d’énergie nucléaire en Suisse. La participation à des projets en amont de l’exploitation à Faléa s’inscrit dans cette perspective.

La Ville de Genève s’est engagée depuis 2010 à soutenir l’ARACF à travers le financement d’une étude du niveau de radioactivité du sol à Faléa, dont elle sera dépositaire, ainsi que la mise sur pied d’une structure de communication satellitaire et d’une radio communautaire, qui permet à l’ARACF d’être en lien avec l’extérieur. A travers cette exposition, elle soutient les efforts des organisateurs pour mieux faire connaître ici les conséquences environnementales et humaines de la filière du nucléaire.

Voici la présentation de l’exposition elle-même.

Exposition Falea au Grütli à Genève du 2 au 15 mai 2011

Depuis de longues années, des ressortissants de la Commune de Faléa ont tissé des liens avec des amis en Europe. Un jour, il y a deux ans, nous apprenons que Faléa est menacé d’une mine d’uranium et que nos amis souhaitent résister à la destruction de leur village natal. Avant de partir au Mali en février 2011, des images ont occupés nos pensées : le Sahel, le désert, la chaleur, la sécheresse, des moustiques porteurs du paludisme.

Mais surprise. Quand nous sommes arrivés sur le haut plateau de Faléa, dans la région frontalière vers le Sénégal et la Guinée, nous avons découvert en plein été de la verdure, des jardins, des ruisseaux, des sources et des manguiers généreux. Et au retour nous nous rappelons que la moustiquaire est restée dans la valise.

Cette région, riche d’une faune et flore très diversifiées risque, dans les années à venir, d’être transformés en mine à ciel ouvert et les jardins muteront en fossés radioactifs pour alimenter, ailleurs, par exemple à Mühleberg ou Fessenheim, des centrales nucléaires.

Est ce que nous réussirons le défi avec nos amis de Faléa d’éviter que la société canadienne Rockgate Capital Corp y ouvre la boîte de Pandore ? Nous avons quelques idées. Dès le début de notre engagement, Faléa a trouvé la Ville de Genève comme allié précieux.

Pour informer le public, une exposition (anglais et français) sera présentée au Grutli (Maison des Arts du Grütli, 16 rue du Général Dufour, Arrêt Tram et Bus Cirque (Pleinpalais) à Genève du 3 au 15 mai 2011.

Faléa, la menace d’une mine d’uranium.

Voici le programme :

CONFÉRENCE INAUGURALE MARDI 3 MAI 2011, 19H Extraction d’uranium – une contamination ignorée avec Bruno CHAREYRON, CRIIRAD (Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité) Valence ; Professeur Many CAMARA, Bamako, Mali ; Patrice MUGNY, Conseiller administratif de la Ville de Genève

PROJECTIONS ET DÉBATS

MARDI 10 MAI 2011, 19H-21H

Uranium, l’héritage empoisonné

(2009, 52’) en présence de Dominique HENNEQUIN, réalisateur

MERCREDI 11 MAI 2011, 19H-21H30

Mali d’or

(2010, 94’)

en présence d’Eric PAUPORTÉ, réalisateur

CONFÉRENCE JEUDI 12 MAI 2011, 19H-21H

Conférence du journaliste Gilles LABARTHE [1] sur le thème

« Or et uranium : le « boom » de l’exploitation minière en Afrique de l’ouest »

Introduction : Alison KATZ, IndependentWHO, et Éric PEYTREMANN, Contr’atom. Débat avec la participation du Chargé de Communication de ARACF le journaliste Nouhoum KEITA

BIENVENUE, BENVENUTI, WELCOME

FORUM CIVIQUE EUROPEEN – St Johanns Vorstadt 13 CH-4056 BASEL/BALE SUISSE

Plus d’informations : 0041 78 746 97 08

Notes

[1] Gilles Labarthe : « L’or africain : Pillages, trafics & commerce international », avec François-Xavier Verschave, Éditions Agone, 2007. « Sarko l’Africain », Éditions Hugo&Cie, 2011.

Le point de vue d’Edmund Lengfelder

Quelle est la situation au Japon ? Tout le monde aura aisément remarqué qu’il y a une multitude d’analyses, de commentaires, de remarques, voire d’informations… mais qu’elles sont contradictoires, rassurantes d’un côté, inquiétantes de l’autre.

Avec toujours, du côté officiel japonais (et français), la volonté de minimiser les problèmes, voire en fait de gagner du temps en espérant que cela ira mieux.

Pourtant, il n’est pas bien difficile de voir que dans les autres pays, les informations circulent plus facilement qu’en France, et même que dans certains pays les médias donnent la parole aux voix critiques. La raison est simple : les intérêts pro-nucléaires sont plus faibles, voire inexistants, alors qu’en France le nucléaire est une raison d’État.

On a ainsi Edmund Lengfelder, un physicien allemand spécialiste de la catastrophe de Tchernobyl, considère ainsi que ce qui va se passer au Japon sera pire. Son point de vue est ouvertement diffusé dans des grands journaux allemands.

Impossible en France, où l’on se contente de donner la parole à des écologistes se contentant de dire qu’il faut sortir du nucléaire, sans rien proposer comme vision du monde cohérente. Nous reviendrons dessus, mais voyons déjà ce que Lengfelder a à dire.

Il faut dire qu’il s’agit d’un expert mondial des radiations, auteur de plus de 200 publications ; il a voyagé plus de 150 fois à Tchernobyl, entre 1986 et 2006, en tant que médecin et scientifique.

Il constate qu’une centrale d’une capacité de 800 Megawatt a en pratique une capacité allant jusqu’au double, soit de 1600 Megawatt. Or, pour refroidir cela, il faut plusieurs mètres cubes d’eau par seconde. Mettre de l’eau de mer ne suffira pas, et d’ailleurs il faut que cette eau tourne car elle se réchauffe extrêmement vite.

De plus, il considère qu’il y a plus de matières radioactives qu’à Tchernobyl, et qu’il y a une population humaine bien plus grande aux alentours. Il part du principe que cela sera pire que là-bas, par conséquent, et que de toutes manières les autorités cachent autant qu’elles peuvent les informations.

Les jours qui viennent seront donc très importants (rappelons que si le refroidissement réussit, il devra durer… deux années!), le risque le plus grand étant avec le réacteur numéro 3 de Fukushima.

Mais revenons justement sur cette question de la vision du monde, et des limites évidentes de la critique en France du nucléaire.

En fait de ce point de vue, il est évidemment très bien que de nombreuses voix s’élèvent contre le nucléaire. Contrairement à la marée noire en Louisiane, où il y avait peu d’informations, et même en fait très rapidement aucune en France, les incidents au Japon sont donc largement médiatisés et les critiques nombreuses.

Tant mieux d’un côté, car c’est un pas en avant dans la compréhension de la menace qu’est le nucléaire. De l’autre, on reste trop souvent coincé dans une attitude anthropocentriste. En fait, c’est tout le temps qu’on retrouve cette attitude anthropocentriste.

Nous parlions hier de comment l’océan était conçu comme un dépotoir radioactif espéré. Eh bien même Edmund Lengfelder tient le même genre de discours, ne concevant une catastrophe (qu’il considère comme très probable) qu’à partir de l’angle de la population humaine.

Naturellement, c’est une question très importante. Mais elle l’est également si la nature est victime en général des activités humaines!

Ainsi, on a l’impression a posteriori que la marée noire n’intéressait finalement pas, car c’était dans l’océan, et que les victimes étaient animales et végétales. L’impression, on pouvait bien entendu l’avoir à l’époque, surtout que les personnes véganes en France ne se sentaient, dans leur écrasante majorité, même pas concernées.

Cela est vraiment très grave. Une telle mentalité ne peut que conduire l’humanité dans un cul-de-sac, un cul-de-sac où elle est en fait même déjà. Si on ne comprend pas que Gaïa est un tout dont nous sommes une partie, si l’on pense vraiment s’en sortir « tout seul », on est en plein délire.

Et cette tendance continue : il n’y a dans les médias absolument aucun commentaire de l’impact sur la nature, sur les animaux, sur les végétaux.

Encore une fois, la nature est « oubliée », elle n’existe pas. De la part des pro-nucléaires, cela n’est pas étonnant. Mais comment peut-on prétendre sortir du nucléaire si l’on en reste à un repli de l’être humain sur lui-même ?

Voici par exemple ce que dit Nicolas Hulot, les propos étant relatés par l’AFP :

“Je pense que le nucléaire doit faire l’objet, a minima, d’un débat national, d’un référendum”, a déclaré l’écologiste, qui réfléchit à une candidature à la présidentielle de 2012, depuis l’Amérique du sud où il est en tournage.

“On voit bien que quand il y a une paille dans le système, on est complètement dépassé par les événements. Il faut sortir de cette arrogance, de penser toujours que la technologie, le génie humain peut tout”, a-t-il ajouté.

“Le nucléaire, en l’état, ne peut pas être la réponse à nos besoins énergétiques”, a dit l’animateur de télévision.

“On a encore une fois la démonstration, on ne peut pas remettre le sort de l’humanité dans une vulgaire et tragique roulette russe, a-t-il ajouté.

Ce que Nicolas Hulot n’a pas compris, c’est qu’il ne s’agit pas du sort de l’humanité par rapport au nucléaire, mais du sort de l’humanité tout court. De par son attitude générale sur la planète, l’être humain va tout droit à son propre anéantissement.

En se comportant de manière égoïste, à l’échelle individuelle comme à l’échelle des espèces, l’humain ne gère rien et ne veut rien gérer, il considère qu’il n’a aucune responsabilité, et que finalement il n’aura jamais rien à payer comme prix.

Un « événement » comme celui au Japon en ce moment vient bouleverser cette vaine prétention. Mais cela ne sera qu’un avertissement vain si à côté l’humanité continue d’aller dans le sens de l’écocide généralisé, de la destruction des écosystèmes, de l’exploitation animale.

Par exemple, il y a quelques jours les Nations-Unies ont publié un rapport montrant que les abeilles subissent des attaques toujours plus grandes dans le cadre des bouleversements provoqués par les humains. On peut lire ici le rapport, en anglais.

C’est un excellent exemple. La guerre contre Gaïa a lieu tous les jours, et les terribles accidents nucléaires au Japon en sont une partie importante, mais une partie seulement. C’est bien la direction prise par l’humanité qui doit être renversée!

Léger aperçu des plantes carnivores

En tant que vegans, il est intéressant de se confronter aux plantes carnivores. En effet, ces plantes permettent de comprendre comment un équilibre s’est développé sur Gaïa.

Les plantes ne sont nullement « méchantes » ; comme tous les êtres vivants, elles veulent survivre. Leur problème est qu’elles existent dans des zones dont le substrat est pauvre. Elles sont donc en quête de substances nutritives et d’éléments minéraux.

Les informations à ce sujet sont à la fois nombreuses et très faibles. Le monde végétal (pour ne pas parler des champignons et des bactéries!) est très peu connu, et les connaissances des plantes carnivores sont très peu avancées (on ne sait pas si telle ou telle plante a des enzymes digestives ou pas, etc.).

Mais ce que l’on sait, c’est que c’est bien sûr cette quête de substances nutritives et d’éléments minéraux qui poussent les plantes en ce sens.

Ce qu’elles recherchent chez les insectes, ce sont notamment six substances, dont la proportion dans un insecte (desséché) sont les suivantes : l’azote (10,5%), le potassium (3,2%), le calcium (2,3%), le phosphore (0,6%), le magnésium (0,09%), le fer (0,02%).

La totalité de ces éléments n’est pas assimilée, toutefois cela suffit à la survie des plantes en question. De la même manière, la proportion des substances d’origine animale change selon les plantes carnivores. La part d’azote d’origine animale dans une plante carnivore peut être de 25% comme de 75%, selon les plantes.

Certaines plantes sont totalement carnivores, comme les différentes Genlisea. Ses pièges sont souterrains et n’ont pas de chlorophylle ! C’est dire la foisonnement de leurs différents genres.

Quand on pense aux plantes carnivores, on pense également souvent aux feuilles en forme de mâchoire. En fait, la nature a multiplié les méthodes. Elles sont diverses : soit passives (pièges glissants, à nasse, adhésifs), soit actives (pièges à mâchoires et à succion), soit un peu des deux (certains pièges adhésifs).

Dans le cas de la Sarracenia flava par exemple, l’insecte est attiré par le nectar, mais la surface interne de la feuille en cornet est glissante. L’insecte dérape et va mourir au fond.

Même la digestion est variée : elle peut être permanente, par cycle, partielle (adaptée à la taille de l’insecte capturé)… La Drosophyllum lusitanicum met 24 heures à digérer une mouche, par exemple.

Les plantes carnivores vivent bien entendu en symbiose avec leur environnement. Les Nepenthes voient ainsi environ 150 espèces animales séjourner dans le liquide de leurs « urnes »… Sans parler des bactéries, des champignons, des micro-organismes…

On appelle « phytotelme » le bassin fourni par les plantes. Ici une photo d’un tel bassin chez la Nepenthes rajah.

On notera que certaines plantes ne font que capturer momentanément un insecte, qui fait office de pollinisateur. C’est même le cas chez certaines orchidées, comme ici avec la Caleana.

Concluons cette courte présentation en rappelant que l’écocide concerne également les plantes carnivores, notamment les Nepenthes. Avec la colonisation, elles ont été à la mode en raison de la « fascination » morbide qu’elles ont exercé, et elles ont presque été totalement anéanties dans leur milieu naturel.

Les plantes carnivores soulignent également pourquoi le véganisme présuppose la reconnaissance de Gaïa. Si l’on prend le raccourci comme quoi les plantes ne souffrent pas, et si l’on considère que tuer des animaux est une chose erronée, alors la conclusion faussement logique serait qu’il faut se débarrasser des plantes carnivores, “meurtières” qui seraient “inutiles” et dont la disparition ne causerait pas de “souffrance”!

Il va de soi qu’un tel raisonnement est absurde de par sa dimension totalement déconnectée de la nature. C’est dire ici combien les plantes carnivores ont une existence exigeant de notre part une réflexion profonde, et une connaissance approfondie de Gaïa!

Apocalypse Vietnam – Agent orange

Aujourd’hui, c’est le premier jour de 2011, et cela fait quarante ans que l’agent orange empoisonne Gaïa au Vietnam. De 1961 à 1971, les USA ont utilisé massivement de la dioxine, sur des millions d’hectares, afin d’assassiner la végétation et en même temps le Front National de Libération du Vietnam.

Il y a deux jours, un accord a été signé entre le Vietnam et les USA, accord qui “confirme la volonté mutuelle des deux gouvernements de coopérer dans l’espoir que la décontamination puisse commencer en juillet 2011 et être terminée en octobre 2013.”

Non seulement c’est dans six mois, mais ce qui est concerné ici c’est une base utilisée par l’armée américaine, à Danang, un de trois grands sites contaminés. Quant à l’expression “dans l’espoir”… On voit bien ici le problème.

Il n’y a jamais eu de volonté réelle d’affronter le problème, les USA ne voulant pas, rappelons que ce sont des entreprises énormes (comme Monsanto) qui produisaient l’agent orange. Et le Vietnam ne pouvant pas: aujourd’hui encore quatre millions de personnes sont contaminées par l’agent orange.

Les effets de l’agent orange sont terrifiants. Sur les humains, cela est largement documenté. En français, un site est consacré à cet empoisonnement (Vietnam-dioxine) et un livre est sorti tout récemment: Apocalypse Vietnam Agent Orange, dont on peut voir une présentation détaillée ici.

Le livre a été écrit par André Bouny, dont voici plus bas la présentation de l’agent orange.

Précisons toutefois que si la dimension humaine est donc relativement connue, la connaissance concernant la Nature est quasi nulle. La dioxine déversée dans la Nature a évidemment eu un effet dévastateur pour Gaïa, il s’agit d’un écocide très clair, et pourtant les informations concernant les animaux et la végétation… sont d’une si faible existence, que l’on reconnaît bien là le sens des valeurs des sociétés rejetant Gaïa.

Parmi les rares chiffres, on a les données fournies par un chercheur de Harvard, qui a comparé, plusieurs années après la diffusion de la dioxine, trois zones: l’une ayant vu la dioxine se répandre, deux autres ayant été épargné.

La première avait 24 espèces d’oiseaux présentes, contre entre 145 et 170 pour les autres; le nombre d’espèces de mammifères pour la première zone était de 5, contre entre 30 et 55 pour les autres.

L’agent orange a été meurtrier… Il faut réparer cela, établir les crimes contre Gaïa, et juger les coupables!

L’Agent Orange en 10 questions

Qu’est-ce que l’Agent Orange ?

C’est l’herbicide le plus utilisé par l’armée américaine durant la guerre du Viêt Nam. Les herbicides servaient à défolier les forêts (afin d’empêcher la guérilla vietnamienne de se cacher), à protéger les installations militaires et à détruire les récoltes ennemies. L’Agent Orange est en fait de couleur rose-brun. Il doit son nom aux bandes de couleur orange peintes sur les barils dans lesquels il était stocké. De même furent baptisés les autres produits chimiques dit « Arc en ciel » que sont les Agents Blanc, Bleu, Rose, Vert et Pourpre.

Pourquoi l’Agent Orange est dangereux pour l’homme ?

Deux tiers des herbicides utilisés pendant la guerre du Viêt Nam, notamment l’Agent Orange, contenaient de l’acide 2,4,5-T connu pour ses capacités défoliantes. Or les procédés de fabrication industrielle de cet acide, élaborés pour maximiser les profits, eurent pour conséquences de le contaminer par des doses plus ou moins importantes d’une substance extrêmement toxique : la 2,3,7,8-tétrachlorodibenzo-para-dioxine (TCDD).

Combien de dioxine a-t-on déversé au Viêt Nam ?

La quantité de dioxine variait selon les herbicides. Selon les dernières estimations,* entre 1961 et 1971, l’armée américaine aurait à elle seule déversé près d’une centaine de millions de litres d’herbicides contenant plus de 300 kilos de dioxine TCDD, sur des centaines de milliers d’hectares, dans le sud et le centre du Viêt Nam principalement, mais aussi au Laos et au Cambodge. Or les normes internationales fixent les seuils limites de dioxine en millionièmes de millionième de gramme par personne.

Quels sont les effets de la dioxine ?

La dioxine est une substance cancérigène et tératogène (produisant des malformations au stade foetal). Elle provoque des maladies de peau, des cancers, et porte atteinte au système immunitaire, reproductif et nerveux.

Combien de personnes ont-elles été touchées par les herbicides au Viêt Nam ?

Selon les dernières estimations,* de 2,1 à 4,8 millions de Vietnamiens ont été directement exposés aux herbicides entre 1961 et 1971, auxquels il faut ajouter un nombre inconnu de Cambodgiens, de Laotiens, de civils et militaires américains, et de leurs divers alliés (australiens, canadiens, néo-zélandais, sud-coréens). Mais le nombre total de victimes va sans doute au-delà car la dioxine se transmet par la chaîne alimentaire : lait maternel, lait de vache, consommation de viandes ou de poissons contaminés.

Qu’est-ce que l’opération Hadès ?

C’est le nom originel de l’opération américaine de défoliation par voie aérienne au sud du Viêt Nam, qui fut ordonnée sous la présidence Kennedy en 1961, et se termina en 1971. Comme le nom Hadès fut jugé trop « explicite » (Hadès est le dieu des morts), il fut changé peu après en opération « Ranch Hand » (Ouvrier agricole).

Les États-Unis ont-il admis leur responsabilité pour les dommages causés par les herbicides au Viêt Nam ?

Non, ils réfutent toujours toute responsabilité, et n’ont jamais versé le moindre centime aux victimes vietnamiennes, cambodgiennes et laotiennes de l’Agent Orange.

Les victimes de l’Agent Orange ont-elles porté plainte ?

Les vétérans américains victimes de l’Agent Orange ont porté plainte contre les fabricants de cet herbicide chimique, car ils n’avaient pas le droit de poursuivre le gouvernement américain. En 1984, ces industriels ont signé un accord à l’amiable avec les associations de vétérans : en échange de l’arrêt de toute poursuite, les fabricants ont versé 180 millions de dollars à un fonds de compensation aux vétérans américains victimes de l’Agent Orange. Début 2004, l’association vietnamienne des victimes de l’Agent Orange a porté plainte contre les fabricants de ce qu’elle considère être un poison. Les deux principaux producteurs étaient Dow Chemical et Monsanto. Fin février 2009, la Cour suprême des États-Unis a rejeté la requête des victimes vietnamiennes et américaines.

La dioxine, problème passé ou actuel ?

Trente cinq ans après la fin de la guerre, les maladies et symptômes liés à la dioxine sont toujours présents au Viêt Nam, et dans certaines zones, il reste une quantité considérable de dioxine. On compte aujourd’hui trois générations de Vietnamiens touchées par les herbicides.

La dioxine, problème local ou mondial ?

La dioxine n’est pas un problème qu’au Viêt Nam. En effet, plusieurs activités industrielles courantes occasionnent la production de dioxine, notamment la combustion d’ordures ménagères et le blanchiment de pâte à papier. L’accident industriel de Seveso en Italie (1976) témoigna des dangers de la dioxine dans le monde entier.

* J.M. Stellman, S.D. Stellman, R. Christian, T. Weber et C. Tomasallo, « The extent and patterns of usage of Agent Orange and other herbicides in Vietnam », Revue Nature, Volume 422, Avril 2003.

L’Agent Orange en 10 chiffres

2,3,7,8 -tetrachlorodibenzo-p-dioxin (ou TCDD) est le nom du poison.

1,68 million d’hectares contaminés par la dioxine (16 797 km2), soit 10 % du territoire du Sud-Viêt Nam.

3 formes de contamination possibles : par ingestion, contact cutané ou inhalation.

83 millions de litres de défoliants déversés (au strict minimum), dont 65 % contiennent de la dioxine.

366 kg de dioxine pure déversés ; quelques nanogrammes (milliardièmes de gramme) suffisent pour provoquer des anomalies à la naissance (fausses couches, naissances prématurées et malformations graves)

3 735 jours d’épandage, selon les sources officielles (1961-1971)

3 181 villages touchés directement à des degrés divers.

Durée de la demi-vie : 10 à 20 ans, voire plus suivant les sols, 5 à 8 ans dans le corps humain.

33 (*) maladies provoquées par l’Agent Orange

2,1 à 4,8 millions de personnes concernées. Chaque jour de nouvelles personnes sont contaminées.

(*) Liste des 33 maladies provoquées par l’Agent Orange (Source : Anciens combattants et Agent Orange – mise à jour en 1996, Institut de Médecine, presse de l’Académie nationale, Washington, 1997)

A/ Maladies offrant une preuve suffisante d’un rapport avec l’exposition aux herbicides : Sarcome des tissus mous – Lymphome non-Hodgkinien – Maladie d’Hodgkin – Chloracnée

B/ Maladies offrant une preuve limitée de rapport avec l’exposition aux herbicides : Cancers respiratoires (poumons, larynx, trachée, bronches) – Cancer de la prostate – Myélome multiple – Neuropathie périphérique – Spina bifida – Porphyrie cutanée tardive

C/ Maladies offrant une preuve insuffisante de rapport avec l’exposition aux herbicides : Cancers hépatobiliaires (foie, voies biliaires) – Cancers nasal/naso-pharyngé – Cancer osseux – Cancer du sein – Cancers de l’appareil reproductif féminin (cervical, utérin, ovarien) – Cancer du rein – Cancer du testicule – Leucémie – Avortement spontané – Anomalie (défaut, imperfection) à la naissance (autre que la spina bifida) – Mort néonatale /du nourrisson et mort-né – Petit poids de naissance – Cancer de l’enfance dans la progéniture – Paramètres spermatiques anormaux et infertilité – dysfonctionnement moteur/de coordination – Désordres métaboliques et digestifs (diabète, modifications des enzymes hépatiques, anomalies lipidiques, ulcères) – Désordres du système immunitaire (baisse immunitaire et auto-immunité) – Désordres circulatoires – Désordres respiratoires – Cancers de la peau – Cancer de la vessie

D/ Maladies n’offrant pas de preuves suffisantes d’un rapport avec l’exposition aux herbicides : Tumeurs gastro-intestinales (cancers de l’estomac, du pancréas, du colon, du rectum) – Tumeurs du cerveau…

Terribles et catastrophiques nouvelles du Golfe du Mexique, et positions de Dennis Kucinich

Quatre nouvelles catastrophiques parviennent du Golfe du Mexique.

La première est que le couvercle n’est plus en place et que le pétrole s’écoule de nouveau totalement dans la mer.

La seconde est que des documents internes à BP révèlent l’ampleur de la catastrophe, conforme à ce que nous craignions de notre côté depuis le départ, et même pire (plus de trois fois nos estimations fondées sur les recherches scientifiques alternatives!).

La troisième est que les compagnies pétrolières ont « cassé » l’ordonnance d’Obama bloquant les nouveaux forages…

La quatrième est qu’une éminente scientifique appelle à procéder à l’euthanasie des animaux mazoutés, par compassion et en raison de la quasi nullité des possibilités de soin.

La première nouvelle est évidemment catastrophique. L’entonnoir n’interceptait pas déjà la totalité du pétrole. Et hier, donc, l’amiral Thad Allen qui est le commandant des gardes-côtes américains a déclaré: “Il y a eu un problème aujourd’hui, ils ont remarqué qu’il y avait une sorte de fuite de gaz.”

En fait, un des robots sous-marins a heurté une conduite, fermant une soupape et augmentant par conséquent la pression dans l’entonnoir, qu’il a fallu enlever pour inspecter. C’est un peu un retour à la case départ, lorsque BP tentait de placer l’entonnoir… Alors qu’il y a un risque d’ouragan la semaine à venir.

[Officiellement du côté de BP, l’entonnoir est désormais de nouveau opérationnel.]

Quelle est la conséquence ? Eh bien un député du Congrès américain, Ed Markey, a révélé il y a quelques jours un document interne de BP.

Dans ce document, il est parlé de… 15,9 millions de litres de pétrole qui se sont diffusés chaque jour dans la mer (soit un équivalent de 100.000 barils de pétrole).

Rappelons qu’au début, BP parlait de la diffusion de l’équivalent de 1.000 barils de pétrole par jour. Il a ensuite été parlé de l’équivalent de 5.000 barils de pétrole, alors que le gouvernement Obama parlait finalement de l’équivalent de 19.000, puis de 60.000 !

On passe donc à 100.000… 15,9 millions de litres de pétrole par jour !

Vérifions à cette occasion ce que nous avons dit sur LTD, en nous fondant sur les recherches des scientifiques travaillant de manière non dépendante de BP.

Avons-nous été « extrémistes », aveuglés par notre haine de la destruction de Gaïa ? Triste résultat : nous avons parlé de… 4 millions de litres, soit plus de trois fois moins que le chiffre du document interne de BP, qui s’appuie sur toutes les informations confidentielles de cette entreprise!

Constatons également que si en France seul LTD parle de la marée noire, aux USA il s’agit d’une question brûlante, remettant en cause de très nombreux schémas.

Voici d’ailleurs à titre indicatif les propos de Dennis Kucinich, un autre député du Congrès américain, qui lui est bien plus intéressant.

En fait, il s’agit sans nul doute du seul député intéressant du congrès américain, et à ce titre son poids est éminemment faible, car il va de soi que dans une société où règne le profit, comme les USA ou la France…

Car Dennis Kucinich est très progressiste : il représente l’aile la plus à gauche des démocrates. S’il est personnellement contre l’avortement, il soutient le droit à l’avortement ; il a été contre la guerre en Irak, a proposé un moratoire pour la destruction des armes nucléaires…

Et il est végan ! Évidemment s’il poussait le raisonnement jusqu’au bout, il abandonnerait son poste de député du congrès pour rejoindre la bataille pour la libération animale et la libération de la Terre, mais comme le montrent ses très intéressants propos, il sait très bien ce que tout cela veut dire…

“J’apporte mon soutien à la résolution pour faire du 8 juin la journée mondiale de l’océan, mais pour ces derniers cinquante jours, et pour les six prochains mois, tous les autres jours vont être “la journée de ruine de notre océan.”

Alors que nous voudrions penser que tout cela est lié à BP, je pense que nous devons aller un peu plus loin. Nous devons comprendre que nous menons un style de vie qui n’est pas soutenable.

Il n’est pas soutenable pour nous, en tant qu’êtres humains, et il n’est pas soutenable par notre planète.

Ainsi, nous pouvons être ici à parler des océans, et nous le devons, mais monsieur le porte-parole nous devons avoir à l’esprit que nos océans reçoivent des milliards de litres de pollution : des pesticides, des métaux comme le mercure et le plomb, et des quantités massives d’engrais, de composés organiques volatiles et d’innombrables autres produits chimiques.

Même avant la catastrophe du Deepwater, cet écoulement a causé la plus grande zone morte dans le Golfe du Mexique.

Nos océans sont en train d’absorber la malfaisance des compagnies pétrolières, qui ne sont pas seulement responsables d’au moins trois grandes et différentes fuites de pétroles alors que nous sommes en train de parler, mais sont responsables d’être l’un des deux principaux contributeurs du changement climatique – et nous les subventionnons avec l’argent du contribuable.

Nos océans sont en train d’absorber la malfaisance des compagnies du charbon, l’autre principal combustible fossile contribuant au changement climatique.

Pendant des décennies, nos océans ont été nos entrepôts pour les gaz à effet de serre, qui proviennent principalement de la combustion des énergies fossiles. Le résultat est que les océans sont devenus plus acides.

Le corail est en train de mourir, les moyennes des températures sous-marines sont instables, sapant des écosystèmes entiers, et il y a des signes que nos océans ont atteint la limite.

Certaines études montrent que les océans ne seront plus capables d’absorber les gaz à effet de serre de l’atmosphère. Cela ne fait que renforcer l’urgence avec laquelle nous devons agir pour un agenda d’une énergie libre du nucléaire et de la production de CO2.

Le défi ultime qui nous incombe, défendre l’intégrité environnementale de nos océans, provient du fait que nous nous sommes dissociés de la nature.

Nous voyons la nature comme nous entourant. Nous voyons la nature comme ne faisant même pas partie de nous.

Et parce que nous évitons d’assumer notre responsabilité de protéger la création de Dieu, le prix que nous avons à payer dans le futur sera toujours plus grand : les océans qui sont empoisonnés, une planète qui est ruinée et toute la vie menacée d’extinction.

Alors, nous pouvons continuer à temporiser au sujet de ce qui se passe dans le Golfe, mais le fait est que tôt ou tard nous devons en arriver à faire les comptes au sujet du type d’énergie que nous employons, des dommages que cela créé à l’environnement, à la race humaine et toute autre vite sur cette planète.”

Il est terrible de voir que ces propos tenus par un député du Congrès, vont bien plus loin que pratiquement tous les discours sur la nature que l’on peut trouver en France !

Il y a ici une honte terrible par rapport aux exigences qui se posent par rapport à Gaïa ! Que les partis institutionnels ou conservateurs s’en moquent, c’est dans l’ordre des choses, mais quelle honte pour les gens qui affirment vouloir la révolution, ou encore défendent le véganisme comme mode de vie !

Gaïa est en train d’être assassinée, et pourtant cela ne semble former pour ces gens qu’un arrière-plan sans valeur… Il est évident que la condamnation faite par les générations futures sera sans appel !

Et c’est justement dans ce cadre qu’il faut comprendre la position de Silvia Gaus, biologiste du parc national de la mer des Wadden en Allemagne.

Selon elle, seulement 1% des oiseaux mazoutés qui sont soignés vont survivre, à moyen terme. Tous les autres mourront en souffrant en raison des conséquences du mazoutage, à quoi s’ajoute le stress des soins et l’impact des produits employés, qui sont à base de charbon comme le Pepto Bismol.

La mort d’un oiseau mazouté qui a été traité se déroule dans les sept jours, et elle est très douloureuse. D’où le point de vue de Silvia Gauss ; il faut aider les animaux mazoutés à mourir sans souffrance.

Ce point de vue est terrible, mais il révèle une réalité très éloignée des images « idylliques » des animaux relâchés. Ces images sont symboliquement belles, elles ne doivent toutefois pas nous leurrer sur l’écocide en cours…

Et soulignons ce fait : cet écocide n’est qu’un début.

Rien que par le fait que lorsque Obama, suite à la catastrophe du Deepwater, a déposé un moratoire de six mois sur les forages en mer, 32 compagnies pétrolières sont allées au tribunal et viennent de gagner.

Un élu américain, Joe Barton, s’est même excusé auprès de BP de la demande par Obama de 20 milliards de dollars pour dédommager les victimes (humaines) de la marée noire :

« J’ai honte de ce qui s’est passé hier à la Maison Blanche, a-t-il déclaré. Je pense que c’est une tragédie de première ampleur qu’une entreprise privée soit soumise à ce que j’appellerais un racket. »

Evidemment, pour la galerie, ce Joe Barton s’est rétracté : “Je m’excuse d’avoir utilisé l’expression «racket» en parlant de ce qui s’est passé hier à la Maison Blanche, et je rétracte mes excuses à BP.”

Car comme l’a révélé le Washington Post, 30 personnes membres de la commission parlementaire de surveillance des activités du gaz et du pétrole ont elles-mêmes investi jusqu’à 14.5 millions de dollars dans les sociétés concernées…

Les faits sont là : les assassins en quête de profit travaillent 24 heures sur 24 à la destruction de Gaïa. Il faut inversement être à la hauteur… pour la défense sans compromis de Gaïa!

Earth Crisis: Ecocide

Voici les paroles de la chanson “Ecocide”, du groupe Earth Crisis.

Rendu silencieux dans le rugissement des flammes.
Après les cris et l’assassinat, plus rien ne reste.

Profané, brisé, brûlé, jusqu’aux fondements.
Dans la frénésie de l’avidité, les pleurs de protestation sont étouffés.

La Terre meurt – écocide!

Les forêts de la Terre sont pour toujours dévastées.
Les pensées quant au futur bafouées avec empressement.

Les corporations avec leur dollar concentrent leurs efforts
ravageant l’amazone comme un fléau de sauterelles.

Des plumes de fumée noire montent jusqu’au ciel.
Une forêt de magnifiques créatures meurt de manière insensée.

Des champs de fumée de la dévastation restent à la suite de l’humanité.
Avec des populations abandonnées à la croissance et à l’avidité
Ils justifient ce viol.

(Le pouvoir du dollar) ne peut pas avoir la priorité
sur les inévitables conséquences préjudiciables.

Le temps pour réagir est depuis longtemps dépassé et passé
de la protestation à la confrontation
par moi et par toi.

Critique de Gary Francione par Steven Best (et proposition d’un abolitionnisme radical pratiquant les alliances à l’extrême-gauche)

Nous n’aimons pas les discours universitaires, élitistes, le plus souvent juridiques ou philosophiques de type incompréhensible, illisibles, etc. Le droit et la philosophie sont des formes de pensée typiquement « bourges » et nous ne voyons aucun intérêt à perdre son temps à cela, à moins bien sûr de vouloir faire carrière…

Ce n’est pas propre à la France, aux USA on a le même phénomène, dont voici un exemple assez « bizarre »: Steven Best est un activiste américain, qui tente de mettre en avant ses idées de manière « formelle », par exemple avec un site où il se présente comme un universitaire, un philosophe, raconte qu’il a écrit des bouquins, met sa photo, etc.

Il utilise également des termes universitaires comme par exemple « post-modernisme » bref sa démarche est tout le contraire de la nôtre, qui considérons qu’il faut mettre en avant Gaïa et les animaux.

Mais, et c’est un phénomène propre aux USA, Steven Best met en avant des positions « radicales. »

Son dernier document a un titre assez éloquent: « Manifesto for Radical Abolitionism: Total Liberation By Any Means Necessary » (Manifeste pour un abolitionnisme radical: la libération totale par tous les moyens nécessaires).

Le document est disponible en anglais notamment ici. Pour les non anglophones, voici un petit résumé de sa critique, qui est un texte à charge contre le philosophe Gary Francione, qu’il accuse d’être devenu la principale figure du réformisme pour les animaux, ayant en quelque sorte pris la place qu’avait PeTA auparavant.

Pour les personnes intéressées par Francione, il y a ici une interview que nous avons fait de lui en août 2005. Et en France, la pensée de Francione est mise en avant par l’association Vegan.fr.

L’idée de base de Best est la suivante:

« Nous ne pouvons stopper la guerre spéciste et des entreprises contre les animaux non humains et la planète avec seulement des blogs, des tracts, des tables de presse et des livres de recette de cuisine.

Le capitalisme est destructeur de manière inhérente, et le changement ne viendra jamais seulement par l’éducation et la persuasion, ni sans un mouvement plus puissant que les agents et les institutions d’une destruction omnicide [génocide, écocide…]. »

Ce qui signifie en clair que Best reproche à Francione son pacifisme et son refus d’assumer la libération de la Terre; la figure de Francione lui est insupportable en raison du refus catégorique et absolu de celui-ci de reconnaître la moindre valeur aux actions violentes.

Poussant le raisonnement jusqu’au bout, Best va jusqu’à accuser Francione d’être une sorte de nouveau gourou (pour les personnes lisant directement en anglais, il est à remarquer qu’il utilise le terme de « Franciombes » pour désigner ceux voyant justement Francione comme une sorte de « gourou »), gourou promettant des résultats fabuleux pour le véganisme, sans avoir aucune preuve pour cela.

La ligne de Francione se résume, selon Best, à un simple « go vegan » qui n’aurait finalement de la valeur que pour les bourgeois blancs des USA, au lieu de focaliser son attention sur les « peuples de couleur, les familles ouvrières, les pauvres, ou la Chine et l’Inde. »

Best explique ainsi:

« Francione renforce par là les lamentables stigmates élitistes, de classes sociales et racistes allant avec les activistes pour les animaux non humains depuis le début de la « protection des animaux » au début du 19ème siècle, et il maintient l’isolement du véganisme et des droits des animaux des mouvements progressistes et du courant social principal.

Incapable d’articuler une théorie structurelle de l’oppression, de l’exploitation, et de l’hégémonie idéologique, et empêtré dans les dualismes occidentaux et la construction de fausses oppositions comme entre production et consommation, individu et société, et psychologie et institutions, Francione disculpe la machinerie globale et logique du capitalisme, faisant en sorte que le poids entier du blâme et de la responsabilité repose sur les consommateurs individuels. »

Best voit donc Francione comme une sorte de libéral, un libéral progressiste, mais un libéral quand même. Les partisans de Francione sont considérés comme déconnectés de la réalité sociale, au point de ne pas voir qu’avec l’évolution actuelle, pour une personne devenant vegan, des milliers d’autres découvrent la viande dans les pays comme l’Inde ou l’Afrique du Sud.

Best propose donc la ligne suivante pour les personnes véganes:

« Nous appuyons la forme d’abolition qui:

(1) défend l’utilisation de tactiques d’action direct de grande pression, notamment les raids illégaux, les sauvetages et les attaques dans des buts de sabotage;

(2) voit le capitalisme comme étant de manière inhérente un système irrationnel, exploiteur et destructeur, et qui voit l’Etat comme un outil corrompu dont la fonction est de promouvoir les intérêts économiques et militaires du système de domination des grandes entreprises et qui fait de son agenda la répression de l’opposition;

(3) qui a une compréhension large et critique de comment les différentes formes d’oppression sont reliées entre elles, voyant comme des projets inséparables la libération de l’animal humain, la libération de l’animal non humain et la libération de la Terre;

et ainsi

(4) qui fait la promotion de politiques d’alliance anti-capitaliste avec d’autres mouvements de droits, pour la justice et la libération, qui partagent le même but de démanteler tous les systèmes de domination hiérarchique et de reconstruction des sociétés par des processus décentralisés et démocratiques. »

C’est très certainement une proposition intéressante, et la seule praticable, car la seule réaliste. Il en va de la construction d’une nouvelle identité, d’une nouvelle culture, rien à voir avec les projets réformistes comme ceux en France de PeTA et de Droits Des Animaux.