• "Une amende forfaitaire en cas d’usage de stupéfiant"

Jean-Vincent Placé: « Beau bar de 47 cm pris au large à la ligne grâce aux conseils d’un maître pécheur »

Nous avons déjà parlé de Jean-Vincent Placé, un des principaux responsables d’EELV, en mode carriériste forcené ; il est d’ailleurs depuis janvier 2012 président du groupe EELV au Sénat.

Voici l’image qu’il a mis sur Twitter, peut-être pour se moquer de Poutine bien connu pour des photos de ce genre (voir Poutine et Bardot, duo de choc), mais en tout montrant bien ce qu’il entend par écologie…

On remarquera les pieds nus dans l’herbe, contrastant avec son style très bourgeois notamment, et on appréciera qu’un « écolo » se fasse prendre en souriant non seulement avec un cadavre dans les mains, mais en plus avec un bosquet bien taillé à la française derrière…C’est toute une culture…

Bien entendu, on pourrait arguer qu’EELV n’a jamais été proche du véganisme, même pas un tant soit peu. Et inversement, toute la fraction des végans anti-LTD n’a en a strictement rien à faire de l’écologie (car ce serait mystique, allemand, délirant, religieux, etc.).

Pourtant, il est évident que le véganisme ne peut pas être une proposition sociale – pas seulement morale, donc, mais aussi sociale – s’il ne rentre pas dans le vaste cadre de la vie concrète, la vie réelle, la vie quotidienne.

On peut être végane et jeter son mégôt de cigarette dans l’herbe d’un jardin public, et consommer de l’huile de palme, et ne pas être admiratif devant la vie sauvage, etc. etc. Cependant tout cela est absurde, évidemment.

A moins de résumer, comme certains le font, les animaux à la souffrance. De notre côté, nous voyons les animaux comme des êtres vivants, comme aimant la vie, et tant qu’à faire autant que cette vie soit le plus épanouie possible.

Donc sans pollution, sans dérèglements climatiques, et sans Jean-Vincent Placé venant se comporter comme un conquérant avec comme arme une canne à pêche. C’est par les petites choses qu’on commence aussi, et la canne à pêche est l’expression de toute une mentalité.

Jamais les carriéristes d’EELV ne se rapprocheront du véganisme ni de l’écologie radicale, ils sont trop tournés vers les institutions pour cela. A titre d’illustration voici un extrait d’une interview extraite de Charlie Hebdo du 20 mars 2013 et réalisée par Fabrice Nicolino :

Charlie : Mais qui est donc Jean-Vincent Placé ?

Daniel Cohn-Bendit : Je dirais volontiers qu’il est l’apparatchik qui nous a manqué. Personne, parmi nous, ne pouvait jouer ce rôle-là, car il est d’un cynisme absolu. Il se dit de gauche, mais tous ses comportements sociaux font penser qu’il est tout sauf de gauche.

Par exemple, la manière dont il se comporte avec les autres. Dont il s’habille. Dont il va au restaurant.

Et son cynisme est à l’œuvre jusque dans le contenu politique. Il voulait aller au gouvernement, bien sûr, mais s’il avait été ministre, il aurait tout défendu sans état d’âme, y compris le pacte budgétaire européen.

Mais comme il n’a pas réussi, son message aux socialistes est aujourd’hui de dire : « Vous allez me le payer ». Placé peut vendre n’importe quel positionnement d’Europe Écologie Les Verts.

Charlie : Distribue-t-il, comme on le dit, des postes ?

Jean-Paul Besset : Oui. Des postes de sénateurs, de députés, de conseillers régionaux. Bien sûr ! Nous avons autour de 250 conseillers régionaux, plus de 50 conseillers généraux. Mais bien au-delà de sa personne, Placé représente une face de l’engagement politique. Il ne s’agit plus pour lui et ses proches d’aider à la transformation sociale.

Il s’agit d’une affaire de gestion des élus et des postes. Ces gens-là, qui ont construit un univers clos, ne vivent plus que de la politique politicienne depuis des années. Comme ils sont toujours là, à la différence des simples militants, ils finissent par l’emporter.

L’objectif final n’existe pas. Il faut conquérir toujours plus de parts de marché, ou en tout cas ne pas en perdre. Un type comme Dany n’a pas sa place là-dedans, car cela lui arrive de lire un livre, de s’occuper de son fils, d’aller au stade voir un match de foot (rires).

Placé y va aussi, au stade, mais dans la tribune des VIP. Pour s’y faire voir, pour nouer des contacts, pour activer des liens. L’écologie n’est pas davantage leur problème. La grande affaire, c’est de gérer la boutique, de négocier des places, d’avoir du pouvoir.

Tout cela montre le cynisme au sein de la direction d’EELV, mais cela n’a rien de nouveau. Mais cela souligne inversement, encore une fois, que le véganisme à l’ancienne, qui cultive l’individualisme et les demandes juridiques, est totalement déconnecté de la vie politique française.

Les gens attendent des propositions, et ils n’accepteront le véganisme que si cela rentre dans une approche globale, générale. Il faut taper « aussi haut » que Jean-Vincent Placé mais, bien entendu, de manière totalement différente, car sur une autre base !

« L’écologie, la solution, le projet présidentiel d’Eva Joly »

Nous pensions qu’en parlant du « projet 2012 » d’Europe Ecologie – les Verts, cela en était fini et on savait à quoi s’en tenir. Eh bien, non. En raison du très faible intérêt des gens pour Eva Joly, EELV a tout refait.

Eva Joly se maquille différemment et ne porte plus de lunettes. Voilà pour l’apparence. Et le contenu ? Jetons un œil sur « L’écologie, la solution, le projet présidentiel d’Eva Joly » révélé hier dans un meeting à Roubaix.

Commençons par la question animale. Le projet 2012 affirmait vouloir changer le code civil, pour que l’animal soit reconnu comme un être vivant et non plus comme un « bien meuble » ou « immeuble. »

Désormais Eva Joly recule tout en précisant : la ligne est désormais ouvertement celle du « bien-être animal. »

Il n’y a pas aucune remise en cause de l’exploitation animale, mais une volonté d’aménagement, depuis les cirques jusqu’aux abattoirs, en passant par la chasse. Voilà ce qui est dit :

Définir un nouveau statut de l’animal : la loi sera modifiée pour agir contre le trafic d’animaux et pour favoriser le bien-être de ces derniers, qu’ils soient domestiques ou non, dans toutes les politiques sectorielles : transport, élevage, abattage, animaleries, cirques, etc. La législation sur la chasse évoluera pour introduire le respect de l’animal et la bonne santé des populations d’espèces.

Aucune personne sérieuse et luttant pour les animaux ne peut accepter cela. Parler de « bien-être » pour des situations aussi odieuses, cruelles, meurtrières, c’est même totalement fou.

Mais malheureusement, voilà le cul-de-sac où sont amenés les gens par ceux qui propagent l’illusion que les animaux pourraient avoir des « droits » dans cette société, tout cela parce qu’ils ne veulent pas oser remettre en cause la société.

Ainsi, d’un côté la radicalité est étouffée au nom du « bien-être », et de l’autre l’exploitation animale s’aggrave, Eva Joly appelant d’ailleurs à renforcer « l’aquaculture durable. »

Voyons maintenant ce qu’il en est pour l’écologie. On a, fort logiquement, le point de vue contraire de LTD. Pour nous la nature a une valeur en soi, pour Eva Joly la nature c’est du business et donc il ne faut pas trop l’abîmer…

Voilà ce qui est expliqué :

La nature, les rivières, le littoral et les forêts sont accablés parles pollutions de toutes sortes. Pourtant, c’est de cette nature dont nous dépendons: médicaments, aliments, matériaux de construction… 40% de l’économie mondiale repose sur les services rendus par la nature. Réconcilier l’humanité avec son environnement, avec la nature, est au cœur de la démarche des écologistes. Il est temps de penser un nouveau modèle de développement dans lequel biodiversité et économie ne s’opposeraient pas mais se renforceraient mutuellement pour se compléter.

Pour cette raison, Eva Joly ne prend pas la défense de la vie sauvage ; son univers se réduit à deux pôles : la ville et les terres agricoles.

Nos métropoles ne cessent de grandir. Elles empiètent sur les terres agricoles et nous obligent à passer des heures dans les transports. Il est temps de mettre en œuvre la ville dense et écologique, de réguler le foncier, de préserver les espaces verts.

C’est une vision bobo, qui veut des villes « comme avant » et des espaces verts dans son quartier (encore faut-il avoir un quartier en tant que tel, d’ailleurs). Rien à voir avec l’exigence que la planète redevienne bleue et verte.

D’ailleurs, Eva Joly propage des illusions dangereuses quand elle dit par exemple que :

L’écologie ce n’est pas seulement la protection de la planète, c’est aussi une meilleure qualité de vie pour ses habitants et ses habitantes.

A terme, c’est vrai, mais tout d’abord il va falloir un grand chambardement, une transformation radicale des habitudes. Beaucoup de choses vont être remises en cause, et pour les gens cela sera compris comme une sorte de recul. C’est la raison évidemment pour laquelle à LTD nous attendons des générations naissantes, qui ne pourront plus se raccrocher à de vaines illusions comme c’est encore le cas aujourd’hui.

Maintenant portons notre attention sur des propositions plus concrètes. On voit déjà que, en prévision de l’accord gouvernemental avec le Parti Socialiste (si Hollande gagne), Eva Joly recule sur la question de Notre-Dame-des-Landes :

Un moratoire sur l’ensemble des grands projets pharaoniques.

Des évaluations permettront de les revisiter ou de les abandonner, à commencer par l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes

Il ne s’agit plus forcément d’abandonner, mais de « revisiter », ce qui ne veut rien dire bien sûr !

On a ensuite un intéressant objectif :

Un objectif “Triple zéro” : zéro OGM, zéro gaz de schiste, zéro autoroutes supplémentaires (incluant les grands contournements des agglomérations).

En effet, cela n’engage à rien puisque tout le monde est d’accord avec cela.

Portons donc notre attention sur des idées plus sérieuses, en apparence :

Réduire de 30% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020, par rapport à 1990, pour limiter le réchauffement de la planète sous les 2°C. Engager tous les territoires et les secteurs d’activités, en commençant par l’agriculture, à anticiper et à s’adapter dès à présent aux changement climatiques.

La première phrase est trompeuse : ce n’est pas la réduction en France seulement qui va suffire, bien sûr. Et la seconde phrase montre que l’objectif est surtout de prévoir une adaptation. Il n’y a pas de volonté d’affronter radicalement le réchauffement climatique, en modifiant radicalement notre société et la planète !

Organiser la sortie du nucléaire en 20 ans.

Créer un pôle d’excellence industrielle en matière de gestion des déchets et de démantèlement des centrales, pour maintenir ainsi les emplois dans la filière.

C’est un objectif réaliste sur le papier. Sauf que Hollande est totalement pro-nucléaire, comme le Parti Socialiste. Eva Joly propage ici l’illusion dangereuse que ce projet est viable, alors qu’il faudrait un énorme rapport de force pour le réaliser !

Faire de la France un leader industriel des énergies renouvelables, en produisant 40% de notre énergie par des sources renouvelables dès 2020 (hors carburant).

En mettant de côté le carburant, Eva Joly sait très bien que ce point ne remet pas grand chose en cause sur le plan de la vie quotidienne (comme le règne de la voiture), permettant de rester sur son terrain : soutenir les PME à tout prix dans le domaine industriel (ce qui est même une illusion devant la force des grandes entreprises).

Rénover un million de logements par an, d’ici 2020, au niveau «basse consommation d’énergie », en commençant par ceux dans lesquels vivent les huit millions de personnes en situation de précarité énergétique. Les bâtiments publics seront tous rénovés d’ici 2030. Ce plan permettra la création de 400 000 emplois d’ici 2020 dans le secteur du BTP.

Eva Joly ne précise pas ici à qui appartiennent ces logements : certainement pas les pauvres ! Elle propose donc d’aider financièrement les propriétaires, au lieu de proposer des HLM écolos modernes et en masses…

Investir quatre milliards d’euros par an dans les transports alternatifs à la voiture et au camion, en commençant par améliorer la qualité et l’offre de trains sur le réseau ferré local, et en développant le fret ferroviaire.

Eva Joly oublie ici que les trains sont en voie de privatisation : aucune politique globale n’est plus possible, si elle l’a jamais même été.

Ici, comme dans toutes les questions, Eva Joly tente de jouer les pompiers face à un incendie gigantesque, en disant : ici et là, mettons un peu d’eau cela stoppera l’incendie.

Mais il n’est pas difficile de voir à quel point c’est totalement en décalage avec la réalité, avec l’ampleur du désastre, avec l’ampleur de l’offensive contre Gaïa !

Voynet s’inquiète pour Hulot… et surtout pour les élections

Toutes ces histoires concernant EELV sont vraiment peu intéressantes et nous-mêmes considérons que de tels articles polluent plus LTD qu’autre chose.

Malheureusement, si EELV ne fait pas grand chose pour l’écologie (voire finalement rien du tout), elle fait beaucoup contre.

Ce n’est pas comme si EELV était un parti écologiste avec un véritable fond, comme les Verts en Allemagne et en Autriche, qui sont critiquables, mais ont une véritable culture écologiste. EELV c’est un regroupement de culture bobo où l’écologie est le prétexte servant pour proposer des réformes.

Nous avions déjà décortiqué le discours d’Eva Joly lors de son investiture en tant que candidate à la présidentielle pour EELV, c’est vraiment terrible et totalement vide.

Même sans aller aussi loin dans les détails ou même le fond, les gens voient bien que tout cela a un caractère superficiel, et s’éloignent par conséquent de l’écologie, considérant que soit l’écologie c’est de la magouille électorale, soit que de toutes façons tout le monde est plus ou moins écolo.

Sur le plan du contenu, c’est la catastrophe.

Il faut donc savoir ce qui se passe du côté de chez EELV, pour bien expliquer en quoi EELV n’a rien à voir avec une démarche authentiquement écologiste, en défense de notre planète.

Et finalement, les gens d’EELV l’assument eux-mêmes de plus en plus. Le passage des Verts à EELV a été une transformation complète, que les journées d’été d’EELV, du 18 au 20 août, sont censées établir une bonne fois pour toutes.

Seulement il y un gros problème: Hulot. Nous avions parlé de ses récents propos dans une interview, et dans une interview au Journal du dimanche, Dominique Voynet a répondu aux critiques de Hulot. Nous n’allons pas revenir dessus, mais sur ses propos concernant l’écologie politique et l’identité d’EELV

Voici en effet une de ses réponses:

« Nicolas Hulot avance également que les militants d’EELV sont conditionnés…

C’est sévère et insultant vis-à-vis de militants qui, pour beaucoup, ont accepté de choisir un candidat qui n’était pas issu du sérail.

Ni Eva Joly, ni Nicolas Hulot n’étaient membres des Verts.

Je trouve au contraire qu’il faut beaucoup de courage pour accepter de mourir et de renaître, d’ouvrir les portes et les fenêtres en grand et d’attribuer la moitié des postes électifs à des gens qui étaient parfois issus de mouvements qui avaient été très sévères avec les Verts. Je ne suis pas sûr qu’il y ait un autre parti politique aussi attentif à garantir l’égalité des candidats à la candidature. »

Dominique Voynet reconnaît ici ouvertement que les Verts se sont dissous, dans une sorte de magma ouvert à des gens qui leur étaient opposés auparavant. Ce magma, c’est « Europe écologie » et Voynet sait très bien que cette « fusion » a liquidé la patrimoine historique porté par « les Verts. »

Mais elle s’en moque parce qu’il a eu un patrimoine électoral à faire fructifier… C’est cela qui l’inquiète!

Elle le dit d’ailleurs ouvertement:

« Est-ce qu’aujourd’hui vous lui tendez toujours la main?

Oui, plus que jamais. Et pas parce que j’ai peur de l’impact dévastateur qu’aurait une nouvelle division sur la dynamique de la campagne. Mais simplement parce qu’il fait partie des quelques personnalités qui incarnent l’écologie dans notre pays.

On a besoin de lui, de ses propositions et de son savoir-faire. Mais je ne sais pas dans quel état d’esprit il est à notre égard. Je me considère toujours comme son amie et j’espère le voir cet été (aux Journées d’été du parti, du 18 au 20 août, Ndlr). Il faut qu’il revienne dans le jeu. »

De quelles propositions et de quel savoir-faire Voynet parle-t-elle? Impossible de le savoir, car il n’existe chez EELV aucun débat théorique, aucune définition de l’écologie, aucun objectif.

Le seul critère de vérité chez EELV, c’est la participation au gouvernement avec les socialistes. Strictement rien d’autre! Car si Voynet raconte cela, c’est parce qu’elle a peur que Hulot s’allie avec Borloo…

Un tandem Hulot – Borloo torpillerait tous les efforts d’EELV pour s’approprier le monopole électoral de « l’écologie. »

La rancoeur de Nicolas Hulot

Nicolas Hulot est un mauvais perdant, mais à ce petit jeu là, c’est toute l’écologie qui trinque. Parce que rien n’est pire que la personnalisation. Bien sûr, des gens peuvent représenter des idées et donc alors parler de ces gens c’est parler des idées qu’ils représentent.

Mais là, on a beau chercher, on ne voit pas de contenu. Ainsi, Nicolas Hulot a accordé une interview à un magazine, « Bretons », qui est sorti hier en kiosques (mais l’interview date… du 10 juillet, soit deux jours avant la victoire d’Eva Joly (dont il se doutait néanmoins bien entendu).

Il se plaint de plein de choses, notamment de ces personnes membres d’EELV:

«conditionnés par la façon traditionnelle de faire de la politique». «Ils aiment les formules, ils aiment les ennemis désignés. Prononcez cinq fois le mot Sarkozy dans un discours: vous provoquez des orgasmes…»

Il faut dire que quand le Canard enchaîné révèle que Hulot continue d’utiliser son appareil électrique l’aidant à avoir des abdominaux, cela ne fait pas très crédible niveau chasse au gaspi…

Mais, surtout, ses plaintes sont personnelles. Il ne se plaint pas comme quoi il aurait des idées différentes, par exemple comme quoi les gens d’EELV n’en ont rien à faire des animaux ou de la Nature, comme quoi il y a urgence, etc.

Non, il exprime simplement de la rancoeur:

A quoi bon me faire la danse du ventre pendant des années pour que je vienne les rejoindre ?

C’est tout le paradoxe de leur attitude, affirme Nicolas Hulot en parlant des cadres de la formation politique.

De Jean-Vincent Placé à Dany Cohn-Bendit, en passant par Cécile Duflot et Noël Mamère, ils n’ont eu de cesse de me demander de les rejoindre.

Mamère m’a dit que j’étais le seul candidat possible. Et pourtant, il fut le premier à m’envoyer des banderilles à partir du moment où je me suis présenté.

On a ici une complainte tout ce qu’il y a de plus personnel, or dans l’ordre des choses, on devrait parler de contenu: tant Cohn-Bendit que Duflot ou Mamère représentent des points de vue différents sur l’écologie, et d’ailleurs Hulot ne se « plaint » pas du fait qu’une de ces grandes « figures » d’EELV l’ait rejoint: José Bové!

Ce qui casse tout de même la démarche de Hulot de se plaindre, car il a « joué », et il a perdu, voilà tout!

Est-ce que cela veut dire justement que Hulot va abandonner Eva Joly et EELV? Il le laisse planer:

«Si je ne leur apporte pas grand-chose, cela ne sert à rien d’insister. Il vaut mieux que je reprenne une autre forme d’engagement. »

Ce qui montre bien non seulement que toute cette « primaire de l’écologie », a été du n’importe quoi, mais qu’en plus, des gens comme Stéphane Lhomme et les « décroissants », qui ont critiqué Hulot mais jamais Joly, ont aidé à ce que « l’écologie » bobo ait un boulevard….

Alors qu’en plus on va continuer à avoir Hulot dans les pattes!

Tout cela en raison du refus d’avoir du contenu, de donner des définitions, de prétendre servir l’écologie en général, sans avoir aucun critère de vérification.

Mais quand on nie la Nature, l’existence même des animaux, comment justement ne pas vouloir de définitions? Car sinon il ne serait plus possible de masquer son opportunisme et son carriérisme derrière l’urgence qu’il y a: notre planète est train d’être assassinée!

La sénatrice EELV qui se trouvait pauvre…

Au sens strict, une telle information est une perte de temps. Malheureusement, il faut s’en préoccuper aussi, car s’il n’y a pas de critique, l’écologie passera pour un passe-temps de bobo… d’autant plus que c’est un média conservateur, Atlantico, qui a révélé cette histoire.

La sénatrice qui se trouvait pauvre…

CONFIDENTIEL ATLANTICO Avec des revenus supérieurs à 10 000 euros par mois, la sénatrice Europe-Écologie Les Verts, Alima Boumediene-Thiery voudrait convaincre les services de l’Etat que sa situation financière est précaire et contourner les critères sociaux d’admission dans un internat public afin que son fils y soit accepté…

Si, pour François Hollande, on doit être considéré comme riche à 4000 euros par mois, pour la sénatrice Europe-Écologie, Alima Boumediene-Thiery, 10 000 euros par mois ce n’est pas encore assez  !

Cette dame a, en effet, écrit le 26 mai 2011 au ministre de l’Education, Luc Chatel, pour lui demander d’intervenir en faveur de son fils dont la demande de placement en internat dans un collège public sur Paris a été rejetée selon des « critères sociaux ».

« Avis négatif de l’assistante sociale » regrette Alima Boumediene-Thiery dans son courrier où elle s’emploie à expliquer qu’une sénatrice, dans sa situation, a besoin de l’aide de l’Etat pour s’en sortir. « Je reverse chaque mois 1200 euros au parti politique auquel j’appartiens, je paie également un crédit immobilier à hauteur de 1500 euros (…) In fine, je dois vivre avec près de 2000 euros [et ainsi subvenir aux besoins de mon fils et de ma mère, qui est entièremement à ma charge. »]».

En réalité, le salaire net d’un sénateur s’élève à 5400 euros par mois et surtout, Mme Thiery oublie de rappeler qu’elle bénéficie de 6240 euros de frais de mandat non imposables, hors dépenses de taxis prises en charge par le Sénat. Ne reculant devant aucun argument pour convaincre le ministre, elle confie plus loin ne pas être certaine d’être reconduite dans son mandat au mois de septembre et donc de se « retrouver sans revenus ».

Pour mémoire, le salaire moyen en France est légèrement supérieur à 2000 euros nets selon l’INSEE. Quant au salaire median, il est de 1500 euros nets (50% des Français gagnent moins, 50 autres % gagnent plus).

Voilà donc un exemple de ce qu’est la direction d’EELV: des opportunistes ne vivant pas dans l’urgence pour notre planète, mais dans un style bobo de luxe sur le dos de l’écologie…

Nouveau décret sur les associations et le débat institutionnel sur l’environnement

Si nous ne croyons nullement aux institutions, tel n’est pas le cas d’une myriade d’associations, qui pétries d’illusions tentent de peser sur l’État plutôt que sur la population. Il est pourtant évident que l’Etat fait un tri soigneux, et c’est précisément ce que fait un nouveau décret au sujet de l’environnement.

Ce décret décide de quelles associations ont le droit de parole dans certaines instances institutionnelles, en plaçant la barre très haut en terme de taille. Or, la France n’étant pas l’Allemagne, l’écologie n’a pas de bases solides.

Une association d’utilité publique devra ainsi disposer d’un minimum de 5 000 donateurs… Alors que rien qu’un parti politique aussi « large » que EELV arrive péniblement à 30 000 adhérents.

L’auteur de l’article, très « choqué » par ce décret, est l’ancienne ministre de l’environnement Corinne Lepage. Si elle parle, c’est justement au nom de ces associations qui misent sur les institutions (elle est la présidente-fondatrice du Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique, la CRIIGEN, qui s’occupe notamment de la question des OGM).

Les assos pour l’environnement se font entuber en douce

Les mauvais coups se font généralement le 14 juillet ou le 15 août. C’est encore plus tentant en période de crise majeure, comme actuellement. C’est sans doute pour cette raison que le Journal officiel du 13 juillet publie un nouveau décret concernant les associations.

Celui-ci fixe les modalités d’application au niveau national de la condition prévue au premier point de l’article R.141-21 du code de l’environnement, concernant les associations et fondations souhaitant participer au débat sur l’environnement dans le cadre de certaines instances.

Pour pouvoir participer, une association devra désormais compter au moins 2 000 adhérents.

Quant aux associations d’utilité publique, elles devraient exercer leur action sur la moitié des régions au moins, et disposer d’un minimum de 5 000 donateurs, pour pouvoir se faire entendre.

Les seuls organismes ayant le droit de le faire entendre leur voix sur les politiques environnementales sont des organismes publics au sein desquels seules ces grandes associations ont le droit d’être représentées. De plus, l’Etat s’octroie le droit de vérifier les conditions de financement des associations pour s’assurer « de leur indépendance ».

Les assos les plus gênantes pour les lobbies handicapées

Ce texte est liberticide au regard de la liberté d’association ou plus précisément du droit des associations à se faire entendre. Il exclut en particulier toutes les associations d’experts qui ont fait l’essentiel du travail en termes d’alerte au cours des dernières années.

Mouvement des générations futures – Criirad, Criigen, réseau santé environnement, Inf’OGM, pour n’en citer que quelques-uns – n’auront aux termes de ce texte plus le droit de participer, voire plus le droit d’être agréés puisque c’est l’agrément au titre de l’environnement lui-même qui est touché par ce décret scélérat.

Autrement dit, non seulement aucun texte de protection des lanceurs d’alerte n’a jamais été pris par ce gouvernement, du temps de monsieur Borloo comme a fortiori du temps de madame Kosciusko-Morizet, mais plus encore, c’est la capacité des associations les plus dérangeantes pour les lobbies défendus par le gouvernement qui est ici mise en cause.

En effet, sans agrément, la capacité de porter plainte avec constitution de partie civile reste très réduite. Dans ces conditions, les procès mettant en cause ces lobbies deviennent beaucoup plus difficiles.

De la même manière, le fait que les agréments soient conditionnés par le nombre de personnes rendra très difficile la tâche des associations locales, constituées contre tel ou tel projet, telle ou telle infrastructure. Les préfets pourront toujours soutenir qu’elles ne remplissent pas les conditions.

Ainsi le gouvernement s’est-il attaqué avec efficacité, une fois encore, aux modestes contre-pouvoirs que notre pays compte encore.

> Référence concernant l’arrêté du 12 juillet 2011 fixant les modalités d’application au niveau national de la condition prévue au 1° de l’article R. 141-21 du code de l’environnement concernant les associations et fondations souhaitant participer au débat sur l’environnement dans le cadre de certaines instance (JORF n°0161 du 13 juillet 2011, page 12 154).

Les résultats des « primaires de l’écologie »

Les « primaires de l’écologie » – en réalité les primaires d’Europe écologie les Verts et ses alliés – sont terminées et on a maintenant les résultats. Voici les chiffres officiels :

A l’issue du dépouillement, voici les résultats du premier tour de la Primaire de l’écologie.

Eva Joly : 12571 votes, soit 49,75 %
Nicolas Hulot : 10163 votes, soit 40,22 %
Henri Stoll : 1269 votes, soit 5,02 %
Stéphane Lhomme : 1172 votes, soit 4,44 %
bulletins blancs : 94 votes, soit 0,37 %

Si nous parlions des écologistes version bobo, il y a quelques jours, c’est justement pour cela. Il existe une véritable culture écolo bobo, qui a été sous-estimée par Hulot, et qui a même réussi à le mettre dans les cordes.

Hulot considère en effet que l’écologie consiste en de l’accompagnement du gouvernement avec la réalisation de mesures ; pour EELV, il s’agit d’une vision du monde, celle de quartiers urbains pacifiés où l’on peut vivre agréablement quand on dispose de certains moyens…

Hulot est-il dupe de cela ? Pas si sûr. Il y avait déjà sa petite phrase sur Borloo, lors de la campagne des primaires. Et, dans un même registre, il y a sa fondation qui a pris hier une décision… pour le moins étrange.

En effet, la Fondation pour la Nature et l’Homme (auparavant la « Fondation Nicolas Hulot ») a décidé de revenir dans le comité de suivi du Grenelle de l’Environnement…

La Fondation l’avait quitté en mars 2010 en raison du report de la fameuse « taxe carbone », report sans date d’ailleurs.

Qu’est-ce qui a changé depuis ? En fait, la Fondation se justifie par la création par Sarkozy d’un « groupe de travail sur la constitutionnalité de la fiscalité écologique. »

Ce qui ne veut strictement rien dire, n’est même pas une mesure concrète, et montre bien qu’il s’agit d’un prétexte pour se replacer au cœur des institutions, comme « porte de sortie » pour Hulot qui, à défaut d’EELV, pourra donc avoir toute légitimité pour devenir ministre de l’écologie d’un Sarkozy (éventuellement) réélu !

Notons au passage que Sarkozy vient d’annoncer un programme de 35 milliards d’euros d’investissements pour l’énergie du futur, un mélange de nucléaire et de développement durable…

Et faut-il rappeler que le Grenelle de l’environnement ne parle pas de nucléaire ? Hulot n’en a parlé que très récemment lui-même, et encore pour dire que Fukushima l’avait fait changer d’avis…

Pas difficile de voir quelles alliances peuvent se profiler ici ! Il y a là un jeu politique très subtil, une belle preuve d’ailleurs de la bataille d’appareils que constituent tous ces gens se goinfrant sur l’écologie.

Pas difficile de voir non plus les conséquences.

Car au sein du « milieu » (au sens le plus large possible) pour les animaux, nombreux étaient les structures rêvant d’un triomphe de Hulot, afin de faire passer en contrebande leur proposition « apolitique » des « droits pour les animaux. »

L’échec de Hulot coule totalement cette option ridicule et ne reposant sur strictement rien à part un désir de reconnaissance médiatique, une volonté d’effectuer des bénéfices commerciaux et la perspective d’une intégration des Universités comme professeurs et autres chercheurs !

On peut être certain que tout ce petit monde soutiendra Jean-Marc Governatori, qui se présentera également à la présidentielle, au nom de l’Alliance écologiste indépendante dont la secrétaire est désormais l’ancienne « star du porno » Zara Whites (qui troque donc PeTA contre Governatori). Vegmag joue bien entendu déjà son rôle de « soutien indirect »…

Governatori, évidemment soutenu par Bardot, « se paie » sa candidature, comme il explique dans une interview:

C’est vrai que je suis l’un des principaux contribuables de France, mais une campagne présidentielle ne coûte pas cher. Je suis outré par les budgets des partis classiques de plusieurs millions d’euros, payés par les contribuables. Une campagne présidentielle coûte au maximum 300 000 euros, essentiellement des frais de déplacement. Le budget est raisonnable, donc on n’aura pas de problèmes à ce niveau-là.

Le cynisme complet de ses propos n’est même pas à expliquer, et choquera comme il se doit toutes les personnes bataillant au quotidien pour conquérir une vie digne tant pour eux et elles-mêmes que pour les animaux… Mais finalement, pourquoi être choqué? Ces propos sont typiques des « appareils » et de ceux qui veulent faire carrière dans les institutions.

Mais l’échec de Hulot est également le triomphe d’Eva Joly, et cela ne va pas aider les « décroissants » qui justement sont censés rejeter les institutions. La candidature de Stéphane Lhomme était symbolique, mais elle se fondait sur le succès triomphal de Hulot…

Elle devait permettre une recomposition grâce à cette résistance symbolique. Maintenant, Stéphane Lhomme apparaît comme celui qui a aidé Eva Joly, celui qui est comme Eva Joly mais en plus dur, en plus idéaliste, etc.

Avec une victoire de Hulot, Stéphane Lhomme aurait pu se laver les mains d’EELV, maintenant il est coincé, et avec lui tous les « décroissants »… On pourra longtemps lui reprocher cette photographie, qui le montre à côté d’Eva Joly (tout à gauche), et prouve qu’il considère au moins avoir des choses en commun avec elle !

Quant à l’écologie, on en n’entendra pas parler. Eva Joly ne vient même pas des Verts, elle hésitait à aller au MODEM avant de rejoindre EELV pour être directement élue. Elle est là car elle représente l’idéal d’un capitalisme écolo et sans corruption, social et sans préjugés.

C’est cela, l’écologie d’EELV, une sorte de grand nettoyage, de réfection… Nullement l’annonce d’un grand retour à la nature, pourtant tant nécessaire !

Jean-Marc Governatori

Les bobos d’EELV

Sur le net, on peut trouver un intéressant article intitulé « Joly, Hulot et les « écolo-geeks » à Paris : ils sont « free », ils ont tout compris. »

Un article intéressant parce qu’il montre un aspect essentiel d’Europe Écologie – les Verts : son identité bobo. Bien entendu, il tente d’expliquer que ces bobos ne sont pas « bourgeois », mais c’est évidemment pourtant le cas. Bourgeois « branché », mais bourgeois quand même. La « Bellevillloise » dont il est parlé est le même endroit où a lieu la « Paris Vegan Day », initiative également totalement dans l’esprit bobo.

Voici un extrait.

En Allemagne, les Verts ont conquis une région, en France ils ont toujours eu des hauts et des bas. « Ils avaient obtenu un bon score en 1989 et 1992, dépassant le Front national », se souvient le sociologue Erwan Lecoeur, auteur du livre Des écologistes en politique.

« L’électorat écologiste parisien n’est pas bourgeois, il est bohème, habite dans les quartiers nord et est de la capitale, a fait de hautes études et gagne plutôt bien sa vie ». Historiquement, oui, mais les choses ont changé.

« Depuis 2009, lorsque Europe Ecologie-Les Verts (EELV) s’est présenté avec une équipe crédible (Eva Joly, Daniel Cohn-Bendit, José Bové, ndr), de nombreux abstentionnistes, mais aussi des électeurs de la gauche radicale et des chômeurs, l’ont rejoint. »

C’est à La Bellevilloise, un établissement chic du 20ème arrondissement, que se sont déroulés en mai les Etats Généraux du nucléaire : une vitrine idéale pour les candidats du noyau dur des Verts français.

« Le pilier, ici, c’est Guy Philippon, un militant de 84 ans qui prépare actuellement le dîner biologique pour Eva Joly », m’explique Patrick Farbiaz, secrétaire du 20ème, après une remarque malicieuse sur le shampoing autrefois sponsorisé par Nicolas Hulot. « Ici, les Verts obtiennent 30% des voix et il y a environ 200 adhérents ; historiquement, ils sont de la petite bourgeoisie ».

Pourquoi l’écologisme a-t-il autant de succès à Paris ? « C’est simple, personne ne s’oppose à l’écologie parce qu’ici il y a peu de voitures, c’est même difficile de trouver une pompe à essence. De plus, nous manquons d’espaces verts, d’où la création des AMAP, de potagers urbains, de cultures biologiques. Toutes ces choses-là sont une nécessité à Paris, pas une mode ! »

Duflot et Cohn-Bendit, la bataille pour la carrière

La candidature Hulot ne représente pas une victoire pour l’écologie ou toutes les personnes qui aiment les animaux. C’est plutôt un symptôme terrible.

Car comme Europe écologie est certain de faire un score électoral « correct », et que le Parti Socialiste a besoin de ce pécule électoral pour former un gouvernement… C’est la foire aux candidats. Les idées ne comptent plus. Il y a même d’ailleurs déjà six groupes de travail thématiques communs PS – EELV.

Les personnalités, elles, comptent. Surtout que le congrès d’EELV a lieu en juin ! Et là, donc, au lieu donc de contenus écologistes, pourtant une urgence évidente, on a un conflit total ente Cécile Duflot et Daniel Cohn-Bendit.

Pour résumer grosso modo, Cécile Duflot se pose comme quelqu’un entendant faire carrière (on se souvient de son voyage en train à Copenhague devant les médias, pour revenir en avion dès le lendemain pour passer à la télé en France). Elle veut donc maîtriser le développement d’Europe écologie.

En face, Cohn-Bendit considère qu’Europe écologie doit s’implanter le plus largement possible, en ouvrant les vannes (et en faire en quelque sorte un MODEM de Bayrou qui réussirait). Dans un texte rendu public il y a peu (Non, je ne suis pas un OVNI dans l’espace Europe Ecologie Les Verts !), Cohn-Bendit présente ainsi sa vision des choses :

Je suis convaincu qu’aujourd’hui nous pourrions être entre 30 000 et 40000 si nous étions plus ouverts et accueillants, moins renfermés sur nous-mêmes et plus solidaires. Pourquoi un simple « clic » ne peut suffire pour être adhérent et qu’il faut en passer par « l’inquisition de la validation » de la part d’un comité politique régional? Comment ne pas y voir une forme de discrimination quand on sait qu’il faut être « Vert » pour avoir le droit de devenir automatiquement adhérent à Europe Ecologie? Pourquoi ne peut-on pas adhérer à la coopérative sans passer par « EELV »?

Et j’en passe sur le parcours du combattant qui attend toute personne cherchant à s’impliquer dans le mouvement… Derrière cela, on retrouve évidemment une certaine conception de la politique et de la vie qui n’est pas la mienne.

Et quoi de plus rassurant pour un « dirigeant Vert » que de pouvoir compter sur un « bon Vert combattant » qui a su se plier aux rites initiatiques ou sur celles et ceux que des promesses de pérennisation au sein de la structure auraient amadoués…Et c’est là qu’on a envie de lancer un nouveau « Indignez-vous! » tonitruant.

Duflot n’apprécie évidemment pas cette vision et a tenté de torpiller Cohn-Bendit il y a moins d’une semaine. Elle l’a accusé de ne pas remettre les 1200 euros d’indemnités parlementaires (d’Eurodéputé) à EELV. Ce que Cohn-Bendit ne fait effectivement pas, se justifiant par le fait qu’il a ou aurait dépensé « 31 200 euros de ma poche, en frais d’hôtel et de déplacement. »

Le 9 avril Cohn-Bendit a demandé ce qu’il en était à ce sujet et la direction d’EELV a botté en touche, gagnant du temps et pouvant ainsi le cas échéant dégager Cohn-Bendit sous prétexte qu’il ne respecte pas les statuts.

EELV continue donc son mauvais cinéma. C’est une structure à pure visée électorale, et même là-dessus ses dirigeants ne sont pas d’accord !

Car il est évident que le problème de fond, c’est la définition de l’écologie. Et vu qu’EELV n’accorde strictement aucune attention aux animaux, et qu’elle est en désaccord complet avec l’écologie radicale… Comment pourrait-elle devenir une force réelle du 21ème siècle ?

Ni Hulot le bobo, ni CPNT et son terroir : pour une utopie écologiste !

La candidature de Hulot a au moins un mérite : celle de faire tomber beaucoup de masques.

Ainsi, la Fondation Nicolas Hulot devient la Fondation pour la nature et l’Homme (FNH). Et le vice-président devient président. Il s’agit de Pierre Siquier. Un écologiste ? Pas vraiment, il s’agit d’un « expert » en entreprises.

Il a dirigé TBWA\Corporate (une composante de l’agence de publicité TBWA) et est président de Ligaris, une agence de communication (33 millions d’euros de chiffre d’affaires).

Parmi les clients de Ligaris : AREVA, Vinci Construction, Vinci Energie, TOTAL, EDF, GDF Suez, EADS Astrium… la SNCF, la Poste, différents ministères, Crédit Agricole, BNP Paribas, etc., etc.

Pierre Siquier est bénévole à l’ex-fondation Hulot, mais évidemment son statut dans la fondation lui permet de mettre en avant un « business vert. » L’écologie est prétexte à la stratégie commerciale.

Dans un autre registre, on voit que l’écologie peut également être un prétexte à une démarche ultra-conservatrice. C’est le cas de « l’Alliance Ecologiste Indépendante », regroupant le Mouvement écologiste indépendant (MEI) d’Antoine Waetcher et France en Action de Jean-Marc Governatori.

Génération Ecologie en faisait partie, jusqu’à ce que Governatori ait annoncé en novembre dernier, sans concertation, la mise en avant de Bardot pour les présidentielles. Nous avions parlé de cette candidature possible de Bardot (Bardot candidate à la présidentielle : une initiative régressive), ainsi évidemment que de l’influence de l’ancien businessman Governatori sur la frange conservatrice (voire bien pire!) du mouvement en faveur des animaux (notamment par l’intermédiaire de Végétariens magazine).

Cette « Alliance Ecologiste Indépendante » espérait amener Hulot en son giron, le 4 avril dernier, elle disait ainsi :

Suite aux choix des Verts de faire leurs primaires en juin, Nicolas Hulot aurait déclaré (via un SMS) que ce serait donc sans lui; certains de ses proches parlant de la possibilité de se présenter sans l’appui des Verts

Si Nicolas Hulot va dans ce sens, l’Alliance Ecologiste Indépendante et ses 100 comités départementaux  le soutiendront sans exigence pour le second tour sauf à soutenir le mieux-disant écologique.

Pour Jean Marc Governatori, secrétaire national, « L’écologie politique ne doit pas être avec la gauche ou avec la droite mais devant eux. Nicolas Hulot a un positionnement hors clivages qui doit permettre de réunir tous les écologistes et bien au-delà. »

La candidature de Hulot ne faisant aucun doute tout comme le rapprochement avec EELV, 10 jours après la ligne a changé à 180° et on en revient aux fondamentaux. Jean-Marc Governatori a expliqué au JDD.fr que « Si Nicolas Hulot s’engage dans un parti de gauche, on ne le soutiendra pas ! »

Prônant une ligne ni gauche ni droite (mais pro petites entreprises et « national »), il a alors expliqué qu’il cherchait un candidat « connu du plus grand monde, d’ampleur médiatique et capable de mieux porter les couleurs de notre projet que [lui]. » « Nous avons deux pistes sérieuses mais je ne peux pas vous le dire. Vous le saurez au plus tard en septembre 2011. » Lorsqu’on lui demande s’il s’agit de Brigitte bardot, il dit : « Elle reste une option possible. »

Y a-t-il là une critique constructive de Hulot ? Pas du tout, bien plutôt le cinéma continue avec Bardot !

Finalement, l’une des remarques les plus intéressantes vient de gens disant le contraire de nous, mais constatant le même « problème » : l’écologie ne peut pas, par principe, être simplement un phénomène bobo visant à réformer le capitalisme.

De notre point de vue, cela veut dire démanteler les villes et modifier les zones rurbaines (ce que nous disions hier). Tel n’est pas le point de vue bien sûr de Chasse – Pêche – Nature – Traditions (CPNT).

Mais CPNT s’adresse de manière intelligente à une population qui devrait être aux premières loges de l’écologie. Les rurbains profitent en partie d’un lien avec la nature, mais voient bien comment l’urbanisme anarchique massacre la nature, à coups d’autoroutes, de grandes avenues, etc.

Et ils ont tout intérêt au démantèlement des villes, qui captent les activités culturelles (notamment Paris, qui asphyxie la culture en France, en la transformant en divertissement pour riches).

CPNT ne veut par contre pas changer les choses dans un sens écologiste, loin de là. Ce qui compte pour CPNT c’est la tradition du terroir, l’exploitation animale ininterrompue, etc. Il y a donc une critique intelligente de Hulot et de ses illusions bobos, mais une critique dans un sens inverse de nous quant au sens de sa démarche…

Voici le document.

Les carences de monsieur Hulot…

A l’issue d’un suspense insoutenable digne du tirage d’Euromillions, voilà que le télécologiste Nicolas HULOT annonce sa candidature à l’élection présidentielle.
Les Français peuvent donc dormir tranquilles, il y aura donc bien un candidat des donneurs de leçons et des « yaka, fokon ».

Signe de l’irrespect pour la France des terroirs et de ses 15 millions d’habitants, le gourou de la boboécologie annonce sa candidature en… banlieue parisienne. Monsieur Hulot sait-il qu’il y a une France derrière la couronne parisienne, une France qui vit les deux pieds dans la nature ?

Pourtant les ruraux seront les premiers confrontés aux grands oukases écolos portés comme la Sainte parole par cet écolo cathodique, adepte du « faites ce que je dis, pas ce que je fais ».

Car avant de porter un programme écologiste, s’il parvient à amadouer ses nouveaux amis écologistes de gauche et à les rallier à sa vision luxueuse et lucrative de la vie naturelle, Monsieur HULOT devra expliquer aux Français ses incohérences et ses paradoxes, ses positions antisociales et restrictives pour la ruralité.

Nicolas HULOT n’est-il pas chèrement sponsorisé dans ses activités écologiques et médiatiques lucratives par des groupes chimiques fortement pollueurs ? Lui qui est soutenu dans ses activités médiatiques par EDF et ses centrales alors qu’avec ses amis Verts, il militera contre le nucléaire ?

Défenseur de la nature libre et protégée quand il fait des émissions au bilan carbone exorbitant et consommatrices des moyens de transports aériens que lui et ses amis verts condamnent ? Se déclarant de gauche quand il soutient la taxe carbone sur les véhicules alors que c’est doublement pénalisant pour les ruraux qui n’ont que ce moyen de transport pour se déplacer et vivre ? Ce n’est plus le syndrome du Titanic, c’est Janus au double visage !

« La maison brûle, et pendant ce temps-là on regarde ailleurs »…Monsieur Hulot faire son show ! Quant à l’incendie, les pompiers n’ont plus d’eau pour l’éteindre, car le modèle écologique de Monsieur HULOT impose avant tout des restrictions… de consommation !

Selon CPNT, pour éviter cette écologie punitive et restrictive méprisante pour l’Homme et ses activités, la ruralité a vraiment besoin d’être représentée et défendue dans cette élection présidentielle 2012.

Le titre – Les carences de monsieur Hulot…- est pratiquement génial. Il s’agit d’une allusion au film « Les vacances de monsieur Hulot », film populaire (pour les générations un peu âgées) qui montre de manière humoristique quelqu’un désireux de vivre tranquillement ses vacances à la plage, sans complications.

CPNT joue avec ce besoin de bonheur et avec la question sociale, les rurbains étant dans une situation précaire par rapport aux villes, centres de richesses et de pouvoir.

Hulot a donc joué un rôle peut-être utile, s’il permet de mettre dos à dos tant son écologie version bobo, que le culte du terroir version facho. On pourrait alors faire vivre une utopie, celle qui affirme que la Terre doit redevenir bleue et verte !

Stéphane Lhomme candidat aux primaires d’EELV

Les élections présidentielles ont une dimension très fortement personnalisée ; d’une certaine manière en France, c’est un coup d’État légal, où une sorte de roi est élu pour une période déterminée. C’est donc un moment où « l’on se lance. »

Le carriérisme massivement présent chez Europe Ecologie n’en ressort que davantage. Et voici que la saga continue. Nicolas Hulot était mécontent de la date des primaires : qu’à cela ne tienne désormais la direction d’EELV négocie avec lui pour les modalités pratiques (notamment la liste des personnes pouvant voter, Hulot voulant ouvrir le plus largement possible aux personnes non adhérentes à EELV).

Mais voici qu’un troisième larron vient s’ajouter : Stéphane Lhomme. Nous avons parlé de lui au moment de son éviction de son poste de porte-parole du Réseau Sortir du nucléaire. Lui aussi veut être candidat aux primaires d’EELV… dont il ne fait pas partie. Son but est ainsi de mettre Hulot dans les cordes (et avec lui, toute une partie d’EELV).

Voici sa lettre à la responsable d’EELV :

Vendredi 8 avril 2011
Stéphane Lhomme

à Cécile Duflot,
Secrétaire nationale
d’Europe écologie – Les Verts

Objet : candidature à la primaire d’Europe écologie – Les Verts pour l’élection présidentielle

Cécile,
je te prie noter que, par le présent courrier, je fais officiellement acte de candidature dans le cadre de la primaire d’Europe écologie – Les Verts (EELV) pour l’élection présidentielle.

Il est vrai que je ne suis pas adhérent d’EELV mais, chacun le sait, M Hulot non plus… ce qui ne semble pas poser de problème pour qu’il participe à cette primaire (cf ta réponse à Mme Lapix sur le plateau de Dimanche +). Ce qui est possible pour M. Hulot doit nécessairement l’être pour quelqu’un d’autre.
Je te remercie de me faire connaître dès que possible les modalités pratiques et administratives de participation à la primaire.

Stéphane Lhomme
Président de l’Observatoire du nucléaire
Porte-parole du Réseau Sortir du nucléaire de février 2000 à février 2010

La candidature demandée est donc, en quelque sorte, à charge contre Hulot. Voici le point de vue de Stéphane Lhomme :

Nicolas Hulot est le candidat des multinationales

Je me présente à la primaire d’ « Europe écologie – Les Verts » parce que :
– l’animateur de télévision Nicolas Hulot, parrainé par L’Oréal et EDF, veut faire main basse sur l’écologie politique ;
– il faut proposer une écologie offensive contre les multinationales pollueuses et pour une véritable politique sociale.

Par Stéphane Lhomme, Président de l’Observatoire du nucléaire

Présentée comme l’aboutissement suprême de la participation citoyenne au débat public, l’élection présidentielle au suffrage direct est au contraire devenue un rouleau compresseur antidémocratique qui pousse les partis à des « castings » dictés par les sondages et dope les ambitions de vedettes du petit écran.

On ne sera donc pas surpris de constater que l’écologiste cathodique Nicolas Hulot se propose d’être le candidat d’Europe écologie-Les Verts.

A ce compte, pourquoi pas Mimie Mathy, Zidane, Madame de Fontenay où Johnny Halliday ? Si Nicolas Hulot était désigné, ce serait la pire des humiliations pour les tous écologistes.

Conscient qu’il n’est pas très présentable pour un supposé écologiste d’être en affaire avec EDF ou L’Oreal, Nicolas Hulot vient de rompre ses contrats avec ces multinationales pollueuses. Ainsi, d’un claquement de doigts, il serait subitement « lavé » de ces collaborations indécentes pour un « écologiste » ?

Comment croire que les citoyens-électeurs vont se laisser berner par de si grosses ficelles ? Comment croire que les Verts, et les autres écologistes qui agissent sur le terrain depuis si longtemps, vont accepter d’être enrôlés par l’animateur de TF1 ?

En effet, la seule « légitimité » de M Hulot pour représenter l’écologie politique se résume
principalement… en une très forte notoriété. Celle-ci est due à sa présence de longue date, et en « prime time », dans la grille des programmes de TF1, la chaîne de télévision la plus regardée en France. TF1 étant elle-même détenue par la multinationale Bouygues, plus spécialisée dans le bétonnage et la pollution que dans l’écologie.

Pire : il apparaît que c’est le drame de Fukushima qui a décidé l’animateur de télé à franchir le pas vers la politique. Or, tout en se construisant une image médiatique d’écologiste, Nicolas Hulot n’a auparavant jamais levé le petit doigt contre l’atome. Parfois contraint de se prononcer lors d’interviews, il s’en sortait avec des pirouettes du genre « Le nucléaire n’est pas une solution… à terme ».

Mais, le plus souvent, il expliquait que l’atome n’était certes pas très écologique, mais que la priorité était de lutter contre le changement climatique. Sous entendu, il faut garder le nucléaire qui dégage peu de co2. Peu importe les déchets radioactifs et les catastrophes atomiques…

La catastrophe nucléaire japonaise n’est donc qu’une bonne opportunité pour Nicolas Hulot qui s’est parfois laisser aller à donner conférence à l’invitation de la Société française de l’énergie nucléaire (SFEN), par exemple le 15 novembre 2001 à Bordeaux. Ayant diffusé aux spectateurs un tract contestant le caractère écologique du nucléaire et le soutien apporté de fait à cette thèse par l’animateur d’Ushuaia, j’avais eu la surprise de voir ce dernier, en furie, se précipiter vers moi et prétendre que sa présence aux côtés de la SFEN n’avait aucune signification.

Et puis il y a eu le « machin » appelé Grenelle de l’environnement, idée « lumineuse » de M. Hulot qui a déroulé à cette occasion le tapis vert pour M Sarkozy. Celui-ci s’est offert à bon compte une image d’écologiste : le Grenelle a servi de cache sexe à la continuation des pires pollutions, nucléaire, autoroutes, pesticides, incinérateurs, etc.

Nicolas Hulot et les autres écologistes officiels – ils ont été désignés par l’Elysée ! – n’ont même pas « monnayé » leurs participation au Grenelle, par exemple en exigeant l’arrêt de la construction du réacteur nucléaire EPR. Ils se sont précipités dans les salons dorés et devant les caméras pour en tirer des avantages personnels.

Certains sont aujourd’hui députés européens, d’autres viennent d’être récompensés par une nomination lucrative au Conseil économique et social. Et leur leader, Saint Nicolas, entend maintenant faire carrément main basse sur l’écologie politique !

Mais quel peut donc être l’intérêt pour les écologistes de se soumettre à la candidature Hulot ?
Première hypothèse, la mayonnaise ne prend pas : il ne suffit pas de caracoler en tête des sondages de notoriété pour être crédible en politique. Au final, les écolos se seront offerts pour rien à Hulot, le candidat des multinationales polluantes.

Seconde hypothèse, Hulot fait un bon score : 10%, 12%, voire 15%. Les élites vertes pensent pouvoir alors contraindre le PS à leur laisser, lors des élections législatives, une bonne cinquantaine de circonscriptions gagnables. C’est mal connaître le PS, lequel a toujours châtié ses vassaux, surtout lorsqu’ils se sont enhardis. Par contre, on peut envisager trois ou quatre ministres écologistes. La belle affaire : le PCF en a eu autant en 1981, et leur seul rôle a été de faire avaler des couleuvres à leurs camarades.

Dans tous les cas, à part récupérer quelques strapontins pour certains écolo-arrivistes, on ne voit pas bien ce que gagnerait Europe écologie à s’offrir à un animateur de télévision ami de multinationales pollueuses. Ce serait la déchéance finale et fatale de l’écologie politique.

Il est donc très clair que ma candidature est avant tout motivée par le souci de s’opposer à celle de Nicolas Hulot. On m’objectera qu’il n’est pas très constructif de se présenter « contre », plutôt que d’être force de proposition. Ce à quoi je réponds que, parfois, il faut savoir se lever pour dire « non », mais que cela n’empêche pas pour autant de la faire de façon positive et constructive.

Il reste à ce que ma candidature ne soit pas écartée par de subtils procédés bureaucratiques. Je ne suis certes pas membre d’Europe écologie, mais Nicolas Hulot non plus : s’il est autorisé à concourir, il n’y a aucune raison que je ne le sois pas.

Stéphane Lhomme
Président de l’Observatoire du nucléaire
http://www.observatoire-du-nucleaire.org

Sur le papier, cette démarche a une cohérence, à part qu’il y a peu de légitimité à apporter la bonne parole de l’extérieur d’EELV.

Surtout que Stéphane Lhomme est lié aux « décroissants », qui eux aussi espéraient lancer une candidature vraie/fausse, afin de faire passer leurs idées (http://www.objecteursdecroissance2012.fr, hors ligne, avec Paul Ariès en figure de proue), mais l’union n’a pas été réussie et le projet est tombé à l’eau.

La vérité est qu’EELV exerce une telle pression qu’à moins d’avoir des valeurs très fortes – comme la libération animale et la libération de la Terre – il est difficile d’avoir une marge de manoeuvre, même s’il est évident qu’EELV et Hulot n’ont rien d’écologiste finalement.

La tentative de Stéphane Lhomme, si elle contribue évidemment à montrer la nature d’EELV et de Hulot, ne saurait constituer une véritable perspective : celle-ci ne peut se développer qu’à la base, démocratiquement, avec des valeurs morales et culturelles hautement développées. C’est le sens à nos yeux d’assumer le véganisme et la libération de la Terre !