• Le droit des pigeons à boire, ainsi qu'à prendre des bains

Emmanuel Macron et son “Make our planet great again”

Nous l’avions mentionné hier : Emmanuel Macron s’est empressé, après le discours de Donald Trump annonçant la sortie des accords de Paris signés à la fin de la COP21, de faire une petite vidéo en français et en anglais.

On peut l’y voir notamment utiliser le slogan « Make our planet great again », soit « rendons notre planète grande de nouveau ». C’est bien entendu une allusion au slogan de Donald Trump «  Make America great again ».

Emmanuel Macron a également publié ce slogan sur instagram, ayant reçu 56 275 « J’aime » et sur tweeter, il y a pratiquement 200 000 « retweets » et plus de 300 000 « likes ».

C’est bien évidemment une opération de communication, visant à satisfaire l’ego français, ce fameux chauvinisme français qui se flatte que la France serait « à part » dans sa manière de vivre, son raffinement, etc.

C’est le fameux sentiment de supériorité français, qui exige que tout le monde apprécie les Français et les adulent, pendant qu’eux regarderaient les autres pays avec un mépris feutré.

On est ici dans une vanité totale et voici le discours d’Emmanuel Macron à la suite de la décision de Donald Trump, car demain, il faudra démasquer toute cette vaste hypocrisie.

La COP21 a été un échec, Emmanuel Macron ment quand il prétend défendre la planète, il faut avoir un regard objectif et exigeant, conscient de l’ampleur du désastre et de la radicalité nécessaire pour changer le monde.

Elysée – Jeudi 1er juin 2017

Mes chers compatriotes,

J’ai souhaité m’exprimer devant vous, quelques heures à peine après la déclaration du Président des Etats-Unis d’Amérique, parce que l’heure est grave.

Je prends note de la décision du Président américain de se désengager de l’Accord de Paris sur le climat. Je respecte cette décision souveraine. Mais je la regrette. Je considère qu’il commet là une erreur pour les intérêts de son pays et de son peuple et une faute pour l’avenir de notre planète.

Je viens à l’instant d’échanger avec le Président TRUMP et j’ai eu l’occasion de lui en faire part.

Le changement climatique est l’un des grands défis de notre temps. Ce qui paraissait encore pouvoir être discuté il y quelques années, s’impose désormais à nous tous, avec une grande évidence. La biodiversité est menacée, le dérèglement climatique affame plusieurs continents, dévaste certaines régions, chasse des habitants de leur patrie. En France même, nous observons chaque année les conséquences de ce dérèglement.

Si nous ne faisons rien, nos enfants connaitront un monde fait de migrations, de guerres, de pénuries, de disparitions d’archipels et de villes côtières, causées par ces évolutions. Cela a déjà commencé.

Ce n’est pas l’avenir que nous voulons pour nous. Ce n’est pas l’avenir que nous voulons pour nos enfants. Ce n’est pas l’avenir que nous voulons pour le monde.

La vocation de la France est de mener ces combats qui impliquent l’Humanité tout entière. C’est pourquoi la France s’est placée à l’avant-garde de la lutte contre le changement climatique. Elle s’est engagée résolument dans toutes les négociations internationales. En décembre 2015, la France a réussi ce tour de force de faire signer 195 pays, de leur faire signer un engagement commun, l’Accord de Paris pour le climat.

Alors, oui, je vous le dis ce soir avec beaucoup de force : Nous ne renégocierons pas un accord moins ambitieux. En aucun cas.

La France ce soir appelle l’ensemble des pays signataires à demeurer dans le cadre de l’Accord de Paris, à rester à la hauteur des responsabilités qui sont les nôtres et à ne rien céder.

Je veux ce soir dire aux Etats-Unis : La France croit en vous. Le monde croit en vous. Je sais que vous êtes une très grande Nation. Que les Etats-Unis ont été fondés pour faire triompher la liberté, la vérité, la raison, partout contre l’ignorance et l’obscurité. Mais ne vous trompez pas. Sur le climat, il n’y a pas de plan B. Car, il n’y a pas de planète B.

Alors, oui, nous continuerons.

A tous les scientifiques, ingénieurs, entrepreneurs, citoyens engagés, que la décision du Président des Etats-Unis a déçus, je veux dire ceci : Vous trouverez dans la France une seconde patrie. Je vous lance un appel : Venez travailler ici, avec nous, travailler sur des solutions concrètes pour le climat.

Ce soir, les Etats-Unis ont tourné le dos au monde. Mais la France ne tournera pas le dos aux Américains. Je vous assure, mes chers compatriotes et vous qui m’écoutez où que vous soyez dans le monde, la France n’abandonnera pas le combat.

Bien entendu, nous aurions préféré livrer cette bataille aux côtés des Etats-Unis d’Amérique. Car, ce sont nos alliés et ils resteront nos alliés, en matière de lutte contre le terrorisme, sur nombre de sujets de défense, de sécurité, sur nombre de sujets industriels et économiques. Mais il en est ainsi.

La porte n’est pas fermée, elle ne le sera jamais à cette Nation à laquelle nous devons tant. Mais nous sommes encore nombreux à conserver notre détermination.

La France jouera donc son rôle dans le monde car c’est ce qui est attendu d’elle. Dès ce soir, avec l’Allemagne et l’Italie, nous avons tenu à réaffirmer notre engagement pour l’Accord de Paris.

Je me suis entretenu, il y a quelques instants, avec la Chancelière d’Allemagne, nous prendrons ensemble, dans les prochains jours, des initiatives fortes allant en ce sens. Samedi, je verrai le Premier ministre indien à Paris et m’entretiendrai sur ce sujet avec lui. Dans les prochains jours, je parlerai aux principaux décideurs pour m’assurer de leur engagement.

Enfin, la France proposera un plan d’action concret, afin d’accroître son attractivité pour les chercheurs et les entreprises de la transition écologique et prendra des initiatives concrètes, notamment en Europe et en Afrique sur ce sujet. J’ai demandé au Gouvernement d’y travailler activement et le réunirai à cet effet la semaine prochaine.

Nous ne tiendrons pas seulement nos engagements passés. Dès ce soir, la France se doit d’être plus ambitieuse encore pour l’avenir, pour notre avenir.

Vive la République ! Vive la France !

Marie Sara, l’ex-cavalière torera candidate pour Emmanuel Macron

Emmanuel Macron parle beaucoup d’être progressiste, mais nous avons déjà souligné à plusieurs reprises que sur le plan des idées, il est un passéiste outrancier (voir Emmanuel Macron : “je continuerai à manger l’agneau des Pyrénées” ainsi que Emmanuel Macron et l’éleveur « qui pleure quand un animal meurt »  et Emmanuel Macron veut développer le « tourisme cynégétique »).

Cela est tellement vrai que dans le Gard, son parti politique « La République en marche » présente une candidate à la députation qui n’est autre qu’une ancienne torera, Marie Sara.

Elle a été “rejoneadora”, c‘est à dire cavalière torera.

Le scénario est cauchemardesque jusqu’au bout puisque l’actuel député sortant est l’avocat Gilbert Collard, élu en 2012 du Rassemblement Bleu Marine.

C’est donc bobo contre facho, car Marie Sara ne représente en rien le terroir… Elle vient de la banlieue parisienne, son grand-père étant le réalisateur Jean-Luc Godard, sa mère une actrice de la comédie française et son père un metteur en scène très important, elle a été mariée au tennisman Henri Leconte ainsi qu’à un publicitaire patron d’Europacorp, etc.

C’est tellement bobo que Gala ne tarit pas d’éloge à son sujet :

« Cette gracieuse blonde de 52 ans a un destin décidé­ment hors du commun. Dès son plus jeune âge, elle rêvait de deve­nir torero, un métier encore largement réservé aux hommes.

Mais à force de persévérance, elle devenue l’une des meilleures « toreras ». Agile et intrépide, elle s’est illustrée comme une des rares femmes toreros à cheval en France, et a gagné de splendides combats au coeur des arènes, parfois au péril de sa vie. »

Midi libre a tout de suite compris la dimension tactique du choix de Marie Sara dans le Gard. Il s’agit de surfer sur l’idéologie du terroir : Emmanuel Macron « a sorti piques et banderilles », elle compte défendre « les cultures locales ».

Marie Sara a bien entendu, dans sa carrière, eut le soutien du fameux Simon Casas, avec qui elle est associée aujourd’hui dans l’organisation de corridas, à Mont-de-Marsan par exemple.

Rappelons que Simon Casas a développé de manière très approfondie la “justification philosophique” de la corrida (voir Simon Casas, un faux humanisme de faux prophète).

Simon Casas est d’ailleurs le directeur artistique des arènes de Madrid, depuis 2011, et depuis septembre dernier le directeur de
Las Ventas, les principales arènes de Madrid.

Marie Sara défend cette même conception mystique, comme on peut le voir dans ce petit extrait qui vaut vraiment le détour quand on s’intéresse à la question.

On notera au passage qu’elle n’est pas la seule torera à cheval qui est candidate. Marie-Pierre Callet l’est également, dans les Bouches-du-Rhône, pour Les Républicains…

Maire Piette Callet a la même explication “mystique”, comme le raconte Objectif Gard :

C’est à Arles au début des années 80, que Marie-Pierre Callet assiste à sa première corrida accompagnée de son époux, déjà mordu de tauromachie. “Je suis partie avant la fin. Je hurlais, c’était horrible.”

Mais elle a persisté, n’ayant qu’une obsession : “comprendre pourquoi des milliers et des milliers de gens venaient voir ce spectacle.”

Assise dans l’arène, elle a enlevé ses œillères pour mieux observer.

“J’ai alors découvert la force du taureau, sa puissance, son élégance. J’ai aussi compris que l’on vénérait le taureau, que sa vie était ainsi faite : vivre en toute quiétude et puis mourir digne dans une arène.”

Pour en revenir à Marie Sara, qui a donc tué au moins mille taureaux, et qui pratique également encore l’élevage de taureaux, en Camargue, la nouvelle a bien entendu choqué.

Des gens ont alors lancé une pétittion, déjà signée par pratiquement 40 000 personnes. Nous n’appelons pas à la signer : cela ne sert à rien de se battre contre des moulins à vent.

Cela n’a pas de sens de pratiquer un idéalisme outrancier et de croire à une « évolution des consciences » alors que les faits disent le contraire…

Il faut du contenu, batailler pour le contenu, et ne pas s’attendre à ce qu’une société qui laisse des êtres humains vivre comme SDF pratique la compassion généralisée envers les animaux…

Voici le texte de la pétition.

Contre l’investiture de Marie Sara (Rép. En Marche) dans la 2ème circonscription du Gard

Le jeudi 11 mai 2017, le mouvement La République En Marche a publié la liste des candidats investis pour les élections législatives des 11 et 18 juin 2017.

Parmi eux, se présente dans la 2ème circonscription du Gard, madame Marie Sara, 52 ans, ancienne torera, éleveuse de taureaux et qui dirige actuellement les arènes de Saintes-Maries-de-la-Mer (Bouches du Rhône).

A l’heure où 4 français sur 5 déclarent que la cause animale est un enjeu important (enquête réalisée par l’Ifop pour le collectif AnimalPolitique en mars 2017), un autre sondage Ifop commandé en mars 2017 cette fois par l’Alliance Anticorrida montre que 75% des habitants des 10 départements français où les corridas sont organisées (dont le Gard), sont opposés à la tauromachie avec mise à mort (http://www.anticorrida.org/actions/sondage-departements-taurins-alliance-anti-corrida-2017.php).

Aujourd’hui, et plus que jamais, la cause animale doit se placer au coeur des enjeux politiques. L’investiture de Marie Sara se présente donc en contradiction avec l’évolution des consciences. Cela montre aussi qu’au sein du mouvement En Marche, ces considérations sont loin d’avoir été prises en compte.

Par cette pétition, nous demandons donc le remplacement de Marie Sara, en vue des législatives 2017 dans la 2ème circonscription du Gard pour le mouvement la République En Marche.

Cette pétition sera remise à:

Présidente
Catherine Barbaroux (Présidente de la République En Marche)

Président de la République Française
Emmanuel Macron

Chargée des relations presse
Sibeth NDiaye

Secrétaire général
Richard Ferrand

Il n’y a pas d’illusion à se faire sur les gens qui sont réactionnaires… Il faut changer le monde, tout simplement!

Brigitte Bardot : “Si Macron passe, les animaux trépassent!”

Marine Le Pen, dont nous présentions hier l’hypocrisie concernant l’écologie, peut se frotter les mains.

Elle qui veut qu’on vote pour elle, elle peut profiter des anarchistes antispécistes qui font campagne contre Emmanuel Macron, ce qui est anecdotique, mais surtout de Brigitte Bardot.

C’est une alliée de poids dans la bataille électorale et cela n’a aucune originalité, puisqu’on connaît bien les opinions de Brigitte Bardot. Cependant, cette fois il y a davantage de subtilité, puisqu’elle ne défend pas Marine Le Pen, mais dénonce Emmanuel Macron.

Cela revient au même, mais la méthode “indirecte” a fait ses preuves…

Il est vrai qu’Emmanuel Macron s’est sacrément lâché dans le genre (voir Emmanuel Macron : » je continuerai à manger l’agneau des Pyrénées » ainsi que Emmanuel Macron et l’éleveur « qui pleure quand un animal meurt »  et Emmanuel Macron veut développer le « tourisme cynégétique »).

Sauf qu’il ne fait qu’appuyer des choses qui sont portées par le Front National à la base : le culte du terroir, la soumission aux traditions passéistes, le soutien unilatéral aux éleveurs, etc.

Si l’on a des principes et qu’on regarde concrètement, Marine Le Pen n’est en rien favorable au véganisme…

Alors faire inversement d’Emmanuel Macron le grand ennemi des animaux, comme dans son communiqué, c’est plus que “forcé” comme tentative de surfer sur la “bonne image” que tente de s’approprier Marine Le Pen depuis quelques mois sur le plan de la question du rapport aux animaux…

Voici donc le message de Brigitte Bardot.

 

Quel lyrisme!

“Si Macron passe, les animaux trépassent!”

Et que dire devant les propos suivants :

“Le mépris qu’il affiche devant la souffrance animale résume son manque total d’empathie que prouve la froideur de son regard bleu acier.”

C’est là une dramatisation irrationnelle, comme malheureusement on les connaît si bien dans la protection animale en général.

Entre les photos chocs des uns, les rassemblements où des gens tiennent des animaux morts dans les mains (comme L214), les brûlures au fer rouge de l’association 269, on est sacrément servi.

Et le résultat est un décalage complet par rapport à la réalité de l’exploitation animale, des postures moralistes individuelles faisant office de témoignage, un infantilisme sur le plan des idées dont tentent de profiter les pires démagogues.

Emmanuel Macron et l’écologie

Voici une tribune publiée dans le Journal du Dimanche et qui tente de faire passer Emmanuel Macron pour un grand écologiste !

Bon, que ce soit moins catastrophique que Marine Le Pen, ce n’est pas dur à deviner… Elle, présidente, l’écologie serait pratiquement criminalisée et toute critique disqualifiée au nom des intérêts supérieurs de la nation.

Mais tout de même, ce n’est pas parce que Marine Le Pen est une sorte d’équivalent de Donald Trump que cela pare Emmanuel Macron de toutes les vertus.

A moins de résumer l’écologie à une sorte de vague gestion de la pollution et du réchauffement climatique, ce que font d’ailleurs les signataires qui ne parlent ni des animaux ni de la Nature, mais pensent très certainement déjà à des postes ministériels possibles…

Non, l’écologie n’est pas absente du second tour de la présidentielle!

Un candidat,Emmanuel Macron, en fait le cœur de son programme de transformation économique et sociale.

Son adversaire, Marine Le Pen, tente de promouvoir une sinistre “écologie patriotique” tout en multipliant impasses et choix dangereux pour notre présent et notre futur. Il y a d’abord les évidences.

Macron veut doubler la part des renouvelables en 5 ans, quand Le Pen promet un moratoire sur l’éolien. Macron veut plus d’Europe -car c’est aussi la bonne échelle pour plus d’écologie-, quand Le Pen veut en sortir.

Macron veut faire de notre pays le leader de l’agriculture écologique, quand Le Pen se contente de prôner “la préférence nationale”, ignorant les risques des pesticides pour la nature et la santé.

Macron s’engage à ramener la part du nucléaire à 50% en 2025, quand Le Pen veut la maintenir à 75% et refuse de fermer Fessenheim.

Macron est conscient de l’urgence climatique, de ses conséquences humanitaires (250 millions de “réfugiés climatiques” d’ici 2050) et de notre obligation d’être à la hauteur, tandis que Le Pen flirte avec le négationnisme climatique, n’a pas voté pour la ratification de l’accord de Paris au Parlement européen, et déclare parfois n’être “pas sûre que l’activité humaine soit l’origine principale” du changement climatique.

Mais l’analyse détaillée des programmes révèle que, sur l’écologie, la fracture entre les candidats d’En Marche! et du Front National est encore plus profonde.

D’un côté, l’ambition d’améliorer vraiment la vie des Français-es et de l’autre le choix d’un sur-place dangereux pour notre planète, notre économie et notre santé.

Prenons quelques exemples. Sur la lutte contre la précarité énergétique qui touche 11 millions de citoyen-es, Macron propose une nouvelle prime dès la réalisation des travaux, un audit énergétique gratuit, la fin de la location des logements les plus énergivores, 4 milliards d’euros pour aider les propriétaires les moins aisés à faire les travaux ; Marine Le Pen se contente quant à elle de citer l’isolation des logements comme une priorité, sans préciser comment elle compte s’y prendre.

Sur la santé environnementale, Macron trace la voie d’une sortie du diesel avec des mesures concrètes (nouvelle prime de 1000 euros pour changer de véhicule, alignement fiscalité gazole sur celle de l’essence etc…) que Le Pen refuse en bloc, niant ainsi les 50.000 décès prématurés dus chaque année à la pollution atmosphérique et le fait que 40 millions de Français respirent un air pollué.

Sur l’agriculture et l’alimentation, Macron développe un ensemble de mesures tant attendues (5 Milliards d’investissement pour des projets en faveur de l’environnement et du bien-être animal, sortie des pesticides, Etats généraux de l’Alimentation, 50% bio, autres labels de qualité ou local dans toute la restauration collective…) quand Le Pen préfère un protectionnisme dangereux pour nos agriculteurs et nos territoires, instrumentalise la souffrance animale au nom de son combat contre l’islam plutôt que de lutter contre les pratiques de l’élevage intensif, sans même parler du refus des députés FN de mettre fin aux pesticides néonicotinoïdes tueurs d’abeilles.

Economie circulaire, santé-environnement, biodiversité, basculement vers la fiscalité écologique, plan d’investissements… Sur bien d’autres thèmes, l’analyse comparée est implacable tant, sur l’écologie, tout oppose Emmanuel Macron à Marine Le Pen!

Nous entendons et respectons celles et ceux qui voudraient qu’Emmanuel Macron s’engage encore plus pour l’environnement.

Mais que toutes celles et tous ceux qui prétendent défendre l’écologie, en aient bien conscience : chaque voix qui manquera le 7 mai 2017 à Macron contre Le Pen sera une voix qui manquera à l’écologie, au futur, à la solidarité.

Chaque abstention sera une forfaiture devant de tels enjeux, un manque cruel de responsabilité envers les générations futures et une partie du Monde déjà aux prises avec les changements climatiques.”

Liste des signataires

Matthieu Orphelin, ex-porte-parole de Nicolas Hulot
Daniel Cohn-Bendit, ex-député européen
Corinne Lepage, présidente de son mouvement, Le Rassemblement citoyen-Cap21
François de Rugy, président du Parti écologiste
Barbara Pompili, secrétaire d’Etat chargée de la biodiversité
Arnaud Leroy, député de la 5e circonscription des Français de l’étranger
Jean-Paul Besset, ex-député européen
Sébastien Mabile, avocat, chargé des questions Environnement à En Marche!

Emmanuel Macron et l’éleveur “qui pleure quand un animal meurt”

La FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) a invité les candidats aux présidentielles à un grand oral, à l’occasion du dernier jour de son congrès.

Cette invitation au moment du congrès signifie qu’il faut aller se soumettre et, d’ailleurs, il fallait être présent en personne. Jean-Luc Mélenchon voulait envoyer un représentant, il a été éconduit, Benoît Hamon ne s’est pas déplacé.

C’est que la FNSEA, c’est le symbole du conservatisme et des grandes entreprises ; être présent à son congrès quand on veut se donner une image de gauche n’est pas faisable…

Emmanuel Macron, lui, y est allé de bon coeur, saluant l’ancien président mort tout récemment, avant de se lancer dans un éloge de la compétitivité, dans un décor assez hallucinant de kitscherie…

Et, dans le prolongement de ce qu’il a dit au WWF (Emmanuel Macron : » je continuerai à manger l’agneau des Pyrénées ») et au congrès des chasseurs (Emmanuel Macron veut développer le « tourisme cynégétique »), il a maintenu son courant ultra-libéral sur le plan de l’économie et des moeurs, ultra-réactionnaire sur le plandes valeurs.

Ses propos au sujet du bien-être animal ont été littéralement abjects, se basant qui plus est sur l’image d’Epinal du petit élevage, de taille raisonnable, avec l’éleveur connaissant ses animaux, veillant même l’animal malade la nuit…

Une telle vision du terroir est digne des années 1930.

Nous avons retranscrits ses propos, qui valent le détour, d’autant plus qu’il aborde la question des oeufs, confirmant l’interprétation que nous avons fait de sa mesure au sujet des oeufs issus de poules en cages.

« – Il y avait cette question qui vient de la salle.

Que pensez-vous des attaques des différentes associations sur le bien-être animal, comment pensez-vous valoriser notre agriculture dans de telles conditions, nos produits, le travail ?

– Ben, là dessus, j’ai répondu d’ailleurs à une organisation environnementaliste qui m’interrogeait sur ce sujet.

Moi, j’ai jamais connu un éleveur qui était heureux avec des animaux malades. Faut me le présenter.

C’est comme l’idée qu’un employeur serait forcément quelqu’un qui adore licencier des gens.

[mettant sa main vers sa tête pour indiquer que ce serait « fou »] C’est parfois les représentations qu’on a dans le débat public.

Si quelqu’un est malheureux lorsqu’il y a un problème de bien-être animal, c’est l’éleveur le premier.

Et l’éleveur, ce qu’il veut, c’est justement pouvoir élever ses animaux dans les meilleures conditions, parce que c’est lui qui se relève la nuit, c’est lui pleure quand un animal meurt.

[faisant un signe de dénégation avec l’index] C’est pas les gens qui sont dans des associations ou dans des bureaux.

Donc aujourd’hui… [applaudissements du public]

Donc aujourd’hui, le problème c’est quand c’est un éleveur n’est pas en situation d’améliorer les choses pour ses bêtes et pour lui-même.

Et donc c’est pour cela que moi je veux faire ce plan d’investissement agricole qui permet, quand on a un projet, qu’on veut l’améliorer…

Moi j’étais il n’y a pas longtemps dans la région, chez monsieur Nédelec, qui passe justement, qui a un élevage de cinquante vaches, qui passe à une production bio.

Il a pu installer, parce que il a eu des aides de la région, pour accompagner ses bêtes, des capteurs qui permettent de mieux accompagner la bête quand elle veule [Emmanuel Macron se trompe et veut en fait dire quand elle vêle], etc., et d’éviter des souffrances.

Eh bien, ça, je suis désolé de vous le dire, c’est de l’investissement, c’est pour bon pour l’élevage [brouhaha dans la salle, le modérateur fait « chut chut » au public], c’est bon pour le professionnel et c’est bon pour tout le monde.

C’est pour ça que ce plan d’investissement d’avenir, il permet de résoudre le problème de la condition animale, mais en même temps, il permet d’améliorer le fonctionnement.

Après, on a un problème dans les abattoirs, mais c’est la transformation, ce n’est pas l’élevage.

Et là dans les abattoirs, pardon de vous le dire, mais les premières victimes, ce sont celles et ceux qui y travaillent, hein.

Et la raison on la connaît bien. Donc là aussi y a un plan de modernisation à faire.

– [Christiane Lambert, président de la FNSEA, prend la parole] Toutefois, monsieur Macron, vous nous avez donné l’impression de surfer un petit peu sur la vague welfariste, lorsque vous avez dit qu’il fallait que vous alliez interdire en 2025 tous les œufs provenant de poules en cage.

Nous sommes dans une région où 70 % des poules sont élevées en cages, modernisées agrandies, mais quand même 70 %.

Les bâtiments qui ont été rénovés il y a cinq ans, qui ont encore dix quinze ans d’amortissement, comment allez-vous faire d’un coup – claquement de doigt tweet – pour résoudre ce problème de l’agriculture française [applaudissements, bravos].

– Je vais vous dire deux choses. La première, c’est que 2025, ce n’est ni un tweet ni un claquement de doigt. C’est quand même un objectif.

La deuxième, c’est que je n’ai jamais dit que je la prendrai moi ou que je l’interdirai. J’ai dit que je me fixerai cet objectif. Et il est atteignable.

La troisième chose, si vous m’avez écouté précisément, madame la présidente [brouhahas, le modérateur fait « chut chut chut »], c’est que j’ai parlé de la GMS [grandes et moyennes surfaces]. J’ai parlé de la GMS.

Or une large majorité des œufs qui sont produits dans la région et vendus, ils le sont pour les industries agro-alimentaires et la transformation.

J’ai pas une seule seconde dit, en l’espèce, qu’il fallait revenir sur les normes actuelles.

La dernière chose, c’est que, justement, et quand j’ai rencontré les professionnels au salon de l’agriculture, je leur ai dit, je pense qu’il faut pour la grande distribution – ce qui est une part minoritaire de la vente des œufs, comme vous le savez aujourd’hui qui sont produits – pour la grande distribution, il faut se fixer cet objectif à dix ans, parce que de toutes façons, sinon nous aurons à le subir.

Moi, je vous fiche mon billet, on peut se faire plaisir, je peux vous dire le contraire, mais dans trois, dans quatre ans, dans cinq ans, vous aurez des associations de plus en plus, des associations de consommateurs et autres, qui vous diront [tapant dans ses mains] « moi je veux de la meilleure qualité ».

On l’a eu sur le poulet, on l’a sur tout, donc il faut se fixer cet objectif à dix ans en disant : on va l’accompagner.

Ce n’est pas surfer sur une vague. C’est se dire : on peut quand même avoir un objectif décennal. Ce n’est pas une loi qui l’interdira demain, ce n’est pas une nouvelle norme, mais on dit il faut accompagner cette transformation, uniquement pour ce qui est vendu en GMS, et ça passe aussi par ce plan d’investissement.

On l’a calé avec la profession, il faut cinq cent millions d’euros d’investissement pour, dans les cinq six années à venir, moderniser. Ils seront accompagnés par le plan d’investissement que je porte.

– Vous avez évolué, c’est bien… Mais merci d’avoir précisé

– J’ai dit des choses précises. »

Emmanuel Macron veut développer le “tourisme cynégétique”

Emmanuel Macron n’est pas que très content de “manger l’agneau des Pyrénées“, il a également été très heureux d’aller saluer la Fédération Nationale des Chasseurs, qui lors de son assemblée a invité les candidats à la présidentielle pour qu’ils présentent leur point de vue sur la chasse.

“On aime les animaux, on aime tellement les animaux, qu’on les chasse. Cela va ensemble” a-t-il pu entendre, en l’acceptant.

D’ailleurs, Emmanuel Macron est d’accord : “la chasse, c’est un mode de vie”, qui relève de “l’identité française”.

“Valeurs et traditions” vont rester, même s’il doit y avoir “l’entrée dans la modernité”, a-t-il expliqué.

“Je n’ai pas d’heure! Je n’ai pas de montre” a-t-il répondu quand on lui a demandé s’il pouvait rester un peu après son discours.

“Vous vous faites balader depuis quinze ans” au sujet de la directive oiseaux, a-t-il affirmé, soutenant les chasseurs demandant à tuer plus d’oiseaux.

Lui, par contre, promet de remettre 200 millions d’euros par an aux éleveurs et aux chasseurs en raison de leur rôle positif pour l’environnement.

Et il compte sur les chasseurs pour qu’ils participent systématiquement aux institutions ayant un rapport avec l’environnement.

Quant au “bien-être animal”, ce n’est pas une priorité, et “il faut laisser les gens respirer”.

Autre point important : Emmanuel Macron s’est prononcé en faveur de la réouverture des chasses présidentielles. C’est là un symbole d’une grande importance !

On connaît bien ce principe rassemblant l’élite de l’économie et de l’Etat, qui a donné à Valéry Giscard d’Estaing des souvenirs merveilleux.

Ces chasses étaient un secret bien gardé, permettant de former un esprit de corps au plus haut niveau, dans une ambiance grand-bourgeoise de luxe.

Nicolas Sarkozy avait stoppé celle-ci en 2010 et leur retour avait déjà été annoncé par le passé, même si en fait elles ont continué de manière non officielle.

Emmanuel Macron veut donc leur retour. Mais cela va bien plus loin que cela, en fait : il veut développer le tourisme de la chasse.

Certains médias ont noté qu’il voulait la réouverture des “chasses présidentielles”, mais cette affirmation s’insère en réalité dans un plan plus vaste…

Nous retranscrivons ici ses propos :

“Enfin, je souhaite associer encore davantage la chasse à l’économie de nos territoires. Parce que là, comme on préserve la ruralité…

Mais quand on veut associer encore davantage la chasse à l’économie, il faut en reconnaître et en développer tous les atouts.

Le tourisme cynégétique est un formidable atout. Il est encore trop peu exploité aujourd’hui.

Et au-delà de la pratique de ce qui est portée, on doit le valoriser. Et c’est un élément de valorisation, que j’assume totalement.

J’ai eu l’occasion de le dire aussi d’ailleurs quand on a parlé des chasses présidentielles.

J’avais l’impression de commettre une espèce de forfaiture terrible en disant que j’étais favorable à leur réouverture, encadrée, transparente.

Les gens me disaient : “c’est absolument affreux”.

Il ne faut pas être honteux. Si on décide de porter cette valeur, il faut la reconnaître comme un élément d’attractivité.

C’est quelque chose qui fascine à l’étranger, c’est quelque chose qui fascine partout, ça représente la culture française, c’est un point d’ancrage.

Donc partout sur nos territoires, je suis favorable à ce qu’on développe cette forme de tourisme.

La France, c’est la première destination touristique mondiale. Les chasseurs du monde entier ignorent encore trop souvent qu’il est possible dans notre pays d’y chasser, qu’il y a des chasses formidables, et que c’est un élément de notre attractivité touristique.”

C’est là un parti pris tout à fait clair et juste après Emmanuel Macron parle de développer la “viande de gibier”.

Emmanuel Macron continue donc son éloge du terroir et des traditions, tout en prônant le libéralisme libertaire général sur le plan des moeurs et de l’économie.
C’est logique : le libéralisme va de pair avec la loi du plus fort. Le conservatisme sera ainsi encore plus débridé, encore moins critiquable, car chacun fait ce qu’il veut, surtout le splus riches !

L’ex-porte parole de la Fondation Hulot soutient Emmanuel Macron au nom de l’écologie

On sait combien il peut y avoir des excuses “bidons” (il n’y a pas d’autres mots) pour aller “à la gamelle” (c’est-à-dire rejoindre  par intérêt un politicien qui a du succès).

Mais là, celles de Matthieu Orphelin, ex-porte parole de la Fondation Hulot, sont d’un niveau de pathétique rarement atteint.

Parce que, franchement, comment oser défendre Emmanuel Macron au nom de l’écologie? Le type s’en moque complètement, il n’en parle jamais et en plus il est fier de “manger l’agneau des Pyrénées“.

Il ne fait même pas semblant, la seule chose qui l’intéresse, c’est le business.

Et voilà pourtant Matthieu Orphelin qui vient claironner dans les médias bobos par excellence, Libération et L’Obs, qu’être écologiste implique de soutenir Emmanuel Macron.

En réalité, on l’aura compris : ce docteur en énergétique de l’Ecole des Mines, responsable de la direction économie circulaire et déchets de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), ancien vice-président (EELV) de la Région des Pays de la Loire, n’est qu’un bobo tout à fait dans l’esprit d’Emmanuel Macron depuis le départ.

Il a toujours été un bobo institutionnel, mais vient donner des leçons de “réalisme” : “J’ai passé l’âge des grands soirs” dit-il dans Libération, alors qu’il n’a jamais été révolutionnaire.

Ce qu’il appelle écologie, c’est une modernisation plus ou moins peinte en verte de ce qui existe actuellement. Il l’avoue de manière explicite dans sa lettre expliquant son choix, que voici.

Pourquoi j’ai décidé de soutenir Emmanuel Macron pour l’élection présidentielle 2017

Matthieu Orphelin, ancien porte-parole de Nicolas Hulot, @M_Orphelin

Angers, le 24 février 2017

Pour certains, l’écologie serait réservée aux bobos et synonyme de délocalisations pour nos industries, de décroissance, de normes en plus pour le monde agricole, de contraintes pour les consommateurs.

Pour moi, c’est tout le contraire : d’abord un enjeu de solidarité, mais aussi plus d’emplois et de compétitivité pour nos entreprises, une croissance enfin sélective, un renouveau pour nos agriculteurs, plus de santé, d’émancipation et de bonheur pour les citoyens.

J’ai choisi de soutenir Emmanuel Macron car il porte des mesures écologistes et peut en faire le socle d’un projet global à la hauteur des enjeux.

Emmanuel Macron a clairement et rapidement progressé sur l’écologie. Heureux si le travail dans l’ombre des uns et des autres y contribue et si le combat inlassable de Nicolas Hulot depuis des années pour imposer la transition écologique au cœur du débat politique a pu l’inspirer, comme tant d’autres avant lui.

Que porte Macron sur l’écologie ?

ïl y a d’abord les engagements rendus publics le 10 février sur des sujets sur lesquels je me suis tant battu depuis des années, notamment en tant que porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot pendant les conférences environnementales du quinquennat Hollande et lors de la COP21.

Quelques exemples : le basculement vers une fiscalité écologique par la montée en puissance de la contribution climat énergie jusqu’à 100 €/t en 2030 et la convergence de la fiscalité sur les carburants par un alignement à la hausse de celle du gazole sur l’essence sur les 5 ans du quinquennat ; une nouvelle prime de 1000 € pour aider les ménages les plus modestes à changer leur vieux véhicule ; un renforcement de la lutte contre la précarité énergétique ; ou encore, la confirmation des objectifs de maîtrise de l’énergie de la loi de transition énergétique et de baisse à50 % de nucléaire en 2025, qui induisent mécaniquement la fermeture de plusieurs centrales au court du prochain mandat.

Il y a aussi des sujets où il a clairement évolué dans le bon sens : sur NDDL, refuser l’évacuation violente du site et redonner sa chance au projet alternatif de réaménagement de l’aéroport existant de Nantes-Atlantique est une sage décision.

D’autres sujets si essentiels à mes yeux, sur lesquels il a proposé des avancées majeures – passées un peu inaperçues. Une révolution pour l’agriculture et nos agriculteurs qui en ont tant besoin : 50 % de bio, autres labels de qualité et local dans toute la restauration collective publique et privée, un Grenelle de l’Alimentation -reprenant là encore l’idée poussée par Nicolas Hulot-, la séparation (tant attendue !) des activités de conseil et de vente des pesticides,dès le début du mandat.

J’ai été aussi assez convaincu par la préparation du plan d’investissements qui sera présenté début mars, dont une part très importante devrait être consacrée àla transition énergétique et écologique. Les engagements déjà révélés, dont un plan de transformation agricole de 5 milliards d’euros ou l’accélération des efforts sur les énergies renouvelables et leur stockage, vont clairement dans le bon senset devraient être complétés par d’autres bonnes surprises.

Je veux plus. Il faut bien sûr aller plus loin et dévoiler de nouveaux engagements sur l’écologie d’ici au 1tour de l’élection présidentielle.

Les idées que je pousserai ?

Mettre la santé environnementale en haut de l’agenda politique,développer massivement les alternatives aux pesticides, proposer des mesures fortes sur la mobilité du quotidien des personnes et le transport de marchandises, concrétiser l’ambition affichée d’une économie « 100 %circulaire » par un plan d’actions à la hauteur, intensifier les efforts sur la formation professionnelle et l’apprentissage pour les métiers de demain (un sujet que j’ai tant porté dans mon mandat -unique- de Vice-président à l’éducation de la Région des Pays de la Loire), prendre ses distances avec le CETA qui pose tant de questions démocratiques et constitutionnelles et repenser les règles du commerce international pour le rendre durable, mettre en place une vraie taxe sur les transactions financières et lutter contre l’évasion fiscale,repenser et renforcer la solidarité internationale notamment pour rembourser notre dette écologique envers les pays en développement, accélérer les efforts nécessaires sur la transparence et l’exemplarité, notamment pour les milieux financiers et politiques, réinventer l’éducation à la citoyenneté…

Au-delà de ces mesures, le plus important sera de faire de tout cela un ensemble cohérent, une vision pour la France, où justice sociale et combat environnemental se nourrissent mutuellement.

Enfin, au-delà de l’écologie –mais tout cela est si lié-, il y a le reste de ce que j’apprécie dans sa vision. Son ambition pour l’Europe, saluée par Dany Cohn Bendit.

Ses prises de position fortes sur les autres sujets qui me sont chers :l’éducation (même s’il pourrait mettre plus l’accent sur la prévention dudécrochage scolaire), l’accueil des réfugiés, la prévention en matière de santé. Savolonté de renouveau démocratique et de sortir des clivages, de rassembler plutôt que d’opposer, dont notre pays a je pense tant besoin.

Suis-je sous le charme? Non ;)

Hypnotisé ? Pas plus ! D’accord avec tout ce qu’il propose ? Evidemment non !

Comme tant d’autres, j’ai été meurtri par sa récente phrase très malheureuse sur la pseudo humiliation subie par les participants de la Manif pour Tous ; son explication de texte a posteriori ne m’a d’ailleurs pas totalement convaincu.

Militant contre toutes les formes de discriminations, je serai particulièrement vigilant à ce que de telles ambiguïtés ne puissent subsister sur ces combats si essentiels pour l’égalité, dont on les avancées doivent d’ailleurs bien plus aux associations de défense des droits des personnes LGBT qu’aux politiques.

J’ai choisi de soutenir Emmanuel Macron car c’est le seul qui pourra défendre l’écologie au second tour.

J’ai toujours refusé les postures politiciennes. Ne comptez pas sur moi pour jouer au « mon candidat est le seul à avoir compris l’écologie ».

Yannick Jadot ? J’ai partagé avec lui tant de combats pour l’environnement et j’ai été heureux, lors de la primaire des écologistes, de réarmer sur sa profession de foi combien j’apprécie son engagement et sa constance, son refus des combines et des magouilles politiques. Mais il ne sera finalement pas candidat.

Benoît Hamon ? Il a entamé une vraie transition sur nos sujets, même s’il conserve quelques angles morts (et si je ne partage pas sa mesure-phare sur le revenu universel, en tout cas pas dans les modalités qu’il a proposées). Hamon a le devoir, maintenant qu’il se revendique autant écologiste que socialiste, d’être exemplaire dans toutes ses propositions.

Jean-Luc Mélenchon ? Il a un style clivant qui ne me correspond pas mais une vraie vision sur certains thèmes stratégiques, comme l’économie de la mer.

En définitive, tant mieux si, comme l’a si bien dit Nicolas Hulot, Mélenchon, Hamon, Jadot et Marcon se livrent une compétition positive et un concours d’intelligence sur l’écologie, qui devait être la grande absente de la campagne. Et pourquoi pas, après l’élection de Macron, une coalition de gouvernement !

A mes ami-es qui rêvent du grand soir, à celles et ceux qui ne pensent pas aux petits matins, qui sont déjà emprisonnés dans leurs certitudes, dans l’aveuglement des campagnes électorales où l’on imagine réelles des victoires pourtant impossibles, où l’on pare son candidat de toutes les vertus en aimant dénigrer les autres, je voulais redire tout cela très simplement.

Leur redire que, pour l’instant, l’indignité de cette campagne politique ne profite qu’à une seule personne : Marine Le Pen.

Qu’un second tour Fillon – Le Pen, entre la droite dure et la droite extrême seraitun cauchemar que je ne veux pas vivre.

Que je pense sincèrement qu’Emmanuel Macron est pour l’instant le seul àpouvoir éviter cela.

Qu’il peut porter une ambition écologiste à la hauteur.

Il a donc mon soutien, sincère et exigeant.

Emmanuel Macron et la la “contraventionnalisation” du cannabis

Les gens vraiment de gauche n’aiment pas Emmanuel Macron, qu’ils ne considèrent pas comme étant vraiment de gauche. Si cela est juste, alors ils feraient bien de se demander pourquoi sur le plan des moeurs ils disent pratiquement tous la même chose que lui…

La démarche libérale-libertaire, où toute valeur est rejetée comme un principe “totalitaire”, les rassemble tous.

Emmanuel Macron est d’ailleurs “en train de sortir du bois” concernant le cannabis et sa légalisation.

Il avait déjà exprimé le fait qu’il était ouvert à la question, en septembre 2016.

Comme dans Le Figaro la semaine dernière les choses semblaient peu claires, puisqu’il expliquait «ne pas croire à la dépénalisation des “petites doses”», RTL a demandé des éclaircissements à Gérard Collomb, le maire de Lyon issu du Parti Socialiste mais grand soutien d’Emmanuel Macron.

Le concept utilisé est alors celui de la “contraventionnalisation” : on paiera une amende si l’on a une petite quantité de cannabis sur soi.

Libération est bien sûr très content et a publié un article intitulé On a (enfin) compris ce que veut Emmanuel Macron sur le cannabis.

Tout en constatant qu’au fur et à mesure de ses meetings (Macron sur le cannabis, ou comment le discours politique fabrique du faux), Emmanuel Macron en rajoute toujours niveau chiffres erronés sur le fait que la justice est impuissante à enrayer la vague de gens arrêtés en raison du cannabis, les relaxant finalement.

Libération est donc allé se rensigner auprès du porte-parole d’Emmanuel Macron… qui précise la ligne de la “dépénalisation” maquillée derrière une “contraventionnalisation” bien entendu fictive.

Car les policiers ne vont pas passer leur temps à faire des contraventions devenant banal…

«Juridiquement, effectivement, c’est bien une dépénalisation» que propose Macron, dit d’ailleurs son porte-parole, Benjamin Griveaux.

«Mais on a préféré parler de contraventionnalisation, pour qu’on comprenne bien, parce que tout le monde n’a pas forcément en tête toutes les subtilités dépénalisation/légalisation», explique-t-il à Libération.

Mais pourquoi alors Macron a-t-il affirmé «ne pas croire à la dépénalisation» au Figaro la semaine dernière ?

Une confusion, argue Griveaux : «En fait, il ne croit pas à la légalisation. C’est ça, son propos.»

Sauf que nous ne sommes nullement empreints de naïveté : Emmanuel Macron est un libéral et donc il voudra forcément légaliser. La “contraventionnalisation” n’est qu’une étape pour amener la légalisation et ne pas froisser son électorat.

Les députés des Pays-Bas viennent d’ailleurs de légaliser la culture du cannabis dans leur pays. C’était inévitable, dans la mesure où le business du cannabis va devenir un nouveau terrain de bataille économique…

De plus, cela met fin à la contradiction des coffee-shops légaux mais de leur approvisionnement illégal… La balance a penché finalement du côté du libéralisme complet, fort logiquement.

Emmanuel Macron : ” je continuerai à manger l’agneau des Pyrénées”

Emmanuel Macron est un phénomène médiatique très important et le WWF est un poids lourd des associations « écologistes » liées ouvertement aux institutions. Leur rencontre hier lors d’un petit questions-réponses a visé naturellement à faire un petit buzz médiatique, dont on voit cependant les limites : 16 000 vues sur facebook, 40 seulement sur youtube.

Et on apprend pas grand-chose, dans la vidéo de ces questions-réponses, à part qu’Emmanuel Macron est un homme de dossiers, qui répond aisément, posément, en expert… en finalement pas grand-chose.

Voici notre retranscription des propos, qui sont assez cocasses et qui témoignent qu’Emmanuel Macron n’y connaît rien et par ailleurs s’en fout. Cela se passe à un peu plus de deux minutes avant la fin dans la vidéo.

Emmanuel Macron : Il y a un sujet, on le sait, l’élevage des poules en batterie. Là il faut être dessus très clair sur les œufs.

Moi je souhaite et je prends même l’engagement, que euh donc d’ici 2025 on ne vende plus…

Le responsable du WWF : Donc d’ici 2025 dans dix ans

Emmanuel Macron : Qu’on ne vende plus, que ce soit interdit dans les grandes surfaces, des œufs issus justement des élevages en batterie.

Le responsable du WWF : L’ANSES [Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail] recommande de manger moins de viande, Jean-Luc Mélenchon a dit qu’il mangeait moins de viande, quels sont vos engagements personnels sur ce sujet et évidemment sur la politique d’alimentation ?

Emmanuel Macron : Non, moi je je… [sourire]

Le responsable du WWF : Non ?

Emmanuel Macron : Moi j’aime bien la viande, donc je continuerai à en manger.

Le responsable du WWF : A en manger quel que soit l’impact carbone etc ?

Emmanuel Macron : Non.

Le responsable du WWF : Sur la planète.

Emmanuel Macron : Non, parce que ce n’est pas une fatalité. D’abord, il y a de la viande française, qui est formidable, donc je continuerai à manger l’agneau des Pyrénées ou d’ailleurs. Je continuerai…

Le responsable : Justement, moins de viande mais mieux de viande c’est quelque chose dans laquelle vous vous retrouvez ?

Emmanuel : Bien sûr. Mais d’ailleurs… Mais totalement.

Il est tout à fait révélateur que le responsable du WWF, à savoir son directeur général en France, Pascal Canfin, cherche à sauver la mise à Emmanuel Macron, en commençant à parler de « moins mais mieux ».

Car il était évident qu’Emmanuel Macron ne connaît rien à la question de l’empreinte carbone de la « viande ». Il a simplement compris cela comme une question de transport, montrant qu’il ne connaît rien à la question.

N’importe qui s’intéressant un tant soit peu à la question sait que produire de la « viande » implique une vaste production de gaz à effets de serre, environ 18 % du total causé par l’humanité…. Au minimum, certains chiffres allant jusqu’à 51 %.

Les raisons sont bien connues : transport des aliments pour les animaux (les 2/3 des terres agricoles sont occupées par l’exploitation animale), déforestation intensive, fermentation gastrique des ruminants, stockage du lisier…

Apparemment, Emmanuel Macron ne le sait pas… Ce qui est impossible. On voit bien dans ses réponses que c’est quelqu’un de cultivé et de méthodique. C’est donc qu’il ment, c’est évident.

La preuve, il connaît très bien le thème des œufs en batterie mis en avant par L214 et il se précipite dessus par choix électoral  ! Aucun hasard là-dessus.

Il cite même, à la fin des questions-réponses, L’enracinement de Simone Weil, montrant son haut intellectualisme, Simone Weil correspondant à une certaine critique très « années 1930 ».

Voici un extrait de cet ouvrage parlant du déracinement et de l’enracinement, avec ce thème ultra-réactionnaire des racines :

« Un jeune moine bouddhiste était inquiet pour le salut éternel de son père, vieil avare qui ne pensait qu’à l’argent.

Le prieur du couvent se fit amener le vieux et lui promit un sou chaque fois qu’il pratiquerait la récitation du nom du Seigneur ; s’il venait le soir dire combien de sous on lui devait, on les lui paierait.

Le vieux, ravi, consacra à cette pratique tous ses moments disponibles. Il venait se faire payer au couvent chaque soir.

Soudain on ne le vit plus. Après une semaine, le prieur envoya le jeune moine chercher des nouvelles de son père.

On apprit ainsi que le vieux était maintenant absorbé par la récitation du nom du Seigneur au point qu’il ne pouvait plus compter combien de fois il la pratiquait ; c’est ce qui l’empêchait de venir chercher son argent.

Le prieur dit au jeune moine de ne plus rien faire et d’attendre. Quelque temps après, le vieux arriva au couvent avec des yeux rayonnants, et raconta qu’il avait eu une illumination.

C’est à des phénomènes de ce genre que fait allusion le précepte du Christ : « Thésaurisez pour vous des trésors dans le ciel… car là où est ton trésor, là sera aussi ton cœur. »

Cela signifie qu’il y a des actions qui ont la vertu de transporter de la terre dans le ciel une partie de l’amour qui se trouve dans le cœur d’un homme. »

Si Emmanuel Macron est capable de chercher une référence pareille, alors il est en mesure de connaître la question de l’empreinte carbone de la « viande »…

Alors pourquoi ment-il ? Parce qu’il est libéral sur le plan économique, sur le plan des mœurs, sur tous les plans, ce qui implique non pas l’éloge du terroir comme François Fillon, mais au moins son acceptation.

Par conséquent, il fait donc l’éloge de l’agneau des Pyrénées, pour montrer qu’il ne compte nullement entrer en rupture avec les traditions. Emmanuel Macron avait d’ailleurs fait l’éloge de Jeanne d’Arc, de Philippe de Villiers au Puy du Fou (où il avait pour la première fois assumé de ne pas être socialiste).

C’est la ligne d’Emmanuel Macron, qui est le partisan d’unir, d’unifier, d’accorder… Notre-Dame-des-Landes ? On nomme un médiateur, je verrai dans six mois. Le nucléaire ? On vise 32 % d’énergies renouvelables en 2030. Les OGM ? On interdit, mais on continue les recherches à leur sujet. Le diesel ? On taxe à parité avec l’essence. Etc. etc.

En clair, on modernise mais on ne touche à rien, on libéralise mais on reste bien réactionnaire. Concluons d’ailleurs sur des photos terrifiantes, venant du site agneaudespyrenees.com. Elles montrent des jeunes animaux, notamment avec leurs mères, alors qu’ils les assassinent…

Emmanuel Macron et le tabagisme et l’alcoolisme dans le bassin minier

La question de l’alcool est tabou, il ne faut pas en parler et surtout ne pas mentionner son existence.

Aussi Emmanuel Macron a-t-il mis les pieds dans le plat lors de sa visite vendredi à Nœux-les-Mines, dans le Pas-de-Calais, où il a affirmé la chose suivante :

“Dans ce bassin minier, les soins se sont moins bien faits, il y a beaucoup de tabagisme et d’alcoolisme, l’espérance de vie s’est réduite, elle est de plusieurs années inférieure à la moyenne nationale”

C’est, au sens strict, un simple constat, lorsqu’il a constaté que les personnes travaillant dans les abattoirs avaient un niveau de scolarité extrêmement bas (voir Les travailleurs illettrés de GAD).

Une Mission bassin minier du Nord-Pas-de-Calais de 2013 constate ainsi :

“La surmortalité est la plus nette pour les décès liés à l’alcoolisme : leur nombre est supérieur de 87% chez les hommes et 138% chez les femmes à ce que l’on aurait observé dans le Nord-Pas-de-Calais si la mortalité y était la même qu’en France.”

Ce constat, Emmanuel Macron le reconnaît par populisme, car il prétend pouvoir faire changer les choses. C’est son leitmotiv comme quoi le libéralisme va redynamiser l’économie et donc les gens vont voir leur niveau de vie s’améliorer, etc.

Il est hypocrite, car ce qu’il propose ne résout rien, mais on ne peut pas dire qu’il affabule… A moins d’être populiste. On a eu droit à une déferlante sur ce plan.

Voici par exemple ce qu’a dit Steeve Briois du Front National :

Avec sa morgue de banquier parisien, Macron insulte toute la population du bassin minier ! Il doit s’excuser et vite

Macron humilie les habitants de notre région, en relayant des clichés dignes de l’ignoble banderole déployée il y a 10 ans.

Il s’agit ici d’une allusion à la banderole totalement honteuse faite par des supporters du club de football du Paris Saint-Germain, où était écrite “Pédophiles, chômeurs, consanguins : bienvenue chez les Ch’tis”.

Pierre Laurent du PCF a publié ce message :

“Analphabètes, alcooliques, fumeurs, #costard”@EmmanuelMacron. Qui méprise le peuple, méprise la France.

Dans l’émission Le grand jury, Jean-Luc Mélenchon a donné son point de vue, également similaire :

“Il n’en rate pas une, il ne peut pas s’en empêcher. Il arrive dans le Pas-de-Calais et il leur dit: +ah bah oui, il y a le tabagisme et l’alcoolisme+. Il ne manque plus que l’inceste et comme ça le tableau serait complet!”

Ce sont des réactions totalement stupides et populistes, qui nient les problèmes de l’alcool, du tabac, des drogues. Emmanuel Macron a d’ailleurs été très satisfait de cela, puisque cela lui permet de se présenter comme proche des gens et de leurs problèmes…

Voici le communiqué du mouvement d’Emmanuel Macron, En marche, où il peut profiter de la stupidité des réactions pour se prétendre le défenseur du peuple…

➜ COMMUNIQUÉ DE PRESSE

En déplacement dans le Pas-de-Calais, Emmanuel Macron s’est publiquement inquiété de l’écart d’espérance de vie entre les habitants de ces territoires paupérisés et ceux des métropoles : 5 ans de moins pour les hommes et 3 ans de moins pour les femmes que les habitants de Paris, par exemple. Le Nord-Pas-de-Calais est le territoire où les femmes et les hommes meurent le plus jeune de France.

Cet écart d’espérance de vie est lié en partie à une surconsommation d’alcool et de tabac, comme cela a été rappelé par le directeur de l’Agence Régionale de Santé du Nord-Pas-de-Calais, ancien Directeur Général de la Santé, le Dr. Jean-Yves Grall : « une forte précarité socio-économique (RSA, chômage), des habitudes de vie, notamment alimentaires, liées à la précarité, avec leurs conséquences (diabète, obésité), beaucoup d’addictions (alcool, tabac, drogue), qui sont d’ailleurs des marqueurs de la précarité ».

Il ajoutait : « Les nordistes sont durs au mal et ont recours souvent trop tard aux soins », ce qui ne permet pas de remédier à ces situations de manière satisfaisante. D’où une surmortalité de 29% chez les hommes par rapport à la moyenne nationale, et de 22% chez les femmes.

Ces comportements ne viennent pas de nulle part. Car la vérité de ce territoire, ce ne sont pas des chiffres, mais des parcours de vie. Quand un bassin de vie se paupérise, ses habitants sont frappés de plein fouet. Emmanuel Macron, conforme à sa volonté de nommer les choses et d’affronter la réalité, ne retire donc pas un mot de ce qu’il a dit.

Il note en revanche que la coalition des bien-pensants va de l’extrême-gauche à l’extrême-droite, utilisant de manière indifférenciée les mêmes déformations et les mêmes caricatures.

Il déclare : « Je trouve déplorable et malsain le choix de sujets aussi graves pour polémiquer. Ce qui m’intéresse, c’est de savoir ce que l’on peut faire pour cette région dont je viens et ces territoires que je connais depuis toujours. C’est pour cela que j’ai proposé la semaine dernière un service sanitaire de trois mois pour les plus de 40 000 étudiants en santé qui les conduiraient là où l’accès aux soins est le plus difficile.

C’est pour cela également que j’ai souhaité rendre hommage aux acteurs qui contribuent à la rénovation des logements, comme le groupe SIA que j’ai vu hier dans la cité minière de Fond-de-Sains, à Nœux-les-Mines. Je prendrai des mesures concrètes pour faciliter et accélérer leur travail qui est décisif pour le pouvoir d’achat et le confort des habitants.

Je refuse de répondre à ceux qui ont abandonné ces territoires hier, comme le Parti communiste, ou leur mentent aujourd’hui, comme le parti Front national ou des élus en mal de publicité »

Emmanuel Macron qui donne des leçons de ligne populaire au PCF, c’est dire si la polémique lui donne des ailes !

Plutôt que de faire du populisme, il faut bien plutôt assumer qu’il y a des problèmes et combattre leurs causes. A quand la diffusion de manière prolongée et populaire de la culture (vegan) straight edge dans le bassin minier ?

Il y a eu des initiatives, mais il faut de la continuité, du travail sur le terrain… C’est un combat difficile ! Mais le seul qui vaille le coup, à l’opposé d’Emmanuel Macron et de son capitalisme sauvage : il est même pour légaliser le cannabis !

Emmanuel Macron s’ajoute à la liste des partisans de la légalisation du cannabis

Il y a deux jours nous parlions de Benoît Hamon dans la mesure où il est favorable à la légalisation du cannabis mais n’a pas osé l’inscrire dans son programme. Dans l’émission On n’est pas couché, il a pour la première fois abordé cette question, mais précisément en ce sens « masqué ».

Il a, en effet, tourné cela de telle manière que c’est présenté comme une lutte contre les trafics… Tout en prétendant uniquement ouvrir le débat et combattre « l’hypocrisie » : « je n’ai pas la solution miracle »…

« Il faut rentrer dans le débat de la légalisation » dit-il ainsi…

Pour la petite histoire, en cherchant des informations à ce sujet, on tombe sur une page diffusant cette position de Benoît Hamon, dans le cadre de ce qui est en fait une entreprise cherchant à attirer les consommateurs de cannabis…

Peut-on faire plus anti-social que ce produit, qui vise à aider des chauffards potentiels ? On sait à quel point le cannabis ralentit les réflexes, et il faudrait conduire drogué en se préservant d’une éventuelle répression ?

Une sale mentalité, d’esprit mercantile bien entendu…

« Kana Cleaner® est une combinaison d’agents naturels qui agit directement sur les métabolismes d’absorption et d’élimination du THC et de ses dérivés (Delta-9-THC, 11-OH-THC, THC-COOH…) Du fait de ses propriétés physico-chimiques, Kana Cleaner® fixe l’intégralité du THC pour permettre son élimination totale de la bouche et de la matrice salivaire. Kana Cleaner® est le résultat de plusieurs années de recherche au sein de la division biochimie de la prestigieuse Amsterdam University of Applied Science. »

Dans cette démarche ultra-libérale, on a également Emmanuel Macron. Nous avions parlé, en octobre 2015, de l’appel fait par Libération : « Et si Macron était aussi libéral avec le cannabis ? ».

On sait à quel point il prétend renouveler le personnel politique, apporter fraîcheur et franchise. Pourtant, bien malin qui peut lire aisément ce qu’il a expliqué dimanche à Questions Politiques (France Inter / France Info / Le Monde)…

« Aujourd’hui, le cannabis pose un problème de sécurité, de lien avec la délinquance dans les quartiers difficiles, de financement de réseaux occultes.

Et donc on voit bien que la légalisation du cannabis a des intérêts de ce point de vue et a une forme d’efficacité.

Et on voit bien que de ce point de vue, le sujet est ouvert et doit être considéré.

De l’autre côté, j’entends et je suis aujourd’hui pas en situation c’est un sujet que je veux travailler.

Je ne suis pas contre, si cette réponse provisoire peut être la mienne aujourd’hui.J’entends les préoccupations de santé publique qui sont émises par ailleurs. C’est pas un sujet léger.

Je souhaite qu’on puisse ouvrir ce sujet, qu’on puisse l’aborder de manière méthodique dans les semaines qui viennent. Je ne suis pas contre là aussi pour un principe d’efficacité et de justice, au fond. »

Exactement comme dit dans notre article sur Benoît Hamon, il y a deux jours, le « bal des faux-culs » commence : le processus politique de légalisation du cannabis s’enclenche.

Hamon et Macron mettent en branle la machine, qui va amener le vainqueur des primaires – sans doute François Hollande puisque tout est fait au PS pour cela – à intégrer cela dans la plate-forme d’union pour les présidentielles…

“Et si Macron était aussi libéral avec le cannabis ?”

Le quotidien Libération a un certain sens des valeurs : juste au lendemain de l’annonce de la découverte par les douanes de 7,1 tonnes de résine de cannabis à bord de trois véhicules utilitaires à Paris, c’est un éditorial en faveur du cannabis qui a été publié….

En s’appuyant pour cela sur le libéralisme de Macron, on a une apologie libérale-libertaire de la libéralisation de cette drogue, qui prend, qui plus est, comme référence le “think tank” Terra Nova, organe des bobos au parti socialiste et qui appelle à se débarrasser de toute défense des ouvriers…

Et si Macron était aussi libéral avec le cannabis ?

Cher Emmanuel Macron, puisque vous aimez briser des tabous, il est temps de vous saisir de la question du cannabis.

Et d’expliquer à vos camarades du gouvernement que l’avenir, c’est d’autoriser sa commercialisation dans un marché régulé par la puissance publique, pas de le laisser aux errements incontrôlés du marché noir. Cela ne va pas être aisé de les convaincre : rien que dimanche, par exemple, votre bien-aimé président est allé plastronner devant les 7 tonnes de cannabis saisies à Paris, en espérant que cet exploit allait «contribuer à porter un coup [qu’il] espère fatal à des organisations criminelles».

Or, toute personne avisée sait qu’en la matière, police, douane et gendarmerie ne sont que des régulateurs : la marchandise saisie sera automatiquement remplacée, la filière éventuellement pénalisée sera suppléée par une autre. C’est la loi du marché, un concept que vous maîtrisez.

Une autre initiative récente de votre gouvernement a consisté à faire passer en douce au Journal officiel, comme le Monde l’a révélé vendredi, la possibilité de frapper d’une simple contravention l’usage de stupéfiants. Mais comme cette transaction pénale dépendra du bon vouloir du parquet, et que l’usage demeure dans la loi passible d’un an de prison, sa conséquence est difficile à appréhender : elle peut tout autant adoucir la répression que la renforcer.

C’est d’une tout autre réforme dont la France a besoin. De plus en plus de pays ont compris que la production de cannabis pouvait devenir une intéressante filière économique – et légale. D’abord, pour l’usage thérapeutique de ce produit, dont on ignore toujours, par obscurantisme, les vertus en France. La Croatie vient d’autoriser cet usage ; l’Australie a annoncé son intention de permettre une production légale à cette fin.

Aux Etats-Unis, dans les 23 Etats (soit près de la moitié) qui autorisent le cannabis thérapeutique, la filière de «l’or vert» bat son plein. Quatre Etats sont allés plus loin, permettant la vente légale pour l’usage récréatif. Au Colorado, les autorités s’en disent très satisfaites : dans l’année fiscale 2014-2015, l’Etat a engrangé 65 millions de dollars (57 millions d’euros) de taxes, soit plus que sur l’alcool.

Pendant ce temps, la France dépense chaque année des centaines de millions d’euros pour une répression aveugle, injuste et inefficace. Les 150 000 arrestations annuelles pour usage de stups, principalement de cannabis, sous l’ère Hollande (plus que du temps de Sarkozy, un exploit dont la gauche devrait se vanter, non ?) n’ont pas fait baisser le niveau de consommation.

Comment le pourraient-elles ? Les études démontrent qu’il n’y a pas de lien entre interdit et niveau de consommation. Mais, en France, on préfère ignorer la réalité et dépenser inutilement l’argent qu’il faudrait consacrer à la prévention, très en retard.

Alors que la prohibition fait chaque jour, depuis quarante ans, la preuve de son échec, pourquoi ne pas créer un marché régulé du cannabis sous contrôle de l’Etat ? Des personnes très raisonnables le proposent.

Comme la députée Anne-Yvonne Le Dain (PS), dans un rapport de novembre 2014. Comme le think tank Terra Nova qui, un mois plus tard, suggérait de «réguler le marché pour sortir de l’impasse». Un cheval de bataille qu’en libéral assumé, vous ne manquerez pas d’enfourcher. Bien à vous.

Loi Macron, le 49-3 et les déchets nucléaires…

A l’occasion du vote de la loi Macron par l’intermédiaire du 49-3 (pour résumer: votez la loi ou le gouvernement démissionne!), il y a eu un ajout effectué en douce… Voici le communiqué du réseau Sortir du nucléaire.

Loi Macron et 49-3 : le gouvernement enterre les déchets nucléaires… et le débat démocratique !

Communiqué du 10 juillet 2015

Le Réseau “Sortir du nucléaire” exprime son indignation devant le déni de démocratie survenu hier lors de l’adoption de la Loi Macron. Par la voix du député de l’Isère François Brottes, le gouvernement a accepté dans la loi un cavalier législatif facilitant l’implantation de CIGÉO, ce projet d’enfouissement en profondeur des déchets les plus radioactifs, puis adopté l’ensemble de la loi en court-circuitant le débat parlementaire par le recours au 49-3.

Un déni de démocratie dans la droite ligne des actions du lobby nucléaire en France

L’enfouissement des déchets, sujet grave qui impactera une région entière pour des milliers d’années, vient donc d’être validé en quelques heures, devant une audience restreinte et sans débat, aux termes d’interminables manoeuvres de la part de députés à la botte de l’Agence pour la gestion des déchets radioactifs (Andra). De manière spécieuse, sachant que CIGÉO va coûter plusieurs dizaines de milliards d’euros, le député a justifié ce choix d’accélérer la procédure par le prétexte des difficultés financières d’Areva !

Ce passage en force se situe dans la droite ligne du déni de démocratie dont ont fait preuve l’Andra et les autorités depuis des années : mépris des conclusions du débat public de 2005, qui refusaient l’enfouissement ; mépris de l’opposition légitime d’un grand nombre d’habitants de la région et des résultats sans appel d’un référendum citoyen il y a quelques années, mépris des générations futures qui devront supporter les conséquences désastreuses de l’implantation de CIGÉO… Il en va malheureusement de même pour l’ensemble de l’industrie nucléaire : EPR imposé sans débat préalable, promesse électorale bafouée sur la fermeture de Fessenheim…

Un coup tordu pour éviter un débat parlementaire

Alors même que la loi de 2006 sur les déchets radioactifs prévoyait une procédure législative spécifique pour définir les conditions de l’enfouissement et le concept de “réversibilité”, le gouvernement et les parlementaires pro-CIGÉO ont réalisé là un inacceptable passage en force qui leur permettra de sauter cette étape. L’autorisation de construire CIGÉO sera donnée sans demander l’avis des parlementaires, contrairement à ce qui était prévu initialement.

L’article 201 de la Loi Macron impose, sans discussion, sa propre définition de la réversibilité : il s’agirait d’une possibilité de revenir à tous moments sur les décisions antérieures. Cette définition est tellement vague que chacun pourra mettre ce qu’il veut derrière et qu’elle pourrait affranchir l’exécutif et la technocratie de tout regard législatif et citoyen pour modifier l’inventaire des déchets, la durée d’exploitation, la fermeture partielle et définitive des galeries tout au long de l’exploitation de CIGÉO…

La Loi Macron entérine aussi la “phase pilote” plébiscitée par l’Andra, qui n’est autre qu’une manière de commencer l’enfouissement par petit bout pour mieux faire passer la pilule. Sur l’issue de cette phase, aucune date, aucun cahier des charges : l’Andra a les coudées franches et… le flou dont elle a besoin pour travailler toute seule dans son coin, sans regard démocratique extérieur.

CIGÉO doit être empêché à tout prix

CIGÉO est un projet imposé dangereux, inutile et hors de prix, qui doit absolument être empêché. S’il venait à être construit, la France pourrait devenir la poubelle nucléaire de l’Europe, en vertu de la directive européenne qui autorise le stockage de déchets d’autres États-membres.

Le Réseau “Sortir du nucléaire” souhaite vivement que le Conseil Constitutionnel retoque cet article 201 et réaffirme sa détermination à empêcher l’implantation de CIGÉO et son soutien aux actions qui seront mises en oeuvre contre ce projet.

Texte de la loi : http://www.assemblee-nationale.fr/14/ta-pdf/2934-1-art_49-3.pdf

Communiqué de la Coordination Bure Stop : http://www.sortirdunucleaire.org/CIGEO-a-la-sauce-49-3-le-comble

Les travailleurs illettrés de GAD

C’est un scandale qui n’en est absolument pas un, et justement le fait de présenter cela comme un scandale vise à cacher une réalité significative : les gens travaillant dans les abattoirs sont prisonniers.

Ils sont prisonniers physiquement, moralement, psychologiquement, culturellement. Le travail est physiquement terrible, moralement insoutenable. Personne de civilisé ne voudrait faire ce travail, à moins de ne pas avoir le choix, de vivre dans les marges cachées du monde moderne.

Si on donnait aux gens le choix, personne ne travaillerait dans les abattoirs, et ceux-ci fermeraient d’eux-mêmes…

Alors, évidemment, l’approche du nouveau ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, est celle d’un financier, qui regarde par en haut. Reste qu’il a formulé de manière abrupte une vérité toute simple, évidente, et bien connue. Voici ce qu’il a affirmé précisément :

« Dans les sociétés qui me sont données, sur les dossiers que j’ai, il y a la société Gad.

Vous savez ? Cet abattoir.

Il y a dans cette société une majorité de femmes. Il y en a qui sont, pour beaucoup, illettrées.

Pour beaucoup on leur explique : « vous n’avez plus d’avenir à Gad ou aux alentours. Allez travailler à 50 ou 60 kilomètres ».

Ces gens-là n’ont pas le permis de conduire. On va leur dire quoi ? Il faut payer 1 500 euros et il faut attendre un an ? Voilà, ça ce sont des réformes du quotidien et ça ce sont des réformes qui créent de la mobilité et de l’activité. »

Macron, un ancien financier, a été accusé d’arrogance, mais ceux qui l’ont fait, surtout les syndicalistes en fait, sont des hypocrites. Car il y a eu des enquêtes depuis longtemps dans les abattoirs GAD, et l’illettrisme touche 20 % des gens là-bas.

Rappelons ici qu’en France, l’illettrisme touche officiellement 7% des adultes de 18 à 65 ans, soit 2,5 millions de personnes.

A GAD, la moyenne d’âge est de 42 ans. Et l’illetrisme y est plus présent, comme justement dans tous les abattoirs, parce qu’arrivent là-bas les gens les moins formés, les gens qui ont moins le choix.

Le niveau de diplôme chez GAD est à peine celui du CAP pour la plupart. Cela en dit long sur la nature des abattoirs, sur leur démarche meurtrière pour les animaux, mais également assassine pour les humains sur les plans mentaux, physiques, moraux.

Les abattoirs ne peuvent pas exister sans prisonniers; Walter Bond, en prison pour avoir soutenu les animaux, raconte son expérience précédente dans un abattoir en soulignant cette dimension de prison mentale, de prison physique.

Toutefois, on aurait tort ici d’accuser uniquement la société. Car les ouvriers, loin d’être aux premiers rangs pour changer le monde, sont non seulement pauvres, mais en plus pourris par le capitalisme.
Ils acceptent et participent à la culture beauf, n’hésitent pas à soutenir Le Pen, ils ne sont pas combatifs, ils ne sont pas progressistes, alors qu’ils devraient être les premiers à l’être.

Dire cela ce n’est pas insulter les pauvres, mais au contraire dire les choses telles qu’elles sont et telles qu’elles ne devraient pas être.
Il est inacceptable que la pêche et la chasse fassent partie de la tradition populaire, alors que cela a été imposé par en haut, comme le football ou bien d’autres choses.

Il est intolérable déjà que les abattoirs existent, mais alors que dire de ces employés de GAD qui virent par la force des bloqueurs d’une autre usine GAD, sans esprit de solidarité, dans une démarche  de servilité complète, avec notamment un immonde « Moi j’ai besoin de manger » qui témoigne du degré zéro de dignité.

Le végétarisme, à la fin du 19ème siècle, est un thème de débat chez les ouvriers de toute l’Europe, et le véganisme devrait être une question chez tous les ouvriers du 21ème siècle. Au lieu de cela, la culture McDo triomphe de manière hallucinante.

Un ouvrier qui mange un kebap ou un hamburger est totalement aliéné : la démarche intensive derrière ces « repas » est précisément la même que celle qui l’agresse, l’exploite, le licencie. C’est exactement comme les gens au chômage passant aux caisses automatiques pour gagner du temps.

Pourtant, et c’est le paradoxe, le véganisme ne choque pas du tout les ouvriers, sauf ceux justement qui ont intégré les valeurs dominantes. Ils pensent que moralement – car eux ne font pas varier leur morale selon le libéralisme et l’opportunisme du moment – c’est juste.

Mais ils ne sont pas prêts eux-mêmes à franchir le pas, ils ne savent pas par où commencer, et puis il y a les religions qui concurrencent le terrain de la morale. Leur rapport aux animaux est parasité par la brutalité sociale.

A cela s’ajoute que le véganisme est usurpé par les bobos parisiens, et que les ouvriers voient cela d’un mauvais œil, retombant alors dans des horreurs comme la fête du cochon organisée par un maire FN il y a peu.

Voilà où est le problème. Il faut oser le dire : oui, des millions de personnes, en France en 2014, n’attendent que de devenir vegan straight edge. Elles ne savent pas comment, elles hésitent, toutefois elles savent que c’est juste.

Seulement, elles sont prisonnières de traditions imposées par en haut, de situations sociales imposées par en haut, de la course de la vie quotidienne. Trouver la clef pour ouvrir les portes de cette prison est difficile, mais inévitable, et cela arrivera tôt ou tard.

Après la tentative de pratiquer la fuite en avant, vient inévitablement le besoin d’assumer les plus grandes choses, les plus belles causes, et quelle plus belle cause y a-t-il que de reconnaître la beauté, la profondeur, la merveille de la vie sur la planète ? De respecter, d’apprécier, de chérir les êtres vivants ?

La planète redeviendra bleue et verte !