Les films de Miyazaki: entre rétro-futurisme et célébration des esprits de la nature (et non de la nature)

En France, les films du japonais Hayao Miyazaki sont de plus en plus connus et disposent d’un grand prestige, notamment Princesse Mononoké, Mon voisin Totoro, Le Voyage de Chihiro, Porco Rosso, Laputa, le château dans le ciel, Le Château ambulant, etc.

Et ces films sont interprétés quasi unanimement comme étant en quelque sorte des odes à l’écologie, à la nature.

Cela est totalement faux: les films de Hayao Miyazaki ne célèbrent nullement la nature, mais la religion shintoïste, ce qui est bien entendu très différent. Tous ses films débordent de références aux divinités du shintoïsme.

Le shintoïsme est la religion hégémonique au Japon avec le bouddhisme; en fait, à peu près 85% des gens au Japon se revendiquent des deux religions en même temps. Les films de Hayao Miyazaki s’appuient en fait également sur ces deux religions.

Le shintoïsme peut se traduire par « la voie des dieux » ou « la voie du divin », et consiste en la vénération des « kamis. »

Le shintoïsme a beau être la religion officielle du Japon historiquement, et notamment de l’empereur, il s’agit d’un animisme: il ne faut pas oublier que le Japon s’est modernisé par en haut, sous l’impulsion des aristocrates.

Voilà pourquoi le Japon est un pays « ultra-moderne » cultivant en même temps la nostalgie d’un passé totalement idéalisé.

C’est cela que l’on retrouve dans les films de Hayao Miyazaki: une célébration d’un passé idéalisé, et non pas de la nature, mais des kamis.

Ces kamis sont des esprits prenant la formes d’objets sacrés, d’êtres spirituels, d’animaux, de sources, de chutes d’eaux, de montagnes sacrées, de phénomènes naturels, de symboles vénérés, etc.

On les retrouve dans les films de Miyazaki, mais par contre nulle part dans ces films, on ne trouve la célébration des animaux pour eux-mêmes, ou encore de la nature pour elle-même.

A l’opposé, on trouve systématiquement la bataille des « forces magiques » (principalement les kamis) contre le monde moderne.

Ce qui apparaît comme une bataille entre deux mondes vus d’Europe, doit en fait être compris vu du Japon comme la coexistence de ces deux mondes.

Coexistence, de la même manière que dans les films de Miyazaki il n’y a pas de « bons » et de « vilains », les « vilains » pouvant se montrer en partie « bons » et inversement (ce qui évidemment correspond au taoïsme).

Même si au sein de ce taoïsme, on a toujours une figure candide, de type shinto, correspondant au principe du makoto no kokoro (« coeur de vérité ») ou magokoro (« vrai coeur »), et regardant le monde avec bonté, désirant défendre la « pureté » contre la « pollution » (deux principes shintos élémentaires).

Si cette coexistence entre le monde moderne et les kamis prend l’aspect d’une bataille, c’est parce que la religion doit toujours lutter pour rappeler l’existence des divinités qu’elle met en avant: c’est le sens des films de Hayao Miyazaki.

Voilà pourquoi dans ses films on trouve toujours les « forces magiques » en situation de faiblesse, mais représentant un passé glorieux, plein de magie, de force, de vie.

Et cette situation de faiblesse est souvent représentée par la métaphore de la « citadelle assiégée »: un château dans le ciel, un château ambulant, une forêt, etc.

Ainsi, dans Princesse Mononoké par exemple, les animaux ne sont protagonistes que lorsqu’ils sont possédés par les kamis (le dieu cerf, le sanglier géant etc.), la nature n’est mise en avant que parce qu’elle est utile (l’étang qui guérit de tout, etc.).

Le forêt n’est pas mise en avant comme forêt, mais comme habitat des kamis et ceux-ci luttent pour protéger le lieu de leur existence magique.

Mononoké signifie d’ailleurs « chose étrange » en japonais et c’est évidemment une sorte d’esprit avec des pouvoirs magiques… Et tout le scénario se fonde sur l’aventure d’un kami frappé d’un tatari (une malédiction) provoqué par une tsumi (faute).

On peut d’ailleurs voir la même chose dans Pompoko, d’Isao Takahata, produit par le Studio Ghibli dont l’autre grande figure est justement Hayao Miyazaki.

Dans Pompoko, on trouve, de la même manière que dans Princesse Mononoké, des esprits (les « Tanukis ») tentant de sauver leur forêt face à l’agrandissement des villes. A la fin, on voit d’ailleurs une multitude de kamis intervenir en ville pour réclamer leurs droits!

Une telle démarche nostalgique se retrouve dans tous les films de Hayao Miyazaki.

Dans Mon voisin Totoro, le gros « nounours » Totoro n’est pas un animal, mais un esprit sympathique et utile aux enfants car intervenant quand ils en ont besoin; pareillement, le chat géant n’existe qu’en tant que bus.

Et comme par hasard, ces enfants sont à la campagne (soit le lieu le plus proche des kamis) où ils mangent des légumes locaux apportés par la grand-mère, parce que leur mère est malade et dans un hôpital en ville (la ville représentant la modernité).

On trouve donc dans Mon voisin Totoro un Shimenawa, c’est-à-dire une corde en paille de riz entourant un arbre pour dire qu’il est sacré (c’est-à-dire lié à la figure d’un kami), ou encore un temple dédié au kami Inari (kami des céréales, gardien des maisons, etc.), lorsqu’il pleut les deux enfants s’abritent dans un petit sanctuaire Jizo, figure bouddhiste protectrice des chemins…

Dans Laputa, le château dans le ciel, la nature n’existe pas en soi: elle est le décor du château. Et le château est regroupé dans une sorte d’arbre géant, tout comme le shintoïsme vénère certains grands arbres comme lieux des kamis.

Pareillement, les seuls animaux présents sont les oiseaux qui sont là pour représenter la paix, le côté pacifique (ainsi quand le robot repousse le cerf-volant tombé sur un nid), c’est-à-dire bouddhiste.

Et la technologie de Laputa, critiquée dans le film, est censée avoir détruit Sodome et Gomorrhe, l’Atlantide, et être également le “feu d’Indra” dans le Ramayana indien…

Dans le château ambulant, la nature n’existe que sous la forme des Landes ou bien d’une prairie tranquille, alors que le monde est marqué par d’un côté des magiciens, de l’autre la technologie.

Mais quelle forme a la technologie dans les films de Hayao Miyazaki? Celle du rétro-futurisme.

La technologie a l’image de celle du 19ème siècle (importance de la mécanique, tout comme dans Jules Verne) mais avec des moyens dignes du 20ème siècle.

On retrouve ici à la fois la fascination pour la technique, et en même temps la volonté de la refuser au nom d’une vie « saine »: exactement comme les idéologies futuristes, nietzschéennes et fascistes des années 1920-1930.

Il faut ici noter que le film Porco Rosso, avec l’aviateur dont la tête a été transformé de manière magique en cochon, se déroule en Italie dans les années 1920, et si le héros s’oppose aux fascistes, il a le même culte de l’honneur et de l’élitisme, et conduit un hydravion (qui sera largement mis en avant dans l’Italie de Mussolini).

Et le cochon représente donc quelque chose de mauvais, une sorte de décadence. Miyazaki formule de la manière suivante son point de vue:

“Pour les Japonais, le cochon est un animal pour lequel on a de l’affection, mais qu’on ne respecte pas. Pour moi, c’est un animal avare, capricieux et qui n’est pas sociable…

En termes bouddhistes, il a tous les défauts de l’être humain : il est égoïste, fait tout ce qu’il ne faut pas faire, jouit de sa liberté. Il nous ressemble beaucoup !”.

Comme on le voit, il y a le bouddhisme, mais pas du tout le véganisme.

Il faut bien voir que les films de Miyazaki mettent en avant le culte de l’intuition et l’existence d’un monde parallèle, magique.

Et ce monde est bien entendu « authentiquement » japonais: Miyazaki célèbre non pas la nature, mais le Nihonjinron, le culte de la spécificité japonaise.

Les films de Miyazaki ne sont donc en rien contestataires: à sa sortie Princesse Mononoké a battu tous les records d’audience japonais, avec 12 millions d’entrées, et sera battu par un autre film de Miyazaki, Le Voyage de Chihiro, qui est un film shintoïste de bout en bout et fera 15 millions d’entrées.

Bien entendu, cet article ne préjuge pas de l’intérêt culturel et graphique des films de Miyazaki. Mais force est de reconnaître: les animaux n’ont pas de vie propre et servent de décor ou de moyens pour les humains (comme transport notamment).

Et la nature n’existe qu’en tant que lieu des kamis, comme prétexte à la nostalgie d’un passé japonais idéalisé.

Quand des vétérinaires peu scrupuleux provoquent l’agonie et la mort

Jeudi soir dernier à Béziers, des responsables d’une association du bien être animal sont intervenus pour venir au secours d’un chat qui se trouvait dans une situation bien catastrophique : il s’était réfugié dans le moteur d’une voiture pour se mettre au chaud. Le matou agonisant était resté coincé pendant 2 heures dans le moteur de l’automobiliste qui n’avait pas remarqué sa présence !

Les pompiers, appelés sur place, n’arrivaient pas à dégager l’animal qui s’est fait broyer par une courroie. Bien que dans un état critique le chat était encore vivant… Les pompiers ont alors fait appel au vétérinaire de garde, afin d’abréger les souffrances du matou, mais celui-ci refusa de se déplacer !!

Normalement il y était obligé, comme le précise l’article R.* 242-48.(Devoirs fondamentaux) du code de déontologie vétérinaire:

VI. – Il doit répondre dans les limites de ses possibilités à tout appel qui lui est adressé pour apporter des soins d’urgence à un animal.

S’il ne peut répondre à cette demande, il doit indiquer le nom d’un confrère susceptible d’y répondre.

En dehors des cas d’urgence, il peut refuser de prodiguer des soins à un animal ou à un lot d’animaux pour des motifs tels qu’injures graves, défaut de paiement, pour des raisons justifiées heurtant sa conscience ou lorsqu’il estime qu’il ne peut apporter des soins qualifiés.

Que des vétérinaires fassent ce métier dans un but lucratif n’est pas très étonnant quand on « fréquente » souvent ce milieu, car très peu de médecins-vétérinaires se soucient et respectent vraiment les animaux qu’ils soignent. Car les bons vétérinaires (sérieux, sincères, avec un tant soit peu d’éthique et de compassion) se comptent sur les doigts d’une seule main.

L’histoire ci-dessus n’est pas un cas exceptionnel, car certains vétérinaires formés et payés pour sauver des vies animales, ne se privent pas de monter leur lassitude (ou leur agacement) quand on les appelle pour une urgence.

Ainsi, lorsque l’on va régulièrement sur les forums consacrés aux rongeurs par exemple, il est très courant de lire que les vétérinaires de garde qui sont appelés en urgence refusent de se déplacer quand il s’agit d’un rongeur !

Soit ils promettent de passer et ne viennent jamais, soit ils sous-estiment la gravité de la maladie et se dédouanent : « allez chez votre praticien habituel, ça peu attendre demain matin », soit ils envoient promener les amiEs des rongeurs en leur disant qu’ils ont plus important (un chien ou un chat par exemple) à soigner qu’un « simple » rongeur !

Et en attendant que des médecins-vétérinaires daignent bien venir soigner un animal malade, c’est toujours le malade qui en subit les conséquences et qui souffre sans rien dire ! Et sans soulagement de la douleur !

Par ailleurs, les fautes professionnelles commises par les vétérinaires sont aussi courantes, alors si cela devait malheureusement vous arriver, il ne faut surtout pas hésiter à porter plainte à l’Ordre des Vétérinaires. Un dossier solidement constitué pourra aboutir à un avertissement contre le vétérinaire fautif.

Dans les cas extrêmes (décès de l’animal à cause du praticien) ou même « moins graves » (un vétérinaire refusant de venir soigner votre animal), il est important et nécessaire de ne pas en rester là en se disant qu’on ne peut rien faire.

Tout en ayant bien conscience qu’au sein de notre société, les vétérinaires se couvrent les uns les autres, à l’instar des castes, comme par exemple les médecins. La justice française n’est pas là pour les animaux!

Pour la dignité de l’animal vivant à vos côtés, mais aussi pour tous les animaux, il est donc tout de même indispensable d’établir un dossier dans le but de porter plainte, tout en étant réaliste.

Par ailleurs, si votre animal est malade et que vous avez des doutes sur les compétences du vétérinaire qui le suit, prendre l’avis d’autres médecins sera toujours un plus pour le bien-être de votre compagnon poilu (ou à écailles ou à plumes).

Enfin, pour éviter que ce genre de situation terrible ne se produise pas, avant d’adopter, passez des heures, des jours, des nuits à vous documenter sur l’animal qui va venir partager votre vie.

Toutes les infos utiles et indispensables sont disponibles et trouvables sur Internet. Autant connaitre par coeur le comportement, les maladies (et les traitements) de nos compagnons. Ainsi, lorsque des vétérinaires bornés irresponsables ne prennent pas au sérieux un mauvais/grave état de santé, vous saurez toujours quoi faire pour parer au plus urgent en attendant la visite au cabinet vétérinaire le lendemain à la première heure.

En conclusion, en cas de fin de vie trop désagréable ou de souffrances trop importantes, incurables et incompatibles avec un mode de vie digne pour l’animal, n’oubliez jamais que le vétérinaire doit préalablement (à la piqûre finale) faire une piqûre qui endort l’animal. Jamais de piqûre directement dans le coeur !